XL.— -Comté d'Arcenteoll
Ce comte, borné par la rivière des Outaouais, renferme une population de 12,897 habitants dont 2,781 sont canadiensfrançais, lesquels possèdent 179,095 acres de terre dont 69,459 acres sont en état de culture.
La récolte de 1860 a été de 364,149 minots de grains et 224,876 minots de patates et navets, formant en tout 589,025 minots et 20,396 tonneaux de foin, le tout évalué à $327,196.85.
Les produits de l'industrie domestique, comprenant le sacre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à $77,417.84.
Le revenu des jardins est de $2,048 ; la valeur du bétail, au chiffre de 27,778 têtes, est estimée à £351,161 ; et les voitures d'agrément, au nombre de 702, sont évaluées à $19,168.
Les instruments d'agriculture valent $94,229 ; et la valeur de la propriété foncière est estimée à $1,218,329.
Formant une valeur totale de $2,089,549.69.
Ce comté renferme une grande quantité de terres arpentées et subdivisées en lots pour les fins de la colonisation, situées dans les cantons Mon te al m, Àrundel et de Salaberry, où pas moins de 70,000 acres sont annoncés en vente au prix de 30 cents l'acre. L'agent local, W. Thompson, écr., demeure dans le canton Arundel. On se rend à cette agence par bateau-àvapeur de Montréal à Greenville, et ensuite par terre jusqu'au bureau. Le sol est généralement bon quoique rocheux par endroit et souvent inégal.
Quoique le gouvernement ait octroyé $12,900' pour l'ouverture des chemins dans ce comté, depuis 1853 à 1861, cependant ces chemins sont loin d'être assez avancés pour permettre à la colonisation de se développer efficacement. On sait par une assez longue expérience que les colons n'osent guère s aventurer dans Ta forêt où il ne se trouve point de chemin, et c'est pourquoi la colonisation ne fait guère de progrès.
Comme le moyen le plus puissant d'attirer des colons est l'ouverture des routes conduisant des anciens établissements aux nouveaux, il serait donc de la plus haute importance de faire avancer plus rapidement le» nombreuses routes en voie d'ouverture dans ce comté, plutôt que d'en ouvrir de nouvelles et n'en finir aucune. C'est un mal qui se fait sentir dans bien des comtés.
Nous allons toutefois considérer Tes développements actuels de la colonisation dans ce comté.
Ve ETUDE. — COMTÉ D^ABGENTEUIL. 369
Xrrenville. — Ce canton est 6itué sur la Rivière-des-Outaouais «et1 renferme un sol varié et bon, surtout le long de cette rivière. A l'intérieur, le terrain devient brisé et inégal et la terre est d'une qualité inférieure, encombrée de rochers et autres obstacles a l'agriculture. La rivière Rouge coule an centre de ce canton, ainsi que plusieurs autres courants qui arrogent ce terrain très convenablement. En face du cantoii se trouve quelques petites isles, et les intervalles qui lés* séparent, dit M. Bonchette, forment plusieurs rapides.
Il y a dix ans, c'esi-à-dire en 1851, la population «de Grenville et son augmentation s'élevait à 1,992 âmes dont 518 habitants étaient canadiens-français, possédant 6,753 acres dç terre en état de culture qui avaient produit 29,6-48 minots de grains et 17,89 A minots de patates et navets, formant en tout 47,54:2 minots et 1,741 tonneaux de foin; Aujourd'hui, le chiffre do la population de cet eudroit s'élève à 2,178 habitants dont 467 sont d'origine câiiâdienne-fraiiçaise, laquelle possède 12,007 acre3 de terre en état de labour qui ont fourni une récolte de 71,100 minots de grains et 51,186 minots de patates et navets, formant en tout 122,286 minots et 1,988 tonneaux de foin.
C est donc une faible «augmentation de 186 âmes, depuis dix ans, sur la popuîatàéii totale." Les canadiens-français ont diminué au nombre de 51 personnes durant cette 'même époque. Quant au travail agricole, il est dans une phase de progrès très satisfaisant. On y a préparé durant ces dernières dix années 5,254 acres de terre nouvelle, et les récoltes ont augmenté dé 74,744 minots de grains et patates, en 1861. Le foin ne compte que pour un surplus de 247 tonneatix.
