‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 54 sur 124 · XXXIX.— Comté d'Outaouafs · texte numérisé non relu

XXXIX.— Comté d'Outaouafs

Ce comté est situé sur la rive nord de l'Outaouais, à la suite de celui que nous venons de voir, en descendant, et comprend une étendue d'environ 65 milles de front, à commencer quelques milles au-dessus de la Pointe Rocheuse, dans la partie supérieure du Lac Chaudière, jusqu'auprès de la Pointe aux Chênes, à Greenville, lequel renferme 47 cantons arpentés et en partie subdivisés, outre la seigneurie de la Petite-Nation qui compte trois paroisses très développées.

" Jusqu'à ces dernières années,— dit une lettre adressée en 1858 à Mgr. TEvêque d'Outaouais, — la colonisation sur la Ga tin eau, avait été assez peu importante, surtout sur le haut de la Rivière ; c'était à peine si l'on trouvait quelques habitants échelonnés de distance en distance le long de la rivière. Hais l'élan général qui s'est manifesté partout dans ces derniers temps, pour cette œuvre importante, a beaucoup contribué à faire connaître ces contrées que les exploitateurs de bois avaient seuls parcourues. On commence maintenant à y compter un bon nombre de familles, et je puis dire que la plupart des colons qui sont venus s'y établir s'y trouvent neureux et sont bien dédommagés des premiers sacrifices qu'ils ont fait par les bonnes récoltes qu'ils ont recueillies.

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" H est aussi juste de reconnaître que le gouvernement qui pendant de longues années avait entièrement négligé ce pays, a fait depuis des efforts généreux ponr encourager les colons. La plus grande partie de ces terres sont recouvertes de boi» franc, avantage précieux qui fournit au colon le moyen de faire de la potasse dont le prix élevé qu'il en retire le dédommage amplement de ses frais et lui donne la facilité de se pourvoir de bien des choses qui lui &0$t nécessaires.

" Déjà plusieurs chapelles son)? élevées dans la contrée de distance en distance où les iàissionnaires font le service religieux d'une manière régulière. On peut done espérer qu'à nne époque qui n'est peut-être pas très éloignée, le Canadien qui remontera la Gatmeau sentira son cœur palpiter d'allé-

tresse à la vue des églises et des clochers qu'il apereevra de istance en distance sur les deux rives et qu'il saluera aree amour et consolation. n

Ce vœu du missionnaire, inspiré par le désir de se rendre encore plus utile à la cause vitale de la colonisation, a été exaucé ; et à l'heure qu'il est tous les cantons de ce vaste .comté renferment des noyaux de population qui grossissent admirablement bien, à l'exception seulement de six cantons^ qui sont très éloignés et sans communications pour y arriver.

La population du comté s'élève aujourd'hui à 27,757 habitants dont 14,357 sont canadiens-français.

L'étendue de terrain possédé est de 362,127 acre» dont 69,062 acres sont en état de culture, laissant par conséquent 293,065 acres encore en bois debout.

Outre cette grande quantité à défricher des terrains possédés» le gouvernement annonce en vente au-dessus de 800,000 acre» qui sont organisés pour les fins de la colonisation, et pour la vente desquelles terres quatre bureaux sont ouvert» comme suit :

Rivière de la Oatineau et ses environs, partie inférieure. — Environ 290,000 acres, à 60 cents l'acre, situés dans les cantons Wakeficld, Masham, Low, Denholm, Hincks, Aylwin, Biglow, Wells, Blake et McGill. Ces terres, récemment arpentées, constituent une vallée très fertile, abondamment arrosée par un nombre considérable de lacs et rivière», et on y arrive facilement par divers chemins qui y aboutissent. L'agent local, Eobert Farley, écr;, résida à CheUea} dans le canton Hull, vis-à-vis la cité d'Ottawa, et on arrive à ce bureau par voiture de ltr ville.

v* fcnnm^-coMTÊ d'outàouais. #39

Rivière de la OatineauT partie supérieure. — Cette agence compte 288,000 acres de terre mis en vente, à 60 cents racre, situés dan* Northfield Wright, Bouchette, Cameron, Kensington, Aumond, Egan, Lyton, Sicotte et Baskatong. Tous ces cantons sont bornés et situés sur les deux rives de la. rivière Gatincau, renfermant un sol généralement favorable à l'agriculture, mais qui n'ont besoin que de l'ouverture de certaines routes pour se développer complètement. Michœl McBean, écr., demeurant à Northfield, est l'agent local de cette partie du comté ; on communique à ce bureau soit par la rivière de la Gntineau, soit par la grande route postale qui longe cet important cours d'eau.

Rivière-aux-Zièvres et ses alentours. — Environ 160,000 acres, au même prix et conditions, situés dans les cantons Buckingham, Templeton, Portland, Derry (Est et Ouest), Villeneuve et Bowman. Ces cantons sont traversés par l'im-

Sortante Rivière-aux-Lièvres ou ses tributaires, et renferment e très bonnes terres, à l'exception d'un tiers de ces terrains qui est montagneux, mais bien boisé en pin, érable, merisier, etc. Le sol, qui est fertile partout, est supérieur dans certains endroits où l'argile et la marne jaune dominent. E. W. Murray, écr., demeurant à Buckingham, est chargé de vendre ces terres. Un bateau-à-vapeur voyage entre Ta cité d'Ottawa et Buckingham.

Rivière Blanche zt ses environs. — L'annonce porte à 75,000 acres les terres disponibles dans ce district, au même prix que ci- dessus, situés dans les cantons Bipon, Hartwell, Suffolk et Ponsonby. Les terres sont excellentes, surtout dans le canton Suffolk ou une route de colonisation doit s'ouvrir incessamment. Ce canton, situé en arrière de la seigneurie de la Petite- Nation, est arrosé complètement par Tune des branches de la rivière qui coule dans cette seigneurie, et renferme déjà

Înelques familes qui y sont établies. L'agent local, G. W. iameron, écrM demeure à Thurso, village situé à l'embouchure de la Rivière Blanche, dans le canton Lochaber.

