II* ÉTUDE. — COMTÉ DE BIMOUSKI
deuxième rangée de paroisses qui bordent le Saint-Laurent, dans les seigneuries. Chacune possède un prêtre résident, à l'exception de celle de Saint-Mathieu, qui est desservie par M. le curé de Saint-Simon.
Je ne puis consigner les développements particuliers à Saint- Octave ; les calculs ayant été réunis dans une même colonne, dans les pages du recensement général de 1861 avec ceux delà paroisse de Métis. Cependant, M. le curé du-lieu écrivait au commencement de 1859 que la population était de 206 familles ou 1,200 âmes. Il y a une école fréquentée par 54 enfants
Saint- Anaclct renferme une population de 1,093 habitants, tous d'origine canadienne-française à l'exception de dix personnes, lesquels possèdent 15,976 acres de terre dont 5,859 acres sont en état de culture. Les récoltes ont été de 17,588 îninots de grains et 32,165 minots de patates, en 1860, formant en tout 49,753 minots, et 339 tonneaux de foin. Une terre de de 3 arpents sur 40 arpents a été acquise pour les besoins de la nouvelle Cure/ Deux écoles sont en opération, fréquentées par 76 enfants.
Saint-Mathieu, formé par le démembrement de la paroisse de Saint-Simon, possède une chapelle temporaire, et les habitants sont desservis par M. le curé de Saint-Simon, comme je viens de le dire. Deux écoles sont ouvertes donnant l'instruction à 72 enfants. Le site élevé et déjà beau de cette paroisse naissante, — nous dit le vénérable et èdèle Touriste Canadien dans ses notes sur les paroisses du bas du fleuve, — bien qu'entouré de bois, de collines et de montagnes, offre au regard du voyageur, tout proche, au pied même du coteau sur lequel est bâtie la chapelle, un lac charmant, qui vient de quelques arpents au-delà, dans l'ouest, et qui se continue, sous forme de rivière ou môme de ruisseau, à trois lieues plus bas & l'Est, jusqu'à la vieille église du Kc, située entre Saint- Fabien et Sainte-Cécile. Pour la même raison déjà exprimée, je ne puis offrir aucune statistique sur les développements agricoles de eettc nouvelle paroisse ; les chiffres du recensement de 1861 ayant été portés au profit seul de la paroisse de Saint-Simon.
Quant aux chemins de colonisation, ils ne manquent point. De 1854 à 1S61 il n'a pas été dépensé moins que $17,500 pour l'ouverture des routes de colonisation dans le comté.% À part les grandes routes déjà mentionnées, il y a :
Le chemin de Sainte-Flavie, qui part du quatrième rang de la seigneurie et va aboutir dans le canton Fleuriau, lequel contient des carrières d'excellentes pierres à chaux et plusieurs
pouvoirs d'eau. M. Lebel, conducteur des travaux, rapporte que la terre est de bonne qualité, boisé en merisier, érable, epinette et pin, et que la colonisation y progresse rapidement. Une autre route, partant des derniers chemins ouverts dans la seigneurie de Samte-Luce, s'avance jusqu'au cinquième rang du même canton, mesurant une longueur d'environ six milles.
Le chemin Xeigette part de la profondeur de la nouvelle paroisse de Saint- Anaclet, pour atteindre le centre de population qui se trouve à Saint-Donat de N eigette.
Le chemin Macpès, part en arrière de Saint-Gerinain de Rimouski, et va aboutir aux terres du deuxième rang de Macpès.
Le chemin de Sainte Cécile, partant en arrière de la paroisse de Sainte-Cécile pour aller aboutir aux terres du premier rang du canton Duquesne.
Deux autres routes partent des paroisses de Saint-Fabien et Saint-Simon, et conduisent aux terres de la couronne, dans les cantons Chénier et Bédard, quoique ces terres ne soient pas encore arpentées et subdivisées, à l'exception des lots situés sur le tracé du Chemin-Taché. Le premier de ces chemins part du deuxième rang de la paroisse de Saint-Fabien et s'étend vers les terres de la couronne ; M. Ladriôre, conducteur dès travaux, croit que toutes les terres à peu près peuvent être cultivées. Il y a un certain nombre de monticules, dit-il, mais ce sont des coteaux de terre cultivable. Les principaux bois sont l'érable, le merisier, le frêne, le cèdre et l'aulne. Il y a deux lacs assez considérables dans le canton Chénier, à
3uelfjues arpents de l'ancien tracé du Chemin-Taché. Le dixième chemin, celui de Saint-Simon, part du troisième rang de la seigneurie Eioux et se dirige vers l'intérieur. M. J. L. Caron, conducteur actuel des travaux, dit que ce chemin passe à travers une vaste étendue de belles tenvs qui n'attendent que les bras du défricheur pour devenir fertiles. Les terres dont parle M. Caron sont celles renfermées dans la seigneurie. Il ajoute que lorsque le chemin aura atteint les terres de la couronne, la colonisation prendra un plus rapide essort : les conditions d'acquisition étant plus faciles. M. dis. Frs. Caron, ancien conducteur des travaux de ce chemin, tient le même langage, et dit que les terres que traverse cette route sont bonnes, mais il croit celles qui sont plus en profondeur, — c'est-à-dire les terres de la couronne, — d'une qualité encore supérieure : le bois qui y croît étant de merisier, érable et autres bois francs qui, d'ordinaire, ajoute-t -il, indiquent un sol riche.
Il* ÉTUDE. — COMTE DE TÊMI6COUATA. 57
D'après le projet du Chcmin-Taché, qui traverse ce comté comme les autres, toutes ces routes prolongées formeront comme autant de branches allant, de ce Grand Tronc des chemins de colonisation, comme on le désigne, au fleuve.
Il n'y a pas encore de Société de Secours formées dans le comté de Rimouski, paraît-il, mais on se propose d'en établir incessamment, afin de venir en aide aux colons pauvres qui veulent s'établir 6ur les terres nouvelles.
IF»— Comté de Témlscouata»
La population des paroisses comprenant ce comté, qui n'était que 13,423 âmes, en 1851, s'élève aujourd'hui à 18,561 habitants dont 18,156 appartiennent à l'origine canadienne française.
Le nombre d'acre de terre possédés est de 243,318 acres, dont 92,540 ont été mis en état de culture.
Les récoltes de 1860 ont donné 680,418 minots de grains et patates, et 10,539 tonneaux de foin, le tout évalué à $403,042.83.
Le revenu des jardins et vergers a été de $9,931.
Les produits ordinaires de l'industrie tels que le beurre, le sucre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse s'élèvent à $123,702.67.
Les produits de la pèche, exploitée par les habitants du comté, sont comme suit :
Morue sèche, 134 quintaux, évalué à $ 402.00 .
Morue verte, 2,695 quarts, " 6,737.00
Autre poisson, " 57.07
Le bétail, au nombre de 36,330 tètes, est évalué à $299,374.
Les voitures d'agréments, au chiffre de 2,615, sont évaluées à $57,333.
La propriété foncière est estimée à $2,397,892, et la valeur des instruments d'agriculture à $90,450.
Formant une richesse totale de $3,389,521.57.
A la vue de la colonisation qui se développe avec succès dans les cantons situés en arrière des seigneuries du comté de
Témisconata, le gouvernement a fait arpenter de grandes étendues de terrains où pas moins de 135,000 acres sont aujourd'hui annoncés en vente, à raison de 30 centins l'acre. C'est surtout dans les cantons Whitworth, Viger, Deniers, Denonville, Bégon et Raudot où se trouvent ces terres. A part ces terrains ainsi arpentés, il y a aussi les cantons Hocquart, Armand, Escourt, Cabanon, Pakingtbn, Botsford et Robinson, qui renferment de riches terrains, maïs dont les lots ne sont pas encore subdivisés, surtout dans les cinq cantons nommés en dernier lieu. L'agent local, L. N. Gauvrau, écr., réside à Tlsle-Verte.
Plusieurs grands centres de colonisation existent dans les limites du (îomté ; et il est assez rare de rencontrer un comté où la colonisation ait progressé plus énergiquement et plus efficacement que celui de Témisconata, depuis dix ans.
