VIT* ÊTCTDE. — COMTE DE CHICOUTIMI
établis dans le premier canton, et 28 dans le second, tons d'origine canadienne-française.
An sud-est du Lac St. Jean, entre la petite Décharge et la Belle-Rivière, est situé le canton Signay, ouvert à la colonisation par une Société de défricheurs de la paroisse de la Baie St. Paul, formée en 1848. Ce canton, quoique renfermant un sol favorable à l'agriculture, a peu progressé. Suivant que le constate le recensement de 1861, on ne compte encore dans l'endroit que 80 habitants, dont trois familles seulement ont commencé à ouvrir des terres ; les autres s'occupent à travailler dans les chantiers, pour là préparation du bois de .construction.
Ces trois familles possèdent environ 64 acres ^de terre défrichés, qui ont produit 1,175 minots de grains et patates, en 1860.
De l'autre côté de la Belle-Rivière, sur le bord du Lac St. Jean, se trouve le canton Caron, ouvert à la colonisation par M. l'abbé Boucher, curé de St. Ambroise, vers la même époque que ci-dessus mentionnée. Ce monsieur, qui avait eit occasion de bien connaître le territoire du Lac St. Jean, par suite de ses fréquentes visites chez les Afontagnais, conçut l'idée de coloniser ce lieu à l'aide de souscriptions et par le moyen d'une Association formée dans sa paroisse pour cet objet. Malgré bien des difficultés et des mécomptes, inséparables embarras de ces sortes d'entreprises, cet énergique missionnaire parvint à jeter les premiers fondements de sa modeste colonie, en commençant ses premiers défrichements près de la Belle Rivière, chaque côté de la grande ligne. Aujourd'hui cette population est desservie par. M. le Curé d'iïébertville.
D'après le recensement de 1861 on compte dans l'endroit 168 habitants, tons franco-canadiens à l'exception de trois personnes, qui possèdent 399 aerts défrichés dont 106 acres ont été ensemencés et ont donné 1,282 minots de grains et patates durant l'année 1860.
Tiennent ensuite les cantons Labarre et Mésy, eéparépar le Lac Kinogomichiche sur les bords duquel M. l'abbé Hébert alla planter sa tente, en 1849, et fit abattre le premier arbre comme le signal de la prise de possession de cette vaste forêt pour en faire une conquête agricole.
Le Lac Kinogomichiche est sur la même ligne que celui de Kinogomi. Comme ce Lac occupe la partie la plus élevée entre le bord méridional de la vallée du Lac St. Jean et la limite septentrionale de la péninsule de Chicoutimi, il arrive que les eaux du Lac Kinogomi se déchargent dans le Sagaenay, suivant que je l'ai mentionné plus haut, et celles du Lac Kinogomichiche dans le Lac St. Jean, par la rivière des Aulnets qui, auparavant, tombe dans la Belle-Rivière. De cet endroit au Lac ht. Jean, on commence à observer du frêne et de l'orme mêlés à d'autres qualités de bois qui indiquent généralement une bonne terre.
Vers le milieu du Lac Kinogomichiche, on entre à gauche
J>ar un petit ruisseau dans le Lac Vert, — dit la brochure snr e Saguenay, — lequel peut avoir une demi lieue de long sur 15 arpents de large. La rive sud est bordée de montagnes qui ne laissent qu une lisière très étroite de terre cultivable sur les bords du Lac ; l'extrémité occidentale est basse et unie, à une distance considérable, et la terre est bonne et bien boisée.
Le Lac Vert n'est séparé du Lac Kinogomichiche que par une petite bande de terre de quelques arpents de largeur, et les eaux en sont si claires qu'à ure grande profondeur on découvre le fond. C'est la teinte verte de l'eau de ce Lac qui lui a fait donner le nom qu'il porte. Il n'en est pas ainsi aes eaux du Lac Kinogomichiche qui n'ont aucune transparence, et dont le contraste est frappant au moment où elles se rencontrent.
La rivière des Aulnets est un étroit ruisseau qui sort du Lac Kinogomichiche et serpente à travers les terres défrichées par la Société des comtés réunis de l'Islet et Kamouraska, et va tomber à 'environ deux milles plus loin que sa sortie du Lac, dans la Belle-Rivière, et à six milles du Lac St. Jean. Le terrain est élevé chaque côté de ce cours d'eau, et le sol est une glaise noire recouverte d'une riche couche de terre végétale.
A seize arpents du bout du Lac Kinogomichiche, dans la rivière des Aulnets, se trouve une chute qui tombe perpendiculairement du haut d'un petit rocher de 15 à 20 pieds, et qui met en mouvement plusieurs moulins. Une demi lieue plus bas, sur la Belle-Rivière, se rencontre une autre chute plus considérable que la première.
