‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 23 sur 124 · IX.— Comté de Dorcliester · texte numérisé non relu

IX.— Comté de Dorcliester

Ce comté qui vient d'entrer énergiquement dans une voie nouvelle de progrès colonisateur, renferme une population de 16,195 âmes, dont 13,107 habitants sont dorigine canadiennefrançaise.

Le nombre total d'acres de terre possédés s'élève à 210,87e dont 94,348 sont en parfait état de labour, laissant par conséquent 116,526 acres en bois debout. Nul doute que ce dernier chiffre va singulièrement diminuer, durant les années prochaines, en conséquence des rapides développements que commence à prendre la colonisation dans les limites de ce comté.

A part ces terres qui restent à défricher, le gouvernement en offre en vente 354,000 acres situés dans les cantons Frampton, partie de Buckland, Standon et son augmentation, Cranbourne, Ware, Watford et Langevin, au prix régulier de v30 cents l'acre, afin de subvenir au besoin toujours croissant de la population. Deux agents sont chargés de vendre ces terres ; Edouard Rouleau, ecr., demeurant a Sainte-Claire, est autorisé à vendre celles des cantons "Ware et Langevin, et Andrew Ross, écr., demeurant à Saint-Edouard de Frampton, à vendre les autres.

Les récoltes des diverses paroisses du comté ont donné . 695,304 minots de grains et patates, et 12,366 tonneaux de foin, le tout évalué a $398,205.39 ;

Les produits de l'industrie, comprenant le sucre d'érable, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à $134,869.77 ; et ceux des jardins et vergers à $15,642 ;

Le bétail, au chiffre de 42,643 tètes, est évalué à la somme de $419,482 ;

Les voitures d'agrément, au nombre de 2,055, sont évaluées à $37,577;

La valeur de la propriété foncière est fixée à $2,264,741 ; et celle des instruments d'agriculture à $89,218 ;

Formant en tout une richesse de $3,359,735.16.

Plusieurs paroisses non y elles ont surgi depuis dix ans ; d'autres se sont considérablement développées, comme nous allons le voir.

Le premier centre de colonisation qui s'offre à "notre appréciation, sur la carte, est le canton Frampton, Cet endroit renfermait une population de 1,993 âmes, en 1851, tonte d'origine britannique à l'exception de 167 personnes d'origine franco-canadienne. On y possédait alors 9,344 acres de terre en état de culture, ayant produit 27,410 minots de grains et 30,837 minots do patates et navets, formant en tout 58,247 minots, à part le foin et les pâturages. Le recensement de 1861 constate que la population de ce même canton s'élève aujourd'hui à 2,568 habitants où les canadiens-français comp-

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tent pour le chiffre de 632 âmes, possédant 14,390 acres en culture, qui ont produit 52,478 minots de grains et 42,913 minot» de patates et navets, formant en tout 95,391 minots. C'est donc une augmentation de 5,046 acres de terre nouvelle et de 37,144 tninots durant ces dernières dix années. Frampton renferme aujourd'hui deux paroisses qui ont pour vocables Saint-Edouard et Saint-Malachie. La paroisse de Saint- Edouard est située dans la partie nord ou inférieure dn canton, et celle de Saint-Malachie sur la rive droite de la rivière .Etchèmin. Cette dernière paroisse renfermait 74 familles canadiennes et 58 familles irlandaises, au commencement do l'année 186i. Il y a un Prêtre résident dans chacune de cea paroisses. Outré les deux églises catholiques, on compte aussi deux temples protestants dans Frampton. H reste peu de terre non habitée dans l'endroit, paraît-il.

