DE LA FORMATION
mers de glaee, ils devraient atteindre un Tolume bean^ eoap plus considérable que ces dernières , puisque, à leur quote-part de glaee^ annuelle viendraimt s'ajouter eontinueUement les masses qui descendent des régions supérieures.
Quelquefois les chutes de glace de certains glaciers très-^éleyé$ donnent lieu à de nouveaux glaciers qu'on pourrait nommer des glaciers remaniéSk On en observe un exemple très-frappant au glacier de Schwarzwald. La partie supérieure de ce glader repose sur le sommet des Wetterhoerner, dont les parois sont très-escarpées du côté de la Scheideck , de manière qu'il s'en détache souvent des masses de glace très^onsldérables qui , en t<mibant , se brisent et se triturent complètement. U en résulte alors de longues coulées blanches qui ont tout-à-fait l'apparence de la neige. On pourrait même croire qu'elles sont composées de neige durcie , si, en les arpentant, on n'y découvrait pas de. temps en temps quelques blocs de glace dont le reflet azuré indique qu'ils proviennent des masses du glacier supérieur. Ces tiboulis présentent toujours une pente très-régulière comme tous les talus d'éboulement avec une pente de raccordement qui est moins considérable. En peu de temps ces éboulemens se cimentent de nouveau par l'efiet de la fonte et de la congélation, et redeviennent une glace aussi compacte qu'auparavant : les moraines reparaissent sur les bords antérieurs et latéraux , en même temps qu'il se forme
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aassi des crevasses ; en un mot , le glacier reprend tout-à-fait le caractère des glaciers ordinaires. Je conseille à tous les naturalistes qui prennent quelque intérêt aux glaciers , de visiter ce petit glacier qui se trouve à un quart de lieue de la route de la Grande- Scheideck, entre Meyringen et Grindelwald.
Les renseignemens que M. Léopold de Buch (*) a publiés sur la limite des neiges étemelles du nord de FEurope ne laissent aucun doute sur l'identité du mode de formation des glaciers dans les régions polaires avec ceux de la Suisse. Il en est de même de ceux du Spitzberg, que M. Martins a étudiés en détail, et sur lesquels il vient de publier des observations du plus grand intérêt {**). Suivant cet auteur, la glace de ces glaciers ressemble en tous points à celle des glaciers supérieurs ou névés des Alpes, c'est'à-dire qu'elle n'est point formée de la réunion de fragmens intimement unis et n'a point cette compacité qui caractérise la glace de la partie inférieure de nos glaciers. Gela parait en effet très-naturel du moment que l'on sait que la température moyenne des régions de nos névés correspond à celle du bord de la mer au Spitz-
(*) Ueber die Grenzen des ewigen Schnees im Norden. G'dberfs Annalen der Physik, vol. 41.
(**) Observations sur les glaciers du Spitzberg comparés à ceux de la Suisse et de la Norvège, par Gh. Martins. Biblioth, univ. de Genève^ i840, n* 55. Voy. aussi Bullet. de la Soc. géol. de France Tom. XI, p. 282.