‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 65 sur 124 · V* ÉTUDE. — COMTÉ DE JOUKTTE · texte numérisé non relu

V* ÉTUDE. — COMTÉ DE JOUKTTE

versant septentrional des Laurentides et la belle plaine qui repose au pied de ces montagnes, an milieu de laquelle la rivière Mataouin coule des eaux claires et tranquilles jusqu'au St. Maurice. Une partie surtout de ce terrain que je désirerais voir explorer pour l'avantage de nos compatriotes, est le milieu <îu 46me degré de latitude à l'endroit où le 74me cercle de longitude passe sur lui. Là est le grand Lac de l'Assomption qui donne naissance à la rivière de ce nom. Les alentours de ne lac et l'immense vallée qu'arrose non loin de là la rivière Mataouin, avec ses nombreux affluents, sont de vrais terrains de choix, paraît-il, pour y former un noyau de colonisation. Mais an préalable il serait nécessaire d'y faire une exploration spéciale, tonte particulière, pour mieux s'assurer du succès. Et comme la rivière de l'Assomption tracera chez moi un chemin sûr et assez facile, avec quelques moyens et quelques personnes désintéressées, j'entreprendrais volontiers et même avec joiô ce voyage d'un mois ou deux vers ces endroits, dans l'espérance, dans la persuasion de procurer à mes compatriotes de la rive Nord du grand fleuve une plaine correspondante à celle qu'ils occupent actuellement. Vous concevez, Monsieur, que si nous parvenions à établir là cette espèce de colonie dont je parle, tout l'espace du milieu serait à nous et serait peuplé en bien peu de temps. '"'

Enfin, nous arrivons an canton Joliette, le dernier centre qui nous reste à étudier dans les limites de ce comté, situé à rEst de Cathcart. !Ne possédant aucun renseignement positifs sur cet endroit, je suis heureux de trouver dans le rapport de 1861 de M. Maxime Crépeau, de St. Félix de Valois, conducteur des travaux du chemin Joliette à la rivière Mataouin, les auelqnes données qui suivent touchant ce canton. " Les progrès e la colonisation qui sont à ma connaissance sont ceux-ci : H y a six ans, le canton Joliette était encore vierge, tandis qu'on y trouve aujourd'hui une population d'au delà de 350 âmes. Fendant la même période de temps la population de la partie nord-est du canton Brandon a augmenté d'au moins mille âmes. On trouve dans ces localités un grand nombre d'habitants très à l'aise. Ces progrès sont dûs à l'établissement de chemins de colonisation. Dans le lie rang du canton. Brandon, il y a eu durant l'année 1860 une chapelle d'érigée, où M. le curé de St. Gabriel de Brandon se rend tous les 15 jours pour célébrer le Saint-Sacrifice. Il est question d'en ériger une cette année dans le canton Joliette. Je crois que la valeur de la propriété a augmentée des deux tiers depuis

ces années dernières. Les grains recueillis en plus grande abondance sont le seigle et l'avoine. "

Le bois le plus commun est le merisier, le hêtre, l'érable, le sapin et l'épinette.

Trois chemins principaux conduisent dans les cantons de .l'intérieur que nous venons de signaler.

D'abord, le chemin de Saint- Alphonse, qui part du 1er rang de l'augmentation N. O. de Kildare et conduit à l'intérieur du canton Cathcart. Lo terrain à travers lequel passe ce chemin est bon et boisé en érable, bouleau, hêtre et épinette, dit M. Hugh Daly, conducteur des travaux de ce chemin. Les terres vers lesquelles cette route doit conduire, dit-il, sont aussi de bonne qualité, et seront établies dès que son ouverture aura été exécutée. Les avantages que retirera la colonisation de l'ouverture de ce chemin sont considérables, puisqu'ils donneront au surplus de la population des vieilles paroisses les moyens de s'établir facilement, et quoiqu'il soit la seule voie pour communiquer aux nouveaux townships, en arrière.

Un deuxième chemin, qui est la continuation du chemin précédent, commence au No. 32, du 6e rang du canton Cathcart et devra aller aboutir au grand lac de l'Assomption. M. l'abbé Provost, chargé des travaux d'ouverture sde cette route, dit dans son magnifique rapport de 186£ que le. terrain du canton Cathcart à travers lequel ce chemin passe est un soi excellent, fortement boisé de bois franc dans la partie supérieure, et de bois mêlé dans la partie inférieure. La couche superficielle de ce sol, dit ce monsieur, est généralement un lit d'engrais végétal, de quelques pouces d'épaisseur. Au-dessous est une terre jaune, grasse, profonde, légère, et que des siècles de repos ont partout rendu fécoude. Il eu est de même du sol des terrains adjacents qui forment, chaque côté du chemin, une vallée remarquablement plane et belle, comprenant en partie la nouvelle paroisse de St. Côme, qui progresse comme par enchantement. Outre que ce chemin donne un facile accès aux magnifiques terres de cette nouvelle paroisse en voie de formation, il offrira un avantage immense à la colonisation : celui de donner accès aux terrains de choix qui bordent le grand lac de PAssomptioiî, tant en ouvrant une communication nécessaire pour ceux qui s'échelonneront pur son parcours que pour ceux des premiers colons qui iront planter leur tente au bout de ce chemin, sur les bords du Lac en question.