Les catholiques, qiii composent presque la moitié de la population totale, forment une paroisse placée sous le patronage dp Notre-Dame des Sept-Douleurs, laquelle est desservie par M. le Curé de Saint-Pnilippc, depuis 1850, dans une belle église en pierre de X® pieds sur 36, construite dans le village de Grenville.
Ce village est situé surîe bord de l'Outaouais, à la tête du Canal d'Ottawa, et renferme envirofi 900 âmes. Un chemin de fer relie cette place avec Carilloû, formant une longueur de 12 milles. La distance de Grenville à Montréal est <r environ 60 milles.
Deux chemins partent de Grenville pour l'intérieur ; l'un conduisant à Àmhèrst et l'autre dans la direction d'Arundel.
Le chemin de Grenville et Amherst commence dans les profondeurs de i^augmentation de Grenville et a été ouvert
l'espace de sept milles, en 1861, jusqu'à la raïïce de la- rivière Maskinongé, située prè3 de la ligue qui divise les comtésd'Ar^euteuil et d'Outaouais. Plusieurs familles se sont établies le long de ce nouveau chemin, où l'on trouve d'excellentes terres. Au-delà de la chaîne de montagnes qui passe par le centre des cantons environnants, courant de l'est a l'ouest, les terrains sont plus unis et offrent par conséquent plus de facilités pour les colons, surtout dans l'augmentation de Grenville. Deux nouvelles églises sont actuellement en construction dans ce dernier endroit. Dans le but d'atteindre les belles terres qui sont en profondeur, M. McCallum, conducteur des travaux de ce chemin, a judicieusement fait passer son chemin par la vallée sns-mentionnéc de la rivière Maskinongé, laquelle prend sa source dans le canton Ponsomby et va se décharger dans la rivière Rouge, à une distance d'environ 11 milles de son embouchure.
Le deuxième chemin s'étend de Grenville à Montcalm et Arundel, à travers Harrington j sa longueur est d'environ 26 milles. Le sol et les bois sont bons, mais le pays est montagneux ; les pouvoirs d'eau sont nombreux dans ces localités et la pierre à chaux y abonde. Il y a une grande quantité de pin d'exploité dans l'endroit, mais il en reste encore assez pour l'usage des colons. Des rapports établissent que le sol des cantons Montcalm, Arundel et de Salaberrv est excellent et que les bois francs sont en abondance, ocrant d'heureux avantages aux colons qui s'y établissent. M, Milway, chargé des travaux d'ouverture de ce chemin, disait djans l'un de ses rapports que le terrain était pierreux dan& Grenville, le long de ce chemin, jusqu'à la profondeur de ce canton, auquel endroit on trouve le merisier, le hêtre, et l'érable sur les hauteurs, et des bois mêlés sur le terrain plat. Daus la partie de Harrington, Montcalm et Arundel, que traverse le chemin, le terrain est meilleur, mais inégal en quelqu'endroit.
Chaiam. — Ce canton est voisin du précédentr à l'Est, et renferme un sol à peu près semblable. L'importante rivière du Nord passe dans l'angle sud du canton pour aller tomber dans la Riviôre-des-Outaouais, près des Rapides de Carillonr vis-à-vis de la paroisse de Saint- André.
En 1851, on portait le chiffre de la population de Châtain à 3,167 âme3 dont 878 habitants étaient canadiens-françaisr possédant 12,382 acres en état de culture qui avaient produit 46,738 miuots de gpaihs et 27,717 miuots de patates et navetsr
T* ÉTUDE. — COMTÉ d'àRGENTEITIL. 371
formant en tout 74,455 minots. Le recensement de 1861 constate qu'il y a aujourd'hui une population totale de 3,754 âmes dont 677 personnes sont d'origine canadienne-française, laquelle population forme quatre ou cinq centres particuliers de colonisation, possédant 18,509 acres de terre en état de culture qui ont produit 92,981 minots de grains et 47,969 minots de- patates et navets, en 1860, formant en tout 140,950' minots et 3,052 tonneaux de foin.
