‹ Études sur les fourmis, les guêpes et les abeilles (volume 2)Chapitre 1 sur 10 · ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

ENCÉPHALE

La tête de la Fourmi (pL III à VI) est formée, extérieurement, par une capsule de chitine rigide qui présente une forme plus ou moins globuleuse. Sa partie postérieure porte un cadre articulaire étroit qui est en continuité avec la membrane articulaire du prothorax (pi. III, fig. 1).

Ce sont les six premiers somites ou métamères de l'embryon qui forment la tête de l'imago.

On peut désigner ces somites par les noms suivants : Somite du labre ou somite protocérébr^ (acron),

— antennaire — deutocérébral,

— postantennaire — tritocérébral,

— mandibulaire — prognathal,

— maxillaire — mésognathal,

— labial — métagnathal.

Le premier de ces somites (somite protocérébral) est plus complexe que les suivants.

Il faudrait même, peut-être, le considérer comme représentant plusieurs métamères. Il a^en tous cas, à cause de la présence du stomodaBum qui doit fournir la portion antérieure du tube digestif, une constitution tout à fait particulière. Cela justifie le nom d'acron sous lequel je le désigne par opposition au nom de telson qui est employé (Heymons "95 b) pour le dernier somite de l'embryon. Par sa situation terminale, et par la présence du proctodaBum qui fournira toute la partie du tube digestif qui ne dérive pas du stomodasum, ce dernier somite mérite, certainement, cette dénomination

(1) Le présent travail constitue la 20* Note de mes Études sur les Fourmis, les Guêpes et les Abeilles.

spéciale empruntée à la nomenclature des régions du corps des Crustacés, L'acron, tel que je viens de le définir, comprend l'ensemble de tout ce qui précède le somite antennaire, y compris tout le tube digestif stomodœal, c'èst-à-dire : le pharynx, l'œsophage, le jabot, le gésier et la portion stomodaeale de Testomac. Les nerfs, les glandes et la musculature de ces parties du tube digestif appartiennent également, au point de vue morphologique, à Tacron.

Viallanes ("93) a montré que le cerveau de Tlnsecte doit être considéré comme formé de trois parties qu'il appelle le protocérébron, le deutocérébron et le tritocérébron. C'est de ces noms que sont tirées les dénominations de somites proto-, deuto- et tritocérébral. On remarquera que le labre, qui est considéré, par Viallanes, comme dépendant du somite tritocérébral, est attribué, dans le présent travail, au somite protocérébral.

Les dénominations de somite pro-, méso- et métagnathal sont empruntées à Graber. Cet auteur ("77) désigne les trois paires d'appendices buccaux par les noms de Vorder, Mittel et Hinterkiefer. Dans un travail postérieur ("88) il emploie pour les trois somites qui portent ces appendices les noms de Prognathal-, Mesognathal- et Metagnathalsomit.

Comme les somites des régions suivantes du corps, chacun des six somites céphaliques possède une paire* de ganglions, ou centres nerveux, reliée à la paire suivante par une paire de connectifs.

Chez tous les Insectes, les ganglions des trois premiers somites céphaliques, c'est-à-dire les paires proto-, deuto- et tritocérébrale, se groupent en une masse qui prend une situation dorsale par rapport au tube digestif et qui constitue le cerveau.

Les connectifs qui unissent les ganglions tritocérébraux aux ganglions suivants, connectifs qui ont une longueur qui varie beaucoup avec le groupe d'Insectes considéré, passent sur les côtés de l'œsophage (connectifs tritocérébraux ou para-œsophagiens).

Ces connectifs sont reliés par une commissure appelée commissure transverse de l'anneau œsophagien. En réalité, cette commissure ne réunit pas simplement les deux connectifs, mais elle contient des fibres qui relient, l'un à l'autre, les deux ganglions tritocérébraux (Viallanes "93, p. 434). Mes observations m'ont même conduit à considérer comme probable que cette commissure transverse est plus complexe et représente, morphologiquement, non seulement les commissures des deux ganglions tritocérébraux mais la réunion, en un faisceau, de fibres appartenant aux trois

paires de commissures primitives des ganglions proto-, deuto- et tritocérébraux. Ces commissures ont dû rester au-dessous du stomodaBum lors de rascension, sur leà côtés de ce dernier, des trois paires de ganglions cérébraux. La ténuité de ce faisceau, auquel j'attribue, ainsi, une structure très complexe, peut s'expliquer par ce fait qu'il a été suppléé, au point de vue physiologique, par les liaisons que les ganglions de chaque paire contractent, secondairement, entre eux, après avoir été se souder, dans le plan médian, du côté dorsal de l'œsophage.

Comme les ganglions des trois premiers somites, les ganglions dès trois somites suivants se groupent, eux aussi, en une masse unique à laquelle on donne le nom de ganglion sous-œsophagien.

La tête de Tlnsecte contient, ainsi, un cerveau, une commissure sous-œsophagienne, deux connectifs para-œsophagiens et un ganglion sous-œsophagien.

Cet ensemble peut être appelé Vencéphale. Il se relie, par deux connectifs, à la paire suivante de ganglions qui est la paire prothoracique.

Les parties que nous venons d'énumérer sont, dans plusieurs groupes dlnsectes, bien distinctes les unes des autres (p. 298, fîg. 1). Il n'en est pas de même chez les Hyménoptères. Dans cet ordre (pi. III, fig. 1) le cerveau et le ganglion sous-œsophagien se réunissent en un encéphale massif qui englobe la commissure sousœsophagienne et les connectifs para-œsophagiens. L'elicéphale est, dans ce cas, simplement perforé d'un trou œsophagien relativement très étroit (p. 311, fig. 2 et pi. III, fig. 5).

NERFS CËPHALIQUES

Dans toutes les descriptions qui vont suivre, je grouperai, dans l'ordre suivant, les nerfs émis par Tencéphale :

A. — Système nerveux du tube digestif stomodœal.

B. — Nerfs du labre.

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