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où moins transitoire, rendant à la mémoire sensorielle sa liberté d'action. La dépend an des LE expérimentales d’un examen récent de la vignette montre que les impressi sensorielles à l’état naissant, c’est-à-dire encore incomplètement intégrées à l’enser des images virtuelles préexistantes, font preuve d’une tendance très particuli l'ecphorisation. Cette tendance doit être puissamment scutenue par le retentissemer au niveau des centres optiques, de modifications physico-chimiques rétiniennes ; connaît les caractères spéciaux des IC de beaucoup d’eidétiques (v. Critères de l'IE: Eidétisme du 1er degré); on sait que la durée des TE expérimentales semble en relatio: chez le même individu, avec celle des IC (comparer série I, sujet 38, A 11, sujet 42, B 10 et série IT, sujet 7, B 10); et l’on se rappelle que l'IE a souvent d'autant plus chances d’apparaître que la sensation visuelle antécédente a été forte. ; Mais la variabilité et la malléabilité des phénomènes eidétiques peuvent fai attribuer une pareille mouvance aux adultérations, toutes physiologiques qu'ell soient, qui les conditionnent. En cas d’eidétisme prononcé, le processus dissolutif ser: franc, et permettrait l’aperception d’une image complète, soumise, comme les pe ceptions authentiques, à l’organisation de ,,Formes" correspondantes. Parfois contraire, il paraîtrait à peine ébauché, ne laissant filtrer que des détails eidétiqu dont une forme unique réaliserait le raccord avec la trame consécutive (LE composé 5 Notre enquête nous a montré qu'après une fixation favorisant les images mixtes, eidétiques bien doués projettent souvent un détail eidétique au centre de l’image, tand que les sujets appartenant à un degré inférieur les signalent régulièrement à la pé phérie. +.

Ces observations rappellent celles de Herwig, démontrant que chez des sujets apparemment non eidétiques, on peut faire naître des.IE à partir d'objets situés d le champ visuel périphérique; Herwig assigne en conséquence à la vision périphérique des caractères plus primitifs que ceux de la vision centrale. On connaît par ailleurs de > hallucinations électives du champ visuel périphérique, s’évanouissant dès que le malade cherche à les fixer. Pourra-t-on en tirer un argument pour préciser la localisation de la fonction eidétique à l’intérieur de l’aire sensorielle occipitale ? Er rte

Que la complexité de la fonction mnésique sensorielle soit calquée sur celle de la perception même, l’astéréoscopie de la majorité des IE, l’achromatopsie de beaucoup d’entre elles, viennent l’attester. On connaît des faits identiques pour les hallucinations. Parfois une excitation externe artificielle, parfaisant peut-être la modification con scientielle indispensable en déviant l’attention, rétablit la synergie des sens morpho- : psique et chromatopsique, qui se maintient dès lors pour la durée d’une IE précédemment incolore (Zeman). Me

Nous ne saurions clore la revue des problèmes posés par la rupture de l’équilib à mnéso-perceptif, tantôt recherchée expérimentalement, tantôt déclenchée inopinément par un affect, sans considérer la désorganisation du processus même de dissolution postulée par les IE dont les détails apparaissent successivement; le fait que seules le IE expérimentales aient montré ce comportement, oriente son explication vers un défaut d'intégration de l’image naissante, intégration en l'occurrence irrégulière e | parcellaire. Mais le caractère problématique de la théorie que nous venons d’esquisse doit en retarder l’application systématique à chaque symptôme d’eidétisme ; avouo que ce jeu de rationalisation aurait une valeur moins probative que métaphoriqu

Une dissolution fonctionnelle ne suffit d’ailleurs pas plus qu'aucune autre ca psychologique, il y faut revenir, à expliquer la nature de la sensorialité fondamente des images en cause. Sur le mécanisme physique de leur production, la théorie des écran sensoriels, proposée par Guiraud, peut apporter une précision intéressante. Après que Joh. Müller eût attribué ses visions fantaisistes ou eidétiques à une énergie sensorielle spécifique, et que les visions du demi-sommeil eussent été considérées par Tournay comme des expressions autochtones d'activité nerveuse dans les aires visuo-sensorielle et visuo-psychique, Guiraud pensa que les zones corticales sensorielles étaient ,,dotées d’une activité continue, même lorsqu’aucun stimulus périphérique ne vient les solliciter