Le deuxième noyau de population réside dans Saint-Léon ; nouvelle paroisse située aussi sur la rivière Etchèmin,. dans le canton Standpn. Il y a dix ans, on ne comptait dans l'endroit que 202 habitants, tous d'origine britannique, à l'exception de 7 personnes ; aujourd'hui ce canton Renferme 429 habitants dont près de la moitié, soit 197, sont d'origine canadienne-française, lesquels possèdent 1,198 acres en culture, qui ont produit 5,495 minots de grains et 4,453 minots de patates et navets, formant en tout 9,948 minots et 195 tonneaux de foin. La chapelle de Saint-Léon est construite dans la concession appelée Maryville, et c'est M. le Curé de Saint-Malachie qui dessert cette population. Le missionnaire de l'endroit rapportait, en 1859, que les colons d'origine britannique était en grande majorité dans cette localité, mais que la plupart cherchaient à vendre leurs terres depuis que les canadiens commençaient à s'y établir. Il y a deux églises dans Standon, l'une catholique, l'autre protestante.

Sur les bords du Lac Etchèmin, dans le canton Ware, se trouvent groupées quelques familles qui sont desservies par M. le Curé de Saint-Léon. Le chiffre de la population était de 4 familles ou 25 personnes, en 1860, possédant 113 acres de terre défrichés qui avaient produit 3,815 minots de grains et 365 minots de patates et navets, formant en tout 4,180 minots. On y possède de plus 53 tètes de bétail. La Croix qui fut plantée à la place du premier arbre abattu, il y a peu d'années, va cependant céder bientôt la place à une chapelle que l'on

{>arle de construire incessamment. Aujourd'hui, comme dans es premiers temps de la colonie, on sait que pour faire réussir la colonisation dans un nouvel établissement, il faut Véglise et le prêtre I

90 COLONISATION D0 BÀJS-CÀJfÀDA.

A l'ouest de cette mission naissante se rencontre la nouvelle paroisse de Saint-Odilon, située dans le canton Cranbourne, et desservie par M. le Curé de Saint-Edouard, qui imprime à ce centre de colonisation tout le développement désirable, au point que les résultats semblent donner raison d'avoir si heureusement attaché le nQin de ce zélé missionnaire à l'endroit ou'il dessert, La population de cette nouvelle paroisse s'élève aujourd'hui à 72 familles ou 416 âmes, tous d'origine irlandaise. Il y a dix ans, on comptait 87 personnes d'origine canadienne-française dans l'endroit ; mais aujourd'hui il n'y en a pas une seule. La colonisation, qui a rogressé assez lentement jusqu'à ces dernières années, prend u développement, comme je viens de le dire, au point que les défrichements s'élèvent à f heure qu'il est à 1,607 acres, qui ont produit 6,913 minots de grains et 8,469 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 15,382 minots et 340 tonneaux de foin. Le bétail figure pour 716 têtes, évaluées à $6,716. Il y a une chapelle construite dans Cranbourne depuis 1859. M. Henderson, de Frampton-Est, rapporte devant le comité de colonisation de 1862, que les terres disponibles dans Standon et la partie nord-ouest de Ware sont généralement d'un sol médiocre, bien qu'il s'y trouve ça et là des lots d'assez bonne qualité. La partie sud-ouest de Ware et les terres possédées par les colons dans l'autre partie du canton, sont d'une qualité supérieure à la moyenne générale. Dans Cranbourne, ajoute-t-il, le terrain est marécageux bien que moins rocheux que dans Frampton ; les terres sont bonnes avec beaucoup d'excellentes sucreries, dont la plupart sont exploitées par des personnes qui y font du sucre chaque

Îrintemps. Durant les cinq ou six dernières années, dit M. [enderson, la colonisation à fait des progrès rapides dans Standon, Buckland et la partie Est de Frampton, surtout par l'arrivée de familles canadiennes, qui préféraient vendre leurs terres dans Sainte-Claire, Sainte-Marguerite et Sainte-Marie, pour s'établir dans ces cantons et éviter les charges qui pèsent ordinairement dans les vieilles paroisses.

Au sud de Cranbourne ou Saint-Odilon, 6e trouve le canton Watford, traversé par la rivière des Abénaquis. Il paraîtrait que quatre ou cinq familles seraient établies le long de cette rivière, comme squatters ou colons irréguliers. Il y a aussi d'innombrables sucreries dans l'endroit qui sont exploitées

Îar les habitants des paroisses de Saint-François et de Saintoseph de la Beauce.

Enfin, nous arrivons au canton Langevin où la colonisation

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