‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 62 sur 124 · V* ÉTUDE. — COMTÉ DE MONTCALM · texte numérisé non relu

V* ÉTUDE. — COMTÉ DE MONTCALM

1 exception d'nne partie sur le 6e rang, "boisé en prnche, épinette blanche et quelques autres bois mous, le reste était en bois franc, dont l'espèce prédominante était l'érable.

Cette opinion émise alors que le chemin n'était que tracé, a été plus tard corroborée comme très exacte, par les conducteurs des travaux de ce chemin.

Un deuxième chemin est ouvert dans ce canton conduisant vers Lacorne ou Hew-Glaegow, dans le comté de Terrebonne. M. Louis Dufresne, conducteur des travaux de ce chemin, disait dans son rapport de 1860 que le 6ol par où paese ce chemin était une terre jaune de bonne qualité, et que le terrain à l'intérieur du canton offrait à peu près le même 6ol, généralement boisé en un mélange d'érables, merisiers, hêtre, épinette blanche et pruches, où rérable cependant parait être 1 espèce prédominante. Il ajoutait que ce chemin était d'un immense avantage à la colonisation, puisqu'il ouvrait une voie aux cantons Wexford, Doncaster, Chertsey, Chilton, et à l'intérieur ; et au commerce en ouvrant un débouché par tous ces cantons avec la ville de Montréal par la voie la plus courte. Il existe plusieurs pouvoirs d'eau q*ri sont déjà occupés pour la plupart.

" Depuis ces dernières années, dit encore M. Dufresne, la colonisation a fait beaucoup de progrès tant d-ans ce canton que dans ceux à l'intérieur. Quant à l'augmentation de la population qui est presque toute canadienne-française, je ne puis ni la préciser, ni même hasarder un chiffre approximatif : tout ce que je puis^dire c'est qu'elle est très considérable. Je puis avancer aussi 'sans crainte de me tromper, que tous ces cantons, tant par la qualité de leur sol que par leur proximité de Montréal, sont aussi avantageux à la colonisation qu'aucun autre dans le Bas-Canada, et que des personnes qui ont voyagé dans l'ouest y sont revenues s'y établir, convaincues qu elles ne pouvaient faire aussi bien ailleurs. Ce qui nous manque encore, ce sont de nouveaux chemins qu'il faudrait ajouter à ceux déjà ouverts, et ensuite l'attention de personnes qui sont en état de diriger l'opinion publique qui paraissent ne voir en général que les cantons de l'Est, les bords du Saguenay et un peu du St. Maurice. Nonobstant ces désavantages, je ne doute point que dans quelques années, nos cantons du Nord ne soient très populeux et infiniment riches, par notre proximité de Montréal, qui offre d'immenses avantages qui ne sauraient «être bien appréciés que par ceux qui sont éloignés d'un bon marché, tant pour vendre que pour

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acheter. Depuis environ cinq ans, la propriété a à peu près triplé de valeur. "

tin troisième chemin commence à la ligne entre Wexford et Kilkenny, descend dans ce dernier canton jusqu'à la route ouverte par les colons de Saint-Calixte, entre les nos. 6 et 7 du 8e rang, continuant dans cette route pour rejoindre le chemin fait entre les cantons de Kilkenny et Rawdon, dans la paroisse de Sainte-Julienne. Ce chemin est ouvert sur une étendue de 19 milles dont environ 3 milles ont été parachevés durant l'année dernière (1862). " Le sol est de bonne qualité le long de ce chemin, couvert généralement en érable, bouleau, hêtre et bois mous. On y rencontre plusieurs bons pouvoirs d'eau. D'après le rapport du conducteur des travaux de ce chemin pour l'année 1862, la population aurait augmenté de moitié depuis ces dernières années.

Le chemin de Chertsey part de Rawdon, traverse le canton Chertsey complètement, et mène aux terres de Chilton. M. Magloire Granger, à qui la colonisation de l'endroit doit ses plus beaux succès, parle avantageusement des terrains situés dans la vallée du Lac Ouareau (1). " Le 13 décembre 1852, dit-il, je partis du 6e rang du canton Chertsey, en arrière de Rawdon, dirigeant ma course vers le nord, le long de la ligne de Wexford, et ie trouvai, au-delà de ces deux townships, une vaste étendue de bonnes terres, couverte de bois francs et autres bois indiquant une bonne qualité du sol, j'allai jusqu'à la source de la rivière Ouareau. De là, entre le grand Lac Ouareau et la rivière du môme nom, se trouve un terrain de la meilleure qualité, d'environ 8 milles en superficie, couvert du plus beau bois franc que l'on puisse voir, très propre à . faire un riche établissement (avec en outre les bords au grand Lac Ouareau qui sont également convenables pour former d'autres établissements). J'ai été môme jusqu'à 30 milles audelà de la source de la rivière, mais je n'y ai trouvé rien de bien avantageux. Pour revenir, j'ai à peu près suivi la ligne nordest de Chertsey, où j'ai trouvé un terrain de 20 milles de long sur environ 6 milles de largeur, longeant la rivière en descendant, qui formerait encore un superbe établissement, s'il y avait un chemin ouvert pour y aller. Il y a un grand nombre de pouvoirs d'eau dans ces localités et plusieurs lacs remplis de poissons et de gibiers aquatiques. On peut remonter la rivière

(1) Cet es ti stable citoyen, H. Magloire Oranger, rient de perdre la rie accidentellement par la chute d'an arbre qu'il abattait, ver» les premiers jours d'avril 1863.

