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Semblable äu premier degré de Jaensch

2. Production d'IE de coloration homogène, sans aucune particularité de l’ensemble ou de ses parties, aussi bien pour des objets simples que complexes.

: à Fue

3. Sur | 1E de l’ensemble ou de ses parties, on peut distinguer nettement un ou plusieurs détails.

4. Production d'IE très distinctes de l’ensemble de la vignette, sur lesquelles presque chaque détail est visible.

Si l’on cherche à préciser la phénoménologie des TE, telle qu’elle a été systématisée par l’école allemande, il faut établir pour chaque point — nous ne mentionnerons que les principaux — les caractères différentiels aussi bien entre l’IC et VIE, qu'entre l'IE et la perception. L’IE occupant une situation intermédiaire entre l’IC et la perception d’une part, et de l’autre entre la représentation visuelle et l’IC, sa symptomatologie sera essentiellement variable, tandis que les sensations consécutives obéissent à des

normes beaucoup plus stables.

4 L’IE, tout d’abord, peut apparaître bien plus tardivement — voire sans examen immédiatement antécédent de l’objet —-, persister un temps beaucoup plus long (12 minutes), et n’est pas soumise aux mêmes disparitions ou réapparitions périodiques, que l’IC.

Alors que l’IC suit fidèlement les mouvements de l’œil, se déplaçant dans toute direction que poursuit le regard, le centre de la fovéa étant rivé au point de fixation du dessin, l'IE au contraire, tantôt obéit aux déplacements du regard, tantôt reste à sa propre place comme un objet de perception, tantôt suit les mouvements, non des yeux, mais de l’attention.

Par ailleurs, l’IC s’incline latéralement dans le même sens que la tête, tandis que VIE tantôt garde la liberté de, la représentation ou de l’objet de perception, tantôt s'incline presque autant que l’IC.

Si l’on fait tourner l’écran sur ses axes vertical et horizontal, l’IC subit des transformations bien établies, et si l’on éloigne la surface de projection, l’IC grandit en proportion de la distance qui l’en sépare (loi d’Emmert). L’IE, elle, peut ne pas être modifiée par les positions changeantes de l’écran; elle peut les suivre aussi aveuglément qu’une IC ; mais le plus souvent elle adopte, ici encore, un comportement intermédiaire, subissant, par exemple, avec la distance, un agrandissement inférieur à celui prévu par la loi d'Emmert. Certaines IE, rapetissant à mesure qu’elles s’éloignent et s’agrandissant si on rapproche l’écran, varient avec la distance comme les perceptions vraies.

Deux expériences, démontrant la parenté entre la perception et l'IE, fournissent un critère de la réalité de cette dernière, car jamais les phénomènes en question ne peuvent se produire dans la représentation. Il s’agit de l’,,écart de l’horoptère‘ (Hering- Hillebrand) et du ,,phénomène de la covariance‘*. Nous les rapportons d’après Z. Tripp :

Si l’on présente à un sujet trois fils parallèles se trouvant dans un même plan, le sujet à souvent l'impression que le fil du milieu est situé en avant ou en arrière des autres, et il faut alors corriger sa position réelle objective pour que les trois fils paraissent subjectivement dans le même plan. Lorsque le sujet s’éloigne ou se rapproche des fils, le fil médian paraît se déplacer; dans la règle, il se déplace en avant lorsque le sujet se rapproche, et en arrière lorsque le sujet s'éloigne (ering-Hillebrandsche Horopterabweichung). Or, les choses se passent exactement de même si, au lieu de donner au sujet des fils réels, on lui fait produire des fils eidétiques.

Si l’on dispose 3 fils de façon à ce qu’ils paraissent subjectivement être dans un plan, et qu’alors on fasse avancer ou reculer l’un des fils latéraux, l’autre fil latéral (qui est resté immobile en réalité) semble se déplacer aussi. Dans la règle ce déplacement apparent va dans le même sens que celui du premier fil, mais parfois il va en sens contraire. C’est le ,,phénomène de covariance‘* (Kovariantenphänomen).

