Les Forges comprises) 3,972 " do
4,406 " do.
1851, la ville seule,.... 4,936 " 1861, " " 6,058 âmes, dont 5,367 sont d'origine cana-
dienne-française et 691 appartiennent aux antres origines.
Les principaux établissements de la ville sont : la nouvelle Cathédrale, évaluée à $80,000 ; le Couvent des Ursulines et l'Eglise de la Communauté, le premier édifice évalué à $64,000, et le deuxième à $8,000 ; l'église protestante et réçlisç catholique, chacune évaluée à environ $20,000 ; l'Hôteî-de- Ville, estimé à $3,500 ; la Cour de Justice, valant $40,000 ; une Prison, évaluée à $30,000, formant une valeur non cotisée de $265,500
Il y a, en outre, 800 maisons, dont la valour s'élève à laaomme de 889.000
i7oe,
Il •
Plaçant la valeur totale de la propriété foncière à $1,154,500.
Outre les établissements que je viens de mentionner, se trouvent les terrains en culture renfermés dans les limites de la Cité, lesquels sont cultivés avec profits. On compte une quantité d'acres de terre possédés qui s'élève à 7,094, dont 5,029 acres sont en état de culture, lesquels ont produit 42,321 minots de grains et 18,326 minots de patates et navets, en 1860, formant en tout 60,647 minots, et 1,992 tonneaux de foin. La valeur de la propriété foncière rurale s'élève à $305,452.
La plupart des maisons de la ville, autrefois bâties en bois, ont fait place à des constructions de briques ou de pierre d'un meilleur goût, surtout dans les quartiers qui furent ravagés par le grand incendie, il y a quelques années.
On compte deux journaux publiés dans cette ville, nn dans chaque langue.
MF.— Comté de diamptaln.
Ce comté s'étend depuis la rivière du St. Maurice jusqu'audelà de l'embouchure de la rivière Ste. Anne, sur le fleuve St. Laurent, et renferme aujourd'hui une population de 30,008 habitants, tous d'origine canadienne-française à l'exception de 343 personnes d'origine britannique.
Il y a dix ans, c'est-à-dire en 1851, le chiffre delà population des paroisses de ce comté ne s'élevait alors qu'à 13,896 habitants, dont 13,466 étaient franco-canadiens et 430 appartenaient aux autres origines.
De ces chiffres il appert donc qu'il y a eu durant ces dernières dix années une augmentation de 6,112 âmes, toute au profit de la race française, puisque les autres origines ont même diminué en nombre durant cette même époque.
La colonisation a fait de rapides progrès dans les limites de «ce comté depuis dix ans. Outre les anciennes paroisses du Cap de la Madeleine, St. Maurice, Champlain, Batiscan, Ste. Geneviève, St. Stanislas, Ste. Anne et St. Frosper, ont surgi les paroisses nouvelles de N. D. du Mont-Carmel, Ste. Flore, St. Luc, St. Narcisse et St. Tite, qui progressent d'une manière très encourageante et bien propre a rejouir le cœur de ceux qui s'intéresse it à la prospérité générale du pays.
Il y a dix ans, on comptait 193,819 acres de terre possédés dont 52,430 acres étaient en culture ; aujourd'hui, le recensement de 1861 constate qu'il y a 239,340 acres possédés dont 73,716 acres sont en culture, formant ainsi une augmentation de 21,286 acres de terre nouvelle préparés durant ces dernières dix années. Résultats magnifiques ! . . . . et qui démontrent combien l'élan est général pour *a colonisation, puisque la forêt disparaît si rapidement sous les coups de la cognée pour faire place à de riches moissons.
Outre la quantité d'acres possédée encore en bois debout, laquelle s'élève à 165,624 acres, le gouvernement en offre en vente 25,000 situés dans l'intérieur, notamment aux environs des forges Radnor, à raison de 30 cents l'acre. L'agent local, A. Bochet, écr., chargé de la vente de ces terres, demeure à Ste. Anne de la Pérade.
Les récoltes de 1860 ont donné 566,911 minots de grains et 224,502 minots de patates et navets, formant en tout 791,413 minots et 12,978 tonneaux de foin, le tout évalué à $444,411.15. Le blé figure dans cette quantité pour 42,515 minots.
Les produits de l'industrie, consistant en beurre, sucre
YI6 feCTOE.— COMTÉ CE GHAMPUTBT. 469
d'érable, laine, étoffe foulée, flanelle, toile et filasse, s'élèvent k $96,873.69.
Le revenu des jardins est évalué à $5,259.
Le bétail compte pour 38,709 tètes, estimé à $403,166.
Les voitures d'agrément, au nombre de 3,096, valent $50,246.
