Cliap
3. Co Longin est devenu y il personnage légendaire. D'après la Légende dorée, il était le centurion qui resta auprès de la croix du Seigneur par ordre de Pilate. Les miracles arrivés à la mort de Jésus le convertirent à la foi chrétienne. Il renonça alors au service militaire, devint disciple des apôtres et se retira à Césarée, en Cappadore, où il mera pendant vingt-huit ans une vie monastique et convertit un grand nombre de personnes à Jésus-Christ, soit par ses exhortations, soit par son exemple. La Légende dorée, trad. par M. Gust. Brunet, V série, p. 49 et 50.
i»î ÉTUDES SUR LES EVANGILES
pondre aux objections que les Juifs élevaient contre la réalité de la résurrection du Seigneur. Nicodème et Joseph d’Arimathée, accusés par les prêtres d’avoir pris parti pour Jésus, les accablent de leur côté de reproches. « Savez-vous, scribes et docteurs, leur dit celui-ci, que Dieu dit par le prophète : la vengeance m’appartient. Le Dieu que vous avez mis en croix est puissant ; il m’arrachera de vos mains. Tout le crime retombera sur vous, car le gouverneur a dit, après s’être lavé les mains : Je suis pur du sang de ce juste ; et vous avez répondu à grands cris : Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. Puissiez-vous, comme vous l’avez dit, périr à jamais! » A ces mots, les Juifs irrités jettent Joseph en prison; mais, ainsi qu’il l’avait annoncé, Dieu le sauva de leurs mains. Miraculeusement délivré, il fut transporté dans son habitation à Arimathée.
Les soldats qui avaient été placés à l’entrée du sépulcre, viennent ensuite annoncer que Jésus est ressuscité. Aux reproches des Juifs ils répondent avec une rare présence d’esprit : Donnez-nous Joseph que vous gardiez en prison, et nous vous donnerons Jésus que nous gardions dans le sépulcre. Les Juifs achètent alors à prix d’argent leur silence ; précaution inutile, car aussitôt arrivent un prêtre, un maître d’école et un lévite qui annoncent qu’ils ont rencontré Jésus en Galilée. Ils l'avaient trouvé assis
ÉVANGILES APOCRYPHES ORTHODOXES 453 au milieu de ses onze apôtres sur le mont des Oliviers*, et après l'avoir entendu ordonner à ceux-ci d'aller prêcher sa doctrine dans le inonde entier et de baptiser toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, ils l’avaient vu monter au Ciel. Les prêtres donnent également de l’argent à ces trois hommes pour les engager à se taire et se hâtent de les renvoyer dans leur pays.
Cependant ni les soldats ni les trois hommes de la Galilée ne gardèrent le silence sur les événements extraordinaires dont ils avaient été les témoins. La consternation se répandit parmi le peuple. Ce fut en vain que pour le rassurer, les prêtres lui représentèrent que les trois tialiléens ne méritaient aucune confiance et que les soldats avaient été gagnés par les disciples de Jésus qui avaient enlevé eux-mêmes son corps. On ne réussit pas à le calmer. Sur le conseil de Nicodème, ou se décida à faire venir Joseph à Jérusalem pour apprendre la vérité de sa bouche. Mais le récit que fit celui-ci de sa délivrance et d’une entrevue miraculeuse qu'il avait eue avec Jésus-Christ ressuscité, jeta le trouble dans l’âme des prêtres. On fit revenir à Jérusalem les trois Galiléens; on les interrogea l’un après l’autre avec le plus grand soin, et AnneetCaïphe reconnaissant que, d’après l’Écriture elle-même, la parole de
1 . Le monl des Oliviers est dans la Judée, et non dans la Galilée.
ÉTUDES SUH UES ÉVANfilLES
deux ou de trois témoins qui s’accordent ensemble, ne saurait être contestée, restèrent convaincus delà vérité de la résurrection de Jésus.
Un troisième groupe de légendes se rapportant à la descente de Jésus-Christ aux enfers se trouve réuni dans un écrit qui, joint aux Actes de Pilate, forme l’Évangile de Nicodême *. Mais cet écrit a d’abord été indépendant des Actes de Pilate; il en est encore séparé dans de nombreux manuscrits, et c’est sous cette forme que M. Tischendorf en a publié, dans sa collection d’Évangiles apocryphes, le texte grec et deux traductions, il vaudrait peut-être mieux dire, doux imitations en latin, présentant entre elles des différences notables a.
Carinuset Leucius, fils du grand-prêtre Siméon, étaient ressuscités en même temps que Jésus-Christ et par sa puissance. Anne, Caïphe et d’autres juifs de distinction, instruits de ce prodige, vont les trouver à Arimathée et leur demandent comment et par qui ils ont été rappelés à la vie. Les deux frères
1. Le récit de la descente de Jésus-Christ aux enfers commence au chapitre 17 de cet Évangile et en remplit les onze derniers chapitres. Thilo, Codex apocryphus Novi Testament i, p. 666-795.
ï. Tischendorf, Evangetia apocrypha, p. 301-344 et 368-
demandent du papier, écrivent, chacun de son côté, ce qu’ils ont vu et entendu ', et leurs écrits déposés en des mains différentes, se trouvent complètement identiques, ni plus ni moins grands l’un que l’autre et sans qu’il y eût même une lettre de différence*, preuve évidente de la vérité des événements extraordinaires qui y étaient racontés. Tel est le cadre dans lequel est présentée la légende de la descente de Jésus-Christ aux enfers.
La scène se passe dans le lieu souterrain où sont retenus, après leur mort, les saints personnages de l’Ancienne Alliance. Au moment où le drame commence, ils s'entretiennent de leur espérance de voir bientôt la lumière se manifester dans le sombre empire delà Mort. Siméon les confirme dans cette pensée en leur annonçant qu’il a tenu dans ses bras l’enfant qui doit être la lumière des nations et la gloire du peuple d’Israël 3. Jean-Baptiste, qui survient bientôt après, leur déclare qu’il est envoyé pour les prévenir que dans peu le filsde Dieu viendra visiter ceux qui sont assis dans les, ténèbres et l’ombre de la mort \ Seth raconte alors à cette respectable assemblée ce que Michel , l’ange du Sei-
t. Évangile de Nirodème, chap. 17.