VII* ÉTUDE. — COMTÉ DE QUÉBEC
Le bétail, qui compte pour 26,700 têtes, est évalué à $582,720. Les chevaux figurent dans ce chiffre pour 3,550.
Les voitures d'agrément, au nombre de 2,743, valent 894,433.
Les instruments d'agriculture sont évalués à $120,608 ; et la valeur de la propriété foncière à $3,571,136.
Formant une richesse totale de $4,919,947.95.
La colonisation est nulle dans ce comté en conséqnence du sol qui est extrêmement rude et montagneux, en arrière des premières montagnes qui servent de bordures à la belle et magnifique vallée du St. Charles et du St. Laurent. Il n'y a encore aujourd'hui que deux cantons qui soient arpentés dans les limites de ce comté, Stoneham et Tewkesbury, situés en arrière de Charlesbourg, au-delà et autour desquels on ne trouve partout qu'un triste désert qui n'est fréquenté que par quelques rares chasseurs et qui n'a pas encore été explorée.
Cependant, pour favoriser la colonisation des quelques petits centres qui existent et permettre leur agrandissemet, le gouvernement a octroyé une somme de $10,550, depuis 1854 a 1862, pour l'entretien d'anciennes routes et l'ouverture de nouvelles, laquelle somme a été dépensée avec beaucoup d'intelligence.
La paroisse de Ste. Foye, dont la situation agréable en fait le rendez-vous des riches marchands de la ville, renferme une population de 1,509 âmes dont 1,028 habitants appartiennent a l'origine canadienne-française. Les belles routes du Cap- Rouge et de Ste. Foye sont bordées d'élégantes demeures, ombragées de bosquets magnifiques, qui dénotent au plus haut point l'opulence des propriétaires. Au nord de la route de Ste. Foye, à quelque distance, le terrain s'abaisse graduellement jusque dans la vallée formée par la rivière St. Charles, après quoi il s'élève par degré jusqu'aux pieds des montagnes. Le sol est bon, composé d'une terre légère, rougeâtrc et sablonneux, entremêlée d'argile.
Vers le milieu du penchant de la dernière colline que je viens de mentionner se trouve située la paroisse de l'Ancienne- Lorette, qui renferme une population de 2,203 habitants, tous • canadiens-français, à l'exception de 59 personnes, d'origine irlandaise. L'église est agréablement située sur la rive occidentale d'une petite branche de la rivière St. Charles, sur une éminence, et elle est abritée à l'Est, par un joli bosquet de pins qui embellit l'endroit. La distance de Québec est de
71 milles. C'est l'avoine, les patates et le foin qui sont les plus cultives dans cette paroisse.
Chacun sait que les diverses paroisses qui entourent la ville de Québec, de même que celles de la Côte Beaupré, furent les premières ouvertes à l'agriculture lors de la fondation du pay3. On rapporte que parmi Tes quelques familles du Bas-Canada qui jouissent encore des propriétés qui leur ont été transmises par leurs ancêtres, de génération en génération, depuis cette époque, se trouve la famille Bureau, de cette paroisse de l'Ancienne-Lorette.
Louis Bureau, tonnellier, natif de la paroisse de St. Sébastien, Ville de Nantes, en Bretagne, France, vint s'établir à l'Ancienne-Lorette et prit le titre de concession d'une terre en
Après avoir exploité sa terre pendant 29 ans, il la légua à son fils, Jean Bureau, par acte de donation, en 1712. Celui-ci exploita cette terre pendant 28 ans et la transféra, par acte de donation, aussi, à son fils, Jean Baptiste Bureau, en 1740. La propriété fut exploitée, pendant 27 ans sous sa nouvelle direction et transmise de nouveau, par acte de donation, au fils du propriétaire portant aussi le nom de Jean Baptiste Bureau, en 17G7. Ce dernier l'exploita pendant 29 ans et la donna à son fils, Louis Bureau, en 1796. Le nouveau possesseur exploita cette terre pendant 42 ans et la passa à son fils, Jean Bureau, par donation, en 1838.
Depuis cette date la terre des Bureau n'a pas changée de mains, de sorte qu'il y a aujourd'hui (1863) 180 ans qu'elle se transmet, directement, de père en fils.
On nous dit que la plus grande douleur du propriétaire actuel est celle de n'avoir pas de fils à qui il puisse transmettre la terre paternelle, afin de continuer la transmission si heureusement pratiquée depuis près de deux siècles dans la famille Bureau, dit le Défricheur, duquel j'emprunte ce fait.
En supposant que M. Jean Bureau vive encore 20 ans, chose qui n'est pas impossible, les 200 ans de possession par la même famille serait complétées. Cependant, en changeant de nom la terre ne sortira pas entièrement des mains de la famille, car M. Bureau a une fille unique, mariée depuis peu d'années, qui demeure avec lui et à qui doit échoir le bien paternel.
Les malheurs matériels et même domestiques ont dû passer loin de cette terre de Lorette pour qu'elle ait été ainsi foulés
Ear sept générations sans changer de nom. On peut donc, à on titre, l'appeler la Terre heureuse I