Le troisième chemin important est celui des cantons Brandon et Joliette, dont le point de départ se trouve entre les 10e et

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Île rangs de Brandon, comté de Berthier, lequel traverse une partie de la seigneurie de Raraesay, dans le voisinage de la rivière Noire, et va aboutir au 2e rang du canton Jolictte, où se trouve la population ci-dessus mentionnée.

En vue de favoriser la colonisation des terres incultes de l'intérieur, le gouvernement a donné ordre de poursuivre davantage les travaux d'ouverture de cette route jusqu'à la rivière Mataouin, où il paraît se trouver une immense lisière de bons terrains propres à faire de riches établissements. En effet, M. Maxime Orépeau, chargé de l'ouverture de ce chemin, disait devant le comité de colonisation de 1862 qu'aux environs de la rivière Mataouin où le chemin devait aboutir, les terres étaient d'une qualité et A'une étendue telles qu'elles pouvaient

Sermettre l'établissemem de plusieurs paroisses qui deviendraient très florissantes, et que déjà une vingtaine de colons avaient commencés des établissements sur la partie ou verte. de ce chemin, dans le canton Jolie tte.

Dans son rapport de 1862, touchant les travaux de ce chemin, M. Crépeau dit qu'il est heureux de constater que

dence, dit-il, que cette route offre do grands avantages à la colonisation. Il existe, paraît-il, plusieurs pouvoirs a'eau le long de cette route.

Je vais terminer le chapitre de ce comté par l'aperçu sommaire de l'exploration que viennent de faire MM. les abbés S. Provost, T. L. Brassard et L. M. Brassard, à travers la vallée de la rivière Assomption et de la rivière Mataouin.

Comme l'exprime le Colonisateur de Montréal, voilà donc trois prêtres qui s'en vont bénir le sentier du défricheur, et baptiser ces lieux nouveaux de noms souvent chers â la patrie. Tous trois ont revêtu le froc d'étoffe du pays, l'un bleu, l'autre brun et l'autre gris. Leur pantalon a été taillé dans un sae de toile blanche, une casquette sans façon couvre leur tête ; ils chaussent de légers mocassins. Ils partent munis d'ustensiles de cuisine, d'une tente, de fournitures et de vivres pour plus d'un moisi Une foule nombreuse les accompagne de ses bénédictions jusqu'au lieu de départ où ils s'embarquent dans deux légers canots d'écorces pour remonter la rivière de l'Assomption.

M. l'abbé Provost, chargé de rédiger le journal de l'efccnrsion, commence par écrire sur la première page : " St. Alphonse, dimanche soir, 31 &oùt 1862. Les deux messieurs

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Brassard, partis respectivement de St. Roch et de St. Paul, après les offices du jour, arrivent ici à l'heure fixée. Noos retouchons le plan de notre Itinéraire pour le lendemain et les jours suivants. Il est décidé que nons remonterons la rivière de l'Assomption jusqu'à sa source. De là, suivant toujours la direction nord-ouest, nons prendrons une suite de portages et de lacs connus de notre guide, qui noua mèneront jusqu'à 6 ou 7 lieues de la rivière Mataouin dont nous voulons explorer la vallée. De là, tombant dans des espaces inconnus à notre guide comme à nous mêmes, à travers les bois, nous retournerons au nord, et courant sur une parallèle de longitude, nous devrons atteindre quelaue part la grande rivière Mataouin que nous descendrons jusqu à la ligy du district des Trois- Rivières. Ce plan est ratifié " dans notre conseil que nous dissolvons pour souper et nous préparer au départ, le lendemain. "

Le Journal de l'exploration, tenu chaque jour, nous permet donc d'extraire les principaux faits qui suivent :

Lundi, 1er septembre 1862. — Premier jour de déception et de retardement Pluie durant la nuit et le jour. Départ remis au lendemain.

