‹ Etudes sur les infusoires d'eau douceChapitre 5 sur 13 · Keronopsis helluo · texte numérisé non relu

Keronopsis helluo

C'est là un Infusoire de très forte taille, puisqu'il arrive à 300 |x; et pourtant, il habitait exclusivement les mousses, celles d'un vieux mur au « Chemin de la Montagne » près de Chêne, où il n'était pas très rare ; quelques individus se sont retrouvés plus tard à Florissant, sur un vieux mur également. Il faut ajouter que, bien que mes récoltes aient été nombreuses (mars et avril 1917, avril et mai 1918), il ne m'est jamais arrivé de rapporter à la maison autre chose que des kystes; le matin, après le lavage, et pendant encore une heure ou deux, on ne trouvait que cela, de gros kystes largement ovoïdes, à membrane claire et lisse; mais dans l'après-midi, les kystes étaient introuvables, ou plutôt on les trouvait vides, ou ne renfermant plus que des amas de nourriture évacuée, et par contre les individus qu'ils avaient abrités couraient par ci par là.

L'éclosion s'opérait donc sans difficulté dans le bocal ou même sur la lamelle et parmi les débris, mais tous les essais que j'ai pu faire pour suivre directement le phénomène après isolement sur lamelle évidée ou même en verre de montre, ont été sans résultats; j'ai gardé les animaux dans leurs kystes pendant deux, trois, quatre et cinq jours; ils se sont réveillés, régénérés jusqu'à entier développement, s'agitant et pivotant sur eux-mêmes, frottant en vain les murs de leur prison, mais tous ils ont fini par renoncer à la

lutte, quelquefois même s'enkystant à nouveau' dans leur kyste même; et ils ont fini par mourir. Pour une cause iftexplicable, ils n'avaient plus la force de percer leur enveloppe; mais ils étaient parfaitement viables, comme le prouve le fait suivant : Ayant isolé un kyste et réussi à le briser, sous le couvre-objet et sans trop l'écraser, je vis le contenu se répandre au dehors sous forme d'une masse amiboïde, informe, mais encore homogène, et dans laquelle on ne voyait ni cils, ni membranelles, ni vésicule contractile, rien, en somme, que des noyaux; mais cette masse informe, mise sur lamelle évidée, s'organisa peu à peu en un individu parfait, qui au bout de quatre ou cinq heures possédait tous ses organes et courait. Plus tard, cependant, le même jour, forcé de jeûner l'animal s'enkysta de nouveau.

Pour sortir de son kyste, parmi les débris (où alors l'opération a pu être suivie), l'animal s'agite toujours plus fort, et finit par percer l'enveloppe, mais en abandonnant derrière lui tout un monceau de résidus inutiles; il le fait d'ailleurs, disons-le en passant, parfois même sans intention de sortie, évacue dans le kyste une masse jaunâtre, et se ramasse en un kyste interne. Mais à peine sorti, il cherche à se nourrir, et il lui faut

vite trouver, sinon il s'enkystera à nouveau. L'animal est en effet, d'une voracité

inouïe; et un individu, par exemple, pris au hasard une heure environ après l'éclosion avait déjà dans son corps cinq Rotifères et deux gros Infusoires. Parfois on en trouve encore plus, et l'animal en est complètement déformé.

Quelquefois aussi, dans le kyste il y a division et ce kyste renferme alors deux individus.

Deux mots encore, à propos de l'appareil nucléaire et de la vésicule contractile : le premier (fig. 1) consiste en quatre, cinq ou six noyaux allongés, d'un contour elliptique très régulier et d'une pâte grisâtre sur laquelle se détachent de petits nucléoles distincts; ces noyaux forment ensemble un chapelet de gros grains, entre lesquels alternent des grains plus petits, globuleux, les micronoyaux; l'ensemble rappelle un collier ouvert, où de petits saphirs alterneraient avec des perles allongées; cependant les saphirs, les micronoyaux, sont assez souvent déplacés, et se voient alors à gauche ou à droite du collier.

La vésicule contractile est immense (fig. 1), et fait une saillie très prononcée sur le côté gauche du corps; elle est du type « rhizopode », s' ouvrant directement au dehors sans l'intermédiaire d'un pore excréteur.

L'animal est d'une marche lourde, peu rapide; inquiété, il peut se fixer fortement à quelque objet par sa face ventrale. On a peine à l'isoler, parce qu'il éclate facilement au transport.

La fig. 2 reproduit les détails de la partie antérieure du corps, tels qu'ils sont indiqués dans la diagnose.

Balladina viridis sp. n.

Corps ovalaire, non métabolique, arrondi en avant, accuminé en arrière; face ventrale plane ou légèrement concave, face dorsale convexe parcourue dans sa longueur de trois fortes côtes saillantes. Cirrhes anaux au nombre de six, très longs, dépassant le bord postérieur du corps. Cirrhes marginaux très fins et très longs, peu serrés, non interrompus en arrière ; deux rangées moyennes de cirrhes très fins également, l'une à droite l'autre à gauche de la ligne médiane du corps, et se réunissant par leurs deux extrémités, dessinant ainsi à la surface du corps une ellipse allongée. Pas de cirrhes frontaux ni ventraux. Péristome atteignant le milieu du corps; muni à gauche et en avant d'une rangée adorale de membranelles étroites et très longues, serrées d'abord puis plus fortes et plus écartées, et qui s'arrêtent brusquement à droite de l'extrémité antérieure, en rejoignant l'arête droite du corps, qui fait en ce point même une légère saillie. Sur la droite du péristome est une memlirane ondulante peu développée, que recouvre en partie le rebord de la fosse péristomienne.

Cytoplasme toujours rempli de Zoochlorelles, qui colorent l'animal en un vert intense. Deux noyaux sphériques, sur la même ligne longitudinale et à quelque distance

l'un de l'autre; un petit micronoyau accolé à chacun d'eux.

Vésicule contractile sous la pointe terminale du péristome.

2 y^ / ~7^ Longueur 45 à 50 (x.

Fig. 229. — Balladina viridis

Par suite de la confusion qui règne dans toute la systématique relative aux Hypotriches, il ne m'est guère possible de prétendre que ce petit Infusoire, récolté en abondance à Rouelbeau dans le courant de janvier 1915, soit véritablement nouveau; mais en tout cas, mes essais d'identification ont été infructueux; c'est là une Balladina, très probablement, et nous l'appellerons viridis à cause des Zoochlorelles qui la remplissent toujours, serrées les unes contre les autres, et colorant le corps entier d'une teinte verte très prononcée.

La diagnose vient d'indiquer suffisamment les caractères distinctifs de cette espèce; j'attirerai cependant l'attention sur les trois fortes côtes (fig. 2), sur la saillie que dessine en avant l'arête dorsale, sur les cirrhes marginaux qui ne sont ici que de longs cils, sur les deux noyaux, où de petits nucléoles se détachent sur une pâte grisâtre; enfin sur un amas de particules brunes, résidus de digestion prêts à être évacués, inclus ou non dans une vacuole, et qui figurent, près de la pointe postérieure, une tache nettement distincte, que l'on trouve presque toujours (fig. 1).

Euplotes terricola sp. n.

Corps ovalaire, non métabolique, arrondi ou légèrement accuminé en arrière, vaguement tronqué en biais en avant. Face ventrale plane, montrant deux sillons longitudinaux curvilignes, celui de droite convexe puis creusé d'une large entaille dans sa partie postérieure; celui de gauche fiexueux; les deux sillons se rencontrant en arrière en formant une sorte de bec. Face dorsale fortement convexe, munie de cinq arêtes ou ailettes longitudinales très fortes, qui portent chacune sur l'un des côtés une série de petites rosettes

de perles minuscules. Cirrhes marginaux très fins, rares, en deux rangées ventrales éloignées du bord extérieur. Cirrhes frontaux au nombre de six, se continuant à gauche sous forme de trois gros cirrhes ventraux. Cinq cirrhes anaux en une rangée diagonale, à base cachée par la rainure du sillon de droite. Péristome étroit mais très long, dépassant le milieu du corps; il est bordé à gauche de membranelles d'abord serrées, puis très peu nombreuses à la partie antérieure, où leur base est cachée par un rebord qui gagne en diagonale l'extrémité gauche du corps et s'y termine en une légère saillie ; cette dernière alors recouvre la membranelle terminale. Cytoplasme grisâtre. Noyau en fer à cheval, long et étroit, avec un micronoyau très pâle en dedans de la courbure. Vésicule contractile très grande, sur la droite et au niveau du tiers postérieur de l'animal.

Largeur 60 à 65 ix. — 11^1! ^' A^l Mdli I l\lir tcx~^=^^-^'=°T!!<<[V\

Mousses^ \ii^^-W iïl Mfîlt )77777)\^

Fig. 230. — Euplotes terricola

Au printemps de 1918, on trouvait cet Infusoire en assez grand nombre dans les mousses d'un vieux mur ombragé, à Florissant. A première vue, on y constate une certaine ressemblance avec l'Euplotes charon, bien qu'il soit d'une taille beaucoup plus faible; mais à peine le voit-on de côté, qu'on est frappé de la convexité très fortement accusée de la face dorsale (fig. 3), comme aussi de la forte saillie des arêtes qui la recouvrent, et qui figurent de véritables ailettes; à leur base, on remarque de distance en distance de petites rosettes formées chacune de trois à sept grains clairs. Le rebord antérieur du corps, crochu sur le côté droit, et sous lequel se cachent les grandes membranelles, va rejoindre en ime ligne diagonale descendante les lamelles du péristome, très fortes elles-mêmes et qui s'étendent jusqu'au delà du milieu de la longueur de l'animal.

La vésicule contractile est immense ; le noyau (fig. 4), en fer à cheval étroit et long, porte dans sa longueur une série de petits nucléoles; le micronucléus est extrêmement pâle, et ne se voit que difficilement.

A la fin d'avril, la division s'est montrée fréquente; pendant qu'elle s'opère, les cirrhes perdent leur disposition régulière, et ne la reprendront que plus tard; dans les jeunes individus le péristome est très allongé, s'étendant jusque vers l'extrémité inférieure du corps.

L'animal court très vite, comme une petite souris, s'arrêtant à chaque instant toutà-coup, pour reprendre bientôt sa marche. Quand on vient tout juste de l'isoler, et que le couvre-objet retombe sur la goutte d'eau claire, il s'arrête comme hébété, et reste indéfiniment immobile, quoique parfaitement sain et non comprimé.

Aspidisca marsupialis sp. n.

Corps ovalaire, large ; face dorsale convexe, parcourue de quatre stries longitudinales, et fortement renflée à gauche par le fait de la convexité même de la cage buccale ; face ventrale plane, arrondie et relevée d'une arête régulière sur son bord droit ; fortement renflée dans sa moitié postérieuse de gauche pour former une sorte de cage dans laquelle battent les membranelles du péristome. Ce dernier ne s'étend que sur le bord gauche du corps, et n'est plus représenté que par un pinceau de membranelles très fines logé dans une fossette latérale sous la pointe extrême de l'animal, et plus bas, dans la moitié postérieure du corps, par de grandes membranelles emprisonnées dans la cage buccale. Le bord droit de cette cage s'étale en une large lame sur une partie de la face ventrale, et se prolonge en arrière en une arête qui va rejoindre, en bas et à gauche, l'extrémité du corps. Sept cirrhes frontaux, très fortement développés; cinq cirrhes anaux, très forts

également, recouverts à la base par la lame ventrale. Noyau très pâle, en ruban recourbé long et étroit. Vésicule contractile à droite dans la partie postérieure du corps. Longueur 27 à 30 \i.

Cette espèce, d'une taille extrêmement faible, se distingue avant tout par deux caractères importants : d'abord par le développement excessif de la plaque protectrice ventrale, qui s'étend loin sur la gauche en se renflant considérablement (fig. 1); ensuite par la structure et la forme de la zone adorale : à l'extrémité antérieure et à gauche du corps, la ciliation en est réduite à un pinceau de cils (fig. 1), logés dans une fossette que surmonte une arête étroite ; beaucoup plus bas, c'est une rangée de fortes membranelles,

mais emprisonnées dans une véritable cage que recouvre d'un côté la plaque ventrale et de l'autre l'arête gauche du corps; entre cette cage et la touffe antérieure des cils, il n'y a pas de communication; seule une faible ligne de suture semble indiquer une liaison primitive entre les deux systèmes (fig. 1). La face dorsale est parcourue de quatre stries longitudinales, mais très fines, à peine visibles; des sept gros cirrhes antérieurs, le plus haut, très grand, se dirige normalement bien loin vers la gauche; la vésicule contractile, Fig. 231. — Aspidisca marsupiaiis à droite et dans la partie postérieure

du corps, est souvent accompagnée d'une vésicule accessoire. Le noyau est très pâle, et malgré la transparence de l'animal, il reste à peu près invisible sur le vivant.

