‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 32 sur 124 · XVI.— Comté de Rlchemond · texte numérisé non relu

XVI.— Comté de Rlchemond

Ce comté renferme une population de 8,844 âmes, dont 1,312 habitants seulement sont d'origine franco-canadienne.

On v possède 113,717 acres de terre, desquels 43,667 acres ont été mis en état de culture. La récolte de 1860 a donné 481,207 minots de grains et patates, évalués à $279,082.50.

Les produits de rindustrie, comprenant le sucre d'érable, le beurre, la laine, Fétoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élevèrent à la valeur de $67,376.90, et les revenus des jardins à $795.

Les animaux de ferme, au chiffre de 18,296 tètes, sont évalués à $277,441 ; et les voitures d'agrément, au nombre de 1,045, à $32,593.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $1,305,835 ; et celle des instruments aratoires à $55,690.

Formant une valeur totale de $2,018,813.40.

Le déboisement de la forêt a été très rapide durant ces dernières dix années ; mais aujourd'hui la colonisation est

SOS coLornsATiojr du bas-canada.

très lente. Comme celle du comté de Drummond, elle est paralysée par les grands propriétaires. En effet, à peine le gouvernement possède-t-il 40,000 acres de terre, dans le comté, sur les 197,000 acres qui peuvent être disponibles pour les fins de l'agriculture. D'abord, il y a 20,000 acres appartenant à MM. "W. Bernard et autres, dans Brompton; 25,000 acres appartiennent à la succession Caldwell, dans Melbourne ; 58,000 acres appartïènent à MM. Cushing et autres, dans Shipton ; et 54,000 acres dans Stoke appartiennent à Madame Ve. Cowen. Le prix des terres du gouvernement est de 60 ceniins l'acre ; celui des terres de la succession Caldwell et de Madame Cowen, dans Melbourne et Stoke, varie entre six clielins et sept chelins et demi l'acre.

Il y a dix ans, les cantons qui forment aujourd'hui le comté de Riehemond ne contenaient que 19,241 acres de terre en culture, ayant produit 102,182 minots de grains et 59, 338 minots de patates et navets, formant en tout 161,520 minots. Aujourd'hui, on compte 43,677 acres en culture, ayant produit, en 1860, une récolte de 246,934 minots de grains et 234,273 minots de patates et navets, formant en tout 481,207 minots. comme je l'ai mentionné en commençant Par cet exposé, il appert donc qu'il y a eu une augmentation de 24,436 acres de terre nouvelle, ayant produit un surplus de 319,687 minots, en dix ans. Le progrès des développements agricoles est le plus considérable qui ait été accompli jusqu'à présent, je crois, dans l'étude que nous faisons ae nos richesses productives, toute proportion gardée.

C'est dans ce comté, à Melbourne, que se trouve la jonction du chemin de fer du Grand Tronc, entre les branches de Québec et Montréal et celles de Richmond et Portland. C'est sans doute cette raison du voisinage de la voie ferrée qui a contribué à un aussi éclatant développement.

Pour mieux satisfaire la curiosité du lecteur, je vais entrer dans l'appréciation succinete des développements des divers cantons renfermés dans ce comté.

Stoke. — Ce canton est situé sur la rive Est du Saint- François entre "Windsor et "Westbury. La terre est de la première qualité et propre à tous les travaux *de l'agriculture^ couverte ae hêtre, érable et bois blanc. La contrée est parfaitement bien arrosée par plusieurs rivières et courants, qui, après avoir serpenté dans toutes les directions, tombent dans la rivière Saint-François j un petit lac existe aussi dans le 14e rang de ce canton.

Malgré la qualité supérieure du sol de ce canton, il est

m6 ferura. — oomté db eichemond. 208

demeuré inhabité jusqu'à ces dernières années, quoique la totalité de ces terres ait été accordée aux officiers et soldats de la milice canadienne qui servaient en 1775 et 1776. Comme l'exprime si correctement le savant géographe Bonchette, u l'intention était de les récompenser de leur service, mais il s'en est à peine trouvé qui aient voulu tirer le plus grand avantage possible de leur récompense, en convertissant leurs armes en charrue et en devenant euxmêmes des cultivatenrs laborieux ; ils ont mieux aimé se déposséder de lenrs lots pour un profit quelconque, et véritablement les terres accordées de cette manière ont été presque généralement négligées."

On a vu la même chose se reproduire en 1842, 1843 et 1844, pour les scrips des miliciens ae 1812, qui sont devenus la propriété de quelques spéculateurs de Québec, jw>ur quelques chelins.

La population de ce canton s'élève aujourd'hui à 16 occupants de terre ou 97 âmes, dont 70 personnes sont d'origine canadienne-française, possédant 220 acres défrichés qui ont produit 2,137 minots de grains et 1,650 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 3,787 minots et 58 tonneaux de foin. La valeur des défrichements, bâtisses, etc., de ces quelques familles, est portée à $6,700 ; le bétail, qui forme 100 têtes, est évalué à $1,715.

Cette population est desservie par M. le curé de Saint- Michel.

Brompton. — Ce canton, d'une forme irrégulière, est borné k l'est par la rivière Saint-François, à l'ouest par Ely, et au sud par Orford. Dans la partie nord et auprès de la rivière, le sol est d'une culture facile, et produit d'abondantes récoltes de froment et autres grains. Le bois consiste en orme, érable, hêtre, bouleau et bois blanc. Comme la partie nord du canton Orford, la partie sud de Brompton est inégale, rude et pleine de rochers, et n'offre rien qm puisse permettre d'en tirer quelque parti. Ce canton est arrosé par plusieurs ruisseaux et courants, et les portages occasionnés par la grande et petite chute de Brompton se trouvent sur le côté ouest de la rivière Saint-François, traversant dans la ligne de ce canton. Le lac d' Orford, suivant que je l'ai déjà noté, s'étend dans Brompton et couvre plusieurs lots dans les 10e et lie rangs.

La population actuelle de ce canton s'élève à 1,168 habitants, dont 265 sont franco-canadiens. On y possède 2^757 acres de terre en état de culture, qui ont produit

19,985 minots de grains et 16,553 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 36,538 minots et 715 tonneaux de foin.

Parmi les produits de la ferme se trouve 15,066 lbs. de

beurre et 10,920 lbs. de sucre. La valeur de la propriété

foncière est estimée à $67,675 ; les instruments d*agriculture à

$3819, et le bétail à $17,509.

On compte 4 écoles fréquentées par 138 enfants*

C'est M. le curé de Saint-Michel qui dessert cette mission.

Windsor — Le canton Windsor est situé entre Shipton et Stoke, à l'est de la rivière Saint-François, et borné au fond ar Wotton. Il renferme une très belle étendue de terrain 'un sol excellent et riche, et varié de manière à convenir à presque toutes les espèces de culture, sillonné par deux grands courants d'eau, et par plusieurs petits ruisseaux, qui tous se déchargent dans la rivière Saint-François. La surface de ce canton est parsemée de légères élévations oui sont couvertes d'érables, hêtre, bouleau et sapin d'une belle taille ; sur les terrains plats se trouvent du frêne et du cèdre.

Il y a dix ansi, on comptait dans ce canton GZ occupants de terre ou 590 habitants, dont 130 appartenaient à l'origine canadienne-française, lesquels possédaient 1,995 acres en culture, ayant produit 6,6*5 minots de grains et 4,713 minots de patates et navets, formant en tout 11,388 minots et 688 tonneaux de foin.

Le chiffre total de la population actuelle de Windsor s'élève à 194 occupants de terre ou 1,167 habitants, dont 586 appartiennent àl'orteine canadienne-française, possédant 5,425 acres de terre en culture qui ont produit 38,027 minots de grains et 29,177 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 67,204 minots et 1,177 tonneaux de foin, outre les jachères.

Ôes chiffres établissent donc un surplus de population de 577 âmes, et le magnifique résultat d une- augmentation de 3,430 acres de terre nouvelle, ayant produit un surplus de 55,816 minots, outre 489 tonneaux de foin, le tout réalisé durant ces dernières dix années.

Aujourd'hui, ce canton renferme deux centres de population, dont l'un est situé dans la. partie Ouest, et l'autre dans la partie Est du canton.

Le premier et le plus ancien de ces groupes, est établi dans la partie Ouest du canton, sur le bord oriental de la rivière Saint-François, lequel renferme une population

nr* £tode.-mx>mt£ de mchehond. 205

d'environ 417 âmes, dont 07 habitants, canadiens et irlandais, sont catholiques. Quoiqu'il n'y ait point encore de chapelle construite dans l'endroit, cependant ce poste est visité de temps à autre par M. le Curé de Sainto-Bibiane de Shipton. Un petit village est aussi établi dans cette même division, à 9 milles de Richcmond, près des célèbres Chûtes de Windsor, qui renferme environ 150 âmes.