Le premier noyau de population qui s'offre à notre appréciation, sur la Carte, est le canton Bégon, situé en «arrière de la paroisse des Trois Pistoles. Ce canton renferme une population de 206 habitants, tous d'origine canadienne-française, lesquels possèdent 7,452 acres de terre dont 1,145 sont défrichés. Les récoltes de 1860 ont données 1,993 -minots de grains et 502 minots de patates et navets, formant en tout 2,495 minots et 11 tonneaux de foin. On y possède de plus 153 tètes de bétail, évaluées à $2,445. La propriété foncière est estimée à $16,000. Un chemin part au bout de k profondeur de la seigneurie des Trois-ristoles et traverse une partie du canton Bégon. M. Pelletier, conducteur des travaux, dit que ce canton sera en peu d'années un riche endroit agricole, en conséquence de la qualité supérieure de son soL II mentionne l'existence de plusieurs pouvoirs d'eau, sur deux desquels il y a des moulins en construction, et dit que la partie inférieure du canton est boisée de pin, sapin, epinette, merisier et bouleau. Dans le haut du canton se trouvent les plus belles érablières du comté de Témiscouata, dans lesquelles se confectionnent, paraît-il, malgré le défaut de communication pour y arriver, au-dessus de 100,000 livres de sucre, chaque année. Dans son rapport de 1861, M. Pelletier ajoute que les vieux défrichements s'agrandissent et que les nouveaux s'y multiplient graduellement. La valeur de la propriété foncière augmente considérablement, chaque année, en même temps que le chiffre de la population s'y développe sensiblement. Une chapelle est en construction dans ce moment, et les habitants de Bégon sont desservis par M. le curé des Trois-Pistoles.
IIe ÉTUDE. — COMTÉ DE TKMI8C0UATA. 59
TTn antre centre de colonisation commence aussi à se développer rapidement dans le canton voisin, celui de Denonville. La population résidente de ce canton s'élève déjà à 159 habitants, tons d'origine canadienne-française. On y possède 19,595 acres de terre dont 1,343 sont défrichés, ayant produit 8,060 minots de grains et 1,820 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 9,830 minots et 45 tonneaux de foin- Ces habitants possèdent, en outre, 213 têtes de bétail évaluées à $2,586. La valeur de la propriété foncière est estimée à $23,525. Il n'y a pas encore de chapelle dans le cant*c ; celte mission est desservie par M. le curé de Saint-Eloi. Deux chemihs partent des seigneuries, l'un de l'Isle-Verte et l'autre de Saint-Eloi. Le chemin de l'Isle-Verte, qui est la cominuation de la route de l'église, part du premier rang de la seigneurie et va aboutir au Chemin-Taché, dans le canton Denonville. Les terres de la partie inférieure du canton sont bonnes, dit M. Fraser, mais rocheuses, surtout dans les 1er, 2e et 3e ranors ; le reste du canton est de qualité supérieure et capable d'offrir d'heureux avantages à la colonisation. Ce monsieur ajoute, dans 6on rapport de 1861, que c'est la plus belle forêt qu'il ait vu jusqu'aujourd'hui. L'érable et le merisier dominent pa'rmi les bois francs et sont les plus abondants. Il se rencontre d'excellents et nombreux pouvoirs d'eau sur les rivières qui serpentent le canton, et il existe, paraît-il, sur la rive nord de la rivière Mariakèche une carrière de pierre à chaux très importante. Là, comme ailleurs, on 6e plaint gravement des dégâts que causent les chantiers par la destruction des bois de construction et plus particulièrement du pin. M. Roy, ci-devant conducteur de ce chemin, dit, ans^i lui% que le sol est excellent et d'une étendue très considérable, il ajoutait que le bois était fort, long, gros et de diverses qualités, composé d'érables, plène, hêtre, merisier, épinette. cèdre, et qu'il apprenait que plus on avance dans l'intérieur du canton, meilleur est le terrain. L'autre chemin, celui de Saint-Eloi. part de cette dernière paroisse et va également aboutir au Chemin-Taché, dans le même canton. M. Thériault, conducteur des travaux, corrobore en tout point l'opinion de M. Fraser, Bur la nualité du sol de la jpartie inférieure du canton Denonville, en disant que les trois premiers rangs du canton sont peu ou point cultivables, étant couverts de rochers et de petits lacs. Il ajoute que depuis le troisième rang en montant jusqu'au Chemin-Taché, le terrain est généralement bon, le sol y est excellent quoiqu'un peu pierreux. La valeur de la propriété foncière, dit-il, a augmenté de moitié et plus depuis deux ans,
et je connais des gens qui ont payé un lot de terre $80, il y * 18 mois, et qui refusent aujourd'hui $400 pour ce menue lot.
Vient ensuite le canton viger, situé eu arrière de Cacouna, le plus grand centre de colonisation du comté. Ce canton, qui ne contenait que 58 familles ou 225 habitants, en 1S51> renferme aujourd nui 275 familles ou 1,097 personnes, toutes d'origine canadienne-française, à l'exception de 10 personnes qui sont d'origine britannique et 169 sauvages, établis dans la partie Est du canton, sur une réserve spéciale. Il y a dix ans, il n'était possédé qne 6,360 acres de terre dont 679 étaient défrichés, lesquels avaient produit 3,080 minots de grains et 899 minots de patates, en tout 3,979 minots ; tandis qu'aujourd'hui on y possède 23,464 acres de terre dont 6,327 sont en état de culture, ayant produit 13,865 minots de grains et 10,777 minots de patates, formant en tout 24,642 minots, outre 222 tonneaux ae foin. Le bétail, au nombre de 271 tètes en 1851, s'élève aujourd'hui à 1,413 tètes, évaluées a $16,851. Il en est de môme de la propriété foncière qni, aujourd'hui, est estimée a $144,950. Une chapelle est construite dans le canton Viser qui a pour vocable le nom de St. Epiphanc. Cette mission est desservie par M. le curé de Saint-Modeste, qui rapporte que la plupart des jeunes gens qui, autrefois, avaient l'habitude de laisser leurs familles pour aller gagner de l'argent soit à Madawaska, soit sur les confins des Etats-Unis et du Nouveau* Brunswick, ont change de goût pour ces sortes de voyages, et qu'aujourd'hui un bon nombre ont pris des terres qu ils défrichent et paraissent vouloir s'y fixer permanemment ou demeurer dans leurs familles. Un cïiemin part de la seigneurie de Caconna et traverse le canton Viger dans toute sa profondeur, passant à travers de, très bons terrains couverts d'une magnifique forêt de bois francs, surtout dans la partie supérieure du canton où se trouvent de très belles sucreries. Partout, le sol parait être riche jusqu'au chemin Témiscoua'a, dans le canton Deniers. M. Lapointc, conducteur des travaux, dit dans son rapport de 1861 que la colonisation fait des progrès rapides dans Viger> au point qu'il ne croit pa9 qu'aucun des cantons adjacents puissent rivaliser avec lui sous le rapport des développements. Il ajoute, de plus, que l'augmentation de la valeur de la propriété foncière qui a doublée depuis quatre ans, dans plusieurs cantons, a souvent môme quadruplée de valeur dans celui-ci. A l'appui de cette assertion il cite les faits suivants : " La terre de mon voisi'i, dit-il, me fut offerte pour $300 il y a quatre ans; aujourd'hui, celui qui la possède refuse $8Ù0, et il aura d'avantage. Je connais ae» colon6 qui,
H* ÉTUDE. — COMTJ3 DE TEMI8C0TJATA. 61
avec des familles en bas âge, ont commencé l'ouverture des lots qu'ils occupent voilà huit, dix et douze an6, n'ayant pour toute avance une pioche, une hache et quelquefois un cheval : aujourd'hui ces colons ne laisseraient pas ce qu'ils occupent à moins de $1,000 à $2,000. Un Me mes amis, qui a dépensé pour achat de lots dans Yiger $125, il y a dix ans, occupe maintenant des propriétés pour un montant de $6,000. 11 me disait, voilà peu de jours, qu'il pensait payer à son Curé, cette année, la dîme de 800 minots de bons grains ; un ou deux autres colons peuvent en dire presqu'autant. " Deux moulins à scie ont été construits, l'un sur le 7e, et l'autre sur le 8e rang: Il existe aussi des pouvoirs d'eau considérables sur les 9e et lie rangs. Dans son rapport de 1860, M. Lapointe exposait que ce chemin, d'une importance vitale pour la colon isationT n'offrirait à peu prés rien autre chose que le produit de» champs au commerce, tant qu'il n'aurait pas été relié avec celui du lac Témisconata ; s il atteignait ce but, ajoutait-t-il, notre canton serait presqu'au niveau de la paroisse de la Rivière-du-Loup pour le commerce, nos terres seraient d'une double valeur et nos colons y vivraient plus à l'aise. Les paroisses de Saint-Àrsene, Saint-George et llsle- Verte en* recevraient un bon effet, parce que cette branche de communication leur ferait partager avec la Rivière-du-Lonp le commerce de Madawaska, tandis qu'il n'y a que cette dernière qui en profite.
