RÉCOLTE MOYENNE PRODUIT
de betleriTes par dessiatiae. en socre brol eriitallisable.
pouds. jKincls.
En Autriche 1,745 405
En Bohême 4 ,3^5 79
(1) Cet économUte a constaté que, par une bonne culture, on peut obtenir jusqu'à 300 quintaux par arpent; mais il considère lui-même les cas d'une récolte aussi abondante comme tout h fuit exceptionnels.
(2) C'est laproporUon qui est admise dans les estimations ofllcielles, en Prusse, pour l'assiette de l'impôt.
BÉCOLTE MOYEMMI PRODUIT
de belteraTei par destUtiie. ei Mtf« brat eriiUlfiiaUt.
pouds. ponds.
EnPniise 4,907 4U
Aux environs de Heidelberg « . 4 ,598 96 En France, dans le département
du Nord 2,271 436
En France, dans les autres dépar-
temenU 4,420 85
En France, moyenne générale . 4 ,703 402
Voici maintenant les données recueillies sur le produit des plantations de sucre dans les colonies :
Au Bengale, 1 acre donne, d'après Busch, de 1,094 à 3,053 livres anglaises, ou, en moyenne, 2,073 livres de sucre brut, et, d'après Backford, 2,300 livres. Ces deux derniers chiffres donnent pour moyenne 2,186 livres anglaises par acre =162 pouds par dessiatine. (1 acre =0,374 dessiatine ; 1 livre anglaise = 1,109 livre de Russie.)
A Véra-Cruz, d'après Ward, on obtient de 1 hectare 2,800 kilogrammes de sucre brut = 187 pouds , par dessiatine.
A Saint-Domingue , d'après Page, 1 hectare donne 3,489 livres anglaises = 106 pouds par dessiatine.
^ A la Louisiane, où la canne commence à dégénérer, 1 hectare ne donne, d'après Dumas, que 1,000 kilogrammes, quelquefois 1,500 kilogrammes, rarement 2,000 à 3,000 kilogrammes. On peut prendre pour moyenne 1,500 kilogrammes par hectare =: 100 pouds par dessiatine.
A la Martinique, d'après Dumas, 2,500 kilogrammes par hectare = 167 pouds par dessiatine.
A la Guadeloupe, d'après Dumas, 3,000 kilogrammes par hectare = 200 pouds par dessiatine.
A l'île Bourbon f d'après Dumas, 5,000 kilogrammes par hectare = 334 pouds par dessiatine.
A la Havane , où toutes les circonstances se trouvent réunies pour donner un riche produit, on obtient de 1 hec-
INDUSTRIE. 3lb4
tare, d'après Dumas, 6,000 kilogrammes = 401 pouds par dessiatine.
Au Brésil, d'après Dumas, 7,500 kilogrammes = 500 pouds par dessiatine.
Pour mettre en parallèle le produit annuel des colonies aveci'industrie sucrière du continent européen, il faut déduire un quart des quantités ci-dessus , vu que , par les raisons déjà expliquées {page 242), la betterave donne 4 récoltes , pendant le temps qu'il faut pour avoir 3 récoltes de canne.
Cette réduction faite, on obtient les proportions suivantes pour le produit brut, par an, d'une dessiatine :
sucre bmt.
A la Louisiane 75 pouds.
A SainIrDomiDgue 80 »
Au Bengale 422 »
A la Martinique 426 »
A Véra-Cniz 444 » ;
A la Guadeloupe 450 »
A rtle Bourbon 250 »
A la Havane 300 x>
Au Brésil 375 »
Ainsi, la moyenne du produit en sucre brut, dans les colonies, varie entre 75 et 375 pouds par dessiatine , tandis que, dans la fabrication du sucre de betterave, la moyenne du rendement est entre 79 et 136 pouds par dessiatine. Les plantations de la Louisiane et de Saint-Domingue restent même au-dessous des contrées les moins favorisées de rAUemagne; mais, dans toutes les autres, le produit de la fabrication .excède dans des proportions très-variées, et presque jusqu'au quadruple, celui Jde tous les établissements sucriers de l'Europe , à l'exception toutefois des fabriques du nord de la France, où cette industrie, particulièrement favorisée par la qualité du sol, a en outre atteint un haut degré de perfectionnement* Les fabriques de sucre
de cette contrée peuvent rivaliser avec avantage, non seulement avec les deux colonies qui viennent d'être nommées, mais aussi avec le Bengale, la Martinique, Véra-' Cruz et la Guadeloupe.
En faisant la supputation de tous les chiffres ci-dessus, on obtient, pour moyenne générale du produit annuel en sucre brut dans les fabriques de betterave, 102 pouds, et dans les colonies 180 pouds par dessiatine; par conséquent une proportion de 10 à 18 à peu près.
Comme la canne et la betterave différent l'une de l'autre tant par leur forme que sous le rapport des substances dont elles se composent, ce qui influe sur les procédés de la fabrication, cette différence doit également être prise en considération.