Or, on peut faire la même expérience avec les images eidétiques. On fait produire 3 fils parallèles eidétiques, et on fait coïncider 2 de ces fils eidétiques, le médian et un des latéraux, avec 2 fils réels. Le sujet voit donc maintenant 2 fils réels et 1 eidétique. Si alors on déplace un peu le fil latéral réel, le fil latéral eidétique se déplace aussi. Toutefois, ici, ce phénomène de covariance est beaucoup plus marqué que dans les expériences avec 3 fils réels, où l'expérience ne réussit que lorsque le déplacement réel du premier fil latéral est minime.“

Il paraît moins utile de multiplier ces notions en rapportant diverses ,,acrobaties' eidétiques, plus ou moins exceptionnelles, que de mentionner certaines conditions proprement psychologiques, ou caractères non visuels, de la production des IE.

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Le sujet voit littéralement ses TE. Non seulement son affirmation, mais son aititud 2e entière exprime le fait que l'IE apparaît comme une donnée sensorielle, car il se comporte comme s’il observait et décrivait un objet perçu, se penchant par exemple st = l’image pour en mieux distinguer les détails, qu’il a souvent la surprise de découvrir £ successivement ; bref, son comportement ,,n’a aucun rapport avec celui d’un individu faisant un effort de mémoire (Tripp). EE

Il est cependant remarquable que les phénomènes eidétiques, pendant la durée d leur apparition, puissent rarement être dessinés. Ce n’est que dans des cas isolés, et avec des IE de type particulièrement stable, que la faculté d’en décalquer les contours … a été trouvée, car les images doivent en général, pour pouvoir être dessinées, passer | du mode eidétique dans celui des représentations visuelles (Jaensch). 2

Le fait que la genèse de l'IE dépend dans une large mesure de facteurs étrangers à la sphère visuelle, ressort bien des modalités groupées par Jaensch dans la notion de sélection psychique. Nous avons vu, en effet, que toutes les figures ou vignettes ne « sont pas également aptes à susciter de bonnes IE: il faut, dans la mesure du possible, présenter à l’individu un objet en harmonie avec ses intérêts. Les tendances sélectives qui exercent une influence sur la production de l'IE ont été classées comme suit: Er: a) sélection ontotrope: seules sont produites des IE d’objets à 3 dimensions, phéno-

mène fréquent chez les eidétiques mentalement débiles (Gütz);

b) sélection kalotrope: tendance à ne produire d’'IE que d’objets esthétiquement

Ts F

beaux ; 4 c) sélection philotrope: l'IE ne se forme que si elle est en rapport avec les intérêts $ 3 intellectuels ou affectifs du sujet ; EE

d) sélection héliotrope: en vertu de laquelle les IE sont induites surtout par des objets … clairs, ensoleillés, ou projetées avec préférence sur des écrans clairs. :

Par ailleurs, il ne semble pas exister de corrélation bien nette entre le degré d’intelligence et l’eidétisme, nonobstant l’opinion de Kirek,selon laquelle les IE setrouveraient plus souvent chez des sujets peu intelligents (Bonte, Pinelli). >= #8

La question des facteurs psychiques qui peuvent influencer les IE a conduit E. R. Jaensch à scinder celles-ci en deux grandes classes, les unes se comportant davantage comme les images de représentation mentale, les autres plutôt comme des IC, ou comme des objets de perception. , LS

Les TE proches des IC sont très mal insérées dans le courant des représentations; elles apparaissent comme des ,,corps étrangers" et peuvent persister longtemps, sans 3 que le sujet soit maître ni de leur apparition, ni de leur disparition. Ces images fixes disparaissent d’elles-mêmes, par une atténuation progressive de leur intensité. >.

Les IE voisines des représentations, plus nombreuses que les précédentes, sont bien reliées au reste de la personnalité consciente, montrant parfois toutes les particularités des représentations, dont elles ne diffèrent alors qu’en ceci, qu'elles sont littéralement vues. Mobiles et changeantes, elles suivent les variations du cours de la pensée sensible, g: c et peuvent même s’animer. Il va sans dire qu'entre ces deux types extrêmes, existent tous les intermédiaires. = à

Mais l'intérêt principal de leur distinction viendrait de leur correspondance avee deux types physiologiques. Les frères #. R. et W. Jaensch, en effet, sont catégoriques sur ce point: les IE proches des IC appartiennent aux enfants spasmophiles, aux tétanoïdes'*, tandis que les IE voisines des représentations caractérisent les .basedowoïdes""?), Ces types seraient d’ailleurs modifiables, soit qu’en donnant du CaC12 on

