‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 37 sur 124 · IV* ÉTUDE.— COMTÉ SB BAGOT · texte numérisé non relu

IV* ÉTUDE.— COMTÉ SB BAGOT

ayant à sa surface au-delà de 25 pieds de diamètre. An bas de la montagne, du côté opposé, il a été aussi découvert du minerai que l'on suppose crune égale richesse. An sommet, il a été trouvé du quartz imprégné on tout couvert de vert-degris. M. Cushing a refuse (200,000 pour ce terrain. Il espère le vendre plus cher.

La contagion des spéculations se répand dans tous les rangs de la société ; en môme temps que de nouvelle» découvertes se produisent dans les autres cantons environnants.

M. l'abbé Ricard croit qu'il y a des mines de cuivre dans chacun des douze rangs d Acton. Il ajoute que dans le 7e rang, près delà Chapelle de Saint-Théodore, on y a découvert une mine de plomb d'une grande richesse.

Le village d' Acton, fondé il y a à peine dix ans, vient d'être incorporé, et l'église de Saint- André menace de devenir trop petite pour pouvoir y recevoir les fidèles qui augmentent en nombre. On signale aussi l'arrivée de quelques familles canadiennes qui, dégoûtées des Etats-Unis, seraient allées s'établir dans la paroisse de Saint-Théodore, qui bientôt, grâce à la fertilité de son sol, deviendra nécessairement le grenier du canton tout entier.

Il y a un marché établi dans le village d'Acton pour ïa vente des denrées, qui a coûté de $15,000 à $20,000 et qui est fréquenté deux fois par semaine, les mardis et les samedis. Ce marché est alimenté par les habitants de Saint-Germain, Sainte-Hélène, Saint-Hugues, Saint-Simon, etc.

La troisième paroisse nouvelle qui apparaît à notre appréciation est celle de Saint-Ephrem, située dans cette partie du canton Upton qui appartient à ce comté, laquelle renferme une belle église en bois de 80 pieds sur 40, construite sur le 20e rang <f Upton. La population de Saint-Ephrem s'élève aujourd hui à 931 âmes dont 888 habitants sont canadiensfrançais.

On y possède 20,465 acres de terre dont 1,798 sont défrichés, et qui ont produit 10,670 minots de grains et 8,175 minots de patates, en 1860, formant en tout 18,845 minots et 281 tonneaux de foin.

La propriété foncière est estimée à $178,288.

Un prêtre réside dans cette paroisse depuis le 28 septembre

Je me fais un bonheur de signaler l'ardeur patriotique qui anime M. le Curé de Saint-Ephrem, en s'efforçaut de propager comme il le fait l'esprit d'association mutuelle pour l'avancçtoent des intérêts de la colonisation* Une Société de Secours

est organisée dans la paroisse de ce zélé prêtre, pour venir en aide aux défricheurs pauvres et sans appuis. Honneur à lui et aux habitants de Saint-Ephrem qui savent épouser et encourager une œuvre aussi sainte qu'elle est nationale, laquelle " aura son succès comme elle aura son mérite devant Dieu et devant tout homme sensé et bienfaisant, " suivant que l'a déjà exprimé parmi nous une plume aussi aimée que connue. Puisse cette exemple créer un peu d'émulation partout, et assurer à la cause nationale de la colonisation du pays un nombre d'hommes plus considérable, disposés à concourir à son développement.

Une quatrième paroisse, située sur la rive gauche de la rivière Yamaska et érigée canoniouement depuis 1853 sous l'invocation de Sainte-Hélène, se développe également bien. Une église en bois, de 107 pieds de longueur sur 45 pieds de largeur, est construite sur la 2e concession de la seigneurie Ramsay, et un prêtre y réside depuis l'automne de 1858.

Cette paroisse renferme aujourd'hui 265 familles ou 906 habitants, tous d'origine canadienne-française, qui possèdent 2,756 acres de terre en état de culture, ayant produit 18,018 minots de grains et 11,767 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 29,785 minots et 225 tonneaux de foin.

Parmi les produits de l'industrie figurent 17,460 lbs. de sucre et 16,783 lbs. de beurre confectionnés durant la même année.

La valeur de la propriété foncière est estimée à $206,879 ; les instruments d'agriculture à $4,969, et le bétail à $19,501. Les voitures, au nombre de 153, valent $3,000.

La paroisse de Ste. Hélène est située à une distance de 21 milles de Saint-Hyacinthe ; et une malle y passe deux fois par semaine.