Le petit être court incessamment, tiépigne, et se meut sur les plantes aquatiques comme avec des pattes (fig. 3). Je ne l'ai trouvé, assez rare, que dans l'étang de Florissant, en mars 1918.

QuENNERSTED a décrit en 1869 deux Aspidisca, l'une, Aspidisca hexeris, de 50 (x de longueur, l'autre, Aspidisca sedigita, de 73 (x, qui me paraissent rappeler d'assez près V Aspidisca marsupiaiis, mais sur lesquelles les données sont trop insuffisantes pour que j'aie cru pouvoir réunir cette dernière à l'une ou l'autre d'entre elles.

La fig. 1 montre l'animal par la face ventrale; dans la fig. 2, c'est la face dorsale; en 3, l'individu se voit par le côté.

Péritriches

En abordant les Péritriches, il est certaines considérations relatives au groupe entier, sur lesquelles je voudrais m'arrêtcr un instant :

1" Dans la détermination des espèces l'on a souvent à décider, d'après les tables analytiques, si le corps est lisse ou .strié en travers; or, il est loujours strié en travers; c'est là un fait général, auquel pour mon compte, je n'ai trouvé qu'une seule exception, la curieuse Spirochona, et encore n'est-ce pas là une exception vraie, la Spiroclwna n'ayant à mon avis avec les Péritriches qu'une parenté des plus douteuses.

2° D'après les recherches les plus récentes, il semblerait que la zone adorale n'est pas formée, comme on l'a cru si longtemps, de deux rangées de cils, mais plutôt de deux membranes ondulantes, (Maier 1903, Schrôder 1907), l'une interne et l'autre externe, entourant le disque péristomien. Je ne serais pas étonné si l'on devait revenir un jour sur ces appréciations; pour moi, il y aurait en principe des cils soudés entre eux .sur une plus ou moins grande longueur; très rarement, comme p'ar exemple dans quelques Lagenophrys,, la soudure serait complète et l'on aurait une membrane continue (1); mais beaucoup plus souvent les cils seraient libres par leurs extrémités, et sur une longueur variable suivant les espèces.

(1) Dans Gtossatella, c'est bien certainement une membrane continue, et d'une nature un peu spéciale.

Spirochona gemmipara Stein 1851

Corps allongé, fusiforme, tronqué en arrière et fixé au soutien par un disque adhésif; renflé à mi-hauteur puis se rétrécissant rapidement vers la partie antérieure, mais pour s'élargir brusquement en un vaste entonnoir ou cornet formé par le rebord du péristome, ce dernier s'y enroulant sur trois tours environ de spire, dont le plus interne est le plus haut également. Le fond de l'entonnoir est tapissé de cils très courts et très fins, disposés suivant des lignes parallèles très serrées, constituant toutes ensemble un ruban ou zone adorale, très large. La bouche occupe le fond de l'entonnoir, et se continue plus bas en une cavité pharyngierme profonde. Noyau voisin de la cavité pharyngienne, ovoïde, divisé par une cloison en deux régions distinctes, l'une claire, l'autre fortement granulée. Vésicule contractile près de l'extrémité du pharynx; souvent une vésicule accessoire.

Longueur 90 à 120 (x. — Branchies du Gammarus pulex.

Il est peu d'Infusoires qui aient donné lieu à d'aussi importants travaux ; Claparède et Lachmann (1858-1861), Bûtschli (1877), R. Hertavig (1877), S. Kent (1880), Balbiani (1895), tous ces noms devraient faire hésiter de nouveaux observateurs; et pourtant, j'oserai me demander si cet Infusoire est bien vraiment un Péritriche?

S'il est regardé comme tel, c'est à cause de la spire adorale. Mais cette spire, est-elle vraiment comparable à celle des Voriicelles? ici c'est le corps même qui s'enroule en cornet, et dans les Péritriches, il ne s'enroule pas du tout; et quant à la ciliation, il n'y a, me semble-t-il, rien qui rappelle ici la zone adorale des Péritriches; on y trouve plutôt un ruban, qui part brusquement du fond de la fosse buccale, et fait un tour et demi, couché sur les parois internes de l'entonnoir; ce ruban, alors, est strié dans sa longueur, et toutes ces stries parallèles sont couvertes de cils très courts et serrés (fïg. 4).

Il y a loin, semble-t-il, de là à une zone adorale spiralée; mais par tout le reste, par son organisation tout entière, la Spirochona s'éloigne encore des Péritriches. Le corps est lisse, non strié; il n'est pas rétractile; il possède un noyau d'une structure toute spéciale, du type « cloisonné »; il se fixe par un disque adhésif radié (fig.

autorise la comparaison, au

Fig. 232. — Spirochona gemmipara

4) que l'on a comparé, mais sans que rien absolument disque adhésif des Trichodina. Son mode de reproduction n'appartient qu'à lui; la conjugaison est tout-à-fait spéciale; le bourgeon cilié, s'il fallait le comparer à quelque chose, rappellerait, plutôt que les Vorticelles, les embryons des Tentaculifères (Dendrocometes); et vraiment, on pourrait se demander s'il n'y aurait pas dans la Spirochona un organisme tout spécial, qui formerait à lui seul un ordre, l'ordre des Scaïotriches si l'on veut, mais qui serait tout-à-fait à part.

Cependant, je me garderai d'insister sur le sujet, et sans vouloir m'étendre longuement sur l'organisation générale de l'animal, je me contenterai de passer en revue les figures que j'ai cru pouvoir reproduire ici.

La fig. 1 donne une vue d'ensemble de l'animal; dans la fig. 2 nous avons le noyau, divisé en deux parties bien distinctes, l'une arrondie, très claire, renfermant un nucléole central, l'autre granulée, et qui recouvre à moitié la première, comme un croissant.

Plus bas, dans la fig. 3, le disque fixateur est représenté de face; on y voit seize

baguettes radiaires, mais arrangées par groupes de deux, c'est-à-dire comme 8 V disposés en un cercle.

La flg. 4 semble n'être que très peu en accord avec ce que l'on a décrit jusqu'ici de la ciliation générale; le ruban cilié part brusquement du fond de l'entonnoir, et les stries qui le recouvrent sont parallèles les unes aux autres, sans décrire cette spirale serrée qu'on leur reconnaît habituellement. De plus, l'on voit sur l'autre côté de l'entonnoir une large plage arrondie, nettement délimitée, et constituée par une série de baguettes vibrantes, qui semblent n'avoir pas de relation avec le ruban cilié, et dont la signification m'est restée énigmatique.

Le jeune individu, tel qu'il s'échappe du corps maternel au terme du bourgeonnement, est représenté par les fig. 5 et 6; dans la première, il est vu quelque peu de côté, dans la seconde, l'oeil plonge dans l'excavation ventrale; tous deux renferment plusieurs vésicules contractiles, mais dont une seule, plus active que les autres, subsistera; on y remarquera également la fossette postérieure spiralée, où des cils plus longs que les autres battent en moulinet, et qui, se détachant toujours plus de la fosse, deviendra tout-à-fait postérieure et se convertira en disque adhésif (1).

Les fig. 7 et 8 appellent quelques explications :

A la p. 1257 de son grand ouvrage (Protozoa), Bûtschli, en traitant de la fixation, écrit : « Die zur Befestigung diedende Grube gestaltet sich zu einer urspriinglich relativ ansehnlicheren Haftscheibe, welche, entweder eine Art cuticularen Haftrings (àhnlich dem der Urceolarien), oder einen Kurzen Stiel (âhnlich wie bei einer Kurzgestielten EpistijlisJ ausbildet. » Il y a là une confusion : le pédoncule, le « Stiel », quand il existe, ne résulte pas du développement de la plaque adhésive; il représente, à lui seul, tout ce qui reste d'un individu mère, dont le jeune va se détacher. En 1886, Plate, rapporte déjà un fait analogue, et figure une Spirochona (pi. 7, fig. 43) occupée à former un dernier bourgeon, et où l'on voit « das Mutterthier zu einem einfachen Plasmaklumpen reduciert.» Le bourgeon, en effet, prend nécessairement pour lui une partie de la substance maternelle ; dans les cas normaux, il se détache avant d'avoir fait grand mal au parent, mais souvent aussi il l'épuisé, et à mesure que lui-même augmente de volume, la mère diminue de taille, se résorbe, et cela de différentes façons. Dans la fig. 15, par exemple, la spirale antérieure est encore reconnaissable; le noyau passe en grande partie dans le bourgeon (fig 16, le

noyau un instant après); la fig. 11, par contre, indique un mode de résorbtion plus curieux, et que j'ai pu étudier sur toute une série d'individus : la spire orale se détruit, l'animal devient tubulaire, et semble un organisme tout différent. Si l'on suit de près un de ces individus, cependant, on voit cette sorte de tube oral se rétrécir encore, s'affaisser sur lui-même, et finir par n'être plus qu'un petit bouton; l'individu que montre la fig. 12, par exemple, trouvé tel à 10 heures, était à 2 h. 1/4 ce que montre la fig. 13, et à 4 heures c'était la fig. 14. Mais alors, dans ces cas là, il se trouve que la partie inférieure du corps maternel subsiste pendant un temps fort long, sous la fornie d'une simple tige, et un moment arrive, où le jeune individu complètement formé mais fixé encore au parent, n'a plus rien à prendre; il se montre alors tel que la fig. 7, ou bien, mieux encore, tel que la fig. 8, comme un individu pédoncule, qui se

Flg. 233. — Spirochona gemmipara

(1) On lira avec Intérêt les pages 1256 et 1257 que Bûtschli a consacrées au bourgeonnement, et sur lesquelles Je ne suis pas en mesure d'apporter des éclaircissements; cependant, tout en admettant volontiers la transformation de lu fossette basale en disque adhésif — transformation que mes observations semblent en effet confirmer — Je ne serais pas du tout disposé à y voir l'homologue de la ceinture postérieure des Vorticelles.

détachera de sa tige, mais peut-être beaucoup plus tard. Ces phénomènes spéciaux, il faut l'ajouter, sont rares, mais sur un certain Gammarus, j'ai trouvé les branchies si bien garnies d'individus semblables à la fig. 8, qu'au premier moment j'ai cru à une espèce spéciale. Tout près, on trouvait des pédoncules abandonnés, plus ou moins flasques et rabougris, avec leur disque adhésif encore nettement marqué.

La conjugaison n'est pas très rare, surtout — peut-être exclusivement — entre petits individus, lorsqu'ils se trouvent par hasard côte à côte; on les voit alors se souder par les bords de leurs cornets spirales, qui se confondent toujours plus, puis l'un d'eux quitte le substratum, en y laissant son disque adhésif, et l'autre le soulève et l'emporte, comme un lutteur qui lèverait son adversaire au-dessus de sa tête; bientôt les deux individus ne font ensemble qu'une ligne droite (fig. 9); celui qui doit être absorbé résorbe complètement son cornet spirale, l'autre le modifie, en fait une sorte de coupe, dont l'individu plus petit occupe le fond, pendant que tout autour les cils battent dans une rainure circulaire; l'individu supérieur, enfin, s'arrondit et se réduit toujours plus (fig. 10), pour finir par être résorbé complètement.

La Spirochona gemmipara borde comme d'une frange plus ou moins serrée les branchies du Gammarus pulex; le Gammarus se trouve dans tous les ruisseaux; mais il est encore plus rare de trouver un Gammarus sans Spirochona qu'un ruisseau sans Gammarus.

Anhymenia Steini (Cl. et L.) Fabre-Domergue 1888 Trichodina Steinii Cl. et L.

Corps discoïdal, fortement aplati, légèrement convexe à sa face supérieure. Cette dernière porte à son bord une couronne adorale décrivant trois quarts de tour. La face inférieure est bordée également d'une couronne postérieure de longs cils. Vestibule très long, étroit, à direction transversale, et suivi d'un pharynx bien développé; grande vésicule contractile, voisine de la cavité pharyngienne à sa jonction avec le vestibule. Noyau étroit, recourbé, à disposition transversale. La face postérieure du corps est tout entière occupée par un disque adhésif convexe vers le haut, pourvu de pièces dissociées, formant un cercle de petits appareils radiaircs dont chacun comprend une dent externe recourbée en un large crochet, une dent intermédiaire rectiligne et à direction tangente, et une dent rectiligne interne à direction centripète.

