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IV. Hallucinations visuelles

Survenant également en période fébrile, elles appartiennent à deux types: élémentaires et oniriques. Les premières sont représentées par des cercles jaunes juxtaposés qui tournent avec rapidité en même temps que s’accroissent leurs dimensions, et dont la couleur est susceptible de virer au noir avant leur disparition. La conscience de ce phénomène accompagné dans ce dernier cas par des bourdonnements d'oreilles, a parfois été interrompue par un collapsus.

Ses hallucinations oniriqueslui montrent un grouillement de couleuvres rampant sur une plateforme en béton, dont le nombre et la grosseur s’accroissent sans cesse, et qu'il s’acharne en vain à exterminer.

B. Recherche d'IE expérimentales :

1° Après fixation du carré rouge, le sujet ne voit d’abord rien, puis discerne une ,,lueur orange‘ sans contour précis.

2° En s’y reprenant, il a une IC en apparence banale; mais lorsque nous le prions de fixer la périphérie du carré consécutif, il y parvient, non toutefois sans que l’image eût commencé par se déplacer dans le sens du regard, mais moins vite que celui-ci,

3° Une IC classique suit la fixation du disque jaune. Il en est de même pour le disque vert.

4% Après 10” de fixation du disque bleu apparaît un croissant gris-bleu pâle, se recourbant de 2 à 6 heures à la périphérie du cerele qui le continuerait.

5° Après 25” de fixation de la même figure se dégage un anneau gris-bleu, avec le croissant ci-dessus décrit marqué en plus foncé.

6° En fermant les yeux immédiatement après l'épreuve précédente, le sujet voit un anneau bleu-pâle entourant un disque ,,rouge très foncé‘.

7° Du petit gars emportant une oie sous le bras, l’image subjective suivante est projetée: ,,cadre®* foncé ; toutes les formes noires, auxquelles s'ajoute l’oie pourtant blanche sur l'original, sont venues en blane; l’image peut être parcourue par un mouvement prudent des yeux, et certains de ses détails, comme la main et le bâton, les fleurs et les brins d'herbe, ressortent distinetement.

8° La fixation du couple d’aras bleus ne donne immédiatement rien. Mais bientôt la partie centrale de l'aile du perroquet gauche se détache, dans une teinte ,spPourprée*

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tirant sur l’orange; puis ce sont les extrémités du corps de l’oiseau de gauche, et les parties symétriques de son voisin; enfin se précise le contour des deux animaux, y compris les longues queues, en ,,jaune orange‘‘, nuance qui est aussi celle du perchoir et des pattes; ces deux derniers détails sont bruns sur l'original. En dernier lieu apparaissent les deux têtes, en grisaille, plus claires que le reste, et Comme séparées du reste de l’image‘; le sujet y reconnaît les yeux, le bec, les taches des commissures rostrales. L'image ainsi complétée se désagrège aussitôt, s’estompe, pâlit, devient pour finir ,,jaune citron‘. La partie vue la première s’efface en dernier lieu; c'était la plus proche du point de fixation.

Même figure, que nous faisons fixer par l’œil droit seul, puis dont l’image subjective est projetée par le seul œil gauche : image dont l’apparition est un peu retardée, et qui consiste en une silhouette d’un jaune très clair, sans détails intérieurs, dont les. parties voisines du point de fixation ont surgi avant que se dessine le contour intégral, image enfin moins persistante que celle de la vision binoculaire.

Ayant cherché à déterminer les temps d'apparition et de persistance des images en vision binoculaire, puis dans l’épreuve monoculaire croisée qui précède, nous avons trouvé les valeurs approximatives suivantes :

Temps de fixation 25” et 25” Apparition de l’image après: 4” et 12” Début de disparition après: 18” et 19” Disparition complète après: 22" et 22”

Les temps sont comptés depuis le retrait de la vignette, par conséquent depuis la fin de la fixation.

Le sujet, qui vient de projeter, après fixation renouvelée, une nouvelle image subjective des perroquets, remarque un phénomène de correction: le détail des

plumages est bien marqué, en foncé sur clair, mais les grandes plumes rectrices

au lieu d’être légèrement incurvées, apparaissent rigoureusement droites et parallèles.

Le regard peut parcourir l’image du perchoir jusqu’au cou de l’oiseau sans l’entraîner, mais pour peu qu'il dépasse ce point, l’image, mobilisée, le suit.

Les yeux clos après avoir fixé les aras bleus, le sujet revoit ceux-ci dans une tonalité moins orange, plus grisâtre ou incolore. En outre, le perchoir apparaît plus distinct que sur l’écran.

Examen comparatif: La fixation du disque jaune donne, après occlusion des paupières, une IC complémentaire.

La fixation de la photo de pie-grièche détermine la production d’une image dont le sujet décrit les détails avec précision, en s’étonnant de la position qu’il voit prendre à la branche oblique, support de l'oiseau; bien que cette position fût exacte, il s'attendait à en voir l’opposé, mais l’image corrigea l’erreur de la mémoire. Image subjective de la vignette à fond jaune, représentant un chat gris à taches brunes, jouant avec 6 pommes rouges: Le fond apparaît bleu; dans la silhouette du chat les parties originalement brun foncé, perçues jaunes, sont beaucoup plus nettes que les blanches, la poitrine en particulier ne se marquant que très faiblement; le sujet parvient à compter sur l’image les 6 pommes, d’un gris sale tirant sur le jaune.

Le carré rouge est disposé, non plus avec ses bords parallèles à ceux de l’écran, mais légèrement incliné à droite; il se trouve que sur l’image ainsi induite, l’inelinaison primitive paraît notablement accentuée.