Lhermitte et Ajuriaguerra)"". Ce tonus sensoriel de repos se traduit par une sensation atténuée continue qui est, en ce qui concerne la vision, le champ gris-noir qui apparaît devant nous dès que nos yeux sont clos, et qui s’abolit en cas de cécité corticale. Tous les phénomènes esthésiques se développent sur cet écran, tandis que les représentations et, comme nous l’avons vu, les pseudo-hallucinations, se réalisent ailleurs, selon un mécanisme différent. Une excitation faradique artificielle, l'exclusion lésionnelle de certaines connexions nerveuses, pourraient, en modifiant le tonus cortical ou ses com- __ posantes, permettre à une image choisie par un mécanisme psycho-génétique, de revêtir un aspect sensoriel. Il serait captivant d’examiner sous l’angle de la théorie de Gluiraud les acquisitions de l’électro-encéphalographie dans le domaine de la psychopathologie visuelle (Delay).

Ici encore, l'IE bénéficie d’une théorie — à notre connaissance la plus récente — édifiée pou l’hallucination. Lors de la production d'images aperceptives expérimentales, les choses se passent comme si la sensation déclenchée par le stimulus périphérique, et É- traduite par un courant d'action (Magitot), modifiait le tonus neuro-sensoriel cortical non seulement pendant la perception authentique, mais encore au-delà, pour une durée correspondant peut-être à celle des modifications rétiniennes consécutives. Cette transformation passagère entretiendrait une aptitude à revoir l’image soit sur le champ gris lui-même, en fermant les yeux, soit sur un écran artificiel de teinte apparentée, qui empêcherait de nouvelles perceptions vraies de concurrencer celle de l’écran sensoriel. Aucune IE n’apparaîtrait toutefois, si l’état eidétique, conditionné par le psychisme particulier des sujets (rapports mouvants entre la conscience du moi et celle de l’objet), ne réalisait la dissolution fonctionnelle de l’équilibre mnéso-perceptif. Sous cette forme, l'hypothèse s'applique mal à la production de l'IE spontanée, laquelle dépend bien de la perception antécédente, mais cette fois sans limitation temporelle. Il faut donc admettre qu’à l’instar d’une hallucinose, l'IE spontanée se passe du soutien offert à sa sœur expérimentale par le retentissement central de modifications physico-chimiques rétiniennes dont, rappelons-le, l’IC n’est qu’un effet local particulier. Et pourtant les deux variétés d’'IE, se rencontrant chez les mêmes sujets, doivent reconnaître en principe une origine identique. Or l’écran neuro-sensoriel n’étant pas un terrain réservé à l’eidétisme, le processus dissolutif fonctionnel physiologique apparaît malgré tout, dans la hiérarchie des mécanismes eidétiques, comme la condition principale et peut-être spécifique, comme le nœud de tout le problème. Dans cette perspective, la notion de mémoire sensorielle correspondrait simplement à un aspect de la mémoire sensible ordinaire, dont les images alimenteraient une disposition, indéterminée par elle-même, à les ecphoriser sur le plan sensoriel, disposition libérée par la dissolution préalable. Ainsi se trouve conservée l’idée maîtresse de la théorie de G. E. Müller (v. supra).

Au terme de ces réflexions, on comprendra que l’eidétisme, manifestation naturelle aisée à étudier, loin de constituer un domaine fermé, puisse devenir un magnifique terrain d’expérience pour de nombreux problèmes psychologiques et psychopathologiques. Il est faux de se baser sur des statistiques négatives, comme celle de Quercy, pour penser que l'IE est un ,,phénomène de culture‘artificiel, propre à certaines régions, et sa recherche d’avance promise à un échec. Il y aurait lieu d’abord de dépister des eidétiques au moyen du dispositif expérimental si simple que nous avons employé avec succès après tant d’autres, puis de sélectionner les sujets bien doués pour les soumettre à des expériences de laboratoire systématiques. Des IE n’apparaissant pas rarement pendant le travail au microscope (Jaensch), on pourrait, sans examens spéciaux, diriger dans les salles d’histologie des enquêtes qui découvriraient peut-être des sujets dont l'esprit scientifique et les facultés introspectives faciliteraient les observations. Relevons également que le pourcentage d’eidétiques parmi les enfants des écoles n’a pas encore été déterminé en Suisse. Le présent travail atteindrait son but, s’il suscitait de Honyelles et plus amples recherches.