Comme ou voit, les terres ne manquent point et les moyens de se les procurer sont très faciles.

Le recensement de 1861 porte la récolte totale du comté à 506,259 minots de grains et 367,339 minots de patates et navets, formant en tout 873,598 minots et 18,861 tonneaux de foin, le tout évalué à $538,898.45. Le blé seul figure pour 64,555 minots.

Les produits do l'industrie domestique, comprenant le beurre, le sucre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à $72,331.59.

Le revenu des jardins est estimé à $5,365.

Le bétail, qui compte pour 89,062 pièces, est évalué A $633,103.

Les voitures d'agrément, au nombre de 588, valent $24,357.

Les instruments d'agriculture sont estimés à $117,432, et la «valeur de la propriété foncière à $2,989,374.

Formant une richesse totale de $4,380,861.04.

La population de cet immense district se partage en paroisse ou groupes, qui ne s'élèvent pas à moins de quarantecinq centres ou noyaux différents de population, que nous allons brièvement considérer, toutefois, malgré que cette population soit si considérablement éparpillée. Nous commencerons, d'abord, par les cantons situés sur la rivière Gatineau, depuis Aylmer jusqu'au Lac Baskatong; après quoi nous reprendrons ceux situés sur la Rivière-aux-Lièvres, depuis son embouchure jusqu'à son embranchement avec la rivière Kiamica. Puis, ensuite, ceux de la Rivière Blanche et de la rivière Petite-Nation, depuis. Thurso, dans le canton Loehaber, jusqu'aux lacs situes au-dessus du Lac Barrière, grand réservoir où s'alimente la rivière de la Petite-Nation ; pour terminer, enfin, par les quelques paroisses renfermées dans la seigneurie de ce nom formant la limite orientale du comté.

JBull. — Ce vaste canton a seize rangs de hanteur et renferme trois belles paroisses et une mission: Saint-Paul, Saint- Etienne, Sainte-Elizabeth et N. D. de Bon Secours.

La paroisse de Saint-Paul, communément appelée Aylmer, «est plutôt un grand village qu'une paroisse agricole, puisqu'elle ne renferme réellement qu'une quinzaine de familles cultivant la terre. Ce joli et riche village, dont l'époque de formation remonte vers l'année 1830, est agréablement situé sur le lac des Chênes, à 8 milles de la cité d'Ottawa, et il est le chef-lieu du district judiciaire de l'endroit. Une belle et magnifique église en pierre de 110 pieds sur 50, complètement terminée, a été construite au centre du village, et livrée aux offices du culte depuis le jour de sa bénédiction solennelle, •qui eût lieu le 29 septembre 1861. Un prêtre réside dans cette paroisse depuis le 1er octobre 1840. Le chiffre de la

Population de Saint-Paul s'élève aujourd'hui à 1,586 âmes ont 623 personnes sont d'origine canadienne-française. Les deux tiers de la population totale sont catholiques. La

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Sroximité de ce village de la ville d'Ottawa en fait un centre 'affaires considérable et le rendez-vous des personnes engagées dans le commerce dn bois de la Gatineau.

En face de la ville, près de l'embouchure de la rivière Gatineau, dans le petit village de Hull, se trouve la Chapelle des Chantiers, placée sous le patronage de N. D. de Bon Seconrs, dans laquelle se réunit a certaines époques déterminées la vigoureuse population des chantiers à bois, que les RR. Pr . Oblats dirigent dans la voie du devoir et du salut.

La deuxième paroisse, celle de Saint-Etienne, est située au centre du canton, à l'endroit appelé Chelsea. Une église en bois, de 50 pieds sur 30, et un presbytère, sont construits dans le village de Chelsea, et un prêtre y réside depuis 1840. La population s'élève à environ 2,000 âmes ; les deux tiers appartiennent à l'origine irlandaise et l'autre tiers à celle canadiennefrançaise ; toutefois, il y a 1,600 catholiques.

La troisième paroisse se développe sur les bords de la rivière Gatineau, et elle est placée sous le patronage de Sainte-Elizabeth. Une église en bois, de 50 pieds sur 30, est construite sur le bord de Peau, et cette population est desservie par M. le Curé de Saint-Etienne, depuis le 13 mars 1855. Je vois que le chiifre de la population de cette nouvelle paroisse est d'environ 1,500 personnes.

En réunissant dans une seule et même colonne les chiffres des divers centres de population renfermés dans le canton Hull, on arrive à constater une population totale de 5,297 âmes dont 1,043 habitants sont canadiens-français. Les catholiques comptent dans ce chiffre pour 3,071 âmes, et les diverses autres dénominations religieuses pour 2,226 âmes.

L'étendue des terrains possédés s'élève a 51,102 acres dont 14,174 acres sont en état de culture, qui ont produit 21,186» minots de blé, 84,31)4 minots d'autres grains et 76*575 minots. de patates et navets, en 1860, formant en tout 182,153 minots. et 4,334 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière du village d'Aylmer est de $292,795, et celle des. aaïtres centres du canton de $1,058,010, formant en tout $1,35.0,805.

Parmi les produits de la ferme se trouvent 10&>45& lbs. de beurre, confectionné dans ce canton durant l'année- 1360.

Eardley. — À l'ouest du canton précédent se rencontre Eardley, borné par le Lac Chaudière* et qui renferme une

Îopulation de 1,005 habitants dont 274 sont canadiens-français, fne chapelle de 30 pieds sur 2.0 est construite dans ce canton,.

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et la population catholique, qui s'élève à 435 Ames, desservie par un prêtre des environs. On compte 3,611 ac en culture qui ont produit 7,716 minots de blé, 22,046 minots d'autres grains et 34,173 minots de patates et navets, en 1860, en tout 63,935 minots et 908 tonneaux de foin.

Templeton. — Ce canton est situé à l'Est de Hull et renferme 13 rangs de 28 lots chaque. 11 est abondamment arrosé par plusieurs petits lacs et rivières qui sillonnent dans toutes les directions cet important canton. Deux paroisses sont assises dans ce lieu : Saint-François de Sales et Saint-Bruno.

