‹ Etudes sur les images eidétiquesChapitre 7 sur 23 · A + ER · texte numérisé non relu

A + ER

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Denon, en instituant à côté de chacune d'elles une contre-épreuve au moyen d’IC. La rapidité avec laquelle le jaune brillant impressionne les éléments rétiniens, désigne particulièrement les figures de cette couleur pour un contrôle de la phénoménologie

“de l'IC, et la comparaison des domaines eidétique et consécutif. Mais cette confrontation ne doit s’établir qu’en second lieu, pour éviter toute influence suggestive sur l’observation des IE.

Des différentes images objectives présentées jusque là, nous choisissons celle qui a provoqué les meilleures IE, et nous commençons par mesurer la durée moyenne d’une IE, d’abord après l'examen usuel de 20 secondes, puis en abrégeant et en prolongeant là présentation de la vignette. Nous procédons ensuite de même avec une IC.

La seconde épreuve consiste à éloigner, puis à rapprocher l'écran, en notant les modifications respectives des IE et des IC (éventuels écarts de la loi d’Emmert). Les conditions souvent peu favorables dans lesquelles nous nous sommes trouvé ne nous

__ ont pas permis de mesurer avec exactitude les différences de hauteur des images sub-

jectives, que nous avons simplement appréciées d’après les indications des sujets ;

seules ont donc été notées des variations nettement perceptibles. Puis nous faisons incliner la tête de 45° sur une épaule pendant l’examen libre, pour

la relever dès le retrait de la vignette. On recommence en inclinant le chef sur l’autre

épaule, puis on compare avec les résultats obtenus ceux que fournissent les IC, le sujet

indiquant lui-même le degré d’inclinaison en recouvrant son image par un carré de papier de même taille. Ceci fait, on tourne lentement l’écran autour de son centre, afin d'observer si l'IE le suit dans sa rotation, ou demeure immobile, comme une IC.

Se: Peut-on percevoir simultanément deux ou plusieurs IE de la même vignette, après une seule présentation (juxtaposition d'IE semblables)? Essayons d’abord de faire projeter l'IE sur une partie de l’écran voisine du lieu que l’image chjective vient de quitter, puis retournons à celui-ci pour vcir s’il est également occupé par une IE. Dans les cas favorables, on tâche de percevoir à des endroits nouveaux une troisième, voire une quatrième image subjective simultanée. Il importe ici de ne pas s’attarder à des descriptions de détail, mais, dès l’apparition d’une nouvelle IE, de vérifier si les précédentes subsistent encore.

La petite IE des deux jeunes mésanges, et l'IE ou IC du triangle jaune, se prêtent particulièrement à l'examen à la loupe. Cherche-t-on à savoir si ces images paraissent agrandies ou non par la lentille, il est en effet facile de ne placer sous le verre grossissant qu’un des angles du triangle subjectif, afin d’établir une comparaison avec les deux autres; quant aux deux oisillons, on peut les observer entièrement à travers la loupe.

La scène des deux écureuils sur une branche de sapin, qui a le format d’une carte postale, et dont nous n’avons jamais obtenu d'IE intégrale, favorise la production

d’ZE parcellaires.

L'étude des LE monoculaires (de l’œil droit ou gauche isolé, l’autre étant clos), ainsi que l'étude de l’ZE après occlusion des paupières, dans l'obscurité, nous ont servi d'introduction à une épreuve que nous n’avons vue mentionnée chez aucun eidologue, et destinée à mettre en évidence l’image subjective monoculaire transférée. C’est celle qui est perçue par l’œil gauche seul, l’œil droit étant fermé, après que l’œil droit seul eût examiné ou fixé l’image objective, le gauche étant clos; ou inversément. Il est loisible de se livrer à la même analyse expérimentale de cette image, que des IE ou IC ordinaires. Nous aurons à nous demander si le phénomène du transfert suffit à prouver l’origine centrale des images transférées.

