‹ Études sur les fourmis, les guêpes et les abeilles (volume 2)Chapitre 2 sur 10 · C. — - Nerfs ocellaires et nerfs oculaires · texte numérisé non relu

C. — - Nerfs ocellaires et nerfs oculaires

D. — Nerfs de Tantenne.

E. — Nerfs symphatiques postcérébraux.

F. — Nerfs des trois paires mandibulaire, maxillaire et labiale.

G. — Nerfs sympathiques du centre nerveux labial.

Cet ordre, qui pourra surprendre au premier abord, me parait être Tordre morphologique, c'est-à-dire celui qui correspond à

Tordre des somiles, ou portions de somites, innervés par les nerfs en question. En effet :

A. — Si Ton adnaiet, comme je le fais ici, que le stomodaeum est situé au pôle morphologique supérieur du corps de l'Insecte, les premiers ganglions à citer sont ceux qui innervent les organes

Fig. i. — Schéma représentant l'encéphale et le système nerveux du tube digestif stomodœal (ou système nerveux sympathique impair), ce dernier étant considéré comme le prolongement, sur le tube digestif stomodaeal, de la chaîne des centres nerveux. Dans ce cas, les connectifs des ganglions frontaux, connectifs qui, en apparence, partent du tritocérébron, doivent être considérés comme aboutissant, en réalité, au protocérébron.

Le nerf du labre est également supposé avoir ses racines réelles dans le protocérébron. Les connectifs sont considérés comme appartenant non pas aux deux paires de ganglions qu'ils réunissent mais seulement à la paire qui est en avant d'eux.

Comm.s.Œy commissure sous-œsophagienne.

c./, connectifs des ganglions préstomacaux ; c.S, nervus recurrens ou connectif du ganglion œsophagien; c,5y connectifs du ganglion frontal; C.5, connectifs trltocérébraux ou.

para-œsophagiens; C.6 connectifs du centre nerveux labial.

g. 4, paire de ganglions préstomacaux; g.2, ganglion œsophagien; g. 5, ganglion frontal ; GJ, protocérébron; G.2. deutocérébron ; G.5, tritocérébron; G.4, centre nerveux mandibulaire; G.5, centre nerveux maxUlaire ; G.6, centre nerveux labial.

nJ, réseau nerveux des portions terminales du tube digestif stomodaeal; n.2, réseau nerveux œsophagien; nS.a, paire de nerfs soudés en un nerf impair et innervant la musculature supéro-antérieure du pharynx ; n.5,p, paire innervant la musculature supéro-postérieure du pharynx; N.l, nerf du labre (protocérébron); N,ocell, nerf ocellaire (protocérébron); N.ocul, nerf oculaire (protocérébron); N.i, ensemble des nerfs antennaires (deutocérébron) ; N.symp,2, nerf sympathique du deutocérébron ; NJ, nerf mandibulaire ; iV.o, nerf maxillaire ; N.6, nerf labial ; N.symp.6, nerf sympathique du centre nerveux labial.

Oe, œsophage (surmonté d'un petit cercle qui indique la situation réelle du nervus recurrens).

dérivés de ce stomodaBum, à savoir : la portion antérieure de l'estomac, le gésier, le jabot, Tœsophage ; c'est-à-dire cet ensemble morphologique que Ton peut désigner sous le nom de tube digestif stomodaeal. .

L'ensemble de ces ganglions et de leurs connectifs constitue (p. 298, fig. 1, et pi. III, fig. 1) le système nerveux du tube digestif stomodœal. On le nomme souvent système nerveux sympathique impair. Ce système présente, chez les Insectes, une grande uniformité dans ses traits fondamentaux. Il comprend, en partant des régions qui sont morphologiquement les plus apicales, c'est-à-dire qui sont les plus éloignées de l'insertion du stoinodseum sur le tégument (fig. 1) :

1*» Les deux ganglions préstomacaux g, i et le réseau nerveux n. i qu'ils envoient à la surface de la portion terminale du tube digestif stomodasal. Ces ganglions (ganglions ventriculaires, Magenknoten) sont situés sur le tube digestif, un peu en avant de l'estomac. Chez la Myrmicay ils sont situés à l'endroit où le jabot se rétrécit pour former ce tube étroit qui précède l'estomac et que l'on appelle le gésier.

2® Les connectifs des ganglions préstomacaux c. / (et pi. III, fig. 1, N.œ),

3"* Le ganglion œsophagien g.2 (et pi. III, fig. 1, G,n,rec,) et le réseau nerveux n.2 qu'il envoie sur l'œsophage.

40 Les connectifs du ganglion œsophagien c.5 (et pi. III, fig. i, N,rec.) soudés en un connectif impair appelé nervus recurrens.