Les instruments d'agriculture sont estimés à $98,965 ; et la valeur de la propriété foncière à $2,606,987.
Formant en tout $3,705,907.84.
La paroisse du Cap de la Madeleine est bornée par la rivière du St. Maurice à Pouest, et par le fleuve St. Laurent en front j elle renferme une population de 1,027 âmes. Cette seigneurie, autrefois la propriété de l'Ordre des Jésuites, appartient maintenant à la Couronne ; le sol de cette seigneurie ressemble aux terres des forges du St. Maurice : quoiqu'un peu moins sablonneux. Plusieurs branches de la petite rivière Champlain arrosent complètement la contrée, et la paroisse du Cap est placée sous Fin vocation deSte. Marie-Madeleine. C'est une des plus anciennes paroisses du district des Trois-Rivières.
La paroisse de St. Maurice est située en arrière de celle que nous venons de voir, dans la même seigneurie, à environ 10 i milles de la ville des Trois-Rivières, et renferme un village très florissant par sa situation du voisinage des célèbres forges de Kadnor. La population de cette paroisse, qui s'élevait à 1,648 âmes, il y a dix ans, est évaluée aujourd'hui à 3,300 habitants. Cette paroisse produit bien le blé, les pois, l'avoine et les patates. Les magnifiques érablières possédée» par les habitants du lieu ont produit 50,172 lbs de sucre, durant l'année 1860. L'érection civile de cette paroisse remonte à plus de vingt ans. Un chemin part de cette paroisse, traverse l'établissement des Forges de Radnor, et doit conduire aux Grandes Piles, sur le St. Maurice, après avoir traversé une savane d'environ cinq milles de longueur. Le terrain que ce chemin traverse et doit traverser dans son prolongement est généralement bon, à l'exception de la savane qui aurait besoin d'être égouté profondément pour pouvoir être cultivée ; les travaux d'ouverture du chemin des Grande» Files dépassent aujourd'hui quelque peu cette savane.
Au fond de la même seigneurie du Cap de la Madeleine 6e développe la nouvelle paroisse de Notre-Dame du Mont- Carmel, laquelle comprend une étendue de territoire d'environ 12 milles de front sur 5 milles de profondeur. Une chapelle
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de 50 pieds sur 30 est construite dans le rang St. Flavien, sur les lots de terre Nos. 63 et 64, et la population qui s'élève à 74 familles ou 492 âmes, est desservie par M. le Curé de St. Maurice.
On peut facilement juger des progrès rapides qui s'accomplissent dans cette paroisse, par ce seul exemple, que douze mois après que le recensement de 1861 fut fait il y avait déjà 35 familles d'augmentation sur le chiffre de la population tel que mentionné ci-dessus; c'est-à-dire qu'au 1er janvier 1862 on portait le nombre des familles à 111, et que ce chiffre allait toujours grossissant»
Le recensement de 1861 constate qu'il y avait à cette époque, dans cette paroisse, 960 acres défrichés qui avaient produit 8,287 minots de grains, et 7,966 minots de patates, en 1860, formant en tout 16,253 minots et 83 tonneaux de foin. La valeur des terres du Mont-Carmel est aujourd'hui évaluée à $37,070, et le bétail à $6,864,
Dans une antre partie de la mémo seigneurie se trouve située la paroisse nouvelle de Ste. Flore, qui renferme déjà 56 familles composées de 365 personnes. Une chapelle de 40 pieds sur 30, construite à une lieue de la rivière du St. Maurice, a été bénie solennellement le 21 août 1861. Il y avait à peine sept ans que la cognée avait fait retentir la forêt de ses échos, lorsque cette cérémonie eût lien, et déjà la voix d'an pasteur résonnait sous les voûtes d'un nouveau temple, rempli par cette énergique population dont le travail a déjà fait surgir 709 acres de terre défrichés, conquis 6iir la foret, offrant une moisson de 7,398 minots de grains et 10,889 minots de patates, récoltée en 1860, formant en tout 18,287 minots et 66 tonneaux de foin. C'est M. le Curé de St. Boniface qui est chargé de la desserte de cette paroisse. La valeur de la pro-
Îriété foncière de Ste. Flore est estimée aujourd'hui à $33,741. fes troupeaux consistent en 92 bêtes à cornes, 29 chevaux et 78 têtes de petit bétail.
Un chemin très utile se poursuit actuellement dans cette paroisse pour aller aboutir a la rivière aux Rats, lequel doit traverser la magnifique vallée qui s'étend de la rivière des Envies jusqu'aux Lacs Long et Mékina, pour de là se rendre à la rivière aux Rats sus-mentionnée dans le canton Turcotte, On trouve sur le parcours de ce chemin, paraît il, beaucoup de dépôts de minerai de fer.