Enfin, chez les bons eidétiques, il y a lieu de rechercher la possibilité de production d'IE volontaires. Dans le cas où les données anamnestiques mentionnaient des IE spontanées ou volontaires, nous avons demandé au sujet de penser intensément à l’objet de l’une ou l’autre de ces images, tout en gardant les yeux sur l'écran, prêt à signaler leur réapparition. Il est bon de stimuler les efforts de concentration du sujet en l'exhortant d'une voix basse, lente et calme, comme lorsqu'il se trouve dans l’attente

16 M. Gressot =

Chez les enfants, se pose d’une manière aiguë le problème de la suggestion, sur lequel nous aurons d’ailleurs à revenir. Disons d'emblée qu’il faut moins craindre de suggérer la vision, que le contenu de celle-ci; c’est-à-dire que pratiquement, so en encourageant l'individu à dire qu’il voit, il faudrs se garder de lui faire dire ce qu il voit. Chez les sujets en-dessous de douze ans, nous trouvons avantageux de neutraliser toute | suggestion par une suggestion contraire, et de n’admettre en principe que les afhrmations qui ont résisté à l’un de ces deux courants. Nous dirions par exemple à celui E qui, après quelques instants de concentration — et d’encouragements — prétendrait : revoir l’image: ,,Es-tu bien sûr que tu la vois? Je crois que tu te trompes, tu imagines seulement la revoir sur le carton, mais en réalité tu ne la vois que dans ta pensée, ou bien tu prends une petite tache du carton pour une partie de l’image . .. Regarde encore, fais attention . .. tu ne vois plus rien, n'est-ce pas? ... Ou bien peux-tu me dire que tu revois vraiment encore quelque chose?‘ Le même principe est applicable | lorsqu'on passe à l’étude des variations de l'IE. E

Quant à l’anamnèse de nos eidétiques, nous l’avons fait porter sur les points sui- … vants: IE spontanées, caractère des représentations visuelles, illusions et pareidolies, … rêve éveillé, pseudo-hallucinations, phénomènes hallucinosiques et hallucinatoires.

Nous rappelons en passant que les pareidolies consistent en une transformation de … perceptions réelles sous l'influence de l’activité ludique de notre fantaisie imaginative. D'autre part, Kehrer a donné du réve éveillé la définition suivante:

C’est la considération passive de suites animées de représentations intuitives, ayant parfois un caractère de corporéité, prenant devant l’œil ou l'oreille psychiques une pseudo-réalité mouvante; le phénomène survient dans un état de conscience apparemment vigile, mais toutefois singulièrement modifié, et se trouvant en général sous la dépendance de l’état de veille qui l’a précédé. “à

Tel est, dans ses grandes lignes, notre dispositif expérimental. Nous devons encore insister sur le fait qu’il ne doit rien présenter de rigide, mais s’adapter aux réactions de chacun, puisque les expériences ne sauraient atteindre leur but sans l’active et libre collaboration du sujet. Cet instrument méthodologique ne pourra être discuté objectivement qu'après l'exposé des résultats qu’il aura permis d'acquérir.

Données expérimentales.

Avertissement.

Partant de l’idée, souvent exprimée dans les travaux classiques, que le développement de la mémoire sensible favorise les tendances eidétiques, nous avons commencé par examiner des personnes à forte imagination visuelle. Un eidétique adulte ainsi découvert (série I, N° 42), nous ayant appris qu'il faisait partie d’une famille nombreuse, dont d’autres membres présenteraient des particularités semblables, nous avons entrepris l'examen de toute sa parenté, dans l’espoir d'obtenir quelques précisions sur l’hérédité de la disposition eidétique, domaine très peu exploité (Jaensch, C. Schneider). Ces examens constituent notre première série de recherches.

Les divers rameaux de la famille sont dispersés dans plusieurs cantons de la Suisse occidentale. Nous avons dû distraire de leurs occupations quotidiennes ceux auxquels nous rendions visite; malgré l’étrangeté que pouvaient prendre à leurs yeux nos expérlences, nous avons été partout accueilli avee prévenance et cordialité; un seul sujet se déroba. Mais les conditions souvent défavorables dans lesquelles furent improvisés les examens, ainsi que le temps restreint dont nous disposions en général pour les mener, expliquent les variations et inégalités que l’on trouvera entre les cas, certains étant traités plus systématiquement, alors que d’autres ne sont que sommairement rapportés. Au demeurant, nous nous sommes moins attaché ici à l'étude de la phénoménologie des IE qu'à leur recherche et, dans les cas positifs, à la détermination de leur degré. Trois.

conjoints n’ont pu être examinés. Avec les enfants, nous n’avons pas expérimenté en- = dessous de six ans. Les résultats acquis dans l’estimation des degrés d’eidétisme sont

reportés sur un tableau généalogique en fin de série.