Enfin, vient la nouvelle paroisse de Saint-Liboire, formée d'une partie de celles de Saint- Dominique et Saint-Simon, et bornée au nord-est par la paroisse de Sainte-Hélène, que nous venons de voir. Cette paroisse, érigée civilement depuis 1856, renferme une population de 164 familles ou 960 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception d'une personne d'origine irlandaise et onze autres d'origine allemande ou hollandaise. Cette population est toute catholique, à l'exception seulement de deux personnes. C'est M. le Curé de Samt-Ephrem qui dessert cette paroisse, dans une Chapelle de 70 pieds sur 40, construite près de la ligne du chemin de fer.

On y possède 1,851 acres de terre défrichés qui ont produit

ive feruDE. — co*ctê de wkpfobd. x251T

11,777 minots de grains et 10,243 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 22,020 minots et 223 tonneaux de foin.

La valeur de la propriété foncière eBt estimée à $199,858 ; celle des instruments aratoires à $4,495, et le bétail à $16,446.

Comme on vient de le voir, il n'y a dans le comté qu'une seule Société de Secours qui soit actuellement établie»

"XXII.— Comté de SheflTord.

Xe comté de Shefford a été l'un des centres de colonisation le plus actif, durant cette dernière époque décennale, comme nous le verrons tout-à-l'heure. Il renferme aujourd'hui une population de 2,269 familles on 17,779 habitants, dont 12,034 «ont franco-canadiens.

Le nombre d'acres de terre possédés s'élève à 195,379 dont 73,126 acres sont en état de culture, laissant par conséquent 122,253 acres encore en bois debout.

Le gouvernement ne possède guère plus que 5,000 acres cte terre dans les limites de ce comte, notamment dans les cantons Granby, Sheflbrd, Stuckely, Milton, Eoxton et Ely. Cependant ily a un agent nommé pour la vente . de ces terres, O. J. Ejempt, écr., demeurant à Frelighsburg, village situé sur la ligne de ia province, daifs la seigneurie de Saint- Armand, comté de Missisquoi.

Les récoltes de 1860 ont donné 335,233 minots de grains et 273,771 minots de patates et navets, formant en tout 609,004 minots et 21,193 tonneaux de foin, le tout évalué à $454,066.82-,

Les produits de l'industrie domestique, comprenant le beurre, le sucre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à la somme de $123,056.93. Le beurre figure pour 433,891 lbs., et le sucre pour 327,780 lbs.

Le revenu des jardins est considérable ettrès lucratif: il est estimé à $19,888 ;

Le bétail, qui compte pour 31,691 têtes, est évalué à $512,058 ; et les voitures d'agrément, au nombre de 2,652, -valent $83,975 ;

On estime à $3,606,260 la valeur de la propriété foncière, et à $105,689 celle des instruments d'agriculture ;

Formant une richesse totale de $4,904,988.75.

Le premier et le plus important centre de colonisation du

comté est le canton Roxton, ouvert à la colonisation depuis l'année 1848. Il comprend le canton entier, moins une petite partie enclavée dans ta paroisse de Saint Valérien que noua verrons tout-à-1'heure, et les deux premiers rangs. Cette nouvelle paroisse de Roxton, placée sous le patronage de Saint-Jean-Baptiste, s'est développée très rapidement.

En 1848, quelques pauvres familles de Montréal, encouragées par la Société de Colonisation qui venait d'être fondée dans cette ville, et poussées par la misère du temps, émigrèrent vers cet endroit alors reculé et biepi sauvage, appelé Koxton. Pour v parvenir il leur fallait non seulement s'éloigner de la ville de Montréal, laisser derrière elles le beau neuve et les riches campagnes du sud, mais eucore s'enfoncer au-delà, dans de sombres forêts, par des sentiers périlleux ; puis, là, lutter pendant de longues heures tantôt contre les marais des savanes, tantôt contre les racines d'arbres et les cailloux, qui jonchaient le sol, avant que d'arriver au but de leur course, à l'endroit où il leur fallait abattre les premiers arbres pour y placer la cabane destinée à servir de logement à toute la famille ! Rendu sur ce sauvage domaine, rien ne s'y trouvait qui pût délasser et réjouir la vue. Partout se trouvaient d'épaisses forêts et un sol impatient de boire la sueur du travail de la famille toute entière : ce seul engrais qui sert à fertiliser les terres nouvelles.

