‹ Études sur les développements de la colonisation du Bas-Canada, depuis dix ansChapitre 78 sur 124 · VU* ÉTTOE. — COMTÉ DE QUEBEC · texte numérisé non relu

VU* ÉTTOE. — COMTÉ DE QUEBEC

Au-dessus de la paroisse que nous venons de considérer se trouve celle de la Jeune- Lorette ou St. Ambroise, qui renferme une population de 3,^52 âmes. Un joli village entoure l'église, composé de gens de métiers, commerçants etc., etc. Plusieurs moulins fonctionnent ainsi qu'une manufacture de

Èapier. Le village des sauvages, descendants de la tribu des [urons, autrefois si formidable même aux puissants Iroquois, est situé à quelque pas de l'Eglise de la Jeune-Lorette, sur la rive orientale de la rivière St. Charles, dans un endroit délicieux. Ce petit village, dont les maisons forment un groupe pittoresque, embrasse une étendue superficielle d'à peu près 25 acres, et renferme environ 50 familles composées de 2 il personnes. L'agriculture n'a fait que peu de progrès chez eux ; ce qui est dû en grande partie au peu de terres qu'ils ont, soit environ trois ou quatre arpents chaque famille. Ils emploient la même méthode et les mêmes ustensiles d'agriculture que les canadiens, et récoltent de l'avoine, des pois, du blé d'inde, des patates et des végétaux. Tandis que les hommes vont à la chasse et à la pêche, les femmes font des souliers mous, des raquettes, des broderies snr Técorce et sur le cuir, qu'elles vendent à Québec et aux personnes qui visitent leur village. Cette population est intelligente et assez instruite. Les enfants font do bons écoliers, et les adultes, des artisans habiles.

En arrière de la Jeune-Lorette, sur le bord de la rivière Jacques-Cartier, on rencontre la paroisse de St. Gabriel, communément appelée Valcartier, située à environ 18 milles au nord-ouest de Québec. Cette paroisse renferme 1,6(37 habitants, presque tous d'origine irlandaise, à l'exception de 59 personnes qui sont canadiennes-françaises. C'est l'avoine et les patates qui 6ont les principales cultures de l'endroit. La terre est généralement fertile, mais pierreuse ; la rivière St. Charles y serpente d'une manière très favorable pour en arroser convenablement toutes les parties de la seigneurie, ainsi que le Lac de ce nom, de quatre milles de longueur, qui présente une des scènes les plus délicieuses à voir, entouré qu'il est de collines verdoyantes et variées.

La paroisse de Charlesbourg est située dans la seigneurie de Xotre-Dame des Anges, et renferme une population de 2,447 habitants, tous canadiens-français, à l'exception de 105 personnes qui presque toutes appartiennent à l'origine irlandaise. La plus grande partie de la terre est d'une qualité supérieure, et également distinguée par sa fertilité ; c'est le foin qui forme ici la plus grande richesse des cultiva-

teurs. Un joli village entoure l'église, agréablement eritué sur une éminence assez considérable, à environ une lieue au nord de la ville de Québec. La rivière St. Charles qui prend sa source dans les Lacs St. Olfarles et Huron, arrose bbondaminent les terres du haut de la paroisse, et sert à aorner le front de la seigneurie, après avoir fait un grand détour vers l'ouest pour aller tomber dans le fleuve St. Laurent, entre la ville et la Canardière à Beauport. La petite, rivière Jaune et autres courants, tombent dans cette rivière en arrière de Charlesbourg, serpentant partout et à travers le terres cultivées. Un bon jardin et un petit verger forment les dépendances de chaque habitation. On compte 229 acres de terre ainsi organisés en jardins qui ont rapporté un profit de $19,216, en 1860.

La paroisse de Beauport est aussi située au nord de Québec, et elle est borné par le fleuve St. Laurent. Le sol consiste en une terre noire entremêlée d'argile ou de manie, dans les parties basses ; et sur les hauteurs, d'un terreau noir beaucoup pins sec et plus friable ; quelquefois c'est la terre légère et sablonneuse, entremêlée d'argile, qui domine : au pied de la chaîne de montagnes qui borne au nord l'étendue de la paroisse c'est la marne jaune qu'on y rencontre en plus grande quantité. Entre le rivage et la première élévation du terrain, règne sur une grande largeur un terrain plat qu'on appelle la Canardière, presqu 'entièrement employé en prairies et en pâturages ; les premières produisent d'abondantes récoltes de loin d'une qualité supérieure. Cette paroisse produit huit ou dix fois plus de blé que les antres paroisses, prises isolément, et figure pour une quantité plus grande de plusieurs centaines de minots dans la récolte totale de ce céréale, contre toutes les paroisses réunies du comté. Une quantité de 186 acres de terre est employée en jardins où l'on cultive toutes sortes de légumes d'une excellente qualité, pour l'approvisionnement des marchés de la ville. Le revenu du jardinage dans cette paroisse s'élève annuellement à environ $14,000. L'année 1S60 a fournie pour une valeur de $13,763. B existe aussi dans cette païoisse de magnifiques carrières de pierre à chaux, qui sont une excellente ressource pour ceux qui les exploitent. On compte dans cette paroisse une population de 3,260 habitants, tous canadiens-français, moins 272 âmes appartenant à d'autres origines.

