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anx-Trembles, qui a pour patron St. François de Salles, laquelle renfermé un beau et florissant village, agréablement située 6ur le bord dû fleuve St. Laurent, dans la seigneurie de Neuville. Cette paroisse embrasse tonte l'étendue de terrain qui se trouve enclavé entre le fleuve et la rivière Jacques-Cartier. Sa surface, comme c'est presque généralement le cas à plusieurs lieues de Québec, est très inégale, s'élevant depuis le fleuve par une suite de chaînes irregnlières jusqu'aux bords de la rivière Jacques-Cartier, au-delà desquelles chaînes le sol devient décidément montagneux et escarpé. Près du fleuve, le sol est un mélange léger de sable et de terre noire et friable ; mais en avançant dans l'intérieur il devient beaucoup
S lus fort, et se change en une belle marne. Tontes les espèces e grains y croissent admirablement bien ainsi que le foin. Durant l'année de 1860, il fut récolté dans cette seule paroisse 84,608 minots d'avoine, 68,577 minots de patates et 2,368 tonneaux de foin ; le reste vient en proportion. Le chiffre de population de cette paroisse s'élève aujourd'hui à 2,198 habitants ; tous canadiens-français à l'exception de quinze personnes d'origine irlandaise.
Le village est situé sur une poiute saillante oui s'avance dans le fleuve et qui ue s'élève qu'à une petite hauteur audessus du niveau de l'eau, couronné en arrière par un amphithéâtre de collines, en pentes douces, cultivées jusqu'à leur sommet et embellies de fermes bien établies, entourées de jardins et vergers, qui offrent dans toutes les directious, surtout du côté du fleuve, un coup-d'œil charmant.
Cette paroisse, qui offre tant d'attrait pour une résidence de campagne, donne asile depuis plusieurs années à notre artiste canadien, M. Antoine Plamondon, peintre d'histoire, dont la renommée fait la gloire du pays, et qui emploie ses loisirs à s'occuper d'horticulture et d'agriculture.
On compte deux ou trois chantiers pour la construction des navires, qui fournissent chaque année de magnifiques bâtiments aux transports maritimes et qui donnent de l'emploi à un bon nombre d ouvriers de l'endroit. Le commerce local est assez actif et prospère. Entre la rivière Jacques-Cartier et le Cap- Rouge sont les belles carrières de pierre de taille de la Pointeaux-Trembles, d'une très grande renommée.
En. arrière de la Pointe aux-Trembles, sur le bord de la rivière St. Anne, se trouve située la paroisse de St. Raymond, laquelle renfermait une population de 1,701 âmes, en 1851, tandis qu'aujourd'hui cette population s'élève à 2,902 habitants,
dont 2,255 sont franco-canadiens et 647 presque tous d'origine irlandaise. Ces calculs démontrent donc qu'il y a eu une augmentation de 1,201 âmes depuis dix ans.
Le sol est passablement bon et consiste principalement en une marne forte, qui produit bien le grain. C'est le seigle, les pois, l'avoine, les patates et le* foin, qui sont les cultures les plus abondantes. Le bois est varié et consiste en frêne, hêtre, bouleau et érable ; cette dernière espèce est d'une bonne qualité et d'une belle grosseur. Les habitants de St. Raymond ont confectionné dans leurs érablières une quantité de 24,074 lbs. de sucre dans le seul printemps de 1860. Cette contrée est arrosé par plusieurs petits courants d'eau, outre la rivière Ste. Anne, qui sortent des hauteurs au sud de cette rivière, et qui tombent dans la petite rivière Portneuf. La valeur des terres de cette paroisse, qui comprend une partie de la seigneurie de Bourg-Louis et le canton Gosford, est estimée à $72,268.
M. l'abbe P. J. Bédard, curé de St. Raymond, que l'on retrouve encore ici activement occupé à l'avancement de la colonisation comme autrefois dans les cantons de l'Est, dit que le canton Gosford, aujourd'hui compris dans la paroisse de St Raymond, devra nécessairement former plus tard une paroisse séparée. On y comptait 130 feux en 1861. Le beau lac Scpt- Iàles, long d'une lieue et demie et large de trois quarts de lieue, dit ce monsieur, est dans Gosford, au sud de fa rivière Ste. Anne, où il se forme une petite colonie qui bientôt demandera une desserte. Commencée il y a cinq ou 6Îx ans, elle comptait onze familles résidentes au commencement de l'année 1861, outre vingt terres prises par d'autres personnes lesquelles terres étaient alors en voie rapide de défrichement
Dans les profondeurs de St. Raymond, se trouve un petit noyau de population d'une centaine d'âmes, qui dépendent également de la paroisse, et au centre duquel une Chapelle a été construite. Cette mission naissante est visitée par M. Bédard tous les trois mois, et elle est placée sous le patronage de Notre-Dame des Neiges.