Mais à peine une année était-elle écoulée depuis l'arrivée des premières familles dans Roxton, que déjà la nature prenait nn aspect totit nouveau ; et la suite des temps prouvera, qu'en effet, elle se dépouillait peu à peu de son voile sombre et sauvage pour prendre une apparence plus riante et plus animée.

Un zélé prêtre, témoin des épreuves des premiers colons de Roxton (1), constate dans un rapport écrit sur les commencements de cette paroisse nouvelle, que l'activité et le travail avaient déjà répandu la vie partout, quoiqu'il y eut à peine douze mois que cette transformation avait commencée à s'opérer.

" Des hommes, dit-il, des femmes et des enfants courent, s'agitent et travaillent là où les bêtes fauves seules avaient fait leur séjour. Le bruit de la hache du dtfricheur, le craquement des arbres qui succombent, le pétillement du feu

3ui nettoie la forêt, ont remplacé le silence des bois. Déjà e petit espaces défrichés par les nouveaux habitants

(1) H. Jacques-Edmond LeBlond, décédé à Rome le 12 mai 1862, âgé de 38 ans et 5 mois, et dans sa 15e année de Prêtrise; son corps repose dans V Eglise do Ste. Marie ntpra Minervam,

IVe foTOE.— OTHTÈ DE 6HEFF0XD. -259

apparaissent du long de la route nouvelle que la Compagnie des Terres de ce catfton vient d'ouvrir, bordée de leui« humbles habitants. A l'extrémité Relève le nouveau village ou la ville future de Roxttnr; le cite en est vraiment magnifique et bien choisie* La rivière .Noire, la principale des deux branches qui, en se réunissant, forment la irivîère Yamaska, court au milieu et fourni de<nombreux et iiiitari&sables pouvoirs d'eau, pour moulins et manufactures de toute espèce. Le spectacle de la< chute, qui précipite ses eaux avec fracas, d'une hauteur de quarante pieds, et étale devant les yeux un arc-cn-ciel presqueioontinuel dans le brouillard qui e'en élève, attire beaucoup d?intérêt. Une des rives s'élève en amphithéâtre, l'autre fonne d'abord une assez longue .plaine pour y asseoir la partie active et commerçante du futur village, puis se couronne d'un coteau circulaire d'un bien boa «effet. C'est sur la partie centrale de ce coteau et à l'endroit -de sa plus jolie forme, que se bâtit la nouvelle chapelle, •dédiée sous l'invocation de Saint-Jean-Baptiste, patron de notre pays.

" Cette bâtisse de quatre vingt-quatre pieds sur trente-six, •est à deux rangs de croisées, et contient de plus de belles mansardes destinées aux écoles. Les appartements du euro prennent .vingt-quatre pieds sur la longueur, de manière quril en reste soixante dix pour la chapelle : celle-ci, de plus, est jnunie à l'intérieur d'une spacieuse galerie.

"Ou célèbre déjà les saint mystères dans cette église temporaire et les travaux se poursuivent activement, de manière qu'au printemps on pourra poser les lambris, construire un clocher, peindre le tout, et ainsi avoir un édifice bien fin» «?t en état de répondre à tous les besoins du culte. — En face, «'étend des deux côtés de la rivière, l'espace destiné à asseoir le village. La Compagnie a réservé une étendue considérable de terre a cette fin. Le tout est divisé avec goût et symétrie, «et traversé 4e rues larges et régulières. Les lots, ici, sont de «deux classes, savoir : les lots dit " lots de ville " et ceux dits u lots de faubourg. " Les premiers ne sont que des emplacements d'un demi-arpent en superficie ; les seconds sont plus étendus et donnent place pour faire du jardinage. Les acquéreurs d'un " lot de ville " s'obligent dans leur contrat, à «e bâtir une maison de bonne dimension et de convenable apparence, en outre, de planter et d'entretenir des arbres de -quatre pieds en quatre pieds sur toute la partie de leur terrain bordant la rue, et je crois aussi de faire leur part de trottoir. Dans les faubourgs on se parait pas exiger la même chose.

360 COIXflM&ATION DU B&6-CÀNÀDA'.

Ces dispositions de la; part de la Compagnie* Font très prévoyantes et louables ; elles nous donnent à peuser combien il est regrettable que l'on ait pas fait de môme dans l'établissement de nos villages et de nos villes. "

Dans l'automne de 1849, la petite et prospère colonie comptait déjà 80 familles ou 330 personnes résidentes, chacune avec son habitation et 6on petit cnamp défriché de 4,* 6, 8 et môme 12 arpents. Cette nouvelle mission^ était desservie* toutes les trois semaines.