Diamètre, 60 à 75 (x. — Commensal sur Turbellariés (?).

Ce curieux Péritriche vit en général en commensal sur la peau des Turbellariés d'eau douce. Ces derniers devaient certainement exister dans l'étang de Florissant où j'ai récolté mes Infusoires, mais ils ne se sont alors pas montrés; toutes les Anhymenia ramenées au hasard des paquets de conferves où plongeait mon filet, étaient malades ou affaiblies, ou souvent on n'en trouvait que les parties dures, la capsule striée, avec ou sans le diaphragme sur lequel cette capsule repose par ses bords.

Mes observations se sont alors presque entièrement bornées à l'étude de l'appareil adhésif; et pour les faits relatifs à l'activité de l'animal, je m'en rapporterai à ce que l'on en connaît déjà, comme aussi à mes souvenirs. Dans les années 1900 à 1902, en effet, j'avais trouvé à diverses reprises la Trichodina pediculus sur les hydres blanches du fond du lac de Genève, et sans l'étudier — car tous mes soins étaient alors aux Rhizopodes — j'avais suivi avec intérêt ses évolutions.

James Clark a donné une description admirable de cette capsule des Trichodines, rigide, en apparence chitineuse, mais en réalité résultant d'une condensation du plasma, et sur laquelle l'animal repose tout entier comme sur un plancher; et renvoyant à l'auteur américain pour les détails les plus intimes, je tâcherai de la décrire à mon tour, un peu plus brièvement.

Supposons que nous détachions d'un globe de verre creux une large calotte, et que nous fassions reposer cette calotte par son bord, c'est-à-dire comme une soucoupe retournée face à la table, sur une plaque circulaire percée d'un large orifice central, autrement dit sur un diaphragme, et nous aurons les deux parties constituantes de l'appareil basai de V Anhymenia.

Reprenons alors la capsule, et mettant la pointe d'un compas en son centre, décri-

vons de l'autre pointe une ligne circulaire, à peu près à égale distance du centre et du bord. Cet anneau, c'est ce que nous trouverons sur la capsule de V Anhymenia, mais alors, ce que nous verrons ce ne sera pas un simple trait, mais une suite de petits éléments en forme de V, couchés sur une ligne circulaire fictive, et qui, au nombre de vingt-quatre à trente (suivant les individus examinés) s'engrènent les uns dans les autres; de plus, de l'extrémité de chacune des branches du V, nous verrons partir une tigelle radiaire;

celle de la branche externe est centrifuge et se dirige vers le bord de la capsule, celle de la branche interne est centripète et en montre le sommet. Mais examinons les choses de plus près, et reprenons l'un des éléments de ce ruban médian, l'un des V et ses annexes (fig. 3, à droite) :

Nous y verrons tout d'abord que le V n'est pas fermé, qu'il y a là, en réalité, deux baguettes dont celle de dessous, la plus interne, va s'appuyer sous l'extrémité de celle de dessus, la plus externe, cette baguette ou branche plus une pièce séparée que

• n-^ririi.

FIg. 234. — Anhymenia Stetni

mais sans qu'il y ait soudure (1); à l'autre extrémité de externe du V et faisant avec elle un angle droit, ce n'est

nous trouvons, mais bien un diverticule radiaire, qui fait corps avec la branche du V par l'un de ses côtés, le plus externe, ce diverticule est droit, par l'autre, il est droit d'abord, mais bientôt s'élargit en une courbe régulière, s'étale toujours plus, si bien que le diverticule tout entier pourrait se comparer à une hachette; et le tranchant de la hache, alors, va reposer à plat sur le diaphragme dont il sera question tout-à-l'heure. Quant à la baguette opposée, centripète, elle est libre, non soudée, et part de la branche interne du V un peu en arrière de son extrémité (fig. 3).

D'après J. Clark, ces deux pièces radiaires sont bordées d'une sorte de voile, ou de menibrane très fine, qui « dans les animaux sains, semble remplir tout l'espace entre les rayons. » C'est bien là ce que j'ai trouvé dans V Anhymenia; mais il y a plus encore : en réalité, chacune des pièces repose sur une écaille, d'une finesse extraordinaire, ou plutôt elle n'est qu'un relief de l'écaillé elle-même, et toutes ces écailles sont soudées par leurs bords; et même, l'espace central, que laissent entre eux les rayons centripètes, n'est pas libre, ou n'est pas lisse; c'est un plancher, formé de pièces vaguement hexagonales et soudées les unes aux autres en une membrane solide (fig. 3); extraordinairement minces, d'ailleurs, et qu'on ne découvre qu'avec la plus grande difTTiculté, mais dont je puis donner l'existence comme certaine.

Considérons maintenant le diaphragme, sur lequel repose la cupule ornementée dont nous venons de parler : Il est strié en travers sur ses deux faces, et d'une manière différente sur chacune d'elles. D'après J. Clark, la face supérieure du diaphragme compte environ quatre-vingt-seize stries, qui sont arrangées d'une manière si régulière, que deux d'entre elles traversent l'intervalle entre deux des « crochets » ou « hachettes », et que deux autres viennent butter contre la lame étalée de ceux-ci; toutes, elles se dirigent vers le bord du disque. Quant à la face inférieure du diaphragme, beaucoup plus visible que l'autre, les stries y sont trois fois plus nombreuses encore, et il est extrêmement difficile de les compter. Mes observations, je l'ajouterai, confirment pleinement celles de l'auteur américain; comme dans la Trichodina pediculiis, nous avons ici, en définitive, un matelas, dont les deux faces sont pourvues de stries radiaires très régulièrement disposées.

En résumé, cet appareil si complexe consiste en une cupule à reliefs formant ensemble

(1) Jambs Clark ûgure ici (dans la Trichodina) un système d'engrenage un peu plus compliqué.

Plg. 23S. — Anhymenla Stelni

une sorte de clavier, et reposant sur un diaphragme, qui lui-même représenterait un clavier circulaire à touches rayonnantes et en nombre considérable.

Maintenant, quelle est la signification de cet appareil vraiment extraordinaire, ou, pour nous servir de l'expression de Fabre-Domergue : « Par quel mécanisme l'appareil fixateur remplit-il les fonctions qui lui sont assignées? » « La capsule striée représente une véritable petite ventouse » — dit encore l'auteur français, et comment cette ventouse fonctionne-t-elle? A cette question, personne n'a répondu; chacun peut-être, s'est fait une théorie, mais tous ont craint de la formuler. Comme tant d'autres j'ai cherché une explication, et alors, sans trop hésiter, je voudrais considérer l'hypothèse à laquelle j'ai cru pouvoir m'arrêter.

Remarquons tout d'abord que nous n'avons pas là une ventouse vraie. Que la cupule puisse fonctionner comme telle, dans certaines circonstances, lorsque le repos est complet, c'est possible; mais dans l'état d'activité de l'animal, c'est une ventouse mobile, qui court en même temps qu'elle tourne comme une toupie; et une ventouse vraie ne peut pas courir. L'adhérence, en fait, n'est pas absolue, plutôt l'animal semble-t-il attiré par le substratum, y courir comme sur un plancher et ne le quitter qu'à regret. Si nous observons par exemple une Trichodina

pediculus obligée pour une raison ou une autre de quitter l'hydre qui la porte, nous la voyons s'en rapprocher aussitôt, s'abattre sur son hôte, et tout cela grâce à l'activité de sa couronne postérieure de cils, très puissante et dont l'efficacité est tout autre que ne pourrait l'être celle des cils adoraux, très faibles dans les Tiichodinés. Or la couronne postérieure, telle qu'on la connaît dans les Péritriches à l'état errant, porte toujours l'animal en avant, en avant d'elle-même, bien entendu, les cils montrant une direction centrifuge par rapport à l'animal. Donc, l'action de la couronne est toujours telle, qu'elle ramène la Trichodine à son hôte, et plus est grande l'activité des cils, plus l'adhérence sera complète; et si cette adhérence est trop forte, elle sera nuisible, en empêchant les déplacements sur la surface de contact, la course sur l'hôte lui-même. Cette action nuisible de la ventouse doit alors être contrebalancée par une autre, par un dispositif qui tendrait à éloigner l'animal du soutien; et ce dispositif quel est-il alors? la couronne adorale, qui tend, elle, à porter le corps dans une direction diamétralement opposée à celle que lui fait prendre la couronne postérieure? C'est possible, mais improbable, semble-t-il; cette couronne est très faible, et en outre, on sait que dans les Péritriches à l'état errant, la couronne adorale est sans action, repliée et représentée tout au plus par quelques cils qui traînent en arrière. La couronne postérieure elle-même, qui pourrait diviser ses fonctions, battant en avant dans certaines régions et en arrière dans d'autres, suivant que le besoin s'en ferait sentir? C'est possible encore, mais très improbable également ; et alors, il resterait la cupule striée, dont la structure compliquée trouverait là son explication.

Mon hypothèse, alors, serait la suivante :

Les pièces de la capsule, appuyées sur le diaphragme, y jouent comme sur un clavier, abaissant vivement, aux points sur lesquels l'adhésion de l'animal à l'hôte menace d'être trop forte, une portion de ce diaphragme, laquelle pressant sur le liquide, provoque un recul, c'est-à-dire, en fait, un relèvement de la capsule; peut-être même, pendant la rotation de l'animal sur son axe, la pression courrait-elle comme une vague sur le diaphragme strié, lequel agirait avec un effet contraire à celui de la couronne ciliée. La fig. 4, qui peut être considérée comme une coupe schématique de la capsule et du diaphragme, donnera une idée du mécanisme supposé; à gauche, le diaphragme vient d'être repoussé, de haut en bas; à droite, il revient, de bas en haut, à sa position naturelle, c'est-à-dire, se relève vers le fond de la cupule.

Il faut, du reste, nous entendre sur cette expression de clavier; il n'y a pas là de clavier véritable, pas de crochets ni de baguettes agissant vraiment les uns sur les autres, comme leur disposition semblerait le faire croire ; ces ornements en relief ne font en réalité que donner plus de solidité à l'appareil, et en même temps les pièces sont telles qu'elles

circonscrivent la pression sur une aire limitée. Si nous supposions, par exemple, une sphère creuse de caoutchouc et que nous la poussions du doigt, la dépression produite s'étendrait sur une moindre surface dans le cas où le caoutchouc serait supporté par une armature de baleines. Il en serait de même dans la cupule; et en même temps le diaphragme, le matelas mince, qui doit être souple et solide en même temps, serait raffermi sur ses deux faces par les fibrilles radiaires, élastiques, qui le strient dans sa largeur.

D'après Clark, en tout cas, « la membrane striée est très flexible et on la voit fréquemment onduler. » (1)

Telles sont les idées auxquelles j'ai fini par être conduit; une simple hypothèse, d'ailleurs, et en faveur de laquelle je ne trouve guère que la complexité même de tout cet appareil, qui doit avoir un but; ajoutons que dans cette famille des Urcéolaires qui rappelle les Trichodines de si près, Fabre-Domergue (1888) a décrit toute une série de formes de passages qui montrent un perfectionnement graduel dans l'appareil denticulé, série dont la Trichodina serait le terme le plus avancé; et si l'on pouvait arriver à montrer que dans ces organismes le degré de complexité de l'appareil va de pair avec une plus grande perfection dans l'activité de l'individu lui-même, un pas de plus serait fait dans la question.

Comme il a été dit plus haut, seuls des individus malades ou fatigués ont été rencontrés; la fîg. 1 représente l'un d'eux; on y remarquera l'apparence particulière de la cupule vue à peu près par le côté; puis le noyau, très pâle, en fer à cheval, et qui n'est pas muni — comme on le dit couramment — de renflements et d'étranglements réguliers ; puis enfin la couronne vibratile postérieure, dont les cils battent en vagues successives. Dans la fig 2, une partie seulement de l'animal, vue d'en haut, a été indiquée ; en 3, une petite portion de la cupule, plus grossie; la pièce de droite a été représentée en noir, pour mieux en mettre en évidence les détails; plus bas, on voit les écailles très fines qui tapissent le fond de la cupule.

Gerda ambigua sp. n.