Un deuxième chemin est ouvert, paraît-il, dans Vigcr, traversant le territoire des sauvages et 6e continuant jusqu'à la hauteur du 9e rang. N'ayant pas de renseignements positifs sur ce chemin, je ne puis en parler plus longuement. Quant aux terrains traversés par cette route, ils paraissent être d'une qualité médiocre, quelque peu rocheux, suivant que le constate le rapport de Charles Carrière, écr., inspecteur des routes du district de Québec, adressé au gouvernement.
Sur la même ligne de Saint-Epiphane se rencontre la nouvelle paroisse de Saint-Modeste, qui a le précieux avantage d'avoir un prêtre résidant depuis quelques années. Cette ■ paroisse est composée de partie des cantons Wliitworth et V iger, et partie de Saint- Arsène, dans les 4e et 5e rangs de la seigneurie de Caconna. Elle renferme une population de 137 familles on G20 habitants, tous d'origine canadienne-française, lesquels possèdent 11,384 acres de terre dont 3,£89 S'»nt cultivés, ayant produit 8,319 minots de grain et 13,150 minots de patates, en 1800, formant en tout 21,409 minots, et 471 tonneaux de foin. La valeur du bétail, au nombre de
1,446 têtes, est évaluée à $8,566; celle de la propriété foncière à $85,170. Le chemin de Saint-Modeste part du 3e rang du canton Whitworth et doit aller aboutir au chemin Témiscouata ; aujourd'hui il ost ouvert jusqu'au Chemin-Tache. M. Miville, conducteur des travaux, disait dans l'un de ses rapports que cette nouvelle paroisse de Saint-Modeste ressemblait déjà aux vieux établissements du fleuve, tant par le nombre que par l'état avancé de ses fermes. Les terres situées sur les 3e, 4e, 5e, 6e et 7e rangs sont rocheuses, mais bonnes ; .les autres rangs jusqu'au 12e, sont d'une qualité supérieure et bien boisés en érable, merisier, hêtre, etc. Il existe, aussi plusieurs pouvoirs d'eau. Une paroisse nouvelle, ajoute-t-il, commence à se développer, celle de Saint-Antomn, située sur le chemin qui monte au lac Témiscouata. Kous en parlerons tout-à-l'heure. M. Miville termine en disant que " plus on avance dans le sud, plus le terrain paraît bon ; la 9e concession surtout, que j'ai visitée, me paraît tellement bonne que je ne vois rien de mieux dans les anciennes paroisses, et quoique notre chemin ne soit praticable pour les voitures à roues que jusqu'au Cheinin-Taché, cependant les gens font, cet automne (1860), sur cette susdite concession, des défrichements assez considérables." Dans son rapport de 1861, ce monsieur mentionne qu'il jexiste dix ou douze pouvoirs d'eau dans le canton Whitworth, ainsi qu'une carrière de pierre à chaux dans le 9e rang, d'une qualité supérieure. Les grains recueillis en plus grande quantité, sont l'orge, les pois, le seigle, l'avoine et le sarrazin. Les différentes espèces de grains n'ont souffert aucun dommage, ni par les insectes ou la gelée ; le blé y vient très bien. " Je suis heureux de faire connaître, — ajoute-t-il,— qu'il s'est fait beaucoup de défrichements nouveaux sur le 9e rang du canton Whitworth, durant cette automne ; nos jeunes gens ont le courage de devancer l'ouverture de ce chemin, dans l'espérance qu'il se prolongera jusqu'au chemin du lac Témiscouata. Plusieurs personnes me disent que toutes les concessions à aller jusqu'au chemin du lac sont très favorables à la culture et faciles à coloniser, et la communication que les colons auraient avec les habitants du Nouveau-Brunswick procureraient les moyens de vivre avec bien pins d'aisance : heureux effet dont se ressenti raient aussi les habitants de Cacouna, Saint- Arsène et l'Isle- Verte. Je terminerai en disant que l'élan pour ouvrir nos forets se fait sentir d'une manière sensible depuis ces dernières années; les jeunes gens ne parlent plus d'émigrer aux Etats-Unis, mais tous songent à exploiter nos forêts et à s'emparer du sol
Il* JCTUDB.— COMTÉ DE TÉMISCOUATA. 63
canadien ; ils comprennent et apprécient les efforts 'que fait le
fouvernement en ouvrant des chemins n iquement pour leur onner l'avantage de s'établir auprès de leurs paroisses natales «et d'y vivre honorablement, sans avoir à s'expatrier en pays étranger, y perdre leur 6anté, leurs mœurs et la religion de leurs ancêtres." Deux écoles fonctionnent dans Saint-Mode6te, fréquentées par 79 enfants, et dont l'une d'elle est une école modèle !
La paroisse de Saint-Antonin, qui, elle aussi, possède un Prêtre résidant, est située sur le chemin Témiscouata, dans la partie ouest du canton Whitworth, à quelques milles du fleuve. Cette paroisse nouvelle renferme déjà 144 familles ou 891 personnes, toutes d'origine canadienne-française, à l'exception «de 6ept personnes ; ces familles possèdent 13,392 acres de terre dont 3-534 acres sont en état de culture, ayant produits 6,271 minots de grains et 13,681 minots de patates, en 1860, formant en tout 19,952 minots, outre 202 tonneaux de foin. La valeur du bétail, au nombre de 1,144 pièces, est portée à $13,687, et celle de la propriété foncière a $64,800. Trois écoles sont ouvertes depuis l'automne de 1860, fréquentées par 125 enfants.
La colonisation, qui va rapidement partout, comme nous Tarons vu, semble émouvoir davantage les jeunes gens de cette paroisse et des paroisses d'alentour, ayant à leur tète les Curés de Saint-Modeste, Saint-Antonin et Notre-Dame du Portage, pour la prise de possession de superbes terrains situés à dix ou quinze milles pins haut que Saint-Antonin. Au moment où j'écris ces lignes, je reçois les renseignements qui suivent, à la date du 8 octobre 1862, touchant ce mouvement.
u ^ Il s'agit d'un magnifique terrain à coloniser,
assez vaste pous former cinq à six belles paroisses, situé dans le voisinage des lacs Pohénégamouk, Beau et Lovç, et arrosé dans sa partie la plus riche par la rivière Bleue. Cette partie de terrain est bien connue par la plupart de nos habitants, qui assurent que ces terres seront très faciles à défricher et possèdent un sol d'une fécondité incomparable. Déjà trois américains y sont établis et ont obtenus des résultats magnifiques : c'est ce qui donne la fièvre a nos jeunes gens I Mais, encore ici, c'est l'éternelle question des chemins qui vient se mettre en travers.
" Pour seconder l'élan de nos ^braves habitants, il nous paraîtrait indispensable que le gouvernement fit ouvrir immédiatement cette partie du Chemin-Tache comprise entre le lac Pohénégamouk et le chemin Témiscouata ; ou encore, réparer
un vieux chemin de chantier qui a été assez bien fait autrefois, et qui suit le voisinage de la petite rivière Saint-François, Inutile d'ajouter que la subdivision des lots est à faire."
Ce territoire dont fait allusion la précieuse lettre de M. le Curé de Notre-Dame du Portage comprend la partie orientale du canton Pohénégamouk et les cantons Armand, Escourt et Cabanon; ce dernier arrosé par la rivière qui porte son nom, laquelle prend sa source dans le lac Témiscouata pour aller alimenter le lac Long, situé 15 milles plus à l'ouest, et seulement qu'à 5 milles du Beau Lac.
La longueur à ouvrir sur le Chemin Taché, telle que demandée, est d'environ 12 milles. Je prendrai la liberté de suggérer aux intéressés et an gouvernement, dans l'intérêt de la colonisation de cette partie du comté Témiscouata, l'apropos d'ouvrir une autre route, à part celle mentionnée ci-dessus, qui partirait du Chemin -Taché, dans la ligne qui sépare les cantons Pohénégamouk, Armand, Escourt et Cabanon, pour aboutir, à la tète du lac L<mxjy ou dans les environs, après qu'une exploration sérieuse en aura déterminée l'importance et la possibilité d'exécution.
Cette même lettre annonce qu'un exploration des terrains sus-mentionnés doit se faire incessamment sous la direction du zélé Curé de Saint-Antonin. On parle aussi d'un autre mouvement sérieux de colonisation qui serait sur le point de se produire dans les paroisses de lTsle- Verte, Cacouna et la Rivière-du-Lonp, pour les terres du même endroit ; double raison pour engager le gouvernement d'acorder l'ouverture des chemins en question.