C'est donc autour et dans les environs de ces importants
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conrs d'eau que M. l'abbé Hébert et 6es amis fixèrent le siège des opérations de leur louable et patriotique entreprise de 1849, laqnelle a fait surgir depuis une belle paroisse, celle de Notre-Dame d'Hébertville, qui possède aujourd'hui une Eglise, desservie par un Curé, et une population d'heureux habitants, tous canadiens-français. Des Registres sont maintenant ouverts dans cette paroisse.
Le recensement de 1861 constate que dans le canton Labarre y a actuellement 52 familles ou 278 habitants, possédant 1,144 acres de terre en culture dont 732 acres ont été ensemencés et ont fourni une récolte de 8,895 minots de grains et patates et 101 tonneaux de foin.
La population du canton Mésy, qui fait partie de la môme paroisse pour le moment, en attendant qu elle se développe assez pour former une deuxième paroisse, s'élève à 34 familles ou 199 âmes ; les défrichements forment une quantité réunie de 756 acres, dont 545 ont produit 8,^39 minots de grains et patates et 44 tonneaux de foin. Là valeur de la propriété foncière de Mésy est estimée à $21,3S0, et celle de Labarre à $34,940, en tout $56,320.
La paroisse de Notre-Dame d'Hébertville, ainsi formée, renferme donc une population totale de 86 familles ou 477 habitants, lesquels possèdent 1,900 acres de terre en état parfait de culture, dont 1,277 acres ont produit une récolte, en 1860, de 9,552 minots de grains et 7,782 minots de patates, formant en tout 17,334 minots et 145 tonneaux de foin.
Deux écoles sont ouvertes à Hébertvillc!, fréquentées par 43 enfants.
A environ 15 milles plus loin, à l'ouest du Lac St. Jean, se trouve la belle vallée de la rivière Métabetchouane située dans le canton de ce nom, qui renferme un terrain excellent composé d'une riche terre noire, souvent argileuse, ayant
Quelques intervalles sablonneux, mais ordinairement couverte 'une belle couche végétale.
Ce canton n'est ouvert à la colonisation que très partiellement. 11 renferme, toutefois, une population de 154 habitants, tous canadiens-français moins 36 sauvages. Ce petit noyau de population forme une mission placée sons le patronage de St. Charles, et elle est desservie dans la Chapelle des M ontagnais par M. le Curé de Notre-Dame du Lac, paroisse nouvelle que nous verrons dans un instant.
On compte dans ce nouvel endroit ISS acres défrichés, te 53 acres ont produit 1,628 minots de grains et patate*, t:
Le bétail consiste d'un bœuf, quatre vaches, huit cherauxct 6Îx montons.
Tels sont les humbles commencements de ce poste, en 1S$
Le canton Charlevoix vient à la -suite, et il a la forme d':: triangle dont la pointe est au Lac, à l'endroit appelée Vldti la Traverse. Ce canton renferme une population de 1-" habitants, tous canadiens-français, occupes à la préparation L bois de construction dans les chantiers, moins 16 familles u s'occupent du défrichement de leurs terres, lesquelles possèuc:.; 235 acres défrichés dout 150 acres ont produit une récolte c: 2,63 ) minots de grains et patate*, en 1SG0.
En v comprenant les animaux destin*'* aux travaux A -• chantiers à bois, ou compte dans cette localité S39 bœufs, -' vaches, 15 chevaux et 7b moutons.
Vient ensuite le canton Roberval, qui renferme an popiv tion de 2t>tf habitants, tous canadiens-français moins \ personne-, possédant 512 acres défrichés desqnels 34é acv ont été ensemencés et ont- produit une récolte de 3,818 mim de grains et 2,155 minots de patates, en 1860, formant en tu. 6,2?3 minots.
Les animaux des fermes consistent en 20 bœufs, 54 vaches. 31 chevaux, et 78 têtes de petit bétail.
La valeur des terres est estimée déjà à $19,394.
Le dernier centre qui nous reste à apprécier est le canton Ouay at chouan e, dans lequel se trouve la nouvelle paroisse de Notre-Dame du Lac St. Jean, qui renferme une population de 213 âmes, composée de 151 sauvage et 62 franco-canadiens, située sur le littoral sud-ouest du Lac, près de la Points Bleue. Un prêtre réside dans l'endroit depuis 1860.
Cette paroisse, qui se développe sur la rivière Ouayatchonaniche, comprend aussi la population du canton Roberval, et malgré la pauvreté de ces nouveaux colons, on a pu élever une
que temps auparavant il avait ete construit
pieds sur 30 pour y faire la mission, laquelle vient d'être
changé en presbytère depuis l'arrivée du nouveau Curé.