__ + La seconde série paraîtra plus homogène. Les examens ont porté sur 150 recrues

ayant séjourné dans une infirmerie de caserne pour des affections diverses, toutes

bénignes et, au point de vue eidétique, indifférentes. La possibilité de répéter les

épreuves, de les distribuer entre plusieurs jours consécutifs, a permis de pousser davantage l’étude des cas favorables. La relation de phénomènes de rêve éveillé chez un jeune soldat, choisie pour permettre une comparaison, clôt cette série.

Quelques cas pathologiques disparates, dans lesquels certains phénomènes de caractère visuel nous ont incité à rechercher occasionnellement des IE, formeront un troisième groupe. II s’agit de malades observés à la Clinique psychiatrique universitaire de Cery (Lausanne), (Prof. Dr H. Steck).

Sans nous attacher à déterminer les {types constitutionnels par des mensurations, nous nous sommes borné à en poser le diagnostic à simple vue, dans les cas particulièrement sûrs. Par contre, les siructures caractérologiques nous ont paru d’un intérêt plus immédiat ; pour les esquisser, nous avons recouru au test de Rorschach, qui garantit quelque uniformité dans les analyses. Des raisons pratiques nous ont malheureusement empêché de l’employer dans tous les cas de la première série.

Chaque cas est affecté d’un numéro d'ordre qui, dans la première série, correspond à celui du tableau généalogique. Les individus de la seconde série sont numérotés d’après leur rang dans la série d'examens, et ceux de la troisième se suivent par ordre d'intérêt. Enfin, la classification des paragraphes à l’intérieur de chaque cas permettra, pendant la lecture de la partie critique, de se reporter aisément aux passages discutés.

Comme la publication intégrale des protocoles d'expériences eût dépassé les cadres de cette revue, on ne trouvera ci-dessous que ceux auxquels la discussion des résultats se réfère le plus souvent. Mais nous communiquerons volontiers le texte complet aux personnes qui en feront la demande.

SÉRTE TI

Une famille deidétiques.

Sujet N° 2.

61 ans, aubergiste et pêcheur. Compréhensif et intéressé par l’examen.

Appréciation sommaire : TE expérimentales des deux premiers degrés, caractérisées par leur immobilité sous le regard et leur apparition également après examen libre.

Sujet N° 10.

Ménagère de 48 ans, avenante et volubile, de constitution pyenique.

A. Recherche d'IE expérimentales :

19 L’IC ,,bleue‘‘ du carré rouge est centrée par un point dont la partie inférieure est d’abord d’un blanc brillant, puis qui devient entièrement noir.

20 Le disque jaune, écarté, laisse un disque consécutif violet auréolé de jaune, sans point central. L’,,auréole‘* disparaît la première. — Quatre essais de fixation de diverses figures ne donnent que des IC, et un examen libre de la silhouette du petit paysan né laisse aucune trace.

30 Quoique au moyen de la photo de pie-grièche, les résultats ne soient guère plus démonstratifs de l’éventuelle production d’'IE, il est toutefois intéressant de noter les remarques du sujet. — Après une première fixation, l'oiseau apparaît, lentement, en teintes complémentaires. — Second essai: l’oiseau fait deux brèves apparitions successives, et disparaît après un mouvement des yeux. — L'examen suivant à été libre: ,,Il a voulu s’estomper, ses deux pattes qui ont cherché à s’accrocher, et le

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bas du corps, comme s’il voulait se poser sur cette branche, qui se dessine Lo nettement‘. —— Second examen libre, le sujet ayant pris garde de ne pas a son regard un seul instant au même point: résultat nul. — Troisième examen lib Un peu de noir et blanc, comme si ça avait voulu dessiner cette partie (le cro pion). | B. Données anamnestiques : Re:

1° Le matin, étant ,,distraite‘, il lui arrive de voir ,,ç0mme un semis de fleurs contre

la muraille, comme de petits groupes d’anémones qui se dessinent sur la paroi et

qui voyagent, sans qu'elle ait auparavant pensé le moins du monde à des fleurs.