Le progrès dto déboisement de la? forêt- alla son train, et dfe nouvelles familles vinrent grossir les rangs de la population an point que le recensement de 1851 constata la résidence dan* Koxton de 202 familles ou 1,226 habitants, dont 1,015 étaient canadiens- français, possédant 2,042 acres dt' friches qui avaient produit 1,071 minots de blé, 3,426 minots d'autres grains, et 4,451 minots de patates et navets, formant en tout 8,94S aninots et 476 tonneaux de foin.

Le recensement de 1861 démontre qu'il y a aujourd'hui 407 familles cultivant la terre ou une population totale de •3,43$ âmes, dont 3,025 habitants sont d'origine canadiennefrançaise, laissant aux autres origines le chiffré de 413 âmes k «ediviser-

Le nombre d'acres possédés est de 28,537 dont 7,698 acres «oait en état de culture, qui ont produit 3,216 minots de blé, 35,608 minots d'autres grains, et 33,348 minots de patates et navets, en 1860, formant une récolte totale de 72,172 minots «et 1,272 tonneaux de foin.

<?es magnifiques résultats établissent donc un accroissement de 2,212 habitants ;. un surpins de 5,656 acres de terre nouvelle, et une augmentation de 63,224 minots de grains et -patates et 796 tonneaux de foin, en dix ans.

Aujourd'hui le joli village de Roxton, situé près de la Chute .dont il a été plus nant question, renferme une population de •gens de métier» d'au-delà de 600 âmes, et la malle passe tons •les jours au centre de cette population.

Parmi les produits de la ferme confectionnés durant l'année •de 1860 se trouvent 43,055 lbs. de beurre, 730 lbs. de fromage et 56,243 lbs. de sucre d'érable.

La propriété foncière vaut aujourd'hui $346,235 ; les instruments d'agriculture $18,681, et le bétail $60,655.

On compte 339 voitures d'agrément, évaluées à $16,402.

Les journaux du mois de Décembre 1862 informent qu'il a été découvert dans le 3e rang du canton Roxton, une mine de suivre de» plns>riches» Une compagnie canadienne est organisée

IV* &BBDE. — COMTÉ DE «nKFFORD. 2fll

sons le nom social de " Compagnie Préfontaine et Latfbntaine" qui en a fait l'aequisition et qui doit commencer bientôt à l'exploiter. Tous les connaisseurs s'accordent à dire que cette mine sera avant peu aussi célèbre que la fameuse mine de Cnshing, dans Acton, dont j'ai déjà parlé. Il paraîtrait que des offres considérables auraient été faites aux propriétaires actuels pour en obtenir la propriété, mais qu'ils ont été refusés et que la Compagnie canadienne préfère l'exploiter elle-même avec son capital qui compte pour un montant d'environ $22,000.

Le deuxième centre qui se présente est le canton Milton, situé à l'ouest de Roxton, et qui renferme deux paroisses, desservie chacune par un prêtre résident. Les terres de ee canton sont basses mais bonnes à la culture de toutes espèces de grains. Le bois consiste en un mélange de hêtre, pin, cèdre et tamarac.

Les cino premieis rangs du canton Milton composent la paroisse placée sous le patronage de Sainte-Cécile, laquelle renferme une église en pierre 'et une population d'environ 1,869 habitants.

Les six autres rangs du canton forment celle de Saint- Valérien, érigée depuis 1S56, et qui renferme déjà une population de 921 âmes. Une chapelle en pierre est construite sur le 6e rang ; mais en vertu d'une décision toute récente, le siège dé l'église de cette nouvelle paraisse vient d'être fixé au 9e rang, au centre de la population. Un prêtre réside dans cette nouvelle paroisse depuîs- l'automne de 1860.

Il y a dix ans, on comptait dans le canton Milton 249 familles ou 1,741 âmes dont 1,508 habitants étaient d'origine canadienne-française ; aujourd'hui on compte dans les deux

Earoisses précitées une population de 391 familles ou 2,790 abitants dont 2,532 sont canadiens-français ; foraiant une augmentation de 142 familles ou 1,049 âmes, en dix années.

