‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 31 sur 124 · XIII.— Comté de Wolfe · texte numérisé non relu

XIII.— Comté de Wolfe

Ce comté renferme 1,113 familles on 6,548 habitants* dont 5,357 sont d'origine canadienne-française et 1,191 d'antres origines. On y possède 111,547 acres de terre dont 26,567 acres seulement sont en état de culture, ayant produit 283,266 minots de grains et patates, en 1860, évalué à $156,688.77.

Pour donner plus de vigueur à la colonisation qui sedéveloppe assez bien dans ce comté, surtout depuis denr ans, lo gouvernement à fait arpenter et subdiviser au-dessus de 250,000 acres de terre qu'il offre en vente à raison de 60 cents l'acre, situés dans les cantons Wotton, Ham, Wolfstown, Garthby, Stratford et Weedbn. J. T. Lebel, écr., demeurant à Wotton, est chargé de la vente des terres des cinq premiers cantons, et John Felton, écr., résidant à Sherbrooke, de celui de Weedon. •

Parmi ce3 terres disponibles, il s'en trouve environ 70,000 acres qui appartiennent en partie à la compagnie Britannique Américaine, ou à des particuliers connus mais absents. Le manifesté des missionnaires des cantons de l'Est de 1851 rapporte que la grande compagnie Américaine en possède dans Weedon. Les terres du gouvernement, comme je viens de le dire, se vendent trois chelins l'acre, tandis que les autres se vendent depuis douze chelins et demi jusqu'à quinze chelins l'acre. Voilà où réside le principal obstacle pour la colonisation de cette partie du pays ; car malgré que ces terres Boient généralement de meilleure qualité que celles appartenant à la couronne, elles ne se vendent jamais ou peu, à quelqu'exeeption près, et dan6 tous les cas qu'après que les terres de la. couronne ont été achetées, de quelque qualité qu'elles soient.

Les produits do l'industrie domestique comprenant le beurre, le sucre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à la somme de $36,588.33.

Le revenus des jardins est de $1,805»;* et la valeur du bétail; au chiffre de 9,757 pièces, est estimée à $129,590.

Les voitures d'agrément, au nombre de 420, sont évaluées à $7,902.

La propriété foncière est évaluée à $525,301 ; et les instruments d'agriculture à $20,111.

Formant en tout une valeur totale de $877,980.10.

Tous le6 cantons ci-dessus mentionnés sont admirablement bien arrosés par les différentes branches de la rivière Nicolet, du Lac qu'elle prend ea source, de la rivière Saint-Frauçois. et des Lacs Aylmer, Lonisa et Couloinbe, ainsi que par plusieurs petites rivières qui, sans êtres considérables, offrent cependant d'importants avantages en ce qu'elles peuvent faire mouvoir tous le3 moulins et manufactures indispensables à dos établissements agricoles.

Pour mieux faire juger la marclie progressive de la colonisation, je vais entrer dans quelques détails sur les •développements des différents cantons qui composent ce comté : faits qui parleront plus éloquemment et plus haut que tous le? autres raisonnements que je pourrais oftrir.

Wotton. — Le premier centre de colonisation qui se présente ;sur la Carte est le canton Wotton situé entre Ham et Windsor. ■Ce canton, livré à la colonisation vers 1844, renfermait à cette ^époque huit familles ou 35 habitants, tous d'origine anglaise. A quelque temps de là, on vit apparaître \ hisieurs familles •canadienne-française qui allèrent grossir 1* chiffre de la population résidente au point que dans l'Eté de 1849, le jeudi dans l'octave de la fête du S. Sacrement, Mr. l'abbé P. J. Bodard, — ancien et toujours ami zélé de la colonisation, — y ^célébra la première messe qui se soit dite dans ce canton, au milieu d'une vingtaine de familles qui s'y trouvaient déjà réunies. Onze ans plus tard, en 1850, ce canton avait .augmenté jusqu'au nombre de 149 familles ou 663 personnes, dont 622 appartenaient à l'origine canadienne française, possédant 1,055 acres défrichés qui avaient produit 3,176 minots de .grains et 3,685 minots de patates, formant en tout 6,801 minots.

• Aujourd'hui, le canton Wotton renferme deux belles paroisses, ayant pour titulaires les noms de Saint-IIippolyte et Saint-Camille, lesquelles renferment une population presqn'exiclusivenient canadienne-française s'élèvant à plus de 2,000 âmes 1

La paroisse de Saint-Hippolyte possède une église de 90 pieds sur 45, situé sur le lot No. 29, dans le 5e rang du canton, avec uaa presbytère occupé par deux prêtres résidents ; cette

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paroisse renferme une population de 283 familles ou 1,538 âmes dont 1,478 sont d'origine canadienne-française et 55 d'origine britannique. On y possède 23,513 acres de terre dout 7,265 acres sont en culture, ayant' produit 36,048 mi nota de grains et 31,429 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 67,477 minots et 1,071 tonneaux de foin» Durant la même année, il fut confectionné 16,053 lbs. de beurre et 29,675 lbs. de sucre, par les habitants de Saint- ITyppolyte. Ea valeur de la propriété foncière est de $164,260 ; celle des instruments d agriculture de $7,655, et le bétail de $29,593.

L'autre paroisse nouvelle, celle de Saint-Camille, renferme 76 familles ou 4SG âmes, dont trois personnes seulement ne sont pas d'origine canadienne-française. Cette population posseac 8,751 acres de terre dont 2,031 acres sont défrichés et ont produit 8,820 minots de grains et 9,978 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 18,798 minots et 232 tonneaux de foin. La propriété foncière est évaluée à $23,140. Cette paroisse est desservie par M. le curé de Saint-Hrppolyte. Une chapelle de 36 pieds sur 30 est construite ; mais on se prépare à construire bientôt une église plus vaste.

Comme l'exprime avec tant de justesse M. Dorion, député d'Arthabaska, le canton "Wotton est un témoignage vivant de ce que Ton peut faire en fait de colonisation par le système des octrois de terre gratuits, môme lorsqu'il n'est pas pratiqué sur une grande échelle. Mais aujourd'hui il n'y a plus de ces octrois gratuits offerts dans l'endroit.

Par les chiffres que nous venons de voir des développements du canton Wotton, durant les dernières dix années, il appert que la population de cette localité a augmenté de 210 familles ou 1,356 âmes; les défrichements, de 8,241 acres; et les récoltes, de 41,692 minots de grainà et 37,722 minots de patates et navets, formant en tout 79,414 minots, à part 1,303 tonneaux de foin et les pâturages.

Ces résultats, des plus étonnants, attestent une fois de plus combien il y a de vigoureux éléments dans la nationalité canadienne qui font que les habitants se rapprochent, s'installent et prennent pied avec une merveilleuse rapidité, et qu'en peu d'années on y voit surgir des villages florissant, lorsque le gouvernement y prête la main en y faisant ouvrir les route» nécessaires.

On compte 5. écoles ouvertes dans la paroisse de Saint-

Hippolyte, fréquentées par 212 enfants. Il n'y a pas encore d'écoles établies dans Saint-Camille.

Un chemin qui part de Danville, traverse le canton en entier pour aller aboutir au chemin Gosford, dans Ham-sud. Une antre route part du chemin ci-dessus et traverse ïïatn, entre les 5e et 6e rangs, pour se terminer au chemin Gosford, dans le canton Wolfstown. M. Lebel, conducteur des travaux, dit que le terrain par où passe ce chemin est généralement élevé, propre à la culture, ainsi que les terrains adjacents, ajoute que ce chemin est appelé à faciliter beancoup la colonisation des terres vacantes qui sont en grand nombre dans les cantons de Ham, Wotton et Wolfstown.

A propos de ces magnifiques résultats, je ne puis m'empêcher de rappeller au lecteur ce sage conseil que je trouve inséré dans le Courrier du Canada du 21 janvier 1863, dans un article sur la colonisation, portant les initiales de J. lï. B*** :

" Que chacune de nos grandes paroisses se hâte de déverser la surabondance de sa population sur les terres vierges des townships ; que Ton cesse ce système de subdivision des terres dans les seigneuries : système qui ne tend à rien moins qu'à réduire à la misère les occupants des plus belles terres du pays ; cette manière d'agir n a pas de raison d'être dans un pays où nous n'avons qu'à prendre possession d'une terre pour en devenir propriétaire. Pourquoi donc nous obstinerionsnous à nous grouper dans nos villes, dans nos villages,. Sourquoi demeurerions-nous à charge aux vieux établissements n pays ? pourquoi passerions-nous ainsi notre temps à noua ?>réi>arer un avenir misérable, quand nous pouvons si àcilement devenir le maître d'un héritage aussi profitable!. .

" Je sais qu'il en coûte pour la première fois au jeune homme* de quiter le toit paternel, de se séparer de la famille, des amis avec lesquels il a grandi, mais que cette considération là ne soit pas assez puissante pour arrêter celui qui porte en lui quelques sentiments généreux. Jeunes gens, faites généreusement le sacrifice de toutes ces considérations qui vous retiennent et prenez bien vite le chemin de la forêt ; songez qu'il ne tient qu'à vous de vous y faire un établissement magnifique. Cet acte de courage vous relèvera bien haut dans l'estime et la considération de ceux qu'il vous coûto délaisser. Apprenez de bonne heure à faire le sacrifice des. choses que vous affectionnez, car tôt on tard vous aurez à en faire de plus grands ; apprenez surtout que toute jouissanceet tout bonheur ne s'acquièrent qu'au prix du courage et

m* ÊTODE.— COMTÉ DE WOLFE. Ï67

<lu travail, soyez donc ce que vous devez être, les dignes imitateurs des vertus de vos pères ; n'avez-vons donc hérité rien d'eux ? leur sang ne coule-t-il pas dans vos veines ? Que le souvenir de leur courage vous trouve donc sans faiblesse. Rappellez-vous que les difficultés qui vous attendent sont peu de chose comparativement aux obstacles qu'eurent à combattre les premiers colons du pays. Sans ce courage indomptable qui leur fit mépriser toutes les difficultés oui s'opposaient à leurs entreprises, notre pays serait-il aujourd'hui ce qu'il e6t î Empressons-nous donc de nous emparer des terres pendant

3n'il en est encore temps et de nous les assurer par ce moyen igné de nous.

44 Vous aussi, pères de familles, qui comptez déjà des familles nombreuses et peu de moyens pour procurer à vos enfants des établissements, au lieu de subdiviser votre terre entre vos enfante quand vous mêmes avez de la peine à vivre avec la totalité de ce qu'elle produit ; acheminez-vous vers les terres nouvelles, entourez-vou6 de vos enfants, faites-vous en des supports pour vos vieux jours, il ne tient qu'à vous de sortir de l'état de gêne et de dépendance dans lesquels vous vous traînez misérablement-; il ne tient qu'à vous de soustraire votre famille à la misère certaine qui l'attend.

" Sur tous les points du pays il y a des terre9 à prendre, il n'y a que le choix qui peut embarrasser.

u N hésitez pas plus longtemps à profiter des avantages qui tous sont offerts. Si vous avez un petit capital à votre disposition vous ne sauriez faire un meilleur placement qu'en l'appliquant à l'amélioration d'une terre neuve, et si vous n'en avez pas, la terre que vous aurez fécondée de vos sueurs vous récompensera bientôt avec usure de vos travaux et de vos peines.

" Visitez nos townships, à chaque pas vous rencontrerez des gens qui vous diront qirils bénissent le jour où ils ont pris la résolution de s'y diriger ; vous serez étonnés de retrouver dans l'aisance des familles que la misère avait réduites à «quitter leurs paroisses ; des faits de ce genre ne sont pas rares et je pourrais en citer un grand nombre ; cependant pour n'être pas trop loag je me bornerai à en circoBstancier un seul.