La première, qui est Tune des paroisses les mieux fondées, la plus ancienne du diocèse de l'Outaouais, est située à l'embouchure de la rivière Gatineau, en face de la cité, et renferme une population d'environ 2,000 âmes, presque toute catholique. Un beau et magnifique village est placé 6nr la pointe de la Gatineau, dans Teqnei se trouve une belle église en bois, de 80 pieds sur 40, et un presbytère occupé par un prêtre résident depuis le 6 septembre 1840. Les quatre

cinquièmes de la population sont canadiens-français ; le reste d'origine irlandaise, à l'exception de quelques familles écossaises et anglaises.

La deuxième paroisse, celle de Saint-Bruno, est située dans l'intérieur du canton, et renferme environ 600 habitants, oui sont desservis depuis 1854, dans leur petite chapelle, car M. île Curé de Saint-Joseph de Gloucester, paroisse située vis-à-vis et de l'autre coté de 1 Outaouais, dans le Haut-Canada.

D'après le recensement de 1861, la population totale de ces deux centres s'élève à 2,646 habitants dont 1,589 sont canadiens-français. On compte 5,392 acres de terre en état <de" culture qui ont produit 8,046 minots de blé, 28,376 minots •d'autres grains et 13,454 minots de patates et navets, formant «en tout 47,222 minots et 1,435 tonneaux de foin. La propriété ♦foncière vaut $144,610. Un chemin part du moulin de Perlons, dans Tenapleton, et se dirige vers la rivière Gatineau, Uttravere la partie supérieure de ce canton, pour aller aboutir sur îc Jot S"o. 7, dans le 9e rang de Wakefield. Le terrain est 'bon 'cmoique rocheux et peu uni. Les bois sont le pin et l'érable, «e dernier dominant. «Il existe dans les environs du chemin des pouvoirs d'eau et beaucoup de pierre . à chaux, suivant <qae le constate le rapport de M. John Cullen, conducteur des travaux de ce chemin.

Waiefield.~+Ge «eauton est situé à l'Est de la Gatineau, sur

▼* fcnn».— coirré d'otjtaouais. 348

la deuxième rangée des cantons de l'Outaouais, et renferme onze rangs de 30 lots chaque. Cette paroisse, qui se développe assez bien, est située sur la rivière Gatinean, vis-à-vis l'embouchure de la belle petite rivière de la Pêche, et renferme une population de 927 âmes dont 567 habitants sont francocanadiens. Un charmant viliajçe est formé, couvert d'élégantes maisons, boutiques d'ouvriers, mécaniciens et autres ; et dans lequel se trouve un moulin à scie, à farine, à caMer et une fabrique d'étoffe. Se trouve aussi au centre de ce village uneéglise en pierre de 65 pieds sur 36, et un presbytère occupé par un prêtre qui y réside depuis le 8 mars 1853. Cette paroisse a pour titulaire Saint-Joseph. Neuf diligences partent d'Ottawa, chaque semaine, transportant en moyenne 8 à 10 passagers chaque, longe la Gatineau par un magnifique chemin macadamisé, jusqu'à la Visitation, à la rivière Pikanock, tributaire ouest de la Gatineau.

Assez longtemps, la colonisation a langui faute de chemin, dans ce canton ; . mais» aujourd'hui, grâce à l'ouverture de quelques routes, on espère qu'elles vont fournir une bonne occasion aux colons de s'y établir avantageusement.

D'après le recensement de 1861, on évalue les terrains mis en état de culture à 5,099 acres dont 3,243 acres ont été ensemencés en 1860, lesquels ont produit 4,304 minots de blé7 24,987 minots d'autres grains et 18,822 minots de patates et navets, formant en tout 48,113 minots et 1,147 tonneaux de foin. La propriété foncière est estimée à $468,501. Un ehemin nouveau part du lot No. 17, dans le 1er rang de Wakefidd, passe par Templeton, et va aboutir à la Rivière-aux Lièvres, dans le canton Portland, formant une longueur d'environ 13 milles. Le sol, — dît M. Hamilton, conducteur des travaux, — dans les endroits où il n'est pas rompu par les montagnes ou les rochers, est de la meilleure qualité. Les bois les plus communs sont l'érable, le merisier, le bois blanc, Tonne, la pruche et le bouleau. Ce chemin passe à travers l'un des plus beaux terrains agricoles du Bas-Canada, et son ouverture sera le moyen de faire établir rapidement les townships de Portland, Denholm, Bowman, Biglow et Wells, fla©8 lesquels se trouvent d'immenses étendues de belles terres. L'avantage de ee chemin s'est déjà fait tellement sentir que la partie nord-est de Waketield a été presque toute vendne par l'agent local depuis 12 mois. Les éniigrants Prussiens qui se sont établis dans le canton Bowman passent par ce chemin. Le pin a été exploité sur une grande échelle, mais il en reste encore en quantité suffisante pour les besoins

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future des colons. On trouve dans ces localités grand nombre de pouvoirs d'eau, quantité de pierres à chaux, et des indices de mines de fer, de enivre et de plomb.

Masham. — Vis-à-vis de la paroisse de Saint-Joseph, qne nous venons de voir, se trouve la belle paroisse de Sainte- Cécile, assise à 6 milles de la Gatineau, sur la petite rivière de la Pêche qui passe entre le 2e et le 3e ranjj de Mashain. La population de Ste. Cécile s'élève à 1,761 âmes, dont 1,392 sout canadiens-français ; les catholiques comptent dans ce chiffre pour environ 1,500 âmes. Cette paroisse canadienne,, qui avait pris d'abord beaucoup de développements, est arrivée à un temps d'arrêt à cause de la qualité inférieure da terrain. Une église en bois de 45 pieds sur 30, ainsi qu'un presbytère, sont construits dans un beau petit village qui est forme au bord de la rivière de la Pêche, et traversé par un magnifique chemin. Un prêtre réside dans cette paroisse depuis 1 automne de 1853. On compte 5,295 acres de terre en culture dont 3,876 acres ont été ensemencés, en 1S60, lesquels ont produit 5,645 minots de blé, 38,004 minots d'autres •ains et 33,163 minots de patates et navets, formant en tont '6,812 minots et 1,495 tonneaux de foin. Malgré que la qualité du sol soit médiocre, le blé a donné un peu pins que 11 minots par chaque acre semé, et les pois près de 181 minots aussi par acre.