Au nord de Gosford se trouve le canton Rocmont, dans lequel sont fixées un certain nombre de familles, qui défrichent activement la foret, que de belles et larges lisières de grains remplacent déjà. Une Chapelle est construite dans l'endroit depuis 18G1.
A l'ouest est placé le canton Colbert qui, comme Rocmont, est abondamment arrosé par plusieurs branches de rivières et petits lacs qui coulent vers la rivière Ste. Anne. En 1861,
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on comptait dans l'endroit une vingtaine de familles établies et autant de terres prises et en voie d'être défrichées par d'autres familles alors non résidentes. M. l'abbé Bédard mentionne qu'il y a à peine 9 ans que le premier habitant a été s'établir dans ce canton.
Les habitants de ces derniers centres de colonisation 6ont desservis également par M. le Curé de St. Raymond.
Derrière les montagnes qui bornent au nord ces nouveaux établissements il y a une vallée superbe arrosée par la rivière , .Noire qui s'étend jusqu'à la rivière Batiscan, ou il se trouve d'excellentes terres. A ce propos, M. l'abbé Bédard suggère u'un chemin soit ouvert dans ces endroits où une bonne voie e communication est très possible.
Voici les chemins que suggère d'ouvrir M. l'abbé Bédard, dans une longue correspondance à ce sujet.
D'abord il mentionne qu'en arrière de St. Casimir et St. Alban se trouvent de magnifiques vallons, auxquels on ne peut arriver, faute de communication. •
1°. Il faudrait une route partant de la rivière Jacques- Cartier à St.- Gabriel qui passerait par la rivière aux Pins, et de là traverseiait Gosford pour rejoindre dans Eocmont le chemin déjà ouvert dans ce canton, qui pourrait être continué plus tard jusqu'au St. Maurice.
Cette route est commencée et conduit déjà jusqu'à la rivière aux Pins, ajouteron6-nous.
2° Une rouie depuis Ste. Catherine, étant la continuation dû chemin Bélair, qui irait aboutir à l'église de St. Raymond. Il est vrai que cette route traverserait les seigneuries de Fossambault et Bourg-Louis, mais il faut observer qu'elle serait un raccourci de 6 milles pour une partie des colons de Gosford et de Colbcrt. D'ailleurs, cette route serait peu coûteuse, vu qu'elle rencontrerait des chemins déjà en bonne condition ; longueur 12 milles.
3°. Une route dans Colbert, qui partirait de la profondeur de Bourg-Louis, près du moulin de Michel Déry, passant par plusieurs petits plateaux de bonnes terres pour atteindre en arrière de Colbert un vaste plateau de terres magnifiques ; parcours d'environ 12 milles.
M. Victor Leclerc, conducteur du chemin Colbert maintenant en voie d'ouverture, dit clans son rapport de 1S61 que ce canton est un peu montagneux ; mais que les terres y sont excellentes et très recherche es par les jeunes colons.
En retournant au fleuve, on arrive à la paroisse de Saint-
Augustin, située dans la seigneurie Desmaures, laquelle renferme une population de 1,722 habitants d'origine canadienne-française, à l'exception de quelques familles qui sont d'origine irlandaise. Avec une surface variée et inégale, cette seigneurie possède un sol gras et fertile qui, 6iir les hauteurs est compose d'une marne un peu légère, et généralement de terre noire dans le3 vallées. La rivfère du Cap-Rouge, qui prend sa source dans les hauteurs, près des limites du iond de la seigneurie, traverse diagonalement la paroisse en serpentant, • où plusieurs petites brandies se détachent à droite et à gauche. Le lac St. Augustin, d'environ un mille et demi de long, est située entre la rivière du Cap-Rouge et le fleuve St. Laurent, sur la hauteur baigné par les eaux du fleuve. C'est l'avoine et le foin qui constituent la principale partie des récoltes.