L'autre groupe, situé dans la partie Est du canton, forme une paroisse nouvelle qui se développe assez bien, laquelle est placée sous le patronage de Saint-Urbain. C'est dans cette partie du canton Windsor que se trouvent établis les canadiens* français, ainsi que 8 familles d'origine irlandaise et catholiques, formant une population de 750 âmes. Une Chapelle de 40 pieds sur 30 est construite sur le lot Ko. 6 du 2e rang de Windsor-Ebt, et c'est M. le curé de Saint-Hippolyte de Wotton qui dessert cette population.

Un chemin part de Windsor, près du Moulin établi sur la rivière Saint-Irançois, et traverse tout le canton et le premier rang de Wotton, formant une longueur d'environ 15 milles. M. Benoit, conducteur des travaux de ce chemin, dit dans l'un de ses intéressants rapports que le chemin de Windsor et Wotton donnera un grand avantage à la colonisation, en ce qu'il conduira ceux qui désirent s'établir sur des terres à visiter l'immense quantité de beaux terrains qui bordent cette route d'un bout a l'autre. De pius, ce chemin sera d'une

Srande utilité, en ce qu'il facilitera la communication des abitants des cantons de Ham, Wotton, Windsor et des cantons environnants avec la ville de Sherbrooke, centre de toutes les affaires. Il y a dans les environs de ce chemin d'excellents pouvoirs d'eau où fonctionnent des moulins à scie et à farine,

M. Benoit disait dans son rapport de 1860 qu'on avait découvert quelque trace de mine de cuivre dan6 les cantons Windsor et Wotton, et qu'il était informé qu'on y. avait aussi trouvé des couches de charbon dans les environs de Wotton. Il ajoutait aussi que la colonisation faisait de très grands progrès dans les cantons environnants, surtout dans Windsor, où pas moins de soixante familles s'étaient établies depuis l'année précédente, et que tous les jours il arrivait des étrangers pour visiter les terres de ce canton.

Melbourne* — Ce canton est situé à l'ouest de la rivière Saint-François, vis-à-vis du canton Shipton, joignant Durham au nord-ouest Le sol est excellent et très propre à toute

906 OOLOÎ08ATIOK DTT BAS-CANADA.

espèce de grain. Le bois consiste en érable, hêtre, orme, pin et chêne. Plusieurs rivières et courants parcourent le canton dans toutes les directions, et après l'avoir bien arrosé, vont se perdre dans la rivière Saint-François. On apperçoit dans cette dernière rivière, en face du canton, plusieurs petites lies, et quoiqu'elles gênent un peu la navigation, elles offrent cependant par leur beauté et la variété pittoresque que présente le feuillage des différentes espèces d'arbres qut les couvrent, quelque chose d'enchanteur qu'on aurait peine à souhaiter qu'elles n'existassent point, suivant que l'a déjà mentionné le savant géographe déjà cité.

La population de Melbourne est aussi divisée en deux groupes distincts, dont l'un est agricole, et l'autre industriel. Le village de Melbourne est composé de cette dernière classe d'habitants, situé à environ un mille de la station du chemin de fer de Richemond. Un magnifique pont couvert est jeté sur la rivière Saint-François, mettant en communication facile les habitants des deux rives, entre Melbourne et Richemond.

Le village renferme une population de 243 personnes, toutes • d'origine britannique, et le reste du canton forme un autre chiffre de 1,631 habitants, dont 36 seulement sont francocanadiens, formant une population totale de 1,864 âmes.

Il n'y a pas encore d'église catholique construite dans ce canton, et les fidèles appartenant à ce culte sont obligés de se rendre à Richemond, pour assister aux offices divins.

Le village de Melbourne renferme un Institut littéraire avec Salle de lecture et bibliothèque ; mais il n'a pas une seule école ouverte pour l'instruction des enfants: tandis que la population agricole de l'endroit soutient 16 écoles, fréquentées par 433 enfants.

Le recensement de 1861 constate qu'il y a 295 familles dans le canton Melbourne, qui cultivent la terre, lesquelles possèdent 13,220 acres de terre en culture qui ont produit 72,096 minots de grains et 67,341 minots de patates et navets, formant en tout 139,437 minots et 8,629 tonneaux de foin.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $394,345 ; eellc des instruments d'agriculture à $19,485, et le bétail à $85,200.

Parmi les produits de l'industrie figurent 53,867 Ibs. de sucre d'érable et 89,842 lbs de beurre confectionnés durant l'année 1860. Oe dernier article est en grande renommée sur les marchés de Québec pour sa bonne qualité.

Un chemin nouveau part du 5e rang de Melbourne et va

m* frouE. — ooîfrÉ de mcnrnoxD* 207

aboutir an Lac de Brompton, Les terres le long du chemin sont de bonne qualité, dit M. Désanlniers, conducteur de» travaux de ce chemin, et propres à faire des établissement» agricoles. Le bois y est mêlé. Il existe dans les environs de ee chemin plusieurs pouvoirs d'eau qui sont pour la plupart exploités.

Skipton.-*l>t dernier canton que nous avons à considérer dans ce comté est Shipton, qni renferme aussi les division» territoriales de Clevcland, Banville et Richemond. Ce vaste Anton est situé à l'Est de la rivière Saint-François, entre Kingsey et Windsor, et il est borné au fond par Tinwick. Le sol est d'une qualité très supérieure, et c'est sans contredit le meilleur terrain qu'il soit possible de rencontrer de tous le» eantons environnants. Certaines parties s'élèvent par degré et sont particulièrement propres aux productions qui exigent un sol fertile et sec. Les bois qui couvrent ce terrain consistent en hêtre, chêne, érable, bouleau et pin, entremêlé» d'espèce» inférieures en grande abondance.

Une grande branche de la rivière Nicolet et plusieurs petits ruisseaux, qui sortent des hauteurs, arrosent extrême* ment bien la contrée, et après de grands détours, vont tomber dans la rivière Saint-François.

C'est sur les bords de ces diverses rivières et ruisseaux que l'agriculture s'est d'abord développée, mais aujourd'hui elle embrasse toute l'étendue du canton, en formant une série non interrompue de florissants établissements agricole» qui font la richesse des habitant» de l'endroit comme du pays en général.

La rivière Nicole*, qui est navigable pour le» petite» embarcations jusqu'au fleuve Saint-Laurent, fournit» avec la rivière Saint-t'rançois, un moyen de transport par eau qui permet l'écoulement de l'excédant des produits industriels et bricoles de cette riche contrée, à part la voie ferrée de iïchemond, qui se bifurque sur trois pointa différent», conduisant à Québec ou Montréal, sur le fleuve Saint-Laurent, et à Portland, sur l'atlantique.

Ceci posé, nous allons considérer succinctement les développements des quelques centres ci-dessus mentionnés.

Cleveland comprend la partie Est du canton Shipton, et renferme une population de 1,916 habitants dont 89 seulement appartiennent à l'origine canadienne-française. Cette population possède 9,174 acres de terre en culture qui ont produit

48,336 minots de grains et 52)546 minots de patates et navets, en 1860, formant en. tout 100,882 minots et 2,091 tonneaux de foin.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $281,875 ; les instruments d'agriculture à $10,304, et le bétail à $56,785. L'industrie domestique a fournie durant la même année 44,760 lbs. de beurre et 26,885 lbs. de sucre d'érable.

Danville est un petit village situé près de la station du chemin de fer, à 12 milles de la rivière Saint-François où se trouve la jonction de Richemond. La population de ce village s'élève à 540 personnes, dont 105 sont d'origine canadienne française. Dans ce chiffre sont compris 12 ramilles occupées à la culture de la terre, lesquelles possèdent 700 acres défrichés qui ont produit 4,346 minots de grains et 2,323 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 6,669 minots et 715 tonneaux de foin.

La valeur des défrichements, bâtisses, etc., appartenant à ces quelques familles est évaluée à $32,950 ; les instruments agraires à $1,295 ; le bétail à $8,678, et les voitures d'agrément à $2,870, formant une valeur totale de $45,293, égale à une richesse de $3,774.40 par chaque famille, outre les valeurs récoltées et de l'industrie, etc.

La route de Saint-Chrystophe d'Arthabaska qui mène à Kingsey, conduit aussi à Danville, et va tomber dans le chemin Craig, an centre de la population, lequel dernier chemin mène à Richemond. Une antre route part de Danville, conduisant à "Wotton et Ham, jusqu'au chemin Gosford.

