SUITE DE LA DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE IL
Fabrication des soieries.
Il est notoire que la qualité des tissus de soie dépend essentiellement, et avant tout, de celle de la matière première qu*on y emploie. Or, sous ce rapport, cette branche de notre industrie se trouve à un rang inférieur dans sa concurrence avec les soieries étrangères. On a vu, par les données statistiques sur l'éducation du ver assoie, consignées dans le deuxième volume de cet ouvrage, pages 46 et suivantes, qu'on consomme en Russie : 1"* au delà de 26,000 pouds de soie du Caucase , et environ 200 pouds de celle des provinces méridionales de la Russie d'Europe ; 2"* au delà de 10,100 pouds de soie étrangère de provenance européenne ; et S"" plus de 8,200 pouds de soie turque et persane. Sur les 26,000 pouds de soie du Caucase, il y a environ 6,000 à 7,000 pouds qui sont employés sur les lieux de production à la fabrication des tissus ordinaires à m. 4
l'usage des habitants du pays, et environ 20,000 pouds qui sont envoyés dans la Russie d'Europe et principalement daiis le gpuvefuenaent de 'Moscou; de sorte que, déduction faite de la soie du Caucase utilisée sur place, nos manufaçtijires de soieries consomment environ 38,300 pauds de soie^: dont 20,000 pouds, qu plus de la moitié, de soie indigène.
Naus avons signalé, dans le volume précédent , les défauts de la soie du Caucase, défauts qui proviennent, en partie, d'une éducation très-négligée du ver à soie et^ en partie, du manque de soins et de certaines défectuosités dans le dévîdage et le moulinage. Les soies des provinces méridionales de la Russie d'Europe sont généralement de bien meilleure qualité et ordinairement mieux préparées. On a réussi V dans quelques contrées du midi, à acclimater les meilleures espèces de vers à soie de l'Italie et de la Chine. Il est ctonç d'autant plus à regretter que , malgré tous les encouragements accordés constamment à luette branche d'économie rurale par le Gouvernement, et malgré toutes les mesures prises pour lui donner plus d'extension, laproduetion de la soie, dans le midi de la Russie d'Europe^ soit restée , jusqu'à présent , si restreinte ( environ 200 pouds) qu'elle ne saurait exercer une influence quelque peu sensible sur la fabrication de nos soieries.
Nous ^vons eu déjà l'occasion de faire observer que la facilité avec laquelle le mûrier peut s'acclimater jusqu'à un certain point, même dans des latitudes assez élevées , ne donne que trop souvent lieu à des déceptions sur l'importance des résultats de l'éducation du ver à soie dans les contrées qui ne lui sont pas particulièrement favorables.
A force de «oins et de persévérance j on peut obtenif, dans cette branche de l'économie rurale , des succès partiels et isolés propres à séduire l'imagination de bien des amateurs, mais qui ne prouvent encore rien pour son im-
portanoe à venir. L'expérieneè de tops ïeg pay« a prouvé que la sériciculture ne peut se consolider et se développer que dans les climats où le mûrier atteint, de luirméme et sans exiger des soins particuliers, toute la vigueur de végétation qui lui est propre et que, dans toutes les contrées, où il reste à l'état d^arbuste et conserve le caractère d'une plante exotique, l'éducation du ver à soie ne peut jamais acquérir une importance réelle comme branche d'industrie prise dans sa plus grande acception. En pariant de ce point de vue, il faudrait ooncentrer de préférence les soins et les encouragements, consaorés à cette partie de notre écono^ mie rurale, dans les contrées qui réunissent toutes les conditions nécessaires pour la faire prospérer et lui donner de l'importance. Plijsieurs contrées de nos provinces méridionales peuvent être rangées dans cette catégorie.
Dans son dernier voyage dans le midi de la Russie, M. Koeppen ayant, entre autres choses, remarqué que le pays des Cosaques du Don est particulièrement favorisé sous ce rapport ; que le mûrier y atteint une forte croissance et s'y propage avec une grande facilité, dit, avec raison, que nos sociétés agronomiques devraient- plutôt porter leur atten;^ tion vers cette province que de s'évertuer à aeclinialer le ver à soie dans des régions plus septentrionales comme , par exemple, dans le gouvernement de Moscou où l'on ne peut obtenir, à force de soins et de sacrifices, que de trèsminces résultats.