En arrière de St. Augustin, sur la rivière Jacques-Cartier, se trouve la paroisse de Sainte-Catherine, située dans la seigneurie de Fossambanlt, à une petite distance du Lac St. Joseph. Le sol consiste en une espèce moyenne de marne, ou en une couche de terre noire de peu de profondeur, sur un lit de sable ; en certains endroits il est rocailleux. Au nord de la rivière Jacques-Cartier le pays est montagneux et s'élève continuellement jusqu'à l'approche de la grande chaîne des montagnes du nord-ouest qui ne sont point cultivables, paraît-il.
Le chiffre actuel de la population de Ste. Catherine s'élève à 1,670 habitants dont 684 sont canadiens-français et le reste d'origine irlandaise.
Vient enfin le dernier noyau de population qui nous reste à considérer dan3 le comté, celui du Cap-Rouge, 6itué sur le fleuve St. Lanrent, à l'embouchure de la rivière du Cap- Ronge, dans la seigneurie de Gaudarville. Cette population forme un petit village d'environ 92 maisons au centre duquel se trouve une assez belle église en pierre de 80 pieds de longueur sur 45 pieds de largeur, construite récemment sur la rive droite de la rivière sus-mentionnôe, ainsi qu'un presbytère en bois complètement terminé, lesquelles constructions font honneur au zèle et à la piété des fidèles de la nouvelle paroisse qui a pour patron Saint-Félix. Pour satisfaire à la ferveur de cette brave population, qui travaille dans les foulons à bois du voisinage, un Prêtre a été placée permanemment au milieu de cette paroisse depuis 1859. Le chiffre total de la population de St. Félix s'élève aujourd'hui à environ 500 âmes.
Deux citoyens de grand mérite contribuent largement à consolider la fondation de la paroisse comme l'aisance des
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faurflles de l'endroit : M. Ducliesnay, seigneur du lieu, par les dons de terrains et autres secoifrs accordés en faveur de la nouvelle église ; et M. J. B. Forsyth, par le travail bien rétribué qu'il accorde aux travaillants et les bois de rebut qu'il abandonne à cette population généralement pauvre.
Le commerce du bois d'exportation des environs de Québec, qui occnpe trente-quatre Anses ou foulons (selon l'expression consacrée) compte au Cap-Rouge un vaste entrepôt abondamment fourni qui approvisionne durant la saison de l'Eté une quantité assez considérable de navires d'outre-mer. Après la navigation fermée, le 1er décembre 1862, il restait encore dans les estacades du lieu au-dessus de trois millions 8S0,0Q0
Eieds dont 3,404,746 pieds étaient des plançons de pin blanc. .a valeur des grèves occupées par ces entrepôts du Cap-Rouge s'élève à environ $400,000 ; et la distance de ce lieu de Québec est de 7è milles.
A part cette branche importante du commerce que nous venons de voir, il existe au même lieu une manufacture de vaisselle qui mérite d'être mentionnée. Quoiqu'ayant visité particulièrement cet établissement, je ne puis mieux faire que d'emprunter les excellentes remarques qu un ami de l'industrie canadienne a publié sur cette usine, à la suite d'une visite faite en 1862, et auxquels sentiments je m'associe de tout cœur.
" Un établissement unique dans le pays et qui fait honneur à Québecr — dit ce monsieur, — est la poterie de MM. Howison et Chartré, au Cap-Kouge. Cet établissement est dû à l'énergie de M. Howison. Après avoir fait un cours d'études au petit séminaire de Québec, avec distinction, il prit un magasin de vaisselle. Ayant réussi, il passa en Angleterre, visita les établissements de poterie et forma le projet d'alimenter son magasin par une poterie qu'il établirait dans le voisinage de Québec. Ce fut à l'endroit où les Français construisirent le premier fourneau à chaux, près de la rivière du Cap- Rouge, qu'il se décidât à exécuter son plan. Les résultats qu'il a obtenus, font honneur, non-seulement à Québec, mais encore au Canada. Des hommes aussi entreprenants et aussi industrieux ne sauraient être trop encouragés. Je pense intéresser en donnant une description complète de cette fabrique de vaisselle, et j'espère que tous les bons Canadiens, qui Veulent voir grandir notre industrie et notre nationalité paieront un tribut d'encouragement au talent de M. Howison en achetant sa vaisselle et en augmentant son crédit
" Dans cette fabrique on mélange une argile que l'on trouve sur les lieux avec une autre argile importée des Etats-Unis. Dans la première opération que l'on fait subir à la matière brute, on cherche à obterir une pâte bien* homogène. Dans ce but on met les terres dans une grande cuve avec un excès d'eau. Un agitateur mû par une machine à vapeur mélange le tout et en fait une boue liquide, qui passe dans une seconde cuve à travers un tamis très fln destiné à retenir les parcelles non délayées ; au moyen d'une pompe à chaîne on fait passer cette boue dans le dessicateur parallélo^ram
me oblong, en brique à feu, à, fond plat et profond de quelques ponces seulement, chauffé par un courant d'air chaud qui passe sous le fond dans toute sa longueur. L'eau boueuse s'évapore peu à peu jusqu'à ce que la boue ait pris le degré de consistance suffisant Cette pâte est alors mise en tas et subit le pourrissage, c^est* à-dire, la décomposition des matières organiques et des sulfates que renferment les argiles,
" Enfin vient le malaxera, espèce de broyage qui a pour but d'augmenter encore l'homogénéité de la substance et de faire disparaître les bulles d'air qui s'y rencontrent En cet état la pâte est prête à subir l'opération soit du tour, soit du moulage, selon la nature des objets que l'on veut obtenir.