Le dernier centre de colonisation que nous avons a apprécier, et qui aurait pu attirer plus tAt notre attention si je ne m'attachais pas à suivre systématiquement la Carte du pays, se trouve situé dans le fief Témiscouata et la seigneurie Madawaska. Au dire des expl orateurs, le sol de cette contrée est de la meilleure qualité qu'il soit possible de désirer; l'érable, le merisier et le hêtre sont les bois qui dominent partout. Les terres de la couronne qui a voisinent les seigneuries ci-dessus mentionnées sont également très estimées.
M. Ileath, commissaire recenseur pour ce comté, n'hésite pas à dire dans son remarquable rapport, déjà cité, que cette contrée formera des paroisses florissantes qui n'auront rien à envier aux plus belles paroisses situées le long du fleuve Saint-Laurent.
La nouvelle paroisse de Notre-Dame du lac Témiscouata progresse avec rapidité, surtout depuis qu'il y a un prêtre
IÏ* ÉTUDE. — COXTÈ DE TÊMT90OUATA. 65
résident. La population se compose de 141 familles ou 941 personnes, dont 856 sont d\)rigr»c canadienne-française. On y possède 24,504 acres de terre dont 3,020 sont en état de culture, ayant produit 9,992 minots de grains et 9,783 ininots de patates et navets, en 1860, formant en tout 19,775 minots, et 219 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est déjà estimée à $70,268, et celle du bétail, au nombre de 1,197 pièces, à $15,900. La chapelle de Notre-Dame est construite dans le détour du Lac, sur une terre de 2 arpents de front sur 34 arpents de profondeur, appartenant à la decserte. Les familles sont groupées sur trois points différents qu'on appellent le Lac, Détour du lac et Dégly. Le principal «entre se trouve dans le détour du Lac, entourant la chapelle.
De 1854 à 1861, il n'a pas été dépensé moins que $10,000 pour les chemins d'embranchements, partant des seigneuries. Comme l'exprime 6i correctement M. Dnbé, des Trois- Pistoles, devant le comité de Colonisation de 1862, u les chemins de colonisation sont d'une si grande importance, que c'est pour cela que tout le monde de ce comté désire la confection du Chemin-Taché, qui doit passer dans les plus belles terres en arrière des seigneuries."
La route de Témiscouata, à laquelle j'ai déjà fait allusion dans le préambule de cette étude, fut ouverte la première fois, en 1783, par les ordres du général Haldimand, «lors gouverneur du Canada. Grâce à la persévérance et aux attentions du gouvernement durant ces quelques dernières années, elle forme à l'heure qu'il est une communication facile et ouverte
Jendant toute Tannée. Cette route a été ouverte par le épartement des Travaux Publics.
Quant à la colonisation dans les seigneuries, il n'est pas toujours possible de suivre pas à pas les développements qui ont lieu d'année en année, cependant il me semble voir deux paroisses qui paraissent prendre de l'essor, puisqu'aujourd'hui «lies possèdent, toutes deux, un prêtre résidant. Je veux parler des paroisses de Saint-Eioi et de Notre-Dame du I*ortage ; cette dernière, fiçurant dans les pages du recensement ae 1861 pour la première fois. La paroisse de Saint-Eloi est iormée par le démembrement de celle de l'Isle- Verte ; l'autre est assise dans la seigneurie de Terrebois, entre Saint- André et la Rivicre-du-Loup, sur le fleuve. Si cette dernière paroisse n'a pas surgie plus tôt, il faut en accuser un peu la
S[ualité du sol, et surtout les inégalités de sa surface, qui en ôrit un endroit plus pittoresque que lucratif. Qmoiqu'il en soit, Notre-Dame du Portage renferme 74
coftoms&Tioir rnr bâs-c&k&dx.
familles ou 660 personnes, toutes d'origine canadientte-fran> jaisc, à l'exception d'un anglais et d'un écossais. On y possède 7,891 acres de terre dont 4,800 sont en état de culture, ayant produit 14,073 minots de grains et 18,710 minots de patates* en 1860, formant en tout 32,783 minots et 722 tonneaux de loin. La propriété foncière est évaluée à $112,930.
La paroisse de Saint Eloi, quoique figurant dans le recensement de 1851, est cependant susceptible d'attirer Pattention publique, puisque ee n'est qu'assez dernièrement qu'elle a pu être en état de supporter les charges attachées à nue Cure régulière. Je n'en parlerai que sous le point de vue de» défrichements. En 1851, il y avait 4,238 acres do terre en culture, ayant produit 13,103 minots de grains et 8,804 minots de patates, en tout 21,907 minots. Aujourd'hui, le recensement de 1861 accuse une quantité de 6.413 acres en culture, ayant rapporté 30,709 minots de grains et 31,115 minots de patates, formant en tout 61,824 minots, à part 2,087 minots de navets et 646 tonneaux de foin. La propriété foncière est estimée à $152,01$.
Les principales rivières qui axxrosent ce comté sont au nombre de quatre, savoir :
La Rivière-du-Lonp, qui prend sa source dans les montagnes et qui coule à peu près dans la direction de M". N. E., traverse les cantons Armand, Parke et Whitworth, avant que de tomber dans le fleuve. Cette rivière se divise en plusieurs branches dont les principales sont là petite rivière du Loup, la rivière Fourchue et la rivière Rocheuse.
La Rivière Verte,, qui a sa source dans les montagnes, au sud du Portage de Témiscouata, et qui coule vers le Saint» Laurent en* sillonnant la seigneurie de l'Isle- Verte.
La Rivière des Trois-Pistoles* dont les eaux proviennent de
Î>lusieurs petits lacs situés entre les- montagnes qui entourent 'extrémité du La<r Témiscouata, dont les tributaires à l'Est sont : la rivière aux Sapins, la Boisbouscache, dont le parcoure a plus de 30 milles, la rivière de l'Est et le lac des Joncs, d'une assez grande étendue et environné de très bonne terre ; à l'ouest : la fiariakèche et Sénescoupe, qui traversent Denonville et partie de Viger, le Toupiqué, qui traverse les cantons Hocquart et Deniers.
Enfin, la rivière Saint-François, qui coule dans la rivière Saint-Jean, de l'autre côté de la ligne provinciale.
Le fleuve, en avant de ce comté, est parsemé d'Isles qui sont, en descendant, l'Isle-aux-Lièvres, la plus grande, l'Islet
II* ÉTUDE. — OOMTÉ DE KAJCOUSABKA. 67
Rond, le Pot à Veau-de-vie, le gvo% Cacouna, l'Isle-Blanche, l'Isle- Verte, l'Isle-Rouge, l'Isle-aux-Pommes et Plsle-aux- Basques. Vis-à-vis de vïsle-Rouge, sur la rive septentrionale du neuve, est l'ecrôoudtara de la Rivière du Saguenay, remarquable par le volume d'eau considérable qu'elle décharge dans le Saint- Laurent.
Il y a une Société de Secours et de Colonisation établie dans le comté, dans la paraisse de Saint-Patrice de la Rivière-du- Loup, depuis 1860*
T.— Comté de Kamouranka.
Le comté de Kamouraska est le plus riche comté de la région, tant par la valeur de la propriété foncière que par celle de ses produits agricoles et de 1 industrie.
Le sol est excellent, et consiste en terre grasse et noire, en marne jaune, et en ur mélange d'argile et de sable ; vers le fond des seigneuries, dit Fauteur de la Topographie du Canada, il pera de sa bonté et de 6a fertilité et devient montagneux.
Ce comté est en grande réputation pour la bonne qualité de son beurre qui est très estimé à Québec. Plusieurs goélettes partent de Kamouraska, chaque année, pour transporter en cette ville de grandes quantités de provisions, telles que céréales, animaux vivants, volailles, beurre, œufs, sucre et planchesv
La population do comté s'élève à 21,058 habitants dont 20,977 sont franco-canadiens. On«y possède 182,327 acres de terre dont 104,503 sont en parfait état de culture.
Pour développer davantage lai cause de l'agriculture, le gouvernement offre en vente toutes les terres des cantons situés dans les limites du comté, formant au-dessus de 280,000 acres, à raison de 30 centins l'acre. Ces cantons sont ceux de Parke, Bungay, Woodbridge, lxworth, Chapais, Painchaud, Chabot et rohénégamouk. L'agent local, F. Déguise, écr., demeure à Ste. Anne la Pocatière.
Les récoltes de 1860 ont été de 833,163 minots de grains et patates, — le blé figure pour 102,943 minots, — et 15,217 tonneaux de foin, le tout évalué à $544,037.84.
Les principaux produits de l'industrie, se composant des objets. déjà mentionnés pour les autres comtés, et dans lesquels
le beurre figure pour 892,614 livres, 6'élèvant à une valeur de $147,957.44.