Mardi, 2 sept. — Soleil radieux, ciel sans nuages. Tout étant prés dès favant-veille, nous laissons de bonne heure le village de St Alphonse, suivis des voitures chargées des canots et des provisions, A trois lieues de notre départ nous touchons à la rivière de Boule, et en un ctin-d'œil les canots sont à l'eau. Mais les canots se trouvant beaucoup chargés, les trois Curés avec leur principal guide prennent le bois, pour rejoindre à trois lieues plus au nord la petite flotte qui devait s'y rendre pour le campement de la nuit Nous passons deux jolis lacs sur le parcours de notre route. Le terrain nous a paru cultivable et bon, couvert de bois mêlé, et parfaitement plan. Nous avons couru le canton Cathcart dans toute sa longueur et nous campons ce soir à 6 lieues de St Alphonse, au 1er rang du canton voisin, qui n'est pas encore ni divisé ni arpenté.

Mercredi, 3 sept. — Nous reprenons le bois, nous donnant rendez- vous pour le soir, en un endroit de la rivière que nous avons appelée depuis la baie des Camps. D'après les distances que nous avons pu calculer assez exactement, l'endroit où nous campons ce soir devra former le centre à peu près de la Beoonde paroisse en arrière de St Alphonse; nous sommes à environ 9 lieues de notre départ Le terrain y est approprié pour le site d'une église ; on y arrive d'une grande distance par le Nord-Est où le terrain est assez plan et assez bon. A une égale distance plus haut et plus bas sont deux ruisseaux très forts, dont l'un aboutit à la rivière par une chute assez considérable, et que nous nommons le ruisseau St Louis, en l'honneur de celui de uos hommes qui le vit le premier. Le second aboutit par un rapide et l'un et l'autre indistinctement peuvent alimenter de bons moulins. Le terrain' parcouru aujourd'hui, à part le morceau que je viens de mentionner pour le site d'une église, est montagneux, couvert de bois mêlé et parfois le sol est bien rocheux. *

Jeudi, 4 sept. — Apparence de mauvais temps. Un moment incertains si

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nous resterions campés, ou si nous nous mettrions en marche, nous nous décidons pour ce dernier parti, et bien nous en prit, car peu à peu les nuages se dissipèrent, le ciel s'éclaircit et bientôt les rayons du soleil bienfaisant transpercent le feuillage. Nous suivons pour chemin de pied le bord de la rivière, tandis que les hommes traînent les canots dans les courants plats et les rapides. Nous dînons au portage du gros Cèdre, toujours beau temps, soleil radieux, vent léger dont nous sommes favorisés jusqu'au soir. La fatigue nous a gagnés un peu plus aujourd'hui et nous arrêtons de bonne heure. " Demain, nous dit notre guide, après un portage de huit arpents, vous pourrez prendre les canots et vos marches forcées seront finies. " Trois soupirs de satisfaction s'exhalent de nos poitrines en remerciement de cette bonne nouvelle. *

Vendredi, 5 sept. — Nous nous hâtons de lever notre tente et de laisser notre camp. Nous faisons presqu'en courant le court portage mentionné hier. Désormais la rivière est tranquille jusqu'au grand lac et nous pouvons nous confier à nos canots. De distance en distance la rivière s'élargit considérablement en rapprochant son lit de la surface des eaux, et forment de jolies baies que nous nous empressons de baptiser ; ainsi nous passons successivement la baie St Roch et la baie St. Paul, dont les grèves couvertes d'aulnes et de cèdres s'étendent à une profondeur considérable.

Nous entendons le bruit de la première chute devant nous et quelques tours d'aviron nous mènent dans ses tournoyements. Un immense rocher percé de trois grands conduits donne passage à l'eau qui se précipite avec fureur en minant les parois. Pendant que les hommes font le portage, nous prenons le temps d'examiner ces petites chûtes qui nous paraissent admirablement dispersées et suffisamment éloignées l'une de l'autre pour alimenter trois bons moulins dont la chaussée ne demanderait que bien peu d'ouvrage. Nous campons à une lieue du grand Lac de l'Assomption, au côté N. E. de la rivière, sur un terrain plan couvert de bois mêlé avec un sol gras de belle terre jaune. En face de notre camp, sur l'autre côté de la rivière est une montagne couverte de bois franc qui a une pente douce vers leN. 0.; l'endroit où nous sommes campés, à une lieue environ du grand Lac, formera pluB tard le centre de la 4e paroisse en arrière de St. Alphonse. Tout y est compensé pour cela.