Corps transparent, très contractile, conique à l'état de contraction, cylindrique à l'état d'extension; étalé sur son soutien en un large disque adhésif. La surface du corps est couverte de stries transversales, très fines, difficilement visibles. Bordure péristomienne faiblement marquée; disque étroit, peu élevé; membrane ondulante bien développée. Noyau très long, étroit, longitudinal, recourbé et ramassé sur lui-même vers l'extrémité postérieure du corps. Une grande vésicule contractile à proximité du pharynx.

Longueur 65 (t, à l'état d'expansion maximum.

Le genre Gerda existe sans doute, mais il a donné lieu à des erreurs sans nombre, et pour mon compte je m'en rapporterais volontiers aux appréciations de Bûtschli, lorsqu'il

dit : « Weder die von d'UoEKEM, noch die von Phillips, Kellicott und Stokes beschriebenen sogenannten Gerdaarten scheinen hierher zu gehôren. » La plupart de ces espèces, en effet, me paraissent fondées sur la rencontre d'individus appartenant à des Cothurnia ou à des genres voisins, et qui avaient abandonné leur coquille.

Faut-il en dire autant de l'Infusoire que j'ai trouvé, seul et unique, le 7 juin 1913, Fig. S3e. — Gerda ambigua dans les Sphagnum a'une tourbière à

Châtcl-Saint-Denis? Je ne le crois pas, car cet individu, je l'ai conservé jusqu'au 11 du même mois, soit cinq jours, et pour le perdre ce jour là encore en bonne santé. Tantôt, alors, il courait, sous la forme qu'indique la fîg. 3, et, il faut le remarquer, au moyen des cils de sa couronne adorale, car il n'y

(1) Quant aux reliefs de la cupule, Clark suppose, d'après l'agencement des pièces < that this complicated ring may be enlarged or diminiilied at the will of the animal. •

avait pas de ceinture postérieure ; tantôt il restait fixé, largement étalé (fig. 1, 2, 4), et de temps à autre il se contractait subitement, jusqu'à en prendre la forme indiquée par la fig. 2. Tout cela, les Cothurnidés errants sont incapables de le faire, et d'ailleurs, au second jour, ils meurent ou se construisent une logette.

Le noyau, dans cet individu, était en fer à cheval, ramassé sur lui-même, tout près de l'extrémité postérieure, dans une région où s'accumulaient également des grains et des vacuoles ; de ces vacuoles on voyait partir une ligne claire, « un canal » comme l'indiquent mes notes prises à cette époque, qui rappellerait d'assez près le canal signalé par Claparède et Lachmann, et qui relierait la vésicule contractile, postérieure, avec le vestibule. Dans le Gerda ambigua, cependant, la vésicule contractile, parfaitement normale, était tout près du vestibule, et il en aurait fallu supposer une autre, ou plusieurs autres (ou des vacuoles nourricières) en arrière. De plus, le noyau, suffisamment distinct dans le bas, semblait se prolonger tout droit vers la partie antérieure, comme une ligne très pâle également, en bordant le canal, et tout cela si peu distinct, qu'il reste encore à décider s'il y a là un canal et un noyau, ou bien un canal ou un noyau. En tout cas, l'espèce est à revoir.

Glossatella tintinnabulum (Kent) Bûtschli 1889 Spirochona tintinnabulum Kent 1882

Corps urcéolé, rétréci fortement dans sa moitié postérieure et se terminant en un pied muni d'un disque adhésif très mince. Stries transversales généralement très peu accusées, mais souvent aussi très nettes. Disque ciliaire convexe, faiblement acuminé. Vestibule large et court; pharynx peu accusé. Membrane ondulante énormément développée, peu élevée à sa sortie du vestibule puis faisant un peu moins d'un tour en augmentant graduellement de hauteur, jusqu'à dépasser la moitié de la longueur du corps, et plongeant enfin brusquement dans le vestibule sur la paroi opposée à celle du point de départ. Noyau triangulaire, dans la partie postérieure du corps; micronoyau adjacent. Vésicule contractile près du vestibule.

Longueur 30 à 43 (x.

Branchies des jeunes Tritons; quelquefois sur les pattes et la peau.

Cette espèce est peu connue, et surtout très mal figurée en général ; elle est commune, pourtant, et sur les larves des Tritons, on a toutes les chances de la rencontrer, soit sur les branchies, «oit sur le corps même de l'hôte, au voisinage de la tête. Je l'ai récoltée à Pinchat, à Florissant et à l'Ariana.

Le corps est très clair, très pur; toute sa partie antérieure, cependant, est normalement remplie de boulettes pâles, tandis qu'en arrière le cytoplasme est beaucoup plus clair, renfermant pourtant en général des petits grains brillants plus ou moins nombreux. Le noyau, triangulaire d'aspect, mais d'ailleurs assez variable de forme, est extrêmement pâle, finement granulé, et accompagné près de sa pointe d'un petit micronucléus, difficile à distinguer; il se trouve toujours dans la partie postérieure du corps, au-delà d'un sillon transversal (fig. 1) qui d'ailleurs peut manquer, mais que l'on trouve sur plus de la moitié des individus, et qui représente le premier vestige d'une ceinture ciliaire. La vésicule contractile, normale, est tout près du vestibule. La membrane ondulante, énormément développée, et telle qu'on ne la trouve dans aucun autre Péritriche, s'élève jusqu'à une immense hauteur, puis de son point le plus élevé, décrit une courbe rentrante et vient plonger en diagonale droit jusqu'au fond du vestibule. Elle semble être toujours parfaitement immobile, et fonctionner comme un entonnoir.

Le corps en forme de poire se rétrécit en arrière en un véritable pied, qui n'est pas simplement « renflé et tronqué postérieurement, formant ainsi un disque adhésif» (André), mais sa troncature même repose sur un disque, très mince, réfringent, qui s'interpose entre le substratum et le pied (fig. 1).

La membrane tégumentaire, striée plus ou moins nettement, est très épaisse, presque rigide, et après la mort on peut voir le corps tout entier se rétracter à l'intérieur de son enveloppe, comme dans une capsule rigide.

La division est sans doute longitudinale, comme le dit Roux, et non pas transversale comme le veut S. Kent; cependant, pour mon compte je n'ai pas eu l'occasion de voir

LES INFUSOIRES d'eaU DOUCE 16

cette division s'opérer sous mes yeux; probablement, comme dans tant d'autres Péritriclies (Ophrydium en particulier), doit-elle être extrêmement rapide; mais j'ai trouvé par contre des couples, unis tout juste par leur pied, et qui indiquaient sans doute une division achevée, après laquelle le couple restait en place pour longtemps. Chose curieuse, dans tous les couples rencontrés, (trois ou quatre seulement), l'un des individus était plus

petit que l'autre, et parfois dans d'assez fortes proportions (fig. 5); nous reviendrons dans un instant, à propos de la copulation, sur la signification de ces petits individus.

Mais si le phénomène de la division est d'occurence assez rare, il en est un autre auquel on peut assister beaucoup plus fréquemment : c'est celui de la transformation de l'individu fixé en individu nageur; l'animal — en tout cas lorsqu'il est inquiété, isolé avec changer de place et, se sont succédé par

Fig. 237. — Glossatella liniinnabulitm

aime a

un fragment de branchie sur une lamelle évidée —

le fait sans difTiculté. Suivons alors les événements, tels qu'ils

exemple dans l'individu représenté par les fig. 1 à 4 :

Trouvé le 4 juillet à 3 h. 1/2 à l'état parfait, mais déjà avec un sillon circulaire, qui indiquait un prochain changement, à 4 h. 20 il n'avait guère varié d'apparence, sauf que la bordure péristomienne commençait à s'arrondir; la ceinture ciliaire, par contre, s'était développée; on la voyîdt secouée de longues vibrations. A 4 h 50 le péristome s'était fermé, les membranellcs de la ceinture battaient vigoureusement; le pied se rétrécissait à son point de fixation, comme si la substance même du disque se liquéfiait en une pâte molle (fig. 2). A 5 h. 05, la fixation n'était plus réalisée que par un bouton visqueux, qui s'allongeait toujours plus. A 5 h. 10, l'animal avait la forme que représente la fg. 3; le corps s'était considérablement élargi, et en même temps ramassé sur lui-même; mais sa partie postérieure restait très longue, étirée par la vibration de la ceinture maintenant très développée et qui se révélait comme une véritable membrane ondulante déchiquetée, sur laquelle les ondulations se répandaient comme autant de flammes successives. A ce moment aussi toute cette membrane vibrante .se retourna (fig. 4), les pointes des flammes montrèrent la partie antérieure de l'animal, tendant à le séparer définitivement du soutien; mais dans ce cas spécial le petit être, en suite des conditions défavorables, avait perdu de sa force, la couronne de flarrmies perdit de son activité, et l'animal périt sans avoir pu se détacher. Dans plusieurs autres occasions, cependant, mais où l'animal a été surpris tout près de la fin de la transformation, j'ai vu l'individu quitter le soutien, et une fois libre se contracter sur lui-même, jusqu'à devenir presque discoïde, et rappeler même d'assez près les embryons de certains Tentaculifères (Dendrosoma radians).

Dans la fig. 6 ,nous avons sans doute un cas de copulation, le seuJ qui ait été observé; et à ce propos, je ne .serais pas étonné si le copulateur n'était autre que l'un de ces petits individus nés de division, et dont il a été question plus haut ; seulement, étant donné la taille ici plus faible encore, il faudrait supposer plusieurs divisions successives, les gamètes représentant une troisième ou même une quatrième génération.

Il y aurait là un phénomène analogue à celui que nous décrirons bientôt dans la Cothurnia crystalliiui, où quatre générations .se succèdent dans l'intérieur même de la coquille, les individus devenant à la fin extrêmement petits, et devant fonctionner plus tard, suivant toute apparence, comme gamètes copulateurs.

Vorticella monilata Tatem 1869 Vorticella lockwoodii Stokes 1884 d (1888 p. 238)

Corps campanule, métabolique et variable de forme, allongé, court, inégal ou bosselé. Bords du péristome formant un bourrelet épais, souvent renversé en dehors. Surface du corps recouverte de perles ou de pustules très variables de volume, disposées avec un ordre plus ou moins parfait sur les stries normales de la cuticule. Disque très élevé sur l'un des côtés; sa surface est plane ou très légèrement convexe. Vestibule et pharynx normaux. Deux vésicules contractiles, l'une et l'autre sur une même ligne à la hauteur du pharynx, et se déversant dans un réservoir bien distinct, réticulé. Noyau très long, partant de l'extrémité antérieure du corps où il est d'abord logé dans le disque, et se recourbant pour prendre une direction verticale, puis descendre, et remonter sur l'autre côté. Tige vigoureuse, deux fois environ aussi longue que le corps.

Longueur 60 à 80 (x.

Cette Vorticelle a été décrite en 1870 par Tatem, qui n'en fait qu'une variété de la Vorticella convallaria. En 1884, Stokes décrivit une Vortic. Lockwoodi, mais plus tard, après avoir pris connaissance du travail de Tatem qu'il avait ignoré auparavant, il la réunit à la V. monilala. On pourrait se demander, cependant, s'il n'y aurait pas là deux formes réellement distinctes; dans la Vorticelle de Tatem on trouve : « the entire cuticular surface ornamented with hemispherical bead-like élévations, which are disposed in closely set annular séries; «dans celle de Stokes, une «cuticular surface bearing numerous scattered hemispherical élévations, diverse in size and usually collected about the equatorial région into irregularly disposed séries, each promhience enclosing a nuclear nodule. »

Or, ces différences sont, dans la nature, assez frappantes; on trouve, en effet, deux formes assez distinctes, l'une à perles nombreuses, serrées et à distribution régulière, l'autre à perles généralement plus grosses, et réparties un peu au hasard sur la membrane d'enveloppe; et en même temps, ces différences vont de pair avec une modification de la forme générale; dans la Voiiicella de Tatem, la cloche est régulière, allongée (fig. 1); dans celle de Stokes, le corps et plus trapu, bosselé, irrégulier, (fig. 3); c'est ainsi que Frommentel, par exemple, décrit sous le nom de Vort. margaritata une forme qui n'est autre que celle de Stokes, tandis que Schrôder, dans ses figures, représente la forme de Tatem. Schrôder fait ressortir, il est vrai, le fait que les perles sont plus ou moins grandes et par là plus ou moins serrées, donnant à la surface une apparence variée, ce qui expliquerait les divergences des auteurs; mais il y a plus que cela, tantôt des perles disposées avec une régularité bien nette, tantôt des pustules en désordre, et quelquefois tous les individus revêtiront dans telle ou telle récolte une seule de ces configurations.

