‹ Études sur les glaciers; (volume 2)Chapitre 15 sur 225 · DE LA STRUCTURE · texte numérisé non relu

DE LA STRUCTURE

les ont envisagés comme la cause principale d^ lenr moiiy<»nent.

Un antre caractère propre à la glace des glaciers et qni tient i son mode de formaticm » c'est qu'elle est stratifiée. H est yrai que cette stra^cation n'est pas toujours distincte à l'extrémité des glaciers, où elle ne se voit, le plus souvent , qu'an-dessus des yoûtes ou dans les creyasses trés-profbndes. Mais lorsqu'on remonte le cours d'un glacier, il est rare qu'on ne rencontre pas des endroits où cette disposition des niasses par couches superposées se montre d'une manière évidente. Dans les parties supérieures du glacier, elle est quelquefois indiquée par une légère couche de neige séparant les couches de glace , comme cela se voit entre autres trèsrbien au glacier du Gries, où toute la masse du glader est stratifiée en couches excessiy^aient nombreuses. De Saussure et Zumstein ont observé le même phénomène de stratification, l'un au Mont* Blanc et l'autre au Mont>-Rose. J'en ai vu moi-même de très4)eaux exemples sur les parois verticales du

glacier de St-Théodule , près du Mont-Gervin , là où il s'adosse à son arête septentrionale ( voyez PI. 13 , fig. 1 ). On a remarqué que ces couches diminuent d'épaisseur de haut en bas et qu'elles s'effacent même complètement à une certaine profondeur. Zumstein pense , avec de Saussure , qu'elles sont aimuelles , c'est-à-dire, qu'elles indiquent le volume de neige tombé dans une année. Sans posséder des preuves

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directes du contraire , je crois cependant cette opinion bazardée ; il est évident qu'elles indiquent des alter-* nances dans la température de ces hautes régions ; mais comme ces alternances peuvent être très-fré-^ quentes dans une seule et même année , on va peut-* être trop loin en les faisant correspondre sans preuves directes, à des périodes annuelles.

Quant aux petites bandes de neige que Ton remarque quelquefois entre les couches de glace , je n'ai pas encore été à même de les observer assez fréquemment et sur une assez grande échelle , pour pouvoir en donner une explication authentique. Cependant il me paraît incontestable qu'elles dépendent « d'une part, de la quantité de neige qui tombe durant la saison froide, et d'ajitre part t des alternances plus ou moins sen-* sibles de la température pendant l'été. Si à un hiver très-neigeux , il vient^ à succéder un été peu chaud , la couche de neige ne pourra pas être entièrement absorbée par l'évaporation et la fonte , et au premier retour du froid la surface de cette neige, qui n'aura pas été fondue, se durcira; de nouvelles neiges viendront s'y déposer » et lorsque celles-ci se transformeront à leur tour en glace , la couche de neige qui n'aura pas été imbibée avant le premier retour du froid f continuera d'exister à l'état de neige entre des couches de glace. Cette explication est appuyée par ce &it très-important, que ces bandes de neige ne s'obser-r

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vent avec cette régolaritfc que dans les hantes régions» là où s'opère la transformation des névés en glace.

Il ne iant pas prendre pour des indices de stratification certaines sondores qne Ton remarque quelquefois dans la partie inférieure des glaciers et qui ne sont antre chose que des crevasses refermées, devenues horizontales par suite d'un accident quelconque survenu dans la marche du glacier. Nous en avons observé de semblables au glacier de Viesch où l'on remarquait dans ces soudures des débris d'aiguilles brisées. Il ne serait pas surprenant que l'on y trouvât même du gravier et d'autres corps étrangers.

