‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 22 sur 124 · VIII.— Comté de Bellechasse · texte numérisé non relu

VIII.— Comté de Bellechasse

La population de ce comté s'élève à 16,062 habitants, Um& d'origine canadienne-française, à l'exception de 30 personnes* Cette population possède 184,744 acres de terre dont 93,57© acres sont en état de labour ou de culture, laissant ainsi 91,169 acres en bois debout pour les fins domestique» et du défrichement.

D'après le recensement de 1861, il a été récolté dan» le» limites du comté 746,659 minots de grains et patates et 15,972 tonneaux de foin, le tout évalué à $422,544.04 ;

Les produits ordinaires de l'industrie sont évalués à $124,579,53 ;

Ceux des jardins et vergers, à $22,034 ;

Le bétail, qt» compte pour le chiffre de 37,704 pièces, est évalué à $431,379 ;

IIe ÉTUDE, — COMTÉ DE BELLECHASSE. 83

Les voitures d'agrément, au nombre de 3,171, sont estimées à $00,328 ;

La valeur de la propriété fougère est portée à $2,676,711, et celle des instruments aratoires à $152,022 ; • Formant une richesse totale de $3,889,597.57.

Afin de faire progresser la colonisation, le gouvernement a it arpenter, en tout ou en partie, les quelques cantons qui euivent, renfermés dans les limitée du comté, savoir : Buckland, Armaph, Mailloux, Roux, Beilechasse et Daaquam, comprenant environ 125,000 acres de terre disponibles, à raison de 30 contins par acre. L'agent local, S. Y. Larue, écr., réside à St. Charles.

L'œuvre du déboisement s'opère sur trois points principaux : Buckland, Mailloux et Arrnagn.

Ce fut vers Tannée 1847 <jue commença l'ouvertnre du eanton Buckland à la colonisation. A cette fin, une société de colonisation fut formée par M. le Grand Vicaire Mailloux, cette autre gloire nationale que renferme le Clergé. Il fut

guissamment secondé par feu M. Villeneuve, alors curé de t. Charles.

Les pressentiments de M. Mailloux ne furent pas de vaines espérance? ; dans l'exploration qu'il fit avec ses ' hommes intrépides et courageux, il trouva une grande étendue de terrain, attendant depuis la ligne des seigneuries jusqu'à la rivière St. Jean, qui forme la ligne de séparation du Maine avec le Canada, pouvant former plusieurs belles paroisses. Sans perdre de temps, ces valeureux pionniers se mirent à l'œuvre et les défrichements commencèrent dans la partie nord ou inférieure du canton Buckland.

Aujourd'hui ce canton possède une population ainsi répartie: feuckJand-Oueàt 406 âmes; Buckland-Est et Mailloux, 800 âmes, formant une population totale de 1,206 habitants. La partie ouest du canton appartient au comté Dorchester, et 1 autre partie à celui de Bellechasse. Quant au canton Mailloux, que je ne puis $éparer de Buckland, pour l'étude de leurs développements respectifs, puisque les recenseurs les ont réunis* ensemble pour le même objet, je crois devoir dire que les progrès de ce canton n'entrent pas pour une bien grande somme dans ceux de l'autre canton, Buckland ; car au commencement de 1861, il n'y avait encore que 6 familles ou 23 personnes résidentes dans le canton Mailloux.

Cependant, pour mieux faire voir les progrès accomplis depuis dix ans, en cet endroit, je vais réunir les deux divisions

84 éOLONTÔATTON Dtf BAS-ClkiDA. *

de Buckland en une seule afin dé n'y grouper qu'une seule lignée de chiffres.

En 1851, la population der Buckland ne s'éfévàït qu'à 137 habitants, toua d origine canadienne-française, S l'exception de 16 personnes', lesquels possédaient environ 200 acres en état de:6ulture.

Le recensement de 1861 ACQiise utte population réunie de : 1,206 âmes, dont 1,105 habitants sont d'origitle '■ canadienne

• française, et 101 personnes d'origine brit&ftïiiquej lesquels possèdent 2,771 acres de terre en culture, ayant produit 12J739 miiiots de grains et 10,392 minots de patates, formant une récolte totale de 23,131 minets et 854 tonrfe&nx de foin.

Une chapelle, longue de 42 nieds sur 32 piedfe de large, est construite depuis 1856 dans Buckland, qui a pour 'vocable Notre-Dame Auxiliatrice. H y a dussi-un presbytère dt 80

{>ieds sur 26. M. l'abbé Gosselin, curé de Saint Jean de 'Islè Orléans, à fait don d'une cloche de 116 livrée à la nouvelle paroisse.

