CHAPITRE IV
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Bassin des Maures
GÉOLOGIE. — Nous comprendrons sôus ce litre non seulement le massif proprement dit des Maures, mais encore la zone périphérique qui l'entoure au nord jusqu'à Cuers, Draguignan et le massif du … 240 Tannerron, la vallée du Reyran étant la limite der
séparation d'avec l'Estérel.
Jl Y: a dans cette région les termes les plus éloignés de la série géologique, il serait trop long de les tous. | passer en revue, nous donnerons seulement un aperçu très succint et du massif des Maures et des régions à permien et à muschelkalk qui le bordent.
Le massif des Maures est de même constitution à que le massif du Mercantour. On y observe une formation de gneiss et de micaschistes avec grenat, staurotide et andalousite. Le gneiss est parfois amî phibolide et d’autres fois graphiteux : dans la presqu'ile Le Giens se trouvent des lentilles de cipolin
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souvent micacé. Cette région est l'une de celles où l'on peut le mieux observer l’intime pénétration des gneiss et des micaschites par une Sranulite rosée qui tantôt suit les feuilles de mica, tantôt les coupe sous des angles variables. M. VALLERAND a montré que les gneiss graniloïdes sont riches en éléments ferro-magnésiens, et que les micas noirs, en lamelles déchiquetées et disposées én traînées, sont très ferrugineux. |
Les premiers terrains sédimentaires sont inférieurs au Permien, ils ressemblent assez au carbonifère du Mercantour, au point que M. Léon BERTRAND les à rapportés l'un et l’autre au Stephanien. Ces dépôls sont localisés surtout dans la vallée du Reyran, car les bassins de la Garde Freinet-Plan de la Tour, de Collobrières et de Saint-Nazaire sont attribués au Houiller Supérieur.
Le Permien couvre des étendues beaucoup plus grandes que le Carbonifère. 11 dépasse le massif des Maures et forme la plaine permienne de Cuers, puis il s'étale sous le muschelkalk. Il est transgressif, à l'inverse de celui du Mercantour, et débute par des agglomérats dont lés éléments sont empruntés en majeure partie aux terrains métamorphiques sous- Jacents. On y observe des intercalations de schistes à Walchia piniformis et Callipteris conferta et des coulées de rhyolithes. Les conglomérats supportent des schistes rouges et verts avec coulées interstratifiées. On peut remarquer l’analogie frappante du Permien de la région avec celui des Vosges.
Certains auteurs. ont reconnu le grès bigarré audessous du muschelkalk à la lisière du massif ancien des Maures. C'est un grès à pavés de couleur claire, à ciment siliceux, reposant sur un gravier quartzeux ou sur un poudingue à galels de quartz blanc et rose analogue au conglomérat vosgien. On observe une couche de rognons dolomitiques à la partie supérieure de ce poudingue. Ce grès provençal est remarquable par l'absence totale des éléments felds- | pathiques, si abondantes au milieu du premier sousjJacent. Quelquefois il est imprégné de carbonate cuivreux, Comme en Lorraine : c'est le cas au Gap Garonne dans la partie supérieure du poudingue. Comme la preuve paléontologique fait défaut, certains auteurs rattachent ce grès bigarré, ou Wellenkalk, à la base du trias moyen proprement dit. Le Muschelkalk ‘est, en effet, très développé dans la région, il borde le massif des Maures sauf la plaine permienne de Cuers et s'étend jusqu'aux environs de Brignols, passe au-dessus de Lorgues, se dirige vers Ampus qu'il n’atteint pas, de là se porte au sud de Draguignan, Fayence, le Tignet. Sa limite septentrionale n'est autre que la limite méridionale du keuper et du lias à faciès provençal que nous étudierons au bassin de Digne.
Le Muschelkalk est constitué par environ 80 mètres de calcaires compacts, gris foncé, dans lesquels sont intercalés deux ou trois niveaux de calcaires marneux très fossilifères. Les restes organiques sont identiques, même comme état de conservation à
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ceux du Muschelkalk de Lorraine. Les espèces les. plus caractéristiques sont : Ceralites nodosus, Ger-. manonautilus bidorsatus, Hœrméæsia socialis, Pecten lœvigatus, Lima striata, Cœnothyris vulgaris, Encrinus liliiforrmis.
Telle est la constitution géologique exprimée en peu de mots ; il faudrait encore y ajouter quelques. formations éruptives pour être complet, mais la maz jeure partie de ces formations intéresse plutôt l'Estérel. Dans le massif des Maures, on observe au milieu du gneiss, une Iherzolite formée d'olivine et d'hypersthène, une diabase passant au gabbro, enfin une amphibolite compacte avec grenat. Quant aux serpentines de la Môle et de Cavalaire qui présentent des agglomérations d’actinote pure, M. pe. LappAREnT les classerait difficilement parmi les roches nettement interstratifiées.
M. BERTRAND a montré que le massif des Maures
n'est pas seulement un îlot qui a dévié les plisse-
ments alpins : c’est le reste dé l’axe cristallin d’une ancienne chaïne, âujourd'hui effondrée sous le Golfe du Lion, qui reliait la Provence aux Corbières et aux Pyrénées. Cette chaîne bordait sans doute un massif auquel se rattachaient la Corse, et la Sardaigne et dont la présence a déterminé la direction de l’Apennin.
EAUX MINÉRALES DU MASSIF. — De la similitude de constitution géologique on pourrait en conclure à la similitude des eaux minérales et l’on pour