C’est comme si on lançait des fleurs sur ie fond, des fleurs aux pétales argenté bordés de noir. Le phénomène ne se modifie pas lorsqu'elle y prête attention, et sa disparition, lente et progressive, reste entièrement indépendante de sa volonté il remonte aussi loin que sa mémoire. , 2 Dans sa jeunesse, ayant toujours eu beaucoup de goût pour la couture et la b derie, elle rêvait longuement aux ouvrages que les quelques morceaux d’étofte à disposition lui permettaient d'exécuter; alors la nuit, mais encore bien éveil elle voyait soudain devant ses yeux l’ouvrage achevé, avec son coloris. Cela présentait‘ son travail: ,,c’est parce que je vois les choses que je peux les faire“. 30 Trois jours après la mort d’une sœur, ,,tout à coup elle m'est apparue vivante,

entourage. s 40 Une fille de notre sujet, infirme de naissance, mourut après plusieurs années pendant lesquelles les soins continus que réclamait son état lui avaient fort attaché mère. Celle-ci, peu de temps après le décès, se trouvait en excursion à la montagn: quand au moment de passer une barrière, elle ,,vit‘ la défunte écarter les fils fer pour l’aider à passer. C’était à la nuit tombante. L'enfant, qui en réalité n’av jamais ni parlé, ni marché, se trouvait , transformée, pareille à une fillette e: bonne santé‘ et portait une robe rose. L'apparition ne dura que ,.quelque secondes‘. ,,Je ne l’ai pas inventée, je suis sûre‘. Quoique ayant raconté le fait à son mari, le sujet n’osait ,,guère en parler, parce que c’était tellement positif!

pseudo-hallucmatoire. — Une observation ophtalmologique serait nécessaire pour déceler le rôle éventuel de phosphènes dans le phénomène décrit sous B. 1); il sem le s'agir d'IE ,,tétanoïdes‘*. — Tendance au rêve éveillé (B. 2)? "34

Sujet N° 12.

Jeune fille de 21 ans, intimidée par l'examen.

A. Recherche d'IE expérimentales :

1° L'image induite par le papier rouge est un carré bleu-vert que n’entraîne pas

regard. £ 2° Le disque jaune est suivi d’un disque violet, cerné d’abord d’un anneau ja ne

fugace. ‘ 3° Petit campagnard emportant une volaille: IC. — Après une seconde fixation, -

l’apparition du phénomène consécutif est retardée; le bonhomme est blane, l’oie

noire ; échec d’une tentative de compter les fleurs. +8 4% Hirondelle: image complémentaire de l'oiseau; l'extrémité inférieure de lai gauche peut être fixée sans que le reste de la silhouette ne bouge. g: Les présentations de la pie-grièche, des marmottes, des mésanges, provoquent de IC plus où moins rudimentaires. Les examens libres ne mènent à rien. es

B. ZE spontanées :

Peu de temps avant notre visite, la jeune fille a tricoté un pullover de couler

fraise-écrasée. À tout instant, en reposant ce tricot, elle le ,;revoyait‘* devant elll

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à la distance où elle avait l'habitude de le tenir pendant son travail, en rouge ,,un peu plus foncé‘ que l’ouvrage réel. Cette image subjective la gênait dans ses lectures. Etait-elle appelée au téléphone, le tricot eidétique s’interposait entre elle et l'appareil. La pseudo-perception disparaissait pendant l’occlusion des paupières, pour s’imposer à nouveau aussitôt les yeux rouverts; elle était ,,beaucoup plus forte‘‘ au soleil et les déplacements du regard ne l’auraient pas entraînée: elle ,,restait sur place“. Le sujet se frottait les yeux pour essayer de faire cesser le phénomène, tâchait de tricoter sans lui prêter attention, mais en vain. ,,Ça me faisait l'impression que mes yeux étaient fatigués, ça m’énervait de revoir toujours ce tricot avec moi; une vraie poursuite!‘ J1 faut ajouter que la jeune fille s’était fort réjouie à la perspective de porter son pullover; mais notre bref interrogatoire ne nous à pas permis d’en rattacher la pensée à une formaiion affective particulière.

Appréciation sommaire : Eidétisme expérimental du second degré. — TE spontanée de type ,,tétanoïde‘; sélection héliotrope.

Sujet N° 13.

Pêcheur de 47 ans, à l’abord aisé, au caractère syntone. $e vante de son acuité visuelle exceptionnellz, et narre plusieurs anecdotes qui la mettent en évidence. Collabore allègrement aux expériences.

Appréciation sommaire : TE expérimentales du champ visuel périphérique surtout, # obtenues seulement après fixation, mais pouvant conserver le coloris original. — Apparition successive des détails. — IE spontanées, sans examen préalable récent; sélection philotrope.