Low. — En continuant à remonter la route centrale de la Gatineau, on voit, à droite et à gauche, d'importants établissements possédant des troupeaux de toutes sortes d'animaux domestiques, et des champs couverts d'abondantes moissons, chaque Eté. Puis, ensuite, nous arrivons au village du canton Low, situé non loin des chûtes de Pnagan, dans lequel on se prépare à bâtir incessamment une église pour les besoins du culte religieux de la population, qui est presque toute catholique. On compte 822 personnes résidant dans ce canton dont 395 sont d'origine canadienne française. Cette population est desservie par M. le Curé de Mainte-Cécile. Le canton Low est arrosé par de nombreux cours d'eau qui

{>rennent leurs sources dans différents petits lacs situés dans e canton. Entr'autres lacs se trouvent : le lac del'Islc, eimé dans les 5e et 6e rangs ; le lac du Brochet, dans le 10e rang, et le lac à la Truite, dans le 13e rang. Le nombre d'acres de terre mis en état de cnlture s'élève à 3,018 acres, qui ont produit 2,472 minots de blé, 14,867 minots d'antres

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grains et 22,640 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 39,979 minots et 795 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est estimée à $59,529.

DenAolm. — Ce canton est situé à l'Est de la rivière Gatineau, et renferme huit rangs de 39 lots chaque, allant dans la direction de l'Est à l'Ouest. Dans la partie sud du canton, l'aipentage a varié. Là, près des chûtes dePuagan, situées dans ce canton, on a divisé les terres allant du Nord au Sud, en formant un rang double séparé par un chemin en ▼oie d'ouverture qui conduit de la Gatineau a la Rrivière-aux- Lièvres. Il y a 213 habitants établis dans Denholm dont 78 sont canadiens-français, lesquels possèdent 367 acres défrichés qui ont produit 488 minots de blé, 1,970 minots d'avoine et 2,500 minots de patates et navets, en 1860, en tout 4,95S minots et 162 tonneaux de foin. Je ne possède point d'autres renseignements sur l'endroit.

ffincks. — Au-dessus du canton que nous venons de voir so trouve situé le canton Hincks, borné à l'Ouest par la rivière Gatineau, et à l'Est par le grand Lac du Poisson Blanc. Il n'y a actuellement que six rangées de terres qui soient arpentées et subdivisées, et dont; les trois derniers rangs ne le sont qu'en partie. Toutes ces terres, de même que celles des cantons qui nous restent à voir sur la Gatineau, vont dans la direction de l'Est à l'Ouest. Le lac Sainte- Marie est aussi sitné dans ce canton, et donne son nom à la paroisse nouvelle qui se développe si avantageusement dans ses alentours. La population de Sainte-Marie s'élève à 262 âmes dont 99 personnes sont d'origine canadienne-française, laquelle est presque toute catholique. C'est M. le Curé de Saint-Joseph (Wakefield) qui la dessert Les terrains défrichés forment une étendue d'environ 629 acres, qui ont produit 769 minots de blé, 2,674 minots d'autres grains et 3,630 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 7,073 minots et 14é tonneaux de foin. Le recensement de 1861 constate qu'un arpent semô de blé d'automne a donné 25 minots, et un arpent d'orge a fourni 22 minots ; l'avoine a rendu près de 16i minots par acre.

Aylwin. — Ce canton est sitné vis-à-vis de eelni que noua venons de considérer, et renferme une population de 350 personnes, toutes d'origine britannique. Les catholiques, an nombre de 116, sont desservis dans une maison particulière à

certaines époques déterminées. On compte 1,300 actes défrichés, qui ont produit 637 minots de blé, 12,277 minots d'autres grains et 14,430 minots de patates et navets, -en 1860, formant en tout 27,344 minots et 319 tonneaux de foin. La valeur de La propriété est estimée à $40,920. Ce canton est arrose complètement par la rivière Kazubazua, qui prend sa source dans le canton Leslie, traverse Cawood et Ayhrin, pour aller se jeter dans la rivière Gatineau,' laquelle borne a l'Est ce canton. A l'embouchure de cette rivière se trouve l'un des chantiers à bois de MM. Gilmour et Cie. Un petit lac, d'une étendue d'environ 2 milles, qu'on a nommé Danford, fourni aussi ses eaux à la rivière ei-dessus mentionnée. L'angle nord de ce canton est aussi traversé par la rivière Pickanock, qui arrose les terres du N° 39 à 48 dans le lie rang, et celles du N° 48 à 52, dans le 10e rang de ce même canton.

Wright — Ce canton renferme une paroisse naissante presqu'exclusivement habitée par des canadiens-français, laoueile est située à l'embouchure de la rivière Pickanock a laquelle ie viens de faire allusion. Elle est placée sous le patronage de N. D. de la Visitation, et renferme une population d'environ 400 habitants, qui sont desservis par les RJR. PP. Oblats, de Notre-Dame du Désert. La Chapelle de Notre-Dame de la Visitation, de 60 pieds sur 36, est bâtie au bord de la rivière G-atineau, à 60 mules environ de la ville d'Ottawa. Un grand nombre de petit lacs arrosent le canton, entr'autres le Lac des Esturgeons, le Lac à la Truite et celui du Castor. Les terres de ce canton sont toutes arpentées et forment dix rangées. La récolte de 1860 a fourni 11,140 minots de grains et 6,371 minots de patates et navets, formant en tout 17,517 minots et 228 tonneaux de foin, étant le produit de 1,170 acres défrichés, outre les pâturages. La valeur de la propriété foncière est évaluée à $14,050.

