‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 56 sur 124 · APERÇU SOMMAIRE · texte numérisé non relu

APERÇU SOMMAIRE

SUR LES DÉVELOPPEMENTS DE l'oUTAOUAIS DEPUIS DIX ANS.

Arrêtons-nous, nn instant, pour considérer les progrès principaux qu'a faits cette importante partie de l'Ontaouais,

Îui s'étend depuis sa limite ouest jusque la seigneurie de la 'etite- Nation inclusivement, laquelle ne formait qu'un seul 4omté, avant 1854, tandis qu'aujourd'hui cette étendue de terrain est divisée en deux vastes comtés, comme nous venons Je le voir.

Il y a dix ans, c'est-à-dire en 1851, le chiffre de la population de ce territoire était de 22,903 habitants dont 6,984 étaient canadiens-français, établis dans vingt-quatre paroisses ou missions. Le recensement de 1861 constate qu'il y a maintenant 41,014 âmes dont 16,518 habitants sont d'origine canadienne-française, composant au moins soixante centres ou noyaux différents de populatipn.

C'est donc une augmentation de 36 paroisses ou missions nouvelles qui ont surgi depuis dix ans, et un surplus de population de 18,111 âmes, dont 9,534 personnes sont d'origine canadienne-française et 8,577 appartiennent aux antres origines ; d'où il appert que c'est la race canadienne-française qui s'est la plus développée, puisqu'elle compte pour un chiffre aussi élevé dans la population totale de l'endroit.

En 1851, on comptait dans cette partie du diocèse d'Ottawa S églises ou chapelles catholiques et six prêtres résidents. Aujourd'hui, le chiffre des églises ou chapelles s'élèvent à 27, -et le nombre des prêtres résidents à vingt I

A l'heure qu'il est les catholiques sont au nombre de 27,148, *t les protestants au chiffre de 13,866 âmes; cette dernière croyance religieuse ne forment donc qu'environ le tiers de la population totale.

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Outre l'organisation du culte religieux propre aux populations que nous Tenons de voir, il y a aussi les 5 mission» sauvages du Fort-William, de la Rivière Mataouanne, (près du Lac Nipissing), des lacs Témiskaming, A&bitibbi, et Albany, ainsi que les 4 missions du Saint-Maurice, que le vénéré Prélat du diocèse d'Outaouais a pris sous sa bienveillante et pieuse sollicitude.

Quoique le recensement de 1861 porte à 188 le nombre des sauvages de l'Outaouais, des renseignements positifs que je reçois m'autorisent à dire que la population sauvage des contrées sus-mentionnées, visitée par les missionnaires catholiques, peut-être évaluée à environ 10,000 âmes.

L'instruction des enfants n'est pas ce qu'elle devrait être ; mais plusieurs raisons . expliquent cette regrettable lacune, que la nature de mon sujet ne me permet pa6 de développer ici. Je me contenterai de dire seulement qu'il y a 36 écoles élémentaires, 2 académies et 3 écoles modelts ouvertes pour Pinstruction des enfants catholiques, <jui sont fréquentées par 2,056 élèves, et 39 écoles protestantes instruisant 1,692 enfants, formant un total de 79 institutions fréquentées par 3,743 enfants.

L'étendue des terrains mis en état de culture dans l'Outaouais s'élevait à 70,701 acres, en 1861, dont 41,931 acres avaient été ensemencés et avaient produit 322,092 minots de grains et 218,819 minots de patates et navets, fermant en tout 640,411 minots et 18,394 tonneaux de foin. Aujourd'hui, on compte 123,677 acres de terre en état de culture dont 86,977 acres ont été ensemencés et qui ont produit 999,782 minots de grains et 706,982 minots de patates et navets, en 1360, formant un total de 1,706,764 minots et 29,672 tonneaux de foin. Le blé seul figure peur 136,308 minots en plus (1).

(1) Pour satisfaire à la curiosité du lecteur, jfe place M les différentes espèces de céréales et la quantité récoltée, dorant tes années ci-dessus mentionnées.

Année 1851. Année 1860. Augmentation en 1860 #

Blé, 54,037 minots 189,345 minots 135,808 tniiots.

Orge, • 2,752 « 14,133 " 11,381 «

Seigle, .. 4,641 « 1\064 " 6,423 "•

Pois, ~. . 24,510 " 102,698 " 78,W8 "

Avoioeç 215,720 " 654,588 " 438,868 "

Sarrasin « 4,068 " 12,566 " 8,498 "

Blé dinde, 16,364 " 15,388 " (~. «976) moins

En tout 322,092 minots 999,782 minots 67*>680 minots.

Patates et navets... 218,319 " 706,982 " 488,663 "

Grand Total 540,411 minots 1,796,764 minets 1,166,353 minots.

Foin •..- •• 18,394 tonneaux 29,572 tonneaux 11,178 tonneaux.