Lorsque les pentes sur lesquelles reposent les névés sont très-raides , il peut arriver que de grandes masses s'en détachent et se précipitent tout d'un trait dans les parties inférieures. Suivant de Saussure, lorsque quelques parties de la masse portent à faux , leur pesanteur les force à se rompre en fragmens à-f eu-près rectangulaires, dont quelques-uns ont jusqu'à 50 pieds en tous sens. Il appelle ces grands blocs de glace, qu'il dit être d'une régularité parfaite , des $irac$ , parce qu'ils ont absolument la forme d'une espèce de fromage que l'on comprime dans des espèces de caisses rectangulaires où il prend la forme de parallèlipipèdes rectangles. C'est au dôme du Gonté que de Saussure dit avoir surtout observé ce curieux phénomène; il parait même qu'il ne se rencontre que là, car je ne l'ai remarqué dans aucun des autres glaciers du Mont-

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Blanc , ni dans ceux da Mont-Rose et de TObeiiand bernois. De Saussure (*) dit qu'on a voit distinctement « sur Tes &ces de ces séracs les couches de neiges acc( cumulées d'année en année et passant graduelle*» u ment de Fétat de neige à celui de glace , par Tinc( filtration et la congélation successive des eaux de « pluie et de ceQes qui résultent de la fonte des couce ches supérieures x> ; ce qui confirme l'opinion que j'ai émise au commencement de ce chapitre sur la manière dont la neige se trans&nrme en glace.

Tous les glaciers , avant de passer à l'état de glace compacte , ont donc été à l'état de névé ; mais le névé lui-même ne parait pas être encore la forme primitive ; il n'est qu'une modification de la neige , opMô par la gelée.

La lynite sup^ficielle , wtre le glacier et le névé , est là où la glace de la surface passe de l'état compacte ou subcompacte à l'état grenu. M. Hugi s'est particulièrement appliqué à reconnaître cette ligne sur tout le pourtour de la mer de glace de TOberland bernois , et il propose de la substituer à la ligne des neiges étemelles que l'on a invoquée à l'appui de tant de théories diverses et contraires , mais qui n'est nullement aj^réciable dans les Alpes , puisqu'elle varie dans des limites de plusieurs milliers de pieds , nonseulem^at selon la position des lieux, mais Picore

(*) De Saussure, Voyage dams les Alpes. Tom. IV. p. 1 59.

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scImi les diverses années , dans les mêmes Ueax. Mais M. Hogi se fait illusion lorsqu'il prétend que cède ligne est ctmstante et indépendante de la position du glader et de Tinfluence des saisons et des années. Je n ai pas » il est yrai , en l'occasion de la Térifier sur beaucoup de glaciers de l'Oboland benMNS, mab dans les glaciers du Mont-Rose je me suis âeré i près de 10^000 pieds sans la roDcontrer. Le glado* de St- Théoduk est de glace compacte a sa surCsce , jusqu'au pied du grand pic du Mont-Cervin. De même le grand glacier de Zermatt ne montre aucune trace de névé à une hauteur de plus de SOOOpieds. Or M.Hugi place la ligne des névés entre 7600 et 7800 pieds dans tout rOberiand bernois , et Q n'admet que 100 pieds de plus dans la cfarine des Alpes pennines. Les bits cités plus haut prouvent d'aill^irs qu'il se forme de véritables glaces là où M.Hugi pense qu'O n'existe que du névé, cotreautres près des cimes du Mont-Rose et duMont-fflanc

Le passage du glacier au névé n'est rien moins que trandié à la sur&ce ; il dqi^id en beaucoup de cas de la position du glad^, de la vitesse de sa marche et tuae foule d'autres circonstances. M. Desor a ea llMiireuse idée de chercher un moyen plus sûr d'en apprécier la limite , dans les rapports du glacier avec ses moraines , ^ il a trouvé que ccUes-d ne commencent i suigir que là où la glace a acquis une certaine consistance; car, comme nous le verrons

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plas tard en traitant des moraines , il n'y a que la glace compacte qui soit susceptible de pousser les blocs à la surface ; les névés n'en sont pas capables , à cause de leur nature incohérente. L'apparition des moraines à la surface du glacier indiquerait ainsi la limite certaine entre les glaciers proprement dits et les névés; mais la hauteur absolue de cette limite varie , comme nous l'avons vu , autant que les influences qui tendent à transformer les névés en glace. '

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