44 L'opération du tour se divise en deux parties : l'ébauchage, et le tourcassage. Dans l'ébauchage, la pâte passe entre les mains du tourneur. Le tour est un disque horizontal placé sur un axe vertical tournant sur lui-même. Lorsque la pièce est enlevée du tour, si elle n'est pas jugée défectueuse, on la place dans une chambre chauffée pour opérer le séchage. La pièce en séchant, acquiert un certain degré de solidité, qui la rend propre au tournassage, qui se fait sur un second tour, mais cette fois l'ouvrier avec des instruments tranchants donne à la pièce la façon définitive. C'est aussi sur le même tour que se posent les matières colorantes et les «tries qui ornent les vases.
" Après l'opération du tournaKsagc, la pièce étant prête pour la cuisson, elle est aussitôt placée dans des cassettes, sorte de boites en terre cuite fabriquées avec le résidu des objets défectueux mélangés de bonnes pâtes. Au lieu de travailler les vases au tour, on les moule quelquefois. Le moule est en plâtre ou en terre cuite, deux substances qui possèdent la propriété d'absorbqr l'eau. On applique la pâte molle sur la surface du moule destiné à la recevoir, puis on exerce une pression bien uniforme qui reproduit en relief les figures destinées en creux dans le moule. Les moules sont tantôt d'une seule pièce, tantôt de plusieurs parties, et la pâte s'applique, soit sur la surface intérieure, soit sur la surface extérieure, selon la nature des vases que l'on fabrique. Quand l'ouvrier juge que la pâte a suffisamment pris l'empreinte du moule, il décolle les bords, s'ils adhèrent au moule, au moyen d'une boule de pâte, puis il renverse le moule et la pièce se détache par son propre poids, d'autant mieux qu'elle a subi un retrait par sa dcssïcation dans le moule. On réunit alors les parties moulées séparément d'une même pièce. Souvent, au lieu d'appliquer la pâte directement sur le moule on la verse à l'état de boue liquide ; le moule, à cause de sa porosité, absorbe l'eau et la matière solide qu'elle tenait en suspension se dépose en couche sur les parois, On continue jusqu'à ce que la couche ait acquis une épaisseur suffisante. Quelquefois avant de mettre au fin la pièce de moulage, on lui fait subir une retouche, opération qui se fait à la main avec des instruments ad hoc, et qui tient, en petit, de l'art du sculpteur. Nous avons remarqué avec plaisir que le dessin le plus en faveur pour les vases moulés représente nos emblèmes nationaux. Les pièces qui ont été soit tournées, soit moulées sont disposées dans les cassettes dont nous avons déjà parlé. Ces cassettes sont pilées dans l'intérieur d'un four en forme de cône tronqué, large à sa base d'une vingtaine de pieds, et d'une hauteur de 50 pieds environ* Vers le milieu, les parois se replient de manière à former une voûte sphérique, percée au centro d'un trou de 2 pieds de diamètre et parsemée d'autres trous de plus petites dimensions, jouant le rôle d'aspirateurs et correspondant aux foyers disposés sous la base du four au nombre de 5 ou 6. Les vases commencent a abandonner l'eau et la cuisson est achevée au bout de 40 heures. Du reste la température que Ton donne au four varie beaucoup