Le revenu des pêcheries est évalué à $2,792.77è. Encore ici, il est facile de voir que ces chiffres ne représentent qu'une bien faible partie de la valeur réelle des bénéfices de cette branche d'industrie.
Le bétail, qui compte pour 51,772 tètes, est évalué à $508,16&. Sur ce chiffre total au bétail on compte 8,016 vaches à lait.
Le chiffre des voitnres d'agrément est de 3,928, évaluées à $79,451.
La valeur de la propriété foncière est portée à $3,4S4,629 <; celle des instruments aratoires à $144,435.
Formant une valeur totale de richesse de $4,937,551.051.
Les isles de Kaniouraska, qui sont en front de la seigneurie de Kamouraska, ne sont d'aucune valeur, étant des rochers presque nus ou couverts de bfoussailles et de quelques petits arbres ; elles servent d'abris, cependant, aux petits bâtiments qui s'y réfugient. Plus loin, en descendant, se rencontrent les ïslee des PelerinB, qui avoisinent leB groupes dont j'ai parlé.
Il y a plusieurs lacs très poissonneuse, et de nombreuses
5 otites rivières qui sillonnent l'intérieur des cantons; ces ernières sont d une médiocre importance commerciale, à l'exception toutefois de la Rivière-Quelle dont la source se trouve dans la chaîne de montagnes d'où elle serpente jusqu'au âeuve dans lequel elle va se perdre. Autrefois, à l'entrée de <eette rivière, dans le St. Laurent, on y fesait la poche du marsouin d'une manière très profitable.
Le comté de Kamouraska possède dans son chef-lien, beau et florissant village de Kamouraska situé à 90 milles de «Québec, une Prison et une Cour de Justice où. se tiennent périodiquement les assemblées de la Cour criminelle, supérieure et de circuit.
©ans une autre partie du comté, t\ Ste. Anne la Pocatière, fonctionne une Ecole d'Agriculture théorique et pratique, avec ferme expérimentale, destinée à former une nouvelle génération de cultivateurs plus instruits et mieux préparés à développer les immenses richesses renfermées dans le sol de notre beau pays. Cotte institution est fréquentée par 18 élèves. M. l'abbé Pilote en est le fondateur et l'inspirateur,
Snissamment aidé par les autres membres de la Corporation u Collège qui ne vivent que du même amour pour le bien public.
La colonisation n'est pas aussi active dans ce comté qu'elle l'est dans les comtés <que nous venons de voir. IL n'y a,
IIe ÉTUDE. — COMTÉ DE XÀMOFRASKÀ. 69
proprement dît, que trois centres de colonisation qui 'soient
Îneljjue peu sérieux : Woodbridge, Augmentation de St. )enis et Ixworth.
Le canton Woodbridgc, qui contenait 36 familles ou 172 âmc$, en 1851, renferme aujourd'hui 93 familles ou 500 âmes. Les défrichements, qui ne s'élevaient alors qu'à 397 acres, avant produit 1,347 minots do grains et 5,162 ininots de patates, en tout 6,509 minots, comptent aujourd'hui pour 1,420 acres en culture, ayant donné 5,160 minots de grains et 7,783 minots de patates, formant en tout une récolte de 12,89? miuots et 108 tonneaux de foin. La propriété foncière est évaluée à $30,218. Un chemin part de Saint-Paschal et va aboutir à l'intérieur du canton, mettant en communication facile les familles établies dans le premier rang de ce canton, au nord-est de la route, avec les établissements du fleuve. M. Martin, conducteur des travaux de ce chemin, dit que le sol est propre à l'agriculture dans tonte son étendue ; le bols est mêlé, mais l'érable domine vers le haut du canton. Il est d'opinion que les terres deviennent meilleures à mesure qu'on avance vers le sud. #
Le deuxième- centre, est. la nouvelle paroisse du Mont- Carmcl, située dans l'augmentation du fier St. Denis, laquelle
{)ossède un prêtre résidant depuis l'année dernière. L'église et c presbytère sont bâtis sur le 6e rang des concessions du dit fier St. Denis. Quoiqu'une partie de cette nouvelle paroisse, le centre, se trouve déjà ancienne de 20 années, cependant ce village n'a commencé à figurer, comme centre séparé, que dans le dernier recensement, celui de 1861.
Notre-Dame du Mont-Carmel est située derrière les montagnes on coteaux qui se trouvent sur le haut du cinquième rang; mais vers l'Est la vue du fleuve se fait appercevoir à travers la coupe des montagnes, et cette vue en fait un site toutà-fait agréable par la variété de ses alentonrs. Cette paroisse renferme aujourd'hui 98 familles ou 593 habitants, tous d'origine canadienne-française. Le sol est médiocre, quoique peu rocheux, et d'une surface irrégulière. Les habitants sont échelonnés sur la route, courant au sud, formant trois noyaux ou villages particuliers qu'ils ont dénommés la Montagne, Lèchepain et Bayonne. Le village de l'église est situé dans le premier centre. L'appellation de lèche-pain, ou lichepain comme les gens disent, aoit certainement disparaître aujourd'hui, puisque le blé paraît être assez abondamment cultivé dans l'en droit. Quant à Bayonne, elle m'a paru offrir un noyau de colonisation plus actif, et les défrichements
vont bientôt atteindre retendue de ceux de son voisin, Lichepain, quoiqu'elle n'ait que la moitié de Page de ce dernier centre, environ dix ans.
L'étendue possédée est de 8,198 acres dont 1,232 acres sont cultivés, lesquels ont produit 5,245 minots de grains et 7,197 minots de patates, en 1860, formant en tout 12,442 minots et 152 tonneaux de foin. La valeur du bétail, qui compte pour 1,068 têtes, s'élève à $9,988. La propriété foncière est évaluée à $48,350. Il y a un bureau de poste établi à Mont-Carmel depuis avril 1862, et la malle y arrive trois fois par semaine. Le chemin de Mont-Carmel part de la seigneurie de Saint- Denis et va aboutir au Lac de l'Est, à la ligne provinciale ; il est ouvert pour les voitures d'Eté jusqu'au chemin Taché ; le reste du chemin, environ 9 milles, est seulement défriché. Les habitants de N. D. du Mont-Carmel ont fait de généreux sacrifices durant ces dernières années, malgré leur pauvreté, pour la construction d'un magnifique presbytère et autres améliorations nécessaires pour Ta demeurç permanente d'un Prêtre au milieu d'eux. Une terre a été acquise par la nouvelle fabrique pour l'usage du Curé.
Le dernier centre de colonisation se tnrove' dans le canton Ixworth, situé en arrière de la paroisse de Ste. Anne. Cette nouvelle paroisse en voie de formation a pour vocable St Onézime ; et el!e est desservie par un prêtre dn Collège Ste. Anne. Saint-Onézime renferme aujourd'hui 86 familles ou 784 habitants, lesquels possèdent 2,911 afcres de terre en état de cuhnre qui ont produit 4,356 minots de grains et 6,194 minots de patates, en 1860, formant en tout 10,550 minots et 184 tonneaux de foin. La valeur du bétail,' an chiffre de 970 pièces, est estimée à $9,850 ; celle de la propriété foncière à $41,278. Un chemin part de Sainte- Anne pour traverser ce canton jusqu'au chemin-Taché. Il est ouvert dans toute sa longueur, à l'exception des quatre ou cinq derniers milles. Il existe plusieurs pouvoirs d eau dans les environs du chemin actuellement ouvert, et à peu de distance, au sud-ouest, se rencontre un grand lac, long de trois mil es sur une largeur d'environ un mine et demi, lequel est très poissonneux. M. Maurice Bossé rapporte . devant le comité de colonisation de 1862 que dans le canton Ixworth la plus grande partie des terres sont de bonn q u alité.
A propos des terres renfermées dans les autres cantons du comte de Kamouraska, M. l'arpenteur Desrochers, de 6t. Faschal, rapporte devant le même comité, que dans tons ces 'Cantons on rencontre une grande variété dans la nature du sol,
H* ÉTUDE. — COMTÉ DE KAHOtTKASKA. 71
c'est-à-dire tantôt de la terre grise, tantôt de la terre jaune, noire ou .sablonneuse mêlée de petits cailloux, tantôt extrêmement rocheuse, cette variété du sol 6e rencontre à courtes intervalles. Voici en résumé l'idée que je me suis formée, ajoute-t-il, «ut la valeur du sol de chaque canton : un tiers de perte à cause des roches qui couvrent le sol ; un tiers <le bonne terre avec un peu de roches et qui pourrait se faire à peu de frais, et le dernier tiers sans roche aucune. Il n'y aurait donc, suivant M. Desrochers, qu'un tiers qui serait impropre à l'agriculture, dans tout le comté de Kamouraska. Ce monsieur est d'opinion qte si la colonisation ne s'est pas faite plus rapidement, c'est à cause du manque de chemins de communication. Mais aujourd'hui les jeunes gens paraissent «'émouvoir plus que jamais, dit-il, et vont visiter les chemins ainsi que les terres dans l'intention de prendre des lots. M. Bossé dit qu'il est question d'établir des Sociétés de Secours pour aider les colons pauvres, dans le comté.