Samedi, 6 sept. — Il pleut Cependant nous partons dans l'après-midi et nous remontons la rivière par un courant uni, avec toute la vitesse possible, tant nous avions hâte d'atteindre ce lac. Enfin, vers 4 heures, nous franchissons la dernière pointe et notre vue se repose agréablement fur une belle nappe d'eau, de trois ou quatre lieues de circonférence, douce et calme comme la sollttudc qui l'entoure. Nous pouvons être ici à 11 lieues N. 0. de St Alphonse, et à l'ouest du 74e degré de longitude que nous avons traversé avant d'arriver au Grand Lac. Les terres ont une belle apparence et forment une large ceinture de terrain plan dont le sol est partout de belle terre jaune, bordant le Lac sur une profondeur d'un et quelquefois deux milles. Le bois qui domine tout à l'entour est l'érable, le merisier, le gros bouleau, le cèdre et des épinettes d'une longueur extraordinaire. Le côté N. 0. du Lac sera plus tard, sans aucun doute, le centre d'établissements importants sur le chemin de Mataouin. A la tête du Lac, à droite, se trouve une montagne que nous appellerons le grand Pic de l'Assomption ; à gauche, une colline douce plus longue ; et en face la montagne du grand Portage.

Dimanche, 7 sept — Comme c'est le dimanche, nous sommes en repos. Il pleut.

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Lundi, 8 sept — La pluie & cessé assez tard dans la nuit Noos ici un dépôt de provision que nous mettons à l'abri du mauvais temps et nous partons avec le reste pour aller camper à l'autre bout de cet intermible portage, qui a cinq milles, au bord d'un nouveau lac que nous appelons le Lac de la Nativité, en l'honneur de la fête de ce jour. Le sol que noua avons foulé aujourd'hui est un sol de terre jaune faiblement accidenté, couvert de bois mêlé, arrosé de cours d'eau puissants qui offrent de précieux avantages aux constructeurs de moulins. Le ruisseau de la Nativité qui se décharge dans le lac l'Assomption en est un entre plusieurs.

Mardi, 9 sept. — Du lac de la Nativité, nous passons par un court portage au lac Lcpage et de celui-ci par un portage encore plus court au lac Yézïna d'une étendue assez considérable. Du fond de ce dernier lac, nous nous rendons, après dix-huit arpents de marche à travers le bois, sur le bord d'un grand ruisseau, profond, que nous remontons sur un espace de deux milles et que notre guide appelle le crique de l'Assomption. Ce n'est autre chose que la rivière l'Assomption rctrécic considérablement et qui sort d'un lac que nous voyons à un mille et demie vers l'Ouest, lequel doit être considéré comme la vraie source de la rivière. Ce lac de la Conception, comme nous l'avons nommé, peut avoir une circonférence de trois lieues et ne se trouve pas moins qu'à dix railles à l'Ouest du lac l'Assomption ; nous sommes entrés dans le filet d'eau qui en descend. Nous sommes campés à la hauteur des terres entre le St Laurent et la Mataouîn qui coulent parallèlement l'un à l'autre.

Mercredi, 10 sept. — Nous partons, en nous dirigeant vers le Nord. Apre8 maints circuits à travers les aulnages d'une baie, nous débouchons enfin sur une nappe d'eau qui tire de nos poitrines une exclamation de surprise et d'admiration. Nous avions devant nous une surface liquide d'au moins 4 lieues de longueur sur H de largeur peut-être. Nous étions arrivé à ce grand Lac Mataouin qui forme la rivière de ce nom. Les rives a droite et & gauche sont de légères éminences couvertes tantôt de bois franc, tantôt de bois mêlé. Au fond du Lac, devant nous, dans le lointain, commence un ■ terrain plan qui s'enfonce à perte de vue dans le Nord. Ce Lac court an nord-ouest dans le sens de sa longueur, mais à partir do son milieu il se courbe légèrement vers le Nord. Nous côtoyons la rive droite afin de tomber quelque part sur la décharge que nous sommes déterminés à suivre. Vers cinq heures du soir nous entrons dans l'embouchure d'une petite rivière assez profonde au courant de laquelle nous nous abandonnons. A six heures nous dressons notre tente sur un côleau, près de la grève. Il est bientôt l'heure de camper, mais nous ne débarquerons pas sans avoir baptisé d'un nom Canadien le beau lac que nous venons de passer. Une heureuse inspiration nous fournit un nom précieux à beaucoup de titres, béni de tout le diocèse, le plus digne de respect, que nous prononçons tous avec amour et que vous entendrez avec plaisir, celui du lac Bourget Nous baptisons du même nom la jolie petite rivière aux eaux calmes qui fait communiquer après un parcours de deux lieues ce lac à la grande rivière Mataouin. A six heures nous dressons notre tente sur un coteau près de la grève qui nous donne un nouvel horizon d'une beauté remarquable. Du l'éminence où nous sommes nous appercevons une ligne régulière de collines, loin dans le Nord, qui court du sud-ouest au nord-est où nous déterminons que nous sommes en ce moment dans la vallée de la Mataouin.

. Jeudi, 11 sept. — Personne de nous ne fut lent ce matin ; nous avions tous h&te d'atteindre cette rivière Mataouin qui faisait le sujet de nos conversations

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