Par ce* calculs il appert donc que la population a augmentéde 587 âmes depuis dix ans, quoique les canadiens-françaisaient diminué de 201 personnes durant le même intervalle, et que les défrichements offrent un surplus de 6,127 acres de terre nouvelle. Il en est de môme des récoltes* tout naturellement, lesquelles ont donné un surplus en 1860 de 46,243 minots de grains et 20,252 minots de patates et navets, formant en tout 66,495 minots, outre le foin et les pâturages.
Suivant que je viens de l'exprimer, la population est établie dans plusieurs endroits du canton Châtain.
Un petit village, appelé Dalesville^ est situé dans Tea10e* rang, partie N. E. du canton, lequel renferme- environ 150< personnes. Plusieurs lacs et rivières se trouvent dans lesenvirons, et des chutes importantes existent pour les tins- de l'industrie et du commerce en général. Le sol est couvert db beau bois de construction, en quantité suffisante pour le besoin des fermes.
Un deuxième noyau se développe dians l'endroit appelé- Browrusbury^ situé au-dessous dài précédent, dans le 8e rangj lequel contient environ 175 personnes.
Un troisième centre est également formé dswis les 5ë- et 6erangs, qu'on désigne sous le nom de Starneville. J'ignore lu chiffre de la population de ce village.
Vient enfin lai nouvelle paroisse de Saint-Philippe, érigéecivilement depuis le 6 août 1861, laquelle- est située dans la partie S. O. du. canton. Une belle église en brique de 50 pieds sur 30, et un presbytère aussi en brique, sont construits* et un prêtre y réside depuis 1850.
Plusieurs chemins^sont ouvert» dans Chatam, et conduisent vers l'intérieur.
Le premier chemin, dfe Chafcami à "Wentworth, commence au- «hemin de front du 10e* rang, dans la ligne entre les lots Nos. 22 et 23, en arrière de Dal es ville, court au nord- est jusqu'au^ lot No. 21 du 1er rang de Wentworth, où il 6e joint a un. autre chemin.
Un deuxième chemin, part aussi de Chatam. et mène ai
Harrington, lequel commence au front du 10e rang, sur le lot No. 27, en arrière et vis-à-vis de Saint-Philippe, court vers le nord jusqu'à à peu près au centre dii lie rang, et prend ensuite- une direction nord-ouest jusque dans Grenville et va aboutir dans le 2e rang. d'Harringron, sur le lot No. 6, au chemin- de -Grenville à Etârrington, dont j'ai parlé plus haut, lorsqu'il s'est agi dés chemins de Grenville. M. Geo. Hamilton, conducteur de ce dernier chemin, dit que le terrain dans les environs de Dalesville et Hârrington, depuis le front du 10e rang- de Chatam, ainsi que dans les rangs nord du •canton Grenville, est léger avec sous-sol blanc sablonneux- Cette route est d'une longueur d'environ 32 milles.
Un troiéième'chemin commence à la Chute et va aboutir dans le canton Howard,? en .passant à travers Gore et Sainte- Angélique. L'ouverture dé ce chemin ne fyit que commencer, et la longueur projetée-est d'à peu pj'ès 25 milles. Le terrain traversé par ce chemin est un loarn sableux. Le bois franc .domine, mais on y trouve aussi du pin, de l'épinette et de la pruche. D&ns Wentworth, Howard, Gore, Millc-Isîes et Morin, rapporte M. Smith,, dans son rapport de 1860, les terrains sont généralement cotoyeux et les vallées sont très fertiles et produisent toutes espèces de grains, et les coteaux sont très gropres à faire de bons pâturages. Ce chemin ouvrira à la colonisation une grande quantité de terre de la Couronne dans les divers, endroits ci-dessus mentionnés. Dans la 1ère concession de Gore, à deux acres du. chemin, se trouve un pouvoir d'eau capable de faire mouvoir un moulin à farine et il scie ; on en .trouve. d'autres dans les 2e. et '4e rangs.