Tant que cette branche de Tagrlculture ne prendra pas un plus grand développement dans le midi de la Russie d'Europe, les progrès de notre fabrication de soieries dé^ pendront essentiellement des améliorations que l'on pourra introduire dans la préparation des soies des provinces transeaucasiennes, d'où les fabricants de Moscou tirent la plus grande partie de eette matière première. Le Gouviernement a adopté, à cet effet , une série de mesures adnii- 4,
nistratives tFès-appropriées aux circonstances et dont nous avons donné un aperçu, général dans le deuxième volume de cet ouvrage ; mais malheureusement les bons effets de ces mesures sont encore lents à se manifester, vu l'ignorance et l'indolence des populations entre les mains desquelles se trouve cette branche de l'industrie locale.
Faute de données statistiques exactes et complètes, nous ne pouvons évaluer que d'une manière plus ou moins approximative le produit de la fabrication des soieries en Russie, en prenant pour base les quantités et les qualités des soies employées dans nos manufactures.
La moyenne des soies du Caucase, consommées dans le pays, peut être évaluée approximativement à 26,500 pouds, y compris les 200 pouds que produisent les provinces méridionales de la Russie d'Europe, représentant, à 70 roubles le poud, une valeur de 1,885,000 roubles argent. L'importation actuelle des soies de la Perse et de la Turquie donne, pour moyenne, 8,242 pouds, représentant, d'après les prix courants adoptés dans les estimations officielles, une valeur de 589,200 roubles, ce qui donnerait un prix moyen de 72 ^ roubles le poud ; mais, d'après les renseignements recueillis sur les prix effectifs de ces soies , nous ne pouvons pas lés évaluer, en moyenne, au-dessous de 90 roubles le poud, ce qui donne, pour les 8,240 pouds, 742,000 roubles. Les manufactures russes emploient, en outre, d'après lamoyenne de l'importation des dernières années (1848-1850), 10,142 pouds de soie de provenance européenne, représentant une valeur de 3,247,000 roubles argent, ou 320 roubles le poud.
Dans la fabrication des tissus de soie, la valeur relative de la main-d'œuvre est toujours en sens inverse de celle de la matière première. Dans les étoffes unies, faites en Russie avec de la soie de France ou d'Italie , qu'on importe, en majeure partie , déjà filée, la matière première constitue
plus de la moitié de la valeur du tissu, et ce n'est que dans les étoffes d'une fabrication plus compliquée que la façon excède la vajeur de la soie. Par contre, dans les tissus fabriqués avec la soie ordinaire du Caucase, la façon joue le rôle principal et représente le double , le triple , et au delà de la valeur de la matière première.
Nous croyons donc nous rapprocher autant que possible de la réalité en évaluant les produits fabriqués avec de la soie du Caucase, de la Perse et de la Turquie au triple de la valeur de la matière première , et les tissus fabriqués avec de la soie de France et d'Italie au double de cette valeur (1).
Or, voici le résultat de cette évaluation :
roubles argent.
26,500 pouds de soie du Caucase, représentant une
valeur de . 4,855,000
8,242 pouds de soie turque et persane . . » • • 742,000
Ensenible ' . . . 2,597,000
Laquelle somme, portée au triple, donne une valeur de 7,791,000
40,442 pouds de soie italienne et française, représentant une valeur de 3,247,000 roubles, ou, en comptant au double la valeur des tissus 6,494,000 •
Total de la valeur des tissus . . . 44,285,000
Cette évaluation se justifie encore par le calcul suivant :
(i) On emploie en Russie, de préférence, à la fabrication des tissus unis la soie de provenance européenne, et, pour les tissus façonnés , on mêle les soies italiennes et françaises avec celles du Caucase , de la Perse et de la Turquie. Les soies du Caucase sans mélange s'emploient ordinairement à la fabrication des foulards et de quelques auti^s tissus ordinaires; mais dans une évaluation en bloc, telle que nouS l'avons adoptée, ces différences dans le mélange et l'emploi de la soie ne sauraient influer d'une nfanière sensible sur le total de la valeur.