" Il y a huit ans, un pauvre malheureux 6e trouvait dans la

Ï>aroisse de St. François, dans le district des Trois-Rivières, à a tête d'une nombreuse famille qu'il était obligé de faire vivre du revenu de son travail journalier. C'était pourtant un rude travailleur, un homme de cœur et de courage ; cependant le

dur travail qu'il s'imposait chaque jour suffisait à peine à^ lin procurer les moyens de soustraire ses jeunes enfants à la fiûm et à la misère. Aux fatigues d'un travail continu venait se mêler les angoisses de l'inquiétude sur le sort de sa famille, sur son avenir entin. Sur ces entrefaites ce pauvre bommc entend parler de la colonisation des terres des townships, on lui parla surtout de celles du comté de Wolfe d'une manière toute particulière, tant à cause de la qualité que de la facilité des conimunicatiohs. Il forma aussitôt la résolution de se rendre vers ces terres. Le produit de la vente de quelques meubles lui fournit des moyens de se rendre à Wotton avec sa famille ; les frais de transports'avaient réduit 6on capital à 6ept piastres qui lui restaient pour toute fortune. Cet lionime courageux se met de suite à la recherche d'une terre convenable ; après l'avoir trouvée il se met à l'ouvrage ; la cendre du bois qu'il enleva à sa terre la première année lui suffirent pour nourrir sa famille et lui tint lieu de récolte ; plus tara les revenus de ses récoltes lui procurèrent les moyens de payer sa terre dont il jouit maintenant sans redevances. Déjà cet homme jouit d^une aisance qu'il n'avait jamais ambitionnée ; cinquante acres de sa terre sont en bonne culture, ses granges sont bien remplies de foin et de grains, lui-même est logé dans une maison confortable ; et tout cela il Ta acquis eu huit années de son temps en fesant vivre sa famille ; ce fait n'est pas un fait isolé, il s'en faut.

" Ce que d'antre ont fait nous le pouvons tous ; le grand secret de réussir c'est de ne nous laisser surpasser par personne en persévérance et en courage. "

JTam. — Vient ensuite sur la même ligne, le canton Ilara, qui renferme aussi deux paroisses, dont une a pour titulaire le nom des SS. Anges Gardiens. Le 6ol est de bonne qualité et produit toutes espèces de grains ; plusieurs parties sont propres à la culture du lin et du chanvre. Sa surface est diversifiée par plusieurs é m inonces peu considérables, couvertes d'espèces de bois qui indiquent un 'sol fertile. Le bois consiste en érable, hêtre, bois blanc et bouleau, sur les hauteurs, et en sapin et cèdre dans les endroits bas 'ou vallées marécageuses.

La colonisation ne s'est pas développée considérablement ces dernières dix années, daii6 le canton de Ham, quoique les familles établies dans l'endroit y aient apporté leur part d'activité et de travail.

Dans la paroisse située dans la partie sud du canton, on

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comptait nhe population de 31 familles composées de 142 âmes, en 1850, dont 62 habitants seulement était d'origine canadienne-française. D'après le recensement de 1861 le chiffre des personnes résidentes ne s'élève encore qu'à 43 familles ou 223 habitants, dont 120 appartiennent à 1 origine candiennefrançaise et 103 *ux autres origines. H n'y a qu'une seule école établie, fréquentée par 25 enfants.

En 1850, on comptait 667 acres (Je terre défrichés; aujourd'hui le chiffre s'élève à 1,399 acres ayant produit 5,718 minots de grains et 5,766 minots de patates et navets, en 1SG0, formant en tout 11,484 minots et 271 tonneaux de foin.

L'autre paroisse, d'une fondation plus récente, est située dans la partie nord-est du canton, et se développe assez bien. On compte déjà dans cette mission nouvelle des SS. Anges une population de 98 familles ou 610 âmes, desservie par M. le cure de Saint-Paul de Ohester, dans une chapelle de 50 pieds sur 40. On y possède 1,244 acres défrichés qui ont produit 14,460 minots de grains et 20,253 minots de patates, en 1860, formant en tout 34,713 minots et 274 tonneaux de foin.

Le chemin Gosiord passe dans la première de ces paroisses, et celui de Mégantic, dans la deuxième. Dans la partie du chemin Mégantic, passant dans Ham, il est constaté que le sol est bon, composé de terre jaune et grise, et couvert d'érables, frênes, noyers et bois blancs. Ce chemin est considéré comme un des plus importants dans les cantons de l'Est, vu qu'il ouvre une communication directe entre les chemins de fer de Québec et Arthabaska, à Saint-Chrystophe, et les établissements oui sont situés sur le chemin Mégantic ou dans les cantons Ûhester, Ham, Wolfstown, Gartnby, Weedon, Stratford et "Winslow, ainsi que les établissements situés sur le chemin de Saint-François, continuation du chemin Lambton.

Wolfsiown. — Ce canton renferme déjà une paroisse très considérable, quoiqu'il ne soit ouvert à la colonisation que depuis environ une douzaine d'années. Cette paroisse, placée sous le titulaire de Saint-Julien, ne renfermait que 55 familles ou 366 âmes, en 1850, dont seulement 130 habitants étaient d'origine canadienne-française,

La moitié nord-ouest de ce canton est susceptible de faire de bons établissements, mais la partie sud-est présente une chaîne de hauteurs composé de rochers qui rendent ces terres plus difficiles à cultiver, si toutefois elles peuvent l'être. Le Dois consiste en pin, hêtre, bois blanc, cèdre et sapinette.

Des indices de l'existence de mines de cuivre et autres

170 colonisation du bas-canada.

minerais ont été découverts sur les lots Nos. 9 et 10 du onzième rang de ce canton, c'est-à-dire dans cette partie montagneuse dont il est question.

Une belle chapelle, de 45 pieds sur 34, solidement assise sur un bon solage de pierre, a été construite durant l'année 1859, sur un magnifique plateau qui domine une grande partie du canton. Le terrain a 8 acres en superficie et a été aonné par une Dame veuve Hughes, pour cet objet. Grâce à l'énergie de M. le curé de Saint-Calixte (Somerset), et aux dispositions toujours généreuses des canadiens-français pour les intérêts du culte religieux, le bois nécessaire à la construction de la Chapelle fut bientôt préparé et mis sur la place ; à peine dix jours s'étaient-ils écoulés depuis le commencement des travaux, que déjà l'édifice était érigé.

C'est depuis cette dernière époque, surtout, que datent les développements de cette localité, où chaque semaine était signalée par l'arrivée de quelques nouvelles familles qui venaient placer au profit du pays leur part de travail et d'intelligence.

Le recensement de 1861 constate qu'il y a maintenant 266 familles ou 1,472 âmes, dont 1,230 habitants sont canadiensfrançais et 242 d'autres origines, formant ainsi une augmentation sur 1851 de 211 familles où 1,106 habitants.

Encore ici, on voit se reproduire ce phénomène d'élimination et d'éviction successive que les canadiens font subir aux autres races mêlées parmis eux, suivant que l'a constaté déjà M. Rameau, eet écrivain européen si célèbre et si attaché aux Canadiens-Français.

Le même recensement de 1861 fait voir que cette population de'Wolfstown possède à l'heure qu'il est 26,156 acres de terre dont 4,414 acres 6ont en état de culture, qui ont produit 23,539 minots de grains et 25,326 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 48,865 minots et ï89 tonneaux de foin. On doit ajouter à ces richesses réalisées par les habitants de Saint-Julien, 23,473 lbs. de sucre d'érable et 24,807 lbs. de beurre, confectionnés durant la même année.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $77,526 ; les instruments d'agriculture à $2,277, et le bétail à $20,378.

C'est M. le curé de Saint-Ferdinand qui dessert cette mission. Il n'y a pas encore d'écoles établies dans l'endroit.

Un chemin, qui a son point de départ du chemin principal de Wotton, va aboutir au chemin Gosford, au cœur du canton Wolfstown, et après avoir traversé le chemin Mégantic, entre le 5e et le 6e rang de Ham.

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Garthby. — Ce canton est situé entre Wolfstown et Stratford, sur le Lac Aylmer, à une distance de 22 lieues de Québec, et renferme un noyau de population assez considérable. Ce fut dans ce canton que la société de colonisation de Québec dirigea les familles qui voulaient prendre des terres, en 1848. Malheureusement on fixa plutôt le choix du canton en considération des beautés qu offrent les alentours du Lac, que pour la qualité du sol, qui est rocheux et difficile à préparer, surtout pour des colons qui ne peuvent point disposer de capitaux à cet effet.

Plusieurs de ces ouvriers de Québec, paraît-il, peu habitués aux travaux de la terre, regrettèrent pendant plusieurs années le choix qu'ils avaient fait, ou plutôt qu'on avait fait pour eux. Tous autres que des canadiens-français auraient vite abandonné la partie, — dit M. Dorion, dans sa lecture sur la Colonisation, — car il leur fallait être soutenus nar la vraie dévotion au culte de la patrie pour ne pas fuir ae désespoir.

Heureusement que leur persévérante industrie les a placés, . depuis, dans un état d'aîsance qui les met à l'abri des coups de la misère et les indemnise des privations inacoutumées auxquelles ils furent obligés de se soumettre durant les premières années. Voici, toutefois, quels ont été les progrès opérés dan6 ce centre de colonisation depuis dix ans.

En 1850, on comptait dans l'endroit 26 familles ou 141

Sefsonnes d'origine canadienne-française, possédant 194 acres éfrichés qui avaient produit 1,168 ininots de grains et 1,242 minots de patates et navets, formant en tout 2,410 rainots. Le recensement de 1861 fait voir que la population s'élève an chiffre de 46 familles ou 275 âmes, dont 32 personnes appartiennent à l'origine britannique, lesquelles possèdent 913 acres en culture, ayant produit 4,470 minots de grains et ' 4,671 minots de patates et navets, formant en tout 9,141 minots et 139 tonneaux de foin.

* Aujourd'hui, la valeur de la propriété foncière de Garthby est estimé à $15,605 ; celle des instruments d'agriculture à $1,000, et la valeur du bétail à $4,295.

Cette nouvelle paroisse a pour vocable Saint-Olivier, et elle est desservie par M. le curé de Saint-Janvier, autre paroisse nouvelle établie dans le canton voisin que nous apprécierons dans un instant.

La chapelle de St. Olivier est construite depuis l'année 1849, sur le lot No. 23 du 2e rang du canton Garthby, sur les bords du Lac Aylmer. Il est probable que bientôt elle sera placée plus au centra de la mission. A l'époque oà cette chapelle fut

bâtie, il n'en existait pas d'autres dans ces cantons qni ne faisaient que commencer à s'ouvrir à la colonisation. Voici ce que lo rapport Biir les missions du diocèse de Québec publiait en 1851 : " Des colons se sont fixés depuis une couple d'années sur le bord du Lac Aylmer où une chapelle a été élevée. Garthby est habité principalement par des familles qui ont laissé Québec pour aller demander a la forêt la subsistance que la ville ne pouvait leur procurer ; Weedon renferme bon nombre de cultivateurs canadiens dont plusieurs sont déjà dans nn état d'aisance ; dans Stratford et Winslow l'on a aus$i fait des commencements de colonisation qui promettent d'heureux résultats. Le canton Wotton qui a été ouvert l'année dernière aux colons canadiens en a reçu beaucoup venant de Gentilly, Bécancour et St. Grégoire. "

Il existe des indices d'une mine de cuivre dans le canton Garthby, sur le lot No. 21, dans le premier rang nord de Saint-Olivier.

A part le chemin Mégantic, qui traverse le canton Garthby, se trouve une autre route qui part de ce dernier chemin, entre les lots Nos. 47 et 48, allant aboutir aux établissements en voie de formation du canton Weedon.