Gore. — Ce canton est situé en arrière de Saint-André et de la Chute, et.commence la deuxième rangée des cantons. Il a six rangs de. profondeur de 28 lots cliaque et renferme une population actuelle de 793 habitants, presque tous d'origine irlandaise ; il y. a dix ans, la population dé Gore s'élevait à 996 âmes, ce qui fait une diminution de 203 habitants, survenue durant ces dernières dix années. Le déboisement de la forêt n'a nullement ' progressé durant «ette mena© époque. Le sol de ce canton est montagneux, et plusieurs lacs très poissonneux existent dans l'endroit, et fournissent d'excellents poissons. Le. nombre d'acres de terre en état de culture s'élève à 4,992 acres qui ont produit 20,365 minots de grains et 19,609 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 39,974 miuote et 938 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est estimée à §56,30®i
*Te fcruDE. — comté d'abgkkteuil. 373
Le chemin delà Chute, dont j'ai parié il y a un instant, passe dans ce canton, près des Lacs Sàint-Jean et Barrow ; le premier, situé dans le fronteau du 1er rang, et le- deuxième dans le 5e rang. ' Il y a une Chapelle bâtie dans le "3e rang de Gore, et une deuxième Chapelle y efet en voie de construction.
Un autre chemin commence.au pont de Sainf-Colomban et se dirige vers Lakeiield, dans le 2e rang de Gore, formant une longueur d'environ 10 milles. Les pouvoirs d'ean sont nombreux dans les environs de ce chemin, dit M. Phejan, ^conducteur des travaux, et il n'y a pas eu de bois d'enlevé en quantité suffisante pour ne pas répondre aux besoins des -colons*
Sainte- Angélique. — Entré Gore*t la pointe Ouest dn canton Morin, se trouve un petit lopin de terre, détaché de l'augmentation de la vaste seigneurie *de Mille-Isles, qui «renferme une paroisse naissante placée sous le patronage de Sainte- Angélique. Ne possédant aucun renseignements sur l'endroit, je me vois forcément empêché d'en dire auoique.ee soit, me contentant seulenaent d'cn:faire remarquer l'existence.
Morin. — Ce canton est d'rane forme triangulaire et renferme *dix rangées de terres, tontes prêtes pour le* fins de la colonisation ; il est «tué entre Wexford, Howand, et Beresford, au nord. Ce canton est divisé en deux sections, dont l'une appartient an comté de Terrebonne, et Fautre à celui qui nous occupe. Dans la partie renfermée dans ce comté se trouve une population résidente de 454 habitants dont 166 sont -canadiensfrançais, laqnplle possède 2,076 acres ;de terre • en état de culture qui ont produit 11,314 minots de grains et 10,668 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 21,982 minots et 296 tonneaux de foin.
Cette courageuse population est pleine d'espoir et marche activement vers la prospérité. C'est M. le iCuré' de «'Sainte- Adèle qui est chargé de cette desserte.
La valeur de la propriété foncière de cette partie -8u canton. Morin s'élève 'déjà à $26,778.
Un chemin mène dans le canton Morin, .partant de la rivière du Nord, dans la paroisse de Sàint-Golomban. M. Hamilton, conducteur des travaux de ce chemin, dit dans l'un de 6es rapports que le sol est inégal et rocheux dans. la. première partie de ce chemin jusqu'à la côté Sainte- Angélique j de là au cmtm Morin, il est plus uni, et dans ce dernier vtownship il est meilleur encore .et. ses. collines. offr.ent*d'exûeL-
374 COLONISATION BU BÀS-CÀNADJL.
lents pâturages. Un moulin à 6cie est construit snr Te lot Ko. 44 du 1er rang du canton Morin.
Le site d'une église a été établi par les autorités religieuses dans ce canton, et des mesures sont prises pour la construction d'une Chapelle, paraît-il.
M. Hamilton rapporte que la partie ouest du canton Moriu s'établit rapidement depuis que le chemin de la rivière da Nord est ouvert. Avant 1854, il n'y avait d'établissements que sur le 1er rang, à l'ouest du No. 53, maintenant il y a des colons sur les 1er, 2e et 3e rangs jusqu'à la ligne qui divise Wentworth de Morin. Il ajoute que des colons sont même allés au-delà de cette ligne, dans "Vventworth, où il y a une excellente étendue de terrain, sur les 6e, 7e, 8e et 9e rangs.