Le recensement de 1851 portait à 3,739 acres les terrains mis en état de culture, qui avaient produit 1,621 minots de blé, 7,511 minots çTautres grains et 4,221 minots de patates, formant en tout 13,353 minots.

Aujourd'hui, on compte 9,408 acres en culture qui ont (produit 8,821 rninots de blé, 37,915 minots d'autres grains et .26,968 minots de patates, formant eji tout 73,704 minots.

Ces calculs démontrent une augmentation de 5,669 acres de terre nouvelle ; un surplus do 7,200 oninots- de blé et 30,404

COLONISATION DIT M8-CÀNÀDÂV

minots d'autres grains, outre 22,747 minote ôfê patate^ formant un total de 00,351 minots de plus qu'en I&5L

La propriété foncière est estimée aujourd'hui à $584,126 ; Tes instruments d'agriculture à $17,252 ; le revenu de^jardins à $4,802, et le bétail à $79,634.

LMndustrie domestique a fourni, entr'autres articles* 36,024- Ibs, de beurre, 3,175 Ibs. de fromage et 49,953 Ibs. de sucred'érable durant l'année 1860.

Le troisième centre de colonisation est le canton Ely, qui. renferme une paroisse érigée depuis le mois d'août 1S56, sous le vocable de Saint- Joseph. La chapelle est construite sur le lot No. 9, dans le cinquième rang du canton, et un .prêtre yr réside depuis 1854.

Il y a dix ans on comptait dans cett6 paroisse 169 familles eu .1,018 habitauts dont 584 appartenaient à l'origine eanadienne-française, et le reste aux diverses autres origines- On y possédait 3,643 acres en état de culture qui avaient produit 2,961 minots de blé,10,617 minots d'autres grains et* 6,150 minots> de patates et navets, formant en tout 19,728 minots. Le recensement de 1861 constate qu'il y a maintenant une population de 279 familles on 1,748 habitants dont 1,094 sont canadiens-français, possédant 9,842 acres en état de eulture qui ont produit 2,764 minots de blé, 45,638 minots d'autres grains et 36,098 minots de patates et navets, en 1860, formant unerécolte totale de 84,500 minots.

Il appert donc par ces chiffres qu'il' y a eu durant cas- «Ternières dix années une augmentation dè*730 habitants ; uni surplus de 6,199 acres de terre nouvelle et un accroissement de-produits agricoles de 64,772 minots de grains et patates.

La. propriété foncière est estimée à $230,578 ; les instruments d'agriculture à $10,223, et le bétail à $58,807.

Il fût confectionné durant la même année de 1860 environ 5B;700»lbs. dé beurre et 52,925 Ibs. de sucre d'érable.

Une route nouvelle part du canton Ely, du chemin communément appelé " chemin de Montréal, " sur le lot N°. 27 du 6e- rang â'Ely, et conduit au dépôt dh chemin de fer de Dirham» sud, traversant par conséquent une partie d'Ely, Acton et Durhain, formant une longueur d'environ 5 milles. M- Blanchard^ conducteur des travaux de ce chemin dit que les» terrains adjacents à ce chemin sont généralement bons, et que-les coteaux, y sont boisés en érables, merisiers, pruohes et epmettes. Il y a aussi, paraît-il, une carrière de pierre à. enaux dan&les environs de ca^ chemin.

rV6 ÉTUDE. — COMTÉ DE BHEFFOBD. 203

Le quatrième centre de population se trouve situé dans le canton Stuckely, divisé en deux groupes distincts, et formant chacune une paroisse en voie de prospérité. Quoique la surface de ce canton soit généralement inégale, la terre e6t d'assez bonne qualité. Le canton est arrosé par des courants qui tombent dans la rivière Yamaska, et qui ont leur source parmi les collines qui le traversent ; il y a aussi quelques petits lacs. En 1815 on comptait dans l'endroit environ 250 personnes qui s'y trouvaient établies. Le bois se compose des espèces les plus générales, telles que le hêtre, l'érable, et le bois blanc, avec Ta sapinette et le cèdre dans les terrains bas et humides.

Aujourd'hui ce canton renferme deux paroisses ; l'une sous le patronage de Notre-Dame de Bon Secours, qui est la plus ancienne ; et l'autre sous celui de Sainte- Anne.

La paroisse de Notre-Dame est composée des quatorze derniers lots de chacun des onze rangs de Stuckely, renferme une église en bois, et un prêtre y réside depuis 1848 ou 1850. Le chiffre actuel de la population s'élève à 1,920 âmes.

