‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 13 sur 124 · F ÉTUDE. — COMTÉ DE BONATENTUBE · texte numérisé non relu

F ÉTUDE. — COMTÉ DE BONATENTUBE

La mission du canton Mann renferme une population de 102 familles on 792 habitants dont 523 sont d'origine canadiennefrançaise, lesquels possèdent 8,434 acres de terre dont 1,934 sont défriches, ayant produit 6,416 minots de grains et 14,506 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 20,922 minots et 690 tonneaux de foin. C'est dans cette mission que se trouvent groupés les sauvages dont j'ai déjà parlé, lesquels sont au nombre de 490 et occupent la partie ouest du canton. Plusieurs chemins existent dans le canton, parmis lesquels se trouvent une route qui part du grand chemin et se poursuit jusqu'à la traverse de Oross Point, sur la rivière Eistigouche^ une autre route qui part également du bord de l'eau et se dirige vers le nord, à travers le même canton, jusqu'à la troisième concession, dans les environs de la petite rivière appelée Rivière-dn-Loup. Le terrain que traverse ces chemins, dit M. Fair, conducteur des travaux, est de la meilleure qualité et couvert de merisier, érable, épinette et aussi de pins. Ces chemins, ajoute-t-il, conduisent à des étendues de terrains de toute valeur et très propres à la colonisation, et sont bien pourvus de sources vives et grands ruisseaux qui abondent en saumons et en truite?. Un autre chemin, étant la continuation du chemin Kempt, dans le même endroit, sous la conduite do- M. Sook, est aussi ouvert Ce Monsieur dit dans son rapport de 1861 que les terres sont excellentes et couvertes de bois francs, sapin, etc. La grande route intercoloniale de Matapédia, à laquelle j'ai déjà fait allusion, longue de 96 milles, part de la Pointe-Mission, rivière Ristigouche, pour aboutir à Saint-Octave de Métis, près du fleuve Saint-Laurent. Cette importante route va développer considérablement la colonisation de la vallée de Matapédia puisqu'elle est «destinée à ouvrir une communication constante entre les établissements du comté de Bonaventure et ceux du fleuve Saint-Laurent. Au 1er janvier 1862, il avait déjà été dépensé sur ce chemin, par le département des Travaux Publics, une somme de $45,364. Durant la dernière session des chambres législatives une nouvelle somme de $60,000 a été votée, suivatft que je l'ai déjà mentionné, laquelle a été dépensée durant la présente Eté de 1862.

La mission de Matapédia renferme une population de 32 familles ou 310 habitants, dont un seul habitant est d'origine canadienne-française. Ces familles possèdent, 6,200 acres de terre dont 1,330 sont défrichés, ayant produit 5,324 minots de grains et 11,768 minots de patates et navets, formant en tout 17,092 minots et 379 tonneaux de foin. Le canton Matapédia

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e*t sillonné par de nombreux cours d'eau faciles à exploiter. M. Lodçe, conducteur du chemin dn Portage, dit que Ton trouve dans l'endroit quantité de pierre à chaux, et que, généralement parlant, il n'y a pas de mauvaises terres dans le canton. Il ajoute que le nouveau chemin envoie de confection donnera accès aux terres inoccupées qui se tronvent 6ur la rivière Matapédia, ainsi qu'à celles qui sont plus à l'intérieur, étant très bonnes et parfois des plus excellentes. On compte, dans les trois centres ci-dessus, quatre écoles fréquentées par 406 élèves.

Le chiffre total des écoles en opération dans le comté s'élève à 30, qui donnent Finstruction à 2,662 enfants de tout âge et de tout sexe.

Il y a dix ans, on ne comptait que quatre prêtres résidants dans le riche et vaste comté de- Bonaventnre, ayant leurs sièges respectifs à Bonaventnre, Paspébia, Trakadièche, et Ristigouche, tandis qu'aujourd'hui il y en a six occupés à desservir, outre les endroits que je viens de mentionner, les nouvelles paroisses et missions du Port-Daniel et Cascapédia.

Au sujet de l'agriculture du comté de Bonaventnre, voici comment s'exprime M. le Commandant Fortin, dans l'un de H&es rapports adressé au gouvernement.

" L'agriculture a fait de grands progrès depuis quelques années dans cette partie du pays.

" À New-Carlisle, Bonaventure, New-Richmond et Maria, je vis des champs de blé, d'avoine et d'orge aussi bien cultivés et promettant une récolte aussi abondante que dans les contrées les plus favorisées du Canada. L'avoine surtout y était d'une qualité remarquable.

kÉ On sait que sur cette côte où le sol est généralement léger, sablonneuxet de couleur rougeâtre, les pommes de terre, les navets et les choux de Siam poussent et mûrissent à la perfec tion. Aussi, la culture de ces produits est-elle une des plus grandes cultures du pays.

" Il n'y avait que le foin qui ne laissait pas espérer une abondante moisson, à cause de la sécheresse.

" 11 n'y a eu jusqu'à présent que les terres voisines de la mer qui ont été défrichées et établies, et elles suffisaient aux besoins des habitants jusqu'à ces années dernières ; mais aujourd'hui «jue la population a augmentée considérablement, il lui faut qnitter la cote et chercher des terres dans l'intérieur de la contrée. Malheureusement les routes manquent. Les habitants gui, presque tous sont forcés de se livrer à la pèche en même .temps qu i!s cultivent leurs terres pour se procurer

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