50 Le ganglion frontal g.S (et pi. III, fig. 1, G./r.) qui émet une paire de nerfs soudés en un nerf impair n.3,a (et pi. III, fig. 1, N.m.sup.ph.a) pour l'innervation de la partie supéro-antérieure du pharynx, et une paire n,3.p, (et pi. III, fig. 1, JV.m,sup.ph.p,) pour l'innervation de la partie supéro-poslérieure de cette musculature.

6° Les connectifs du ganglion frontal c.5. et (pi. III, fig. 1, Conn,g,fr.).

Cette interprétation suppose que les connectifs qui relient les ganglions frontaux au cerveau aboutissent à la portion de cet organe qui est, morphologiquement, la plus antérieure, c'est à-dire au prolocérébron. Ces connectifs semblent, il est vrai, sortir de la partie inférieure du tritocérébron, mais je crois que, en réalité, leur origine réelle se trouve dans le protocérébron et que, jusqu'au point où on les voit devenir libres, ils suivent la commissure primitive du protocérébron, commissure qui va prendre part à la formation de la commissure transverse sous œsophagienne.

Pavlova ("95) fait remarquer que l'on doit distinguer, chez les Orthoptères, deux types dans le système sympathique impair.

Dans le premier type IPeriplaneta orientalts),]e nervus recurrens est très long, le ganglion œsophagien est situé hors de la tête, la paire de connectifs qui l'unit aux ganglions préstomacaux est très courte et ces derniers sont peu développés. Les genres Mantis et Phasma, dont le système nerveux a été décrit par Johannes Mûller ("28) et par J.F.Brandt ("35), appartiennent, aussi, à ce type. Chez ces Insectes, le nervus recurrens est très long et le ganglion œsophagien émet deux nerfs qui se dirigent vers Testomac, mais les deux ganglions préstomacaux, auxquels ils doivent aboutir, sont absents ou, probablement, très peu développés.

Dans le deuxième type (Locusta, Gryllotalpa, Forficula),le nervus recurrens est court, le ganglion œsophagien est logé dans la tête immédiatement en arrière du cerveau, les connectifs qui l'unissent aux deux ganglions préstomacaux sont très longs et ces derniers ont un volume considérable.

Pavlova constate que ces deux types du système sympathique impair se retrouvent chez les Coléoptères.

Au premier type appartiennent Dytiscus (J. F. Brandt uud J. T. C. Ratzeburg "34) et Meloe (F. Leydig "64), car les auteurs décrivent le ganglion que j'appelle ganglion œsophagien comme se trouvant loin en arrière sur l'intestin antérieur.

Au second type appartiennent Melolontha et Oryctes. Ces Coléoptères ont, comme Locusta, le ganglion terminal du nerf récurrent logé dans la tête. Quant aux ganglions préslomaçaux, ils sont situés loin eu arrière sur les côtés de l'intestin antérieur.

Je considère comme morphologiquement constante la situation des aires de l'épithélium du tube digestif stomodœal qui forment les ganglions du système qui nous occupe ici et les ganglions préstomacaux et œsophagiens me paraissent ne pas s'éloigner, au cours de l'ontogenèse, des aires stomodasales qui les ont formés. Dans ce cas, si l'ou désigne par a l'aire correspondant au ganglion g.i, et par b et c, celles qui correspondent aux ganglions g.2 et g,3, on pourra dire que les Insectes qui appartiennent au premier des types ci-dessus sont ceux chez lesquels la portion ah du tube digestif stomoclseal est restée très courte, tandis que la portion bc est devenue relativement longue. Inversement, chez les Insectes du deuxième type, le ganglion œsophagien est resté dans la tête parce que la portion ab du tube digestif est devenue longue, tandis que, par compensation, la portion bc est restée courte.

NERFS CÉPHALIQUES ET TENTORIUM DE Lfi FOURMI 301

B. — Je place après le système nerveux du tube digestif stomodasal la paire de nerfs du labre NJ (et pi. IV, flg. 1, N.labr.) qui, chez tous les Insectes, sort du cerveau auprès des connectifs du ganglion frontal. Je considère cette paire de nerfs du labre comme étant une paire motrice et sensitive ayant ses racines réelles dans le proto- «éfébron et ayant pour rôle d'innerver les portions de Tanneau protocérébral qui entourent immédiatement l'invagination stomodaeale et même ont été entraînées par elle (labre et partie inférieure de la portion du pharynx voisine des téguments).

