Y* ÉTUDE. — COMTÉ DE JOUETTE
développements. La valeur do la propriété «et esfiméc à $78,673 ; celle des instruments d'agriculture à $3,638, et le bétail à $12,712.
M. l'abbé S. T. Provost, Curé de cette paroisse, dont l'énergie égale l'amour qu'il porte à l'importante cause de la colonisation, écrit ce qui suit à propos du canton Cathcart :
" Durant l'annéa de 1862, dit-il, j'ai parcouru en deux semaines toute cette partie du canton qui est encore sans habitants. Dans cette excursion j'avais examiné, analysé môme, autant qu'il me fut possible, les terrains de cet endroit, j'avais observé la qualité du bois, la foret si boisée, si vigoureuse ; les rochers, les collines, les cours d'eau et les lacs ; j'étais entré dans nn grand calcul de probabilités sur les chemins à faire ici et la ; je m'étais enfin muni de tous les renseignements que \e pouvais considérer comme utiles à la colonisation de ce terrain. A mon retour j'annonçai dans l'humble chaire de mon église que j'irais dans l'autre semaine, sur la recommandation dé Monseigneur, fixer la place où -serait assise la future église de la nouvelle paroisse du haut du township Cathcart (que j'avais à cœur de faire coloniser et établir). Arrivé au lieu où je devais laisser ma voiture, je fus rencontré par une cinquantaine de personnes venues en partie de la grande paroisse de St. Jacques pour se choisir des lots à l'entour de l'église. Apres de nombreuses allées et venues dans le bois, nous parvînmes enfin au bord de la rivière de l'Assomption sur le vingt-neuvième lot -du huitième rang du township. C'est là qu'après avoir retouché le calcul des probabilités pour la jonction des chemins, nous décidâmes de
Sroposer cet endroit aux autorités compétentes pour être le eu de l'église.
" On dirait que le Maître de la Création a réservé là une place tout exprès. Juste an centre des établissements qui sont déjà commencés comme de ee'ix qui le seront dans la suite, la rivière accourant, rapide, du haut des terres, s'arrête tout-àcoup sur son lit rocailleux, fait volte-face, et revient sur ellemême par un détour d'un quart de mille, change un peu de direction vers le sud -ouest et continue sa course en se faufilant à travers les montagnes. La langue de terre qu'elle embrasse dans ce détour est un endroit vraiment pittoresque, admirable pour l'intérieur des montagnes, et parfaitement approprié au Bite d'une église. A quelques arpents plus bas que le détour,, la rivière, par une disposition particulière, jette brusquement ses eaux sur les deux côtés d'un rocher, d'où elles tombent en formant une chute. C'est là gu'a été ménagée xma-
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des meilleures places que Ton puisse désirer pour y construire un moulin. \ ous concevez, Monsieur, que tant d'avantages et toutes ces raisons, connus à la fois, ont fait prendre ces terres d'un seul coup. Un tel succès en si peu de temps, dans ces terres nouvelles, en dira plus et en fera comprendre davantage au peuple que bien des discours. " Plus loin, il ajoute :
il Si nous voulons réellement voir grandir l'œuvre de la colonisation, il faut que le Prêtre marche devant le colon canadien avec le signe du salut. Avec ce signe, ils gagneront tons deux une double victoire en s'assurant un double avenir. Que l'on fournisse donc au prêtre le moyen de fonder des missions. En y allant il entraînera le peuple ; une fois établi il appellera les retardataires avec la grande voix de l'expérience. Qu'était St. Alphonse il y a quelques années ? Je le répète, l'endroit même où j'écris ces quelques lignes n'état, il y a quelques années, qu'une épaisse forêt, ne promettant rien moins qu un joli petit village en 1862. Les quelques rares habitants d'alors étaient loin pareillement de s'attendre à voir une flèche élancée et brillante surmonter leur église, fruit de leurs propres épargnes, et s'élever dans les airs a une hauteur de 130 pieds. L'aspect de cette église bien finie, dans de justes proportions, assise au pied d'une verte colline, au bord d'un lac charmant où elle se mire avec orgueil, annonce la prospérité croissante de la population de nos montagnes et jette un défi aux contempteurs de leurs terrains. Le terrain que j'indique spécialement aux futurs colons comme offrant les mêmes chances de succès, longe la rivière de l'Assomption vers l'ouest à partir du cinquième rang du township qui est la ligne de ma paroisse vers le Nord. La rive gauche de cette rivière sur la hauteur de cinq ou 6ix rangs et sur une étendue considérable en largeur offre un terrain parfaitement uni et
Î>lan, recouvert d'uno couche assez forte de matière végétale, iien de plus facile que de préparer ce beau terrain à tontes les fins principales de l'agriculture ; le feu détruira l'excès de matière végétale, s'il y en a, et les cendres du bois et des végétaux produiront des ingrédients tOrreux tout-à-fait convenables à l'amendement de cette espèce de sol. Dès la première année de possession, le colon pourra toucher un revenu clair assez considérable par la potasse que lui fournira la cendre des bois francs qu'il aura brûlés pour nettoyer sa terre.
u Mais il est nn autre terrain'bien autrement important à mon avis, dont je dois vous dire un mot en terminant. C'est le