Avant l'ouverture de ce chemin, le transport entre Sherbrooke et les cantons Garthby et Stratford s opérait ou par la voie difficile du Lac Aylmer, qui n'est pas navigable en tout temps, ou par le chemin Gosford, quoique cette voie fut très désavantageuse par le long détour qu'elle obligeait à faire pour parvenir aux établissements du Lac Ayfiner. MM. Côté et Waticr, conducteurs des travaux de ce chemin, disaient dans leur rapport au gouvernement que la nature des terrains à travers lesquels passe ce chemin, est d'une assez médiocre aualité, excepté à chaque extrémité du chemin ou le sol est d une qualité supérieure. Les bois les plus communs sont le pin, le cèdre, l'épinette blanche et ronge. Le eanton Weedon qui se trouve à une des extrémités de ce chemin est le plus beau de tous les cantons environnants et le plus favorable à la colonisation, comme nous le verrons plus tard, tant par les qualités du sol que par l'avantage qn'offro le bois qui peut sufhre au besoin du défricheur par sa conversion en sel de potasse. Il existe plusieurs pouvoirs d'eau dans Garthby, sur lesquels des moulins sont en opération. On trouve aussi en abondance de la pierre à chaux dans ce canton.

Stratford. — La nouvelle paroisse qui se développe dans le

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canton Stratford a pour titulaire Saint-Gabriel, et possède un

Srêtre résident depuis 1858. Elle n'est séparée delà paroisse e Saint-Olivier, que nous venons d'étudier, que par le Lac Aylmer qui rend agréable le site des cantons d'alentour, quoique ses bords soient un terrain bas et souvent inondés, surtout à la fonte de la neige.

La colonisation de se canton , comme celle du canton Garthby, a été quelque peu lente durant les premières années ; mais depuis cinq ans les développements ont été très satisfaisants.

Voici quels ont été les progrès de Saiot-Gabriel depuis dix ans.

En 1850, on comptait 20 familles ou 124 âmes, toutes d'origine canadienne-française, possédant 141 acres défrichés qui avaient donné 475 minots de grains et 1,390 minots de patates et navets, en tout 1,865 minots. Aujourd'hui, la population s'élève à 67 familles on 413 personnes, d'origine canadienne-française, excepté 5 habitants, lesquelles possèdent 1,454 acres de terre en culture, ayant produit 5,845 minots de grains et 7,120 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 12,965 minots et 239 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière de cette nouvelle paroisse est estimée à $26,160, et celle du bétail à $6,621.

Le chemin Mégantic traverse la paroisse, au centre, et passe sur un terrain d'une excellente qualité, boisé en érable, merisier, orme, frêne, sur les hauteurs ; dans les terrains bas on y rencontre le pin, l'épinette ronge et blanche et le cèdre.

Plusieurs petites rivières arrosent la contrée, offrant d'assez puissants pouvoirs d'eau pour subvenir aux fins de l'industrie et de l'agriculture.

Weedon. — Ce canton renferme une paroisse assez bien développée, qui est placée sous le vocable de Saint-Janvier et possède un prêtre résident depuis l'automne de 1862. Il y a une chapelle de 60 pieds sur 40, construite sur le lot No. 14, dans le 6e rang, et un presbytère.

M. l'abbé Turcotte, voulant offrir sa part d'efforts pour la colonisation des terres s'est particulièrement intéressé au canton Weedon et aux cantons environnants. Il a beaucoup contribué par ses lettres publiées dans le Colonisateur de Montréal, a faire connaître et apprécier la valeur des terres situées dans cette partie des cantons de l'Est.

La paroisse de Saint- Janvier, qui ne comptait que 44 familles ou 299 âmes, en 1850, renferme aujourd'hui une

population de 110 familles ou 809 habitants, dont 686 sont canadiens-français, et 123 appartiennntt presque tous à l'origine écossaise.

Les défrichements, qui s'élevaient à 527 acres, il y a dix ans, ayant produit 4,528 minots de grains et 4,427 minots de patates et navets, en tout 8,955 minots, s'élèvent aujourd'hui a 2,803 acres en état de culture, qui ont produit 16,752 minots de grains et 15,339 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 32,091 minots et 467 tonneaux de foin ; donnant ainsi une augmentation de 2,276 acres de terre nouvelle et un surplus annuel de 23,136 minots, fruit de ces dernières di* années.

La propriété foncière du canton "Weedon est estimée à (50,906 ; les instruments aratoires à $1,796, et la valeur du bétail à $15,820.

Durant l'année 1860, il fut confectionné 34,191 lbs.de sucre d'érable, par les habitants de cette nouvelle paroissey formant une valeur de $2,735.28 ; somme réalisée dans un temps que l'on considère d'ordinaire comme étant la morte-saison du cultivateur, puisque cette saison ne lui permet plus devoiturcr commodément, soit au bois, soit à la ville ou ailleurs.

Le chemin de Weedon part du chemin de Mégantîc, sur le Lac Aylmer, et longe la rive nord de la rivière Saint-François, dans Weedon, jusqu'à l'intersection du chemin Gosford, dans Dudswell, formant une longueur d'environ 18 milles.

Un autre chemin part aussi de Saint-Janvier de Weedon conduisant au chemin de Saint-François, dans le canton Lingwick. M. Tanguay, conducteur des travaux de ce chemin, disait, dans l'un de ses rapports, que la nature des terrains que traverse ce chemin est variable ; en quelques localités, on remarque de la terre noire à la surface et le soussol est de terre glaise bleue. En d'autres localités, le sous-sol est de terre grise ou de sable. Les bois y sont variés aussi comme les terrains ; on y trouve l'épinette, le eèdre, l'érable et le merisier. Il ajoute que les établissements de Weedon, quoique nouveaux, ont déjà acquis cependant une haute valeur, et termine en disant que le terrain et les bois sont d'une excellente qualité.

La rivière de Saint-François qui traverse le canton Weedon était autrefois abondante en excellents poissons, et surtout en gros éturgeons. Le barrage de cette rivière, opéré pour divere objets, y a presque anéanti la pêche, qui était pour les colons une ressource de la plus haute importance.

ES8 ÉTtTDEL — COMTÉ DE VTOUFE. 175

H existe auprès de l'église de Saifirt-Janvier un pouvoir d'eau considérable qui fait mouvoir un moulin à scie et un moulin à farine.

Dans son rapport do 1861, M. Tanguay mentionne que la population dans Weedon a doublé depuis les six dernières années et que le chemin dont il conduit les travaux offrira, par sa jonction avec le chemin Saint-François, dans • Iingwick, une voie directe à ceux qui voudront aller former des établissement» sur les bords du beau lac Mégantic, autour duquel se trouve d'immenses étendues de belles terres à coloniser.

On compte trois écoles dans Weedon, fréquentées- par 107 enfants.

DudxweU. — Ce canton, qui est le dernier centre que nous avons à considérer dans les limites de ce comté, est situé an end-est de Sain t-Hy poli te de Wotton, et sert d'assiette à une paroisse oui progresse très lentement*

Le sol de ce canton, dans sa partie unie, est très propre à la

~w«.««w«.^x, qui se prolonk*, - * v^«,. ~„~» ., Vv*v». ^ wXa consiste en hêtre, érable, Douleau, bois blanc, noyer, orme,

Îuelques chênes, pin, prache et cèdre. La rivière Saint- Vançois, avec plusieurs petits courants, l'arrosent abondamment et dans toutes ses parties.

Ce canton est ouvert à la colonisation depuis plus de 50 ans. En 1815, on comptait dans l'endroit 90 âmes; trente-cinq ans plus tard, c'est-à-dire en 1*50, le chiffre de la population n'avait encore pu s'élever qu'à 500 âmes, dont 22 habitants seulement étaient canadiens-français, et 478- appartenaient aux autres origines. Le recensement de 1861 constate que la population ne s'élève encore qu'à 727 habitants, dont 102 sont d'origine canadienne-française et le reste d'autres origines. Il appert donc par ce» derniers calculs que la population n'a augmenté que de 227 âmes depuis dix ans.

Les défrichement» ont dft tout naturellement suivre la même marche de lenteur que celle démontrée au sujet du mouvement de la population. Peut-être même les développements de Fagriculture sont-ils inférieurs, toute proportion considérée, à ceux de la population, comme on va le voir. En 1850, on comptait dans le canton 3,877 acres en état de culture oui avaient donné 12,315 minots de grains et 3,687 niinots de patates, formant en tout 16,002 minots. Le recensement

de 1861 constate qu'il y a 5,044 acres en culture, ayant produit 29,384 minots de grains et 18,348 minots de patates et navets, formant en tout 47,732 minots et 1,038 tonneaux de foin.

Ainsi, ces chiffres prouvent une faible augmentation de 1,667 acres de terre nouvelle, en dix ans, et d'un surplus de 31,730 minots de grains et patates.

La valeur de la propriété foncière du canton Dudswell est estimée à $108,615 ; celle des instruments d'&griculture à $3,287, et le bétail à $27,408.

Parmi les produits domestiques de 1860 se trouve le beurre, qui figure pour 19,980 lbs., et le sucre d'érable, au chiffre de 43,752 lbs.

Le chemin Gosford traverse ce canton, au centre, et une autre route part de ce grand chemin pour aller aboutir au chemin de liégantic, sur le Lac Aylmer.

Les habitants de cette paroisse sont desservis par M. le curé de Saint-Hippolyte. On compte six écoles donnant l'instruction à 187 enfants.

En somme, la colonisation du comté de Wolfe a été très satisfaisante, puisque la population de ce comté s'est augmentée dans la proportion assez extraordinaire de deux cents pour cent, depuis dix ans. On peut dire que ces heureux résultats sont dûs, en grande partie à l'ouverture des chemins de colonisation, lesquels ont facilité à un grand nombre do familles les moyens de s'établir sur ces routes.

M. l'arpenteur Richard, de Wotton, rapporte devant le comité de colonisation de 1862, qu'il reste encore beaucoup de terres à coloniser dans les limites de ce comté, et qu'elles seraient bientôt occupées, si de nouveaux chemina étaient ouverts dans la forêt pour y arriver ; car, dit-il, il y a encore beaucoup de jeunes gens qui désirent ouvrir des terres incultes, mais qui attendent après 1 ouverture des chemins de colonisation pour le faire.

Ce même monsieur ajoute qu'il n'y a pas encore de Sociétés de Secours établies dans le comté, mais qu'il serait, en faveur de semblables sociétés, dont le but^ est d'aider les colons pauvres. " Je suis d'avis, dit-il, que la colonisation ferait plus de progrès au moyen de secours sagement distribués qu'au moyen de paroles quelques belles et patriotique» qu'elles soient. "

C'est vrai ! . . . . Eh 1 bien, qu'on agisse donc !

tu* ÉTtJDic. — oomtIs de oohftox. 177

XV*— Comté de Gompton.

La population de Compton s'élève à 10,210 habitants, dont 1,885 seulement sont d'origine canadienne française ; le reste de la population étant d'origine britannique.

Les terrains mis en culture forment une étendue de 67,283 acres sur 180,985 acres de terre possédés, et les récoltes de 1860 ont donné 624,489 minots évalués à $388,858.95.

Les terres de la couronne annoncées en vente dans les limités de ce comté se trouvent situées dans les cantons Auckland, Hereford, Hampden, Marston, Whitton et Winslow, au prix de 60 centins par acre. John Felton, écr., demeurant à Sherbrooke, est agent pour la vente des quatre premiers «cantons, et J. Y. Lebel, ecr*, de Wotton, pour celles des deux dernière cantons.

Les produits ordinaires de rindtvstrie s'élèvent À la valeur de $94,441.95, et le revenu des jardins à 4,798."

Le bél^ïl, au chiffre de 29,455 têtes, est évalué à $439,020.

Les voitures d'agrément, au nombre de 1,58S, ' valent $48,125.

La valeur de la propriété foncière est de $1,682,102 ; et celle des instruments aratoires de $72,984 ;

Formant une richesse totale de $2,730,329.80.