C. — Les nerfs ocellaires et oculaires (N.ocelL, N.ocuL) appartiennent au protocérébron (Viallanes).

D. — Les nerfs antennaires {N.2) appartiennent au deutocérébron (Viallanes).

E. — Les nerfs sympathiques postcérébraux (N.symp, 2), ou nerfs du système sympathique pair ont, d'après les recherches de Viallanes, leurs racines dans les dépendances du deutocérébron. La paire de ganglions à laquelle ils aboutissent me semble devoir être considérée comme étant la paire de ganglions sympathiques du deutocérébron (ou, peut-être, comme étant formée par la réunion des ganglions sympathiques des trois parties du cerveau avec prédominance des racines deutocérébrales).

F. — Les trois paires de nerfs des appendices buccaux {NJ,N.5,N, 6) sont émis par les trois centres nerveux mandihulaire, maxillaire et labial, centres dont l'ensemble constitue le ganglion sousœsophagien.

G. — Il est probable que la paire de centres nerveux de chaque somite possède son système sympathique propre. Nous avons vu, ci-dessus, que je considère les nerfs postcérébraux, que l'on appelle ordinairement nerfs du système sympathique pair, comme représentant le système sympathique du deutocérébron ou comme étant, peut-être, le résultat de la fusion des systèmes sympathiques des trois parties constitutives du cerveau.

Je ne vois pas de paires de nerfs qui puissent être considérées comme représentant les systèmes sympathiques du centre nerveux mandihulaire et du centre nerveux maxillaire. Ces nerfs sont, probablement, fusionnés avec les gros nerfs des appendices buccaux, et ce sont, peut-être, deux des paires de ganglions qui accompagnent ces gros nerfs qui représentent les ganglions sympathiques correspondants.

Les filets nerveux (N.symp.ô), par lesquels je termine la série, appartiennent au somite labial qui est le dernier des six somites

céphaliques. Je les considère comme représentant le système sympathique des centres nerveux labiaux.

Dans le thorax et dans Tabdomen (Note 19, pi. VI, G.symp.) }e sympathique de chaque métamère est représenté par un petit ganglion impair dont nous n'avons pas à nous occuper ici.

Nous allons examiner la disposition de tous ces nerfs, chez la Myrmica, d'abord dans une coupe sagittale, ensuite dans une coupe transversale et, enfin, dans une série de trois coupes horizontales.

Coupe sagittale de la tète.

La fig. 1 de la pi. III représente une coupe sagittale de la tête qui contient la majeure partie des nerfs céphaliques.

A. — Système nerveux du tube digestif stomodœal. Deux nerfs partent d*un point assez élevé du cerveau à peu de distance du plan sagittal. Ce sont les connectifs (Conn.g.fr,) de ce petit ganglion (G.fr,) connu sous le nom, dû à Lyonet, de ganglion frontal.

Ce ganglion est situé au-dessous de la partie postérieure de cette petite région téguraentaire, de forme généralement triangulaire, à laquelle on a donné le nom d*aire frontale (Ai.fr.), C'est contre la face interne de cette aire frontale que se trouve ce sac à parois très minces qui parait avoir pour rôle de propulser le sang dans les antennes.

La paire de ganglions frontaux émet :

1. Vers l'avant, un nerf N.m.sup.ph.a. qui innerve la portion supéro-antérieure de la musculature motrice du pharynx.

2. Vers Tarrière, une paire N.m.sup.ph.p. qui innerve la portion supéro-postérieure de cette môme musculature.

3. Vers le trou œsophagien, le connectif impair, d'aspect variqueux, connu sous le nom de nervus recurrens (N.rec.). A sa sortie du trou œsophagien, ce connectif se renfle en un petit ganglion œsophagien [G.n.rec.) qui émet, sur ses côtés, des petits filaments nerveux et se bifurque, à son extrémité, pour former deux connectifs [N.œ,) qui accompagnent le tube digestif stomodœal à travers le corselet, le pétiole, et jusque dans le gaster. Là, ils suivent la paroi du jabot et, à l'endroit où ce dernier se rétrécit pour former le gésier, ils se renflent chacun en un petit ganglion étoile qui fournit un réseau, riche mais très fin, pour les portions terminales du tube digestif stomodaBal. Ce réseau est ainsi, morphologiquement, d'après l'origine stomodaeale des parties qui lui donnent naissance, une dépendance de la nervature céphalique.

B.r- Nerfs du labre. Les nerfs de cette paire (NAabr.) sortent de Tencépbale tout auprès des connectifs des ganglions frontaux, mais un peu plus bas et un peu plus en dehors. Chacun d'eux fournit :

1. Une branche terminée par des ganglions sensitifs (GJens.ph,) qui innervent les organes sensitifs (gustatifs) de la paroi inférieure du pharynx.

2. Probablement , une branche motrice du grand muscle rétracteur dilatateur inférieur du pharynx M.ph.dil.i.

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