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Jamet), mais leur contenu et leur persistance les rapprochent des phénomènes que nous venons de rappeler, et également des hallucinoses d’encéphalitiques épidémiques (Lhermate). À côté de ces hallucinations toxi-infectieuses, celles provoquées par la mescaline ont une origine purement toxique; mais tandis que Jaensch constate un puissant renforcement de l’eidétisme par le Peyotl, C. Schneider fait état d’eidétiques prononcés dont l'ivresse mescalinique supprime par contre la capacité (v. aussi Quercy, Klüver).
Après que P. Schilder eût démontré la tendance de l’excitation labyrinthique à
susciter des hallucinations multiples, micropsiques et animées, Bibring-Lehner
appliqua ce procédé à l’étude des IE et des IC. Alors que la post-image tourne toujours régulièrement dans le sens inverse de la rotation du corps, l'IE tourne tantôt dans le même sens, comme quelques images hallucinatoires (Lhermitte et Ajuriaguerra), tantôt en sens contraire. L’affaiblissement hémi-anopsique de l'attention pendant le nystagmus favorise des transformations de l’image dans le sens d’un mélange des demi-images droite et gauche, comparable aux condensations du rêve. De plus, il arrive que les IE deviennent plus petites et se multiplient.
Or il existe des eidétiques capables d’extérioriser d'emblée, sans nulle excitation vestibulaire, plusieurs images exactement semblables (Jaensch); nous connaissons un cas (non rapporté ici) dans lequel ces images apparaissent en série linéaire. Cela ne doit pas trop surprendre, lorsque l’on sait que d’autres sujets peuvent projeter successi-
- vement plusieurs IE identiques, qui restent juxtaposées et semblent évoluer chacune
pour leur compte (v. série II, sujet 7). Nous ne possédons pas d’éléments suffisants pour apprécier cette multiplication des IE, qui ne cadre pas avec les théories voyant dans l’image moins la résultante psychique d’une disposition organique sans localisation rigoureuse, qu'une unité matérialisée. Ajoutons que la neuro-psychiatrie connaît, parmi les symptômes d’hallucinations d’origine occipitale, des polyopies monoculaires (vision de deux objets au lieu d’un seul dans la vision monoculaire) qui ,,semblent en rapport avec une dissociation fonctionnelle des deux sphères visuelles dont la synergie et l'harmonie fonctionnelle sont rompues (Lhermitte et Ajuriaguerra)*. Enfin, mettons en rapport avec les propriétés hallucinogènes de l’excitation labyrinthique, la concomitance d'états hallucinosiques et de crises oculogyres dans l’encéphalite épidémique (van Bogaert).
L’hypertension intra-crânienne (de Morsier), les lésions traumatiques des lobes occipitaux (Lhermitte), ne laissent pas de s’accompagner parfois de phantasmes que leur caractère de ,,déjà vu‘ apparente au monde eidétique; chez les traumatisés, leur contenu peut en outre attester leur appartenance à la ,,réaction vitale‘, d'ordre psychologique, dont nous avons déjà parlé (v. IE et vie affective). Pour être complet, mentionnons que l’on a décrit des images hallucinosiques apparaissant avec une netteté progressive, et que les variations des hallucinations avec la distance sont aussi souples que celles des TE. , j
Il n’est guère de symptôme eidétique que l’on ne trouve réalisé dans quelque hallucinose. Que déduire de l’existence de si nombreuses correspondances entre les deux domaines, sinon que la détermination de tant d’hallucinoses par une perturbation organique ou fonctionnelle du système sensoriel en cause, laisse supposer que l’IE elle aussi est rendue possible par une modification, alors physiologique, du même système ; autrement dit, que les deux ordres de faits émanent de quelque ,,désintégration fonetionnelle (Mourgque)" identique ?
Mais il n’est pas sans danger de conclure d’une simple ressemblance phénoménologique à une parenté génétique, entre des perceptions sans objet dont les unes ont pour origine des excitations diverses, et les autres un fléchissement de l’activité conscientielle pragmatique et perceptive, entre des phantasmes pathologiques et des images physiologiques. Ce n’est donc pas tout au long de l’enchaînement des causes qu’il sied de rechercher une similitude fonctionnelle, mais peut-être au niveau de celle qui se confond avec la libération immédiate de l’image esthésique. Tout ce qui précède engage à penser qu'il s’agit en effet, pour l'IE, d’une ,,dissolution‘* (Delay) fonctionnelle plus
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