Wentworth. — Ce canton est situé au-dessus de Chatam, et renferme un grand nombre do petits lacs et ruisseaux qui Arrosent convenablement la contrée. La plus grande partie de ce terrain est montagneuse et pleine de rochers, à l'exception des trois premiers rangs dont la terre est d'une qualité passablement bonne, et de la partie Est du canton ci-dessus mentionnée. L'accroissement de la population comme la quantité des défrichements n'ont point considérablement .augmenté durant ces dernières dix années, comme on va le voir.
En 1851, on comptait dans l'endroit une population de 296 âme3 dont 29 personnes étaient d'origine canadienne-françaises, possédant 1,019 acres de terre en état de culture qui avaient produit 2,809 minots de grains et 2,918 minots .de patates et navets, formant eii tout 3,727 minots. Lors du recensement de 1861, la population ne s'élevait encore qu'à 343 habitant*, «dont 50 étaient franco-canadiens, posséaant 1,268 acres «défrichés qui ont produit 8,360 minots de grains et 6,872 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 15,233 aninots, outre le foin et les pâturages.
L'augmentation de la population n'a donc été que de 21 Ames depuis dix ans, et les défrichements de 249 acres, desquels ont fourni un surplus de 9,T505 minots de grains et ipatates. La valeur des défrichements, bâtisses, etc., est •estimée à $14,200.
Plusieurs ehemins sont tracés dans ce canton et ouverts en ipartie. Celui que je désire mentionner commence au front ♦du 1er rang de "Wentworth, sur le lot No. 21, et court au nord jusqu jiu front du 9e rang, aboutissant à la pointe Est de Ha fourche du Lac Imsbrakie, long d'environ. 5 milles. 11 existe
Y* ÉTUDE. — COMTÉ d'àRGENTEUIL. 375
trois excellents pouvoir* d'ean dans les environs de ce chemin, -dans TVentworth. Sur ce chemin, dit M. Boa, conducteur des travaux, le sol est bon, mais il devient inégal et très rocheux dans les 3e, 4e et 5e rangs ; le reste du canton est moins rocheux et a une surface puis unie. Le bois consiste en épinette, pruche, cèdre, hêtre, merisier et érable. L'épinette et le côdre y Bont très gros et d'une excellente qualité ; et il y =a de "beaux bois francs particulièrement propres à la manufacture de la potasse. Quant aux autres cnemins, je les ■ai déjà mentionnée.
Harrington. — A l'ouest du caiiton que nous venons de voir «e trouve celui-ci, qui a dix rangs de 28 lots chaque, tout arpenté e^ subdivisé en lots, mais qui, cependant, ne progresse pas plus que les autres cantons que nous venons de <5onsidérer-
II y a dix an6, il renfermait 267 personnes, toutes d'origine 'britannique, qui possédaient 531 acres défrichés qui avaient
S>roduit 3,101 minots de grains et 1,479 minots ae patates, brmant en tout 4,58,0 minots. Le recensement de 1861 constate qu'il n'y a encore dans l'endroit que 310 âmes dont 15 personnes appartiennent à l'origine canadienne-française et
Î[iie les défrichements ne s'élèvent qu'à 744 acres qui ont burni 8,825 minots de grains et 5,120 minots de patates, en Ï860, formant en tout 13,945 minots. Les cultures du blé et de6 pois ont diminué considérablement durant cette dernière époque, tandis que l'avoine, les patates et le foin ont augmenté de plus du double. La propriété foncière est évaluée à $15,192. La rivière Rouge et un grand nombre de petits lacs et autres courants d'eau arrosent admirablement bien la contrée.
M. Hamilton dit que le sol des huit premiers nmgs d'Harrington est léger, mais que les autres ranjgs sont composés de ttrès bonnes terres, avec un soiis-foI de glaise. Quoique j'aie déjà fait allusion du chemin Harrington, sous la rubrique Grenville, j'ajouterai, cependant, ce qu'en dit M. Boa. Sur ce chemin, dit ce monsieur, depuis le pont jusqu'à la décharge du Lac Joseph (situé dans ce canton), le sol est généralement bon, quoiqu un peu rocheux ; depuis la décharge du Lac en question jusqu'au Lac Beavan (canton Arundel) le sol est excellent, principalement le long de la vallée du ruisseau Sainte-Anne, où le bois franc oomine, quoique dans cette vallée le bois soit mêlé. Sur les bords du Lac Beavan, on trouve le chêne en quantité considérable.