Les catholiques de Danville sont desservis par M. le curé de Sainte-Bibiane de Shipton, dans leur chapelle construite dans le village, laquelle mission a pour vocable Sainte- Anne,

Les missionnaires catholiques ont commencé à visiter cet endroit il y a près de vingt ans. En 1849, le village de Danville no renfermait encore aucune famille catholique. Cependant quelques 'années plus tard, en 1857, la chapelle actuelle de Sainte-Anne fut construite, laquelle mesure 50

Sieds sur 30, et alors quelques familles commencèrent à surgir ans l'endroit. Aujourd'hui, on compte 28 familles catholiques, dont 18 canadiennes et 10 d'origine irlandaise, formant une population totale de 174 âmes.

Kichcmond ou Sainte Bibiane de Shipton est situé sur le bord do la rivière Saint-François, et renferme un grand village dont la population excède 400 âmes. C'est en cet endroit que se réunissent les différentes branches du chemin de fer du

TXf ÉTUDE. — COMTÉ DE RIOHEMONt). 20P

Grand^Tronc, après avoir parcouru 96 milles de Québec, 72 milles de Montréal, et 221 milles de Portland.

Il y a un collège protestant d'une grande importance établi à Richemond, ainsi qu'un institut littéraire et une bibliothèque publique.

La population totale de cette partie du canton Shipton est de 2,132 âmes, dont 161 personnes ^nt d'origine canadiennefrançaise. On y possède 12,181 acres de terre en état de culture, qui ont produit 68,007 minots de grain et 64,683 minots de patates et navets, formant en tout 127,690 minots et 2,847 tonneaux de foin.

La propriété foncière est estimée à $424,055 ; les instruments d'agriculture à $16,241, et le bétail à $81,751. Parmi les

Sroduits de l'industrie figurent 78,999 lbs. de beurre, 10,839 lbs. e fromage, et 73,293 lbs. de sucre d'érable, confectionnes dorant la même année de 1860.

Les habitants catholiques de Sainte-Bibiane possèdent une église dins le village ae Richemond, desservie par un prêtre résident, qui donne également ses soins à la mission de Sainte- Anne, à I)anville, comme je viens de le dire.

Pour mieux convaincre le lecteur sur l'importance des développements du canton entier de Shipton, je vais mettre en parallèle les résultats obtenus depuis dix ans dans le» divers centres ci-dcssùs mentionnés, composant ce canton»

Il y a dix ans, c'est-à-djre en 1851, on comptait dans P.endroit une population totafe de 3,285 habitants dont 432 étaient canadiens-français ; aujourd'hui, Suivant l'addition des chiffres ci-dessus posés, il résulte que la population totale de Shipton s'élève à 4,588 âmes, dont 355 habitants appartiennent à l'origine canadienne-française. De ces calculs, il faut conclure qu'il y a eu une augmentation de 1,303 habitants, au profit «eut des origines britanniques, et que le chiffre des canadiens-français a diminué de 77 habitants durant cette même époque.

En 1851g on y possédait 14,654 acres de terre en état de culture qui avaient produit 56,285 minots de grains et 33,579 minots de patates et navets, formant en tout 89,864 minots ; le recensement de 1861 constate qu'il y a actuellement 22,055 acres en état de culture, ayant produit 115,689 minots

trains et 119,552 minots de patates et navets, formant en tout 35,241 minots, à part le foin et les pâturages, formant ainsi une augmentation de 7,401 acres de terre nouvelle, et un surplus de 59,404 minots de grains et 85,973 minots de patates,

en tout 145,377 minot», réalisé» durant «es dernières dix années.

H n'y a pas encore de Sociétés de Secour* établies dans ce comté.

XVII*— Comté de Drumino»d.

Le comté de Druinmond contient une population de 12,355 habitants dont 7,592 sont d'origine canadienne-française.

L'étendue du terrain poeséde s'élève à 151,184 acres dont 53,429 acres sont en état de culture, ayant produit 366,834 minots de grain» et 262,554 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 629,388 minots, le tout évalué à $335,951.97.

Il y a dix ans, on comptait 35,365 acres en état de%cultnrer et la récolte avait été de 223,660 minots de grains et patates*. C'est donc une augmentation de 18,064 acres de terre nouvelle et un surplus de 405,723 minots en dix ara.

Les produits de l'industrie, qui consistent en beurre, sucre, laine, étoffe foulée, flanelle, toile et filasse, s'élèvent à une valeur de $75,792.39, réalisée durant l'année 1860. Le revenu des jardins est évalué à $2,820.

. IJe bétail qui compte pour 25,147 tètes est estimée à $328*881 ; les voitures d'agrément, au nombre de l,633r sont évaluée» à $37,769.

La valeur de la propriété foncière est portée à $1,906,281 mf et celle des instruments d'agriculture à $59,963 ;

Formant une richesse totale de $2,747,45^.36.

La colonisation du comté Druinmond est appelée à figurer pour une heureuse et large part dans les annales de la colonisation des cantons de l'Est, pour les dernières dix années ;'mai» il est regrettable d'ajouter que ce progrès si distingué est sur le point de tomber dans un* stagnation complète par la raison que le gouvernement n'a presque plus de terres à vendre dan» les limites de ce comté, à Perception peut-être de 40,000 acres. Les quelques autre» milliers d'acres qui s'y trouvent disponible» appartiennent à des sociétés de grands propriétaire» qui demandent des prix très élevés. Par exemple on compte 22,000 acres dans Upton, appartenant à MM. I). A. Orant et autres ; 22,000 acres dans Wickham, appartenant à MM. W.

m* imrDE.— oomtê db dbummond» 212

Lindsay et antres ; et 31,000 acres dans Durhain, qui appartiennent à MM. T. Scott et antres.

En face d'un pareil état de chose, je ne vois guère de développements possibles qui puissent surgir durant les dix années à venir, que ceux que pourront offrir les propriétaires actuels dans la continuité du défrichement de leurs terres, dont la quantité réunie, encore en bob de bout, s'élève à près de 100,000 acres.

Nous allons, toutefois, étudier sommairement les progrès des cantons renfermés dans ce comté, formant deux rangées, •séparées par la rivière Saint-François qui coule vers le nord et -qui passe au centre du comté.

Durham. — Ce canton est situé sur la côte ouest de la rivière Saint-François, entre Wickhnm et Melbourne, et Acton au sud-ouest. La terre y est excellente pour toutes sortes de cultures ; couverte abondamment en érable, hêtre, bouleau, noyer, pin, frêne et cèdre ; il y a aussi du chêne, mais en petite quantité. Le sol est arrosé par un grand nombre de petits courants.

L'ancienne et considérable mission de la partie Nord-Est du canton Durham, placée sous le titulaire de Saint-Pierre, est à 12 milles de Richemond ou Melbourne, d'un ctfté, et à une égale distance de Drummondville, de l'autre côté. C'est surtout depuis 1853 que cette paroisse nouvelle a pris de plus grands développements. C'est aussi vers cette époque que fut formé le joli village qui existe aujourd'hui, et auquel on a donné le nom significatif de : YÀveniry comme pour exprimer l'espoir qu'on nourrissait alors d'en faire bientôt le siège important d'un centre de progrès matériel et d'avancement intellectuel. Déjà une grande partie de tout cela est réalisé, pnisqu'aujourcPhui le village de l'Avenir renferme un noyau ae population très développé, composé de gens de înétiers, marchands, médecins et autres ; l'industrie compte aussi plusieurs moulins à scie, à moudre le grain, fonderie, etc. Four faciliter les développements de l'intelligence et de l'instruction popnlaire, on v a fondé un Institut Littéraire, avec salle ae lecture et bibliothèque, et trois écoles pour l'instruction des enfants appartenant à l'origine canadiennefrançaise, outre celles établies pour les autres origines, qui sont en grand nombre. On compte, en outre, la fondation d'un journal français, intitulé le Défricheur, que vient de commencer à publier J. B. E. Dorion, écr., M. P. P., dans l'intérêt de la colonisation de» Cantons de l'Est.

Une église d'environ 100 pieds de longueur est construite dans l'endroit, et un prêtre y réside depuis 1854.

Quant à la colonisation de ce canton, elle est un reflet de cette immense et valeureuse conquête du sol à l'agriculture ; tâche sublime, persévérante, et laborieusement entreprise aujourd'hui sur tous les pointe du pays à là fois, pour le plus grand profit du Canada, comme de celui des habitants qui y prennent part.

Il y a dix ans, on comptait dans l'endroit une population de 2,208 habitants, dont 418 étaient canadiens-français. Aujourd'hui, la population s'élève à 3,152 âmes, dont 566 habitants sont canadiens-français ; formant une augmentation de 941 personnes, en 10 ans, dont 148 sont canadiennes-françaises.

