CHAPITRE VII
Bassin de Forcalquier
GÉOLOGIE. — Le bassin tertiaire subalpin est formé surtout de terrains tertiaires eocène, oligocène et miocène, sous forme de cuvette entre les bombements du Lure-Ventoux et du Lubéron. Limité à l’est par la Durance, il s'étend entre les deux chaînes subalpines sus-nommées jusqu'à Mormoiron, l’Isle-sur-Sorgue ; en géologie on l'appelle encore bassin tertiaire d’Apt-Forcalquier.
Les étages inférieurs y sont bien moins représentés que dans le reste de la Provence. Les groupes éo ou méso-crétacés y sont directemnet recouverts par des sables et argiles bigarrés qui, avec les quartzites lie de vin, les recouvrant, constituent le néonummulithe. Ils sont souvent surmontés par des: calcaires pisolithiques blancs à Planorbis peusodo ammo-
nius. Des calcaires à silex et des argiles sableuses
gÿpsifères, sans:fossiles, supportent des couches li-
AA Ge
gniteuses qui renferment des restes des marmmileres les plus caractéristiques du gypse de Paris. Au-dessus de ces couches, s'élagent successivement :
Calcaires à Grena semistrata, gargasensis ; 2°. Sables, marnes multicolores et couches gypseuses ;
3° Calcaires marneux ou bitumineux avec cou-
ches ligniteuses. très riches en empreintes végétales
à manosque ; en poissons, à Céreste ; en mollusques saumâtres, à Manosque et à Apt ;
h° Calcaires marneux à Cyclostoma hemiglyp-
tum, insectes, poissons et plantes à Apt ; à Planorbes, Limnés à Manosque.
La constitution géologique du terrain nous per-
met de comprendre l’évolution du bassin, submergé d'abord par les eaux de la mer puis par une nappe saumâtre d’eau douce, au point que notre région à été encore appelée le bassin tertiaire lacustre de Manosque.
Dans l’énoncé des diverses couches, nous avons, de parti pris, évité de tomber dans des reditès avec les autres bassins environnants, et même, avons laissé de côté le Crétacé, très développé dans la région:(au point que d'ORBIGNY à pu y puiser un type spécial l’Aptien) mais sans grande influence sur V hydrologie.
* Les couches gypseuses et ligniteuses nous exph-
quent le caractère des eaux minérales qui sont des
eaux sulfureuses accidentelles. Toutefois une diffé
CU
rence s impose avec les sources sulfureuses déjà étudiées : la réduction des sulfates se fait non par du lias, mais par la lignite, non par du terrain secondaire mais par un étage tertiaire. Et en passant on peut observer la gradation des eaux sulfureuses et en rapprocher leur décomposition ultérieure. Les eaux sulfureuses dites primitives ou essentielles émergent du terrain primitif et conservent bien leur caractère sulfureux. Les eaux sulfureuses accidentelles d'origine triasico-liasique c’est-à-dire du terrain secondaire gardent assez bien leur sulfuration pendant un certain temps ; enfin les eaux sulfureuses du bassin tertiaire se décomposent instantanément. La combinaison sulfurée paraît d'autant plus stable qu’elle à une origine plus ancienn:. EAUX MINÉRALES. — Les sources du bassin de Forcalquier sont assez nombreuses, mais d’une importance minime, elles sont utilisées quelques-unes par les-indigènes, d’autres sont absolument méconnues : on peut citer Saint Martin-de-Renacas, Montfuron, Dauphin, Sigonce, Bournes, etc.
SAINT-MARTIN. — La plus connue est Saint- Martin-de-Renacas ou Saint-Martin-les-Eaux, qui possède depuis peu (1) un Etablissement Thermal très bien aménagé. On y voit deux sources émerger dans un ravin sur la rive droite du rufs seau de l’Ausselet, à trois kilomètres en amont
(1) Les sources sont connues depuis très longtemps, Darluc en parle dans son Histoire naturelle de la Provence, 1782.
du point où ce ruisseau se jette dans la rivière de Largne. Elles sourdent des calcaires marneux du terrain sextien (miocène) à peu de distance des gypses observés sur la rive gauche de l’Ausselet.
Leur captage a ressemblé en petit, à la découverte des eaux de Serre-Ponçon. On a creusé les alluvions du ravin sur une profondeur de 2 mètres ; à 2 mètres bo on a rencontré une première source sulfureuse, dite « Source Maucourt », qui a été isolée au moyen d’un petit puits en maçonnerie. On a ensuite approfondi le puits principal et à la profondeur de 7 mètres a jailli une deuxième source sulfureuse et saline dite « Source ee Ministres ». Leur température commune est de 15
Une analyse exécutée en 18 s84 au boston de l'Académie de Médecine a donné/Aa composition sui-
vante
En grammes par litre. Sources è k Maucourt des Ministres Suitaté deChatit La URLS, A BE na 4860 Sulfate de magnésie...... Rime ei) 0I2E 2.210 Chiormres alca lis SA NeEURe 0.815. -14.00 Acide suHhydrique,.li Laurie 0.010 0.010 SAIGE De RME RE re CA A Fee 0.060 »
Résidu/total. #1) Le 1.764 20.580 Débit à la minute par litre 5 litres 2 litres 5:
On le voit ces eaux sont assez chargées, surtout la « Source des Ministres », en éléments triasiques : 1] ny aurait rien d'étonnant que l'émergence au ni-
RS
veau de l’étage sextien ne soit qu'une émergence apparente et qu'une recherche plus approfondie mit à Jour la couche triasique. On notera, en effet, la teneur de plus en plus élevée des chlorures alcalins (l'analyse aurait pu mieux préciser sodium où petassium) avec la profondeur du puits. Tout le bassin tertiaire d'Apt-Forcalquier étant sous une forte formation tertiaire, le trias ne montre aucun point d'affleurement pour faciliter ces recherches et étayer solidement l'hypothèse. D'ailleurs les couches gypseuses et ligniteuses suffisent pour expliquer le caractère sulfureux, au milieu du gypse on trouve même du soufre sédimentaire.
Les sources de Saint-Martin-de-Renacas, canton
de Reïllanne, arrondissement de Forcalquier sont
employées à l'Etablissement Thermal sous forme de bains, douches et boissons.
SOURCES DIVERSES. — À Dauphin on observe aussi une source sulfureuse non loin de l’exploitation de lignites du bois d’Asson. L'eau émerge d’un terrain composé de schistes bitumineux, de lignites et schistes marneux oligocènes, très riches en flore fossile, d’après les travaux de M. pE SAPORTA.
La même observation s'impose pour Sigonce où l’on exploite des schistes bitumineux, non loin d'une source sulfureuse : de même à Montfuron, toujours dans les environs de Forcalquier.
En résumé, le bassin de Forcalquier doit le caraeière sulfureux de ses eaux aux gypses et aux lignites
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