‹ Études sur les glaciers; (volume 2)Chapitre 36 sur 225 · DE LA SURFACE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

DE LA SURFACE INFÉRIEURE

elles reparaissent toujours , plus tard , au même endroit.

Les glaciers très-inclinés à leur extrémité ont rarement des voûtes, et s'il s'en forme quelquefois ; elles sont toujours peu spacieuses et surtout peu stables , à raison des chutes fréquentes qui sont occasionnée^ par les crevasses. Les glaciers qui se terminent à de grandes hauteurs en sont toujours dépourvus , soit qu'ils soient trop inclinés ou que, reposant sur un sol dont la température moyenne est de beaucoup audessous de 0^ 9 les conditions nécessaires à leur formation ou à leur agrandissement soient moins puissantes.

La glace de l'intérieur des voûtes est absolument semblable à celle de l'intérieur des crevasses ; elle est peut-être même plus unie et présente les mêmes teintes verdâtres ou bleuâtres qui excitent à si juste titre l'admiration des voyageurs. Cette analogie se comprend aisément , quand on songe qu'elles sont , les unes et les autres , également abritées contre les agens extérieurs, et que l'eau qui suinte le long de leurs parois contribue à leur conserver leur aspect lisse et uni.

Le fond du glacier ne repose pas toujours immédiatement sur le sol ; il en est ordinairement séparé par une couche de sable ou de boue qui, suivant son épaisseur, contribue plus ou moins à la formation des moraines terminales , ainsi que nous l'avons' vu plus haut (pag. 125). Cette couche provient des petits frag-

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mens de rocher qui tombent sous le glacier à travers les crevasses ou par dessus les bords, et qui y sont, à la longue, triturés par l'effet du mouvement du glacier sur son fond. Lorsque les glaciers cbarrient des roches granitiques, cette couche se compose d'un sable très-fin , blanc et très-incohérent , par exemple , an glacier des Bois ; elle est au contraire noirâtre et pâteuse, lorsque les moraines du glacier qui en fournissent les matériaux sont calcaires ou schisteuses , par exemple , au glacier de Rosenlaui* Nous verrons plus tard , en parlant de Faction du glacier sur son fond , que c'est aux petits graviers contenus dans cette couche intermédiaire que sont dues les stries caractéristiques des roches polies.

Dans les régions supérieures cette couche est généralement gelée et par conséquent fortement adhérente au sol ; dans les régions inférieures , au contraire, elle se dégèle plus ou moins sous l'influence de la température plus chaude qui règne dans les basses vallées. Le glacier supérieur de Grindelwald et celui de Rosenlaui montrent d'une manière très-distincte cette couche remarquable. Elle se remarque aussi toujours à la face inférieure des blocs de glace détachés du sol , ainsi qu'à la surface du sol lui-même ; car lorsque l'on veut examiner la nature d'un rocher quelconque que le glacier vient de quitter. Ton est obligé d'en laver la surface qui est toujours boueuse.

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Indépendamment de cette couche boaense ou sa-* l>leuse9 il n'est pas rare de rencontrer sons les glaciers un lit plus ou moins considérable de petits blocs arrondisy dont les dimensions varient depuis celle de petits cailloux jusqu'à celle de galets d'un demi-pied et même d'un pied de diamètre. Ces galets , tout-à-£adt semblables , par leur forme et la variété de leurs caractères minéralogiques, au gros gravier de certains terrains soi-disant diluviens , sont évidemment arrondis par la trituration que les fragmens de roche qui tombent sous le glacier éprouvent à la longue , lorsqu'ils sont pressés les uns contre les autres et sur le fond. Quelquefois ils sont entourés de glace qui remplit les insterstices ; mais on les voit aussi entassés à sec les uns sur les autres. Lorsque le glacier se retire, ces galets restent en place ; leur apparence pourrait alors faire supposer qu'ils ont été charriés par de grands torrens , si les moraines terminales n'étaient pas là pour attester leur origine. Les torrens qui circulent sous le glacier exercent bien aussi quelque influence sur la forme de ces galets ; mais cette influence est relativement très-peu sensible , car ils sont tout aussi arrondis sous la surface inmiédiate de la glace que dans les couloirs par lesquels s'échappent les rivières. Ces lits de galets varient considérablement d'épaisseur dans les difTérens glaciers ; nulle part je ne les ai mieux observés que sous le glacier du Trient : là il est de toute évidence qu'ils proviennent des

détritus des parois de l^a voUée, et qu'il s en reforme contiDuellement à mesure que les plus anciens sont poussés dans la partie inférieure de la vallée. J'insiste sur ce point, parce que tout récemment M. GodefiGroy a prétendu que les glaciers reposaient sur un terrain détritique tertiaire , qu'ils refoulaient sur leurs bords pour former les moraines. Rien n'est cependant moins fondé que cette assertion ; les détritus sur

lesquels les glaciers reposent n'ont aucun des caractères de$ terrains en série ; ils ne renferment jamais de fossiles, et pour quiconque sait observer, il est évident qu'ils se forment de nos jours et tous les jours , de même que les sillons, les stries et les surfaces polies du fond des glaciers, que l'on a également voulu envisager comme de formation plus ancienne.

La surface inférieure de la glace elle-même , quoique lisse et unie comme un glaçon que l'on aurait poli sur une meule, est généralement garnie de petits grains de sable ou de petits fragmens de rocbe qui la rendent plus ou moins âpre au toucher, et en font une sorte de râpe, comme serait une plaque de cire que l'on aurait fortement pressée sur du gravier. Des lignes sinueuses plus ou moins distinctes indiquent les contours des firagmens angulaires de la glace usée sur le fond par le frottement. C'est du contact de cette surface avec la roche solide du fond , aidé du mouvement du glacier, que résultent les polis, les stries et les sillons si variés que Ton voit sur le fond de tous les glaciers.

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