En 1851, on évaluait à 11,134 acres le terrain mis en état de culture, lequel avait produit 46,128 minots de grains et 23,229 minots de patates et navets, formant en tout 69,357 minots. Le recensement de 1861 fait voir qu'il 'y a actuellement 15,947 acres en culture, ayant produit 120,186 minots de grains et £6,906 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 217,092 minots. Ces chiffres établissent donc une augmentation de 4,813 acres de terre nouvelle, et un surplus de 74,058 minots de grains et 73,681 minots de patates et navets, formant en tout 147,735 minots, en dix ans !

Aujourd'hui, la valeur de la propriété foncière du canton Durham s'élève à $439,525 ; celle des instruments agricoles à $16,917, et le bétail, à $113,768.

Parmi les produite de la ferme figurent 109,767 lb&. de beurre, et 55,433 lbs. de sucre. Dans la récolte de 1860 se trouve le blé, qui compte pour 16,223 minots. Le foin récolté «'élève "à 2,749 tonneaux.

Plusieurs chemins traversent ce canton ; mais les deux routes qui suivent sont toutes récentes, savoir : —

Un chemin, qui part de la station du chemin de fer, conduisant au canton Eiy, partie nord, après avoir traversé la pointe sud-est du canton Acton, qui est un magnifique coteau de bois franc. Le terrain que traverse cette route est de •qualités diverses, dit M. Leighton, conducteur des travaux, généralement bon et couvert de bois franc sur les hauteurs et de cèdre et d'épinette dans les bas-fonds. Depuis quelques .années il s'est formé sur cette route plusieurs établissements qui paraissent être en voie de prospérité. De très grandes quantités de pin et d'épinette rouge ont été enlevées dans ce canton ; jnais d'après le rapport de M. Leighton il paraîtrait qu'il reste

me ÉTUDE. — COMTÉ DE DBTJMMOND. 213

encore assez de ces qualités de bois pour les besoins futurs des habitants de cette localité.

L'autre route part également de la station du chemin de fer de Dnrham, en traversant ce canton et celui de Wickham,

Îour. aboutir à Drammondville, situé sur la rivière Saint- 'rançois, dans le canfbn Grantham.

Tout le terrain traversé par cette route est en partie déjà établi.

On a découvert dans le canton Durham des indices de mines de cuivre qui vont être incessamment exploitées. M. Joseph Yule, propriétaire d'une mine de cuivre dans le 7e rang, municipalité de l'Avenir, vient de vendre sa propriété à la Compagnie des mines de Durham pour la somme $4,700, avec privilège d'exploiter la partie cultivable de la terre durant encore deux années.

Une paroisse nouvelle commence aussi à se développer dans la partie sud du canton Durham, laquelle renferme une population d'environ 900 âmes, moitié canadienne-française et moitié d'origine étrangère. Cette mission est placée sous le titulaire de Saint-Fulgence et possède une chapelle de 36

Ïrieds sur 30, construite dans le 10e rang du canton, près de a station du chemin de fer. C'est M. le curé de Saint- André d'Acton qui est chargé de cette desserte.

Kingtey. — Ce canton se trouve 6itué à l'Est de la rivière Saint-François, vis-à-vis Durham, borné au nord-ouest par le canton Simpson, au sud-est par Shipton et au fond par Warwick. La qualité du sol varie quelque peu. Le front et le côté qui avoisine Shipton sont de la meilleure qualité, et propres a toutes espèces de grains ; la forêt de cette moitié du canton est composée de hêtre, bouleau, érable, noyer, bois blane et chêne ; l'antre partie adjacente à Warwick et à Simpson, est basse et marécageuse, couverte en cèdre, pruche blancne et antre bois semblable. Plusieurs branches de la rivière Nicolet arrosent assez avantageusement la contrée.

On compte aujourd'hui deux florissants villages dans Kingsev : celui des Chutes, sur la rivière Saint-François, et Saint-Félix, situé sur la branche S.-E. de la rivière Nicolet,. dans la partie Est du canton. Cette dernière paroisse, qui est très considérable, renferme une population presqn'exelusive*ment canadienne-française, une église, et un presbytère occupé par un prêtre résident. Il existe 9 écoles instruisant 260» enfants.

Il y a dix ans, on comptait dans Kingsey 2,262 âmes» dont

1,184 habitants étaient d'orîgine canadienne-française ; aujourd'hui, le chiffre de la population de ce canton s'élève à 2,403 habitants dont 1,148 sont canadiens-français. Comme on voit, le mouvement de la population a été nul durant ces dernières dix années, puisqu'on ne compte aujourd'hui qu'une si faible augmentation sur le chiffre* de 1851. Le mémo recensement de 1861 établit, en outre, que les franco-canadiens ont diminué de 36 âmes durant cette même période.

Quant aux développements agricoles, ils sont assez satisfaisants, comme on va le voir. En 1851, on évaluait à 11,352 acres le terrain mis en état de culture, qui avait produit 53,154 minots de grains et 22,414 minots de patates et navets, formant en tout 75,568 minots. Aujourd'hui, on compte 15,069 acres de terre en culture, ayant produit 91.891 minots de grains et 66,991 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 157,882 minots.

Ces chiffres établissent donc un augmentation 'de 3,717 acres de terre nouvelle et un surplus de 82,314 minots de grainset patates, étant le travail de dix ans. Cependant, la récolte du olé a diminué de près d'un quart durant cette même période. La récolte de 1851 tut de 10,792 minots, tandis que celle de 1860 ne s'élève qu'à 8,332 minots, formant une diminution de 2,460 minots.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $375,570 ; celle des instruments agricoles à $13,729, et le bétail à $83,354.

Parmi les produits de la ferme se trouve 54,239 Ibs. de beurre et 27,597 lbs de sucre, confectionnés durant l'aimée 1860, dans le seul canton de Kingsey.

La récolte du foin de cette même année, s'élève à 2,140 tonneaux.

Une route nouvellement tracée s'ouvre dans la partie Est du canton, laquelle part du chemin de Danville, sur le lot No. 11 du 10e rang de Shipton. Cette route servant de chemin de front dans le 6c rang de Kingsey, traverse les lots Nos. 21, 22, 23 et 24, et ensuite se dirige à travers les 6e, 7e, 8e et 9e rangs. Le terrain par où passe ce chemin est en certains endroits sablonneux, et en d autres de terre forte, couvert de bois mêlé ; l'ouverture de cette route aura pour effet de donner accès à une certaine étendue de terrain encore vacants et pouvant offrir de grands avantages à la colonisation. Il existe un superbe pouvoir d'eau, entr'autres, au centre de cette ligne de chemin. MM. Cassidy et Marston, conducteurs de ce chemin, disent dans leurs rapports de 1860 que le bois a été

m* ÉTUDE.— COMTÉ DE MKJMMOND. 215

«omrae ailleurs exploité dans ce canton, mais qu'il en reste une quantité suffisante pour les besoins futurs des colons.

Simpson. — Ce canton est voisin de Kingsey, au nord, et comme ce dernier situé sur la rive Est de la rivière Saint- François. Pour la même cause exprimée touchant la colonisation des terres du canton Stoke, les développements de celui-ci subissent le même effet ; c'est-à-dire qu'autrefois ces terres furent accordées aux officiers et soldats de la miliee canadienne, qui servaient durant le blocus de Québec, en 1775 et 1776, et que conséquemment ces terres sont devenues la

Propriété de grande Seigneurs qui, 6ans doute, ont bien 'autres choses à penser que de faire coloniser les cantons de l'Est 1

H y a dix ans, on ne comptait encore dans l'endroit que 12 familles ou 87 habitants, dont 62 étaient canadiens-français et 25 d'origine britannique. Aujourd'hui, cette population ne s'élève encore qu'au chiffre de 87 familles ou 271 habitants tous d'origine canadienne-française à l'exception de 27

Îersonnes. C'est done une augmentation de 25 familles ou 84 âmes, en dix ans, oà l'origine britonnique ne compte que pour deux âmes.

La population de Simpson est desservie par M. le Curé de Saint-Frédéric de Dru mmond ville, paroisse située sur l'autre côté de la rivière Saint-François, en face du canton qui nous occupe.

Le terrain du canton Simpson est bas et uni, mais très favorable à l'agriculture. Plusieurs branches de la rivière Nicolet, et autres petits courants, arrosent très bien la contrée et offrent d'excellentes situations pour y construire des moulins.

Les défrichements qui s'élevaient à 430 acres, il y a dix ans, avaient produit 1,975 minots de grains et 543 mînots de

Satates et navets en 1851, en tout 2,518 minots et 42 tonneaux e foin. Le recensement de 1861 constate qu'il y a maintenant 871 acres de terre en état de culture ayant produit 5,381 minots de grains et 605 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 5,986 minots et 98 tonneaux de foin.