Mais malgré tout, si l'on persévère dans son étude, on finit par trouver des termes de passage, et l'on arrive à la conclusion que s'il y a là quelque chose de bizarre, deux formes assez nettement différentes, il n'y a pas deux espèces.

La Vorticella monilata a fait l'objet d'un mémoire important, publié par Schrôder en 1906, et c'est à cet auteur que je renverrai pour les détails. Il est un élément de structure, cependant, dont je voudrais m' occuper : il s'agit de ces perles, dont l'espèce a tiré son nom, et sur la signification desquelles on n'a pas de renseignements bien précis.

Ce ne sont pas des perles, du reste, mais bien de petits renflements, des pustules.

Fig. 238. — Vorticella monilata

variables de volume et de nombre, et dont les plus grosses se trouvent généralement sur le rebord du péristome. Elles font chacune une saillie à peu près hémisphérique sur la cuticule, comme de petites ampoules à paroi lisse et résistante ; leur intérieur est rempli d'un liquide dans lequel nage le « noyau », un grain clair, réfringent, légèrement bleuâtre, un peu aplati ou plutôt de la forme d'un ellipsoïde de révolution. Lorsque sur une Vorticelle fortement comprimée, on réussit, par un coup brusque sur le couvre-objet, à faire éclater la pustule, on en voit sortir des traînées poussiéreuses, qui se répandent au dehors, et on peut se convaincre que ces traînées sont le résultat d'une sorte d'explosion de la perle brillante, laquelle a maintenant dispani. Mais si, au lieu d'écraser l'animal, on fait arriver sur lui un courant, même très dilué, de glycérine carminée, on assiste à un spectacle plus intéressant (fîg. 5, a à d) : Dans la pustule, le « noyau » se ramasse d'abord sur lui-même, se tasse, puis tout-à-coup crève, en lançant un mucilage mêlé de poussières, qui gonfle l'ampoule, la soulève, souvent la perce, et répand alors au dehors un nuage épais de poussières colorées d'un rose vif; et tout cela, toutes les poussières émises par les autres pustules, se répand autour de l'animal en une enveloppe carminée. Souvent, toute la couche de pustules est soulevée à la fois, laissant le corps à nu; les parois des pustules se colorent également après émission des poussières, et se voient, dans la masse rougeâtre, comme autant de crénelures d'un rouge encore plus vif.

Pour moi, cette réaction carminée nous donne l'explication de ces curieuses protubérances; les perles qu'elles renferment ne sont autre chose que des éléments défensifs, des « trichocystes à mucilage », sinon identiques d'apparence à ceux que nous avons vus dans certains Infusoires (Metacystis, etc.^, du moins les mêmes dans leurs effets; et nous noterons en passant cette intensité de coloration, rapide comme l'éclair, pareille à celle des petites gouttes acides émises par les trichocystes dans les Holotriches.

Deux mots encore, sur quelques points de détail : La double couronne péristomienne se voit, dans cette espèce, assez nettement sous la forme d'une membrane ondulante déchiquetée, ou pour mieux dire, de cils élargis en lames minces et soudés les uns aux autres jusqu'à mi-hauteur.

L'animal possède deux vésicules contractiles, l'une à droite et l'autre à gauche d'un réservoir arrondi, granulé, et dans lequel elles se vident alternativement.

Les individus errants, à couronne ciliée (fig. 2), sont cylindriques, larges, et comme dans toutes les Vorticelles, pendant la course ils traînent après eux, comme un gouvernail, un pinceau de cils qui prennent naissance dans le vestibule maintenant caché; dans la Vorticella monilala, ce pinceau est très fortement développé. Lorqu'il se fixe, l'animal s'étale largement tout d'abord, puis exsude très rapidement une tige, dans laquelle on voit peu à peu pénétrer le muscle axial (fig. 4).

J'ai trouvé cette espèce dans différentes stations; à Florissant, elle était abondante, parmi les Utricularia, et revêtait presque toujours la forme « Lockwoodi » (fig. 3), quelques mdividus seulement pouvant être rapportés à la forme « monilala » sensu stricto; à Pinchat, où elle était rare, c'était la forme « monilala »; à Rouclbcau, c'était une variété verte, pleine de Zoochlorelles, de forme ((monilala» également; et la même forme s'est retrouvée dans quelques individus rapportés par M. Romieux, avec des Lemna polyrrhyza, du petit lac de Grosssee près de Zurich.

En général, l'animal est solitaire, mais on le trouve aussi en petites colonies de quatre à six individus.

Vorticella appuntata Frommentel 1874

Corps campanule, élargi en avant, pointu en arrière, souvent creusé d'une dépression latérale à sa partie postérieure. Stries très fines. Bords du péristome souvent largement renversés à l'extérieur. Disque ciliaire peu élevé, large, à surface bosselée, à peiné convexe. Vestibule vaste et profondément creusé sur le côté, s'ouvrant dans un pharynx très large également. Deux vésicules contractiles, voisines l'une de l'autre et se déversant dans le vestibule. Noyau très long, recourbé, partant du disque pour aboutir à l'extrémité postérieure de l'animal. Tige cinq ou six fois plus longue que le corps, à muscle axial très pâle et indistinct, garni sur toute sa longueur d'une ligne de perles brillantes, serrées, en chapelet.

Longueur 50 à 55 pi.

Frommentel, en décrivant cette espèce, indique un pédicule « assez fort, transparent, avec un muscle constitué pas de petites perles vertes très brillantes. » Ce sont ces perles, en effet, qui fournissent à l'animal son caractère spécifique le plus nettement distinctif; elles ne constituent pas un muscle, du reste, et le muscle normal, quoique très pâle, existe fort bien, mais elles ne font que correspondre, sous une forme spéciale, à ces granulations presque toujours extrêmement petites, incluses dans le fourreau hyalin qui entoure le muscle lui-même, et que l'on trouve, en les cherchant bien, dans toutes les Vorticelles sans exception. Il n'en est aucune, cependant, où ces perles brillantes se montrent si volumineuses et forment un chapelet si distinct, sauf peut-être dans la Voriicella picia de Ehrenberg, dont «le pédicule très grêle est marqué de points rouges. » (1) Ces grains sont du reste assez variables de grandeur, ou bien l'on en voit de plus gros intercalés entre de plus petits. Ils ne commencent à se montrer^ qu'à une certaine distance du corps de l'animal, aussi, dans un individu qui venait de se fixer et dont la tige était très courte encore, n'en voyait-on pas un.

La fosse vestibulaire est énorme; on y voit généralement tournoyer une grosse sphère grisâtre (fig. 2), ponctuée de granulations; ce n'est là autre chose qu'un amas de microbes capturés, que l'animal rassemble en une boule mucilagineuse ; quand la boule est devenue très grosse, elle est envoyée dans le pharynx, jusque là resté à peu près invisible, et qui se dilate énormément pour recevoir le paquet nutritif; puis du pharynx la nourriture passe au cytoplasme.

Deux vésicules contractiles, dans un même plan sous le vestibule, petites et peu distinctes, se vident alternativement dans un canal en forme de croissant (fig. 2), qui n'apparmt guère que lorsque le liquide le distend, et va décharger son contenu dans la fosse vestibulaire.

La cuticule est finement striée; à sa surface on voit par ci par là collés des grains extrêmement petits.

Cette espèce s'est rencontrée à Florissant, en individus solitaires, et dont la tige (fig. 4), assez longue, se voyait fixée, par un petit bouton ou élargissement adhésif, sur les étuis des Stepbanoceros, eux-mêmes très nombreux dans l'étang.

Ftg. 239. — Vorticella appùntata

Vorticella dipneumon sp. n.

Corps très allongé, cylindroïde, fortement rétractile; arrondi en arrière, terminé en avant en un bourrelet péristomien épais mais non renversable. Stries très fines, mais nettement dessinées. Disque ciliaire relativement étroit, convexe et légèrement ombiliqué. Vestibule large et profond, pharynx allongé. Deux vésicules contractiles, voisines l'une de l'autre, sous le plancher du vestibule. Noyau très long, s'étendant d'une extrémité à l'autre de l'animal et se recourbant quelque peu dans le bas. Tige courte, n'atteignant pas la longueur du corps, très large, et à muscle axial effilé, étalé à son point de fixation postérieur.

Longueur 50 à 56 (i. — Parasite sur les branchies de Gammarus pulex.

J'ai trouvé cette espèce à la Pointe-à-la-Bise, et toujours sur les branchies des Gammarus, ou plutôt au point de raccordement de ces branchies avec le corps. Par sa

(1) Je ne serais pas étonné, du reste, si la Vort. appunlala de Fbommentel n'était autre que la V. picta de Errenbero. Dans la Vort. appùntata, cependant, les perles sont verdâtres.

forme, l'animal rappelle une Opercularia, mais le disque, quoique petit, le noyau, la tige contractile, tout est d'une Vorticelle. Le corps est à peu près cylindrique, mais assez variable cependant, et par exception on ne le trouve que 1 y, fois aussi long que large ; la tige, très large, souvent couverte de petits plissements, est quelquefois plus longue que ne l'indiquent ici les fig. 1 et 4, mais jamais elle ne semble, en tout cas, arriver à la longueur du corps lui-même; le muscle axial y est très Aisible, et distinctement strié dans sa longueur; en même temps, il devient conique à son extrémité distale, étalant ses fibrilles sur toute la surface de fixation (fig. 1, 4); c'est là un fait que j'ai observé dans tous les individus.

Les deux vésicules contractiles — d'où le nom de « dipneumon », qui a été adopté, cai" en trouvant cette espèce, j'avais cru d'abord qu'elle seule parmi les Vorticelles en possédait deux, — rapprochées l'une de l'autre sur un même plan, battant d'une manière très régulière et à intervalles égaux, avec une alternance parfaite; elles se vident dans le vestibule, chacune pour son compte et sans l'aide d'un réservoir ou canal commun.

Les fig. 2 et 3 représentent deux individus qui, s'étant fixés vingt-quatre heures auparavant (étudiés après isolement sur lamelle évidée) se disposaient à changer de place, et s'étaient formé une ceinture ondulante ; le premier (fig. 2), moins avancé, avait encore son muscle axial, qu'il s'occupait à retirer peu à peu à lui; le second {fig. 3, dans laquelle le péristome, etc, n'a pas été dessiné) se préparait tout juste à partir, et le pédicule était vide. Au départ, la larve est d'abord très aplatie, discoïde, mais elle s'allonge bientôt, et revêt la forme de l'adulte, avec une longueur de 50 y. environ; quand elle se fixe, on voit exsuder à son extrémité postérieure un moignon bleuâtre, visqueux, convexe, qui s'applique au soutien, et grandit rapidement, sous la forme d'un tube d'abord vide (plein, en réalité, d'un liquide probablement mucilagineux), mais dans lequel le muscle axial s'introduira bientôt.

Fig. 240.

Vorticella dipneumon

Vorticella muralis sp. n.

Corps légèrement jaunâtre, allongé, ellipsoïdal ou même parfois fusiforme, pointu en arrière, renflé dans sa partie moyeime, terminé en avant par un bourrelet péristomien épais mais non renversable. Stries du corps tantôt fines, tantôt bien marquées. Disque relativement étroit, à convexité peu prononcée. Meinbrane ondulante fortement développée. Vestibule et pharynx normaux; Vacuole contractile sous le vestibule. Noyau aussi long que le corps, droit, longitudinal, puis recourbé à son extrémité postérieure; un micronoyau, très jjâle, sur l'un de ses bords. Tige très mince, moins longue que le corps.

Longueur 90 à 125 |x. — Mousses des murs.

Le corps, dans cette espèce, est remarquablement allongé, fusiforme, pointu en arrière, presque toujours inégal et bosselé, d'un côté plus que de l'autre (fig. 1). Les stries transversales sont plus ou moins marquées, quelquefois très faibles, d'autres fois très nettes, cela surtout sur les individus à 1 état errant (fuj. 2); on y voit toujours de très petits grains collés (fig. 3). La tige, très mince, et qui n'atteint jamais la longueur du corps à l'état d'extension, est fixée au soutien par un petit disque adhésif. Le noyau, très allongé, renferme un nombre considérable de grains minuscules, et en outre, un certain nombre de nucléoles relativement volumineux, en une seule ligne les uns derrière les autres.

