‹ Études sur les fourmis: les guêpes et les abeillesChapitre 8 sur 15 · ORGANES GÉNITAUX · texte numérisé non relu

ORGANES GÉNITAUX

Organes génitaux femelles

I^es organes génitaux internes, relativement peu développés chez les ouvrières, le sont, au contraire, beaucoup chez les reines. C'est la ponte de ces dernières qui produit la presque tolalilé de la progéniture de la colonie, tandis que la ponte des ouvrières ne peut produire;qu'un petit nombre de mâles.

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M Cfl. JAHET

tes organes génitaux remelles înlerneR comprenaeDl :

1' Les deux ovaires ou faisceaux de lubes ovariens dans lesquels se rormeat les œufs;

S» Les deux oviducles qui conduisenl les œufs des ovaires à l'utérus ;

3" L'utérus où les œufs sont fécondés;

4° Le Tagin et la poche copuiatrice.

C'est dans ta région supérieure du gaster, sur les ftlameols COQjonctifs qui supportent le tissu péricanlial, en uu point qui ssmble appartenir, morpliologiquement, au scptiÈme somiteposicéphalique, que viennent converger, et se fixer, les exlrémités effilées de tous les tubes ocariqties [ins. ov., pi. 1 ; ou, pi. 3, (ïg. E). Les ovaires conservent, ainsi, chez l'adulte, les rapports qui existent chez l'embryon où nous voyons le rudiment des organes génitaux, et le rudiment (lu cœur, formés, l'un auprès de l'autre (1899', pi. 1, (ig, 8 génit.,cardbl) sur les bords latéraux de l'embrvon, bords qui correspondent à la ligue médiane dorsale de l'imago.

Les tubes ovariens sont groupés en deux faisceaux ou ovaires, qui passent, l'un, à droite, l'autre, à gauche du jabot et de l'estomac, et chacun de ces ovaires aboutit àunoviducie situé au-dessous de l'tiStonDac. Ces rapports avec le tube digestif ne se présentent que chez les jeunes reines, car, dès que les œufs commencent à se développer, les lubes ovariens se gonllent et refoulent tous les organes voisins.

Le nombre de lubes ovariens est très variable chez les Insectes. Dans le genre Formica, il peut y en avoir une cinquantaine de chaque côté. Chez la Myrmica rubra reine, il y en a, en général, une douzaine de chaque cAté.

IjCs ovaires sont entourés d'un très riche réseau trachéen (pi. 3, (ig- F, G).

On peut distinguer trois parties dans chaque tube ovarien : 1° le germigène, qui contient des cellules de différentes grandeurs parmi lesquellessont les jeunes ovules; ^"h gaine ovuligère, dans laquelle descendent les cellules nutritives et les ovules ou cellules destinées à devenir des œufs; 3' le p^rfoncu/e rétréci, qui termine le tube ovarien.etportel'oriflce par lequel les œufs arrivent dans l'oviducte.

Les lubes ovariens débouchent dans deux vastes oviducles entre lesquels se loge l'extrémité de la chaîne nerveuse {ovd. pi. I, 2 et 4, fig. H), L'oviducte amène les œufs de l'ovaire à Vutérus où ils sont fécondés par les spermatozoïdes conservés en réserve dans le réceptacle séminal. A l'état de repos, il présente la forme d'un sac, aplati, d^os le sens dqrso.-ventral, par accglenientdescs paroiç, '

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A^ITONIE DU GASTEH DE U MVBMICA RUBRA KS

Sa surface externe est couverle de fibres musculaires transTerses (pi. 8, fig. B) qui se prolongent lalëralement et vont s'insérer sur les régions ïoisines du tégument. Il est probable que ces muscles, se contractant successivement de haut en bas, produisent une sorte de mouvement péristallique qui entraîne l'œuf vers la vulve. Un faisceau, formé de fibres plus rapprochées qu'elles ne le sont dans la partie supérieure, joue peul être, le rôle d'un sphincter.