De 1853 à 186i, le gouvernement n'a pas dépensé moins <{ue $17,800 pour l'ouverture des chemins de colonisation qne nous venons de voir, et qui sont au nombre de quatre. Le quatrième qui nous reste à considérer, >ost le cnemm de Irohénégamouk, qui est composé de deux branches, dont l'une part de Saint-Alexandre, et l'autre de Sainte-Hélène. La
Îremière bramehe traverse le canton Parke, la seconde celui de tangay ; toutes deux se réunissent vers la ligne qui divise le canton Parke de celui de Pohénégamouk, et traversent ainsi dans toute sa profondeur ce dernier canton, jusqu'au lac Pohénégamouk. Il paraîtrait, suivant un rapport adressé a l'inspecteur des «chemin* de colonisation, qu'une petite rivière, partant du lac, serait navigable jusqn'à la rivière St. Jean, ou elle va se perdre. M. Roy, conductenr des travaux de ce chemin, dit que le sol du canton Pohénégamouk est généralement bon, malgré qu'il y aient quelques parties rocheuses ou marécageuses. Cependant dans les environs du lac, ajoute-t-il, la terre est de très bonne qualité et beaucoup de personnes *e préparent à prendre les ki belles terres " qui sV trouvent, comme on les designs communément. Suivant M. Roy, il paraît que ce chemin va offrir beaucoup d'avantages à la colonisation, vu la quantité considérable de bonnes terres iju'il y a dans les environs du lac Pohénégamouk jusqn'à la ligne provinciale, dans le comté Témiseouata, suivant que nous 1 avons déjà mentionné. M. Desrochers croit qu'il y a douze à quinze lots en culture dans le canton Bungay, et qu'environ un tiers des lots sont pris ; que les trois quarts des
ait eu de défrichements faits dans les autres cantons. 11 ajoute que l'étendue de ces cantons est à peu près comme suit: Bungav, Parke et "Wbodbridge, huit milles quarrés; Chapais, r ainchaud, Chabot et Ponénégamouk, onze milles quarrés ; qu'il s'jr trouve de grands et magnifiques lacs dans chaque canton, ainsi que des rivières et des chutes en grand nombre. M. Charles Carrières, de son côté, inspecteur des chemins de colonisation, fait rapport au gouvernement en date du â7 octobre 1862, que les terres qui avoisinent le lac Pohéaégamouk sont d'une excellente qualité, et qu'on attend après l'ouverture de cette partie du chemin ixwr prendre et ouvrir ces terres. Cependant, il prétend que les terres situées sur ce chemin, dans le canton Parke, sont peu propres à l'agriculture, étant très rocheuses, à l'exception de celles du 85 rang qui devienne»* meilleures, malgré qu'elles soient encore passablement rocheuses. Quant à celles qui suivent jusqu'au chemin Taché, étant dans le canton Pohénégamouk, elles sont de bonnes qualités et propres à faire de bons établissements.
A part ces centres de colonisation, on remarque la nouvelle paroisse de St. Pacôme, qui comprend un territoire d'une étendue de 7è milles sur 4i milles, formée des 4e et 5e rangs et de la plus grande partie du 3e rang de la seigneurie de la Bouteillerie, communément appelée la Kivière-Ouelle, et faisant partie de la deuxième rangée des paroisses du Saint- Laurent. Il y a un prêtre qui y réside. Cette paroisse renferme 148 familles ou 1,821 habitants qui possèdent 15,586 acres de terre dont 6,407 acres sont en. état d'être cultivés, lesquels ont produit 17,348 minots de grains et 20,594 minotft de patates, en 1860, formant en tout 37,942 minots et 1,415 tonneaux de foin. La propriété foncière est évalué à $120,520.
Pour prouver, encore une fois, combien la colonisation progresse dans les seigneuries, ]e vais citer une autre paroisse^ celle de St. Alexandre, qui ne figure pas dans le Calendrier de 1851, mais qui est consignée dans le recensement de cette même année. En 1851, la paroisse nouvelle de St. Alexandre renfermait 112 familles ou 9*13 habitants, qui possédaient 11,179 acres de terre dont 3,916 étaient en état de culture, ayant produit 7,878 minots de grains et 4,508 minots de patates, formant on tout 12,386 minots. Aujourd'hui, cette paroisse contient 189 familles ou 1,735 habitants, lesquels possèdent 21,302 acres de terre dont 7,500 sont cultivés> ayant
llf éïUDB. —COMTÉ DE L'iffLBT* 7$
produit 22,752 minots de grains et 31,594 minots de patates, en 1860, formant une récolte totale de 54,346 minots, à part le foin et les pâturages, dans les deux cas. Ces chiffres prouvent donc que la population a presque doublé, depuis dix ans, et que les produits agricoles ont plus que quadruplé ! La valeur de la propriété foncière est de $208,420.
Ce fait isolé peut se reproduire dans presque tous les comtés* du Bas-Canada.
VI— Comté de I^Islet.
(Je comté renferme une population de 12,300 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de 124 personnes qui appartiennent à diverses autres origines. Cette population possède 147,120 acres de terre dont 66,372 acres sont en état ae culture;
Pour mieux favoriser le mouvement d'expansion qui se fait Tere les terres nouvelles des cantons de ce comté, le gouvernement a fait arpenter presque toutes les terres susceptibles d'être colonisées, et offre en vente, au prix de 30 centins Facre, 185,396 acres de - terre situés dans les cantons Àshford, Fournier, Lafontaine, Garneau, Dionne et Casgrain, traversés par le Chemin Elgin ; de môme que celles des cantons Lessard Beanbien et Arago, traversés ou en voie de l'être-pas le chemin Arago, qui s'ouvre actuellement. Outre cela, le gouvernement dispose en faveur des personnes qui ne possèdent point de terres, environ 62,000 acres situés sur le Ciiemin Elgin, et Bur le Chemin Taché, dans les cantons Garneau, Lafontaine et Chapais, lesquelles terres sont données gratuitement à ceux qut en font la demande. Ce système d'octrois gratuits doit êtrecontinue sur le Chemin-Taché dans les 22 cantons qu'il doit traverser. C'est donc un total de 246,998 acres de terre qui sont aujourd'hui disponibles pour les fins de la colonisation dans le seul comté de l'Islet. Le bureau des octrois gratuits, et de la vente des terres ci-dessus mentionnées est établi à St. Jean Port Joli.
Les récoltes des paroisses du comté ont fourni 557,70T minots de grains et patates, en 1861, et 9,857 tonneaux de foin,, le tout évalué à $329,649.20 ;
Le revenu des objets manufacturés tels» que le sucre, le» beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse,, s'est élevé à $104,056.94 ;
74 OOLOinSATIOX DU BAfl-CATÎADX, .
Les jardins et vergers ont donnés $13,311 ;
Le bétail, au nombre de 31,775 pièces, est évalué À $317,396 ;
Les voitures d'agrément, au chiffre de 2,900, sont cotées à $52,949 ;
La valeur delà propriété foncière compte pour la somme de $2,328,265, et «elle des instruments d'agriculture pour $120,139 ;
Formant en tout, avec les autres items ci-dessus exprimés, une richesse totale de $3,265,736.14.
Il n'y a qu'un seul centre de colonisation dans le comté de l'Islet, pour le moment, celui du chemin Elgin, qui, quoique récent, mérite l'attention particulière des amis du progrès.
Le public, qui connait déjà les résultats tout-a-fait remarquables obtenus dans un endroit qui, il y a à peine qiwrtre ans, était tout en bois debout, verra Fheureuse influence qu'exerce le système des octrois gratuits, et les grande» espérances qui n'aissent pour l'avenir du pays, lorsqu'un système rationnel et bien organisé est mis en opération et surveillé.
Avant que de faire voir les progrès ainsi obtenus, je crois devoir dire que peu de temps après que je fus chargé de la colonisation du Cnemin Elgin, j'adressai les lignes suivantes au gouvernement, à la date du 1er août 1859 :
"" .-.* J'ai trouvé huit familles établies le long de la
route Elgin, possédant quelques défrichements qui, réunis, pouvaient former environ 100 acres. D'autres défrichements ont été faits par des personnes non résidentes, mais qui aspirent à le devenir bientôt Je compte, en tout, environ 250 acres défrichés, dont une partie est en état de culture. 11 a été semé ce printemps, 108 minots de grains et 87 ininots de patates, formant une semence totale de 195 minots."