La colonisation est en plein développement dans ce comté, grâce à quelques zélés prêtres et à la patriotique Société do Colonisation du Bas-Canada, établie à Montréal.

Le gouvernement, de son côté, a fait arpenter et diviser de grandes étendues de terrains et ouvrir de nombreux chemins <qui sillonnent assez bien la contrée.

La principale voie de communication est le chemin de St. François, qui est la continuation du chemin Lambton, comme je l'ai déjà mentionné, courant vers l'ouest. Ce chemin traverse les cantons Winslow, Lingwick, Bury, Eaton, et une partie d'Ascot, jusqu'au chemin de fer du Grand-Tronc, à Lennoxville.

Une autre route non moins importante est le chemin Mégantic, qui croise ici celui de Saint-François, lequel conduit an Lac Mégantic : le plus beau et le plus étendu des cantons de l'£st. Ce chemin est appelé à favoriser l'ouverture des cantons Winslow, Whitton, Marston, Clinton, Ditchfield et Spaulding, qui entourent ce magnifique Lac.

Quant aux autres routes de colonisation, il en sera plus tard question, au fur et à mesure que nous avancerons.

Plusieurs cent mille acres de terre sont disponibles pour les fins de la colonisation, savoir :

Environ 70,000 acres situés dans les cantons Auckland, Hereford et Weedon, à raison de 60 centins l'acre ; le sol de ces cantons est généralement boisé en bois franc. L'agent local pour la vente de ces terres, John Felton, écr., réside à Sherbrooke. On compte aussi 240,000 acres de terre situé» dans les cantons Winslow, Whitton, Hampden, Ditton, Woburn, Chesham et Marston, au prix de 60 cents l'acre, Spaulding et Ditchfield, au prix de 40 cents l'acre; ces derniers cantons sont généralement un terrain montagneux et pierreux, mais d'un sol d'une bonne qualité. L'agent local, W . Farwell, écr., demeure à Robinson, canton Bury.

Nous allons maintenant entrer dans quelques détails sur les divers centres de colonisation composant ce comté, en commençant par les endroits traversés par l'importante route de Saint-François.

Winslow. — Le premier centre qui s'offre à notre dtude est le canton "Winslow, qui renferme deux centres distincts de population ; l'un écossais, et l'autre franco-canadien.

Le centre écossais est le plus développé, et il est situé dans la partie sud du canton. Le chiffre de la population de cette

Eartie du canton s'élève aujourd'hui à 926 âmes, dont 58 abitants sont canadiens-français. Ointf écoles sont ouvertes, fréquentées par 120 enfants, et une église protestante est construite dans l'endroit.

L'autre centre, celui des canadiens-français, se développe dans la partie nord du canton, et renferme une population de 691 habitants tous d'origine canadienne-française. Une chapelle de 60 pieds sur 40 est construite, et la nouvelle paroisse est placée sons le patronage de Saint-Romain. Il y a aussi un presbytère de 86 pieds sur 30, mais il n'y a pas encore de prêtre qui y réside. C'est M. le curé de Saint-Gabriel (Stratford) qui est chargé de cette desserte. Il n'y a pas encore là d'écoles établies.

Afin de faire voir les rapides développements qu'a pris la colonisation dans ce canton, depuis dix ans, j'ajouterai qu'en 1851 on ne comptait dans l'endroit que 73 familles ou 457 habitants dont 253 étaient d'origine canadienne-française et le reste d'origine écossaise, possédant 270 acres défrichés qui avaient produit 3,659 minots de crains et 4,057 minots de patates, en tout 7,716 minots. Aujourd'hui, la population du canton entier s'élève à 236 familles ou 1,617 âmes, dont 749

m? ÉTUDE.— COMTÉ DE OOMPTON. 179

^personnes sont canadiennes-françaises, possédant 5,3:68 acres de terre en état de culture qui ont proanit 30,894 minets de grains et 22,565 minots de patates, en 1860, formant en tout 53,459 minots. Ce magnifique résultat n'est, cependant, que l'œuvre de 10 ans !

La valeur de la propriété foncière est estimée à, $125,383.

Plusieurs rivières arrosent ce canton, et forment d'excellents pouvoirs d'eau qui sont exploités avec assez VTavantages. Le terrain sur lequel passent les doux «grandes routes déjà mentionnées est en grande partie d'une excellente qualité, quoique rocheux. Les ternes haiTtes offrent •principalement un grand avantage pour la colonisation, étant couvertes de merisiers, ormes, frênes, érables et autres bois francs. Sur les terrains bas et dans les savanes se "rencontrent l'cpinette rouge et blanche et le cèdre.

Lingwick.—Ce deuxième centre de colonisation se trouve rsituo entre Weedon et Hampden, sur un terrain généralement •bon, mais accidenté. Le hêtre, l'érable, le bouleau, la pruche, îe bois blanc et le Bapin forment les principales espèces 'de bois. Un grand nombre de ruisseaux qui tombent dans la rivière -Saint-François l'arrosent dans presque toutes les ^Erections.

L'étude de ce canton nous offre une chose -singulière à remarquer sur la marche de ses développements. En 1815, on comptait dans l'endroit environ 160 personnes ^ trente-six ans plus tard, c'est-à-dire en 1851, ce carïton ne Tenfermait encore qne 808 habitants, appartenant tous à l'origine britannique ; cependant, le recensement de 1861 Vient nous apprendre ou'il y a en diminution dans le chiffre de la population durant ces dernières dix années, puisque le chiffre total de la population actuelle n'e3t que de 564 âmes dont 308 sont d'origine canadienne-française, Par ces calculs il appert donc qu'il y a eu une diminution, de 244 personnes sur la totalité de la population, et do 552 âmes d'origine britannique depuis 1851 ; ceux-ci ont fait place aux nouveaux habitants d'origine canadienne-française qui s'y sont établis durant ces dernières dix années.

Cette nrôme puissance d'expansion, que je signale pour ce canton, se reproduit d'une manière aussi active et aussi efficace dans un grand nombre d'antres endroits du Bas- Canada.

Les progrès de l'agriculture n'ont pas été, non plus, ce u'ils devaient être. En 1851, on comptait 820 acres en état e culture, qui avaient produit 5,312 minets 'de grains et

3,014: minots de patates, formant en tout 8,326 minots, à part le foin et les pâturages. Le recensement de 1S61 fait voir qu'il n'y a encore aujourd'hui que 1,996 acres en état do culture, ayant produit 11,153 minots de grains et 6,958 minots de patates, en 1860, formant une récolte totale de 18,111 minots.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $47,600, et celle du bctail à $17,329.

Il y a dans l'endroit quatre écoles, fréquentées par 100 élèves.

Il parait que la grande Compagnie britannique-américaine -des terres possède une partie assez considérable de ce canton ; toutefois, on remarque qu'il n'y a pas un seul acre de terre offert en vente par notre gouvernement, dans ce canton.

C'est M. le curé de Saint-Gabriel, qui dessert la population •catholique du canton. Lingwick.

Bwy. — Ce canton est d'une forme irrégulière. Il est borné au nord par Dudswell, an nord-est par Lingwick, et au nord-ouest par Newport et Wcatbury. Le sol est passablement bon, mais rocheux. La foret est composée de noyer, érable, hêtre, frêne, ' bouleau, cèdre et bois blanc, et elle est arrosée par plusieurs courants d'eau. De grands propriétaires y possèdent dans ce canton environ 11,000 acres de terre.

Le grand chemin de Saint-François traverse ce canton, an centre, s'embftmchant avec celui du Ruisseau à la Loutre, à l'endroit appelé liobimon.

Ce canton renferme aujourd'hui 989 habitants, tous d'origine britannique, formant une augmentation sur 1851 de .206 âmes. Je constate avec plaisir que les progrès des défrichements sont plus satisfaisants. Il y a dix ans, on comptait 2,816 acres en état de culture, ayant produit 11,297 minots de grains et 5,124 minots de patates et navets, formant en tout 16,421 mirots. Aujourd'hui, on estime la somme des défrichements à 5,286 acres, qui ont rendu 36,246 minots de grains et 20,206 minots de patates et navets, formant une récolte totale de 56,452 minots, à part le foin et les pâturages, dans les deux cas.

Ces magnifiques résultats établissent donc un surplus de 2,440 acres de terre nouvelle et de 40,031 minots de grains et patates, en dix ans.

La propriété foncière est évaluée aujourd'hui à $165,236, les instruments d'agriculture à $4,856, et le bétail à $33,791.

IIIe ÉTUDE. — COMTE DE OOMPTON. 181

Parmi les produits domestiques on compte 26,550 lbs. de beurre et 27,035 lbs. de sucre d'érable, confectionnés durant Tannée 1860.

H y a 8 écoles ouvertes, donnant, l'instruction à 238 élèves. La population catholique, quoique peu nombreuse, est desservie par M. le curé de Compton.

Westbury. — Ce canton est composé d'un très petit lopin de terre, de forme triangulaire, qui ne contient guère plus que 12,000 acres en superficie. H est presque tout établi.

An centre de ce canton passe la rivière Saint-François dans laquelle tombe un grand nombre de coars d'eau qui, quoique peu considérables, arrosent admirablement bien la contrée. Le sol de la partie occidentale de ce terrain est très propice $ l'agriculture; il e3t couvert d'érable, hêtre, pin et bouleau ; l'autre partie du canton est inférieure en qualité, inégal et marécageux, n'offrant que des espèces de bois très inférieures. Le chemin Gosford passe sur la rive nord de la rivière Saint- François, auquel endroit se trouve établi la plus grande partie de la population.

Ce canton fut octroyé à l'honorable M. Caldwell, en 1804, et dos l'année 1815, on comptait 60 personnes dans l'endroit. En 1851, le chiffre do la population n'était encore que de 115 âmes, dont 10 habitants appartenaient à l'origine canadiennefrançaise. Aujourd'hui, le nombre des famillles résidentes s'élève à 51, formant une population totale de 297 âmes, dont 25 personnes sont d'origine canadienne-française. Ces chiffres démontrent donc une augmentation de 182 âmes, depuis dix ans, donnant à l'origine britannique un surplus de 167 âmes, et de 15 personnes à l'origine canadienne-française.

Les progrès du défrichement, comme des produits agricoles qui en sont la conséquence, ont été marqués d'heureux développements durant ces dernières dix années. En 1851,. on comptait 800 acres de terre en culture, ayant produit 3,12é minots de grains et 1,036 minots de patates et navets, formant en tout 4,158 minots. Aujourd'hui, le chiffre des défrichements s'élève à 1,614 acres, qui ont produit 10,605 minots de grains et 8,025 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 18,630 minots.

Ces chiffres constatent une augmentation de 814 acres de terre nouvelle et de 14,472 minots de grains et patates, sur l'.tnnée 1851.

Un chemin nouveau part de Sherbrooke, passe par "West- Imry, et se termine à Dudswell, formant une longueur-

182 «OLOHISÀTIO» BU BÀB-CANÀDÀ..

d'eaviron 15' milles. M. Loomis, conducteur des travaux de ce chemin, nous dit dans son rapport de 1861 que le sol dans les environs de ce chemin est bon et propre à former des établissements agricoles. Les bois sont beaux et de diverses espèces Ce chemin conduit à Stoke, Westbury, Dudswell, "Weedon et Ham, où l'on trouve quantité d'excellentes terres.

Il se rencontre dans Westbury, sur la rivière Saint-François et ses tributaires, d'excellents pouvoirs d'eau qui ne peuvent être utilisés à cause du manque de chemins, il existe aussi dans "Westbury et Dudswell de la pierre à chaux et de très belles carrières de marbre qui, pour la même raison, ne

1»euvent être exploitées. M. Loomis demande avec instance fouverture de chemins à cet effet.