L'autre paroisse, celle de Sainte-Anne, est formée de la partie ouest du canton, et renferme une église en brique, bâtie sur le 7e rang du canton. Le chiffre de sa population est de 900 âmes, presqu'exclusivement canadienne-française, à l'exception de quelques familles irlandaises et américaines. Un prêtre y réside depuis l'automne de 1858.

11 y a dix ans, le canton Stuckely renfermait 357 familles ou 2,194 âmes, dont 1,572 habitants étaient franco-canadiens. Le recensement de 1861 porte le chiffre de la population des deux paroisses sus-mentionnées à 380 familles ou 2,820 habitants, donnant à l'origine canadienne-française 2,182 âmes, et 638 à être partagé entre les autres origines. Ces calculs établissent une augmentation de 23 familles ou 626 âmes, en dix ans.

En 1851, on comptait 11,037 acres en état de culture, ayant produit 3,479 minots de blé, 23,430 minots d'autres grains et 11,812 minots de patates et navet6, formant en tout 38,721 minots. D'après le recensement de 1861 il y a 16,199 acres en culture, qui ont produit 4,852 minots de blé, 67,670 minots d'autres grains et 59,017 minots de patates et navets, en 1860, formant un total récolté de 131,539 minots. C'est donc une augmentation de 5,162 acres do terre neuve préparés durant ces dernières dix années, et un surplus de 92,818 minots de grains et patates.

: La valeur de la propriété foncière est estimée à $509,195 ;

264 COLONISATION DU BÀS-CÀKÀDÀ.

celle des instruments aratoires à $32,205 ; le revenu des jardins à $5,561, le bétail à $112,763, et les voitures de plaisir, au nombre de 594, à $18,450.

Parmi les produits manufacturés en 1860 se trouvent 75,129 lbs. de sucre, 82,417 lbs. de beurre et 10,292 lbs» de fromage.

Ces développements sont très certainement de nature à intéresser vivement le lecteur, et constatent des succès qui se reproduisent partout quand Kénergie se montre à la hauteur des circonstances».

Vient ensuite le canton Shefford, qui est formé d'un terrain assez inégal, et montagneux vers l'ouest. Partout le sol est extrêmement fertile ; mais les hauteurs sont très pierreuse». Ce canton est arrosé par plusieurs branches de la rivière Yamaska et par d'autres courants, qui mettent en motrvement plusieurs moulins à grains et à scia.

Deux paroisses se développent dans ce canton ; l'une dans îk partie nord du canton, sous le patronagp de Saint-Joachim, érigée depuis 1858, et renfermant une chapelle en bois construite sur le 9e rang de- Shefford, et une population d'environ 1,000 âmes.

L'autre paroisse est située* dans la partie sud du canton Shefford, avec une chapelle en bois construite sur le 1er rang, ayant pour titulaire Saint-François-Xavier,, et embrassant les cinq premiers rangs de ce canton et quelques-uns du canton Brome, qui lui sont adjacents. Un prêtre réside à Saint- François-Xavier depuis le 28 septembre 1859, et est aussi chargé de la desserte de Saint Joachim.

il y a dix ans, on comptait dans Shefford 378 familles ou 2,512 âmes, dont 468. habitants seulement étaient canadiensfrançais, le reste presqu'exclusivement d'origine irlandaise. Aujourd'hui, la population des deux paroisses précitées s'élève à 408 familles ou 3,712 âmes, do^t 1,928 habitants appartiennent à l'origine canadienne-française, et 1,784 aux autres erigihest

Ces chiffres démontrent donc une augmentation de- 1,200 âmes, durant ces dernières dix années, toute au profit de la race française, puisque durant cette même périodes les différentes* origines britanniques ont diminuées de 260 âmes, tandis que les canadiens-français ont augmenté de 1,400 âmes !

En 1851, on évaluait à 12,312 acres le terrain mis en état de culture, ayant produit 4,828 minets de blé, 19,739 minots d'autres grains et 15,097 minots de patates et navets, formant en tout 39>664 minots. Le recensement de 18G1 constate qu'il

IY* ÉTUDE, — COMTÉ DE 8HEFTXMU). 265

y a aujourd'hui 18,519 acres de terre en état de culture qui ont produit 12,737 minots de blé, 59,734 mindts d'autre» grains et 75,805- minots de patates et navets, en 1S60, formant un total de 148,276 minots, à part le loin et le* pâturages, dans les deux cas.