Le réceptacle séminal, dans l'Inlérieur duquel les spermatozoïdes séjournent si longtemps [recsein., pi. t, i et i), est une vésicule sensiblement sphérique, impaire, qui se loge, en arrière de l'utérus, au-dessns de la poche copulalrice. Le canal , par lequel passent les spermatozoïdes, soit pour s'emmagasiner dans le réceptacle, soit pour en sortir lors de la fécondation des œufs, part de la paroi supérieure d'un repli de l'ulérus. C'est un canal cylindrique, à lumen étroit. La paroi Interne de la vésicule, au point où débouche le canal, présente, au-dessus et au-dessous de l'orifice, un certain nombre de replis. Sur la partie la plus inférieure de la paroi du réceptacle, ces replis sont situés sur une sorte de mamelon formé de hautes cellules. Une paire de glandes appendiculaires {gl.récsém.) débouchent dans le réceptacle, à droite et à gauche, sur les côtés et au voisinage immédiat de l'orilice du canal. U est probable que ces glandes jouent un rôle important pour la conservation des spermatozoïdes.

La poche copulatrice est située dans le prolongement du vagin {pch.c, pi. 1, 2 et 4). Les parois sont formées d'une couche de cellules qui s'épaissit, considérablement, au fond et, surtout, sur la paroi inférieure de la poche.

Le vagin est la portion de l'invagination génitale qui s'étend du carrefour où aboutissent l'utérus et la poche copulalrice jusqu'à ta vulve. Ses parois sont minces.

Le vagin débouche à l'extérieur par une large fente Iransverse qui constitue la vulve ou orifice génital femelle. Cet orilice peul être considéré comme situé sur la membranearliculairedu dixième somite postcéplialique.

L'armure génitale femelle des Hyménoptères est formée par l'ensemble d'une paire d'appendices émis par le H™* somite et de deux paires d'appendices émis par le 12™= somile. Le rôle primitif de cette armure est de conduire l'œuf jusqu'au point parfois difficilement accessible où il doit se développer. Chez les Fourmis, les Guêpes elles Abeilles, cette armure génitale femelle e?.\. transformée en un aiguillon vulnéraat, pourvu d'un lumen axlllaire pour le passage du venin, de lamelles pour sa propulsion et d'un

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B6 CH. JAtlET

appareil de fermelnre qui en arrête l'écoulement. Il esl accompagné de deux glandes importantes qui Tournissenl, l'une, nn venia acide (pi. I, gl.vcn.aig.), l'autre, un liquide alcalin {gt.ace.aig.). Le canal excréteur de la glande qui secrète le venin (1898* pi. 1 fig. J) est, comme le canal excréteur de la glande labiale CIS^^'p-S, fig. S A), tapissé inlérieuremenl d'une cuticule chitineuse annelée. En coupe, cette cuticule ctiitineuse se montre tout à fait semblable à la cuticule cliitineuse annelée des trachées (pi. 1, pi. 5 fig. L). On trouvera, dans un travail précédent (1898*), une description détaiHée de l'aiguillon de la Mjrmica.

Chez les reines normales, le nombre des tubes ovariens de chaque Taisceau ou ovaire peuL dépasser douze. Ce nombre n'est pas atteint chez quelques reines, de petite taille, qui peuvent être considérées comme des intermédiaires entre les véritables reines et les véritables ouvrières.

Cheiî les ouvrières normales, il n'y a qu'un seul tube ovarien de chaque cAtè du corps (pi. 8, lig. B et F). Chacun des deuxtubes ovariens débouche dans un oviducte. L'utérus n'est pas accompagné d'un réceptacle séminal. 1^ vagin ne se prolonge pas en une poche copulatrice. Quant à l'armure génitale, transformée en aiguillon défensif, elle présente la môme constitution chez l'ouvrière que chez la reine.

Organes génitaux mâlss

Bien que la description anatomique qui fait l'objet du présent travail ne s'applique qu'à la forme femelle (reine et ouvrière), j'ajouterai, ici, une description sommaire des organes génitaux m^loi. La comparaison de la planche 1 (reine) avec la planche 7 (mâle) sufllra pour donner une idée de la différence de forme et d'organisation du gastcr dans les deux sexes.

Je rappelle, à cette occasion, que, chez les Fourmis d'espèces voisines, les diiférences spécifiques élablics par l'étude comparative des ouvrières, s'atténuent chez les reines et deviennent presque nulles chez les mâles. Cela peut être constaté, surtout, dans les genres Formica, Lasius et Myrmica. C'est, en particulier, le cas des mâles des six espèces que Nylander a créées aux dépens de l'espèce (Myrmica rubrade Linné) qui fait l'objetde la présente étude. Il en résulte que la détermination précise des mâles peut être chose â peu près impossible si l'on ne possède pas des ouvrières capturées dans le même nid. On peut donc dire que chez les diverses races de Fourmis issues d'une même souche, la forme mâle a moins