Northfield, — Ce canton, situé vis-à-vis de celui de Wright, renferme une population de 206 habitants dont 118 sont franco-canadiens, et possèdent 852 acres défrichés qui ont produit 345 minots de blé, 5,600 minots d'autres grains, et 6,511 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 12,456 minots et 193 tonneaux de foin. La valeur de ces défrichements, bâtisses, etc., est évaluée à $12,662. Le lac Sainte-Marie s'étend dans ce canton jusqu'au tiers environ, et couvre en entier cette partie du Se rang de Northfield. L'étendue de ce canton est considérablement augmentée par

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le détour considérable que fait vers l'Ouest la rivière Gatineau, en cet endroit, et qui diminue d'autant la quantité des terres renfermées dans le canton Wright, que nous Tenons de roir. Le fond de ce canton, ainsi que celui de Cameron, que nous allons maintenant considérer, est borné par le Grand Lac, long d'environ 22 milles sur une largeur variant depuis un demi mille jusqu'à quatre milles.

Cameron. — Ce canton renferme 6 rangs do profondeur, et il est borné à l'Ouest par la rivière Gatineau, «t à l'Est par le Grand Lac que je viens de mentionner. Plusieurs courants parsemés de petits lacs ou étangs arrosent le canton, vers le centre, pour aller ensuite tomber dans la Gatineau, à l'endroit •ou cette rivière se sépare en deux chenaux. La population do Cameron, qui est presque toute catholique, s élevé à 287 habitants, dont 122 sont d'origine irlandaise et 115 d'origine canadienne-française. Les défrichements comptent pour 652 acres, qui ont produit 577 minots de blé, 5,698 minots d'autres

frains et 8,576 minots de patates, en 1860, formant en tout ,791 minots et 144 tonneaux de foin.

Bouchette. — Ce canton, situé vis-à-vis du précédent, renferme quatre rangées de terres arpentées «et subdivisées en lots de 100 acres chaque, et compte une population de 400 âmes dont 258 habitants sont d'origine franco^eanadienne, et le reste

Eresqu'exclnsivement d'origine irlandaise. Toute cette popuition est catholique, à l'exception de 60 personnes. On y possède 459 acres défrichés qui ont produit 240 minots de blé, 5,221 minots d'autres grains et 4,181 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 9^642 minots et 109 tonneaux de foin. L'intérienr du canton n'est point arpenté, mais il est abondamment arrosé par de nombreux courants et petits lacs qui s'y trouvent. Une chapelle est en voie d'être construite incessamment dans ce canton.

Maniwauki. — Ce canton est l'un des plue fertiles de la rivière Gatineau et renferme déjà environ 200 âmes, dont la moitié est d'origine canadienne-française, et l'autre moitié d'origine irlandaise, on sauvages établis sur les terres. Une chapelle en bois de 40 pieds sur 26, avec presbytère, sont construits au confluent de la Rivière du Désert avec la Gatineau, à environ 90 milles de l'embouchure de cette dernière, et deux zélés prêtres de l'ordre des Oblats y résident depuis le 10 Mars 1850, lesquels sont également chargés des nombreuses missions qui

sont éparpillées dans ce vaste territoire. Quoique les communications soient des plus pénibles, n'ayant point encore de chemin ouvert, cependant la colonisation se développe assez bien dans cet endroit. Des moulins construits depuis peu seront très avantageux aux habitants, et les chantiers qui les environnent leur offrent déjà un excellent débouché pour leurs denrées. Ces quelques familles possèdent environ 256 acres défrichés qui ont produit 1,514 minots de grains et 1,807 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 8,321 minots et 179 tonneaux de foin. La nouvelle paroisse a pour titulaire Notre-Dame du Désert.

JKensington. — En passant à l'Est de la Gatineau nous noua trouvons dans le canton Kensington, qui renferme 6 rangs de 55 lots chaque et dans lequel sont établies 24 familles, comprenant 211 personnes dont 73 sont canadiennes-françaises. Une chapelle est en voie d'érection, et la nouvelle paroisse se développe sur le bord de la rivière Gatineau, près de l'embouchure de la Rivière du Désert, vifr-à-vis celle que nous venonc de voir. Ces établissements, quoique formés a une si grande distance au nord, du fleuve Saint-Laurent, ne sont toutefois qu'à environ 3 milles au nord de la latitude de Trois-Bivières, et par conséquent le climat ne saurait inquiéter les personnes disposées à s'y établir* D'ailleurs, tous les témoignages s'accordent à dire que les récoltes mûrissent très bien, et que les gelées n'apparaissent point plus vite là qu'ailleurs. Les défrichement? s'élèvent à 468 acres, qui ont produit 721 minots de blé, 3,679 minots d'autres grains et 3,490 minots de patates et navets; en 1860, formant en tout 7,890 minots et 1,905 tonneaux de foin.

Aumond. — Au bord du canton précédent, sur la rive droite de la Gatineau, se développe une paroisse nouvelle qui renferme déjà 131 personnes dont 47 sont canadiennesfrançaises, et le reste d'origine irlandaise. Ce canton renferme 8 rangs dont 5 rangées de terres sont arpentées et subdivisées en lots de 100 acres chaque. Un grand nombre de rivières on ruisseaux arrosent le sol de ce canton, ainsi qu'un grand nombre de petits lacs. Parmi les principaux se trouvent : le Lac Saint-Joseph, le Lac du Pin, le Lac Murray, situé dans la partie sud, et le lac du Castor-Blanc, dans la partie nord du canton. Les défrichements s'élèvent à 83 acres, qui ont produit 438 minots de grains et 526 minots de patates, en 1860, formant en tout 964 minots et 10 tonneaux de foin. Le bétail

▼• étude.— ooirré d'outaouak* 349

ee compose de 13 bètcs à cornes, 3 chevaux et 4 montons, en tont 20 tètes, évaluées à $568, et les défrichements, bâtisses, etc., sont estimés à $1,100.

