GRAV. INF LIB LUS AS PAU E
(1) L'hypothèse d’une station thermale à &oult au temps des Romains paraît très vraisemblable d’après ces documents et en sachant que la cité prospère d'Apta Julii, située tout près, 2 était sur la grande voie d'Arles à Briançon. Des fouilles métho- | diques amèneraient peut-être des réscultats intéressants. fi (@) C. I. L. t. XII, n° 348. On pourrait sous-entendre undis ou L aquis et la traduction serait « aux eaux peu minéralisées » ; en effet, cette source se rapprocherait des eaux oligométailiques. (Note personnelle). ;
à CS
Dans le bois communal de Sigale, près de Roquesteron (arrondissement de Grasse) M. Blanc (1) a découvert une pierre plate, grossièrement polie, avec la dédicace au dieu Fagus. Cette pierre se trouvait au centre d’une clairière au pied d’un grand escarpement d'où.sort une source entre la bastide Gerbière et le Vegay. Star signifierait Estéron ou Roquestéron et Vel, Velacie, un quartier de la commune de Roquestéron. Notons en passant la présence du dieu Fagus, si fréquent aux sources des Pyrénées, c’est le seul cas extra-pyrénéen.
= À côté de cette pierre, on a trouvé gravé dans le inur de rochers, au-dessus de la petite source (2) :
bibe multos annos bibe
Il semble donc que Roquesteron ait été une station hydro-minérale chez les Romains ; cette supposition est vraisemblable, d'autant plus que les relatons étaient faciles grâce au passage de la route de Vence à Castellane à cette époque.
Il serait oïseux de continuer à citer des documents pour des sources ignorées de nos jours, nous avons seulement voulu passer en revue les principales. Espérons que les archéologues complèteront leurs travaux en nous indiquant et les sources supposées et leurs vertus attribuées, à moins que certaines inscriptions soient fictives ou dénaturées, c’est encore
(1) Revue d'Archéologie, 1878.
(2) CI L., tome XIT, n° 1 et no 8.
Des ve LL OEdeereTe er 2:
LAPS AS ER l'opinion de quelques auteurs (1).
PÉRIODE DU MOYEN AGE. -— Les stations thermales de la Provence ont sombré dans le néant, sans que nous connaissions d'une façon certaine les cau-
.ses de leur disparition, avec l'empire romain. Les
textes font défaut pour nous éclairer sur ce point ; la disposition des lieux, les dates des monnaies recueillies dans les fouilles permettent seules des hypothèses.
À Aix, Rouard signale la découverte de couches de cendres et de terre brûlée recouvrant les décombres et conclut à uri incendie suivi ou précédé du pillage de la ville. Sans doute les villes luxueuses at- tirèrent les invasions des Barbares, âpres à un riche butin. La découverte fréquente de trésors monétaires ou d'objets précieux, dissimulés dans des cachettes, témoigne des craintes qu'inspirait l’approche de ces bandes sauvages, qui parcoururent les
Gaules, l'épée et la torche à la main, pendant plus
de deux siècles. Il n’est pas impossible que certaines sources, aujourd'hui inconnues, n'aient été ensevelies sous les décombres où même volontairement. La riche cité d'Aix fut des plus éprouvées. Après un premier pillage au 1v° siècle, elle fut détruite
. complètement au vi siècle, lors des invasions des
Saxons et des Lombards, d'après Robert. Toutefois, les eaux thermales ne furent jamais abandonnées ,
(1) Allmer. Revue épigraphique, tome I, 1878.
A LS Ps
de 1112 à 1245, sous les princes de la maison d'Ara-
gon, elles étaient très fréquentées pour le goître et les écrouelles. Rurri, dans ses Essais sur l’histoire de la Provence, rapporte qu'aux xu° et xim° siècles on y venait de diverses nations de l'Europe, notamment d'Angleterre et d'Allemagne. Pourtant en 1614, Nosrrapamus (1) écrivait en parlant des eaux chaudes « dont on ne fait pour le iourd'huy l'eftat ny le conte qu'on deuvrait pour leur excellente & naturelle vertu expérimentée de plusieurs qui s’en sont très bien trouvez & peut-être de moimefme depuis mes plus tendres ans. »
Gréoulæ fut totalement abandonné jusqu'au jour -où les Templiers remirent leurs bains en grand honneur au x siècle et depuis la station à été de plus en plus recherchée. tt
L'existence des thermes de Digne au moyen âge est pleinement confirmée. En 1213, des lettres patentes de CHARLES 11, comte de Provence, assignent à son médecin une rente sur les revenus des bains à charge de les surveiller. Dès l'an 1015 les eaux de Digne sont mentionnées dans le Cartulaire de l’abbaye de Saint-Victor. En 1312, il intervient un com- promis permettant aux juifs l'usage des bains à condition de contribuer aux travaux de réparation. Le philosophe Gassenpr écrivait, au vi siècle : «Et vraiment ils sont merveilleux les effets que nous voyons produire par ces eaux chaque année.
(1) Histoire de la Provence, 1614.
Ainsi les paralytiques sont guéris et marchent sans béquilles ; ceux dont les articulations sont malades, contractées, recourbées, en reviennent tout droits. » La spirituelle MARQUISE DE SÉVIGNÉ y fait un long séjour tandis que M. de Grignan, son gendre, vient y Soigner ses rhumatismes à maintes reprises. Au xvin° siècle, les eaux furent fréquentées par de nombreux militaires envoyés par l'Etat pour y trouver
la guérison de leurs blessures.
Les sources du groupe du mont Ventoux traversent le moyen âge dans l'oubli, mais il faut dire que ces eaux furent souvent employées par les habitants des alentours, à Condorcet par exemple. Les difficultés d'accès ne permettaient pas les déplacements. De plus les orages, qui sont si violents dans les régions montagneuses, entraînent parfois des graviers en couches assez épaisses pour obstruer une source. M. le VICOMTE D'AULAN, vers 1851, s’est bien rendu compte de ce phénomène à Montbrun, lors des travaux de captage de la Source des Platrières qui coulait au niveau du sol autrefois et émerge aujourd'hui au fond d'un puits de 6 mètres sous éboulis. Heureusement que le niveau de la source est sur le flanc d'une colline et surplombe l'Etablisserment actuel d’une hauteur de 25 mètres.
Par ces quelques brèves notions d'histoire, on voit que les eaux minérales de la Provence ne datent pas d'hier, leur prospérité, sans doute pour la plupart, à coïncidé avec l’époque Romaine. Les inva-
sions des Barbares ont arrêté un tel essor, mais le