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mise pour apprécier la valeur de tous les détails des faits cités et observés ; mais je crois la chose inutile aussi long-temps que les principales questions ne seront point arrivées aune solution satisfaisante. Je discuterai encore moins la valeur de toutes les hypothèses qui ont été imaginées pour expliquer quelques points particuliers de ce vaste sujet. Je me bornerai pour le moment à résumer ce qu'il y a d'essentiel dans les ouvrages des principaux auteurs qui se sont occupés des glaciers ; ce sera un moyen sûr de faciliter les comparaisons entre letat de la question à toutes les époques de ses progrès successifs et les faits et conclusions que je présente aujourd'hui. Quant aux faits de détail mentionnés par plusieurs auteurs, qui n'ont point étudié la question dans son ensemble , je les citerai en exposant les sujets particuliers traités dans les divers chapitres qui suivent
SchemhzeTj l'illustre physicien de Zurich , dont la Suisse s'honore a juste titre ^ savant aussi modeste que hardi dans ses conceptions , est le premier qui ait traité spécialement la question des glaciers , comme question de physique générale , et qui ait en même temps résumé tout ce que ses prédécesseurs avaient éboncé sur ce sujet. Depuis lui, la science s'est bien enrichie de quelques faits nouveaux , mais il est peu de faces de la question qu'il n'ait déjà abordées dans son traité. Ses idées , émises avec réserve , se sont répandues ; elles ont même en grande partie prévalu
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en se popularisant; plus tard elles ont été reprises dans des ouvrages plus récens et présentées comme le résultat d'observations nouvelles.
Je crois devoir à sa mémoire d'extraire ici le chapitre de ses voyages dans les Alpes où il traite des glaciers. Ces citations me dispenseront de m'étendre sur les auteurs qui l'ont précédé et dont il analyse les travaux avec la précision qui lui est habituelle.
Scheuchzer attribue , avec Simler, la formation des glaciers à l'accumulation des neiges dans Jes hautes Alpes ; mais il se hâte de distinguer les névés des glaciers proprement dits {*) ; puis il rappelle les différences qu'offirent les glaciers quant à leurs dimensionSy à leur hauteur, à leur longueur» à leur forme et à la hauteur des montagnes sur lesquelles ils reposent. Il cite ensuite les observations de Hottinger {**) sur la stratification et l'augmentation des glaciers et sur l'extension et le retrait alternatifs auxquels ils sont sujets. Il parle plus loin de la pureté de la glace des glaciers et reconnaît l'exactitude des assertions de Simler» qui le premier avait affirmé que les glaciers rejettent à
{*) Simler^ de Alpibus, pag. 74 (Edit. EIzevîr, p. 193), est très- « explicite à ce sujet : Porro inveteratas illas nîves nostri homines
«Firn TocanL Est autem nix Iiœc dura quîdem et aiîqua ex parte «congelata, sed nondum nlyis naturam exuit; quse vero soluta «et congelata, neque jam nix sed glacies est, ea Gletscher a nostris « vocatur.»
) Ephemerides Âcad. nat. curios. 1706, pag. 41.
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la longue les corps étrangers qui tombent dans leurs crevasses. Il leur attribue déjà , selon l'opinion généralement reçue, un mouvement progressif, qu'il prouve par le foit de la chapelle de S^ Pétronille , dans la vallée de Grindelwald , qui fut envahie et refoulée par le glacier, avec les arbres, les maisons, les étables et les pâturages environnans ; ce qui obligea les habitans jd'aller s'établir ailleurs. La cause de cet événement n'échappa point à la sagacité de Scheuchzer. Il l'attribue tout naturellement à la dilatation du glacier, qui résulte elle-même de la congélation des eaux infiltrées dans les fissures et les autres interstices de la glace (*).
(^) «Âddunt motum Teluti progressivum , quo terminos suos «inagis magisque soleant protendere, et exempli loco affemnt « Divœ Petronells sacellum , in Grindelia valle, glacie totnm oper- «tum, et sede sua depulsum, qu» adhuc dam digitis demonstrari «solet, terrain item adjacentem, una cum arboribus, casîs, «stabolis et pascuis remotam, ut incolas aliorsum casas suas mîgrare ■neces^e babnerint. Progressivi bujus accrementi et efTectuum hinc « dependentium causa non miraculo allcui , quod yerum pbysi- « carum imperiti somniant, sed omnino causîs naturalibus adscribi «débet. So]et nempe aqua a tergo montium rupiumTe gladalium « deflueus , vel in fissuris i|>sis et interstitiis aliis glacialibus collecta « et utrobique conglaciata , quoniam amplius in boc statu requirit «spatium (contestantibus id experîmentis circa frigus et gladem « institui solitis) undiquaque premere et eam quidem glaciei partem, « quœ liberum aerem respiclt et pascua decliyia actu ipso propellere, «et una cum glacie arenam, lapides, saxà etiam grandiora, quo «ipso byperbolica illa purgatio simul explicari, et facile intelligi «potest.» Scheuchzery Iter alpinum quartum ; pag. 287, edit. Lugd. Batay.
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Efifin , Schenchzer parle des crevasses, qu'il distingue des fissures et autres interstiees du glacier et qu'il dit se former avec fracas surtout au printemps et en été , ou toutes les fois qu'il y a un changement notable de température tendant à dilater les bulles d'air que la glace des glaciers renferme en si grand nombre {% Nous verrons par la suite que les moraines et les roches polies sont les seuls phénomènes importans dont Schenchzer n'ait pas fait une mention spéciale.
Grtmer, dans un ouvrage étendu sur les glaciers de la Suisse (^*) , ne nous apprend pas grand chose de nouveau sur leur nature et les phénomènes qui
(*] «De montibns his glacîalibus insuper obsenrari meretnr eos «ssep^ rimas agere^ et rumpi tacito quîdem impetu, ut terra « tremere et montes ipsi ruere yideantnr. Fit hoc prœcipne Terao «tempore, et sestivo, yel etiam imminente quavis aeris frigidî in « calidum et bumidum mutatioue, quando nempe aer bullis glaciei «(notandnm côç ev Trapodu montanam nostram glaciem bullulis esse « refertissimam) incarceratus et condensatus^ vim snam elasticam • potins exercere, quam rarescere incîpit, tanto magis antem qao « debilîor est vis contrapremens aeris exterm. Non potest autem « bsBC expansio aeris clansi contingere , absque quod abrumpantur «cum fremitu etsonitu parietum rigidiorum, tanto fortiori, qno «crassior atque profondior est frusti glacialis diffringenda moles.»
(**) Die Ejsgebirge des Scbweîzerlandesybeschreîben von Grimer^ 3 Yol. in-8®. Bem 1760. La traduction abrégée de cet ouvrage , qu'a publiée AI. de Kéralio sous le titre d'Histoire naturelle des glacières de Suisse, 1 vol. in-4*, Paris 1770, est très*incorrecte ; et quant à la nomenclature des lieux cités, c'est une abominable parodie de tous les noms célèbres de notre pays.