L& propriété foncière est estimée à $33,096, et on compte S écoles fréquentées par. 51 enfants.

La. population catholique de ce canton est desservie par IL lo curé de Compton.

Eaton. — Le canton Eàton est situé entre Westbury et Clifton, d'une part, et Àscot et Newport, de l'autre part. La terra y est d'une qualité uniforme et très favorable à l'agriculture*, produisant toutes* espèces de céréales. Les bois qui dominent sont le hêtre, l'érable, l'orme et le bouleau ; on y trouve aussi du pin, du bois blanc, de la pruche et de 1& sapinette, en abondance. Ce territoire n'est arrosé par aucun cours considérable ; mais il est sillonné par un grand nombre de- petits ruisseaux, sur quelques-uns desquels.il existe plusieurs moulins à farine et à scie.

La moitié Est du canton, formant une étendue de 24,000 acres, appartient à. de grands propriétaires depuis 1808, et on» a semblé s'attacher davantage à immortaliser la mémoire de qes utiltê concessions, en donnant aux centres do colonisation» qui se sont développés dans le canton depuis lors, les noms dé ees heureux, possesseurs. On donne l'harmonieuse appellation de Càokshire à un centre, tandis qu'un autre reçoit le nom de JSawyersviMe, afin de bien graver dans la mémoire des habitants de ce beau village, que le 4 décembre 1808, Joseph Sasvyer et ses associés, épris d'un grand amour pour la colonisation du pays, se constituèrent Apôtres de la Colonisation, à leur profit 1

Le recensement de 1851 portait le chiffre de la population de ce Canton à 1,500 âmes, dont 100 habitants appartenaient à l'origine canadienne-française. Aujourd'hui, la population totale s'élève à 1,905 habitants, dont 141 personnes sont «L'origine; canadienne-française.

Uf ÉTUDE. — COMTÉ DE OOMPTON. 183

Le petit groupe de canadiens-fi ançais qui se trouve établi dans ce canton forme une paroisse nouvelle, érigée depuis 1858, renfermant une petite église en bois placée sous le vocable de Saint-Camille, laquelle est desservie par M. le curé de Sherbrooke, tous les 15 jours.

Le chemin de Saint-François, qui traverse ce canton, met en communication facile la population d'Eaton, et des cantons environnants, avec Sherbrooke et le chemin de fer du Grand- Tronc, qui passe à 12 milles plus à l'ouest. Une autre route part de ce chemin, à l'endroit appelé Oookshirey et traverse la partie sud d'Eaton, Glifton et Hereford, allant aboutir au ruisseau Hall, dans la ligne provinciale.

Les défrichements ont augmenté de 4,228 acres, depuis dix ans, et les produits de l'agriculture de 73,590 minots.

En effet, on comptait en 1851 une étendue de 13,350 acres en culture, ayant produit 52,446 minots de grains, et 12,000 minots de patates et navets, formant en tout 64,446 minots. Le recensement de 1861 constate qu'il y a aujourd'hui 17,578 acres en état de culture, qui ont produit 92,266 minots de grains et 45,765 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 138,031 minots. La récolte du foin a fourni 3,867 tonneaux.

Parmi les produits de l'industrie de 1860, figurent : 107,949 lbs. de sucre, 60,360 lbs. de beurre et 40,815 lt>3. de fromage.

La valeur de la propriété foncière de co centre de colonisation, l'un des plus anciens des cantons de l'Est, s'élève aujourd'hui à $418,360 ; les instruments d'agriculture à $23,698, et le bétail à $107,869.

On compte 14 écoles ouvertes instruisant 490 enfants.

Comptcm. — Ce centre, aussi ancien que le précédent et comme, lui ouvert par une population industrieuse, appartenant exclusivement à l'origine britannique ou anglo-américaine, joint au nord-ouest le canton Ascot, dans lequel se trouve assise la ville de Sherbrooke que nous apprécierons plus tard, et est borné au sud-est par Barnston et JBarford, au sud-ouest par Hatley, et par Clifton au nord-est.

C'est un terrain précieux, et la nature du sol est si bien variée, qu'il convient à tous les travaux de l'agriculture. Il offre plusieurs élévations on pentes douces qui sont d'une vaste étendue et abondamment couvertes d'érable et de hêtre d'une belle qualité et d'une grande taille. Le sol de ce canton est complètement arrosé par plusieurs rivières, entr'autres celle

184 ©OLÔSISÀTTOar DtT BAS-CANADA.

de Coaticook qnî fait mouvoir plusieurs moulins à farine et £. seie.

Le chemin de fer du Grand-Tronc, conduisant à Portland, passe à travers ce beau canton, à un mille du village, au milieu d'établissements agricoles qui sont très- florissants et qui produisent abondamment tontes espèces de récoltes.

La population de Compton, qui s'élevait déjà à 700 âmes, en 1815. figurait dans le recensement de 1851 pour 2,718 habitants, dont 478 étaient canadiens-français. Mais bientôt arriva le fatal règne de l'émigration aux Etat6-.TJnis, qui enleva à ce eanton un nombre assez considérable de familles, surtout dans l'origine canadienne-française, suivant -que le constate le recensement de 1861. En effet, ce dernier recensement porte le chiffre de la population actuelle de Compton à 3,013 âmes» dont 180 seulement sont d'origine canadienne-française ; d'où il faut conclure qu'il y a eu durant ces dernières dix années un déficit de 298 habitants d'origine canadienne-française, à part les pertes semblables chez les autres origines. Quoiqu'il en soit, on constate une augmentation sur la population totale de 295 âmes, en 1861 sûr le recensement de 1851.

Les habitants de Compton possédaient 19,132 acres de terpe en culture, en 1851, ayant produit 78,383 minots de grains et 16,957 minots de patates et navets, formant en tout 95,340 minots. Le recensement de 1S61 fait voir que l'étendue des défrichements s'élève à 23,562 acre3 en état de culture, qui ont produit 137,315 minots de céréales et 76,SS9 minots de patates et navets, formant en tout 214,204 minots, outre les pâturages et 5,471 tonneaux de foin récoltés durant la môme année de 1860.

Ces chiffres expressifs font voir une augmentation de 4,430 acres de terre préparés durant ces dernières dix années, et un surplus do 118,864 minots de grains et patates.

Les familles catholiques, qui comptent pour un peu plus qu'un quart dans le chiffre total de la population de Compton, forment une paroisse nouvelle, renfermant une belle petite église en bois, placée sous la protection de Saint-Thomas d'Àquin, et desservie par un prêtre qui y réside depuis le 28 septembre 1856.

Il existe dans Compton 22 écoles, fréquentées par 788 enfants.

La propriété foncière est estimée à $685,395 ; les instruments d'agriculture à $24,344, et le bétail à $164,799. On compte dans ce seul canton au dessus do 675 chevaux, âgés de trois ans et au-dessus.

m* ÉTUDE. — COMTÉ DE COMFTON. 185

Parmi les produits de la ferme, on remarque le beurre qui figure pour 83,690 lbs.; le fromage pour 12,804 lbs., et le sucre, au montant de 117,661 lbs.

Clifton. — Ce canton est voisin de Compton, à l'ouest, borne au sud par Hereford, et Eaton, au nord. La surface du terrain est passablement unie, excepté le voisinage des rivières où il s'élève et se rabaisse en pente douce, formant ainsi une agréable diversité. La qualité du sol y est excellente partout et il produit en abondance les grains de toutes espèces.

Le bois consiste en proche, hêtre, frêne, érable, bouleau et bois blanc. C'est la pruche qui domine.

Plusieurs rivières arrosent très bien la contrée, et, toutes,, se déchargent dans 'l'importante rivière Saint-François. 11 existe aussi un petit Lac, situé dans le 5e rang de Clifton.

Les développements de la population ont été très lents, durant ces dernières dix années, de même que le défrichement, cette source si précieuse de richesse pour le colon comme pour le pays.

En 1851, on comptait dans l'endroit une population de 380' habitants, tous d'origine britannique, lesquels possédaient 2,24£ acres de terre en culture, ayant produit 6.951 minots de grains et 2,401 minots de patates et navets, formant en tout 9,352 minots. Le recensement de 1861 constate une population de 544 âmes, dont 10 habitants sont canadiens-français, laquelle population possède 3,604 acres en état de culture, qui ont donné 25,522 minots de grains et 15,545 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 42,067 minots, outre 769 tonneaux de foin récoltés durant la même année.

Ces calculs démontrent une faible augmentation de 1,355 acres de terre nouvelle, et un surpins de 32,715 minots de grains et patates, étant le fruit du travail de dix années. . Quant a la population, elle n'offre qu'un surplus de 164 âmes.

Les familles catholiques sont desservies par M. le curé de Saint-Thomas d'Aquin. Un rapport très récent sur cet endroit m'informe que les canadiens-français augmentent sensiblement dans ce canton et que cette mission aura bientôt nue chapelle et un prêtre pour desservir les nombreuses, familles qui se dirigent vers ces contrées, presque exclusivement protestantes aujourd'hui.

J'ajouterai, à titre d'information, que l'ouverture de ce canton à la colonisation remonte à 60 ans. Vers cette époque il fut fait de grandes concessions de terres, mais elles ne

purent attirer que quelques rares colons. Eu 1815, on portait le chiffre de la population à environ 20 familles ou 100 . aines.

Les statistiques du bureau de l'Education, pour Tannée 1861, établissent qu il y a quatre écoles en opération dans Clifton, fréquentées par 104 enfants.

Hcrcford. — Ce canton, qui renferme onze rangs, tous divisés en lots, est situé sur la frontière de la province, borné au nord par Clifton et Auckland, et à l'ouest par Barford. La plus grande partie de ce canton peut passer pour un bon terrain, et très propre à la culture des céréales, quoique la surface soit inégale et devienne montagneuse en approchant de la rivière Connecticut, qui se trouve très rapprochée d'Hereford.

Un grand nombre de petits cours et plusieurs branches du Connecticut, qui descendent des hauteurs, ainsi que les eaux du Lac appelé l'Etang des Sang-Sues, situé sur la frontière américaine, arrosent très bien la contrée.

Le bois est varié et consiste en érable, hêtre, chêne, bouleau, frêne, outre le pin, le cèdre et la pruche.

Ce canton, qui est ouvert à la colonisation depuis plus de 60 ans, ne fait pour ainsi dire que commencer à se développer. Ce retard est complètement le fruit de cette déplorable législation des premières années du siècle actuel dont j'ai déjà parlé, où la plus grande partie des cantons de l'Est passa entre les mains de Seigneurs d'un nouvel aloi.

On ébrècha ainsi le canton Hereford, en enlevant 64,000 acres de terre au profit de James Bankin et compagnie, c'est-à-dire toute la moitié sud du canton. Cet acte eût lieu le 5 novembre lf 00. Jusquen 1815, la colonisation fit très peu de progrès, quoiqu'il y eut à cette époque une population d'environ 200 âmes. Dès les premières années on y fit l'ouverture des routes gui menaient au sud, dans l'Etat du Vermont, et une qui se rendait dans le canton Compton, au chemin conduisant aux Etats-Unis.

Durant les 36 années qui s'écoulèrent depuis cette dernière époque, on voit que la population n'a augmenté que de 146 âmes, puisque le recensement de 1851 constate qu'il n'y avait encore alors que 346 habitants établis dans ce canton, tons d'origine britannique. Mais, chose (tonnante, c'est de voir se continuer plus longtemps cette stagnation du mouvement de la population dans ce canton, quand tout autour la colonisation progresse si bien. En effet, le nouveau recensement de 1861

IEf JÈTUDE. — COMTÉ DE COMFSON. 187

nous apprend que la population du canton Hereford n'a augmenté en totalité que de 20 âmes, durant les dernières dix années, puisqu'il porte le chiffre à 366 habitants, dont 176 sont d'origine canadienne-française.