1) Caractéristiques du type tétanoïde : hyperexcitabilité galvanique et mécanique, signe de Chvostek, phobies fréquentes, pavor nocturnus, somnambulisme, crampes musculaires,

paresthésies, température labile, urticaire, vision de couleurs dans la nuit, anisochorie, absences ï E épileptoïdes, petits phénomènes hystériques . .. De Quant au type basedowoïde, il se signale par de l’arythmie respiratoire, de l'hyperhidrose, la vivacité des réflexes cutanés, une fente palpébrale élargie, une réactivité pupillaire consi- SE dérable, un regard brillant, parfois une légère protrusion du bulbe oculaire, le signe de Stellwag, une thyroïde légèrement augmentée de volume (W. Jaensch). La

Etudes sur les images eidétiques ji?

atténue la composante spasmophilique, soit que, chez un sujet aux IE latentes, on favorise leur épanouissement par l’administration de phosphate de K. Cependant, la ARE es des eidéticiens, et parmi eux surtout les médecins, ont infirmé ces vues (Fischer- + Hirschberg, Karger, Leven, Liefmann, Jelliffe, Rieti, Yosikazu Ohwaki).

| Les frères Jaensch sont néanmoins partis de cette distinction, pour développer une

typologie caractérologique complexe, qui se répandit en Allemagne aux dépens du sys- tème de Xretschmer. Des deux types de base ainsi créés, le type ,,intégré‘ correspond d’une part à la constitution basedowoïde, de l’autre, approximativement au tempérament syntone, tandis que le type ,,désintégré‘* correspond à la constitution tétanoïde et, grosso modo, au tempérament schizothyme. Mais l'étude de ces développements, qu dans les publications originales sont mêlés de spéculations philosophiques, voire

teintés d’idéologie raciale, dépasse le cadre de notre travail.

Une question fondamentale se pose toutefois encore: Quel est le pourcentage des eidétiques? Alors qu'Urbantschitsch donnait l'impression de décrire un phénomène rare, irrégulier, l’école de Marburg s’est efforcée de démontrer qu’il constitue au contraire, à un certain âge, un caractère constant de la vision mentale. La proportion des eidétiques est très faible au-delà de 15 ans; mais si l’on s’adresse à des enfants de 10 à 12 ans — l’expérimentation sur des classes d'âge plus jeunes se heurte à trop de difficultés—, elle atteint en moyenne 37%. On note cependant d'importantes variations locales: ainsi les jeunes eidétiques qui à Marburg constituent presque le 80%, restent rares à Heidelberg, sans que ces différences semblent imputables à une technique ÿ de recherche défectueuse.

Les eidologues classiques se sont efforcés de démontrer la généralité des phénomènes eidétiques chez les jeunes, en étudiant les cas où l’IC s’écarte tant soit peu de ses lois propres, comme si elle trahissait ainsi l’action d’une IE cachée. Ainsi se découvrirait toute une classe de cas latents, dans lesquels une disposition eidétique inapparente se manifesterait par certaines irrégularités de l’IC: écarts de la loi d’Emmert, mobilité réduite pendant l’inclinaison latérale de la tête, etc... De là à prétendre que ces eidétiques larvés cent présenté, à un âge antérieur, une capacité productive d'IE, maintenant en voie d'extinction, il n’y avait qu'un pas.

Autant l’universalité supposée de la faculté eidétique que les similitudes entre le domaine eidétique et celui de la perception, ont engagé Æ. R.Jaensch (et ses collaborateurs) dans la vaste théorie de la perception exposée dans la monographie : Über den

- Aufbau der Wahrnehmungswelt‘‘ (1923), et dont nous ne pouvons ici qu’effleurer la thèse principale.

Les analogies des IE avec la perception permettraient aux premières, chez l'enfant, de remanier les perceptions primitives au cours d’une évolution dont le terme coïneiderait avec l’extinction de la capacité eidétique. Le monde des perceptions et celui des

î représentations tiendraient en commun à la sphère eidétique, à laquelle ils seraient d'autant plus liés que l’individu est plus jeune. Le cas-limite serait la fusion de ces deux mondes dans une ,,unité eidétique‘‘, qui porte les traits de l’un et de l’autre: c’est le ,éype unitaire‘ (Krellenberg). Ainsi, Wahrnehmungswelt et Vorstellungswelt se différencieraient à partir d’une unité originelle; ainsi, le monde de nos représentations, c’est-à-dire un facteur interne, un a-priori, prendrait une part essentielle à l'édification du monde de nos perceptions.