Vn* ÉTUDE. — COMTÉ DE CHJCOUTÏMI. 529
M. Fabbé Bernier, premier missionnaire résidant, écrrivaifr ce qui suit peu de temps après son arrivée dans l'endroit.
" Je me suis rendu a ma destination le 14 octobre dernier, après avoir eu bien de la misère sur les Lacs à cause du froid. Une partie de mes effets a été perdu dans les transports, et l'autre partie considérablement endommagée. J'ai pu dire la messe ce jour-là vers 11 heures, quoique bien fatigué, puisque, le vent nous avait forcés à camper a la belle étoile la nuit précédente, à une lieu de la mission.
" Une des bâtisses seulement avait des châssis ; la chapelle temporaire, trop petite pour la population, ne renfermait pas même un autel. Ayant fait un appel aux gens pendant la messe, je tins une assemblée après 1 office, afin 3e prendre des moyens pour faire marcher les choses. On a assez bien répondu à mon invitation ; plus de 90 journées ont été données ; on a rassemblé du bois pour les planchers, emprunté des vitres, posé les châssis ; enfin après trois semaines de travaux j'ai pa entrer dans le presbytère."
Tel était l'état de cette mission, en 1860, lors de l'arrivée du dévoué missionnaire de Notre-Dame, qui, comme une foule d'autres missionnaires du Bas-Canada, s est mis à l'œuvre avec le zèle d'une sainte ambition et s'est efforcé d'affermir davantage la confiance des quelques familles établies sur ce terrain à peine défriché.
Pour faciliter le développement de la colonisation dans cette partie du pays, le gouvernement a fait arpenter depuis quelques années une grande étendue des terrains qu'il offre actuellement en vente a raison d'un chelin par acre. Environ ■300,000 acres sont disponibles, que l'on peut obtenir de l'agent local, Vincent Martin, écr., demeurant a Chicoutimi. On va à cet agence par la voie des bateaux-à-vapeur jusqu'à la Grande Baie, et ensuite par chaloupe ou canot, ou par terre,, jusqu'à Chicoutimi.
Parmi les cantons nouvellement arpentés se trouve l'Isle d' Aima, assise au pied du Lac St. Jean, et circonscrite par la Grande et la Petite décharge de ce Lac dans la rivière Saguenay, laquelle renferme un soi riche et très favorable à la culture «t qui pourrait être facilement colonisée, si un chemin était ouvert aans cette direction pour y permettre la circulation. Oa parle d'une société de jeunes gens qui serait sur le point de' s'emparer de ces terres pour les ouvrir à l'agriculture.
Les cantons Achamachonane et Desmeules, situés' à la tète
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du Lac St. Jean, sur le bord sud-ouest de la rivière Acharna' chouane, ont été aussi arpentés durant Tannée 1861, lesquels renferment environ 50,000 acres prêts à être colonisés, offrant un sol d'une qualité supérieure, bien arrosé, et très propre à faire de bons et riches établissements. C'est dans le premier de ces cantons que la plus grande partie des colons de Beauport ont choisi leurs terres.
Les principaux chemins qui conduisent dans la vallée du Haut-Saguenay, sont les suivants :
1°.— La route de Ste. Agnès (ou Malbaie) à la Grande Baie, longue d'environ 76 milles. Elle est complètement ouverte.
2°. — La route de St. Urbain (ou Baie St. Paul) au même endroit, longue de 75 milles. Elle est ouverte dans toute sa longueur, à l'exception de dix milles qui restent à parachever pour la saison de 1863.
3°. — Le chemin Sydenham, qui part de la Grande Baie (ou Bagotville) et va aboutir à Chicoutimi, formant environ 11 milles. Complètement ouvert.
4°. — Un autre chemin oui part de la Grande Baie -pour aller au portage des Roches, au pied du Lac Kidogomi, distance d environ 16 milles. Ouvert dans toute sa longueur.
5°. — Le grand chemin Kinogotni, qui B'étend depuis le Pont du Portage ci-dessus mentionné, dans le canton Laterrière, jusque dans les environs de la rivière Aschamachouane, à la tête du Lac St. Jean, lequel doit former une longueur d'environ 60 milles. Ce chemin s'ouvre sur trois points à la fois, et il n'est tout simplement qu'ébauché partiellement Pour parvenir aux terres d'Hébertville et à celles du Lac St Jean, il faut voyager tantôt par terre, tantôt par eau.
