‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 36 sur 124 · XXI.— Comté de Bttfof · texte numérisé non relu

XXI.— Comté de Bttfof

Ce comté renferme une population de 18,841 habitants dont 18,135 sont canadiens-français et seulement 706 appartiennent aux autres origines.

Le nombre d'aeres de terre possédés s'élève à 192,679 acres dont 76,448 sont en culture, laissant 116,231 acres encore en bois debout. Les récoltes de 1860 ont donné 507,483 minots de grains et 172,456 minots de patates et navets, formant en tout 679,939 minots et 8,438 tonneaux de foin, le tout évalué à $440,035.91.

Le revenu des jardins et vergers a été de $20,688.

Les produits de l'industrie ordinaires, comprenant le sucre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à $106,454.79.

Le bétail, au chiffre de 33,673 pièces, est évalué à $441,730.

Les voitures d'agrément, au nombre de 3,512, valent $73,306.

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La valeur de la propriété foncière est estimée à $3,513,053 ; et celle des instruments d'agriculture à $154,198.

Formant en tout $4,769,360.70.

Parmi les produits récoltés ou manufacturés durant Tannée 1860 figurent 100,690 minots de blé, 187,759 lbs. de sucre d'érable et 238,409 lbs. do beurre.

lia colonisation compte cinq nouvelles paroisses qui ont surgi depuis dix ans, dans ce comté. Mais l'endroit le plus important dans ce moment est le canton Acton, oui renferme deux paroisses et dont les développements rapides sont dûs aux mines précieuses et incomparablement riches qui viennent d'être découvertes dans oe canton, ainsi qu'à l'excellente qualité de ses terres, qni sont arrosées par plusieurs grandes branches de la rivière Yamaska.

Deux paroisses se développent dans ce canton, comme je viens de le dire ; l'une, placée sous le patronage de Saint-André, et l'autre, sous celui de Saint-Théodore. Un prêtre réside dans la première de ces paroisses, et est aussi chargé de la desserte delà deuxième.

Les amis de la colonisation aimeront peut-être à connaître l'époque de l'ouverture de ce canton, laquelle remonte à 1840. Cette même année là, un hardi pionnier, comptant plus sur son courage que sur sa fortune, se dirigea vers oe canton et s'y fixa. Quelque temps après, un zélé prêtre, plein de oourage et d'espoir, s'aventura à travers la forêt et arriva à ce canton qu'il visitait pour la première fois, ou il trouva quelque familles déjà établies qui le reçurent avec une bien grande joie : c'était en 1842. Depuis lors, cette petite colonie se développa de plus en plus, en même temps que des voies plus faciles de communications s'opéraient, et dès l'année 1849, les habitants d' Acton furent en état de construire une Chapelle de 55 pieds sur 30, sur le lot No. 35 du 7e rang de ce canton, laquelle sert actuellement à réunir les fidèles aune paroisse de 1,270 âmes : celle de Saint-Théodore.

Quant à l'autre paroisse d' Acton, celle de Saint- André, on sait qu'il faut attribuer les développements rapides de ce poste aux mines de cuivre dont j'ai parlé plus hant. Toutefois, cette nouvelle paroisse renferme aine population de 1,433 âmes, et possède une église de 100 pieds sur 40, située sur le lot No. 33, dans le 4e rang du canton.

Il y a quatre ou cinq ans, ces deux paroisses d'Acton ne renfermaient guère plus que 800 âmes, paraît-il ; d'après le recensement de 1861, qui sert de base à mes démonstrations, cette population totale du canton entier d'Acton s'élevait déjà

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à 2,703 habitants, dont 2,249 étaient d'origine canadiennefrançaise. A l'exception de l'ancienne paroisse de Saint-Pie, la population d'Acton était déjà la pins considérable de tout le comté de Bagot.

Des renseignements nouveaux qui m'arrivent de sources très respectables et sûres touchant ce canton, établissent qu'à la date du 1er janvier 1863, la population de Saint- André était de 2,260 habitants, tous d'origine canadienne-française, à l'exception de 22 familles d'origines étrangères ; et que la

Saroisse de Saint Théodore no renfermait que 3 on 4 familles 'origine étrangère parmi sa population cte 1,270 habitants, formant en tout 3,530 âmes. Ce serait donc déjà une augmentation de 827 âmes depuis deux ans.

Toutes les terres vacantes d'Acton appartiennent à des spéculateurs ou grand propriétaire, excepté 25 lots appartenant au gouvernement. Le prix demandé pour les terres dm .gouvernement à toujours varié entre 60 et 70 cents l'acre ; le

{>rix de celles des propriétaires absents est depuis $6 à $14 'acre ; quant à la Compagnie Britannique aes Terres, qui possède 5 à 6,000 acres dans ce canton, ses prix sont un peu plus modérés, en même temps qu'elle donne nn délai plus prolongé pour les paiements et ne charge qu'un intérêt de six pour cent ; cependant ses prix sont fixes à $4 l'acre.

MM. Laberge et McClure, de Saint-André rapportent devant le comité de colonisation de 1862 que la forêt du canton d'Acton consiste en pruche, épinette, cèdre, etc., et que le sol, en général, est bon et bien boisé de bois franc. Ils ajoutent qu'il n'y a pas eu dans ce canton aueune route de colonisation ouverte par le gouvernement et que celles qui existent aujourd'hui ont toutes été ouvertes aux frais de la municipalité de Saint- André, avee l'argent emprunté du fonds Municipal du Bas-Canada. Sous ces circonstances, ils suggèrent an gouvernement comme un acte de justice qu'il doit accorder a ce canton, l'opportunité d'ouvrir les routes nouvelles qui suivent :

1°. — Une route traversantes 1er et 2e rangs, entre les Nos. 4 et 5 qui permettrait aux habitants dn eanton Ely de se rendre au dépôt neuf de Durham, formant une longueur de deux milles.