376 œLœaasÀTiox du bas-canada*
H y»a d'excellents pouvoirs d'eau 6ur le lot îso. 4 du -fe rang d'Harrington, à environ quatre acres du chemin ; un autre, à l'endroit appelé " Glcncœ's Mills ; " et enfin ua troisième dans le dernier rang du canton à- 3} milles dit moulin ci-dessus mentionné, sur le chemin conduisant aux Rapides de Beavan.
. Arundtl. — Ce canton qui a huit rangs de hauteur, n'est arpenté qu'eu partie. Deux rangées déterres ont été organisées sur les bords de la partie supérieure de la rivière Rouge, afin de faciliter la colonisation dans cette partie du canton, et y asseoir une paroisse sur les deux rives de cet important cours d'eau. Il n'y a actuellement que-, cinq familles ou 26 personnes établies dans l'endroit, appartenant toutes à l'originebritannique, lesquelles possèdent 600 aères de terfe dont 45 sont défrichés. Dans le printemps de 1860, il fut ensemencé 23 acres qui ont donné 484 minots de grains et patates. Lebétail consiste en 5 bétes à cornes, 3 chevaux et Y moutws.
Ce canton renferme un terrain de bonne qualité avec- soussol glaiseux. Le bois franc domine, et on y trouve aussi beaucoup d'orme et de frêne. H existe un puissant pouvoir d'eau sur le 8e rang de ce canton. J'apprends que depuis que le recensement est fait plusieurs familles canadiennes-françaises nombreuses, ont vendu leurs propriétés dans les vieux établissements, et ont été s'établir dans ce canton. M. Mïïway, conducteur du chemin d'Arundel, rapporte de son côté que ce canton s'établit rapidement, et que déjà une église a été bâtie par les colons durant l'année 1861.
M/mtcalm. — Sur la môme ligne et à l'Est du canton» précédent se trouve situé celui de Montcalm, dont la plus grande }>artie est arpentée et divisée en lots prêts à établir. Plusieurs acs et rivières arrosent ce canton, qui ne renferme encore que 3 familles ou 10 habitants, tous d'origine britannique. Il n'y a que 19 acres défrichés sur les trois lots possédés, dont 9 acres ont été ensemencé en 1860 et ont produit 118 minots de grains, 522 minots de patates et 7 tonneaux de foin. Le bétail se compose de 4 bêtes à cornes, 2 chevaux et 4 mou*tons.
Ce canton renferme d'excellentes terres, mais en plusieursendroits c'est le bois mou qui domine, et, par conséquent,, n'offre pas autant d'encouragements aux colons pauvres que les terrains couverts de bois franc ; toutefois la qualité de son sol ne manquera pas de lui assurer une prompte colonisation.
Y* ÉTUDE. — COMTÉ DES MXX-MONTilGXES. Z1Z
Qnaat aux anciennes paroisses des seigneuries, le cadrç déjà trop étendu 'de ces Etudes, un me permet point de ni'y arrêter.
XLX— Comté des DeuxOIontagtteg.
Ce comté est situé sur la rive nord de l'Outaouais qui, e» eet endroit, s'élargit assez considérablement et forme de grands et larges bassins auxquels on donne le nom de Lac des Deux- Montagnes. L'étendue de ce comté est formée des deux vastes seigneuries du Lac des Deux-Montagnes et Millc-Isles, mesurant une largeur réunie d'environ quatre lieues et demie, s'étçndant depuis la ligne d'Argenteuil, à l'ouest, jusqu'à celle de la seigneurie de BlainvîHe, à l'Est, sur le chenal nqrd de l?Tslc-Jésii$.