Par ces faits on voit clairement que la population d'origine britannique s'efface peu à peu, et que l'élément canadienfrançais y apparaît et grandit dans une proportion considérable.

Dans cette transformation qui ne fait que commencer à se développer, on reconnaît sans peine le passage d'un fervent ami de la colonisation, qui cherche- à imprimer à cet ancien canton une vie nouvelle, en l'enrichissant d'une population plus nombreuse et plus vigoureuse, M. l'abbé Champeau, — car c'est de lui que je veux parler, — est un des plus chauds partisans de la colonisation du Bas-Canada, et il s'y dévoue avec autant de zèle que de succès. Grâce à ses généreux conseils, plusieurs familles ont été s'établir dans ce canton depuis trois ans, afin d'exploiter les immenses ressources de cette partie du pays.

Je m'estime également heureux d'avoir à ajouter que M. l'abbé Durocher, curé de Belœil, porte aussi lui un grand intérêt à l'établissement des terres du canton Hereford, et qu'il ajoute aux conseils qu'il (Jonne l'exemple des sacrifices.

Malgré la longue période de laquelle date la plupart des établissements du. Canton Hereford, les développements de l'agriculture n'ont pas été plus prospères que ceux de la population, comme on va le voir dans un instant. Si j'insiste quelque peu sur la valeur des progrès accomplis dans ce canton, c est afin de bien établir la base de ses dévelopements passés et présents, pour faciliter plus tard les parallèles et mieux confronter la valeur des progrès qui doivent nécessairement s'accomplir durant la période nouvelle qui commence.

En 1851, on estimait à 2,558 acres la terre mise en état de culture, ayant produit 9,421 minots de grains et 6,197 minota de patates et navets, formant en tout 15,618 minots, à part le foin et les pâturages. Le recensement de 1861 établit qu'il y a 3,549 acres en état de culture, qui ont produit durant l'année précédente 17,966 minots de grains et 14,281 minots de

I)atates et navets, en tout 32,247 minots ; formant ainsi une égère augmentation de 991 acres de terre nouvelle et un surplus de 16,629 minots, en dix ans.

La valeur de la propriété foncière est aujourd'hui estimée à $55,950.

On compte 4 écoles fréquentées par 85 enfants* Plusieurs chemins sont ouverts dans le canton. L'un, partant du ruisseau Hall, dans la partie sud du 5e rang, traverse la rivière au Saumon, dans Clifton, et va aboutir au chemin traversant Eaton. Ce chemin est destiné» à augmenter considérablement les relations entre ces divers cantons, d'une part, et les Etats-Unis d'autre part.

Un deuxième chemin part du chemin de la rivière Connecticut, sur la partie sud du 6e rang de Hereford, longeant le voisinage de la ligne provinciale jusqu'au 6e rang du canton Auckland, en gagnant vers le nord, et ouvrait un rang double qui déjà reçoit des familles qui s'v établissent. M. l'abbé Champeau demande la prolongation de cette route Jusqu'au Lac Mégantic, pour continuer à passer à travers les terres des 6e 7e 8e 9e 10e et lie rangs de Auckland, et celles des cantons Ditton, Chesham, Clinton et partie do Marston, où se trouve le Lac Mégantic.

Un troisième chemin, qu'on est convenu d'appeler " Grand Chemin des cantons de l'Est " part du chemin de fer Grand Tronc, à Coaticook, et traverse Barford et Hereford, jusqu'au lot No. 23, entre les 8e et 9e rangs, et est destiné à former un rang double d'habitations dans ce dernier canton. M. Cutting, conducteur des travaux, dit que le terrain y .eét bon quoiqu'un peu rocheux ; les bois francs y dominent. On s'attend, dit ce monsieur, que toutes les terres de la couronne dans Hereford seront établies aussitôt que le chemin sera parachevé. Un bon nombre de colons ont dôjà commencé des établissements, et d'autres se proposent d'en faire autant.

Cette nouvelle paroisse, qui est placée sous le vocable de Saint- Venant, n'a pas encore de cnapellc, mais des mesures sont prises pour en construire une incessamment, dans le 9e rang. C'est M. le Curé de Saint-Thomas d'Aquin qui est chargé de cette desserte.

Auckland. — Ce canton, qui a onze rangs de hauteur, est formé d'un lopin de terre considérablement échancré par le territoire de l'état du Vermont, qui lui donne une forme presque diagonale. Il est situé entre Hereford et Newport, borné à l'ouest par Clifton, et à l'est par Pernbejrton. Le terrain y est inégal et raboteux, et dans quelques endroits il devient montagneux ; mais le sol est bon et propre à répondre à une attente modérée. Le bois est un mélange de la plupart des espèces qui se trouvent dans les cantons que nous venons de voir.

m* ÉTUDE. — COMTÉ DE COHPTON. 189

Le canton Auckland est abondamment arrosé par un grand nombre de ruisseaux ou autres cours d'eau, dont quelquesuns se rendent jusqu'à la rivière Saint-François, et d'autres coulent vers la rivière Connecticnt.

H paraîtrait que la moitié nord de ce canton aurait été autrefois concédée, mais j'ignore quant et à qui ; c'est à ceux qui s'occupent de diriger la colonisation vers ce centre de se bien renseigner à ce sujet.

Une chapelle est sur le point d'être construite dans la nouvelle paroisse de Auckland, qui aura pour vocable Saint- Malo, afin de commémorer le souvenir de la patrie de l'intrépide navigateur de 1535, Jacques Cartier, auquel est dû la découverte de Dotre beau pays. Cette chapelle sera placée sur le chemin nouveau qui s'ouvre actuellement, lequel passe entre les rangs A et B, dans la partie sud du canton.

Si ma mémoire ne me fait défaut, on doit attribuer à MM. les abbés Dagenais et Ricard le mérite d'avoir donné l'élan de la colonisation actuelle du canton Auckland, laquelle donne déjà à ce petit centre un aspect tel qu'on pourrait douter que là, récemment encore, régnaient la solitude et l'inactivité. Je suis également désireux a exprimer un mot de satisfaction à l'adresse de Thon. M. Bureau, membre au Conseil Législatif, qui, depuis plusieurs années, déploie énergiquement ses talents a l'avancement général de la colonisation du pays, quoique plus particulièrement dirigés en faveur des établissements caiftdiens-français des cantons de l'Est.

Pour me servir ici de l'heureuse expression qu'un ami de la colonisation m'exprime dans une lettre, j'ajouterai : — " C'est la Providence qui dirige les esprits et les volontés dana cette direction, pour le bien de notre Canada."

Il paraîtrait que durant la seule année de 1861, il aurait été , acheté environ 260 lots de terre dans les cantons Hereford et Auckland, par des personnes disposées à s'établir sur les lieux. Cela promet.

Toutefois, on compte aujourd'hui environ 100 âmes dans ce canton. Ces habitants sont visités de temps à autres par M. le Vicaire de la paroisse de St. Thomas d'Aquin.

Comme les autres statistiques relatives au canton Auckland sont réunies à celles deNewport, dans les pages du recensement, jevaispasserà ce dernier canton pour ensuite faire l'étude des développements généraux de ces deux centres de colonisation. J'ajouterai seulement qu'en 1851 on ne comptait que 14 personnes établies dans Auckland, et 349 dans Newport, toutes d'origine britannique.

190 COLONISATION DtT BÀS-OÀNÀDÀ.

Newport. — Ce canton, qui se trouve situé au nord de celui que nous venons de voir, entre Eaton et Ditton, a subi durant ces dernières années une transformation considérable dans l'élément personnel composant la population de ce lieu. Comme le canton Lingwick, les habitante d'origine britannique de Newport ont singulièrement disparu devant le mouvement -des canadiens-français pour l'établissement des jterres de Newport et Auckland, comme nous allons le voir.

En 1851, la population réunie de ces endroits s'élevait à 48 familles ou 356 habitants, tous d'origine anglaise et irlandaise, lesquels possédaient 2,337 acres de terre en culture ayant produit 8,137 minots de grains et 2,039 minots de patates et navets, formant en tout 10,176 minots. Le recensement de 1861 porte le chiffre de la population totale à 74 familles ou 403 habitants, dont 296 appartiennent à l'origine canadiennefrançaise, possédant 3,836 acres en état de culture qui ont produit 20,080 minots de grains et 7,769 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 27,849 minots, à part 911 tonneaux de foin récoltés et les jachères.

De ces calculs il faut conclure que la population britannique

totale de cette localité. Ces mêmes chiffres établissent .qu'il y a eu 1,499 acres de terre nouvelle préparés durait la même période, et un surplus de 17,673 minots ae grains et patates.

La population catholique de Newport est aussi desservie par MM. les Curé et Vicaire de Saint-Tnomas d'Aquin.

On 'compte dans Newport 5 écoles, fréquentées par 90 enfants.

Ditton. — Sur la môme ligne que Newport se trouve le canton Ditton, borné par Chesham à l'est, Hampden au nord, et par Pemberton au sud. La surface de ce canton est irrégulière, et l'œil découvre dans plusieurs endroits de grandes éminences qui vont se perdre à Thorison, toujours très circonscrite dans la forêt.

Le sol est généralement bon, et boisé de kètre, de bouleau, de bois blanc et d'érable. Il est arrosé par plusieurs grands cours qui tombent dans la rivière Saint-François. .

Ce canton ne renferme aucun coloi résident, mais il est sur le point d'en recevoir bientôt, et c'est pourquoi j'ai cru devoir en dire ces quelques mots.

m* £tude. — coini de comptoic. 191

Hampden. — Ce canton a la forme d'un triangle, et il est resserre entre Lingwick, Marston et Ditton. Il n'est ouvert à la colonisation que depuis quelques années, et déjà il renferme 16 familles d'origine écossaise, comprenant 103 personnes. Elles y possèdent 162 acres défrichés, qui ont produit 2,378 minots de grains et 2,610 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 4,988 minots et 40 tonneaux dç foin.

Ces quelques familles possèdent, en outre, 202 têtes de bétail, parmi lequel on compte 33 vaches laitières, égal à deux par chaque famille.

Il existe deux routes ouvertes dans ce canton pour les fins de la colonisation. Le chemin du Ruisseau à la Loutre, qui passe dans la partie nord du canton, commence sur la rive ouest de la rivière au Saumon, dans la ligne qui divise Lingwick d'avec Hampden, et doit faciliter la formation d'un rang double d'habitations sur tout son parcourt*, dans ce canton. Le sol y est excellent, paraît-il. M. Ross, conducteur des travaux de ce chemin, dit que le terrain, sur une étendue en longueur d'à peu près un quart du chemin, est de terre noire, et le sous-sol de terre glaise bleue contenant un faible mélange de sable, et est couvert de pruche, d'épinette blanche et rouge ; une autre partie, à peu près la^ moitié, est de terre jaune portant l'érable, l'orme, le hêtre et le merisier ; le reste est en savanno inculte ou tellement couvert de roches granitiques qu'il n'est pas labourable.

L'autre route vient d'être ouverte durant l'année 1861 ; elle a son point de départ du chemin dont je viens de parler, et traverse les trois premiers rangs de Hampden, pour aller aboutir dans le canton Ditton. M. McNamee, conducteur des travaux de ce chemin, rapporte que les terres le long de cette route sont bonnes, et celles plus en profondeur, excellentes.

JUartton. — Ce canton, qui vient d'être livré à la colonisation, renferme treize rangées de terre, toutes arpentées, et est situé sur la rive occidentale du Lac Mégantic, lequel a une étendue de 9 milles de longueur sur deux de largeur, en moyenne ; cette largeur atteint même quelquefois jusqu'à quatre milles, par des baies qui rentrent profondément dans les terres, et près desquelles, aussi bien qu'autour du Lac en général, se trouvent d'excellentes prairies.

