I. ZE spontanées
Vers l’âge de 10 ans, alors qu'il accompagnait ses frères sur le lac, l’'embarcation qui les portait, surprise par une violente tempête, ne fut sauvée avec ses passagers qu’au prix d'efforts épuisants. Au cours des trois ou quatre mois qui suivirent cette journée, il rèvit à plusieurs reprises à l’école, sur la surface du tableau noir, l’image, grise, du bateau en péril au moment où une lame menaçait de le submerger.
A l’âge de 13 ans, intrigué en passant dans une roselière par une nuée de mouches aperçue de loin, il découvrit en se rendant sur place l’appât qui attirait ces insectes : un cadavre de blaireau. Actuellement encore, il lui arrive de temps en temps, s’il rafraîchit le souvenir de ce spectacle, d’apercevoir projetée devant lui, par exemple sur un mur et même en plein jour, l’image du plantigrade.
24 M. Gressot
30 Dernièrement il eut l’occasion d'observer un coucou à une distance exceptionnellement faible. Plusieurs fois, à l'instant où il se remémorait les particularités de l'oiseau, l’image de celui-ci lui apparut dans la pénombre, sur une paroi, faiblement colorée, ,,e0mme une projection lumineuse‘ précise-t-il spontanément. Il éprouve alors quelque peine à chasser cette vision ,,s’il l’a dans l'œil“.
49 Enfin, il a pu voir sur une paroi, après une journée de fatigue, des personnages, surtout des membres de sa famille, en gris et noir, ,,çcomme du cinéma‘, car, à la différence des images immobiles décrites jusqu'ici, ces dernières scènes étaient plus animées, les visages se mettant par exemple à sourire.
IT. Représentations visuelles :
Elles sont très riches; le sujet ,,revoit‘ vivement des scènes de famille, de pêche ou de nature, les revit, montre une tendance à les mimer. Mais à toutes ces scènes et images le caractère esthésique ou pseudesthésique fait entièrement défaut, ce qui permet à notre pêcheur de les distinguer radicalement des précédentes.
Par ailleurs, les représentations auditives ne le cèdent pas en vivacité aux visuelles.