JEgan. — De l'antre côté do la rivière est assis le canton Egan, dans lequel se trouve l'importante Rivière du Désert qui longe les terres des 8e et 4e rangs de ce canton. On compte déjà dans ce noo veau centre de colonisation une population résidente de 140 personnes, d'origine irlandaise et presque toute catholique. L'étendue défrichée s'élève à 786 acres, qui ont produit 368 minots de blé, 5,394 minots d'autres grains et 3,393 minots de patates et navets, formant en tout 9,155 minots et 169 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est estimée à $18,390.

Sicotte. — Le dernier centre de colonisation de la rivière Gatineau se trouve situé dans le canton Sicotte, quelques milles en deçà du Lac Baskatong, distant d'environ 112 milles de la cité d'Ottawa. On compte environ quinze personnes établies dans ce canton, possédant 37 acres défrichés qui ont

Eroduit 750 minots de grains et 10 tonneaux de foin, en 1860. .e sol est de bonne qualité et très propre à toutes espèces de culture. La ligne nord de ce canton atteint le Lac Baskatong, lequel se trouve à environ quatre milles au sud de la latitude de Québec.

Pour l'information plus générale des lecteurs de ces Etudes, j'ajouterai que le grain, les patates et autres végétaux, sont cultivés avec autant de succès *que dans les seigneuries du fleuve Saint-Laurent sur les grandes fermes des chantiers situées souvent à 30 et 40 milles plus au nord et notamment sur la Rivière du Désert. Sur les terres défrichées le long de cette dernière rivière on constate aussi que la culture du blé d'automne réussit très bien.

A. J. Russell, ëcr., chargé des travaux des chemins de colonisation dans l'Outaouais, mentionne dans un magnifique rapport en date du 27 Mars 1862 " qu'il est bien constaté, •aujourd'hui, qu'en arrière des hauteB terres des Laurentides, c'est-à-dire sur une étendne variant d'un à deux cents milles au nord de la rivière des Outaouais, le sol devient plus bas, et que dans cette grande dépression, qui est large d'environ 100 mines, d'une longueur inconnue de l'Est à l'Ouest, et que parcourt pendant 350 milles la partie supérieure de la rivière des Outaouais, il y a beaucoup de terres propres à la culture,

350 COLOHI8ÀTION DU BAfl-GAHÀDA.

désignées par ceux qui ont visité cette région comme étant moins accidentées et moins rocheuses que dans les nouveaux townships situés sur les rivières Madawaska et Gatineau. On trouve de la pierre calcaire stratifiée à la tête du Lac Témiscamingue et au Grand-Lac, à 100 milles plus à l'Est. Comme ces deux points, et une plus grande partie de cette vallée, sont à un degré sud de la latitude du Lac Saint- Jean, sur le Saguenay — territoire connue pour avoir un elimat

serait absurde de supposer qu'il n'en serait pas de même sur le territoire beaucoup pins considérable du Haut-Ottawa, facilité comme il le sera par ses- grande* voie» de navigation intérieure. "

Le grand chemin de la vallée de la Gatineau, tracé sur la rive gauche de cette rivière jusqu'au confluent de la Rivière du Désert et de la Gatineau, traverse en cet endroit sur sa rive droite et continue de longer cette rivière plus ou moins pour aller aboutir finalement au Lac Baskatong, situé à environ 120 milles d'Ottawa. Il est ouvert et macadamisé dans sa partie inférieure, depuis le village de Hull, vis-à-vis la cité d'Ottawa, jusqu'aux Rapides de Puagan, dans le canton Low, formant une longueur d'environ 36 milles. Sur cette étendue,— dit M. Russell, — le chemin passe généralement sur un riche sol d'argile et dans les plaines d'alluvionde la rivière. Les côtes qui viennent finir près de la rivière et qui affectent de temps en temps la forme de caps à pics, empiètent parfois sur le chemin et ne lui laissent que juste l'espace pour J circuler.

La partie supérieure du chemin, depuis les rapides susmentionnés jusqu'à la Rivière du Désert, est également ouverte jusqu'aux environs du canton Maniwauki mais bien moins parachevée. M. Russell signale certaines parties du chemin à perfectionner, et demande avec instance la confection immédiate de la dernière partie du chemin, depuis le lieu où il n'est pas encore ouvert jusqu'au lac Baskatong, non pas seulement pour donner accès à certains cantons oui renferment de bonnes terres, mais aussi pour l'avantage des établissements existants et de l'important commerce d'une partie de cette localité. Ce monsieur ajoute également que depuis le haut de la Rivière du Désert le chemin de la Gatineau devra être continué du côté Est de cette rivière, vu

V* ÉTUDE, — COMTÉ D?OUTAOÏL4I8. 351

que le côté Ouest de la Gatineau devient moins avantageux à 1» colonisation que son côté Est* Suivant que je l'ai exprimé pins haut, le tracé a été fait de cette manière. MM. Farrell et Desloges, conducteurs de» travaux de ce che.nin, disent que les bois sur les hauteurs sont l'érable, le merisier, le hêtre, la pruche, le bois blanc, l'orme, le pin et le sapin ; en quelqne» endroits le pin et le cèdre dominent, en d'autres le bois mou est le plus abondant \ mais généralement il existe un mélange de tous les bois sur tout le cours du chemin. Le terrain &y trouve aussi de diverses qualités, mais plus généralement il est un mélange de terre grasse, sable, etc. A tout prendre, ajoutent-ils, il est propre à l'agriculture.

Peter A ylen, écr^ arpenteur, qui connaît le territoire de la Gatineau depuis 28 ans, pour l'avoir exploré plus o «'aucun autre en allant à la recherche de coupes de bois, est <r opinion que " les terres propres à la culture, sont généralement d'un sol riche et profond qui, bien que rocheux par places, est composé de marne sur le sommet des cotes et d argile dans les vallées, et que ces deux espèces sont recouvertes d une épaisse couche de terre noire," Il ajoute que " rarement on trouve le sol aride et sablonneux."