Lausanne, janvier 1946.

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Résumé.

Les images dites eidétiques (IE) sont des images aperceptives physiologiques survenant à l’état de veille, dont le contenu est déterminé par une perception ordinaire antécédente, et dont la subjectivité est reconnue.

Nous les avons recherchées méthodiquement en employant la technique générale

de l'Ecole psychologique de Marburg. Dans une famille dont cinquante membres ont

été examinés, nous avons trouvé des phénomènes eidétiques chez seize d’entre eux (8 jeunes et 8 adultes). Sur un lot de 150 recrues, par contre, quatre seulement se sont révélés indiscutablement eidétiques. Nous avons également pu mettre en évidence, chez quelques malades d’un hôpital psychiatrique, des faits à rapprocher du domaine eidétique.

La discussion des rapports entre les IE et les sensations consécutives, elles aussi

physiologiques, nous a conduit à récuser le caractère eidétique des images dont E. R. Jaensch a constitué son premier degré d’eidétisme. Nous avons pu ainsi envisager

de manière différente la question des interactions entre ces deux catégories de faits. A part ces réserves, nous avons pu vérifier la concordance de nos principaux résultats expérimentaux avec ceux de la grande majorité des eidéticiens. Après avoir écarté l'influence de la suggestion sur la production de l'IE, nous avons cherché à établir systématiquement les critères de l’authenticité de cette dernière.

Il a cependant paru nécessaire d’insister sur la différence fondamentale qui sépare, chez nos eidétiques, les TE spontanées et les expérimentales, quoique les deux variétés se rencontrent chez les mêmes sujets. La coexistence d’'IE .tétanoïdes‘‘ et ,,basedowoïdes‘* chez les mêmes individus contredit également certaines assertions des eidologues classiques. Nous avons trouvé que les IE prononcées monoculaires pouvaient être observées aussi bien par l’œil que la vignette inductrice n’avait pas impressionné (phénomène du transfert). Or il arrive que ces deux images subjectives monoculaires soient l’une consécutive et l’autre eidétique; le transfert à l’œil non impressionné révèle, dans ces cas, la présence d’une IE ou d’une IC précédemment inhibée par la perception de l’autre ordre.

La disposition eidétique semble héréditaire, sans que l’on puisse encore préciser

son mode de transmission. Elle se trouve sous la dépendance simultanée de facteurs

affectifs complexes et de modalités psycho-perceptives particulières (plasticité des perceptions). Quelques-uns de nos sujets disposent de la faculté de produire des pareidolies, ou de s’abandonner à certaines formes de rêve éveillé. Par ailleurs, le D'G. Schneider a mis l'accent, en analysant les tests de Rorschach que nous lui avons soumis, sur l’existence, chez nos eidétiques, d’un ,,jeu mouvant entre la conscience du moi et celle de l’objet‘‘. Au point de vue caractérologique, les eidétiques sont presque tous syntones.

L'IE est d’origine centrale; c’est un fait aperceptif sans substratum sensitif périphérique adéquat. Sa phénoménologie propre, aussi bien que les nombreux points de contact qui la rapprochent des hallucinoses vraies, doivent lui faire attribuer une nature hallucinatoire. Diverses théories, conçues à propos des hallucinations, jettent une lumière intéressante sur sa pathologie, sa neurologie, et son mode de production. Inversément, l’étude approfondie de l'IE est susceptible d'éclairer sous un jour nouveau les problèmes de l’activité hallucinatoire.

IL est souhaitable que la connaissance pratique de l’eidétisme se répande largement, afin que les chercheurs utilisent les possibilités offertes par une forme d’hallucinose accessible à l’expérimentation et reproductible à volonté.

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