Les habitants.de Notre-Dame Auxiliatriee ont j en outre, le précieux avantage de posséder un prêtre résident, qui est chargé de desservir les missions de St. Cajétan, (Armagn), St. . P,anf (Montminy), et Notre-Dame de If J^llou *f .

H y a un superbe chemin qui conduit à . ÎJçjtrs-Dame

Auxiliatrice, partant de la 8e concession de St.. Gervàis. Il

existe de nombreux ppuvoir d'eau dans le cf>i$on Buckland,

. eur la rivière des Abéaakiq, sur la deuxième, franche de la

• même. rivière, 'sur la rivière Taecherew, la, riyûere ,çles. Ornies, le ruisseau de»- Belles- Amours^ la branche. .du ,Pinv et, la branche du Nord-Ouest ; il v en a aussi sus;pix/à huit autres petites rivières qui peuvent fournir des cours d'pau suffisants pour faire fonctionner des moulins à scie chaque printemps, au moins pendant un temps assez considérable.' ' ïî y a déjà, je crois, 2 moulins à farine, 8 moujins à scie e^ 3 établissements

r .dépotasse et. parlasse en opération, <lang le seul canton de Buckland ou Notre-IJame Auxiliatrice. Lp, propriété foncière est évaluée à $104,064. , '*' ;

«, Le révérend M. Mailloux, dont le patriotisme est, si connu et à qui la colonisation doit tant de succès, devra se réjouir

;, agréablement en* pensant, .que* c'est lui (pii a su opérer ce

œuvre !

L'autre centre ;de colonisation* rébide dans Itî nouvelle

II* ÉTUDE-T—COMTÊ DE BEIXECHÀS8E. 85

paroisse de Sçûnt-Cajétan (Armagh), qui ne renfermait que 112 âmea, en 1851, et donl la population s'élève, auJQiird'hui, à 648 habitants, tous d'origine canadienne-française. On y possède h Tlieyre qu'il est 16,200 acres de terre dont 2,158 acres sont en culture, ayant produit 12,470 minots de grains et 5,817 miriol^ de patates, formant en tout 18,287 minots. Le chemin de Sainf-Cajétan a son point de départ dans la seigneurie de Saint- Valser : il traverse le canton Armagh et une partie de celui de Mailloux, jusqu'au chemin Taché. M, Dagneault, conducteur des travaux, dit que ce chemin servira de débouché aux colons de Saint-Cajét^n et de Notre-Dame de/ Mailloux, et serp d'une grande utilité à ceux qui iront s'établir 6ur le chemin Taché. Il ajoute que depuis quelques années les propriétaires des terres de ces nouvelles paroisses ont beaucoup aggrandi leurs défrichements, et que la valeur de la propriété foncière a JMigjpjentée d'à peu près la moitié. Le sol^ le long diji chemin, est de terre jaune vet de bonne qualité, mais rocheux ; les terrains adjacents, dit M. Dagneault, sont à peu près de même nature. Il y a une chapelle dans Armagh. . . . , , ,

Le troisième centre de colonisation est Notre-Dame de', Mailloux. Cette localité a fiait bien peu de progrès, malgré le courage et- la persévérance des quelques habitants qui y sont établis, en conséquence du défaut de communications jusqu'à ces derniers temps. Comme je l'ai dit plus haut, il n'y avait dans l'endroit que six familles on 23 personnes, au commencement de 1861. Grâce à l'ouverture du chemin Taché dans les cantons BucVland, Mailloux et Montminy, formant une longueur d"-envirôn 20 milles, les habitants de ces divers cantons, peuvent ( aujourd'hui communiquer ensemble, ou descendre au ftcuyé par" les routes de Notre-Dame Auxiliatrice, à l'ouest» lég chemins Beaubien et Sirois, à l'est, de même que par la joute d' Armagh qui aboutit au centre de la nouvelle paroisse de î^otr^Dame de Mailloux, près de la rivière dii'Piu. .Il'v a njje chapelle construite dans le canton Mailloux, sur mf.iot dé terre légué par feu M. l'abbé Yilleneuvç, curé dçjSt. Charles- 3ç ne possède point d'autres renseignements sur cet endroit, cependant je puis ajouter sans craipte, qjie la jCçrtqnisation va prendre* vigueur, en consé-

3uence des avantage» qu'offre aujourd'hui l'ouverture dea ivers chemins ci-ci essus. mentionnée.