Le même carré étant droit mais la tête du sujet inclinée sur l’épaule droite pendant la fixation, puis redressée après l’enlèvement du carré, il en résulte l’image d’un losange nettement étiré dans sa longueur.

La fixation du carré bleu donne une image ,,saumon‘* (e.-à-d. de la teinte des perroquets eidétiques, mais en plus clair). — Si la tête est inclinée latéralement puis redressée, comme ci-dessus, il n'apparaît pas non plus un carré à l’axe incliné

M. Gressot

D: = en sens inverse (comme en aurait déterminé une IC), mais également un losange, dont le bord droit est blanc.

, 5 5 10e) 20° Répétons la même expérience avec les aras: leur image bascule régulièrement dans

le sens opposé à l’inclinaison de la tête pendant la fixation. ,

21° Après l'épreuve monoculaire croisée, l’image projetée par l'œil tenu fermé lors de la fixation, s'incline comme celle acquise en vision binoculaire.

220 En participant activement aux expériences instituées avec ses enfants, le sujet a encore décrit un certain nombre d'images eidétiques extemporanées, identiques aux précédentes. Sa disposition eidétique n’a pas paru soumise à des variations notables d’une séance à l’autre; nostrois visites ont été rendues à intervalles d’un à deux mois.

Appréciation sommaire : IE expérimentales obtenues après fixation seulement, mais pouvant présenter les caractéristiques du quatrième degré. — Images subjectives monoculaires transférées. — IE spontanées grises ou colorées, sans examen préalabl récent. — Pareidolies. — Hallucinations visuelles dans les états fébriles. x

Sujet N° 43.

Femme de 35 ans, au caractère syntone, à l’affectivité un peu labile, intelligente. Montre une certaine timidité au moment de s’installer devant l'écran.

Appréciation sommaire : IE expérimentales du quatrième degré. Sujet N° 45.

Jeune garçon de 7 ans, qui eut des convulsions à 18 mois. Adénoïdien, paraissant un peu endormi, il est néanmoins bon observateur et possède une excellente mémoire d’évocation. Tendance à la distraction pendant l'examen; réponses un peu tardives. Renseignements auto-anamnestiques inutilisables.

L’appréciation des éléments est ici malaisée, surtout pour les IE volontaires: en effet, comment distinguer avec certitude les observations sincères des réponses suggérées? Pour le reste, l'attitude du jeune garçon, sa résistance aux suggestions négatives, — dont nous n’avons pas rapporté la succession — font admettre des IE expérimentales en partie complémentaires, en partie incolores, acquises sans fixation et stables sous les mouvements du regard.

Sujet N° 46.

Garçonnet de 6 ans, timide, suggestible, dont la mémoire est très vive et qui, au dire de sa mère, raconte ,,eomme si c'était vrai‘ les menues aventures de son existence. Les renseignements auto-anamnestiques demeurent trop incertains. Docile au cours de l’examen.

A. Recherche d'IE expérimentales :

1° Le carré rouge et le disque jaune donnent des IC complémentaires.

2° Continue de voir les deux oisillons après retrait de la vignette qui les représente: | les couleurs ne sont pas inversées, et les particularités correctement décrites.

3° Même résultat après libre considération. L'image subjective n’est pas entraînée par les déplacements du regard. Désormais l'examen libre sera seul employé.

4° Chat jouant avec des pommes: Revoit le fond en teinte complémentaire, le chat en clair, et fait du doigt le compte des pommes eidétiques.

5% Le sujet redresse la tête, qu'il avait inclinée sur l’épaule droite pendant l'examen : suivant le mouvement, l’image projetée s'incline sur la gauche.

6° Acquise par l'œil droit, l’image est transférée à l'œil gauche. — Epreuve de contrôle

au moyen du disque jaune, fixé par l’œil gauche: tandis que l’image projetée par le 14

même œil est signalée bleue, sans hésitation, par l’œil droit l’enfant voit ,,un peu vert‘.

7 N . ON . à 7° 20” après avoir vu pour la dernière fois la scène du chat et des pommes renversées,

le jeune sujet affirme la revoir et la décrit comme précédemment, quoique avec une certaine lassitude.

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28 M. Gressot

80 Trois mois après cette première série d'expériences, nous obtenons de belles images subjectives des trois marmottes, ainsi que d’une scène colorée représentant, sur un fond jaune, quatre oies blanches tendant leur cou du côté d’un tonneau vert. Ces images, dont l'enfant donne une description détaillée, sont revues en coloration positive.

B. Provocation d'IE volontaires :

Prié de penser à sa mère et d'essayer d’en voir l’image sur l’écran, le sujet, dont les représentations ont pris une autre voie, et qui pense à sa sœur aînée, s’écrie: ,,Je vois Clairy . ..— Que fait-elle? — Elle essuie des couteaux."

Sur nos instances, le jeune garçon projette enfin l’image de sa mère, ,,un peu plus bas que Clairy, précise-t-il, elle relave des services“. Et du doigt, montrant le lieu de projection de l’image, il assigne à celle-ci en la suivant de haut en bas, une hauteur : d'environ 10 cm.

Le soir même, au retour de sa mère qui n’assistait pas à l'expérience, il s’élance vers elle pour lui conter la chose: ,, Tu sais, maman, on t’a vue sur le carton!”

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Appréciation : Le même réserve que dans le cas précédent est de mise. Cependant, l’enfant aurait été incapable d’inventer certaines réponses : A. 5), 6). Le comportement est le même (vive attention à l’écran, mimique d’étonnement à l'apparition des images) pendant la production des IE volontaires et expérimentales. Il s’agirait d’eidétisme du cinquième degré.

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