Suivant M. Russell, un quart des terres dans les parties connues de la vallée de la Gutineau peut être considéré* comme propre à la culture ; mais il est possible, ajoute-t-il, que la quantité en soit plus considérable.

Voyons maintenant les cantons situés sur la Rivière-anxlièvres.

JBuckingham. — Ce canton est situé sur la rivière Outaouais, à environ 22 milles au-dessous* de la cité, et il est séparé en deux parties pretqu'égales par la Rivière-aux-Lièvres, qui coule au centre. Sur le bord de la rivière, le terrain est bas, mais il s'élève bientôt et graduellement au point, que dans l'intérieur, certains endroits deviennent montagneux. Trois paroisses eont formées dans ce canton, dont deux sont à l'Est de la Rivière-aux-Lièvres, et l'autre à l'Ouest, augmentant chaque année considérablement, surtout cette dernière.

La première est située à environ quatre milles de la rivière Outaouais, dans la partie Est du canton, et possède une église en bois de 65 pieds sur 36, et un presbytère, construits dans le village de Buckingham, comme on le dénomme généralement. Cette paroisse a pour patron Saint-Grégoire de Nazianze, et renferme une population de 1,186 habitants dont 555 sont canadiens-français. Le village seul renferme environ

352 OOLOKlSAltOH DU BAfi-CANÀDÀ.

350 âmes, et fl est le centre principal des affaires commerciales de l'endroit et ses alentours. Un prêtre réside dans cette paroisse depuis 1840. Il y a date le village de Bnckingham plusieurs pouvoirs d'eau très importants, sur lesquels plusieurs scieries sont établies, et qui manufacturent en planches et en madriers au-dessus de 50,000 billots par année.

La deuxième paroisse occupe l'intérieur du canton, et a pour titulaire Saint- Alexis. Une Chapelle de 30 pieds sur 24 est bâtie sur la rive droite de la Rivière-aux-Lièvres, et renferme une population complètement agricole, que dessert M. le Curô de Saint-Grégoire.

La troisième paroisse en voie de progrès est assise dans la

Eartie Ouest du canton, et renferme une population de 6 à 700 abitants, presque tous d'origine canadienne-française. Les habitants de cette nouvelle paroisse sont desservis par M. le Curé de Saint- Joseph de Gloucester, depuis le 6 octobre 1861 ; cette paroisse a pour vocable l'Ange-Gardien, et une Chapelle est en voie d'érection dans ce moment.

La population totale des trois centres ci-dessus s'élève à 3,603 habitants dont 1,729 sont d'origine canadienne-française, et la grande majorité da reste de la population d'origine irlandaise. Les catholiaues comptent dans ce chiffre pour 2,800 âmes. L'étendue des terrains mis en état de culture est de 4,384 acres dont 2,528 acres ont été ensemencés en 1860, lesquels ont produit 45,272 minots de grains et 26,201 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 71,473 minots et 80 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière du canton entier est estimée à $179,380.

Un chemin part du village de Buckingham et court au nord l'espace de 15 milles; il suh la rive Est de la Rivière-aux- Lièvres jusqu'à l'embouchure du Ruisseau des Prêtres, dans le canton Bowman, et de là, suivant la vallée de ce ruisseau jusqu'à la ligne Ouest du canton Portland, va se terminer dans WaKcfield, sur la rive de la Gatineau, formant une longueur de 37 milles. M. Hugh Gorman, conducteur des travaux, rapporte que le terrain à travers lequel passe ce chemin, peut être évalué pour les deux tiers au moins, comme étant susceptible d'un haut degré de culture; le reste n'est pas un terrain uni, comme je l'ai mentionné déjà, cependant, il peut procurer de bons pâturages. Les terres de Portland sont encore préférables et plus faciles à défricher, parait-il. Quant au terrain qui se trouve situé eotre la Rivière-aux- Lièvres et celle de la Gatineau, il est généralement excellent. " Cette étendue de bons terrains offre à la colonisation des

Ve ETUDE.— COMT& d'oUTÀOUÀIS. 863

. avantages aussi grands qu'aucune autre partie du Canada," continue de dire M. Gorman. Il ajoute que " la population de la partie nord des cantons Bùckingham et Portland a doublé depuis quelques années, composée d'habitants de diverses origines qui vivent tous dans la plus grande harmonie. La pins grande partie d'entre eux sont venus, il y a peu d'anftées, s'établir sur ces terres dans un état voisin de l'indigence et

1 'ouïssent maintenant de la paix et de l'abondance, fruits égitimes de la religion, de l'éducation, de l'honnêteté, de l'industrie et de* resprit d'entreprise de ces courageux pionier&"

Portland'. — Au-dessus dfes cantons Bùckingham et Templeton se trouve celui de Portland, lequel a dix rangs de hauteur. Depuis le 5e rang jusqu'aux Grandes Chûtes, situées au-dessus du 10e rang, les terres bornées par la rivière vont de l'est à l'ouest, tandisque les autres lots du canton vont du nord au sud. Plusieurs branches de rivières arrosent cette contrée, qui renferme une grande étendue de bonnes terres, et qui est en voie de se coloniser rapidement. On communique par eau depuis le village de Bùckingham, au-diessus des Petites Chûtes dont j'ai parlé, jusqu'aux Grandes Chûtes du 1er rang de Bowman, par la Èivière-anx-Lièvres, mais en la remontant il y a plusieurs portages, sans compter les rapides, où il faut naler ou pousser l'embarcation avec les rames. " Là où Ta Rivière-aux-Lièvres traverse le 6ommet des Laurentides, près des Grandes Chûtes, — dit M. Russell àéfo cité, — le terrain est beaucoup accidenté."