Ces ealculs établissent donc que les défrichements ont augmenté de 441 acres et les récoltes de 3,468 minots de

{jrains et 56 tonneaux de foin. Dans cette augmentation de a récolte des grains, on remarque que c'est l'avoine qui a formé ce surplus, puisque le blé, comme les patates, n'ont

216 COLONISATION DU BAS-OArfADA*

nullement augmenté la somme des récoltes durant ce dernier intervalle de dix années.

La valeur des défrichements, bâtisses, etc., s'élève aujourd'hui à $32,506.

Le bétail* qui se compose de 70 bœufs, 53 vaches laitières, 65 veaux et génisses, 35 chevaux et 110 moutons, est évalué à $3,512.

Outre le chemin qui longe la rivière Saint-François, dans Simpson, il existe, paraît-il, une autre route qui mène au fleuve, passant à travers Simpson, Wendover, et partie de l'augmentation d' Aston, pour tomber dans le chemin qui conduit à Saint-Grégoire, vi6 à-vis de la ville des Trois- Rivières.

Wïc&ham. — En traversant de nouveau à l'ouest de la rivière Saint -François, on se trouve dans le canton Wickham, situé vis-à-vis de Simpson, entre Durham et Grantham, et Acton au fond. Le terrain, près de la rivière et en tirant vers le nord, s'élève graduellement et renferme un sol' d'une bonne qualité, propre à la culture de toutes espèces de grains; quant à l'intérieur et au fond du canton il est marécageux et moins propre à la colonisation. Le bois de construction consiste en chêne, pin, érable et hêtre, tous d'une belle venue ; dans l'intérieur se trouve du cèdre en abondance arnsi que de la

S ruche blanche et de la saçinette. H n'y a pas d'autres cours 'eau que de très petits ruisseaux. Les meilleures terres sont en. front de la belle rivière Saint-François qui, par ses détours nombreux, arrose complètement bien cette partie du canton.

Bien que la plus grande partie des terres de ce canton soit la propriété d'un grand propriétaire, cependant la colonisation a pris un assez heureux développement dans l'endroit durant ces dernières dix années.

En 1851, on portait le chiffre de la population résidente à 86 familles ou 574 habitants, dont 192 étaient d'origine canadienne- française ; le recensement de 1861 fait voir qu'il y a aujourd'hui 121 familles ou 856 habitants, dont 303 sont canadiens-français. C'est donc une augmentation de 282 Ames presqu'au profit seul de l'origine française.

Il y a dix ans on comptait 2,925 acres de terre en état de culture, ayant produit 12,964 minots de grains et 8,884 minots de patates et navets, formant en tout 21,848 minots ; le recensement de 1861 évalue les défrichements à 3,866 acres, ayant produit 23,713 minots de grain et 28,275 minots de patates et navets, formant en tout 51,98s minots ; formant

m1 ÉTUDE. — COMTÉ D& DBtJMMOND. 217

une augmentation de 941 acres de terre nouvelle et un surplus de 10,749 ininots de grain et 19,391 minots de patate» et navets, en tout 30,140 minots, outre 325 tonneaux de foin.

Parmi les produits domestiques on compte 20,363 lbs. de beurre, 400 lbs. de fromage et 22,778 lbs. de sucre, le tout confectionné durant Tannée 1860.

• La valeur actuelle de la propriété foncière de Wickham s'élève à (123,860 ; les instruments d'agriculture à $4,084 et le bétail à $21,127.

Il y a une chapelle construite dans le canton, et la population est desservie par M. le Curé de Drummondville.

Cinq écoles sont ouvertes, fréquentées par 152 enfants.

Outre la route de Drummondville conduisant à la station du chemin de fer de Durham, qui passe à travers ce canton, il y a aussi un chemin qui commence au centre du lot Ko. 8, au grand chemin de Wickham, traversant les 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, lie et 12e rangs jusqu'à la ligne qui divise "Wickham et Acton, destiné à ouvrir une communication entre les deux cantons jusqu'à la voie ferrée d' Acton. M. Brady, conducteur des travaux de ce chemin, dit dans son rapport de 1860 qu'on ne trojive point de carrière de pierres à chaux dans les environs du cnemin, mais qu'on voit dès indices certains de mines de fer et de cuivre dans Wickham.

En effet, le journal français des cantons de l'Est, le Défricheur, annonce dans son numéro du 22 janvier 1863 qu un nommé Timmons, de Wickham, a vendu dernièrement sa terre $7,600, argent comptant, à une compagnie de capitalistes qui se propose d'exploiter sur une grande échelle, au printemps, le minerai de cuivre qui s'y trouve. Cette compagnie donne aussi avis dans la même feuille qu'une application sera faite à la législature, dans la prochaine session, pour demander la passation d'un acte pour incorporer la dite u Compagnie des Mines de Wickham.

On rapporte que les mines de cuivre de ce canton ne le cèdent à aucune autre dans le pays, tant par la richesse que par l'étendue qu'elles occupent, et qu'une Société Américaine vient d'acheter d'autres mines dans Wickham au montant de $200,000.

Grantham. — Ce canton est situé entre Wickham et TJçton, sur la rive Ouest de la rivière Saint-François. Le sol, qui est bon presque partout, est élevé sur les bords de la rivière, mais, coupé par plusieurs ravines profondes ; dans d'autres direction» il est beaucoup plus bas, et très uni. Les hauteurs ou collines

Î18 , CX>LOMBJLTÎON DIT BAA*CAirJU>A.

sont composées d'une marne jannâtre on noirâtre snr un fond de sable ; ailleurs, il est imprégné d'une'plus grande quantité de sable, toutefois, la terre est favorable à toutes espèces de culture. Le bois consiste en bouleau, pin, érable, orme, hêtre et bois blanc, sur les terres qui a voisinent la rivière ; et en eèdre, sapin, épinettc et autre bois mou dans les parties inférieures. La rivière Noire ainsi que d'autres courants arrosent très convenablement la contrée et oflrent plusieurs pouvoirs d'eau excellents qui 6ont exploités avec avantage.

Ce canton renferme aujourd'hui deux belles paroisses: Saint-Frédéric de Dr ummond ville et Saint-Germain de Grantham, possédant chacune un prêtre résident.

La première renferme une population totale de 800 Âmes, dont la moite environ forme le beau village de Drummondville, ©itué sur la rivière Saint-François, à une égale distance du fleuve Saint-Laurent ou de Richmond, soit environ 24 milles. Ce village, qui est l'un des plus anciens des cantons de l'Est et le chef lieu du comté, possède deux Instituts Littéraires, dont l'un fut fondé il y a quelques années par les habitants d'origine britannique, et l'autre établi tout récemment par les eanadiena-français, sous le nom d'Institut Littéraire de Saint- Jean-Baptiste de Drummondville. Ce village ne renferme donc qu une population d'environ 400 âmes, comme je viens «de le mentionner.

L'autre paroisse, celle de Saint-Germain, renferme une population de 1,595 habitants, tous d'origine canadiennefrançaise, et possède une église d'environ 100 pieds sur 48, située vers le milieu du 7e rang de Grantham. Un prêtre y réside depuis l'automne de 1859.

Comme les statistiques relatives à ces deux paroisses se trouvent réunies en un seul état, dans le recensement de 1861, Je me vois contraint de n'offrir que l'ensemble des développements du canton entier.

En 1851, la population des deux paroisses sus-mentionnées s'élevait à 1,401 âmes dont 972 habitants étaient d'origine canadienne-française, possédant 3,718 acres de terre en état de culture qui avaient produit 14,220 minots de grains et 7,488 minots de patates et navets, formant en tout 21,708 minots. Le dernier recensement démontre que le chiffre actuel de la population est de 2,395 habitants dont 1,945 sont canadiens-français, possédant 7,378 acres en culture qui ont produit 41,637 minots de grains et 39,061 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 80,698 minots.

C'est donc une augmentation de 994 âmes, en dix ans, au

uf faims. — oohtê de detjmmond. 21$

Srofit seul de l'origine canadienne-française, et d'un surplus e 3,660 acres de terre nouvelle, ayant produit 27,417 minots de grains et 31,573 minots de patates et navets, formant nu total augmenté de 58,990 minots.

La récolte' dn foin de 1860 a été de 803 tonneaux.

La propriété foncière du canton entier est estimée à $338,714 ; la valeur des instruments d'agriculture à $12,732, «t celle du bétail à $45,120,- formant un total de richesse de $396,566, outre les produits récoltés.

Parmi les produits seuls de l'industrie, figurent 22,586 Ibs. de beurre et 18,337 Ibs. de sucre d'érable, confectionnés durant l'année 1860.

