‹ Études sur les évangiles apocryphesChapitre 94 sur 222 · Ibid., chap · texte numérisé non relu

Ibid., chap

Un troisième Évangile apocryphe portant le nom du philosophe ‘ Thomas l’Israélite *, raconte, ce sont ses propres expressions, les merveilles de l’enfance de Notre Seigneur Jésus-Christ. La tradition est par conséquent prise ici au point où elle finit dans les deux apocryphes précédents. Les dixneuf chapitres dont se compose cet Évangile présentent le récit d’autant de miracles ou de faits extraordinaires aocomplis par l’enfant Jésus. On y chercherait en vain quelque inspiration du sentiment chrétien. L’enfant Jésus s’y montre, ainsi que Borberg le fait remarquer aivec raison, comme un démon acariâtre, répandant autour de lui la crainte et la stupeur, pour étaler aux yeux de ceux qui l’entourent le pouvoir divin dont il est doué. Là même où il accomplit quelque miracle

4. Thomas est appelé philosophe, dit borberg, parce que, dans le langage ecclésiastique, on désignait fréquemment sous ce nom ceux qui se distinguaient par leur piété, et surtout par leur vie ascétique. Biblioth. der neutestamentl. Apokryphen, p. 66.

2. Cet Évangile est en grec. Le litre n'est pas identique dans tous les manuscrits. Thilo, Codex apocryphus Novi Testamenti, p. 277-345; Tischendorf, Evangelia apocrypha, p. 4 34- 470; Brunet, Évangiles apocryphes, p. 444-454 ; Dictionn. des apocryphes, t. 1, col. 4444-4456.

ili ÉTUDES SUR LES ÉVANGILES

bienfaisant, il paraît agir plutôt par caprice ou par vanité que d’après des sentiments humains '.

Quelques -uus des prodiges qu’on lui prête sont puérils, celui-ci, par exemple : Marie l’ayant envoyé puiser de l’eau à la fontaine et la cruche s’étant brisée dans la foule, « Jésus étendit le manteau dont il était revêtu, il le remplit d’eau et le porta à sa mère 2. » D’autres sont d’une cruauté révoltante. Un enfant l’ayant heurté par mégarde en passant, Jésus, « irrité, lui dit : Tu n’achèveras pas ton chemin ; et aussitôt l’enfant tomba et mourut 3. » Une autre fois il frappe de sécheresse le corps d’un enfant qui, avec une branche de saule, avait dispersé l’eau qu’il avait ramassée dans un petit réservoir *.

L’auteur de cet Évangile, tout en se complaisant dans ces scènes cruelles, ne s’en dissimule pas l’horreur. Il reconnaît lui-même qu’elles étaient plus propres à jeter de l’odieux sur l’enfant Jésus qu’à le faire respecter, quand il met dans la bouche des parents dont l’enfant avait été frappé de mort, ces paroles aussi convenables que sensées : « Tu as un enfant tel, disent-ils à Joseph, que tu ne peux habiter le même village que nous,

1 . Borberg, Biblioth. der neutestamentl. Apokryphen , p. 60.

Page 1