Sujet N° 16.

Jeune pêcheur de 18 ans, longiligne. N’évoque aucune IE spontanée.

. Appréciation sommaire : Eidétisme probable du second degré. — Non-inversion des valeurs colorées. — Apparition possible après examen libre.

Sujet N° 1%.

Adolescent de 14 ans, intelligent et très éveillé, intéressé par notre examen. L’interrogatoire ne réveille le souvenir d'aucune IE spontanée. A noter toutefois qu’à l’école, en jetant sur le tableau noir les yeux qu’il vient de garder un instant sur son cahier, il voit une tache gris-clair sur le fond noir.

Appréciation sommaire : IE expérimentales du second degré caractérisées par leur indépendance relative des mouvements du regard, et l’apparition successive des détails.

Sujet N° 18.

Pêcheur de 46 ans, au caractère syntone. Intrigué par nos recherches, il se montre un collaborateur zélé pendant l'examen.

Appréciation sommaire : IE expérimentales du second degré. — Apparition possible après examen libre. — Développement progressif de l’image.

Sujet N° 19.

Ménagère de 57 ans, se prêtant avec complaisance à l'examen.

s A. Recherche d'IE expérimentales :

1° On commence par trouver les IC habituelles. — L'examen libre de la silhouette du petit paysan est suivi d’une image subjective en blanc sur noir, que les rmouvements des yeux n’affectent pas, et dont est donnée une descripticn minutieuse et conforme à l’image objective.

20 La photo de pie-grièche a été parcourue du regard, puis retirée. Le sujet voit d’abord surgir le fond noir, puis l'oiseau dont le devant est ,,blanc-jaunâtre", l'aile

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M. Gressot /

plus foncée, et dont le bec se détache avec une grande netteté; le bâton sur le bout duquel est perché le passereau apparaît gris-foncé. à A ce moment, le sujet remarque que s’il ferme énergiquement les yeux, il perçoit les particularités de l'oiseau avec une perfection accrue, dont fait foi sa minutieuse description. Il assimile aussitôt les images subjectives que nous cherchons à lui faire produire aux phénomènes dont il va entreprendre la relation.

B. IE spontanées (données auto-anamnestiques) : Pendant sa scolarité, il lui arrivait souvent, après avoir détourné le regard du tableau noir, de continuer à voir la craie, blanche comme la craie réelle. L'enfant se trouvait-elle embarrassée devant un calcul à effectuer, et dont la maîtresse avait résolu la difficulté un ou deux jours avant au tableau noir, il lui suffisait de fermer les yeux pour être en mesure de ,,copier‘* les chiffres de la réponse, qui ressurgissaient un à un, le plus souvent exacts. Jeune fille, elle devint caissière dans un magasin. Chaque fois qu’elle doutait d’avoir rendu correctement la monnaie, il lui était loisible de fermer les yeux pour revoir‘: les billets et pièces de monnaie, tels qu’elle les avait disposés peu avant sur le comptoir.

Actuellement encore elle est sujette à des visions semblables. Elle croit de temps en temps apercevoir devant elle les traits d’un visage; si aussitôt elle ferme les yeux, l’image se précise et elle parvient dans la plupart des cas à reconnaître de qui il s’agit, à savoir non seulement de personnes de son entourage, mais aussi d'étrangers, qu’elle n’a pu qu’apercevoir au passage, ou dans une foule, ou encore de gens depuis longtemps perdus de vue. Elle rapporte en particulier le fait qu’une personne lui soit ainsi apparue quinze ans après qu'elle l’eût réellement rencontrée: elle fut un moment avant de reconnaître celle que lui rappelait cette pseudo-perception, mais une fois qu’elle put l’identifier, se dessina encore le lieu de leur rencontre. Des fleurs lui apparaissent souvent, soit colorées, soit en grisaille. Elle peut aussi revoir‘ divers objets, des motifs architecturaux, par exemple des détails de grilles, avec leurs pointes très nettes‘.

Une chose vue au soleil peut réapparaître en relief, aussi nettement qu’un ustensile qu’on pose devant soi“.

Occupée à dessiner, trouve-t-elle que son dessin est incomplet, elle ferme les yeux, voit ce qui manque, et continue son ouvrage.

La perception d’un geste, par exemple d’un pas de danse, est parfois suivie d’une image animée, mobile.