La canne, contenant à peu près deux fois autant de parties solides que la betterave, le procédé de l'extraction du jus est aussi différent. On se sert pour la canne de cylindres de fer cannelés, tandis que, pour exprimer le jus de la betterave , on est obligé de la râper et de la soumettre ensuite à l'action de la presse hydraulique , ce qui exige des appareils plus compliqués. Cependant cette différence dans les appareils n'en produit pas une très-sensible dans les frais de production ; mais il y a d'autres circonstances qui rendent la fabrication du sucre de betterave plus difficile et plus coûteuse.
Le jus de la betterave contient beaucoup de substances salines et garde une certaine saveur particulière , dont on ne peut le dégager que moyennant des appareils de filtrage perfectionnés et par l'emploi du charbon animal, ce qui complique la fabrication. Le sucre s'y trouve aussi dans un état inférieur de concentration, ce qui exige plus de temps et de combustible pour l'évaporation des parties aqueuses. Ces deux circonstances réunies exercent une influence sensible sur les frais et le produit de la fabrication; mais
la dernière, qui se rapporte au combustible, est compensée, dans la concurrence avec le sucre de canne, par le manque et la cherté du bois dans les colonies et par la défectuosité des appareils de chauffage.
Les produits accessoires de la fabrication et les profits qu^on peut en tirer jouent aussi un rôle important dans les résultats financiers de ces deux industries rivales. Or, indépendamment de la quantité relative de sucre cristallisable, sur laquelle nous avons établi nos comparaisons, la mélasse est un article accessoire très-important pour les sucreries coloniales. On la consomme sur les lieux, comme matière alimentaire , en guise de sucre ordinaire , et on l'exporte aussi pour l'Europe sous la forme de sirop, mais son emploi le plus important consiste dans la préparation du rhum qui est un des principaux articles d'exportation des contrées tropicales, surtout de la Jamaïque.
Dans les Indes occidentales , on obtient de la canne environ 4 à 6 pour 100 de mélasse (voir le calcul, pagfe 242) ; dans les Indes orientales, la proportion doit être beaucoup plus forte, à cause des procédés de fabrication trèsarriérés de l'industrie sucrière de ces contrées.
Dans la fabrication du sucre de betterave , le sucre non crislallisable ne reste pas non plus sans emploi , mais on n'en obtient qu'environ 2 pour 100 de la matière bnite. Le sirop, provenant de la betterave, est en outre très-inférieur à celui provenant de la canne, et se vend la moitié du prix de ce dernier; il conserve le goût désagréable de cette plante, et l'on ne peut en obtenir, par la distillation, qu'une espèce d'eau-de-vie très-ordinaire, ou l'employer à la préparation du vinaigre.
Quant aux autres produits accessoires, les planteurs de la canne ont la bagasse, dont on se sert comme combustible , et la betterave donne les feuilles , les déchets de la racine et le résidu des parties solides qui reste après le
pressurage ; toutes ces parties contiennent encore des substances saccharines , et sont très-propres à l'alimentation du bétail. Ces produits accessoires sont assez considérables. On obtient, en Allemagne , environ 50 quintaux de feuilles par arpent = 2,014 pouds par dessiatine ; à peu près 15 pour 100 de déchet de la racine et 6 pour 100 de résidu après Textraction du jus. Ainsi^ sous ce rapport, l'avantage est du côté de l'industrie sucrière de l'Europe.
En résumant toutes les données comparatives qui précèdent, on voit que les avantages propres à chacune de ces deux Industries rivales sont tantôt du côté du sucre colonial , tantôt du côté de l'industrie européenne de la betterave. Cependant les principaux avantages naturels font pencher la balance du côté de la canne à sucre; tels sont: 1^ la fertilité naturelle du sol des tropiques, la vigueur de la végétation et l'abondance des récoltes ; 2" le bas prix des terrains consacrés aux plantations ; 3** la quantité relativement plus considérable des substances saccharines que contient la canne, et l'état de concentration de ces substances dans le jus qu'on en exprime; 4* enfin la quantité et la qualité de la tnélasse que donne la canne à sucre , comme produit accessoire d'une grande importance. Bien que ces avantages naturels soient modifiés par plusieurs circonstances expliquées plus haut , il n'en est pas moins vrai que l'industrie de la betterave ne peut les contre-balancer que jusqu'à un certain point, par le perfectionnement de ses procédés, avec le concours des moyens artificiels que lui prêtent la chimie et la mécanique, et par une économie rurale plus avancée , qui procure le moyen d'utiliser quelques produits accessoires de la fabrication du sucre de betterave. Cela ressort encore davantage de la comparaison suivante des prix de revient du sucre colonial et du sucre de betterave sur les lieux de production.