J'ai étudié sur quelques individus les phénomènes de déglutition, qui peuvent être résumés comme suit (fig. 1) : Les grains nutritifs envoyés du vestibule dans le pharynx —

des microbes, probablement — y tourbillonnent sans trêve ni repos ; lorsqu'ils sont suffisamment nombreux, le pharynx s'allonge, se rétrécit de l'avant à l'arrière, comme par un mouvement péristaltique, et tout le paquet, renfermé dans une vacuole fusiforme, glisse au sein du cytoplasme, et se sépare de la cavité pharyngienne, elle-même en ce moment très rétrécie ; dans le vestibule, un filament, un cil, recourbé sur lui-même semble fermer l'entrée du pharynx qui va se renfler. Les microbes, en effet, n'ont pas cessé d'afïluer dans le vestibule, et, au moment où la vacuole fusiforme avec son contenu se détache du pharynx, on voit ce dernier se rouvrir à son extrémité antérieure et les gi'ains du vestibule s'y précipiter, pour se mettre à tournoyer vivement. Quant à la vésicule détachée, elle continue son chemin, s'arrondissant peu à peu ; les microbes, cependant, y tourbillonnent encore, jusqu'au moment, où, tout d'un coup, lorsque la vacuole est arrivée au plus bas de sa course, tous ces microbes s'immobilisent à la fois, et s'abattent les uns sur les autres, inclus dans un mucilage que l'on voit nettement se détacher des parois de la vacuole. Il semble qu'à ce moment précis, un liquide digestif s'est introduit dans la vacuole et a immobilisé les grains; la boulette nutritive change alors de direction et remonte, au sein du cytoplasme, vers le haut du corps, d'abord renfermée dans sa vacuole, puis libre de toute paroi. Tous ces faits, il faut l'ajouter, se passent très rapidement, et dans l'individu spécialement examiné, j'ai pu voir se précipiter dans le corps une vingtaine de boulettes en vingt minutes à peine, et toujours de la même façon. Le corps finit alors par se remplir de ces mêmes boulettes qu'on trouve si généralement dans les Vorticelles, et dont l'origine est probablement toujours plus ou moins analogue à ce que nous venons de voir dans V. muralis.

Les fig. 4, 5, 6 montrent quelques-unes des phases par lesquelles a passé un individu trouvé enkysté; c'était bien là un kyste, car tout détail de structure y avait disparu; et seule la vésicule contractile, la première à réapparaître après le lavage des mousses, montrait un commencement d'organisation ; la paroi du kyste était lisse, sans trace de striation; à l'intérieur du pédicule, on voyait un mince filament central, le muscle, fortement rétréci. Peu à peu, cependant, le contour du kyste perdit de sa rondeur; en avant, il commença à se bosseler; un péristome, un appareil pharyngien se dessinèrent peu à peu (fig. 5); puis, très rapidement, la masse commença à se tordre sur elle-même, s'allongea (fig. 6); un peu plus tard, on vit le péristome se dégager au dehors; immédiatement, les microbes commencèrent à affluer dans le vestibule, à passer dans le pharynx, et dix minutes après l'apparition de l'appareil péristomien, l'animal renfermait déjà cinq boulettes nutritives. Quant à la durée de la transformation, elle avait été de trente minutes jusqu'aux mouvements de flexion du corps; et trois minutes après le stage représenté par la fig. 6, l'animal déployé commençait à capturer des microbes.

La fig. 2 donne la forme de l'animal à l'état errant : il est cylindrique, et relativement très étroit ; plus long encore que dans sa forme fixée, il arrive facilement à 140 [x.

Cette espèce est purement muscicole ; je l'ai trouvée sur un mur à l'ombre, à Frontenex. Elle se rapproche par certains côtés de la Vorticella lichenicola de Greeff, dont nous allons traiter tout-à-l'heure, mais elle en diffère par une taille beaucoup plus forte, une tige très mince, un noyau plus allongé, ainsi que par une teinte légèrement jaunâtre que cette dernière n'a pas.

Fig. 241. — Vorticella muralis

Vorticella lichenicola Greeff 1888

Corps incolore, ovoïde ou ellipsoïdal, parfois très allongé et presque fusiforme, rétréci en avant, atténué en arrière. Stries généralement bien marquées. Les bords du péristome sont renflés en un bourrelet épais, non renversable. Disque ciliaire peu élevé, à surface régulièrement convexe. Vestibule et pharynx normaux; une grande vésicule contractile à la hauteur du pharynx. Noyau allongé, en fer à cheval ou plus ou moins recourbé en boucle. Tige vigoureuse, à peine aussi longue que le corps.

Longueur 50 à 65 |x. — Mousses.

Dans im mémoire dont l'importance est malheureusement diminuée par le fait qu'il n'est pas accompagné de figures, Greeff nous a fait connaître toute une série de Protozoaires, dont plusieurs n'ont pas été retrouvés, ou pour l'identification desquels on rencontre beaucoup de diflicultés. C'est cependant sans aucun doute à la Vorticella lichenicola qu'il faut rapporter un Péritriche rencontré sur les murs, d'abord à Cologny puis à Chêne, et cela sous deux formes un peu différentes, mais qu'il ne convient guère de séparer aujourd'hui.

Le corps est fusiforme, et très régulier dans son contour, mais extrêmement variable dans ses proportions relatives de longueur et de largeur; parfois aussi allongé que la V. muralis, plus souvent moins de deux fois aussi long que large; les différences de striation sont également très grandes, tel individu se montrant presque lisse et tel autre fortement strié (fîg. 1).

La tige est relativement courte, mais peut dépasser cependant la longueur de l'animal; elle est forte, et à paroi particulièrement épaisse; souvent on y remarque, dans une région quelconque de sa longueur, im repli annulaire, dont j'ai cru pouvoir expliquer la présence

par une croissance du tube d'enveloppe plus rapide que celle du muscle axial, ce dernier entravant alors l'allongement du tube.

Comme dans toutes les Vorticelles des mousses, le cytoplasme se voit toujours plus ou moins bourré de boulettes nutritives, dont l'origine ne peut être autre ici que dans l'espèce précédente; mais j'ai remarqué, dans cette espèce, que toutes ces sphérules se rassemblent dans le cytoplasme en une couche plutôt périphérique, laissant libre un espace central plus clair, où se trouve le noyau.

La fig. 2 représente un kyste, analogue à celui que nous avons vu dans l'espèce précédente, mais à membrane plus forte, et dans lequel le corps se voyait rétracté; sans doute, l'enkystement datait de plus loin. Quant à la fig. 3, elle représente un détail de structure que je n'ai jamais \'u se montrer que sur des individus malades : sur le fond de la membrane enveloppante, le corps se rétracte, et cela d'une manière très particulière, laissant libre un espace circulaire très nettement dessiné, et percé luimême, à sa pointe postérieure, d'un petit orifice par lequel on voit passer le faisceau musculaire se rendant dans le pédicule.

Quand il est inquiété, ou simplement, par exemple, par l'effet d'une lumière trop forte, l'animal se munit rapidement d'une ceinture postérieure de cils, et s'élance dans l'espace, en se décrochant de la tige, qu'il laisse derrière lui.

Comme nous l'avons vu plus haut, on peut distinguer dans cette espèce deux formes, ou deux types différents :

Fig. 242. — Vorticella lichenicola

1° Type allongé et à tige très courte; les individus sont longs et étroits, et fortement striés; le noyau est relativement allongé. Cette forme n'est peut-être que celle des jeunes individus, sortis de kystes, car on ne la rencontre qu'au premier jour, tout comme les kystes également, et les individus, très clairs, ne renferment que peu de nourriture.

2° Type de Greeff, plus arrondi, à tige plus longue ; noyau plus court et disposé plus ou moins en travers dans le corps; stries plus ou moins apparentes.

La fig. 1 représente ici le type allongé, la fig. 3 montre le type de Greeff.

Entre ces deux types, on trouve tous les intermédiaires, mais les extrêmes sont les plus nombreux,

Vorticella claudicans sp. n.

Corps campanule, relativement étroit, pointu en arrière, fortement rétractile dans sa partie postérieure. Bourrelet périphérique peu développé. Stries extrêmement fines, invisibles en général. Disque étroit, à convexité peu accusée. Vestibule et pharynx normaux. Une grande vésicule contractile au voisinage du vestibule. Noyau court, en fer à cheval, orienté transversalement. Tige très large, plus courte que le corps, renfermant un muscle axial très épais, strié dans sa longueur, et qui se termine brusquement vers le milieu de la tige pour se continuer en un filament qui va rejoindre le point de fixation de l'animal sur le soutien.

Longueur 40 à 55 (x. — Mousses des murs.

Dans un mémoire paru en 1913 et qui traitait des Cothurnidés muscicoles, je consacrais une page entière (p. 31) à un phénomène qui m'avait vivement frappé, mais qui concernait une Vorticelle, jusque là indéterminée. 11 s'agissait — pour résumer brièvement ici mes observations primitives — d'une immobilisation brusque de toute la couronne vibratile antérieure, qui, invisible jusque là à cause de sa vibration même, devenait instantanément très distincte, et se montrait sous une forme comparable à celle « d'un bois de cerf ou des pinces du cerf-volant » (fig. 8); puis, après un instant très court, l'appareil s'éclipsait; « il semble qu'il y ait là, disais-jc, un jeu de lames rigides, qui sortent de leur étui ou qui y rentrent avec la rapidité de l'éclair. « Je reconnaissais alors dans cet appareil, les fonctions d'un organe de tact, d'information et de défense ; et, pour ces trois fonctions, j'apportais des preuves positives. Aujourd'hui, après avoir retrouvé cette même Vorticelle, d'abord dans la station primitive, sur un mur au lieu dit « la Boisserette », puis à Chêne, sur un vieux mur également, je puis confirmer mes premières observations, tout en ajoutant qu'on retrouve chez d'autres Péritriches les mêmes faits, mais moins fréquents et moins accusés. Mais cette espèce est nouvelle, et le nom de claudicans lui convient peut-être mieux que tout autre, en raison de la flexion toute particulière de son pédicule lors de la rétraction.

Ce pédicule est en lui-même exceptionnellement curieux (fig. 2), et se distingue par différents traits de celui des Vorticelles en général. 11 est relativement court, mais très large, et possède une paroi très résistante, chitineuse en apparence ; en même temps, il a cela de particulier qu'il est plus large à son extrémité attenante au corps, qu'à son point de fixation au substratum. De plus, le faisceau musculaire axial, que l'on voit distinctement strié dans sa longueur, est très fort, conique lui aussi plutôt que cylindrique, et, au lieu de se prolonger jusqu'au disque adhésif, il se termine brusquement en pointe, à une distance très variable de son point d'attache au corps — le plus souvent vers le milieu de la hauteur du pédicule — ; de là, il se poursuit brusquement jusqu'au disque adhésif sous la forme d'un filament ou tendon très mince (fig. 2, 3, 5, etc.) ; on dirait, en fait, qu'il se rattache non pas directement au substratum, mais à une corde qui l'empêcherait de s'éloigner de ce dernier. Le muscle axial est d'ailleurs éminenament rétractile, mais alors, grâce aux circonstances, la rétraction se produit d'une manière toute particulière; le corps, dans sa partie postérieure s'emboîte sur lui-même, et la tige se plie en deux, comme les branches d'un compas; ou bien aussi la partie inférieure se recourbe en une sinuosité. Dans les fig. 3 et 4, par exemple, nous avons le même individu, tel qu'il se relevait et se repliait coup sur coup.

C'est là un mécanisme normal; le muscle axial s'allonge ou se raccourcit, le fil d'attache, si j'ai bien observé, garde sa longueur, et le pédicule s'abaisse ou se relève, sans se replier sur lui-même en tire-bouchon.