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Ces chiffrée établissent donc un surplus de 52,976* acres' de teTro neuve, qui ont fourni une augmentation de 1,166,353 minots de grains et patates, en 1860, outre 11,178 tonneaux de foin et les pâturages. Ce magnifique résultat est l'œuvre de ces dernières dix années !

D'après le recensement de 1861, la valeur de la propriété foncière des comtés de Pontiac et Ottawa s'élève à $4,180,774 ; les instruments aratoires sont estimés à $189,086 ; et le bétail, à $1,013,779, formant une valeur de richesses permanentes de $5,383,639, outre la valeur des produits récoltés ou de l'industrie domestique ordinaire.

TV. Hamilton, écr., J. P., demeurant sur la rive Eat de la Gatineau, dans le canton Hull, rapporte devant le comité d'Emigration de l'Assemblée législative, en 1860, qu'il réside dans cet endroit depuis plus de quinze ans et que la connais* sance qu'il a acquise de la vallée de l'Outaouais en général pendant tout le temps qu'il a été l'agent des riches marchanda de bois Gilmour et Cie, lui permettent de répondre aux

Îuestions posées par le Comité, avec connaissance de cause, e m'empresse de rappeler ici ce témoignage sommairement, afin de mieux fixer 1 attention publique sur la vateur ou la qualité des terres de l'Outaouais.

1° Les parties rapprochées des cantons qui a voisinent immédiatement la rive nord de la rivière des Outaouaia, dit ce monsieur, sont rocheuses et montagneuses ; mais toutes les vallées sont extrêmement fertiles et fournissent un sol composé de marne et d'argile. La tète de ces cantons offre un niveau générât et onduleux ; le sol y est mêlé et il est de la meilleure qualité.

2° La qualité prédominante des bois de construction sont l'érable, le hêtre, le bouleau et le pin blanc ; on trouve aussi dans les vallées un assez grand nombre de chênes. On rencontre généralement dans ces vallées de grandes pruches et du bois blanc mêlés aux espèces déjà nommées et qui indiquent invariablement un sol riche, fécond et propre à toute espèce de culture convenable au climat.

3° On peut dire en général que le blé d'automne et de printemps, l'avoine, l'orge, les pois, le seigle et le blé-d'inde sont supérieurs. J'ai vu du blé d'automne égal à celui qui nous vient de l'ouest de Toronto. Le blé de printemps de Hull et Wakefiold n'a pas de supérieur quand la semence est 1 de bonne qualité.

4° Le sol et le climat sont favorables à la production des

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-grains ci-dessus énumérés ; loin de considérer la durée de rhiver comme nuisible, je la regarde comme un avantage, car l'épaisseur de la neige y protège le blé d'automne et sert à enrichir le sol.

5° Les pommiers et les groseilliers y viennent bien ; mais on n'a prêté qu'une bien faible attention à cette branche d'horticulture ; je crois même pouvoir dire que tontes espèces de pommes produites dans l'Isle de Montréal, pourraient l'être ici avçc autant de chance et de succès.

6° Tous les lace, et ils 6ont innombrables, de la rive non! de POutaonais foisonnent de truite, de brochet, et de poisson blanc ; dans quelques-uns des plus grands, on trouve l'éturgeon.

Pour terminer, ce monsieur ajoute qu'à partir de la limite en arrière de la seigneurie de la* Petite-Nation, tous les canton» situés en arrière de ceux qui bordent la rivière des Ontaouais depuis cette Beigneurie, jusqu'au Grand Calumet, renferment d'immenses étendues ae terres de . choix, : mais qui sont inaccessibles en grande partie, faute de chemins. " Il existe en arrière de Templeton, dit- il, une étendue de teure qui embrasse une partie de Portland^tout Denholm, Low, . Àylwin, Alleyn . et Cawood, où le sol est uni et onduleux et ••couvert d'érable, de chêne, d'orme, de: bois blanc et de pin blanc (dans cette partie, de l'Outaouais il ne croît pas de pin rouge). J'ai traversé ce pays en partie, et sur information, je suis, certain qu'il y a là 120 milles quarrés de forêts inhabitées parce qu'il n'y a pas de chemin pour y arriver. Il semble singulier qu'une portion aussi importante du pays soit < depuis si longtemps négligée, surtout aujourd'hui qu'Ottawaest devenue Capitale, et que la distance qui sppare cotte ville du. centre de ces régions ne soit que de 20 à 30, milles ; il devient encore plus important d'y ouvrir des chemins. "

Je suis heureux de dire ici que ces utiles suggestions de M. Hamilton, et les recommandations de A. J. ïtussell, écr., ont attiré F attention du gouvernement sur le sujet, et que le territoire mentionné en- dernier lieu devra être traversé par un chemin de colonisation qui vient d'être tracée et dont l'ouverture est commencée aux deux bouts, suivant que je l'ai constaté déjà, sous la rubrique de Pontiac.

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