Une route nouvelle, longue de 24 milles, est en voie d'ouverture dans le cauto» Mailloux, et est destinée à imprimer un grantf él*n à la colonisation dan^ cette partie du comté do

Bellechasse. L'initiative de cette bonne pensée, de construire un chemin à travers ces bonnes terres, est dne à M. l'abbé Beaubien, curé de Saint-Raphaël, aidé du docteur Fortier, alors membre du comté et de quelques autres amis de la cause colonisatrice, en vue d'ouvrir les terres situées sur les bords de la petite rivière Daaquam et ses environs. Pour honorer la mémoire de celui qui * pour ainsi dire été le fondateur et l'apôtre de la colonisation, en cet endroit, on a donné à ce chemin le nom de M. l'abbé Maillonx. Le chemin Maillonx part de la Chapelle de Notre-Dame, sur le chemin Taché, et va aboutir à la ligne provinciale, après avoir traversé les cantons Mailloux, Roux, Bellechasse et Daaquam. M. Audette, chargé d'ouvrir ce chemin, disait dan6 son rapport de 1860, que les terres situées sur ce chemin étaient bonnes généralement, mais qu'elles devenaient supérieures à mesure que l'on approchait de la vallée du Saint-Jean. Il ajoutait, cependant, que le tracé du chemin ne se trouvait pas au milien des terrains les plus avantageux, et que c'était dans les rangs situés plus en arrière que se trouvaient les plus belles terres et ou il y en avait une étendue très considérable. Toutefois, il mentionnait l'endroit comme possédant de belles et bonnes terres ; des pouvoirs d'eau sans nombre ; un climat plus doux que sur les bords du Saint-Laurent, sur le versant sud des jnontagnes ; un marché tout près pour les produits dans les nombreux chantiers que font les américains de l'autre côté de la ligne ; des rivières profondes et navigables pour de petits bateaux qui mettront ces nouveaux colons en rapports faciles et journaliers avec Madavraska, Long-Sault, St. Jean et Frédéricton, outre le débouché ordinaire et à proximité de Québec. Les rivières Daaquam; Saint-Jean et plusieurs autres, sans compter un grand nombre; de petits lacs, sont poissonneuses. Dans son rapport de 1861, M. Audet écrivait au gouvernement qu'on avait commencé à coloniser sur ce chemin, et que six ou sept colons courageux y avaient fait des abattis qui, ensemencés le prihtempé, avaient produits de très belles récoltes. Aussitôt que ce chemin aura été ouvert, M. Audette croit que toutes les terres seront prises incessamment.

De 1853 à 1861, il a été dépensé datis ce comté, pour l'ouverture des chemins de colonisation, la somme, de $15,900.

La colonisation, dans les seigneuries, s'est "aussi considérablement développée durant ces dernières dix années, surtout sdans les paroisses de Saint-Lazare et Saint-Raphaël.

Xa première, qui renfermait une population de 1,698-

Tf

DE DOBCHEBTEB.

Itabitants, en 1851, et qui ne contenait que 6,727 acres de terre en état de culture, ayant produit 18,608 minots de grains et 4,854 minots de patates, en tout 23,462 minots ; renferme aujourd'hui une population de 2,083 habitants, lesquels possèdent 12,708 acres de terre en culture qui ont

J>roauit 26,002 minots de grains et 35,099 minots de patates, brmant en tout 61,101 minots et 1,798 tonneaux de foin. La propriété foncière est aujourd'hui évaluée à $249,455.

La deuxième paroisse, Saint-Raphaël, qui renfermait 836 habitants, en 1851, y compris Àrmagh, et 3,646 acres de terre en état de culture, ayant produit 21,795 minots de grains et 3,987 minots de patates, en tout 25,782 minots ; renferme aujourd'hui une population de 2,631 habitants, sans y comprendre Saint-Cajétan, lesquels possèdent 9,118 acres de terre en culture, ayant produit 58,357 minots de grainset 33,173 minots de patates, en tout 91,530 minots et 2,554 tonneaux de foin.

Maintenant, si on réunit les développements d'Ârmagh avec ceux de St. Raphaël, tels qu'ils sont consignés dans le recencement de 1851, on trouve que l'augmentation durant ces dernières dix années, a été comme suit :

1851 1861 Augmentation

Population totale,.. M 836 3,279 2,443 hab.

Acres en cnlture, M 3,646 11,276 8,630 acres.

Récoltes en grains et patates, 25,782 109,757 83,975 minots.

Aujourd'hui, la valeur de la propriété foncière de St. Raphaël, sans y comprendre Armagh, est de $238,513.

Le comté est assez bien arrosé par le* rivières Bellechasse, Boyer et le Bras, outre quelques petits ruisseaux. Le sol dos seigneuries est une variété de terre légère et sablonneuse, mélangé de marne jaunâtre, argile et terre noire, qui produisent abondamment toutes espèces de grains.

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