Quatre écoles sont établies dans Saint-Germain, fréquentées par 168 enfants ; et sept dans Saint-Frédéric, instruisant 204 élevés.

Outre les divers chemins qui se croisent dans les deux

Î>aroisses renfermées dans le canton Grantham, se trouve aussi e chemin de Drumraondville conduisant à la station de Saint- . Chrystophe d'Arthabaska «t formant une longueur do 32 milles. Ce chemin part de la rivière Saint-François et traverse les cantons Wendover, Horton, Warwick et partie d'Arthabaska, jusqu'à la station du chemin de fer.

Upton.-*- Ce canton est d'une forme irrégulière et s'étend le long des limites des seigneuries du comté cï'Yamaska, jusqu'à la rivière Saint-François. La rivière David et le ruisseau des Chênes arrosent aussi cette contrée. Le terrain est bas et uni, et d'une assez bonne qualité.

Ce canton est divisé en deux parts : l'une appartient au comté de Bagot, et l'autre à celui de I>rummond.

Dans la partie du canton appartenant à ce comté, se trouve la paroisse de Saint-Guillaume, qui renferme une population de 2,216 âmes, laquelle est desservie par un prêtre qui y réside. Une autre paroisse nouvelle se développe aussi dans cette partie du même canton, ayant pour titulaire Saint- Bonaventure, également desservie par le même • Curé, et renfermant une population toute canadienne-française de 726 âmes. On vient d'entreprendre dans cette mission la construction d'une église en bois qui aura 86 pieds sur 44. Elle doit être élevée, sur le lot n° 10 du 4e rang du dit canton.

Comme les chiffres de ces deux centres de population se trouvent réunis dans une même colonne dans les pages des recensements du pays, je me vois empêché d'offrir des statistiques particulières à chacun de ces groupes qui, pourtant,

auraient été d'un immense intérêt pour le temps et pour l'avenir, dans l'étude plus détaillée des développements de ces nouvelles paroisses, a en juger par les progrès considérables qui ont marqué ces dernières dix années.

En effet, on comptait dans la partie du canton qui nous occupe, une population de 2,184 âmes, en 1851, dont 2,068 habitants étaient d'origine canadienne-française, possédant 5,197 acres de terre en culture, qui avaient produit 26,320 minots de grains et 2,921 minots de patates et navets, formant en tout 29,241 minots. Le recensement de 1861 constate une population de 2,942 habitants, tous d'origine canadiennefrançaise à l'exception de trois personnes, possédant 9,243 acres en état de culture, qui ont produit 77,223 minots de grains et 24,965 minots de patates et navets, en 1860, formait en tout 102,188 minots, outre 714 tonneaux de foin et 774 lbs. de tabac.

Ce résultat démontre donc une augmentation de population de 758 âmes, toute au profit des canadiens-français, et un surplus de 4,046 acres de terre nouvelle et de 50,903 minots de grains et 22,047 minots de patates et navets, formant en tout 72,947 minots. Tout cela est l'œuvre des dernières dix années, comme je viens de le dire.

Dans la récolte des grains, le blé figure pour 18,895 minots ; et dans les produits de l'industrie se trouve le beurre, qui compte pour 17,938 lbs. et le sucre, pour 24,400 lbs, le tout récolté en 1860.

La valeur de la propriété foncière d'Upton s'élève aujourd'hui à $527,106 ; les instruments d'agriculture à $10,160, et le bétail à $55,295.

On cohipte 6 écoles, fréquentées par 300 enfants, dans les deux centres ci-dessus mentionnés, savoir : St. Guillaume, 4 écoles instruisant 242 enfants, et St. Bonaventure, 2 écoles fréquentées par 58 élèves.

Outre plusieurs chemins qui traversent ce canton, il y a une route nouvelle qui ouvre une voie de communication facile entre la rivière Saint-François et une autrç route dans Saint-Bonaventure, conduisant à Drummondville.

Wendover. — Ce canton est borné en front par la rive orientale de la rivière Saint-François, vis-à-vis Granthara, au sud-est par Simpson, au nord-ouest par la seigneurie de Courval et l'augmentation de Nicolet, et an fond par Aston. Le sol varie beaucoup en qualité ; ce sont les terres situées près de la rivière qui sont les meilleures ; à peu de distance de

U& fcrtJDE.— COMTÉ DE DETJMMOND. 221

là, le terrain s'abaisse graduellement et forme des marais bas et profonds où le sol consiste principalement en sable et en gravier janne. Cette qualité de terrain s'étend sur presque tont le reste de l'entendue du canton et même jusque dans Aston où le terrain est submerge le printemps. Sur les hauteurs le bois consiste en érable, bouleau, hêtre et pin ; dans les bas-fonds c'est de la sapinette. Les deux branches de la rivière Nicolet et ses tributaires qui traversent ce canton l'arrosent très bien dans toutes ses parties.

Le mouvement de la population, comme l'augmentation des défrichements, a fait peu de progrès durant ces dernières dix années. Il y a dix ans on comptait dans l'endroit 27 familles ou 216 personnes dont 153 étaient d'origine canadienne-française ; d'après le iecensement de 1861, il y a aujourd'hui 54 familles ou 337 habitants dont 262 sont canadiens-français, formant une augmentation de 121 âmes, presque au profit seul de la race française.

Les défrichements, qui s'élevaient à 609 acres en 1851, ayant produit 2,281 minots de grains et 1,240 minots de patates et navets, en tout 3,521 minots, étaient de 1,055 acres, en 1860, ayant produit 6,803 minots de grains et 6,751 minots de patates, formant en tout 13,554 minots.

Ces chiffres établissent donc une augmentation de 446 acres de terre nouvelle, en dix ans, et un surpins de 4,522 minots de grains et 5,511 minots de patates, en tout 10,033 minots. Ce faible résultat, très certainement, ne correspond pas au chiffre de la population, puisque chaque chef d'établissement n'a guère défriché plus que trois-quarts d'un arpent chaque année, en répartissant le travail également entre tous les occupants de terres, dans ce canton. Il est bien vrai, que cette augmentation de population a pu se faire dans les dernières années de l'époque décennale qui nous occupe ; alors ce cas suffirait pour diminuer la sévérité de ma remarque, mais ne pourrait pas toutefois la faire réjeter complètement Quoiqu'il en soit, la propriété foncière de Wendover est estimée à $69,000, et le bétail à $6,705.

Cette population est desservie par M. le Curé de Drummondville.

222 coLowiBATwen pr has-caum.

COUP-D'ŒEL

SUS L EKSEHBLE PB» V&>rj£U>mmXSl* DES CASTO9» U itar.

Des amis intéresses à la colonisation des Cantons de l'Est m'ayant exprimé le désir de lire dans ees pages un aperça sommaire de l'étendu des progrès qu'a faite la colonisation dans ces cantons, durant ces dernières dix années, je m'empresse de me rendre à ce désir si légitime et si bien inspiré, en groupant à cet effet les quelques statistiques qui vont suivre.

Il y a vingt-cinq ans, vers le temps où la Société de la Propagation de la Foi commençait à s'établir au milieu de nous, deux ou trois prêtres desservaient toute cette vaste étendue de pays qui se déroule depuis la rivière Chaudière jusqu'au delà de la rivière Saint-François, près du Voisinage des terres des seigneuries situées à l'Est de la rivière Richelieu, qwe noua verrons dans la prochaine Etude.

A peine cotte sublime Association eut-elle fonctionnée quelques années, que déjà elle s'empressa de secourir les missions pauvres du pays, en fournissant les moyens de bâtir les chapelles et de placer des Prêtres dans les localités qui, •ans cette aide providentielle, seraient restées encore longtemps privées des consolations de la religion, et auraient langui matériellement aussi bien que spirituellement ; car, comme l'observe si judicieusement le rédacteur des Rapports sur les Missions du Diocèse de Québec, du moment qu'un prêtre arrive dans une mission pour y fixer sa résidence, les choses changent de face, et une amélioration sensible se produit dans l'aspect moral et matériel du canton. La religion vient poser un cachet de stabilité sur l'existence de l'établissement ; les anciens habitants reprennent courage, et de nouveaux colons sont attirés J?ar l'espérance de pouvoir élever chrétiennement leurs enfants, et de participer eux-mêmes aux secours de la religion.

Grâces aux encouragements donné par l'Association de la Propagation de la Foi, la population canadienne commença peu à peu à s'attacher plus Fermement au sol que par le passé, et se développa assez considérablement. Au commencement

m9 ÉTUDE. — A7EBÇU SOMMAIBE, ETC. 223

de l'année 1852 on comptait déjà quatorze Prêtre» établis dans les cantons de l'Est, dans cette partie du territoire alors renfermée dans le diocèse de Québec, outre huit Prêtres établis dans les cantons situés dans les limites du diocèse de Montréal, à l'ouest de la rivière Saint-François, formant en tout vingt-deux missionnaires.