Le terrain est irrégnlier et montagneux, et souvent très pierreux ; mais il offre généralement un sol passablement bon

et très propre à l'agriculture. Le bois forme un mélange assez indifférent d'érable, sapin, épinette, cèdre et pruche.

Ce canton est arrosé par un nombre infini de ruisseaux, petits lacs, et autres cours d'eau. Les eaux abondent en excellent poisson et la foret est giboyeuse au plus haut point

On compte aujourd'hui 13 familles d'origine écossaise établies dan9 l'endroit, comprenant 100 personnes, qui possèdent 120 acres défrichés qui ont produit 1,830 minois de grains et 1,333 minots de patates, en 1860, formant en tout 1 3,163 minots. Ces familles possèdent, en outre, 2 bœufs de labour, 2 chevaux, 25 vaches et 28 moutons.

Outre la grands route Mégantic, qui conduit de ce lac au chemin de fer d'Arthabaska, et qui passe dans le 3e rang de Marston, où se trouvent les établissements des quelques familles ci-dessus mentionnées, il existe un autre chemin de 17è milles de longueur, en voie d'ouverture, destiné à établir une communication entre le Lac Mégantic et les établissements naissants du canton Hampden. M. Ross, conducteur des • travaux de ce dernier chemin, rapporte ce qui suit dans son rapport de 1860 : " Le sol dans les environs de ce chemin est généralement excellent ; dans toute retendue du chemin qui conduit au Lac Mégantic, il n'y a pas plus de cinq milles et demi qui soient en savanne, laquelle sa vanne est de pauvre terrain et trè3 rocheuse. Les douze milles restant sont couverts d'érable, hêtre, merisier et orme de haute futaie ; sur les bords des ruisseaux et des petits lacs on trouve d'excellent pin. Les bords des savannes produisent en abondance l'épinette blanche. Il y a d'excellents pouvoir» d'eau le lon<j du chemin. "

l)ans son rapport de l'année précédente, M. Ross disait que ce canton appartenait à la Société Américaine des Terres, et que le prix trop élevé qu'elle exigeait, c'est-à-dire de $3.25 à $5 l'acre, était la cause que ce canton ne se développait aucunement.

Whitton.. — Le dernier centre qu'il nous reste à considérer est le canton Whitton, situé au nord du Lac Mégantic et voisin dn canton Winslow. Ce canton n'est ouvert à la colonisation que depuis quelques années, et déjà il renferme 47 familles d'origine écossaise, comprenant 309 âmes, qui possèdent 508 acres défrichés qui ont produit 6,720 minots de grains et 6,886 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 12,556 minots et 120 tonneaux de foin.

Le chemin Mégantic traverse an centre ce canton, qui renferme onze rangs de hauteur ; le terrain e:t en grand*

tlf ÉTUDE. — COMTÉ DB OOMPTOK. 193

partie d'une excellente qualité, quoique rocheux. Les terrains élevés offrent généralement plus d'avantages à la colonisation, étant couverta de merisiers, ormes, frênes, érables et autres bois francs. On trouve sur les terrains bas ou dans les savannes le pin, l'épinette rouge et blanche, de même que le cèdre.

H n'y a pas encore d'écoles établies dans l'endroit.

Par l'étude que nous venons de faire des différents cantons renfermés dans ce Comté, on voit que la colonisation a pris un élan «considérable durant ces quelques dernières dix années, et nous verrons bientôt surgir de tous ces centres nouveaux de grandes et belles paroisses qui feront la richesse des courageux pionniers qui s'y établissent.

Je désire noter, en outre, que les cantons situés an sud du Lac Mégantic, auxquels personne n'a encore oser s'attaquer, méritent une attention sérieuse tant pour la qualité du sol que pour les autres nombreux avantages qu'ils offrent à la colonisation. Ces cantons sont : Spaulding, Ditchfield, Clinton, Chesham et Woburn.

Le canton Spaulding est situé Bur le côté Est de la rivière Chaudière, près du Lac Mégantic où cette rivière prend sa source, borné à l'est par la ligne de la province, et vers le sud au canton Ditchfield. Les six premiers rangs de Spaulding,

3 ni sont divisés en lots, offrent avec les six rangs arpentes ans Ditchfield> environ 70,000 acres de terre très propre à faire de suite de bons établissements. La plus grande partie peut être cultivée avec profit, le sol étant en général formé d'une riche marne, et la surface modérément onduleuse, couverte de bois franc. M. l'arpenteur Duchesnay, qui a exploré ce canton, dit que le sol sur toute l'étendue du canton Spaulding est pour la plus grande partie composé de marne d'une bonne qualité ; bien que rocheuse par endroit, la terre est cependant très propre à la cnltnre, et peut être classée comme terre cultivable de première classe. Le bois y est aussi d'une qualité supérieure et d'une assez belle venue ; il est généralement mêlé, et consiste principalement en merisier, érable, épinette rouge, cèdre, sapin et pin. Tout le canton, dit ce monsieur, est bien sillonné de cours d'eau dont quelques-uns sont d'une grande étendue et offrent d'excellents emplacements de moulins ainsi que des pouvoirs d'eau. La rivière Chaudière elle-même est un cours d'eau très rapide, n'ayant pas à l'eau basse moins que deux pieds de profondeur ; sa largeur moyenne est d'environ deux chaînes, mais le printemps, les inondations

194 txyuomsATton air bàs-cakaz>à.

en font une rivière très large. Les bords sont, en beaucoup d'endroits, plus ou moins accidentel, mais en d'autre» endroits l'on rencontre de magnifiques plaines de terres arables qui se prolongent jusque sur la rire. If. Duchesnay recommande 'ouverture d'une route qui suivrait la rive droite de cette rivière, à partir du canton Jersey, dans le comté de Beanee, en front aee cantons Marlow, Rixborough, Spaulding et Ditchiield, pour rencontrer le chemin de colonisation projeté de l'intérieur de Lingwick jusqu'à la rivière Arnold, dans le canton Woburn, qui a été récemment tracé conformément aux instructions du bureau des Terres ; à eet endroit il rencontrerait la ligne de communication que Ton se propose d'établir, de la ligne provinciale au terminus d'un chemin qui devra être ouvert par les autorités américaines, dans l'Etat de Newhampshire, et qui se reliera au chemin de fer de Portland, et du Saint-Laurent, par le sud ; à Québec par le grand chemin Mégantic ; et à Sherbrooke et Montréal, par le chemin de» cantons de l'Est, que nous avons déjà mentionnés^ et ceux de l'ouest que nous verrons dans la prochaine Etude.

Un autre endroit d'une assez grande importance est le canton Clinton, très agréablement situé à l'extrémité and du Lac Mégantic, formé d'un lopin de terre qui n'équivaut en étendue qu'au quart d'un canton ordinaire, joignant Marston au nord, Woburn à l'est, et Chesham au sud. La terre à tous égards présente un caractère de supériorité ; le sol est en général de la première qualité, dit M. Bouchotte, et présente

Elusieurs pâturages abondants. Le bois est composé do pin, être, éraole, bouleau, sapin, proche et cèdre. Ce canton est arrosé par la rivière Arnold et quelques autres courants qui tombent dans le Lac.

La rivière Arnold tire son nom dp général américain, Arnold, qui en 1775, la fit passer à une partie de ses troupes, quand il conduisit son année à travers cette immense foret, alors pays presqu'in connu, pour assiéger la ville de Québec.

Le chemin proposé par M. l'abbé Champeau, entre Auckland et le Lac Mégantic, passerait dans Clinton et favoriserait indubitablement la colonisation de ce canton, qui abonde en situation excellentes, et où la terre e6t convenable à toute espèce de culture.

Quant aux cantons Woburn et Chesham, je ne puis rien en dire, n'ayant point de renseignements suffisants sur ce» lieux.

m* ÉTUDE. — VILLE DE SHERBROOKE. 195

A'r Tille de Sherbrooke.

*7 y La TÎlle de Sherbrooke est située à 120 milles de Québec,

an bord de la rivière Saint-François, à l'endroit où elle

* reçoit les eaux de la rivière Magog, et s'étend sur les deux

>;. - bords de cette dernière rivière, dans les cantons Orford et

:.v Ascot.

— • Sous tous les rapports, cette petite ville est agréablement

bien située, au milieu de paysages les plus grandioses comme le6 plus pittoresques de la contrée.

La population de la ville de Sherbrooke, formée par des groupes établis sur trois points différents, s'élève aujourd'hui à 2,974 âmes dont le quart à peu près est d'origine canadiennefrançaise ; les franco-canadiens y deviennent cependant chaque jour plus nombreux. Le chiffre de cette population n'a pas changé depuis dix ans ; le grand nombre de familles qui s'est dirigé vers cette ville durait cette dernière époque, n'a fait que remplir les vides laissés par celles qui ont quitte l'endroit pour 6'établir en dehors, sur des terres. On ne compte, toutefois, que 20 cultivateurs demeurant dans les limites de la cité : le reste de la population résidente se composant des divers corps de# métiers ordinaires, et de médecins, pharmaciens, marchands, etc. Cette ville est le chef-lien judiciaire du district de SaiLt-François, et envoie un représentant au parlement.

Iscs quelques cultivateurs ci-dessus mentionnés possèdent 3,252 acres ae terre dont 1,059 acres sont en état de culture, qui ont produit 7,035 minots de grains et 6,010 ininots de patates et navets, en 1860, formant en tout 13,045 minots et 260 tonneaux de foin. La valeur des terres est estimée à $179,075 ; quant à la valeur de la propriété foncière de la ville, je l'ignore dans le moment.

Il existe de nombreux pouvoirs d'eaai qui font mouvoir

{rinsienrs moulins, usines et manufactures, tels que moulins à arine, à scie, à papier, fonderie, factories* de draps, sceaux, allumettes, amidon, balais, etc., qui constituent en quelque sorte les bases de spéculations commerciales très-importantes et qui promettent de s'accroître davantage..

A trois milles de Sherbrooke^ se- rencontre le petit bourg de Lennoxville, où se trouvç l'Université communément appelé Bis'iop's Collège^ établie sous la protection des Evoques de l'église anglicane, et dont la charte pourvoit à un cours class!qne d enseignement de piemier ordre.

Sherbrooke renferme aussi un collège Catholique, nue Académie protestante, un Couvent dirige par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, et plusieurs écoles dont deux 6ont françaises. Il s'y publie deux ou trois journaux en -langue anglaise, et une bibliothèque y est établie. L'église catholique de Sherbrooke, qui a pour titulaire Saint-Michel, est construite en brique, entièrement terminée à * l'intérieur, et placée sur le point le plus culminant de la ville. Le premier objet que l'œil rencontre en arrivant dans cette ville est cette église autour de laquelle se trouvent groupés le beau Couvent des Sœur?, le Collège et le presl)ytère. C'est M. le curé de St. Michel qui dessert les cantons Orford, Ascot «t Eaton.

La qualité du sol de Sherbrooke et ses alentours varie à l'infini. Quoiqu'on puisse le considérer comme généralement précieux et convenable à tous les travaux de l'agriculture, on rencontre cependant des portions complètement incultes, et «ans valeur aucune. De cette dernière classe se trouve l'extrème-ouest du canton' Orford, partie nord, où le terrain devient montagneux, inégal et rocheux, impropre à toute £n agricole. On y trouve cependant un peu de bois de construction. Il existe aussi dans cette partie du canton quelques lacs, dont l'un (l environ 4 milles de longueur isur trois quarts de mille de largeur, qui se prolonge dans les lie et 10e rangs de Brompton.

Il n'en est pas ainsi du canton Ascot, situé aux fourches de la rivière Saint-François et de cette branche de rivière dont j'ai parlé plus haut, et qui se réunit au Lac Memphrémagog. Ce canton est très propre à l'agriculture, et il est 'bien boisé en érable, hêtre, chêne, pin et bois blanc. Il e*>t «arrosé par des rivières considérables qui serpentent non- :seulement ce canton, mais ceux environnants, mettant en mouvement un grand nombre de moulins à grain et à

scies.

