MESURE
Ainsi limité à l’ouest et au sud, le bassin de Digne correspond à la zone du lias à type bathyal ou dauphinois dans la Provence, avec l'exception à l’est de la zone du lias briançonnais. C’est, en un mot, la partie provençale de la zone du Gapençais ; la si-
.tuation de la ville de Digne, au milieu de cette ré-
gion et l'importance de ses sources thermales, les plus connues et les seules exploitées de cette contrée expliquent cette appellation de « Bassin DE DIGnE. »
Toutefois, il faut remarquer que les eaux de Digne paraissent faire partie d’un groupe chimique différent des autres eaux du bassin. Il n’en est rien,
car en examinant de près la proportion des divers
éléments, on ne classe pas les eaux de Digne parmi les eaux sulfureuses à l'exemple de tous les classiques mais avec Jacquot et Wilm on les range parmi les eaux salines en y ajoutant le qualificatif légèrement sulfureuses.
EAUX MINÉRALES. — Les sources minérales du bassin sont toutes, en effet, salines : avec prédominance de chlorure ou sulfate de sodium, de magné-
sie ou de calcium. Les travaux récents de géologie
nous expliquent aujourd'hui cette répartition des eaux minérales depuis les environs de Gap jusqu’à Breil en passant par Digne.
Jusqu'à ces dernières années, le trias avait été
neuse et saline dans la vallée de Sérènes. On peut noter la ressemblance avec les eaux de Digne et Gréoulx où on voit le lias provençal.
méconnu dans les Basses-Alpes ; ce ne fui qu'en 1862 que M. HéBerr démontra l'existence du Keuper aux environs de Digne (et non en 1872 comme le prétendent JAcQuoT et Wizu). Jusqu'à cette date, les hydrologues faisaient surgir les eaux de Digne du terrain liasique. En 1860, Max Durann FARDEL écrivait : « Six sources jaillissent à la base d'un rocher appartenant au lias ; l'eau de ces sources a été: l’objet de quelques recherches entreprises à Paris par M. O. Henry, mais les résultats obtenus ne lui ont pas paru assez concluants pour qu'il pût les faire connaître. Aïinsi ce chimiste n'aurait pas retrouvé de traces du caractère sulfureux attribué à ces eaux. » |
En effet, si nous parcourons le Bulletin des séances de l'Académie de Médecine, de 1856 à 1858, nous voyons qu'il est fait mention maintes fois des eaux de Digne, O. Henry demande plusieurs fois de nouveaux échantillons prélevés de différentes façons afin d'empêcher la décomposition des sulfures. Cette perte rapide de la sulfuration aurait dû attirer l'attention sur la nature prétendue liasique du rocher ; il n’en fut rien et malgré la découverte de M. HEBERT en 186), et la réunion extraordinaire à Digne en 1872 de la Société Géologique de France, on peut lire dans le compte rendu de la séance du 10 mars 1885 de l’Académie de Médecine : « Les eaux de Digne sourdent de fentes existant dans une bande de calcaire du lias moyen. »
Aujourd'hui, grâce à MM. Jacouor et Wiezu, la