‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 87 sur 222 · Fabricius, ibid. Cotelier, Patres apostol., 1. 1, p · texte numérisé non relu

Fabricius, ibid. Cotelier, Patres apostol., 1. 1, p

4. Fabricius, Codex apocryphus Novi Testamenti, pars! , p. 1 40.

noms sont ici évidemment estropiés. Photius l’attribue à Ada seulement, et cette version paraît préférable. Si le nom d’Adimante se trouve joint à celui-ci dans l’Anathème contre les Manichéens, c’est sans le moindre doute parce qu’Adimante était un des écrivains manichéens les plus connus parmi les chrétiens *. Photius ajoute que cet Évangile portait le titre de Modion (MôSiov), par allusion au boisseau sous lequel il ne faut pas placer la lumière 1 2 . Où le célèbre patriarche grec avait- il puisé ce renseignement? Il serait utile de le savoir, avant d’ajouter foi à ses paroles, et il ne le dit pas. Ce mot paraît être plutôt une épigramme lancée contre le livre manichéen qu’un titre qu’y aurait inscrit sou auteur. 11 est difficile de croire en etfet que le prédicateur d’une secte nouvelle ait intitulé un de ses écrits l’éteignoir; le mot Modion n’a pas ici d’autre sens. Mais probablement il y a encore dans ce qu’en rapporte Photius une de ces méprises qui se reproduisent sans fin dans ce que les anciens écrivains ecclésiastiques disent des Manichéens.

Cet Évangile d’Ada était probablement une imitation des soutras bouddhiques ou peut-être une

1. Sainl Augustin écrivit un traité contre cet Adimaute. Auyuttini opéra , t. vin, col. Î05-Î60.

î. Malth-, v, 15, et les passages parallèles; Marc, iv, tl, et Luc, xi, 33.

EVANGILES APOCRYPHES ANTIJI'DAISANTS 103 dénomination générale de la doctrine bouddhique, à laquelle en appelait Manès ; ce qui peut le faire supposer, c’est qu’Ada n’était pour les Manichéens qu’un autre nom du Bouddha.

Il est vraisemblable qu’il y a aussi quelque méprise dans ce qu’Epiphane nous dit des quatre ouvrages de Scvthianus , dont un portait le titre d'Evangile Ce Scvthianus est une sorte de contrefaçon de Simon le Magicien. De même que celuici est pour les anciens écrivains ecclésiastiques le père du gnosticisme, celui-là est le père du manichéisme. Il vient à Jérusalem conférer avec les apôtres i * , comme Simon le Magicien avait eu aussi de son côté des conférences avec saint Pierre. II n’est pas plus un personnage réel que son prétendu disciple Térébinthe qui fut, selon la légende, le précurseur et le maître de Manès. Ce Térébinthe est tout simplement la personnification de l’élément bouddhique qui entra dans la composition du manichéisme. On en a la preuve dans la légende qui raconte que s’étant enfui en Perse, après la mort de Scythianus, il s’y fit appeler Bouddha 3. Scythianus de son côté est la personnification du mazdéisme, premier fond de la doctrine manichéenne, et en ce

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