En retournant au fleuve St. Laurent, nous arrivons à Champjain, ancienne paroisse, qui possède un beau village où
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oont groupés les divers corps de métiers ordinaires. Cette paroisse est sous le vocable de la Visitation^ et renferme une population de 2,177 âmes. Le sol est uni et favorable à la culture de tontes espèces de grains, bien arrose par la petite rivière Champlain et autres petits courants dont les sources sont à peu de distance dans l'intérieur, et qui coulent en serpentant jusqu'au fleuve. Cette rivière possède beaucoup de pouvoirs d'eau, et donne le mouvement à des moulins à farine et à scies, ainsi qu'à la grande tannerie de M. Eichardson, de Québec.
En arrière de Champlain, à une lieue et demie de l'église, est située la nouvelle paroisse de St. Luc, qui renferme aujourd'hui 95 familles dont quatre familles sont d'origine étrangère. Une chapelle de 80 pieds sur 30 est construite sur le bord de la petite rivière Champlain, et les fidèles de cette mission naissante sont desservis par M. le Cure de St. Maurice. C'est tout ce que je sais sur ce lieu.
En pénétrant à sept milles plus en profondeur, nous arrivons à la nouvelle paroisse de St. Narcisse, laquelle renferme une population de 979 habitants, tous d'origine canadienne-française, moins deux personnes. Une jolie Chapelle d'environ 70 pieds de longueur est construite, et un Prêtre y réside depuis 1854:. On compte 3,376 acres de terre en état de culture qui ont produit 22,414 minots de grains et 11,759 minots de patates, en 1SG0, formant la magnifique récolte de 34,173 minots et 664 tonneaux de foin. La valeur des terres, •de cette nouvelle paroisse s'élève déjà à $148,124.
La paroisse ancienne de Batiscan, placée sous le patronage de St. François-Xavier, est située sur le fleuve, à environ 7è milles de l'embouchure de la rivière Batiscan. Sur le bord du fleuve le terrain est bas ; mais il s'élève bientôt par degré jusqu'à la distance de près de 12 milles dans l'intérieur, où il devient alors montagneux à mesure qu'il s'approche de la chaîne des montagnes du K". O. La population de cette paroisse s'élève à 1,004 habitants, tous canadiens-français. La rivière Batiscan, qui prend sa source dans plusieurs lacs situés dans les environs de la rivière Croche, forme une magnifique vallée qui s'établit très rapidement ; plusieurs paroisses sont formées déjà le long de cette rivière ou de florissants établissements existent des deux côtés de ses rives et qui démontrent l'aisance de leurs heureux possesseurs, suivant que nous allons le voir. Ce sol varie ; tantôt il offre une terre légère, un peu sablonneuse, sur une couche de bonne argile ; tantôt il devient plus fort, enrichi d'une belle terre noire. La rivière Batiscan,
i66 COLONISATION DU BAS-CANADA.
dont l'embouchure sert de hAvre aux bâtiments fesaiit le cabotage, met en mouvement des moulins de tout genre- M, Priée, paraît-il, a des chantiers considérables sur la rivière des Envies, l'un des tributaires de la rivière Batiscan.
• La paroisse de Ste. Geneviève, située sur la rivière Batiscan, est à 5 ou 6 milles du fleuve, et renferme une population de 2,171 habitants. La quantité des terrains mis en état de culture s'élève à 10,261 acres qui produisent abondamment le blé, l'avoine, le sarrazin et les patates, ainsi que le foin. La propriété foncière est évaluée à $326,361 ; les instruments d'agriculture à $14,047, et le bétail à $46,498, outre les valeurs récoltées on manufacturées.
A quatorze milles du fleuve, sur la même rivière Batiscan, se trouve la paroisse de St. Stanislas, située au confluent de la rivière des Envies avec celle de Batiscan ; une des branches de la première prend sa source dans le Lac à la Truite, près des petites Piles. Cette florissante paroisse renferme une population de 2,378 habitants qui cultivent avec beauconp de profit les 8,845 acres de terre qui sont en état parfait de culture. Le blé, l'orge, les pois et l'avoine sont les grains qui sont les plus cultivée, ainsi que les patates. Le foin est abondant et de bonne qualité. La valeur des terres est estimée à $264,865 ; celle des instruments aratoires à $12,297 ; et le bétail à $48,911.
Au-dessus de St. Stanislas, sur la rivière des Envies, se trouve la nouvelle paroisse de St. Tite, qui renferme nne population de 1,000 habitants, tous canadiens-français à l'exception d'une seule famille d'origine anglaise. Une Chapelle de 60 pieds sur 30 est bâtie sur la rivière ci-dessus mentionnée, à trois lieues de la rive gauche du St. Maurice et à environ 42 milles de la ville des Trois- Rivières. Un Prêtre réside dans cette paroisse nouvelle depuis l'automne de 1859. La quantité d acres de terre en état de culture s'élève à 2,186 acres qui ont produit 15,933 îninots de grains et 15,631 minots de patates, en 1S60, formant en tout 31,564 minots et 596 tonneaux de foin.