La population de ce canton s'élève à 429 habitants dont 242 sont canadiens-français, et le reste d'origine irlandaise. Mais depuis 1861, c'est-à-dire depuis que le recensement a été fait, on m'informe que quelques familles norvégiennes ont été s'établir sur la îtivière-aux -Lièvres, dans le haut du canton, près des Grandes Chûtes déjà mentionnées. Les défrichements s'élèvent aujourd'hui dans ce canton à 467 aères, dont 211 acres ont été ensemencés en 1860, lesquels Ont produit 520 minots de blé, 4,272 minots d'autres grains et 3,824 mdnots de patates et navets, formant en tout 8,616 minots et 195 tonneaux de foin. Un acre semé en blé d'automne- a donné 25 minots. La valeur des défrichements, bâtisses* etc., est estimée à $12,187.

Bowman. — Ce canton est situé à l'ouest de la Rivière-aux- Lièvres, borné an fond dans sa partie supérieure, par la pointe

354 coLomsATios du bas-cajfadà.

sud dn grand Lac au Poisson Blanc, qui a une largeur, en cet : endroit, d'environ quatre milles, et dont la longueur totale peut être estimée a 13 milles. On compte 232 personnes établies dans l'endroit, dont 170 sont d'origine canadiennefrançaise, le reste étant d'origine irlandaise. Depuis que le recensement est fait, des familles allemandes et norvégienne» ont aussi été s'établir dans ce lieu, près d'un petit Lac qui fie trouve au centre du canton. Les défrichements des quelques familles établies dans Bowman s'élèvent à 314 acres dont 164 ont été ensemencés en 1860, et ont produit 1,269 minot* de . grains, 910 minots de patates, et 384 tonneaux de foin.

M. Russell, d'Ottawa, recommande au gouvernement . l'ouverture d'un chemin nouveau qui partirait en arrière du canton de Hul), sur la rivière Gatineau, et irait aboutir au Ruisseau des Prêtres, sur la Rivière-aux-Lièvres, dans le canton Bowman. Cette ligne de ebemin passerait près de Fanglc nord-ouest de Templeton, et continuerait ainsi en longeant de près la ligne entre Wake&eld et Portland, jusqu'à Bowman. Ce chemin, paraît-il, traverserait une grande étendue de bonnes terres situées dans- Wakefield, Pertland et Denholm, et mettrait en communication facile les habitants de ces divers cantons, qui.se colonisent activement, avec la cité de l'Outaouais. Comme le remarque encore M. Russell, ce chemin est essentiel pour communiquer aux rétablissements norvégiens et allemands qui se . forment aujourd'hui dan» Bowman. D'ailleurs, s'il est à propos d'encourager ce» . immigrés, il doit l'être aussi d'ouvrir un ehemin aux premier» t colons de cette classe dans cette partie de la province, car, par le fait qu'ils ignorent les langues française et anglaise, il» éprouvent au début de bien plus grands inconvénient» que le» autres.

Biglow.—Ce canton est emprisonné entre le Grand Lac , ci-dessus mentionné et la Rivière-aux-Lièvres, et renferme une population de 148 personnes dont 108 sont d'origine canadienne-française, et les autre» d'origine irlandaise. H n'y avait que 65 acres défriché^ en 1860, lesquels avaient produit 493 minots de grains et 110 minots de patate», outre 58 tonneaux de foin. Ce canton a une forme conique, ne renfermant qu'environ le tiers d'un canton ordinaire, et il est abondamment arrosé par de nombreux courants d'eau qui sillonnent partout le sol, qui ne manque pas de fertilité, . quoique inférieur à celui du canton que nous venon» devoir.

'Y* ÉTUDE. — COMTé^OUTAOUAIS. -335

Wells* et Villeneuve. — Ces deux cantons «ont situés* à* l'Est

* de la Rivière-anx-Lièvres ; le premier, sur la même 2igne>de

Biglow, et l'antre, immédiatement au-dessous, sur la; morne

rangée que Bowman. Le sol du canton Wells est. bonnet

facile à préparer ; et il renferme de bonnes terres à surface

unie jusqu'à la Rivière-des-Sonrds. Quant an canton *YiMe-

neuve, une bonne partie du township est aride et montagneuse.

. Il y a des familles établies dans chacun de ces cantons,. usais

. je ne puis en préciser le chiffre.

JBlake. — Ce canton est sur la même digne que Nofthftéld, niais il est encaissé complètement entre le Grand- Lae,-*-de'.25 milles de longueur, 6itué au fond de certains cantons *te. la Gatineau, — et la Ri vière-aux- Lièvres. On compte dans «ce canton une population de 70 habitants dont 82 sont francov canadiens et les autres d'origine irlandaise. Toote «cette population est catholique, à l'exception de 3 personnes. GOn y possède 108 acres défrichés qui ont produit 815 minais» de grains et 870 minots de patates et navets, entl860Tibnm&a1> en tout 1,685 minots et 2U tonneaux de foin.

McGUh — De l'autre côté de la rivière^visrà-visiducMlton que nous venons de parler, se trouve situé celui 'de MfeGill, lequel renferme 22 habitants. Il y a environ 65 acres défriches, qui ont produit 425 minots de grains et 400 minois de patates, en 1860, en tout 825 minots et 25 tonneau» de'fàin.

i?3fo7y.— *Ce canton est situé à l'Efet du précédent,» ett sur la même ligne. Il n'y a que quelques familles établies * Sans 'l'endroit, qu'on peut évaluer à environ 20 personnes,- d'erigine irlandaise et canadienne-française, lesquelles possèdent 50 acres défrichés, qui ont produit 1,335 minots de grains *et 15 tonneaux de foin, en 1860.

Dudley. — Au-dessus du précédent canton se trouve cèliii de Dndlev, qui renferme 65 personnes dont 40 sont canadiennes» françaises. La Rivière-aux-Lièvres borne à l'ouest ce canton, et la qualité de son sol devient supérieur à celui 'des quelques derniers centres que nous venons de 'voir. La colonisation ne fait que commencer à se développer dans cet endroit. Lors dn recensement de 1861, il n'y avait encore là que 18 acres défrichés qui produisirent 320 minots de pois, 80? minots d'avoine, et 209 minots de patates et navets, en 1860. .

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