On perd , dans le dévidage et le nioulinàge, sur la soie du Caticase, de 20 à 25 pour 100; nous admettons^ en moyenne 22 pour 100, et, sur la soie turque et persane, 6 à 10 pour 100, ou, eh moyenne, 7 ^ pour 100. Il y a, en outre, un déchet d'environ 25 à 30 pour 100 dans la cuisson de la soie , mais comme une grande partie de la soie du Caucase, de la Perse et de la Turquie s'emploie^ dans la fabrication de quelques tissus, écnio ou demi-cuite, nous tie compterons, pour le déchet dans la cuisson, que 15 pour 100.
En décomptant ces déchets, les 26,500 pouds de soie du Caucase ne donneraient, en tissus de toute espèce, qu'un produit de 17,570 pouds, et les( 8,242 pouds de soie turque et persane ne donneraient, en tissus, que 6,480 pouds, ce qui fait ensemble 24,060 pouds, que nous avons évalués à 7,791,000 roubles, ce qui donne, en moyenne, un prix de 328 roubles 95 kopecks argent par poud. Cette évaluation se rapproche beaucoup du prix des tissus français qui sont estimés à l'exportation de la maniète suivante :
le kiiogramme.^
Foulards en soie écrue^ 54 fr. 60 c.
— imprimés 76 »
Autres étoffes unies 428 » 50 »
Ensemble 250 » 10 »
Ce qui donne, pour moyenne, 83 ^ francs par kilogramme, ou 340 roubles par poud , c'est-à-dire environ 5 pour 100 au-dessus de l'évaluation que nous avons adoptée pour les soieries russes fabriquées avec des soies du Caucase, de la Perse et de la Turquie. Les tissus français ont, en général, plus de valeur^ vu la qualité supérieure de la matière première employée dans les manufactures françaises. Par contre, les soies du Caucase et celles de la Perse et de la Turquie importées en Ru&iiié sont, en grande partie, em-
ployées à àe» tissrus breehés et à ramage ; tandis vque les prix ôffieield lie la Fraâce^ que aous âvoni» pris pcmr point de comparaison 9 ne s'appliquent qu'aux foulards et aux étoffes uni6s> ce qui balance^ plus ou môins^ la di£férenee.
Pour les soies de provenanee européenne, qui. arrivent en majeure partie déjà filées, et^ en partie même ^ teintes, nous ne décompterons, pour le déchet dans le dévidage, le mouiinage et la cuii^son, que 10 pour 100 ; de sorte que les 10,142 pouds né donneraient , en tissus, que 9428pouds, et, comme nous avons évalué ceê tissus à 6^494,000, cela donne 711 h)ub}es par poud-
Ëii France, les tissus de soie autres que les foula^rds sont estimés à Texportation de la manière suivante :
* le kilogramme.
Étoffes unies 125 | francs'.
— - façonnées HS j »
— brodiéeâ ■ » i 200 »
Ensemble ; * 474 »
Ce qui dotme, pour moyentie, 188 francs par kilogramme où 645 roubles par poud ; de Borte que notre évaluation n'excède que de 10 pour 100 ecîlle des soieries françaises. Cette différence nous paraît justifiée par la quantité, relativement plus considérable , des brocarts et des tissus brochés d'or et d'àfgent qu'on fabrique en Russie pour les ornements de Féglisé.
M. BouldWski avait évalué^ en 1843^ le produit total de la fabrication des soieries, en Russie, à 14 millions, et M. Scherer l'a porté, en 1849, à 17 millions de roubles argent.
La différence entré dette dernière évaluation et celle que nous avons adoptée provient, sans doute, de ce que M. Scherer aura probablement fait son calcul sur les prix dés i^oieriés tels qu'ils existent en Russie, tandis que^ pôur
s INDUSTRIE.
rendre nos rapprochements comparatifs plus exacts , nons avons cru devoir prendre, par analogie, pour base d'évaluation, la moyenne des prix des soieries étrangères; car Taugmentation du prix qui provient, en partie, des droits d'entrée qui frappent les tissus étrangers, et, en partie, de quelques défectuosités dans la fabrication , ne représente, pour ainsi dire, qu'une valeur fictive qui n'ajoute rien à la valeur réelle des objets fabriqué-s et à la richesse nationale.