Il y a dix ans, on comptait dans ce canton 154 familtes ou 1,268 habitants dont 212 étaient canadiens-français, possédant 7,464 acres de terre en état de culture, qui avaient donné .22,465 minots de grains et 11,307 minots de patates et navets, formant en tout 33,772 minots. Le recensement de 1S61 ^constate qu'il y a actuellement 236 familles ou 2,200 âmes, dont 253 habitants appartiennent à l'origine canadiennefrançaise, lesquelles possèdent 12,369 acres de terre en état parfait de labour, ayant produit 62,609 minots de grains et ,53,459 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout

m* ÉTUDE. — VILLE DE SHERBROOKE. 197

116,068 minots, outre 3,360 tonneaux de foin et les pâturages, offrant ainsi une augmentation de 932 acres, en dix ans, et de 4,905 acres de terre nouvelle ayant produit un surplus de 82,296 minots de grains et patates.

Le même recensement fait voir qu'il a été confectionné durant la môme année 76,820 lbs. de sucre d'érable et 63,010 Ibs. de beurre. La valeur de la propriété foncière est estimée à $380,470 ; celle des instruments d'agriculture à $22,457, et le bétail à $73,791. On évalue à 27,000 acres les terres octroyées à de grands propriétaires, dans ce canton.

Le chemin Gosford traverse ce canton, pour aboutir au centre de la ville de Sherbrooke, de même que celui de la vallée St- François qui va s'éteindre dans le chemin Lambton, comté de Beauce.

L'autre canton, Orford, est situé à l'ouest de la rivière Saint François, et renferme 116 /amilles où 725 âmes, dont 468 habitants sont canadiens-français. Cette population n'a angmenté que de 144 personnes, depuis dix ans ; mais les habitants d origine canadienne-française ont doublé en nombre depuis 1851. On y possédait, il y a dix ans, 1,948 acres do terre en état de culture qui avaient produit 6,962 minots de grains et 3,728 minots de patates et navets, formant en tout 10,690 minots. Aujourd'hui, on compte 3,579 acres en culture qui ont produit 18,107 minots de grains et 19,027 mrnots de patates et navets, en 1860, formant en tout 37,134 minots, outre 808 tonneaux de foin. Par ces chiffres il appert qu'il y a eu 1,631 acres de terre nouvelle et un surplus de 26,444 minots de grains et patates d'augmentation depuis dix ans. La propriété foncière du canton Orford est évaluée à $107,500, et la valeur du bétail à $20,756.

Un chemin est ouvert dans ce canton, qui longe la ligne de division entre Orford et Stukely, conduisant dans la direction des cantons Ely et Roxton. Le terrain par oh passe cette route nouvelle est de bonne qualité, propre à la culture du blé, de l'orge et du seigle.

Parles détails que je viens d'offrir sur les divers centres qui composent la ville de Sherbrooke, îl est constaté que la population totale de cette ville et ses annexes s'élève à 5,89# âmes, dont 1,419 habitants sont d'origine canadienne-française. Sur ce chiffre, 372 familles vivent par l'agriculture*, comprenant environ la moitié de la population totale. Elles possèdent 45,566 acres de terre dont 17,907 acres sont en état de culture. Dans le printemps de 1860 il fut ensemencé* 10,914 acre3 qui rapportèrent à l'automne 87,751 minots d&

grains et 78,496 minots de patates et navets, formant une récolte totale de 166,247 minots. La récolte du foin fut de 4,448 tonneaux. Durant la même année il fut fabriqué 90,785 Ibs. de sucre d'érable, 78,616 lbs. de beurre et 9,900 Ibs. de fromage.

La valeur de la propriété foncière, (la ville exceptée) s'élève à $667,045 ; les instruments d'agriculture à $27,936 ; le bétail à $131,464 ; les voitures d'agrément, au nombre de 567, à $22,342, formant une valeur totale de $848,787.

D'après des rapports récents d'exploration géologique, il paraîtrait qu'en plusieurs endroits de la ville de Sherbrooke, notamment dans le canton Ascot, il aurait été trouvé des indices de minerai de cuivre, dans le voisinage de certains bancs de dolomite, et dont la quantité a paru suffisamment considérable pour en recommander l'exploitation. Une Compagnie de New- York vient de faire l'acquisition de la "mine de M. Me Caw, à Ascot, pour la somme de $290,000. Dans les environs de Sherbrooke, à Belvédère, il a été aussi découvert de nouvelles mines, que M. Elzéar Clarté, grand constable, acheta vers le mois de novembre 1862. Après

Quelques recherches heureuses, ce monsieur s'empressa 'acheter les terrains voisins d» son lot de terre, formant en tout environ 1,000 acres, qui paraissaient être aussi riches en minerai de cuivre que le premier. Les journaux du mois de Janvier 1863 annoncent que M. Clarke vient de vendre à son tour ces riches terrains à une compagnie anglaise représentée par Lord Aylmer, pour la jolie somme de $200,000 I

Nul doute que les mines d'Ascot vont devenir iiussi recherchées et aussi nombreuses que celles d'Acton, dont .on parle tant.

Au train que vont les choses, toutes ces précieuses découvertes vont devenir presqu'exclusivement la propriété de Compagnies Américaines. Il vient de se former une Compagnie nouvelle à New- York, avec une capital social de $250,000, dans le but d'explorer les terrains où il pou rai t se trouver des mines, en Canada. Une autre puissante Société Américaine vient aussi de s'organiser, avec un capital de $2,000,000, dans le but d'acquérir les mines qui vaudront peine d'être exploitées.

Malgré l'attrait séduisant qu'offrent ces riches découvertes, je n'hésite point à dire que c'est dans la culture du sol que le pays trouvera sa richesse la plus sûre et la plus permanente ; j'aionterai même que le travail du laboureur saura toujours .créer plus de jouissance, et de bien-être dans la société, que

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tons ces grands exploitaient* métallurgiques. Mon patriotisme n'entend pas exclure ici aucune puissance productive, mais seulement prémunir la classe agricole contre les séductions entraînantes qu'exercent sur les esprits ces sortes de conquêtes trompeuses de richesses qui, souvent, sont suivies des conséquences les plus ruineuses.

Je vais terminer ees quelques réflexions sur la ville de Sherbrooke par la reproduction d'une esquisse biographique qui honore au plus haut point les personnes qui en août l'objet, et qui reflète sur toute la classe des défricheurs une sorte de gloire qui en vaut bien une autre.

" La -Presse ressemble un peu à un général commandant des armées, en ce sens qu'elle dirige la lutte incessante du progrès contre l'erreur, l'ignoranee et la stagnation* dit le Colonisateur du 20 janvier 1863. C'est \ elle qu'il revient de signaler le mérite en tout genfe, de décorer les braves de l'attention et de l'admiration publiques. En même temps les âmes s'échauffent, l'émulation naît de tous côtés, et l'on s'avance à rangs pressés dans la voie nouvellement ouverte* C'est d'après ces considérations que nous croyons de notre devoir de signaler l'esprit d'initiative, le courage et l'énergie de la famille Boudreau. La famille Boudreau l c'est un nom sans doute bien obscur, bien ignoré parmi nous, mais c'est un non* destiné à vivre dans les annales de la colonisation. Et voici pourquoi.'

" La famille Boudreau, composée de sept frères, était établie dans la paroisse de St- Alexandre, diocèse de Trois- Rivières, sur un lot relativement peu considérable. Ces sept frères, dont l'aîné compte aujourd'hui vingt-neuf ans, prirent un jour la résolution de quitter la maison . paternelle où la table devenait plus étroite de jour en jour et suffisait à peine au développement d'une aussi nombreuse famille. On parlait alors beaucoup de colonisation. Ces jeunes gens, tous intrépides et robustes, tendirent la main à la fortune qui les invitait à marcher du côté de nos terres incultes. Le projet d'un établissement dans les townships est aussi vite arrêté entre eux que conçu.

autres, en sorte qu'ils avaient les plus fortes garanties de succès dans ce genre d'entreprise. Ces métiers utiles sont de vrais capitaux pour le défricheur. L'aîné de la famille avait fait son cours eomplet d'études au collège de St. Hyacinthe,

et se trouvait dans le meilleur état possible pour diriger un établissement quelconque.

" Ainsi organisée la famille Boudreau se dirigea vers les townships de l'Est. Elle s établit sur un immense lot de terre contenant 800 acres, situé à quelques milles seulement de Sherbrooke, sur la rivière St. François.

" Bâtir deux jolies maisonnettes avec accompagnement d'étables, d'écuries, etc., etc., ce fut ponr eux une affaire de quelques jours. Ils procédèrent ensuite aux travaux de aéfrichement et presqu'en même temps ils jetèrent les fondations d'un moulin a scies, en face de leur habitation, où le St. François déploie une grande force motrice.

" Il y avait de cela une année écoulée dans le mois d'octobre dernier, (1862) et déjà la jeune CQlonie comptait 45 acres de terre ouverte an soleil, et prête à être ensemencée au printemps prochain ; et déjà un moulin à scies est élevé et fonctionne avec le plus grand succès. Ajoutons à cela que ces courageux défricheurs ont été forcés de suspendre leurs travaux pour faire un chemin de quinze à vingt arpents, devenu indispensable, et pour jeter un pont assez considérable sur une rivière qui leur barrait le passage. Ils ont fait tout cela dans l'espace d'une année. Aussi dans les environs les Boudreau sont cités comme des modèles d'énergie, de force et d'intrépidité. On a donné leur nom à l'endroit qu'ils occupent ; heureux de pouvoir les encourager. Nous apprenons qu'ils songent à aggrandir leur propriété de plusieurs centaines d'acres, afin de grouper autour d'eux de nouveaux membres de leur famille. Leur exemple a produit le plus heureux effet dans les paroisses de St. Alexandre, Ste. Marie et St. Grégoire, oà le zèle pour la colonisation parait être porté ait plus kaut degré.

u Deux d'entre ces sept frères sont aujowrtFbiri mariésw Leurs nobles épouses, semblables aux femmes des premiers eolpns canadiens ne se Bont pas effrayées à la perspective de cette vie isolée. Elles l'ont acceptée au contraire de bonne grâce, comme il arrive toujours lorsque les femmes ont ub

sacrifice à faire. Car c'est pour elles surtout qu'on a dit :

Ld dénouement, sans doute, a son prix en lui-même. - Que peut-on désirer quand on sert ce qu'on aime?

" Ce serait le lieu de développer tous les avantages qui résulteraient d'une organisation de ce genre dans les dinéïcntes paroisses qui ont établi des sociétés de colonisation.. On

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s'adresse trop particulièrement à la classe agricole sans faire presqu'aucun cas des corps industriels. Cependant, leur concours est presqn'indispensable aux nouveaux établissements. Le travail en commun, ^assistance mutuelle sont aussi efficacespour opérer des travaux comme ceux là, que les capitaux les* pins considérables. Isolons-nous le moins possible, transportonsnous par familles, par groupes, au milieu de ces terres nouvelles. Entraînons avec nous autant que nous pourrons cequi nous est cher. Cest un moyen de regretter moins le sol que nous quittons et de nous attacher plus promptement à celui que nous adoptons. Et puis c'est là surtout, dans ces sollitudes que la civilisation n'a pas encore fournies de ses nombreux produits, que nous sentons le besoin de compter sur l'assistance d'un frère ou d'un ami."

Puissent ces exemples trouver de l'écho dans le pays, et que ceux qui se sentent disposés à ouvrir des terres nouvelles se fassent honneur et conscience d'user des mêmes voies et moyens pour en recueillir plus abondamment les fruits si précieux que donne le travail agricole à tous ceux qui s'y dévouent.

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