üieseler, Hist. des dogmes, p
2. Selon Irénée, celle Église est le vaso dans lequel les apôtres ont déposé la vérité, et la porto d’entrée do la vio. Adv. Uirres., lib. III, cap. 4. — Terlullien la compare à l’arche do Noé, par cette raison que de mémo qu’à l’époque du déluge il n’y avait eu de salut que dans cette arche, ainsi il n’y en avait plus désormais que dans l’Église. De Bn/itismo, § 8. Cette comparaison devint en quelque sorte classique parmi les écrivains ecclésiastiques des siècles suivants.
PRÉFACE
un cas aussi bien que dans l’autre, comme incapables de servir de règle dans les choses de la foi. Ces Évangiles, non autorisés par l’Église catholique, reçurent plus tard le nom d’apocryphes, terme que l’usage a consacré, mais qui, pris dans son sens étymologique, ne rend pas dit tout l’idée qu’on y a attachée *. Cette distinction finit par prévaloir : mais elle resta longtemps vague et flottante. On en a pour preuve l’usage qu’on faisait, à la fin du second siècle , de l’Évangile de saint Pierre dans l’Église de Rhosse en Cilicie, et au cinquième siècle , de celui des Encratites dans l’Église de Cyr dans la Syrie.
Il y a encore d’autres Évangiles apocryphes. Ce sont des recueils de légendes nées d’une piété peu éclairée et pleine de superstitions. Ces Évangiles apocryphes se distinguent des précédents sous deux rapports.
Apocryphe, im'xp signifie caché. Les Évangiles apocryphes n’étaient ni plus cachés ni moins connus que les canoniques. Ce n'est donc pas dans le sens étymologique qu’il faut prendre ce mot, et ce n’est pas probablement à l’étymologie qu'eurent égard ceux qui l’appliquèrent pour la première fois à tous les Évangiles autres que nos quatre canoniques.
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1° Ils n’ont pas de caractère dogmatique; par conséquent, ils n’ont pas été écrits dans un intérêt de parti; ils ne viseutqu’à l’éditication. Les autres, au contraire, ont été tous composés ou interpolés sous l’inspiration d’idées dogmatiques bien arrêtées.
2* Ceux-ci étaient pour les sectes qui s’en servaient exactement ce que nos quatre Evangiles canoniques furent pour l’ancienne Église catholique et sont restés pour toutes les Églises actuelles, je veux dire une Écriture sainte, et par suite une règle de foi. Ceux-là avaient de moins hautes prétentions; ils se bornaient à être les échos des croyances, je devrais dire des superstitions de la masse des chrétiens et n'appartenaient en propre à aucune secte.
Si l’on tient compte de ces différences, on comprendra que l’ancienne Église catholique n’ait pu voir du même oeil les uns et les autres. Les Évangiles apocryphes dogmatiques, c’est-à-dire ceux qui étaient en usage parmi des sectes rivales, étaient pour elle une menace continuelle et mettaient sou existence en danger. S’ils avaient prévalu.
PRÉFACE
c’en était fait de nos Évangiles canoniques, et du même coup, l’Église catholique disparaissait ou n’était plus qu’une des mille écoles plus ou moins considérables, entre lesquelles se partageait le christianisme. Rien de semblable n’était à craindre des Évangiles apocryphes légendaires. Loin d’aspirer à remplacer les Évangiles canoniques, ils s’y rattachaient et en étaient une sorte de complément, soit en développant certains faits qui n’y étaient qu’indiqués, soit en en racontant d’autres qui n'y étaient pas contenus. Quant à l’Église catholique, ils la servaient et ne la menaçaient point. Ils entraient en effet dans le courant de ses sentiments et de ses croyances et enregistraient toutes les nouvelles superstitions qui y naissaient.
Aussi, tandis que l’Église semble avoir détruit systématiquement les Évangiles apocryphes dogmatiques, livres qui d’ailleurs devaient disparaître par la force même des choses avec les sectes auxquelles ils appartenaient, elle n’a jamais manifesté la moindre intention de supprimer les Évangiles apocryphes légendaires. Elle les a mis, il est vrai.
PRÉFACE
au nombre des écrits apocryphes, mais ils ont été constamment en faveur. Dans certaines Églises de l’Orient plusieurs faisaient partie des offices religieux, et dans l’Occident on a plusieurs fois exprimé le regret de les voir bannis du culte public.
Pourquoi donc furent-ils déclarés apocryphes ( Tout simplement parce que la plupart sont postérieurs aux Evangiles canoniques; qu’aucun des plus anciens n’eut dans les trois premiers siècles la même notoriété que ceux-ci, et qu’il n’en est pas un seul qui embrasse dans son cadre l’ensemble de la vie de Jésus-Christ. On ne saurait en donner d’autres raisons, quand on voit l’avidité avec laquelle furent accueillies de très-bonne heure les légendes qui y sont recueillies. En réalité, ils sont tous, sans exception, infiniment au-dessous, sous tous les rapports, des Évangiles canoniques. Mais il est permis de douter qu’on en eût le sentiment dans une Église qui dégénéra si rapidement et oublia si vite le spiritualisme du Maître.
C’est sur ces anciens documents que je viens appeler l’attention du lecteur,