Maintenant, voici quels furent les progrès de la nouvelle colonisation, chaque année, jau 31 décembre : .
fin 1859. En 1860. En 186L En 1862.
•— i"i"^«"— " ^^^m^^i^^mm^m ^^___^___ ^Êt^mm^m^^^^tm
Population totale, (âmes) 144 238 369 407
Défrichements, (acres) 709 1,467 l,*m 2,066
Bâtisses, (maisons et granges)... 28 94 142 165
Récrites, (nombre de minots)... 1,672 5,15» 9,589 11,840
Valeur des produits récoltés $910.80 $3,291.30 $5,328.72 $8,132.43
Valeur de la propriété foncière,
étant le trayait des colons, 13,706.00 20,773.70 27,489.00 30,761.00
Valeur da bétail, ~. $91.00 2,12940 3,261.00 4,176.00
H* iCTUDE. — comté de i/hlet. 75
H appert par ce tableau qu'une augmentation de $10,586.20 a été la conséquence de ce progrès en 1860 sur Tannée précédente ; de $9,884,72 en 1861 sur celle de 1860, et de $6,991.31 en 1862 sur l'autre année, formant en tout un total de $27,462.23 d'augmentation en trois années, de 1859 à 1862.
Le sol est généralement fertile, malgré qu'il soit pierreux en certains endroits. C'est le bois mou qui domine 6ur le chemin Elgin ; cependant, l'aspect de la contrée change rapidement en arrivant aux alentours du chemin Taché ; là, le sol devient généralement moins pierreux et le bois franc s'y trouve en plus grande quantité.
Une chapelle est en voie de construction sur le chemin Elgin, près de l'endroit où passe le Chemin Taché, et il y a
Elusieurs moulins à scie qui fonctionnent suffisamment pour » besoins actuels des «colons. Deux bureaux de poste ont été établies sur le chômai Elgin, en mai dernier, et kt malle s'y rend une fois par semaine, chaque mardi.
11 n'y a dans ce comté que deux chemins de colonisation qui doivent conduire au chemin Taché: la route Elgin et le chemin Arago. Le chemin Elgin est ouvert jusqu'à la ligne provinciale ; l'autre ne fait que commencer .k s'ouvrir. Ici, je m'estime heureux d'ajouter que le tracé de la route Elgin est l'œuvre d'un ami de la colonisation, M. Charles Fournier, membre du comté de l'Islet, qui, animé «d'un ardent amour pour la cause, a fait à ses frais les premiers travaux «l'ouverture, il y a quelques années, et a ainsi offert à la colonisation eette portion importante de territoire que traverse aujourd'hui le chemin Elgin. Six cantons se rencontrent sur ce chemin, «avoir : au nord-est, Ashford, Lafontaine, Dionne, au sud-ouest, Fonrnier, Garneau et Casgrain, au delà desquels se trouvent 4a ligne provinciale.
De 1853 à 1862 il a été octrové $1*6,300 pour l'ouverture des deux routes ci-dessus mentionnées, à part $12,500 employés à la confection du chemin Taché, dans ce seul comté, durant les années 18*0 -et 1861.
Depuis dix ans, deux paroisses nouvelles ont surgi dans les seigneuries: Ste. Louise et St. Aubert. La première étant un démembrement de la paroisse de St. Roch des Aulnais ; la seconde, un démembrement de celle de St. Jean Port- Joli. Toutes deux sont situées sur la deuxième rangée des paroisses du fleuve, et possèdent chacune un curé résidant.
La paroisse de Ste. Louise, comprenant le canton Ashford, renferme une population de 1,097 habitants, tous d'origine canadienne-française, lesquels possèdent 11,567 acres de terre
dont 4,581 sont en état de culture, ayant produit 15,0£(> minote de grains et 16,531 minots de patates, en tout 31,62T minots et 574 tonneaux de foin. La propriété foncière est estimée à $164,629.
La paroisse de St. Aubert, comprenant les nouveaux établissements du chemin Elgin, renferme une population de 1,325 habitants, tous d'origine canadienne-française, lesquels possèdent 16,882 acres de terre dont 5,497 acres sont en état de culture, ayant produit 16,614 mînots de grains et 19,845* minots de patates, formant en tout 36,456 minots et 524 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est estimée à $130,753.
Il y a encore la paroisse de St. Cyrille, vïs-à-vis de l'Islet, ui progresse peu sous le rapport de la population, mais oui sa éveloppe assez sensiblement 60us le rapport de l'agriculture, malgré la qualité médiocre de son sol, qui est montagneux et passablement pierreux. • En 1851, cette paroisse renfermait 71 familles ou 448. habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de 4 personnes, possèaant 1,851 acres de terre en état de culture qui avaient produit 3,663 minots de grains et 2,643 minots de patates, en tout 6,306 mînots. Aujourd'hui, St. Cyrille renferme une population de 101 familles ou 652 habitants, tous d'origine canadienne-française, lesquels
?ossèdent 2,723 acres Se terre en culture, qui ont produit ,526 minots de grains et 8,625 minots de patates, formant en tout 16,151 minots. La propriété foncière est évaluée à $51,650. Cette paroisse est desservie par la Cure de l'Islet, Il y a office toutes les trois semaines. Les habitants viennent d'entreprendre la construction d'une église en bois, destinée à remplacer la chapelle actuelle qui désormais devra servir dç presbytère. •
Le sol des seigneuries du comté est un mélange de terre légère et sablonneuse, et d'argile. An fond, il est montagneux, inégal et rocailleux.
Plusieurs petites rivières sillonnent le comté. Dans les cantons, Leverrier et Arago, coulent deux branches de la rivière Noire; dans Lafontaine, Fournier et Ashford, se trouvent la Éivière-Ouelle et le Bras; dans Lessard et Beaubien, le Bras de St. Nicholas et le Bras d'Apio ; dans les paroisses des seigneuries se rencontrent la rivière St. Koch, la rivière du Port Joli et celle des Trois-Saumons, qui prennent leurs sources dans les montagnes, au fond des seigneuries^ et descendent dans la direction de l'ouest en arrosant très bien la contrée* Cest surtout ces dernières rivières qui attirent le-
if ÉTUDE. — COMTÉ DE i/lSLET. 7T
plus d'attention par l'aspect charmant des beautés naturelles
3 ni se trouvent à l'embouchure de ces cours d'eau, sur le cuve, et qui semble les embellir davantage. H y a aussi plusieurs lacs ; mais le plus important est celui des Trois-Sàumons, qui est très en renommée à Québec pour la quantité et la qualité de la truite qu'il contient.
Il se rencontre plusieurs islets dans le fleuve : la batture au loup marin, longue d'environ trois quarts de lieue, étant la
Îropriétc de M. Ovide Fonrnier, de St. Jean Port Joli ; le Hier, près duquel se trouve la fatale Roche à Veuillon ; et plus loin un Rocher presque nu est sans arbres. Le fleuve, vis-à-ris de St. Jean JPort Joli, est large d'environ 20 milles. Il y a des Sociétés de Secours dans toutes les paroisses du comté ; cependant, elles ne fonctionnent pas toutes également bien. Quant à celle de St. Jean Port Joli, eue rend d'importants services à la colonisation, puisque déjà 115 familles en ont reçu d'elle des secours pour l'ensemencement de leurs défrichements, chaque printemps.
Durant les années 1860, 1861 et 1862 il a été distribué à ces familles 317 minots de grains et 717 minots.de patates, formant en tout 1,034 minots. Cette générosité du cultivateur riche pour le pauvre défricheur aura «on mérite devant Dieu, n en doutons pas. Déjà l'encens de la prière du
{>auvre colon qui reçoit est monté jusqu'au Ciel, implorant pour ui et pour ses Bienfaiteurs qui 1 assistent les bénédictions de Celui oui veut qu'il y ait des pauvres sur la terre.
Que tes véritables patriotes s'efforcent donc de rendre plus générale parmi nous, cette œuvre, destinée qu'-elle est à prendre une part si belle et si utile dans l'œuvre de la colonisation du pays. (1)
(1) Ponr faciliter l'organisation de ces Société* de Secourt dans tontes les paroisses du Bas-Canada, je m'empr sse de mettre sous les yeux du lecteur le Projet de Constitution qui suit, lequel peut être modifié suivant les circonstances et les lieux :
Association de Secours pour venir en aide aux Colons défricheurs,
Articls 1. — Le but de V Association de Secoure est, an mojen d'une organisation régulière et permanente, de venir en aide aux personnes qui s'établissent sur des terres nouvelles, afin d'accroître le développement de la richesse nationale par la prise de possession du sol, et donner aux familles qui s'y dévouent un encouragement propre à les aider à faire l'acquisition d'un patrimoine ; d'iacnlquer, par cet acte de bienfaisance, l'esprit de charité mutuelle, l'estime des hommes entre eux, et la pratique de tout ce que ht
$8 COLONI8ÀTIOH DU BAS-CANADA.