Le savant Géographe Bouchette- mentionne que la surface de cette contrée est irrégulière, à raison d'une incision formée p^r l'angle nord-ouest de Mille-Isles, d'environ quatre jnilles de profondeur. Le sol est partout très favorable ; dans plusieurs parties il consiste en une belle marne forte, méîangée de tçrre noire et grasse, qui contribue beaucoup à la fertilité. Leterrain, ajoute-t-il, est inégal, mais jamais jusqu'à porter aucun préjudice; sur le bord du Lac, dans le voisinage du -village sauvage, il est d'une élévation modérée, . de la en tirant à l'oueit jusqu'aux Eboulie, il s'affaisse par .degré et devient plat ;, ensuite il se relève près des. limites d'Argenteuil. À
5 eu $e distance de la rivière, à l'est du village, se trouvent les eux* montagnes remarquables qui donnent le nom à la -seigneurie et au Lac ; l'une d'elles nommée le Mont-Calvaire présente sur son sommet les restes de auelque bâtiments qui ont longtemps porté le nom des Sept-CnapeHes. Vers l'intérieur, le terrain descend plus bas que vers lia rivière, et plus loin, au fond, il devient élevé et presque montagneux.
Le comté est abondamment arrosé par la Grande et fa Petite Rivière du Chêne, la Rivière du Nord et autres courants moins importants.
La population actuelle du comté s'<S?ève à 18,408 habitants doat 16,866 sont franco-canadien», et. seulement 1,542 âmes d'autres origines.
L'étendue de terrains possédée est. de 181,656 acres dont 115,845 acres sont en panait état àe labour, elaissant. seule*
COLONISATION DU BAS-CAtfÀDA.
ment 65,S11 acres encore en bois debout pour les fins domestiques et des fermes.
Le recensement de 1861 constate qu'il y a en 77,956 acreg ensemencés au printemps de 1860, qui ont rapporté w*e récolte de 670,780 minots de grains et 230,388 minots fle patates, formant en tout 901,168 minots outre 13,628 tonneaux de foin, le tout évalué à $536,699.38. Le blé seul figure pour •57,700 minots.
La valeur des produits de l'industrie domestiaue, comprenant îe sucre, le beurre, la laine, l'étoffe foulée, la flanelle, la toile et la filasse, s'élèvent à la somme de $119,316.39. Le sucre «d'érable confectionné durant l'année 1860 s'élève à 152,471 lbs.
Le revenu des jardins et vergers s'élève à $25,129.
Le bétail, qui compte pour le chiffre de 43,809 têtes, est évalué à $568,822.
Les voitures de plaisir, au nombre de 2,870, valent $S4,241.
On évalue à la somme de $240,190 la valeur des instruments •d'agriculture, et à $4,432,703 celle de la propriété foncière, formant une richesse totale de $6,007,100.77.
Jj£l paroisse de Saint-Enstache renferme un magnifique village agréablement situé à l'embouchure de la rivière du Chêne, au pied du Lac des Deux-Afontagnes, d'où la rue «'étend 6nr les beaux établissements bien cultivés de l'Isle- JTésus, séparés de Saint-Eustache par le chenal nord de «cette Isle qu'on appelle communément rivière Jésus, et sur les Isles nombreuses et bien diversifiées dont lajrivière est parsemée, qui offrent un des tableaux les plus pittoresques, desquelles petites isles est surgi le nom de la seigneurie de Mille-Ides et dans laquelle est située la paroisse de Saînt-Eustache. Ce village, qui est incorporé, renferme environ 900 personnes et n'est éloigné de Montréal que de 21 milles. La population agricole de la paroisse s'élève a 2,372 âmes, formant une population totale de 3,272 habitants. Une Académie est ouverte pour l'instruction desjeunes garçons de l'endroit, dirigée par les Frères de Saint-Joseph, et un Couvent dirigé par les L)ames •de la Congrégation.
Une autre paroisse également bien située estcelle de Saiute- 'Schol astique, qui renferme un beau village aussi populeux que 'celui de Saïnt-Eustache, établie sur les rives ae lft partie supérieure de la rivière du Chêne, qu'on appelle aussi ÎJelle- Ttivière, dans la seigneurie du Lac des ©enx-Montagnes. Ce village est le ^chef-lieu du District de Terrebonne. Un beau Couvent est aussi établi dans cette paroisse pour l'éducation des jeunes filles.
