Fabricius, Codex apocnjidius N. T., pars 4, p
ÉVANGILES APOCRYPHES JUDAISANTS il dans cet Évangile, ce qu’il n’aurait certainement pas fait si ce livre n’avait eu aucune autorité.
Au iv* siècle, on n’était pas encore d’accord sur la valeur ecclésiastique qu’il convenait de lui reconnaître . Eusèbe nous apprend qu’il y avait des personnes qui le plaçaient parmi les antilégomènes, c’est-àdire parmi les livres sur lesquels on n’était pas encore fixé et qui flottaient entre les livres canoniques et ceux qui étaient tenus pour hérétiques*.
L’antiquité de cet écrit ne saurait donc être mise en doute. Les citations qu’en font Clément d’Alexandrie et Origène 3 prouvent qu’il existait au il® siècle, et il faut le faire remonter plus haut, si, comme l’assure Épiphane 3 , et il n’y a pas lieu de récuser son témoignage, il était adopté comme Écriture sainte par les disciples de Cérinthe, qui le tenaient sans doute de leur maître. Si cet Évangile, dont la langue indique une origine palestinienne, était connu dans l’Asie-Mineure à la fin du Ier siècle, on peut en toute assurance en placer le moment de la composition vers l’époque de la destruction de Jérusalem, et ce ne serait pas peutêtre une supposition hasardée que d’admettre que