‹ Études sur les eaux minérales de la ProvenceChapitre 14 sur 45 · A ARR · texte numérisé non relu

A ARR

ment, on n’a pas encore découvert soit un texte d'ur auteur latin sur les propriétés thérapeutiques de l’eau de Pioule, soit une seule épigraphe en l'honneur de la divinité protectrice de la source. D’ailleurs l’eau de Pioule se prend aujourd'hui en boisson et non en bains, les Romains auraient-ils fait l'inverse ? À l'heure actuelle, sans toucher à la question de Forum Voconii, car il est sans conteste que Le Luc, situé sur la voie Aurélienne, fut habité par les conquérants de la Gaule (les cartes n’indiquent pas tous les bourgs et villes, nous l'avons déjà dit pour Digne qui était Cité Romaine mais qui n’est pas mentionnée sur les tables) on ne peut pas admettre que la station de Pioule fut exploitée à cette époque. Raisonner autrement, ce serait Considérer comme stations hydrominérales toutes les villes et villas modernes si un cataclysme survenait et qu’un beau jour on découvrit lés salles de bains dont sont pourvues tous lès immeubles conformes à l'hygiène. L'eau de la Seine passerait au rang d’eau minérale pour les antiques habitants de Paris, de même que la Durance pour Marseille et le Verdon.

LU

pour Aix, etc. MI

On pourrait en dire autant pour SAN SALVADOUR. L'Itinéraire Maritime indique Pomponiana comme Station de relâche pour les galères entre Alconis (Bormes ou mieux le Lavandou) et Telo Martius (Toulon). De nombreux vestiges attestent l’importance de cette station maritime et militaire, on y a découvert les restes des thermes publics. Les fouil-

A UIRER

des de 1903-04 ont mis à jour, en plusieurs points, le canal de o m. 20 de diamètre qui conduisait l'eau. Il ÿ a tout lieu de croire qu'effectivement la source de San-Salvadour, aujourd'hui exploitée, alimentait les bains publics ; mais, comme à Pioule, l'eau ‘était employée au titre ordinaire, et non à un titre minéral. Pour conclure autrement, il manque à l'heure actuelle des documents précis, RE US LE peut-être les aura-t-on un jour. ;

Les preuves sont encore plus rares, pour ne pas dire nulles, au sujet de la source des Camoins. Dans une brochure (x) parue à Marseille en 1892, on lit :

les susdites sources d'eaux étaient déjà connues et utilisées par les Romains, si l'on en juge par les substructions découvertes ». M. l’abbé AGnez (2) fait remarquer que les substructions mises à jour sont tout simplement des, vestiges de fabriques de tuiles et de moulins disparus lors de la Révolution. Et le même auteur ajoute : « À cette époque les belles et ondulantes plaines des Camoins et de Camp-Major étaient complètement submergées. Il y avait là des marais, des paluns Comme ceux d'Aubagne à Gémenos. Voilà pourquoi les Romains se tenaient sur les hauteurs et avaient établi une colonie à La Penne ».

D'ailleurs à l'heure actuelle on n’a pas découvert de thermes comme à Pioule ou San-Salvadour, ni

(1) Station thermale de Camoins-les-Bains par A. Laurens. (2) Abbé Agnel — Camoins-les-Bains — (librairie Verdot, à Marseille, 1903).

Re TE

aucun ex-voto à la divinité de la source, comme à Aix où à Gréoulx ; nous pouvons en cenclure que les Romains ont totalement ignoré Les Camoins au point de vue hydrothérapique et hydro-minéral. Aux environs de MonrBrüN, dont nous avons déjà parlé, on a trouvé de nombreux débris de tous genres : monnaies, statuettes, colonne, urnes funéraires, Sceaux de médecin et formules médicales, témoignant d’une vie intense à l'époque romaine. Dans les environs, à Vénéjean-sur-Montbrun, (1), on à mis à Jour un monument portant l'inscription ci-dessous au dieu Vulcain protecteur des sources.