Outre cette population permanente, on compte aussi 1,179 hommes occupés dans les chantiers à bois, dont la majeure partie sont desservis par M. le Curé de St. Tite.
Un chemin part de la chapelle de St. Tite et mène aux Grandes Piles, sur le St. Maurice. Le sol est de qualité supérieure, dit M. Joseph Trudel, conducteur des travaux de ce chemin, et la terre grise et jaune y dominent. Il existe en
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certains endroits du minerai de fer qui paraît être en assez grande abondance pour pouvoir être exploité avec avantage. Ce chemin est destiné a devenir la voie principale par où devront passer les importations et les exportations des différentes paroisses qui vont bientôt surgir dans les superbes vallées déjà mentionnées, et qui sont dans le voisinage de ce chemin.
La paroisse de Ste. Anne de la Pérade est située sur le fleuve St. Laurent, à l'embouchure de la belle et grande rivière Ste. Anne, laquelle prend sa source dans un lac situé à environ 70 milles dans le Nord-Est, à 30 milles en arrière de Québec, dans le canton Stoneham. Cette rivière est assez large, mais elle n'est point navigable, son cours étant interrompu par plusieurs chûtes et rapides qui rendent sa navigation impossible. A son embouchure, le rivage de cette rivière est bas, et un peu plus vers l'intérieur, il devient beaucoup plus élevé, mais en quelques endroits pleins de rochers. Le sol est passablement fertile et consiste en une terre légère et sablonneuse qui repose sur nne argile rougeâtre, vers le front ; mais en avançant dans l'intérieur on trouve un mélange de marne jaune et de terre noire; tout ensemble il donne abondamment du grain de toute espèce : toutefois, c'est l'avoine et le sarrazin qui sont les grains les plus cultivés par les habitants do cette paroisse, ainsi que le foin. Des routes sont ouvertes des deux côtés delà rivière Ste. Anne et suivent son cours à travers le hant des seigneuries situées au nord-est jusque vis à-vis de Portneuf,
Un beau et très florissant village est formé dans cette paroisse, sur les bords de la rivière Ste. Anne, à une petite distance du fleuve. Le commerce d'exportation à Québec des produits récoltés ou manufacturés dans la paroisse et celles environnantes est considérable. La population de Ste. Anne s'élève à 2,908 habitants, tous canadiens-français, à l'exception de 27 individus.
A sept milles et demi en arrière de Ste. Anne, dans le fief Ste. Marie, se trouve la paroisse de St. Prosper, laquelle renferme une population de 1,028 habitants, tous canadiensfrançais, moins six personnes. Cette population possède 5,235 acres de terre en état de culture qui produisent bien le blé, l'avoine, le sarrazin et le foin. La valeur des terres de St. Prosper est porté à $192,075 dans le recensement de 1861. Le sol est de la même qualité et variété que- celui de Ste.
Anne ; mais il y a moins de terre propice à la culture du seigle et des patates, d'où il résulte que ces cultures sont peu considérables.
D'après divers rapports, il existe un surcroit de population dans les anciennes paroisses de ce comté qui serait préparé à s'établir de suite sur les terres situées dans l'intérieur à mesure que les routes 6'ouvrent à la colonisation. Il n'y a point de cantons organisés dans les limites de ce comté, appartenant au gouvernement, mais en retour il y a de belles et riches vallées qui s'étendent dans le haut des seigneuries, très propres à la colonisation et dont les taux d'acquisition sont assez faciles ; toutefois le gouvernement possède une grande partie des territoires renfermés dans les seigneuries, provenant des Biens des Jésuites, qu'il vend à raison de $1 par acre. Le gouvernement a dépensé dans ce comté pour l'ouverture des quelques routes qui s'y trouvent la somme de $13,600 de 1855 à 1S62 inclusivement.
Le minerai de fer se rencontre presque partout, dans cette contrée ; les parties exploitées ont fourni durant Tannée 1860 une quantité de 17,877 tonneaux. La seule paroisse de Ste. Flore a produit pour sa part pour une valeur de $4,663.
Il n'y a pas encore de Société de Secours établie dans le comté, quoique l'opinion publique soit favorable à la fondation de cette société dans les paroisses, et qu'elle sache que ces associations renferment des moyens • très puissants et très efficaces pour les développements de la colonisation des terres nouvelles. Puisque c'est le patriotisme qui crée et soutient ces associations, que les patriotes agissent ! C'est leur devoir.