DAT
rait s'attendre à trouver dans le massif des Maures des sources thermales du groupe de la Vésubie et de à Luchon. Il n'en est rien, ou mieux on n’en connaîl pas à l'heure actuelle (1) car, nous l'avons dit dans l'historique, le nom du bourg de Bormes ne proviendrait-il pas d'une source thermale, aujourd hui comblée ou disparue ? d | | \ |
Toutefois les sources des Maures jouiraient voce . populi de propriétés excellentes. La plupart seraient u Ë ferrugineuses, ce qui ne serait pas pour nous surprendre, après le travail de M. WaALLERAND sur la teneur en fer des gneis et micas de la région. Mais à il n'existe souvent pas de preuves authentiques de . cette prétendue minéralisation, ni des His ne thérapeutiques attribuées. ji La source la plus connue est la « source de l'Apié » qui émerge du terrain granitique à Fabrégas dans Ia partie orientale d'Hyères à 5 kilomètres environ de cette ville. Des bulles d'acide carbonique se dégagent lentement de l'eau dont la composition 2: est la suivante, d'après une analyse faite en 1878, à l'Ecole dE Mines en grammes par litre :
Q Acide carbonique libre......:.:....24 quantité indéterminée Acide carbonique des bicarbonates.… 0.1550
{1) Des forages méthodiques amèneraient sans doute des résul- Je tats excellents ; on a eu la preuve pour la découvere de la. source Lanternier à à Nancy, en 1909, à plus de Eu mètres de profondeur sans failles naturelles.
Acide chlorhydrique..:....5#1410"1221% 0.0584 Acide “sulfurique. .Rermedtrpernt 0.0240 SAOR: 2, ur enter eteree due ; 0.0270 Oxyde: de "fer. ses Re se ue 0.0067 CHAUX A ER PERRET ee 0.0644 Mabnésies ss RE RE ane 0.0329 1POLASS ÉTAT en Peel ie ee eee 5% traces SOUDE RAR EEE RAS On at Le € 0.0673 Matières organiques................. 0.0040 RÉUNIE 20 AN es 0:3350-
Température 15°.
Si la teneur en fer ne permet pas de placer la « source de l’Apiè » à côté des eaux d'Orezza, elle la place toutefois au-dessus de Luxeuil (Grand Bain) et dans le même rang que Forges (source Royale) et Bussang (source Salmade). On ne comprend pas les raisons pour lesquelles aucune exploitation n’a suivi l’analyse, alors que toutes les grandes villes de la Côte d'Azur sont tributaires de pays lointains pour les eaux ferrugineuses.
Dans l’île de Port Cros, que la constitution géologique rattache au massif cristallin des Maures avec les autres îles Stœchades (1) ou îles d'Hyères, on note l'existence d’une source ferrugineuse « la Sardinière » dont nous n'avons pu nous procurer l'analyse, si toutefois l’eau a été analysée.
DarLzuc dans son Histoire naturelle de la Pro-
(1) Stœchades proviendrait, d'après Darluc, de l'abondance des lavandes Stæchas qui croissent dans ces îles : Porquerolles, Port- Cros, Ile du Levant, etc.
RTE
La
… vence (1782) nous signale une autre source : « I y « a aux pieds des Maures, au levant des Arcs, une « fontaine ferrugineuse, qui dépose un jaune . « ochracé ; elle coule au bas d’une colline de grès « de différentes qualités. On y voit surnager une
« crème légère dont les couleurs imitent celles de « l’arc-en-ciel au lever du soleil. L’alkali phlogisti-
« que (r) en précipite un peu de bleu de Prusse ; le
« reste n'est qu'une chaux de fer qui rend cette fon- « laine un peu minérale et dont on pourrait se ser- « vir au besoin. M. Chenu Berenguier, de Revest, « possède la terre où coule cette fontaine. »
En effet, avant d'arriver au Muy on voit aujourd'hui une source ayant la réputation d'être ferrugineuse. On pourrait faire la même remarque pour beaucoup d’autres sources signalées ; aux Mayonsdu-Luc, par exemple, pour la « Source du plus haut château ». Avant d'affirmer, il faudrait connaître la composition de ces eaux ou sinon l'imagination l'emporte et l’on cite des sources problématiques. Par sa constitution géologique et par les traditions populaires, le massif des Maures peut être riche en sources minérales, mais encore faudrait-il que ces hypothèses puissent s'appuyer sur des documents scientifiques bien établis. La géologie de la région __a été l’objet de nombreux mémoires, il serait temps | aujourd'hui que des fouilles et des analyses minu-
(1) Signifie Prussiate de Potasse ferrugineux non saturé (Bouillon-Lagrange).