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question est jugée, hydrologues et géologues sont d'accord. Le trias supérieur a été reconnu dans tout lé bassin de Digne, au nord par MM. Kiria et Hauc, dans les environs de Castellane par M. Px.
ZURCHER ; dans le nord des Alpes-Maritimes et la
vallée de a Roya par M. Léon BErrrann. Les hydrologues peuvent suivre le keuper par l'observation des sources minérales.
Aux environs de Gap se trouvent de nombreuses sources chlorurées sodiques, en partant de ce groupe, nous trouvons en Provence une suite oe lière d' eaux du même genre :
A Serre-Ponçon, au confluent de la Blanche de Seyne. dans la Durance, à Nibles, à Lambert, AY-
mar, Digne, Moriez Tartonne, Castellet- les-Sausses, Castellane et Breil. ?
DIGNE. — La plus importante de toutes ces sour-
ces est, sans contredit, le groupe de la station thermale de Digne. Nous en avons déjà parlé, nous complèterons par l’analyse que M. Wicu a faite en 1889. On y trouve huit sources dont le débit total'est __ de 2.200 hectolitres ; la plus chaude est celle « des ÆEtuves », puis viennent les « Sources Saint-Henri »,
« Saint-Augustin », « Saint-Etienne, » « Saint-
Gilles : « Notre-Dame ». Leur température va de 33° à ra | ; FR . toutes ces sourees est limpide, elle répand au loin une odeur d'hydrogène sulfi ‘ré : son goût est douceâtre et un peu salin lorsqu’ on la garde
ane
longtemps dans la bouche. Dans les bassins, elle dépose une matière grasse, mucilagineuse au toucher et des concrétions calcaires qui s’attachent aux murs. Sa composition est la suivante par litre :
Etuves St-Augustin St-Henri
Acide carbonique des bicarbonot. 0g1857 081780 081858
Acide carbonique libre........... 0.0175 0.0184 n. dos. Hydrogène sulfuré libre......... 0.0005 0.0003 0.0011 Carbonate de calcium...:........ 0.1797 0.1720 0.1800 Carbonate de magnésium........ 0.0263 0.0252 0.0262 Hyposulfite de sodium............ 0.0044 0.0087 6.002? Chlorure de: sodium...,......:.... 2.5100 2.4763 2.4303 Bromure de sodium..:........... 0.0008 traces traces lodure de: Sodium... DU traces traces traces Sulfaté de -Sodiumii ess rentes 0.7608 0.7388 99233 Sulfate de potassium............. 0.1623 0.1596
Sulatel de calcium: tete 0.6227 0.6478 0.6338 Sulfate de magnésium........... 0.3526 0.3704 0.3388 ACIAOLDOTIQUE SAT TENUE HER RSR traces traces traces Pate ferrique et phosphates... 0.060907 nano 00150 SLCONMEGS ARR TEEN 0.0147
Cette analyse montre la faible proportion de l'hydrogène sulfuré contre le chlorure de sodium el les sels alcalins et alcalino-terreux. La connaissance géologique des environs de Digne nous explique les éléments chimiques de l’eau. Nous avons vu qu'à Digne on trouvait les deux types de lias provençal et dauphinois, mais ayec prédominance du ivpe dauphinois. Dans son cours souterrain, l’eau
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doit traverser une mince couche de lias provençal pour présenter son caractère sulfureux, mais cette couche de lias provençal est mince à cause du faible poids de sulfate réduit et surtout à cause de la transformation en ce lieu du lias néritique en lias bathyal et la prédominance de ce dernier. |
Les eaux de Digne doivent être donc considérées comme des eaux salines ; d’ailleurs RauLzn les clas= sait déjà en 1774 ainsi : « elles sont salines et suljureuses » mais surtout salines, leurs caractères
principaux les rattachent aux sources de la région
déjà citées, leur caractère sulfureux les rapprochent des sources du mont Ventoux et des bassins de Forcalquier et de Riez. Si géologiquemnet parlant on dit que Digne est le point de jonction des lias à type provençal et à type dauphinois, hydrologiquement parlant on peut dire que Digne est le chaînon intermédiaire entre les sources salines des Alpes (Provence et Dauphiné) et les sources sulfureuses de la Provence. PERS
Les eaux de Digne sont exploitées depuis très longtemps, le moyen âge, le xrr siècle surtout, a assisté à leur apogée ; leur efficacité dans le traitement des blessures dè guerre avait fait décider en 1794, l'installation d'un hôpital militaire. La: pé riode troublée de la fin du xvur siècle désorganisa complètement cette station thermale ; les militaires continuèrent à titre privé à venir guérir leurs blessures ainsi que le prouvent les observations relatées par VALENTIN dans le Journal de Médecine de Corvi-
N sàrt, Boyer et Leroux. Mais peu à peu les bains de Digne furent délaissés, on s'occupe aujourd'hui de les remettre en honneur. La proximité de Marseille permettra peut-être de rétablir l’ancien hôpital militaire, au profit des militaires coloniaux ; malheureusement l'Etablissement thermal, situé à 2 kilo- :mètres de la ville en amont, sur les bords mêmes de la Bléone, aurait besoin de moyens de communication plus commodes pour attirer la clientèle civile.
