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Le grès bigarré n'affleure qu'en trois points, il est d'ordinaire recouvert par le Muschelkalk, qui luimême supporte normalement les cargneules (calcaires, magnésiens caverneux et cloisonnés de la région alpestre) et les gypses du Keuper. M. Pn. Zur-
CHER à montré en 1891 que le muschelkalk du nord
des Basses-Alpes est relié à celui du Var, dont nous
avons déjà parlé, au bassin des Maures, par l’affleu-
rement de Castellane, mais on n'y voit pas de fossjles.
Le Trias Supérieur présente, dans toute la région du bassin de Digne, une remarquable uniformité pétrographique. Il est constitué partout par des argiles rouges ou vertes, par des dolomies jaunâtres
et par des cargneules au milieu desquelles viennent
s’intercaler, en bien des points des lentilles de gypse plus ou moins puissantes. Ces marnes irisées présentent peu de résistance aux agents atmosphériques, aussi leur érosion amène des éboulements de terrains et de maisons que rien ne pouvait faire prévoir : nous-même avons pu le constater à Grasse.
Le système jurassique est le plus anciennement connu de la région, sauf la zone inférieure de l'Infralias, zone à avicula contorta qui a été décrite pour la première fois par M. HÉBERT, en 1861. C'est du développement du lias que provient le nom de zone du Gapençais donné en géologie à la région du bassin de Digne.
GARNIER a pu reconnaître aux environs de Digne les trois zones de l'Infralias, caractérisées chacune
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par un certain nombre de fossiles. La zone à Avicula
Contorta est constituée par une alternance de schistes noirs et de bancs calcaires d'épaisseur variable. La zone à Psiloceras planorbis repose immédiatement au-dessus et comprend des calcaires gris alternant avec des couches marneuses. Enfin la zone à Schlotheimia angulata est représentée par des calcaires noduleux très fossilifères alternant avec des imarnes schisteuses.
Les calcaires de la zone à Schlotheimia angulata | passent insensiblement vers le haut à ceux du Lias Inférieur de sorte qu'il est impossible d'établir une limite naturelle entre les deux étages.
. Le Lias se présente en Provence sous trois formes : le faciès provençal, le faciès dauphinois et le faciès briançonnais ; certains géologues, M. Hauc, par exemple, assinileunt le faciès briançonnais avec le faciès provençal. En tous cas, le faciès briançonnais se trouve hors du cadre de notre sujet.
Dans la région de Digne, les deux types s’engrègent, les formations néritiques et bathyales présen-: tent des alternances répétées. Les calcaires du faciès provençal présentent tous les caractères de sédiments chimiques, déposés en partie avec l'intervention des êtres organisés. Ils sont souvent bitumineux, colorés en noir par de la matière organique, les rognons siliceux sont très abondants, la pyrite de fer est souvent accumulée en petits amas noduleux, certains bancs contiennent une forte proportion de carbonate de fer, qui se transforme en hy-
droxyde de fer dans les parties exposées à l’air donnant ainsi à la roche une coloration de rouille. Les fossiles dominants sont les crinoïdes, les brachiopodes, les gryphées, les pectinidés, et en certains
points les bélemnites et les ammonites.
Le lias dauphinois présente d’autres caractères, le faciès argileux, peu important dans le lias provençal, prend ici un rôle plus considérable. Les ar giles sont noires, plus ou moins marneuses, par pression, elles se transforment en schistes et parfois ce faciès schisteux passe au faciès calcaire sans changement brusque, sans ligne de démarcation de
* bien nette, contrairement à ce qui à lieu pour le faciès provençal. Quant aux calcaires dauphinois ils sont toujours marneux et compacts, jamais cris-.
tallins et jamais zoogènes. Au point de vue paléontologique le Lias du type dauphinois appartient franchement au faciès à céphalopodes. Les gastéropodes et les brachiopodes font défaut, les lamellibranches sont très rares, on ne trouve guère que des.
; posidonomyes.
La répartition de ces types de lias nous explique la diversité des eaux minérales, nous en reparlerons plus loin.
Pendant la longue période qui comprend les élages du jurassique moyen, du jurassique supérieur, la sédimentation s’effectua dans des eaux peu profondes à en juger par les calcaires compacts et par les dolomies (calcaires magnésiens). |
Au début des temps crétacés, le bassin de Digne:
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reçut des dépôts (néocomien, barrêmien) d'épaisseurs eroissantes qui firent émerger la partie mértdionale et permirent aux marnes noires de l’Aptien de se déposer dans le nord. Puis un retour de la mer, durant les étages albien et cénomanien, laissa des détriments détritiques avec de puissantes côouches de marnes alternant avec de minces bancs de calcaires. |
LIMITES. — Telle est schématiquement la structure du bassin de Digne qui, dans le nord s’étend dans le Dauphiné du côté de Gap, Embrun, Montélimar, mais que nous limitons avec la limite septentrionale de la Provence. A l’ouest et au sud, une ligne partant de Barcelonnette à Curbans, La Motte du Caire, Saint-Geniez, Digne, Moustiers-Sainte- Marie, Senez, Castellane, Grasse, la vallée de l’Estéron et jusqu'à Tende par Breil, la sépare des bassins tertiaires de Forcalquier, Riez, du bassin crétacé inférieur et du muschelkalk du Var. A l’est, les limites sont moins précises, mais on peut dire que le massif du Mercantour est entouré par cette formation jurassique ; il y aurait bien à parler de la zone du lias briançonnais qui seule borde réelle: ment la partie occidentale du Mercantour, mais nous la passons sous silence n’ayant connaissance d'aucune source minérale en ce lieu pour le moment.(r).
(1) DARLUC signale à Saint-Paul de Jausiers une source bitumi-