On voit combien ces spéculations sont imprégnées de philosophie idéaliste. Dans un domaine plus"‘positif, l'explication eidétique a été appliquée à divers aspects de la perception visuelle: illusions diverses, contraste ou constance apparente des grandeurs et des formes, des clartés et des couleurs de l’objet perçu. Sur ce terrain, les eidologues classiques ont été combattus par les psychologues gestaltistes.

- Bien que l’Allemagne soit la patrie de l’eidétique, cette science n’a pas laissé de __ susciter intérêt et recherches en Italie, dans les pays anglo-saxons, en Pologne, en __ Hongrie, au Japon et jusqu’en Islande, où l’on trouva partout à vérifier, sinon la

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doctrine Marbourgeoise, du moins les résultats expérimentaux de l’école allemande, … quoique avec des méthodes légèrement diverses. Re Ù

En France, cependant, la fortune des études eidétiques était inégale. Certes, Cramaussel trouva, à Lyon, quelques cas positifs. Mais le Prof. Quercy, dont l'enquête, menée auprès de 200 élèves de Paris et de Rennes — et contrôlée d’ailleurs par Freiling, collaborateur direct de Jaensch —, n’a découvert aucune IE, exprime des doutes, | sinon sur l’existence, du moins quant à l’originalité du phénomène eidétique; il réduit ce dernier — perception sans objet — à une simple hallucination.

Dans notre pays, quoique l'importance de la question pour l’ontogénie des hallucinations eût été soulignée par Æ. Bleuler, aucune recherche méthodique ne semble avoir été entreprise. Le vol. XX (1927) des Archives de Psychologie rapporte, à côté du résultat entièrement négatif de l’examen de 20 adultes par Tripp, deux observations isolées de Mme Antipoff et de Flournoy. En 1943 enfin, Mme WMeili-Dworetzki trouve, dans le matériel hallucinatoire d’une agnosique visuelle, des phénomènes assimilables aux IE.

Comme Bleuler et Flournoy, nombre d’auteurs ont posé la question du rôle de l'IE dans la genèse des hallucinations. Fischer et Welke décrivent, en 1926, des IE avec caractère de réalité,. véritables TE délirantes, qu'ils différencient des hallucinations à proprement dites par une série de caractères: ces phénomènes apparaissent surtout dans la pénombre, ils peuvent être provoqués volontairement; la moindre influence extérieure peut amener leur disparition; ils n'apparaissent que si l’attention du malade prend une direction favorable; le sujet éprouve une déception lorsque leur irréalité est démontrée, par exemple par le contrôle d’autres sens; mais surtout, ne resurgissent ainsi que les images de choses aperçues précédemment dans la réalité. Malgré tout, Anschütz croit à la possibilité de formes de passage entre IE et hallucinations, tandis que Mme Jankowska (Pologne) voit entre elles une parenté purement phénoménologique, mais non génétique.

Carl Schneider, recensant tous les travaux parus jusqu’en 1931 sur ce sujet, conclut £ à une indépendance absolue, chez les schizophrènes, entre le domaine des hallueinations à visuelles et celui des pseudo-perceptions eidétiques.Au contraire, les rapports paraissent beaucoup plus complexes dans certaines affections neurologiques ou psycho-organiques, accompagnées de phénomènes hallucinosiques.

Signalons encore que Popoff (URSS), expérimentant en 1934 sur des patients atteints de delirium tremens, 48 heures après disparition des hallueinations, a trouvé 70% d’eidétiques.

Nous reviendrons, dans nos conclusions, sur ces importants problèmes, dont l’obscurité montre que la nature des TE est aussi inconnue que celle des hallucinations. Faut-il, avec Schneider qui range les phénomènes eidétiques dans la classe des souvenirs sensoriels (Sinnengedächtnis), en faire les expressions d’une mémoire propre du sens visuel, aussi différentes, dans leur aspect et leur mécanisme, des perceptions que des représentations ?

Dispositif expérimental.

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