De nos jours, par l’ouverture de la voie ferrée de Nice à Digne, Digne tend à devenir une station d'été (600 mètres d'altitude) pour nombre de familles de la Côte d'Azur, grâce à son climat privilégié et à la fraîcheur de ses nuits.
SOURCES DIVERSES. — Sur le territoire de Moriez on rencontre à droite de la route qui conduit à Barrème, près du hameau Gévaudan, une eau renfermant 1/6 à 1/7 de son poids de chlorure de sodium.
La fontaine salée de Tartonne est moitié moins minéralisée (Na CI) que la précédente.
Dans la vallée supérieure du fleuve du Var, une source chlorurée sodique émerge à CASTELLET-LES- SAUSSES. Pour en interdire l’exploitation, on la noyée en y faisant passer un courant d’eau emprunté au fleuve.
Sur le territoire de Lambert, près d’une grange appelée Jaumanette, on trouve une source dont la saveur à la fois amère et salée signale la présence
d'un sel de magnésie associé au chlorure de sodium. Des essais d'exploitation furent commencés, mais les constructions entreprises dans ce but furent abandonnées de bonne heure, avant d’avoir pu connaître la valeur thérapeutique de cette eau.
Au hameau de la Colle, situé à 2 kilomètres au sud-ouest de Castellane, dans un ravin latéral à la vallée du Verdon jaillit une source minérale (Na CE et SO“ Ca) tellement abondante qu’à quelques pas plus loin elle actionne une roue hydraulique.
Encore plus loin vers l’est on rencontre à Breil sur les bords de la Roya une source froide sulfatée calcique et magnésienne, sans grande valeur ac-. tuelle au point de vue thérapeutique, mais au point de vue géologique il en est autrement : c’est la preuve hydrologique de l'existence du Kerper. On remarquera, en passant, que la source de Roquesteron connue des Romains et inconnue de nos jours se trouve sur ce même terrain géologique el servi-
rait de chaînon entre Castellane et Breïl.
M. Davin MARTIN, conservateur du musée départemental de Gap a bien voulu nous signaler au nord de la Provence d’autres sources chlorurées sodiques l’une sise sur les bords de la Blanche de Seyne à 1 kilomètre en amont de son confluent avec la Durance, enfin une autre à Serre-Ponçon.
SERRE-PONCON. — Cette dernière source vient d'être découverte ces temps derniers. Pour étudier la nature du sous-sol afin d'établir un barrage en
ape
Durance un sondage fut entrepris en Rive Droite. À 61 mètres de profondeur, le forage a rencontré une source chaude, non salée, de 6 litres à la minute. Une galerie latérale à 60 mètres de profondeur sous le lit de la Durance, ouvrit à la distance de 71 mètres 30 une veine d’eau chaude sous pression à 47° avec un débit de 10 à 12 litres à la seconde : cette eau contient du chlorure de sodium, des sels de fer et un peu de magnésium. À 75 mètres 10 la galerie est brusquement envahie par une irruption d’eau chaude à 4o° dont le débit serait à la seconde de 5oo litres, selon M. l'ingénieur VALLEcARD et de 291 litres selon M. Davin Marti. Les eaux, ainsi mises à jour, ont inondé les galeries et s'élèvent au niveau de la Durance. D’après M. DaAvin MARTIN la salure n'appartiendrait pas à la source chaude mais elle proviendrait du mélange peu éloigné de la source salée et froide du voisinage, mélange qui doit sensiblement abaisser la température de la source thermale. On remarquera toutefois que la première source trouvée en pleine roche du lias n’est pas une source saline mais thermale seulement. La salure n'apparaît qu'à la °° source découverte c’est-à-dire après avoir atteint les couches triasiques. Quant à la 3°, son mélange avec
les autres ne permet pas de la différencier suffisamment.
Ces découvertes de sources ont eu lieu depuis le 1® septembre 1912 ; c'est dire qu'au point de vue thérapeutique, on ne peut rien avancer, il serait
nu a
tout au moins intéressant de faire des essais ES cette voie, |
Composition de l'eau de rai d'après une anast de l'Ecole des mines :
Chlorures de sodium, de one et de magnésium 080694
| Sulfates alcalins et LEE UT GENRE AR PS E A 0.9947 . Total des chlorures et des sulfates.… FL UE PM RAIN AE Résidu fixe Re FR EN PORN 1.458
en grammes par litre.
Les chlorures et sulfates sont au résidu fixe dans
le rapport de 724 pour 1000.
(Extrait de Jacquor et Wizu : Eaux minérales de
jen? (
Dr France 1894). ET =
CONCLUSIONS. — On peut le voir : le bassin de Digne est très fourni en sources minérales, son un PTE EST DÉMONTRÉE AU POINT DE VUE TRIASIQUE (il é faudrait aussi étudier la tectonique qui relierait de Serre-Ponçon à Sorine, à Digne, et à Gréoulx, le sujet est au-dessus de notre travail actuel). Il est dommage que tant de richesses hydro minérales soient négligées ou parfois anéanties comme nous l'avons | vu pour Castellet-les-Sausses et aussi pour lan- cienne source chlorurée sodique de Serre-Ponçon comblée par ordre du fisc. | ;
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