Mais il est un autre fait, relatif au pédicule, et qu'il me faut rapporter : Les recherches les plus récentes ont montré définitivement que la théorie d'après laquelle la gaîne du pédicule était l'agent de la rétraction est à rejeter, et que cet agent n'est autre que le cordon musculaire axial; la gaîne, qui tend, lorsque le muscle se relâche, à reprendre son état naturel, pourrait bien contribuer au déployement de la tige, mais en somme, elle est plutôt indifférente, et ses effets seraient presque nuls. Or, dans la Vorticella claudicans, on peut, dans certaines cii-constances, constater des faits qui sembleraient montrer le contraire, et prouver la rétraction spontanée de la gaîne : Si après avoir examiné un individu parfaitement normal, on frappe d'un coup sec sur le couvre-objet, on constate — dans les cas de réussite de l'opération — un changement curieux : la gaîne s'est déchirée net au niveau du corps, et dans sa partie supérieure, elle se voit maintenant gonflée, élargie, plissée et rétractée; elle s'est séparée de l'animal, mais lui reste cependant attachée par une fine pellicule interne, qui doublait sa paroi, et n'a pas pris part à la déchirure ; mais alors l'animal, que l'on peut conserver encore longtemps vivant et actif, ne répond plus aux excitations, se balance sur son muscle axial inerte, et ce muscle ne se rétracte pas. La conclusion, semble-t-il, serait alors assez évidente : c'est la gaîne qui était rétractile, et la gaîne n'existant^plus, l'animal ne se rétracte pas. Mais après avoir été quelque temps déconcerté par ces faits qui me paraissaient extraordinaires, je suis arrivé à une

explication qui me semble les ramener à leur juste valeur:

ensuite du choc porté sur la lamelle, une réaction très brusque s'est produite ; le corps s'est emboîté sur luimême, puis, sous l'action très violente du muscle rétracteur, il a continué son chemin jusque sur la gaîne épaisse du pédicule; en s'emboîtant,ilapoussé, comprimé, déchiré cette gaîne, qui plus tard est restée^ là inerte; et si le

muscle ne répond plus, c'est que lui-même, avec toute la partie inférieure de l'animal, a été blessé, désorganisé.

La fig. 6 montre un individu en cours de division; cette dernière se fait comme dans toutes les Vorticelles, mais pourtant, avec une variante; tout près de la tige, on remarque un petit bouton, sur l'individu qui .se séparera du parent; ce bouton est le premier indice de la tige, et il arrive souvent qu'il se soude à la vieille tige elle-même, y reste adhérent et développe un petit muscle rétracteur; on a alors des couples, qui restent longtemps, peut-être indéfiniment, unis, et qui rappellent par exemple ce qui se passe dans les Carchesiurn. Plus souvent, cependant, le jeune individu, d'abord fixé, se munit d'une ceinture ciliée et s'en va, sous une forme discoïde qui s'allongera bientôt (fig. 7).

C'est sans doute une copulation que représente la fig. 8; et c'en est une aussi, mais plus avancée, que l'on voit dans la fig. 9; le gamète se déprime et se plisse, finissant par ressembler à un disque ombiliqué toujours plus petit (fig. 10, ])lus grossi), et où l'ombilic est tout ce qui reste du bec antérieur de l'individu nageur; ce bec lui-même, comme on le sait, n'étant qu'une modification de la bordure péristomicnne.

Peut-être, à cause de son disque relativement étroit, de son noyau court et transversal, même de la conformation particulière de son pédoncule, et d'une certaine tendance à la formation de colonies (couples longtemps unis), cette espèce représenterait-elle en quelque sorte un terme milieu entre les Vorticelles et les Opercularia.

Fig. 243. — Vorticella claudicans

Vorticella chlamydophora sp. n.

Corps campanule, pointu en arrière, évasé à son bord antérieur. Il est revêtu sur toute sa surface d'une enveloppe hyaline, épaisse, composée elle même de prismes rectangulaires serrés les uns contre les autres, et divisant la surface en une infinité d'alvéoles réguliers; les stries transversales de la cuticule, plus ou moins nettement dessinées, et finement perlées elles-mêmes, correspondent aux faces de contact des prismes. Disque large, peu élevé, à convexité peu accusée. Vestibule profond; pharynx atteignant audelà du milieu du corps. Vésicule contractile au bas de la fosse vestibulaire. Noyau long, très pâle, longitudinal, recourbé à son extrémité postérieure.

Tige mince, deux ou trois fois aussi longue que le corps.

Longueur 40 à 65 (x.

Pig. 244. — Vortiulla chlamydophora

On trouve parfois des Vorticelles pourvues d'un revêtement fuligineux plus ou moins bien accusé, et d'essence fugitive, ou bien très mince et décomposé en granulations ou petites perles très fines, comme dans la V. mutons; mais ici c'est une couverture épaisse, très nette, très claire, et formée d'alvéoles ou prismes pleins d'eau, serrés les uns contre les autres, suivant des lignes annulaires; sous ce revêtement alvéolaire, on voit la cuticule proprement dite, brillante, très réfringente sur son bord, et ponctuée de petites perles distribuées régulièrement le long des lignes annulaires (fig. 3).

Le revêtement, il faut le remarquer, est ici tout différent de celui de la Vorticella monilata; les alvéoles ne renferment pas le « noyau » brillant, et ne projettent pas autour d'eux de mucilage rougeâtre lorsqu'on fait agir le carmin.

La fig. 1 montre l'animal développé; en 2, il est rétracté, et le disque s'est retiré dans l'intérieur; la fig. 3, représente avec plus de détails un des bords de l'animal.

La forme de course est cylindrique, deux fois aussi longue que large.

Vorticella mutans sp. n.

Corps campanule, pointu en arrière, évasé sur son bord antérieur. Il est revêtu sur toute sa surface d'une enveloppe hyaline très mince, nettement striée en travers, ou bien décomposée en une infinité de perles très petites soudées les unes aux autres. Sous cette enveloppe, la cuticule parait lisse ou ne montre que des stries à peine marquées. Disque large, à convexité presque nulle, et quelque peu déprimé dans son milieu. Vestibule et pharynx normaux. Vésicule contractile s'ouvrant assez haut dans le vestibule. Noyau allongé, d'abord en fer à cheval à orientation transversale, puis recourbé et descendant tout droit le long du corps. Tige forte, cinq fois aussi longue que le corps, renfermant un muscle axial le long duquel court en spirale une ligne de granulations très petites.

Longueur 60 à 80 (x. — Mousses des murs.

Cette espèce, bien différente d'aspect de la précédente, s'en rapproche pourtant par la possession d'une enveloppe externe, indépendante de la pellicule normale. Ce tégument spécial se montre en général comme formé de petites perles claires, serrées les unes contre les autres; en réalité il commence par constituer une couche continue, mais fortement striée en travers, ou mieux vaudrait dire annelée (fig. 2); cette enveloppe va de pair avec un état de santé parfaite de l'animal, car sur des individus isolés en lamelle évidée, on la voit s'effriter peu à peu, se résorber; au second jour, on ne la trouve plus que sur la moitié

des indi\adus; au troisième, elle a partout disparu. Quant à la cuticule proprement dite, elle paraît lisse, tant les stries normales y sont fines et serrées; mais la glycérine les fait

apparaître distinctement.

La fig. 3 montre en coupe optique le tégument perlé ainsi que la pellicule striée; on y voit aussi le cordon musculaire central, faiblement spirale, et tout autour, une ligne, à spirale plus marquée, de ces petits grains dont la signification n'est pas connue et qui pour moi seraient peut-être bien des grains nutritifs (1) ; sans doute ils sont inclus dans une gaîne spéciale entourant elle-même le cordon central, mais ici — comme d'ailleurs dans d'autres Vorticelles où cette gaîne doit être d'une finesse extrême — je n'ai pas su la distinguer.

Dans la fig. 4, qui représente l'animal à l'état errant, on remarquera le fort développement du pinceau qui sert de gouvernail.

Fig. 245.

Vorlicelta muions

Carchesium corymbosum sp. n.

? Carchesium spectabile i. p. Ehrenberg

Corps campanule, très contractile, fortement rétréci en arrière, large en avant, généralement penché sur le côté, et montrant alors une face concave et plissée. Bord péristomien largement étalé. Striation bien marquée. Disque large, peu élevé, à concavité inégale, à bord relevé par intants d'une saillie aiguë. Vestibule vaste et profond; pharynx allongé; vésicule contractile sous le vestibule. Noyau en fer à cheval sous le disque, et se prolongeant le long du corps. Tige très forte, longue, très rétractile. Les individus sont réunis en petites colonies serrées au sonrmaet de la tige principale, formant une sorte de

corymbe.

Longueur 100 à 125 |x; longueur de la tige principale, 1 millim. et plus; largeur de cette tige, 15 à 20 (a.

Le genre Carchesium se montre dans la nature représenté par des espèces en nombre assez considérable ; mais certaines d'entre elles restent néanmoins indéterminables, ou donnent lieu à des hésitations sans nombre; elles se ressemblent en effet d'assez près, il est difTirile d'indiquer leurs traits distinctifs, et de plus, les figures données par les auteurs sont la plupart du temps en désaccord avec les descriptions. J'ai vainement essayé de rattacher un Carchesium, remarquable par sa forme

Fig. 246. — Carchesium corymbosum

(1) Pour la nutrition du muscle axial.

élégante, et qui se trouvait nombreux sur le bord des feuilles des nénuphars dans l'étang de Florissant, au C. polypinum, au C. spectabile, ou à ce Zoothamnium limneiicum dont SvÉc a donné une bonne description en 1897; toujours il m'a fallu y renoncer, et tout en restant persuadé que cette espèce a dû être remarquée, et rapportée même sans hésitation à telle ou telle forme décrite, je ne puis que lui donner un nom spécial.

C'est par son port tout particulier, par ce corymbe (fig. 1), dont les fleurs gracieusement penchées sont rassemblées au sommet d'une longue tige, que l'espèce se montre tout d'abord différente de celles que nous connaissons. Dans la colonie, c'est une agitation perpétuelle; les petites cloches se rétractent et s'allongent tour à tour, se penchent et se relèvent, et de temps à autre on voit tout le corj'mbe s'éclipser à la fois, pour le retrouver plus bas, sur sa tige maintenant rétractée en un tire-bouchon serré.

Le corps est campanule, pointu en arrière, largement évasé à son bord péristomien; souvent bosselé, penché et alors plissé du côté concave ; le disque est presque plat, mais bosselé également, et relevé sur son bord d'aspérités qui ne sont que temporaires. Les fig. 7, 8, 9, 10, donnent une idée de l'apparence générale de la clochette dans ses diverses positions; on remarquera également la fig. 3, où l'animal vient tout juste de se fixer sous le couvre-objet; la couronne ciliée postérieure s'y montre sous la forme de cinq segments réguliers qui courent comme autant de flammes se déplaçant rapidement, faisant un peu plus d'un tour en deux secondes.

La fig. 11 représente le noyau tel qu'on le trouve dans les jeunes individus, encore très court, grisâtre, finement granulé ; et dans la concavité qu'il forme en se recourbant, on voit le micronucléus, lisse, bleuâtre, ellipsoïdal, et pourvu d'une membrane relativement forte, qu'une zone claire sépare de la masse interne compacte.

La tige principale, celle qui se poursuit jusqu'à l'individu le plus élevé du corymbe, mérite de nous arrêter tout spécialement : elle e.st très longue, s'élançant d'un jet jusqu'à 700 et 800 (A avant que le corymbe s'en dégage (fig. 1), et en même temps très forte, atteignant 18 et 19 [x, même jusqu'à 20 |jt, de largeur; l'enveloppe périphérique, la gaîne (fig. 5, 6) est lisse, souple mais très tenace, et quand elle est fortement recourbée, on la voit plissée en travers dans la concavité de la courbure. Examinée dans sa longueur (fig. 7), elle se montre un peu renflée dans certaines régions et rétrécie dans d'autres, le fait étant probablement dû à une légère torsion. Telle qu'elle est, on s'imagine volontiers que pour la tendre brusquement en une spirale régulière et si serrée que les tours viennent à se toucher, il faut au muscle interne une puissance considérable; par contre, elle doit suffire, en reprenant son équilibre normal, pour relever le muscle si même ce muscle ne contribue

pas à l'allongement. Le cordon axial, auquel convergent d'en haut les fibres musculaires, conserve d'un bout à l'autre une striation longitudinale, très faiblement marquée, il est vrai; au sein de l'étui, il décrit une spirale bien nette, et lui-même, un peu comprimé (de coupe ellipsoïdale) se montre plus ou moins large ou plus ou moins étroit, suivant l'orientation. Il est renfermé dans une gaîne très fine (fig. 6), interne par rapport à la gaîne d'enveloppe, et que l'on voit distinctement prendre naissance, en même temps que cette enveloppe externe, à la base du corps; le cordon musculaire axial nage alors, en fait, dans un liquide spécial très pur, qui le sépare de la paroi de la fine gaîne

Fig. 247. — CoTchtsium eorymbosum

interne, et qui renferme un très grand nombre de petits grains opalescents (nourriciers?) (1).

La fig. 12 représente, comme en coupe transversale, l'aspect d'une très jeune tige à son point de fixation sous le couvre-objet; on y voit, un peu excentrique, le cordon musculaire axial, ainsi que la gaîne interne qui l'entoure.

