‹ Études sur les États-Unis [microforme]Chapitre 5 sur 14 · IL · texte numérisé non relu

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que nous sommes et non pas tels qu’ils nous, supposent. ”

De certaines parties de l'Amérique, au contraire, nous arrivent des reproches de ne pas parler suffisamment de la grande République, de ne pas la citer assez souvent comme argument dans les propositions que nous soutenons ; M. Higginson se montre très surpris de ce que, Par exemple, lorsque je disserte sur les bienfaits de l'égalité, c’est à la France que j'aie recours Pour appuyer et confirmer ma thèse, et non aux

Etats-Unis.

Un journal de Boston suppose que j'ai qualifié les manières américaines de vulgaires, et découvre, ce qui pis est, que la revue, 7%e Atlantic Monthly, commentant cette opinion à moi attribuée, l’adopte et abonde dans le même sens. Car l'écrivain de l'Aantic Monthly déclare que “la hideur et la vulgarité des manières américaines sont indéniables et qu'on ne peut attendre le salut que de l’œuvre de quelques individus enthousiastes ayant conscience de goûts cultivés et de généreux désirs ” ou, comme l'écrivain en question appelle ces. enthousiastes, “ d'individus d’une civilisation plutôt supérieure, comme il s’en trouve quelques-uns dans chacune de nos grandes villes et leurs environs. ”

Le journal de Boston observe avec assez d'à propos que c'est parmi ces enthousiastes exceptionnels que semblent se recruter les héros des histoires de M. James et de M. Howells ; il les décrit finement comme ‘ des gens qui passent plus de la moitié de leur vie en Europe et ne reviennent que pour quereller leurs agents et hommes d’affaires, sur la modicité des fonds «qu’ils leur remettent ” ; et il allègue que cette sorte de gens “ n’aura, et ne peut avoir aucune influence bienfaisante appréciable sur la véritable civilisation américaine. ” Notre ami de Boston se retourne alors contre moi et dit que “ce sont des gens vulgaires des grandes villes, qui ont inspiré à M. Arnold son antipathie contre les manières américaines. ” I] ajoute que “s’il arrivait jamais que la destinée cruelle forçat M. Arnold à traverser l'Atlantique, il trouverait dans les petites villes de l’intérieur des Etats du nord, du centre et du sud-ouest, des milieux sociaux simples et élégants, aussi absolument inconnus en Angleterre, en Allemagne ou en Italie, que la vie privée des ducs et des princes du sang est inconnue en Amérique. ” Oui, j'y ‘“‘trouverais une manière de vivre appartenant à la plus haute civilisation, dens des villes, des comtés, des Etats dont je n'ai jamais entendu les noms ; ” et si je pouvais

amener avec moi, l'écrivain de l’A/antic Monthly, déclare son compatriote, ‘‘ ça lui ferait beaucoup de bien. ” |

Je ne me rappelle pas avoir, en aucun endroit de mes trop nombreux écrits, qualifié les manières amérisaines de vulgaires, ou avoir exprimé de l’antipathie contre elles. Il y a longtemps que j'ai pris l'habitude de considérer le peuple des Etats-Unis comme n’en faisant qu'un avec nous-mêmes, de regarder les Américains, tout simplement, comme ‘ les Anglais de l’autre côté de l'Atlantique. ” L’eth. nologie de ce diplomate américain qui, il n’y a pas longtemps, affirmait devant un auditoire berlinois que l'énorme émigration d'Allemagne aux Etats-Unis avait fait de la grende République, un pays aussi allemand qu’anglais, ne m'a pas encore convaincu. Je m'en tiens à l’ancienne croyance, que les Américains des Etats-Unis sont des Anglais de l'autre côté de l'Atlantique ; elle me vient de Burke. Mais de Burke aussi, j'ai appris de quelles conséquences incalculable: . : quels immenses effets ce simple incident — l'établissement d’un rameau de la nation anglaise, de l’autre côté de l'Atlantique —a été la cause et quels change. ments ont été accomplis par le fait de la constitution de ce rameau, en puissance indépen-

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