TH.— Comté de HontmafBj.
La population de ce comté s'élève à 13,386 habitants dont 13,275 sont d'origine franco-canadienne. On y possède 134,147 acres de terre dont 65,484 sont en état de culture, ayant produit 432,512 minotede céréales et patates et 17,77* tonneaux de foin, la tout évalué à la somme de $324,184.09 ;
Les produits de la ferme, consistant en sucre, beurre, laine, étoffe, flanelle, toile et filasse, sont évalués à $100,575.56 ;
Le bénéfice des pêcheries du golfe, exploitée» par quelques habitants du comté, ont été comme suit :
Morue sèche, 11,937 quintaux, évalué à $35,811.00
Morue verte, 527 quarts* " 1,317.50
Poisson vendu frais, . . * 1.57i
confraternité, la pBilantropie et le bien national prescrivent aux enfonU eYns* même patrie.
Article Tl.— UAiiociation de Secoure étant une ouvre nationale et de charité, a pris pour devise : " Religion* et Patrie P "
Article III. — Outre le Directeur-Président de l'Association, qui sera de droit H. le Curé de la Paroisse, les officiers suivants seront élus chaque année, savoir : un Président-adjoint, deux Vice-Présidents, un Secrétaire, un Trésorier, et un Conseil d'environ 20 membres pour former, avec les officiera ei-deasos mentionnés, le Bureau de Direction.
AwriCL* IV. — Une assemblée générale aura lieu chaque année, dans le mois de Janvier, pour l'élection des officiers de l'Association, à laquelle sera soumis le Rapport Annuel sur les bonnes œuvres opérées durant Tannée ainsi qu'un Etat des Comptes de la société.
Article V. — La contribution annuelle sera pour les Cultivateurs, d'un minot de grain ou plus, suivant le zélé charitable des personnes intéressées aux besoins des pauvres, payable dans Te mois de Janvier, chaque année, aussitôt après l'élection des officiers dont la mission sera de collecter dans la partie de là paroisse qui lui sera assignée la part des aumônes à recueillir. Quant aux associés qui ne récoltent point, ils seront tenus de verser dans la caisse de l'Association une valeur d'environ un son par semaine, soit 2 chelins par année, payables aussi à la même époque.
Àrticlb VI. — L'œuvre dont V Association aura à s'occuper sera de distribuer à propos, parmi les colons établis sur des terres nouvelles, des grains de semence, le printemps, afin de les aider à sortir des embarras dont est semée la route du défricheur durant les premières années et de promouvoir, par là, la caaae de la colonisation.
Articl* VII. — La durée de l'aide accordée à chaque colon ne devra pas se prolonger au-delà de quatre années y encore sera-t-il nécessaire de bien
n* tarBB'— ce»é m uosmikàGKr. 79
Les produite des jardins et vergers se sont élevés, en 1860, à $17,a75 ;
La valeur do bétail, qui compte pour 23,097 têtes, est
«stiméeà' $839,220:
Le» voiture» de plaisir, au nonritoe de 2,525, sont évaluée» à $56,851 ;
La propriété foncière est évaluée à $2,396,112, et la valeur des instruments d'agriculture à $103,543 ;
Formant une richesse totale de $3,374,990.72}.
Pour élargir davantage le cercle des défrichements et de
considérer l'état du colon poor s'assurer s'il a on non impérieusement besoin d'une telle aide et si l'amour du travail do dit colon est en harmonie avec les sacrifice» que s'impose l'Association pour l'aider à s'établir.
Abtich VBI.— Les Unîtes naturelles dans lesquelles l'Association aura a déployé»- sa charité- devront être celles des établissement» voisins de la paroisse.
Akticcs IX. — Dan* le cas qu'il arriverait qu'une ou plusieurs Associations de Secours seraient fondées dans un endroit, lesquelles seraient destinées à porter secours ans colons d'un même lieu, alors il serait du devoir des dites Associations de communiquer ensemble afin d'aviser au meilleur fonctionnement du système.
Abticli X.— Toot colon protégé par V Association de Secours>T qui sera trouvé* coupable d'abus de confiance, perdra droit aux faveurs de la Société et sera rayé de la liste des secour Mes.
Article XL — L'aide ne devra être accordée qu'aux- colens qui tiennent feu et Mm sur leurs lots respectifs.
DIVOIBS DM OlFICIIBS.
Le» devoirs des officiers se résument ainsi :
1° — Le directeur- président ^ ou en son absence le président adjoint, devra» présider toutes les assemblées générales ainsi que elles du bureau de direction, y maintenir l'ordre et veiller en général à l'exécution fidèle des règlements, statuts" et procédés de la société. Bu cas de division égale dans les votes, le président pourra donner sa voix prépondérante.
2° — Le secrétaire réd'gera, tiendra, conservera les procès-verbaux des assemblées générales, les minutes du bureau de direction, et tous les documents qui ont rapport à la société.
3° — Le trésorier devra recevoir les deniers ou les grains qui lui seront confiés, les déposer dans un lieu sûr et ne s'en désaisir que sur un vote du comité de régie, certifié par le directeur-président.
4° — Le bureau de direction sera composé des présidents, vice-présidents, secrétaire, trésorier, et d'environ 20 autres membres de la société. Le quorum du dit bureau de direction sera de 5 membres. Il aura la direction et l'administration des affaires, de même que des revenus de la société. Il devra rendre compte de ses opérations à l'assemblée générale du mois de Janvier, n aura également le droit de faire tous les règlements nécessaires pour la bonne administration de la société*
SO tJOLOîHSATION i>T7 BAS-CANADA»
l'agriculture, le gouvernement a fait arpenter et diviser en lots tous les cantons renfermés dans les limites du cornac, lesquels sont maintenant annoncés en venté, à 30 centîns l'acre. Ces cantons sont : Asliburton, Bourdages, Pattôn, Montminy, Rôlette, Talon et Pauet, contenant ensemble environ 200,000 acres. L'agent local, Frs. Têtu, écr., demeure à Montmagny.
Grâce a cette immense quantité de terres ainsi organisées, nul doute que là colonisation impitoyablement paralysée jusqu'à ce moment, faute de chemins, ne prenne un nouvel essor.
Au milieu des plus graves embarras, cependant, un- centre de colonisation s'est développé d'une manière très étonnante, dans le comté ; je veux parler du canton Montminy. Eu effet, ce canton oui ne contenait que 19 personnes en 1851, renferme aujourd'hui une population de 600 habitants. En 1851, on ne comptait dans l'endroit que 35 acres de terre défrichés, ayant produit 2,058 minots de grains et patates ; tandis qu'anjourdTmi on évalue à 1,697 acres la terre mise en état de culture, ayant produit 12,123 minots. Il en est de même des autres développements. Le chemin^qui conduit ans: établissements de ces vaillants pionniers ne vient que d'être terminé cette automne (1862). Maintenant, 6a*s aucun doute, la colonisation va faire de nouveaux et plus rapides progrès, puisque le terrain est favorable à toutes espèces de culture, quoique généralement composé d'un sol sablonneux ou de
Î ravier. Cette nouvelle paroisse a pour vocable Saint-Paul. 1 y a une chapelle de 42 pieds sur 30, construite sur un lot donné par M. l'abbé Sirois, pour l'usage du missionnaire. Cette chapelle est destinée à servir plus tard de presbytère. J'apprends que la fabrique de Saint-Pierre, Riviere-dn-Sud, vieat de faire don d'une cloche aux habitants de l'endroit pour leur chapelle. Les habitants de Saint-Paul sont desservis par M. le Curé de Notre-Dame Auxiliatrice, nouvelle paroisse, formée dans le canton Buckland, que nous verrons plus tard. Un autre centre de colonisation s*est aussi développé durant ces dernières six années, dans le canton Ashbur ton, joignant la ligne seigneuriale de la paroisse de Mohtmagny. Une société de colonisation d'ouvriers de Québec, fondée en 1856, y a fait faire d'immeitses travaux de défrichements, après avoir fait l'acqnisiticn de leurs terres du gouvernement. Mais il est regrettable de le dire, cette société a été froinpée sur la qualité du "Bol d'une partie assez considérable du canton, qui n'est qu'amas de pierres et cailloux, à l'exception des lots qui