Le plus souvent toutes ces images, littéralement vues, apparaissent indépendamment du cours de ses représentations, mais c’est aussi parfois ,,en y réfléchissant‘ qu'elle voit surgir les détails, fidèles ,,çcomme sur une photographie‘. Le fond sur.lequel, les yeux du sujet étant clos, se détachent les images, est sombre, et de même nature pour les images spontanées, volontaires ou expérimentales. Ce sont les yeux qui ont enregistré, non pas la mémoire qui a retenu, et les choses reviennent exactement comme j’ai enregistré. L'apparition des images n’est pas immédiate: il semble qu'elles montent lentement, et que lorsque leur netteté atteint son maximum, elles s'arrêtent un moment avant de s’enfoncer dans une disparition progressive.

L'apparition inopinée des images surprend parfois le sujet, qui se demande: Qu'est-ce que tu vois 1à?. .. ah! oui, c’est ce que tu as vu l’autre jour“. Il lui est arrivé, dans le doute où elle se trouvait, de se croire le jouet d’une illusion, et de se frotter les paupières comme pour effacer les visions importunes, Il n’est pas rare que la crainte des railleries l'empêche de décrire ces phénomènes à son entourage : Tu rêves, se dit-elle, on se moquerait de toi!”

Appréciation sommaire : LE expérimentales du quatrième degré, sur d'écran, ou les

yeux fermés. — Fréquentes IE spontanées, parfois en relief, apparaissant surtout après occlusion des paupières.

Etudes sur les images eidétiques Gi!

Sujet N° 21.

Jeune fille de 20 ans, qui se montre légèrement inhibée pendant l'examen; aurait toujours eu ,,de la peine à se concentrer“.

Appréciation sommaire : IE spontanées probables. Inhibition pendant l'examen. Sujet N° 24.

Jeune homme de 23 ans, au caractère vif et syntone, intéressé par les expériences.

Ne se rappelle aucune IE spontanée.

Appréciation sommaire : IE frustes, n’apparaissant qu'après fixation, incolores, mais pouvant ne pas inverser le jeu des valeurs claires et foncées.

Sujet N° 32.

Ménagère, 42 ans, tempérament syntone, caractère à tendance dépressive. Répond sans la moindre réticence, avec le désir de fournir des éléments utiles à notre enquête.

Appréciation sommaire : IE expérimentales après fixation seulement, mais prée ntant les caractères du quatrième degré. — IE spontanées probables. — Rêves éveillés? — Pareidolies ?

Sujet N° 38.

Adolescente de 15 ans, de constitution pycnoïde, élève d’une école de commerce. Douée pour l’étude des langues et des mathématiques, elle aurait toujours occupé dans sa classe un rang très honorable. Bonne observatrice de ses images subjectives, quoique un peu intimidée.

A. IE expérimentales :

1° Le carré bleu-vert, IC du carré rouge, est centré par un point noir et ne suit qu'avec un certain retard les déviations du regard.

2° La fixation du disque jaune est suivie de l’apparition d’un anneau jaune, qui s’évanouit et auquel succède un disque violet, qui reste immobile quand l’œil le parcourt.

39 Examen libre du carré jaune: carré violet, dont le regard peut dépasser la surface sans l’entraîner.

49 Une belle silhouette blanche, où l’oie à pris la même teinte que son gardien, suit la fixation du jeune paysan. L'image est si nette et stable que le sujet peut compter les pétales d’une fleur, au nombre de cinq; le regard peut la parcourir en tous sens.

5° Après examen libre de la même vignette, quelques secondes passent, puis le bonnet du personnage surgit, noir; il se détache sur un fond ,,vert‘* plus foncé que l’écran, et reproduisant les dimensions de la carte inductrice. La jeune fille avait surtout considéré le bonnet.

60 Toutes les particularités de l’image induite par la fixation de la photo de piegrièche sont minutieusement décrites, y compris une petite branchette pourtant détachée du motif central, et des irrégularités de l’arrière-plan de la photo. Les tons clairs et foncés ne sont pas inversés. Le regard passe d’un détail à l’autre sans que l’ensemble ne bouge.

79 L'image est encore plus précise après libre examen. Le sujet distingue un jeu de lumière sur le bord gauche du perchoir; par contre, il ne retrouve pas les lichens incrustés dans l’écorce de celui-ci.