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ANATOHIE DO GA3TER DE LA HÏRHICA KUBRA 51

évolué, s'est moios difTérenciée, que la forme Temelle. Oa peut, jusqu'à un certain point, s'expliquer cette immobilité relative de la forme mâle, par ce fait que les reines, et surloul les ouvrières, se sont adaptées aux conditions d'existence variées qu'elles ont rencontrées, et qu'elles ont, par cela même, acquis des mœurs, des instincts et, comme conséquence, des caractÈres spécifiques distincts, tandis que les mâles, dont la vie imaginale est si courte, qui ne prennent part ni k l'édiCcation de l'habitation , ni à l'alimenlalion de la colonie, ni à l'élevage de la progénitare et dont l'unique fonction est de féconder tes reines, ont conservé uu genre d'existence, des mœnrs et des instincts sensiblement constants et, par conséquent, incapables de provoquer des change'nients notables dans les caractères sexuels précédemment acquis.

La coupe sagittale A de la planche 7 montre que chez la M;rmica la forme générale du gaster du m&le est plus allongée, moins globuleuse que celle de la femelle (reine on ouvrière).

Il y a, de chaque côté du corps, au voisinage de la région correspondant à celle du point de suspension des ovaires de la femelle, un groupe de quatre testicules allongés et pédoncules (pi. 7, lig. A. et B, test.). Chez les Jeunes individus, ils sont bourrés des faisceaux de spermatozoïdes. Ciiacun des groupes de quatre testicules réunit ses quatre pédoncules sur l'extrémité, un peu renflée en calice, d'un assez long canal déférent [can.déf.)q\ii se renfle en une vésicule séminale (vés.sém.] à parois épaisses. Les canaux qui font suite à ces vésicules se soudent en un canal éjaculateur dont l'extrémité constitue l'orifice génital mdle.

Varmure génitale mâle des Hyménoptères constitue un appareil, pourvu d'une puissante musculature, qui permet au mâle de saisir et de maintenir soUdemenl la région vulvaire de la femelle.

Tandis que chez la Myrmica femelle, c'est le tégument du dixième somite postcéphalique qui forme l'extrémité apparente du gaster, celle extrémilé est formée, ici, par le onzième somite. Le gasier du mâle présente, ainsi, extérieurement, un anneau de plus que la femelle.

L'arcean ventral du douzième somite postcéphalique, celui qui, chez la femelle, fournil le gorgeret et ses deux valves, porte, chez le mâle, sur sa région médiane, une énorme armure génitale exsertile(pl. 7, lig. A, Bet 0)-

La base, ou parité proximale de l'armure, se relie au squelette chitineux par une vasie membrane articulaire. Cette partie proximale est cerclée d'une pièce basa'e, forlenient chiiinisée, appelée cardQ.

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t(8 CB. JANET

L'ensemble qui vient au-delà du cardo se divise, neltemeni, en trois paires de pièces emboîtées les unes dans les autres. Ce sont : 1" Les pinces (pièces ou valves externes); 2° Les voUelles (pièces ou valves moyennes) ; 3° Les lames du pénis (pièces ou valves internes).

Dans l'acte de ia copalalion les pinces jouent un rôle important en maintenant solidement en rapport l'armure mâle avec la région pjgidiale de la femelle.

Les ïolselles sont caractérisées, chez beaucoup d'Insectes, et en particulier chez les Fourmis, par la présence de nombreux organes sensilir qui perçoivent, probablement, des sensations tactiles et des sensations olfactives.

Le pénis renferme, dans sa région dorsale médiane, un groupe imporlanl de cellules glandulaires (glande du pénis gt.pen.]. Les deux lames, assez minces, qui forment ses cAtés, sont dentelées sur leur bord comme de véritables scies. Le sens de cette -dentelnre permet de supposer qu'elle sert à maintenir le pénisen place dans l'intérieur du vagin el de la poche copnlatrice. L'orifice du canal éjaculaleur se trouve à la partie supérieur de l'espace, en forme de sillon profond, qui est compris entre les deux lames dentelées.

L'arceau dorsal du douzième anneau poslcéphalique porte, latéralement, une paire de petits appendices (penicilli), terminés par des poils sensitifs, gui leur donnent l'aspect de pinceaux (pi. 7, lig. C, penic.) Ces penicilli n'existent, chez les Hïménoptères porteaiguillon, que dans la famille des Fourmis.

AKATOHIB DU GASTE« DE LA HTRtIICA HUBRA 0»

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