Dans la statistique officielle du royaume de Pologne pour 1849, la valeur des soieries fabriquées dans ce pays est portée à 126,000 roubles.
En ajoutant cette somme à celle de 14,285,000 roubles» à laquelle nous avons porté les soieries russes, on obtient, pour total des produits de cette branche d'industrie, 14,411,000 roubles argent. Mais, vu les progrès de cette fabrication, pendant les dernières années, nous croyons pouvoir en porter la valeur réelle actuelle, en somme ronde, à 15 millions de roubles argent, ou 60 millions de francs.
En déduisant de cette somme la moitié environ pour la matière première, ainsi que pour For et l'argent employés dans la fabrication des tissus brochés, il ne reste que 7,500,000 roubles, ou 30 millions de francs que. cette fabrication ajoute à la richesse nationale.
Sur les 7 ? millions que nous avons défalqués pour les matières premières, il y a 3,989,000 roubles, ou plus de la moitié qui reviennent pour le compte des soies étrangères importées de l'Europe et de l'Asie.
En Autriche, la valeur des produits de cette industrie n'a été portée, dans la statistique officielle pour 1841, qu'à 19 ^ millions de florins, monnaie de convention, ou 12,500,000 roubles ; mais, vu les progrès que cette industrie y a faits depuis cette époque, on peut en porter la valeur actuelle au moins à 15 millions de roubles, de sorte que la valeur
de la fabrication des soieries en Autriche égale celle de cette branche d'industrie en Russie.
En France, la valeur des produits de celte industrie a été portée, par M. Schnitzler, dans sa statistique générale, publiée en 1846 (tome lïl^ page 277), à 235 millions de francs; mais, depuis l'époque, où ce calcul a été fait, la soierie française a pris un grand développement. L'exportation des tissus de soie, qui n'était, en 1845, que de 140 7 . millions de francs (valeur officielle), s'est élevée, en 1850, à 208,400,000 francs de valeur officielle, et à 246,500,000 francs de valeur réelle; de sorte qu'en ajoutant un cinquième seulement pour la consommation intérieure , on obtiendrait déjà près de 300 millions. Nous croyons, par conséquent, pouvoir porter^ comme minimum, la valeur totale des produits de la soierie française à 320 millions de francs, ou 80 millions de roubles argent , c'est-à-dire plus de cinq fois la valeur des tissus de soie fabriqués en Russie.
Les États de l'Association douanière allemande consomment dans leurs manufactures, d'après la moyenne de l'importation de 1846, 1847 et 1848, 14,259 quintaux de soie, tant écrue que filée et teinte , représentant une valeur de 8,809,000 écus = 8,192,000 roubles, ce qui donnerait, pour la valeur des tissus , en prenant deux fois et demie celle de la matière première, 20,480,000 roubles, ou près de 37 pour 100 de plus que la valeur de la fabrication des soieries en Russie.
En Angleterre, il a été importé^ en moyenne, pendant la période triennale de 1846-1847-1849, pour la consommation intérieure (c'es^à-dire exportation déduite), 4,132,119 livres anglaises de soie grége, représentant, à 4 roubles la livre, 16,528,000 roubles, et 589,037 livres de soie filée, représentant,' à 6 roubles la livre, 3,534,000, ce qui donne, en tout, une valeur de 20,062,000 roubles argent.
En comptant» pour les tissus, le double de la valeur de
40 mftUSTWE.
là ^oie^ôû obtient tliie sotame de 40,124,00» roubles àK gent, à laquelle il faut encore Écouter le produit^des tissus en bourré dé soie. LHmpoTtatioù de tous les déêheis de soie s'est élôvée, âniiée moyenne, exportaliM déduite^ à 1488^ëèTliVres, qui peuvent âVdir donné environ 1: million de livres en tissus qu'on peut évaluer (à raison de. 90 franes ou 5 roubles argent la livre anglaisé) à 5 mijilions de roubles ; eè qui donne, pour total de la valeur des produits dé cette industrie, en somme ronde, 45 n^illions de roubles =* 180 millions de francs, ou le triple de la fabrication des soieries en Russie.