Comme l'exprime si correctement M. l'abbé Provancher : " Quand on songe à toutes ces difficultés de transport, — qui, par leur lenteur arrête le travail du colon, épuise ses provisions, diminue sa bourse, tandis que la famille 6ouffre peut-être là-bas, en attendant, — on est vraiment étonné qu'en si peu de temps ces lieux aient pu se peupler d'une telle population."
Le Saguenaj, contre lequel malheureusement il a existé trop longtemps de- si désastreux préjugés, faute d'être suffisant
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ment étudié et connu, a maintenant acquis dans l'estime publique l'importance qu'il doit avoir et que lui méritent la bonne qualité de son sol, la valeur de ses belles forêts, la douceur tempérée de son climat, et la vaste étendue des terrains qu'il renferme pour les fins de la colonisation. On doit accorder une large part de notre reconnaissance au patriotique auteur de la brochure sur le " Saguenay en 185 1 ," et aux nombreux écrits qui ont paru dans la Presse, de l'exacte connaissance que nous possédons maintenant sur les ressources multiples de cette vaste contrée.
Parmi les développements importants que nous avons à signaler, se trouve en première ligne l'état des missions pour le service religieux de cette brave population.
H n'y a encore que dix ans, on ne comptait dans le Sague nay, depuis Tadoussac jusqu'au Lac St. Joan, que deux missions où il se trouvait des missionnaires. La Grande-Baie, donnant asile aux KK. PP. Oblats ; et Chicoutimi, renfermant un Prêtre-missionnaire (1).
Aujourd'hui, on compte huit eeptres dans lesquels résident huit Prêtres, savoir : Anse St. Jean, St. Alexis, Ste. Alphonse, Chicoutimi, Notre-Dame de >Latemère, Ste. Anne, ïîotre- Dame d'Hébert ville, et Notre-Dame du Lac. Un Prêtre réside dans chacune de ces paroisses, à l'exception de Chicoutimi où il d'en trouve deux, lesquels sont chargés des autres missions qui environnent leurs Cures respectives.
D'après le recensement de 1851, on voit qu'il v avait à cette époque douze centres de population dissémines dans le Saguenay ; celui de 1861 ,en copstate vingt-trois. Afin d'embrasser d un seul coup-d'œil toute l'étendue des développements qui Qnt surgi durant ces derntèrps dix années, je place les
(1) JSn 1*51, étaient construites les Chapelles qui suivent : A Tadoussac, la vieille Chapelle des Jésuites ; à la Grande Baie, les Chamelles de St. Alexis, St. Alphonse et. le Grand-Brûlé ; à Chio/outirai, l'Eglise et l'ancienne Chapelle des Jésuites ; au JLac St. Jeaff, la Chapelle des J suites, dans le canton M étahetchouane. Kn tout sept. Eglises pu Chapelles.
Aujourd'hui, outre les Chapelles ci-dessus mentionnées on peut ajouter celles construites depuis 1851, savoir : Anse St. Jean, Aose-au-Foin, Ste. Anne, Jonquière, Caron, Hébertvjlle et }ïotre-Pame du Lac St. Jean, formant sept nouvelles Chapelles, qui, jointes à celles antérieurement construites, forment un total de .14. Eglise* ujl Chapelles.
deux tableaux qui suivent, lesquels résument toute la valeirr des progrès accomplis à chacune des époques dont il est ici question.
I. — Etat comparatif de la population des divers cantons ou paroisses du Saguenay en 1851 et 1861, et de l'érection des églises ou chapelles, etc.
Canton» ou Titulaire*.
Anse St. Jean... (environ.)
Grande Baie.....
Xaterrière
Chicoutimi
Harvey
'Tremblay
Simard
■Jonquière
Jiïnogomi (sans doute ses alentours?)
'Labarre M
Métabetchouane
Oayatchouane (sauvages) .
Nombre des familles 663.- Population totale
Ames.
fl
Su
Cantons ou Titulaire*.
Anse St. Jean. St. Jean- Baptiste
Tableaux
Grande- f St. Alexis.... 1 Baie \ St.Alphon?e. j
Laterrière. Notre-Dame.
Chicoutimi. St F. Xavier
Harvey. St. Fulgence...
Tremblay. Ste. Anne......
Simard
Jonquière
Kinogomi
Plessis
Bonrget...
Taché
De L'Isle
Sigoay-
Caron.—....
Labarre. Notre-Dame
d'Hébortville
Mésy
Métabetchouane St. Chas.
Charlevoix ...—...
Roberval ~
Ouiatchouan. Notre-Dame
du Lac St. Jean ...
Oanadiens 62 Ames.
Sauvages 151 "
Nomb. des familles 1,045.
Population totale
Ames.
2f* lt« 1.1 0. 0
il o