80 Les mésanges ont été fixées: La jeune fille entreprend la description minutieuse d’une IE en coloration originale, à laquelle ne manque même pas la touche de rouge du gosier de l’oisillon. Nous faisons ensuite porter nos questions sur des éléments qui n’ont pas été spontanément mentionnés: ,,Que voyez-vous en haut à gauche? — Des fleurs et des feuilles vertes.‘ Un essai de compter ces dernières échoue. Les pattes du petit oiseau ne figurent pas sur l'IE. Le fond apparaît bleu. Avant que le phénomène ne passe, le sujet a encore le temps de suivre les ramifications des branchages.

90 A la suite d’un examen libre du même motif, les particularités demeurées indis-

M. Gressot

tinctes sur l’image précédente, figurent avec netteté sur la nouvelle : les échancrures

des feuilles, la disposition des bouquets de fleurs, les pattes de la jeune mésange,

,.comme une petite fourche à trois dents‘, sont successivement mentionnées. Toutes ces IE ont disparu de la même manière, se ternissant progressivement, perdant d’abord leurs couleurs pour s’estomper encore en grisaille, puis leur forme,

pour ne plus laisser qu’un rectangle effacé lui-même aussitôt. Il est aussi arrivé

qu'après un brusque saut du regard, l’image ne fût plus retrouvée.

Les expériences suivantes ont été instituées deux mois plus tard:

Nous avons commencé par comparer les temps d'examen libre avec la durée des.

IE, en recourant de nouveau à la scène colorée de la becquée:

Examen : Disparition de Disparition du k la scène eidétique après: rectangle après:

534 5” 5" D 15” 20” 1 0 È — 20 L/4 20” RSA 25"

Mentionnons pour comparaison que le disque jaune, fixé 20”, laisse une IC persistant 25”.

A mesure que l’écran, en position verticale, est éloigné, les dimensions de l’IE s’accroissent, pour se réduire au contraire lorsque la distance des yeux à l’écran diminue.

Lorsque nous retirons l’écran vers le haut en lui gardant son inclinaison sur la table, l'IE, sur laquelle sont rivés les yeux du sujet, semble glisser vers le bas et disparaît en dépassant le bord inférieur de l’écran, comme l’aurait fait une IC. Mais si l’écran tourne autour de son point central, l'IE est entraînée par cette rotation comme si elle était vraiment dessinée sur le papier, et revient à sa position de départ en même temps que l’écran. Une contre-épreuve après fixation du carré jaune permet à la jeune fille d’apercevoir d’abord un carré jaune centré par un point noir, suivi bientôt d’un carré viclet, homogène, et non affecté par les changements de position de l’écran.

L’IE des deux oisillons, une fois acquise et projetée en un point de l’écran, nous demandons au sujet de déplacer son regard de 10 cm vers la droite, et, en pensant fortement à l’image, de vouer toute son attention à la découverte de son éventuelle réapparition. Le résultat est négatif et la jeune fille s’écrie: ,,Je pourrais dire comment ils sont, mais je ne les vois pas.‘ — Cependant l'IE est restée à son lieu primitif de projection, où l’on peut la retrouver.

Si par contre nous faisons regarder à 10 em de la vignette au moment même où celle-ci est enlevée, alors son image subjective apparaît d'emblée à l’endroit indiqué, tandis que le regard n’en retrouve plus trace s’il retourne là où l’examen libre vient d’avoir lieu.

L'examen à la loupe ne fait pas subir de modification appréciable aux IC, tandis qu’il supprime les IE.

Epreuve monoculaire croisée : Nous vérifions d’abord qu’une IE, acquise par libre examen d’un seul œil, est aussi bien projetée par l’autre; les couleurs restent les mêmes et l’image n’est pas entraînée par le regard; seule l'intensité est un peu moindre. —- Nous faisons procéder ensuite à la fixation du carré jaune par le seul œil droit. Le même œil droit projette, l'œil gauche restant fermé, un carré bleu

clos, et l’œil gauche ouvert: il apparaît, après 12 secondes, un carré jaune paille, non affecté par les déplacements du regard. Une répétition de l’épreuve une demiheure plus tard, dans le même sens et en sens inverse, donne le même résultat. Que

le passage d’un œil à l’autre intervienne immédiatement après le retrait du carré

que les mouvements oculaires déplacent. Cette donnée acquise, l’œil droit est

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