A cette époque, les six grands comtés de Sherbrooke^ Btanstead, Shenord, Missisquoi, Drummond et Mégantic gui formaient le territoire en question, renfermaient une population de 13,184 familles cultivant la terre, ou 94,285 âmes, ainsi composée :

Angleterre et Pays de Galles, 2,831 âmes.

Ecosse,. . : 3,040 "

Irlande, 7,716 «

Etats-Unis, 8,755 "

Autres pays, 134 "

Anglais, nés dans le pays, 37,743 "

Canadiens-français, 34,066 "

Population totale en 1851 94,285 âmes.

Vers 1854, les cantons de l'Est furent organisés en douze comtés, savoir : Missisquoi, Brome, Stanstead, 8hefford,Bagot, que nous apprécierons dans la prochaine Etude, (le canton Acton et partie d'Upton doivent seuls figurer ici, les autres paroisse» du comté Bagot ne faisant point partie des cantons de l'est), Drummond, Arthabaska, Richemond,Wolfe, Compton, fieauc» (c'est-à-dire les cantons Adstock, Aylmer, Doreet, Forsyth, Gayhurst, Jersey, Lambton, Linière, Marlow, Priée, Shenley et Tring) et Mégantic.

D'après le recensement de 1861, on compte dans ce même territoire unp population de 18,189 familles, ou 139,885 âme» ainsi classée :

Angleterre et Pays de Galles, 2,562 âmes*

Ecosse, 3,030 "

Irlande, 6,105 "

Etats-Unis, 8,673 "

Autres pays, •...,.. 427 "

Anglais, nés dans le pays, 51,893 "

Canadiens-français, 67,195 "

Population totale en 1861 139,885 âmes.

224 tX)L0NI8ATÎ0N DIT BA8-CÀNÀDÀ*

Ces calculs démontrent donc un surplus de population de 5,005 familles ou 45,600 âmes, durant ces dernières dix années. Ces chiffres établissent aussi que les anglais, nés hors du pays, ont diminué de 269 personnes, durant la môme période ; les écossais, 10 âmes ; les irlandais, 1,611 âmes, et les américains de 82 personnes, en tout 1,972 âmes. L'augmentation susdite est donc ainsi partagée :

Canadiens-Français » 33,129 âmes.

Autres origines, nés dans le pays. 14,150 âmes, Venant de pays étrangers 293 "

En tout 14,443 «

Moins. — Population Britan. diminuée, 1,972 "

Augmentation totale 45,600 âmes.

L'état moral et spirituel des populations n'a pas été négligé non plus par les autorités religieuses, protestantes et catholiques, durant ces dix années.

Quant au culte catholique, il compte un grand nombre d'églises ou chapelles construites durant cette dernière époque décennale. D'après le Calendrier de 1861, il y a dans les cantons de l'Est 39 Cures ou Missions donnant asile à quaranteneuf Prêtres qui se dévouent à l'œuvre des missions pour le plus grand bien spirituel des âmes et l'avancement moral et matériel des intérêts du pays, suivant que je l'ai déjà exprimé.

Voici, toutefois, le tableau comparé des Cures établies dans les cantons de l'Est, eif 1851 et 1861, possédant un on plusieurs prêtres qui desservent également un nombre aussi considérable d'autres missions que je ne puis mentionner

m* £ttjde. — aperçu sommaire, etc.

Vantont ou Parowea* Prêtres.

St Sylvestre, 2

Somerset- „ l

Stanfold.

Kingsey « M 1

Qrantham , 1

fturham ...... 1

Upton St. Guillaume, 1

Hilton

RoztoD « 1

8tuckely •• l

Granby „ 1

Farnham » ». 1

Sfcanbridge Stanstead ».

43herbrooke.

Shipton

Lac Aylmer.... ,....». .«. 1

Lambion - 1

Tring

Canibon* ou Parvistet.

Prêtné.

St Sylvestre..

Somerset i

Halifax. {

Stanfold

Arthabaska j

Ch ester

Warwick .....

Bulstrode

Kingsey

Grantham

Ste Julie

St. Calixte M

Ste. Sophie

St. Ferdinand...

St Eusèbe

St. Norbert

St. Christophe*

St. Paul

St. Médard

St. Valère

St. Félix

St. Frédéric de

Druramondville

St. Germain.. .«

Hilton

~ , f Si. Gaillaume...

Upton |gu Ephrem

Acton. ....... St. André..

f St. Valérien

\8te. Cécile*

Ely ... St. Joseph

Roxton St. Jean Baptiste

Stuckeiy. N. D. de Bon-Secours.

Granby. Sacré Cœur de Marie..

Farnham. ... St. Romuald

Dunham- Ste. Croix

Standbridge... N. D. des Anges.

Bolton «... St. Etienne

Stanstead. Sacré Cœur de Jésus.

Compton. St. Thomas d'Aquin.

Ascot SU Michel (Sherbrooke).

Shipton. ...... Ste. Bibiane

Tingwick ... St. Patrice...

Wotton St. Hypolite

Lac Aylmer* St. Olivier....,...,

Lambton*.... St. Vital

Forsyth St. Evariste.......

Tring St. Victor

Broughton... St Pierre

Leeds ..'....... St Jacques

2 i Cures.

22 Ptrs.

39 Cures.

49 Ptrs.

Cet aperçu plein d'intérêt doit nous engager plus fortement encore à nous agréger dans cette pieuse et grande Association de la Propagation de la Foi, qui sait opérer de. si étonnants

226 COLONISATION Dr BA8-CJUJÀ0À. .

résultats, et dont la mission est d'aider en ce pays 2 I» construction des chapelles et an soutien des missionnaire» durant les premières, années. Qui pourrait croire qu'avec la légère aumône d'un sou par semaine versée par les iidèles des différentes paroisses du pays on put accomplir tant de bien* Que- notre cri de ralliement soit donc celui-ci : Au gouvernement d'ouvrir les route», et à l'Œuvre de la Propagation de 1» Foi d'aider à la construction des chapelles et de donner l'assistance des secours religieux aux habitants qui ouvrent le pays.

Mais pour cela, je le répète, il faut le concoure de tons ; car n'aurions nous pas le droit de dire à tous ceux qui regrettent si justement le départ de nos jeunes et robuste»

i'eunes gens pour les Etats-Unis, ou qui se proclament si souvent es soutiens ou les amis de la colonisation : " Vous pourriez faire plus que de gémir ou de faire mousser si haut votre patriotisme : vous pourriez vous adjoindre à noue dans F Œuvre de la Propagation de la toi, et donner un sou par semaine pour contribuer à fixer vos compatriotes sur leur sol natal. " C'est là le puissant nerf de la colonisation ; il est plus effectif que les plus belles paroles, et servira mieux la cause de la colonisation du pays*

En 1851, on comptait dans les cantons de l'Est 431,193 «cres de terre en état de culture qui avaient produit ;

270,894 minots Blé,

41,479 " Orge,

50,677 " Seigle,

41,828 " Pois,

785,955 " Avoine,

155,478 ** Sarrazin,

84,540 " Blé-d'Inde

Total du grain. .1,430,851 minots.

636,751 " Patates* 127,660 " Navet»,

Formant en tout 2,195,262 minots, à part 148,809 tonneaux de foin et les pâturages.

Le recensement de 1861 constate qu'il y a atrjourcPbmi

ni* ÉTUDE. — 4PEEÇU SOMMAIRE, ETC. 227

731,305 acres de terre en état de culture qui ont prodoit en 1860 :

295,130 minots Blé,

Orge,

Seigle,

Pois,

Avoine,

Sarrasin,

Blé-d'Inde,

3,157,894 minots.

2,101,632 " Patates, 408,875 " Navet».

Formant en total 5,668,401 minots, outre les pâturages et 160,757 tonneaux de foin.

Ces chiffres établissent une augmentation de 299,113 acres de terre neuve préparés durant ces dernières dix années, et un surplus de 1,727,043 minots de grains et 1,746,096 minots de patates et navets, formant en tout 3,473,139 minots, et 11,948 tonneaux de foin, étant la récolte de 1860.

Voici quelle fut la quantité des principaux produits de l'industrie réalisée durant les années 1851 et 1861 respectivement.

1851. 1861. Augmentation.

8ucre d'érable, 1,638,964 tt> 3,116,909 fe.~. -1,477,945 1b.

Beurre,- ~ 1,757,026 1b 3,711,780 H>- 1,954,754 lb.

Fromage,- 504,2661b 516,077 1b - 11,8111b.