Sucre de beîtefave.
roables. kopecki«
in France y 400 kilogrammes de sucre brut reviennent aux fabricants (d'après Payen), à 60 francs as 2 85 (d'après Crespel), à 64 francs les 400 kilogrammes =3 t (d*aprè8 Rau), dans les départements du Nord, à 78 francs les 400 kilogrammes = 3 48
En Bohême (d'après Krause), 4 quintal de Vienne 43 florins % kreutzer comme minimum. . . . = 2 70
■ai
Moyenne générale 2 94
Sitcre colonial.
LE pom).
roables. kopecks,
A Madras, d'après Norbourgb, 4 candi de sucre brtit revient à 46 et même à 24 roupies; moyenne 20
roupies • =±4 15
( 4 candi =250 livres .anglaises = 277 J livres de Russie ; 4 roupie = 63 kopecks ) .
A Java, d'après Crawford, 4 picol de sucre blanc première qualité , 5 à 6 ^ piastres ; moyenne 5 |
piastres = 4 90
(4 picol = 454 livres de Russie ; 4 piastre s=: 4 rouble 25 kopecks). 4 picol de sucre brun ou jaune, 4 à 4 ^ piastres, moyenne, 4 ^ piastres. . . , = 4 44 D'après Dieterici, 4 picol de sucre brut ne revient au gouvernement, à l'île de Cuba, qu'à 3 ^ écus. . =r 94
A Cayenne, d'après Dumas, 40 francs les 400 kilogr. = 4 63
A [a Guadeloupe, d'après Dumas, 39 francs 60 cent, les 4 00 kilogrammes » , • = 4 60
Dans Us colonies françaises en général , d'après Payen, par suite des améliorations introduites dans les procédés de la fabrication, 25 fr. les 400 kilogr. = 4 2
A la Havane, d'après Hagmeister, 4 arobe 3 à 44 reaies, selon les qualités; moyenne, 7 reaies. . • = 4 56 (4 arobe = 26,88 livres de Russie; 4 reale = 45 kopecks).
La supputation de tous ces prix donne pour moyenne générale 1 rouble 44 kopecks par poud, c'est-à-dire moins de la moitié des prix do revient du sucre de betterave. .
On voit, par ce tableau comparatif des prix de revient, que la betterave ne pourrait soutenir la concurrence de la canne qu'avec le secours des frais de transport, de commission , d'assurance et des droits d'entrée qui sont à la charge du sucre colonial.
Le fret seul revient, d'après Neumann, par tonne (1) :
Par pouil.
De la Havane cd Angleterre, 3 ^ livres sterling . . = 39 kopecks.
— à Brème, 4 ^ livres sterling. , . . c= 47 »
— aux ports de la Baltique , 4 i livres
sterling =: 47 »
— aux ports français du nord et de Touest,
400 francs = 40 »
— i aux ports de la Méditerranée, 4 \ livres
sterling =s 38 »
De Calcutta en Europe, 3 ^ livres sterling . . . = 36 »
Ce qui donne pour moyenne 41 kopecks par poud.
Le total des frais qui pèsent sur le sucre colonial jusqu'à ce qu'il arrive aux ports de l'Europe, savoir : le fret, l'assurance, la commission et les frais d'expédition, a été évalué ainsi qu'il suit (2) :
Far puuil.
Des Antilles au Havre, d'après Hagmeister et Rau,
26 à 28 francs pour 400 kilogrammes; moyenne
27 francs = 444 kopecks.
Des Antilles aux ports de la France, en général,
d'après Dumas, 31 (panes pour 400 kilogrammes = 427 » Do la Jamaïque en Angleterre , d'après Hagmeister,
4 \ livres sterling par tonne = 47 »
Ce qui donne, pour moyenne, 95 kopecks par poud à
(1) Une tonne de 20 quintaux anglais = 2»484 livres de Russie.
(2) On compte , pour la commission d'achat et pour les frais d'expédition, 3 pour 100 de la valeur, l'assurance, 5 pour 100, la gratiflcation, 5 pour 100 du fret.
ajouter au prix de revient sur les lieux de production, calculé (page 255) à 1 rouble 44 kopecks, de sorte que le sucre des colonies, chargé des frais de transport, de commission et d^assurance, reviendrait, dans les ports de l'Europe, en moyenne , à 2 roubles 39 kopecks le poud ; mais , comme dans ce calcul, les frais d'emballage et le gain du commerce, qu'il faut compter pour six mois à environ 6 pour 100, ne sont pas compris , on peut porter la moyenne du prix de revient, dans les entrepôts maritimes, à environ 2 roubles 55 kopecks, c'est-à-dire 39 kopecks de moins par poud que le prix de revient du sucre de betterave calculé également sur la moyenne des frais de fabrication. Cette différence s'amoindrit encore davantage lorsqu'on prend pour point de comparaison les prix coûtants du sucre colonial dans les principaux entrepôts maritimes. Pour en juger, nous donnons ici, d'abord les prix courants, recueillis par quelques économistes qui se sont occupés de cette matière, avant 1844 , et ensuite ceux que nous avons pu nous procurer à la fin de l'année 1851 :