Cest donc un surplus de 6,207 acres de terre nouvelle, et une augmentation de 108,612 minots de grains et patates, .en dix ans.

Parmi les produits manufacturés durant l'année 1860 se trouvent 57,050 lbs. de suere, 123,567 Ibs. de beurre et 4,875lbs. de fromage.

La valeur de la propriété foncière es* évaluée à $£-,499.896 ; celle des instruments d'agriculture à $12,823, et le bétail à $132,770. Le» voitures d'agrément, au nombre de 577, sont estimées à $15,611.

Dans ce canton se trouve aussi un village anglais appelé "Waterloo, auquel, endroit se publie* un journal en langueanglaise, intitulé The Weekly Advertiser, et où sont groupé* nu nombre assez considérable de gens de divers métiers et industries. La population de ce centre est d'environ 300 âmes.

Le dernier centre qui nous reste à considérer est le canton Granby, situé au sud de celui de Milton. Le sol de ce canton est d'une excellente qualité, étant principalement composé d'une marne noirâtre, couvert en quelques endroits d une couche de belle terre- végétale, le bois consiste en hêtre, orme, noyer, érable, pin et un peu de chêne.

Ce canton renferme une grande paroisse et wn beau village très développé.

La paroisse, placée sons l'invocatioh du Sacré Cœur de Marie, comprend tout le canton moins une petite partie annexée à la paroisse de Saint-Paul d'Abbottsford, comté* dfe Rouville. Il y a une église en bois construite, et un prêtre y réside depuis 1848 ou 1849.

Cette paroisse renferme aujourd'hui une population do 2,571 habitants dont 996 sont canadiens-français, possédant 11,460 aere3 de terre en état de culture qui ont produit 8,44$ minots de blé, 47,835 minots d'autres grains et 40,685 minotsde patates, en 1860, formant en tout 961*963 minots, outra 3,141 tonneaux de foin.

Parmi les produits de la ferme on compte 96,100 lbs. de beurre, 31,500 lbs, de fromage et 36,480 lbs. de sucre, le tout confectionné durant la même année de 1860.

La valeur de la propriété foncière s'élève- aujourd'hui: à

$136,230 ; «elle des instruments agricoles à $14,505 ; le bétail à $67,429 ; le revenu des jardins à $6,373 ; et la valeur des voitures d'agrément, an nombre de 494, à $19,097, formant une somme totale de $543,634.

Le village de Granby renferme une population de 700 habitants, dont 277 appartiennent à l'origine canadiennefrançaise. Toute cette population est industrielle ou commerçante, et tous les corps de métiers y 6ont assez bien représentés. On compte, toutefois, 1 droguiste, 8 marchands, 2 hotelliers, 4 cordonniers, 3 maçons, 2 charrons, 3 forgerons, 2 meubliers, 2 menuisiers-entrepreneurs, 2 tanneurs, 1 boulanger, 1 ferblantier, 2 selliers, 1 orfèvre et un artiste photographe.

On y publie aussi dans ce village un journal en langue anglaise, intitulé : The Eastern Townshp Gazette, lequel

Saraît une fois par semaine. La malle passe tous les jours ans ce village.

Maintenant, si nous réunissons en un seul chiffre la population de ces deux centres, nous trouvons qu'elle s'élève a 3,271 habitants dont 1,273 sont canadiens-français. Quant aux chiffres des croyances religieuses, le culte catholique compte pour la moitié dans chacun de ces deux centres ; l'autre moitié se divise entre les églises Congrégationaliste, d'Angleterre, Wcsléyenne, Baptiste, établie dTCcosse et presbytérienne du Canada. Il y a même 4 fidèles appartenant à la croyance du Second Evénement /

Si nous consultons le recensement de 1851, nous verrons que la population du canton Granby s'est augmentée durant ces dernières dix années de 879 habitants, dont 536 d'origine canadienne-française et 343 d'autres origines, d'où il laut conclure que c'est l'élément franco-canadien qui s'est le plus développe. Quant aux défrichements nouveaux, ils sont peu considérables ; on ne compte guère plus de 2,000 acres d'augmentation, ayant fourni un surplus dans les récoltes de 1860 de 32,414 minots de grains et 29,500 minots de patates, formant en tout 61,914 nr'nots, à part le foin çt les pâturages.

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