DEO VOLKANO SACRUM VALERI SEXTIA ET ICCIUS CRA TONEX ET IVS SV

Un fragment d’une autre inscription : MATRI- BVS (2) a été découvert à Montbrun au quartier de Vic. Cet ex-voto aux nratres est très fréquent auprès des sources médicinales de la Gaule, on ne le trouve Jamais en Italie (3). Nous pouvons conclure de ces.

(1) Buïletin de la Société nationale des Antiquaires, 1903. (2) Corpus I. L. Galliæ Narbonnensis, tome XII, n° 1173. (3) Bonnard et Percepied. La Gaule thermale, Paris, 1908.

documents que les sources de Monthbrun élaient très prospères à l’époque Romaine. |

La région du mont Ventoux est ainsi très riche en documents, nous venons de citer Montbrun, il faudrait en mentionner bien d’autres encore, et même on arrive à trouver des preuves indéniables de sources minérales aujourd'hui disparues. Au RASTEAU on à mis à jour une pierre portant l'inscription + NYMPHIS (x) (ce n’est qu'un fragment) et à côté de la pierre on voyait une plaque de plomb percée de nombreux trous, une espèce de: gril et deux forts k crampons : en bronze. À

Dans le canton du Buis, à Re les fouilles ont amené la découverte de cette inscription : (2)

NYMPHIS . MERCVRIO

LOARINT 2 EE RVEFVS VS CARV 2: ACCONIS 8, V. L. M V.S. L.M.

L'épigraphe à Mercure (3) a été trouvée en 1866 au pied du Mont Ventoux, tout près de Mourmoiron ; la pierre se trouve aujourd'hui au musée d’Avi-

gnon.

De tous ces ments précis, indéniables, on peut affirmer que les sources actuelles, sinon Îles

(LR CMIET: t. ‘XII, n° 1395.

(2) Bonnard et Percepied. La Gaule Thermale.

(3) C. I- L. tome XII, n° 1176.

mêmes, du moins leurs congénères, ont été en honneur chez les Romains. Sans doute ces stations n'ont pas obtenu le succès d'Aix ou de Gréoulx, leur situation éloignée des routes d'Arles à Lyon et d'Arles à Briançon en rendait l’accès assez pénible. Aussi il y a tout lieu de croire que les clients de ces eaux furent surtout les indigènes et les soldats ou fonctionnaires des cités d'Orange, Carpentras et Vaison.

Le Vocontium avait placé ses sources sous la protection des nymphes, comme Gréoulx, nous avons cité Le Rasteau et Vercoiran qui ont en effet des sources ; on doit encore ajouter le cippe suivant (+) :

NYMPHIS AVG

PERCENIBVS

T. GENGETIVS DIONYSIVS EX VOTO

Cet ex-voto présenterait plus d'intérêt s'il avait été découvert près de la source dont il atiesterait la vertu et l'emploi curatif à l’époque gallo-romaine et surtout si le nom du lieu indiqué, Percenes, était connu.

Voilà donc une source connue de$ Romains mais ignorée ou disparue de nos jours. En 1768 aux environs de GouLrr, à deux lieues d’Apr, on trouvait l'épigraphe ci-après aux nymphes du lieu (>) dans

(1) Florian Valentin. Essai sur les divinités in iigènes du Vocoritium, d’après les documents épigraphiques, 1877. NCMML ATX TT Nn011002

LT ATIS

une grolte où une source émérgeait autrefois el où aujourdhui on a relevé des vestiges. anciens de construction (1) : ANSE

NYMPHIS Y.S.L.M CIVVENTI 7 VS HONO- Re

On pourrait ciler encore d’autres sources que nous ignorons aujourd'hui, ou dont les prétendues

; vertus thérapeutiques n'ont pas survécu à l'empire

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