Ve ÉTTOE. — COMTE DES DEUX -MONTAGNES. 379
Sur le bord du Lac des Deux Montagnes se trouve établi le Village sauvage, situé sur une pointe de terre qui -s'avance dans le Lac. Quoique le recensement de 1801 «îe constate aucunement l'existence d'un groupe sauvage dans cet endroit, cependant on peut évaluer le chiffre de cette population à peu près comme suit : Iroquois 450 âmes, Algonquins, Nipissing et Outaouais environ 800, formant en tout 1,250 sauvages ; on compte en outre environ 200 personnes d'origine canadienne française établies d$ms les environs du domaine, qui sont desservies par les MM. de Saînt-Sulpice. Cette population sauvage, vit de chasse et de pêche, et un peu des travaux manufacturiers consistant en objets confectionnés parles sauvagesses, broderies sur l'éconee, paniers, chaussures et autres petits articles de fantaisie, qu'elles vendent aux étrangers et aux marchands de Montréal, Les "hommes manufacturent des canots d'écorces, des raquettes, €rt préparent les pelleteries. Ce sont à peu près là les seuls moyens d'existence qu'ils possèdent, car ils cultivent peu ou point Une école pour les petites filles sauvages est dirigée par les Dames de la Congrégation. La fondation de œtte éoole remonte vers l'an 1676 ; elle fut d'abord ouverte à cette épeque à la Montagne de Montréal ; portée ensuite au Saultau-ltecolet'en 1701, et transférée de ce lieu au Lac des Deux- Montagnes en 1720. Elle est donc ouverte en ce dernier endroit depuis 143 ans !
On compte deux paroisses nouvelles qui ont surgi depuis dix ans dans la seigneurie du Lac des Deux-Montagnes: ' Saint-Canut et Saint-Colomban.
La paroisse de Saint-Canut est située sur ou près de la rivière du Nord, et renferme une population de 825 habitants «iont 625 sont canadiens-français. On compte 5,155 acres de terre en état de culture qui ont produit 34,227 minots de grains et 23,893 minots de patates, en 1860, formant en tout 58,120 minots et 682 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière est estimée à $172,743. Cette population est Resservie dans sa Chapelle par l'un des Curé6 d'alentour.
L'autre paroisse, Saint-Colomban, est entièrement peuplée d'irlandais catholiques à l'exception de 55 personnes qui appartiennent à rorigine canadienne-française. Quoique ouverte à la colonisation depuis 30 ans, elle ne renferme encore que 5,637 acres de terre en état de culture. Une partie du *ol de Saint-Colomban est montagneux et se compose de masse de rochers granitiques presque complètement dépourvus
de végétation, dit une correspondance particuiièpe -dn» .2 octobre 1S62, signée C. M.***, laquelle ajoute:
" L'énergie irlandaise a là comme ailleurs poussé de puissantes racines en dépit d'un sol comparativement ingrat et d'obstacles presqu'insurmoutables. Aujourd'hui cette paroisse compte dans son sein des éléments de progrès qui assurent à ses habitants une modeste aisance, fruit d'un travail constant et d'habitudes d'économie. Malgré le9 sommes assez considérables qui ont été dépensées par le gouvernement pour l'ouverture et l'amélioration des chemins, néanmoins les voies de communication y sont encore dans un état pitoyable. De 1* 1ère concession de Sâint-Colomban à la rivière a Gagnon, la route est littéralement couverte de pierres et de cailloux. MaU eette dernière concession de Saint-Colomban est dans un assez grand état de prospérité. Presque tous ses habitants y ont de bonnes demeures. Plusieurs même se permettent le luxe d'un contrevent peinturé en rouge et *d'nn papier couleur tranchante à la croisée. Les granges, à en juger par leurs dimensions, doivent abriter de nombreuses gerbes. La population de la rivière à Gagnon est presqu'exclusivement canadienne-française."
Les récoltes de 1860 ont donjié 15,946 minots de grains et 17,290 minots de patates, formant en tout 33,236 minots et .^610 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière s'élève à $44,807.
On compte trois moulins à scie construits dans la nouvelle •paro»6eYle Saint-Colomban. Une nouvelle église a aussi été bâtie dans cette paroisse durant Tannée 1860, et un prêtre y çréside depuis 1852 ou 1853.