La propriété territoriale se classe ainsi, dans chacune. des périodes sus-mentionnées :

1851. 1861. Avgmentation.

Acres de terre possédés, 1,214,736 acres... 1,9 18,7*3 acres...- 764,030 acres.

" en culture, 434,192 " 731,305 " 297,113 "

" en forêt, 780,544 " 1,187,461 «« 406,917 "

La richesse actuelle des cantons de l'Est peut se résumer comme suit :

Valeur de la propriété foncière, $28,011,665.00

44 des instrumenta aratoires 795,718.00

" du bétail, 4,446,880.00

'* des voitures d'âgé ment, 550,397 00

14 des jardins, etc 9S,8'0.00

Valeur des produits agricoles de 1860 $3,954,794 00

11 des principaux produits de l'industrie, 809,163.00

Formant une richesse totale de ~ «...«. $33,667,457.00

égale à environ $240.70 par tête où $1,850.80 par chaque famille, répartie également sur toute la population.

Le temps ne me permet pas de parler des usines, manufactures, moulins, produits de lainage, etc., qui figurent pour une Bommc très élevée.

Tel6 sont les cantons de l'Est I

A la vue des progrès si rapides de la colonisation comme •du bien-être qui a résulte des paisibles travaux de cette population si mélangée d'origine, de langue et de religion, nous ne pouvons voir sans indignation les efforts que font certains journaux anglais ou autres influences personnelles pour troubler l'ordre et l'harmonie chez cette population des Cantons de l'Est, en créant dans l'esprit public des préjugés de race et de religion. Ce désordre dans la société peut a mener de graves conséquences et causer la ruine du pays.

Comme T'observe si judicieusement M. Chs. de Cazes, membre du comté de Wolfe, dans un remarquable écrit sur l'antagonisme de Races et de Religion : " Dieu ne nous a point placés ici, tous ensemble, pour nous faire la guerre les uns aux autres. Il nous y a appelés, pour que chaque nationalité donnât toute son intelligence, tout 6on dévouement, toute son énergie au développement et au progrès de ce beau pays, dont il nous a confié les destinées. Aucun de nous n'a été à même de choisir son origine. Dieu nous a fait naître où bon lui a semblé. Pourquoi donc nouririons-nous une haine mutuelle, et serions-nous pris delà rage de nons entre-détruire ? Est-ce parce que nous ne sommes pas tous sortis du même pays ou nés à'l'ombre du même drapeau ? La Providence a eu ses desseins en le voulant ainsi. Remercions-le donc, et vivons comme de bons frères, en nous aimant et en priant pour les uns pour les antres. "

Ces bons sentiments, puisés dans le christianisme, est le m Manifeste particulier de la nationalité canadienne-française et le principal article de sa foi religieuse. Nous défions les ennemis de la paix et de la race française en ce pays, de produire une seule accusation fondée contre le non-accomplissement de cette sublime doctrine, que les protestants sincères et généreux observent comme les franco-canadiens.

Sous avons vu avec un égal dégoût l'ignorance de certains personnages se produire dans les brochures destinées à servir de catalogue pour la vente des terres dans les cantons de l'Est au profit de grands capitalistes. La sagesse aurait dû suggérer à ces perturbateurs de l'ordre social qu'il n'était pas «opportun pour eux de faire des appels aux préjugés de religion

te

me ÉTUDE.— APERÇU SOMMAIRE, ETC. 229

et de race, ou d'attaquer les institutions catholiques du pays* qui ne leur font aucun mal, pour le profit d'une Société commerciale en commandite ou pour servir la cause d'nno secte religieuse quelconque. Erreurs d'intelligence ou de cœur que nous combattrons partout pour le plus grand*bien général du pays.

Pour plus d'éclaircissements, voici un extrait reflétant les lumières et connaissances de ces messieurs :

" Nous n'hésitons pas à dire que l'établissement des

Townships de l'Est par une population anglo-saxonne est

une des plus importantes questions politiques du jour en ce " qui regarde tout le Canada.

" Des efforts considérables et incessants sont faite par les " autorités catholiques pour étendre la colonisation des " townships par des canadiens-français. On dit même que les " riches institutions catholiques de la Province avancent des " sommes considérables pour favoriser la colonisation.

" On forme ajinsi des paroisses et la conséquence immédiate " est l'établissement de la dîme compnlsoire sur tous les colons " présents et futurs pour le soutien de la religion catholique,

" Si les protestants et les anglo-saxons ne font pas d'efforts, " les Townships de l'Est, qui sont maintenant une colonie " protestante, deviendront aussi français et aussi catholiques " que les autres parties du Bas-Canada. "

Ces lignes renferment autant d'ignorance que de mauvaise foi.

D'abord, il n'y a pas d'autres " riches institutions catholiques de la Province avançant des sommes considérables pour favoriser la colonisation, " que celle de l'Association de la Propagation de la Foi dont j ai parlé plus haut, puisant ses moyens dans les aumônes offertes par les associés, et dont le seul rôle est de pourvoir aux besoins du culte religieux dans les nouveaux établissements. Les sociétés bibliques protestantes sont formées pour le même besoin religieux, et personne n'y trouve à redire, pas plus qu'à l'établissement de cette: vaste " société pour la promotion et le soutien des intérêts protestants dans ce pays en rapport avec la colonisation, et dont le projet de constitution a pan; dans la Québec Gazttis du 27 octobre 1862.

Quant à la dîme compnlsoire, c'est un mauvais rêve que ces messieurs ont fait.

Mais ce qui démontre plus vivement encore que les Agent* en question ignorent ce qui se passe autour d'eux, c'est lorsqu'ils exhalent ce dernier soupir : " Si les protestants lie-

font pas d'effort*, les townships de l'Est, qui sont maintenant une colonie protestante, deviendront aussi français et aussi catholiques que les autres parties du Bas-Canada. "

Mçis dorraez^rous ?

Je viens de prouver par les statistiques officielles des recensements du pays que les cantons de l'Est renferment aujourd'hui une population totale de 139,885 habitants, dont 67,195 sont canadiens-français et 72,690 appartiennent aux autres origines ; et que durant les dernières dix années l'augmentation a été de 45,600 âmes dont 33,129 appartiennent à l'origine franco-canadienne; laissant aux autres origines le chiffre de 12,471 à se distribuer entr'elles.

Quant aux chiffres concernant les croyances religieuses, le recensement de 1861 constate qu'il y a aujourd'hui dhns les cantons de l'Est 78,509 catholiaues et 61,376 protestants donnant une majorité aux catholiaues de 17,133 âmes. J'avoue que la colonie protestante telle que proclamée par MM. Kawson & Oie., est singulièrement échancrée !

Quand on se donne mission d'écrire l'histoire, on devrait en étudier les détails et mieux connaître la valeur des choses ; autrement s'est s'empêtrer.

D'ailleurs, tontes ces vaincs clameurs d'une partie de la presse anglaise des cantons de l'Est, ou des brochures aussi fanatiques que mal inspirées, n'aboutiront à rien d'utile- pour leurs nationaux, qu'elle le sache bieni Ces effocts impuissants, cet enthousiasme éphémère comme un fen de paille n'auront tout an plus que le mérite de faire rire d'eux par les hommes de bon sen6 et les protestants honnêtes qui veulent pour tous : Justice Egale, Droits Egaux ! .... en matière sociale comme religieuse.

A ce propos* voici comment s'exprime un généreux citoyen, aimant toutes les origines, dans une lettre qu'il m'adresse touchant les eantons de l'Est.

" Le cri (Talarme, jeté depuis un certain temps par quelques journaux anglais de ces lieux ont eu pour résultat de faire augmenter le zèle des canadiens-français pour la colonisation des terres de cette partie du pays. En effet, je dois vous dire qu'il y a ici un élan bien prononcé pour la colonisation, de la part des canadiens, dans presque tons les townships des cantons de l'Est, et que le bruit qu'en fait la presse est au reste une preuve bien convainquante de ce que j'affirme. Les colons américains anciennement établi sur ce sol se le sentant peu à peu enlever et leur influence d'ans les affaires diminuer considérablement il n'y & donc rien Ô7 étonnant que, se rayant

m* ÉTUDE. —COMTÉ DE LOTBINliHE. 231

à Tagcmîe, ils recueillent la forée qu'il leur reste encore, pour protester contre les prétendus envahissements des canadiensfrançais. Mais, comme je viens de vous le dire, on constate avec bonheur que ces clameurs des ennemis de la race française, au lieu de diminuer le zèle pour la colonisation, ne font au contraire que l'augmenter chez les canadiens-français."

Mais c'est assez. Revenons de nouveau à l'étude des quelques comtés qui nous restent à apprécier, avant que de terminer cette étude.

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