2°. — Une route partant de Roxton, traverserait les 1er, 2e, 3e, 4e et 5e rangs d'Acton pour conduire à l'ancien dépôt de Durham ; longueur de cette route : six milles.

3°. — Une route partant de la ligne de Wickham, traverserait les 3e ; 4e ; 5e ; 6e et 7e rangs d'Acton, entre les lots Nos. 25

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et 96, pour aller aboutir an dépôt d'Acton ; cette route anrait environ quatre milles de longueur.

4°. — Une route qui traverserait les 1er, 2e et 8e rangs, sur le lot No. 37, pour rejoindre une autre route déjà ouverte, qui fermerait une longueur de trois milles.

5°. — Enfin, une route dans la partie ouest d'Acton, du 1er an lie rang inclusivement, passant entre les Nos. 40 et 41, qui serait longue de 11 milles.

Toutes ces routes formeraient donc une longueur totale de 26 milles. *

Comme ce canton a toujours été abandonné à lui-mèmey nul doute que le gouvernement s'empressera de se rendre à de ai légitimes prétentions, puisqu'il est impuissant à faire remplir ce devoir d'intérêt public par les riches propriétaires de ce canton. M. l'abbé Ricard, cet ami zélé de la colonisation, et qui dessert les paroisses de ce canton, rappelle à ce même Comité de Colonisation de 1862 que les grands propriétaires sont le plus grand obstacle de la colonisation ; qu'us sont un véritable fléau, une peste. Il ajoute que le gouvernement devrait sévir contre eux et les surcharger de taxes pour les forcer de concéder à des conditions raisonnables*

Cette opinion, ce désir ; c'est l'opinion, c'est le désir de tout le monde : cependant rien n'aboutit. Tous, gouvernants comme gouvernés, comprennent la logique de ce raisonnement, mais personne n'y avise. Comme l'exprimait si patriotique*ment M. Richard, de Wotton, devant le même comité, " tout le monde sait pourtant ce qu'ont eu à souffrir assez généralement les pauvres colons établis sur les terres des grands propriétaires ; aussi rien ne paraît plus injuste que cet accaparement du sol, par un petit nombre, dans un but de spéculation, au désavantage de la classe des véritables travailleurs, des véritables bienfaiteurs du pays. On sait comment des familles, après vingt ans d'un travail laborieux et persévérant, et commençant à peine à jouir d'un peu de bien-être, ont été chassées sans merci loin de ces terres améliorées par elles, et l'on a vu dans presque tous les cas le >ropriétaire inhumain s'approprier le travail du colon 6ans 'indemniser de la valeur de ces amélioration» qu'il lui enlevait. Les abus de ce genre sont tellement nombreux et dommageables à la colonisation qu'il serait temps d'y mettre fin. Le moyen le plus propre pour y parvenir serait peut-être de forcer le grand propriétaire à remplir strictement les conditions auxquelles il est tenu en vertu de ses patentes, sous peine de voir ses terres réunies au domaine de la couronne,

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moyennant indemnité pour la perte d'icelles. n M. l'abbé Kicard, de son côté, croit qne "le plus sûr moyen de faire disparaître cet obstacle, serait de fixer nn prix ponr la vente des terres ainsi accaparées, et obliger les grands propriétaires à donner de longs délais ponr payer, et ne pas charger plus de six ponr cent d'intérêt. " 1^ prix- fixé, d'après ce monsieur ne devrait pas dépasser 5 à 10 enclins l'acre, ponr les moins bonnes, et 10 à 15 chelins ponr les meilleures.

Trois rivières sillonnent le canton. La rivière Dunkin, qui prend sa source à l'extrémité sud-ouest du canton Wickham, et qui traverse les six derniers rangs d'Acton pour aller se jeter dans la rivière Noire, au N° 43 du 6e rang. La rivière Noire, qui a sa source à l'Est du canton Ely, et qui traverse la pointe ouest d'Acton, pour aller se mêler aux eaux de Ut rivière Yamaska. La rivière Blanche, qui prend sa source dans la partie Est do Stuckely, et qui traverse Koxton pour aller joindre à Upton les deux précédentes rivières, qui delà se jettent toutes trois dans le fleuve Saint-Laurent.

Les habitants des deux paroisses d'Acton possèdent aujonr» d'hni 13,852 acres de terre dont 2,856 acres sont en état de culture qui ont produit 14,971 minots de grains et 15,066 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 34,037 minots et 384 tonneaux de foin.

11 fut préparé durant la même année 15,997 lbs. de sucre et 10,988 lbs. de beurre.

La valeur des* défrichements, bâtisses, etc., est estimée dans le recensement de 1861 à $162,125 ; les instruments d'agriculture à $4,957 ; et le bétail à $22,935.

La valeur de la propriété foncière augmente singulièrement de jour en jour par 1 existence de nouvelles mines de cuivre qui ee découvrent dans ce canton.

Le village de Saint- André d'Acton, duquel je parlais il y a nn instant, et près duquel se trouvent les mines de cuivre, est en pleine activité. Plusieurs compagnies sont formées qui exploitent ces mines ; une d'entr'elles, celle de la compagnie Pope et Clark, obtient actuellement, paraît-il, 1,200 barils de minerai par semaine. Elle employait 350 travailleurs au 1er janvier 1863 ; le nombre doit être porté à 1,500 hommes an printemps.

Cette compagnie possède une machine pour broyer le minerai et séparer le cuivre d'avec la petite quantité de pierre calcaire qui 1 accompagne.

Les journaux annoncent que vers le milieu du penchant de la montagne Cushing, il a été découvert une masse de minerai

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