Ld nombre d'ouvriers employés dans les manufactures de soie^ en Russie, peut également être évalué d'une manière plus ou moins approximative.
Pour 188 fabriques! de soieries qui étaient en activitéyén ' 1843, dans le gouvernement de Moscou et dont les produits étaient évalués à 6,805,000 retibles argent, on comptait, à cette époque^ 16,900 ouvriers > cé qui donne un produit de 865 roubles pour un ouvrier. D'âprôs ôette proportion, il fatit compter pour 15 millions dé roubles, somme à laquelle nous ftVoûs évalué la fabrication des soieries dans toute la Russie, 41,008 Ouvriers* En Autriche, en comptait, en 1841,93,000 ouvriers employés dans cette industrie y dont les produits étaient évalués, à dette époque, dans la statistique officielle, à 19,500,000 florins, monnaie de convention ï= 12,285,000 roubles, ce qui donne un produit de 372 roubles par ouvrier, évaluation qui se rapproché beaucoup de celle que nous avons adoptées
C'est dépuis le régné de Catherine II que la fabrication des soieries a acquis une certaine importance en Russie ; mais ses progrés les plus marquants ne datent que du règne actuel. Le développement qu'elle a pris a été beaucoup moins rapide que celui des autres industries manufacturièïês qui S'appuient sur ie grand lionibfé dé cohéômn^ateurs.
Noùâ dônûôhsi ici le releVé de fimpôrtôtiôn de 1* ffifttiéfê pfeitaièfé péûdâdt vingt- htiit années, à pàrtîf de 1824, par périodeà trienMles S
tmpoftéiion de là soie tant étyruè que filée.
m i/ÉJihovt.
ïfÉ vmiÊ.
TOfAt.
ponds»
poufls.
, . ponds.
En 4821-4826.
4842-184li
43,tâ4
On voit, par ce tableau, que, jusqu'à l'année 1841, îîm* portâtion de la soie est restée à peu prè» statiôUflaire â environ 12,000 ponds. Après Faccrôissement momentané, pendant la période de 1830-1832, jusqu^â 15,800 pouds, elle est retombée, pendant les trois périodes suivantes, audessous de la moyenne de 1824-1826. Ce n'est que depuis 1842, et Jurlout à partir de 1846, qu'elle a repris un mouvettieilt ascendant. C^est, comuie on l'a déjà vu plus d'une fois^ la date la plus marquante dàiîs les progrés de la plupart de nos industries. La dernière période triennale, comparée à celle de 1884*1826, présente un accroisèement de l'importation de 5,805 pouds ou de plus de 46 pour 100. Cet accroissement de l'importation porte uniquement sur les soies de provenance européenne , car l'importation des sdlets de l'Asie a presque constamment suivi un mouvement décroissant, et ne s'est relevée qu'à partir *de l'année 1845; cependant la dernière période triennale, comparée à celle de 1824-1826 , présenté encore une diidinution de
n INDUSTRIE.
256 pouds ou d'environ 3 pour 100, ce qui doit être attribué tant au progrès de la production de la soie dans les provinces transcaucasiennes , qui a remplacé en partie les soies turques et persanes, qu'à l'exportation croissante des soies de la Perse et de la Turquie pour l'Angleterre. L'année 1851 présente, par rapport à la dernière période triennale, une diminution très-sensible de plus d'un quart ; mais cette diminution a été plus forte pour les soies de l'Asie (36 pour 100) que pour celles de l'Europe (17 pour 100).
L'importation des soies de l'Europe , prise séparément, a subi plusieurs variations, tantôt en plus, tantôt en moins; mais en dernier résultat le chiffre de la période triennale de 1848-1850 présente, sur celui de 1824-1826, un accroissement de 6,061 pouds ou d'environ 150 pour 100.
Le relevé de notre commerce extérieur de soieries, à partir de 1824, partagé par périodes triennales, présente les résultats suivants :
Valeur moyenne en roubles argent.
On voit, par ce tableau, que l'importation des soieries étrangères a augmenté de plus du double, tandis que l'exportation de cet article, très-peu importante d'ailleurs en elle-même, n'a éprouvé qu'une légère augmentation
Excédant