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en canot en tout temps pendant l'Eté. " Le chemin dont M. Granger provoquait l'ouverture a été ordonné depuis.

M. Peter Sfcelly, conducteur des travaux de ce chemin, disait dans l'un de ses rapports que le terrain à travers lequel il passait, était en grande partie uni et couvert de bois de la meilleure qualité, le sol riche quoiqu'un peu pierreux. Si ce chemin, dit-il, était prolongé jusqu au Lac Ouareau, à travers le terrain exploré par M. Granger, et si une autre branche de chemin était ouverte dans une direction nord-est le long de la rivière du Lac, alors il se formerait dans cette direction de beaux établissements grandement favorisés par de nombreux, pouvoirs d'eau et grands lacs où abonde la truite saumonée.

Quoique le recensement de 1861 ne fasse aucune mention du canton Chiltcm, dans lequel se trouve le Lac ci-dessusmentionné, il paraît certain qu'il y a plusieurs familles établiesle long du chemin ouvert dans ce canton.

Dans son rapport de 1860, M. Skelly mentionnait que la colonisation progressait beaucoup dans le canton Chertsey, et qu'un grand nombre de familles canadiennes des anciennes» paroisses et quelques familles irlandaises de Montréal avaient été s'établir dans ce canton durant l'année.

Plusieurs chemins existent dans le canton Wexford. Lepremier part du 7e rang de Wexford, passe dans le canton jtforîn, le long de la rivière du Nord, et va aboutir à Ste. Adèle, dans le comté de Terrebonne. M. P. A. Labrie, conducteur des travaux de ce chemin, dit dans son rapport d& 1862, que le sol lui a paru de bonne qualité et bien boisé en

bois mou. Ce chemin, dit-il, est l'unique sortie que puissent avoir les colons des 6e, 7e, 8e, 9e, 10e et lie rangs de Wexford, et ceux d'une partie de Doncaster. L'avantage qu'offre ce chemin à la colonisation est donc considérable dans le* circonstances actuelles.

Un deuxième chemin est aussi ouvert dans le canton, entre le 1er et le 2e rang, lequel mène au Lac d'Abercrombie, dansle 4e rang du canton de ce nom, paroisse de St. Sauveur, dans le comté de Terrebonne. M. Ls. Morin, chargé de la confection de ce chemin, dit dans 6on rapport de 1862, que 1er terrain le long du chemin est de très bonne qualité, et que l'on y trouve du beau bois franc et quantité de bois de construction. Ce monsieur ajoute que ce chemin offrirait de

Srécieux avantages à la colonisation s'il était continué jusque ans les cantons Doncaster et Wolfe.

Une place d'église a été marquée par les autorités ecclésiastiques et l'on se prépare à y élever incessamment une Chapelle*

dans le 9e rang de Wexford. M. Morin dit qu'il est aussi question de marquer un nouvel endroit d'église, sur le chemin même en voie d'ouverture.

Un troisième chemin part du même canton Wexford, lequel doit aller aboutir au-delà de Doncaster. M. l'abbé Desmarais, chargé de la conduite des travaux de ce chemin, mentionne que là où le chemin commence, le sol est assez bon ; mais il ajoute qu'en avançant en profondeur, il devient excellent et couvert de très beaux bois. Il est d'opinion que les terres de Doncaster sont aussi bonnes, surtout là où le chemin devra passer. Il existe, dit-il, de magnifiques pouvoirs d'eau dans les environs de ce chemin, et il ajoute que la colonisation fait de rapides progrès dans ces endroits. Il y a trois ans, dit-il, on n'y comptait que deux colons dans l'endroit, tandis qu'aujourd'hui ils sont au-dessus d'un cent.

M. A. H. de Caussin, de Sainte- Julienne, exprime devant le comité de colonisation de 1862, qu'un des moyens le6 plus considérables pour faire rapidement progresser la colonisation dans tous les cantons du Nord, serait l'établissement du chemin de fer du Nord, de Québec à Montréal, lequel suivrait le versant oriental des Laurentides, et mettrait ainsi tous les pouvoirs d'eau qui se trouvent dans cette partie de la province, en si grand nombre, à la portée de l'industrie manufacturière, en môme temps qu'il contribuerait efficacement à l'établissement de nos terres incultes.

Il exprime comme second moyen, l'ouverture de grands chemins de colonisation, avec defl chemins d'embranchement y aboutissant de distance en distance qui seraient d'une importance vitale pour l'avancement de la colonisation. " Faites faire des chemins, dit-il au gouvernement, et les colons ne nous manqueront pas. "

Il n'y a point de Société de Secours établies dans le comté de Montcalm, dit ce monsieur, pour aider à leur début les colons pauvres ; et il n'est pas à ma connaissance qu'on songe à en former aucune.

C'est bien regrettable, ajouterons nous.

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