Sur la route de la Canardière se trouvent échelonnées de • très belles et magnifiques résidences qui sont remarquables

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par la beauté de leurs sites et les embelisseraents que leurs riches possesseurs ont su leur donner, et qui font l'admiration des étrangers qui visitent cette contrée.

L'Asile de6 aliénés, qui renferme 450 malades, est située dans cette partie de la paroisse. C'est une vaste bâtisse de pierres, à deux étages, remarquable par la grande propreté de son apparence extérieure, et beaucoup plus remarquable par le confort que cette Institution offre aux malheureux qu'elle abrite.

Le populeux village de Beauport est situé sur un terrain en pente douce, à quelques arpents au nord de l'Eglise, composé de personnes exerçant les métiers ordinaires aux campagnes. La plupart des maisons sont construites de pierres, et chacune possède son petit verger de pommes et de prunes. La nouvelle église de Beauport, qui vient de remplacer l'ancienne, devenue trop étroite, est une des plus vastes et des plus belles églises du Canada.

La rivière de Beauport fait mouvoir des moulins d'une grande importance et elle est navigable jusqu'à ces édifices, situés en partie sur la route principale de Beauport, à environ 40 arpents du flenve.

A l'extrémité Nord-Est de la paroisse se trouve la rivière Montmorency, qui prend sa source en arrière de la seigneurie de Beaupré et qui coule à travers la foret jusqu'à ce qu'elle arrive à former îa célèbre chute Montmorency, précipice d'une élévation de 240 pieds creusé dans le roc, dont la largeur en cet endroit est d'environ huit à dix toises.

En arrière de Charlesbourg et de Beauport, à 12 milles du fleuve, se trouve la paroisse de St. JDunstan, qui se développe avec lenteur autour du Lac Beauport. Il y a dix ans, on comp-. tait dans cette mission 61 familles ou 391 personnes, presque toutes d'origine irlandaise, à part 18 habitants appartenant à l'origine canadienne-française, laquelle population avait défriché 1,140 acres de terre. Aujourd'hui, le nombre des familles s'élève à 79 ou 505 âmes, dont 92 habitants sont franco-canadiens, possédant 1,747 acres de terre en état de culture. Ces chiffres établissent donc la faible augmentaton de 18 familles ou 114 âmes, en dix ans, et un surplus de 607 acres de terre neuve. Il n'y a pas encore ae Chap lie construite dans l'endroit, mais on projette d'en construire une bientôt, près du Lac. En attendant, les offices religieux se font dans une maison particulière, et c'est M. le Curé de Laval, qui dessert cette population. En 1861, on comptait

dans l'endroit trois écoles, fréquentées par 87 enfants. Un chemin conduit du Lac Beauport à Laval, située plus an nordest ; tandis qu'une autre route mène de Laval au Lac Huron, vers Stonekain.

A onze milles en arrière de Charlesbourg est située la paroisse de St. Edmond, qui se forme dans le canton Stoneham avec un peu plus de succès que la précédente. Il y a dix ans, la population de cette mission s'élevait à 9(3 familles ou 4SI âmes, d'origine irlandaise, à l'exception de 180 habitants qui appartenaient à l'origine franco-canadienne, lesquels possédaient 1,875 acres de terre en état de culture qui avaient produit 7,299 minots de grains et 21,96S minots de patates, formant en tout 29,267 minots, outre le foin et les pâturages. Le recensement de 1861 constate une population de 120 familles ou 689 personnes, dont 304 sont canadiens-français. Les défrichements réunies s'élèvent à 3,209 acres qui ont produit 13,436 minots de grains et 42,144 minots de patate?, en 1860, formant en tout 55,5S0 minots, outre 683 tonneaux de foin et les pâturages. Par ces chiffres on voit qu'il y a eu durant ccâ dernières dix années une augmentation de 24 familles ou 208 habitants dont plus de la moitié appartiennent ;à l'origine canadienne-française, et un surplus de 1,434 acres de terre nouvelle qui ont produit dans la récolte une augmentation de 26,313 minots, presque le double de la récolte de

La paroisse de St. Edmond est érigée depuis 1S50, mais elle est encore incapable de soutenir les dépenses nécessaires à un service régulier. C'est M. le Curé do St. Gabriel qui est chargé de cette desserte, qu'il visite tous les mois. La Chapelle do cette mission se trouve à environ 18 milles de Valcartier.

Une petite partie de la population ci-dessus mentionnée 6e trouve établie à l'Est de Stoneham, dans le canton Tewkesbury, autour d'une humble Chapelle de 40 pieds sur 30, construite sur le lot No 6 du 6e rang, à environ 10 milles de celle de St. Edmond. C'est le même missionnaire qui dessert cette mission, aux époques que je viens de mentionner.

En général, la surface de «es deux terrains est inégale et montagneuse et pleine de rochers, peu propre à la culture, quoiqu'il y ait ça et là des parties labourables dans les vallées où le sol est d'une assez bonne qualité. Le canton Stoneham, cependant peut faire quelques exceptions, car depuis sa limite de front, dans les environs du Lac Huron, jusqu'à la rivière

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