Observons encore, avant de quitter le sujet, que souvent le cordon axial se déchire pendant les manipulations, ou se coupe en im chapelet de perles; dans ce cas-là, il devient inerte, et la tige se voit en extension; mais elle reste rétractile dans toute la partie saine, encore attachée à l'animal.

Dans la fig. 2, nous avons une division, telle qu'on la voit à chaque instant se produire sur l'un ou l'autre des individus de la colonie; le muscle axial est resté tout entier avec le vieil individu ; dans la fig. 4, la division est achevée, le vieil individu a continué à allonger quelque peu son étui, pendant que l'autre se greffait à la tige, par un anneau pectine.

J'ai fait, avec des colonies isolées sur lamelle évidée, un certain nombre d'expériences, qui n'ont fourni d'ailleurs que des résultats peu significatifs; cependant, j'ai pu conserver ces colonies vivantes pendant dix, douze et jusqu'à treize jours (du 16 au 28 déc), sans fournir aux animaux aucune nourriture; chaque jour, il s'en détachait quelques-uns, ou bien la colonie s'accroissait par divisions répétées; et de jour en jour, on voyait diminuer la taille des individus. Sur la colonie, les animaux se boursouflaient, devenaient malades, mais reprenaient leur belle tenue à chaque changement d'eau. Ceux qui s'échappaient se fixaient dans les environs, mais tous, alors, sont restés simples, les colonies ne se formaient pas; les tiges, très minces, arrivaient jusqu'à 700 et 800 \i, comme de longs cils, mais chacune ne portait qu'un individu, ou tout au plus deux, dont l'un allait bientôt se détacher.

Epistylis steini Wrzesniowsky 1877 ? Epistylis simulans Plate 1888

Corps ovoïde, large, tronqué en arrière, bordé en avant d'un bourrelet péristomien épais, non renversé. Disque à bord renflé, à surface convexe et surmonté d'un petit ombilic. Striation très fine. Vestibule bien développé; pharynx s'étendant jusqu'au delà du milieu du corps; vésicule contractile très grande, à la hauteur du vestibule. Noyau large et court, en boudin ou en fer à cheval, orienté transversalement; micronoyau dans la concavité du fer à cheval. Tige très courte et très large, augmentant légèrement d'épaisseur de bas en haut; elle est inégale, bosselée où vaguement anneléo, et parcourue en apparence de rubans striés longitudinaux; à son intérieur, un cordon axial fibreux. Colonies formées de quelques individus seulement.

Longueur 45 à 55 [x. — Branchies de Gammarus pulex.

UEpisfylis steini est très commune sur les branchies du Gammarus pulex, en colonies de deux à huit individus, quelquefois, cependant, plus nombreux lorsque la colonie est implantée sur la face même de la branchie et non pas sur le bord. La tige principale, tronquée en un disque adhésif, n'est pas plus large à sa base que ne seront les diverses branches à leur sommet, c'est-à-dire à leur anneau de raccordement avec le corps, mais de cette base il s'élargit très vite, pour se diviser et se redi\iser en branches très courtes, fortement divariquées. Toutes les branches sont bosselées, raboteuses, inégales, et dans les jeunes individus, quelquefois assez distinctement annelées. Tige et branches ont été décrites comme striées dans leur longueur; elles paraissent l'être, en effet, mais j'ai pu m' assurer que ce n'est là qu'une apparence; en réalité, les stries ne concernent pas l'enveloppe elle-même, mais représentent des traînées internes, qui toutes ensemble constituent un tube plus ou moins reconnaissable comme tel ; et ce tube double intérieurement la tige, allant tout droit sans s'inquiéter des replis et annulations.

Les caractères principaux du genre Epistylis sont d'après Butschli « vollstàndiger

(1) On trouvera dans BQtschli des considérations détaillées sur la structure de la tige; sans me rallier sur tous les points avec les conclusions de ce savant et encore moins d'accord avec Entz (1891-92) et sa théorie du spironCmc, ]e me borne ici, comme si souvent ailleurs, à rendre compte de mes observations.

Mangel des Stielfadens und die Koloniebildung. » Il faut avouer que VEpistylis steini n'est pas très conforme à cet idéal, et peut-être Wrzesniowsky aurait-il été mieux inspiré en en faisant un Carchesium. En effet, on y trouve un cordon axial (fîg. 3), qui dans l'individu jeune (fig. 2) se poursuit dans la longueur tout entière de la tige, et dans les branches latérales s'arrête aux points de bifurcation; on le voit même, quelquefois, entouré de la gaine pelliculaire interne; mais le cordon musculaire est plus ou moins atrophié; sur la tige, épaisse et rigide, il a naturellement perdu toute action; et ce n'est sans doute pas à lui qu'il faut attribuer les rétractions brusques de l'animal sur lui-même, sans que la tige prenne aucune part au déplacement.

Ces retraits du corps tout entier sont d'ailleurs très faibles, et souvent passent à peu près inaperçus; bien plus fréquente et plus décidée est la rétraction de la bordure péristomienne, que l'on voit à chaque instant se repliera l'intérieur, pour se développer bien vite à nouveau au dehors.

Le corps est ovoïde, ou bien aussi, et surtout chez les jeunes, plus ou moins étalé à son bord antérieur; les stries sont presque toujours extrêmement fines; le disque est pourvu d'un petit ombilic; c'est là un caractère systématique d'une réelle importance, et qu'il est bon de noter. Le noyau (fig. 4) est court et large, accompagné, dans sa concavité, d'un micronucléus ellipsoïdal; sur les jeunes individus, il se montre fréquemment replié sur lui-même, et comme brisé en deux, avec le micronucléus au point de flexion.

J'ai pu observer cet Infusoire partout où se sont montrés des Gammarus; à la Pointeà-la-Bise il s'est trouvé sur VAsellus aquaticus. Probablement, dans cette dernière station, était-ce là VEpisiiilis simulons, dont Plate (1888) a donné une bonne description, en le considérant comme distinct de \'E. steini. « Ich wûrde kein Bedcnken tragen, — dit-il, — dieselben fiir identisch zu erklâren, wenn nicht der Stiel des von mir beobach-

teten Infusors eine sehr dcutliche Làngsstreifung aufwiese Das innere des Stiels

scheint mir mit einer Gallerte erfùUt zu sein Ausserdem ein Faden, der von unten

nach oben an Stârke zunimmt. »

Ce que j'ai trouvé, sur les Gammarus comme sur les Asellus, c'est bien en somme, VEpistylis simulons de Plate; mais c'est en même temps, j'en suis persuadé. VEpistylis steini, que Wrzesniowsky n'aurait pas suffisamment étudié (1).

Fig. 248. — Epislylis sleini

Epistylis racemosa sp. n.

Corps vaguement cylindrique, large, légèrement déprimé sur une de ses faces par opposition à une face opposée plus convexe; brusquement rétréci en arrière, à peine évasé à son bord antérieur. Pharynx long, dépassant le milieu du corps. Vésicule contractile très grande, sous le vestibule. Noyau en fer à cheval, court, logé dans la moitié postérieure du corps. Les animaux sont fixés, par une sorte de bourrelet terminal, sur des mamelons jaunâtres, rugueux, boursouflés, qui forment ensemble une ramification courte et noueuse, elle-même terminée en arrière en un tronc lisse, tordu, strié dans sa longueur. La colonie forme une agglomération serrée d'individus en nombre très variable, jusqu'à douze et plus.

Longueur 40 à 51 (x. — Sur les mâchoires des Diaptomus.

(1) n ne faut pas confondre cet Infusoire avec le Carchesium aselli de Enoelmann, qui lui ressemble à première vue, et que j'ai trouvé abondant sur les pattes et les aiguilles de VAsellus. Les caractères qui le distinguent de VEpistylis sleini peuvent se résumer comme suit : tige plus mince, plus longue, plus égale, à peine ridée, striée en travers; cordon axial plus net; pas d'ombilic sur le disque, ou plutôt, on en trouve une trace, mais peu nette;noyau plus long et plus étroit; corps plus allongé; stries presque invisibles; contractions de la tige et des rameaux.

C'est là un véritable Carchesium.

Fig. 249. — Epistylis racemosa

J'ai trouvé cet Epistylis à Pinchat, fixé en colonies de 8, 12, et jusqu'à 15 individus, sur les mâchoires bleuâtres des Diaptomus (castor?), et toujours à la même place, près des denticulations (fig. 1); presque toujours les colonies étaient composées, moitié d'individus déployés et moitié de ces kystes sur lesquels nous allons bientôt revenir. La masse arborescente qui porte les différents animaux, et qu'on pourrait comparer au tronc noueux d'un saule rabougri, présente une physionomie toute particulière (fig. 2) : C'est d'abord un tronc basai, flexueux, contourné, brillant, nettement strié dans sa longueur; mais ce tronc devient brusquement rugueux, jaunâtre, et s'élargit en une masse relativement compacte, coralloïde ou spongiforme, découpée de rameaux très

courts, renflés et bilobés à leur sommet, rugueux et ponctués de petites granulations. Dans la concavité des lobes s'insère alors le pied très court de chaque animal, simple resserrement brusque du corps, simulant une tige.

L'Infusoire n'offre rien dans sa forme générale que n'ait indiqué la diagnose; j'attirerai cependant l'attention sur le pharynx, très étroit à l'état vide, et dont les bords figurent alors deux longues baguettes se réunissant en bas par leurs pointes ; puis sur les grandes vacuoles alimentaires renfermant chacune une grosse boulette à contenu granulé (microbes); dans les individus bien développés (fig. 2, à gauche) presque toujours on trouve une de ces vacuoles tout particulièrement volumineuse. Mais ce qu'il y a de plus curieux dans cette espèce, ce sont les kystes, ovoïdes-allongés, jaunâtres, rugueux, ridés en travers, et cela parfois si régulièrement, qu'on pourrait les donner comme annelés; ils sont membraneux plutôt que rigides, et lorsqu'on les comprime, on les voit s'écraser plutôt que se briser. Dans leur intérieur (fig. 4), l'animal s'est rétracté en une masse ellipsoïdale, dans laquelle on voit plus ou moins distinctement les organes en cours de résorption ou au contraire de régénération, et cette masse est elle-même durcie à sa surface en im kyste interne lisse, incolore, et dont le contenu peut être expulsé par écrasement. Les animaux s'enkystent sur place, et la tige très fine, incolore, qui porte la capsule ridée (fig. 2) n'est pas autre que le pied, légèrement modifié, de l'individu.

Les kystes ne sont rattachés à leur courte tige que d'une manière assez précaire, et se perdent à chaque instant pendant les manipulations. Peut-être l'éclosion a-t-elle lieu après la dispersion des kystes dans la vase du fond, et serait-ce pour cette raison que cette éclosion ne s'est jamais opérée sous mes yeux. Pour l'enkystement, par contre, j'ai pu faire quelques observations : L'individu prend une forme ovoïde, perd lentement tous ses organes, appareil péristomien, même la vésicule contractile qui est la dernière à disparaître ; mais le noyau reste en vue, quoique pâle et peu distinct. Pendant tout ce temps, un double kyste se forme : l'interne, au sommet duquel on voit un bourrelet bleuâtre qui disparaîtra plus tard (fig. 3), et du même coup l'externe, d'abord lisse et incolore lui aussi, puis se ridant peu à peu, et tournant du gris sale au jaune brun.

Les animaux se détachent de leur soutien le plus facilement du monde, après s'être munis d'une ceinture ciliée postérieure; après le détachement, ils restent im instant immobiles, puis se mettent à courir, interrompant leur course de reculs saccadés, ou bien plongeant et replongeant sur place, pour repartir enfin d'une course plus régulière et chercher un hôte nouveau. Il n'est pas impossible, en effet, que par suite de la localisation si restreinte sur la mâchoire du Diaptomus, les individus nageurs soient obligés de chercher à se poser ailleurs que sur leur hôte primitif, où la place est déjà prise ; en tout cas, il est assez curieux de constater que sur toutes les mâchoires examinées, une demi-douzaine au moins, il ne se soit jamais montré qu'une seule colonie... quand il s'en montrait une, car, malheureusement, on ne trouvait guère qu'un Diaptomus sur quatre qui portât son Epistylis.

Rhabdostyla inclinans ((I'Udekem) Roux 1901 Gerda inclinans d'UoEKEM 1864 Rhabdostyla chaeticola Stokes

Scyphidia inclinans Kent 1882 Rhabdostyla discotyla Svéc 1897

Corps très allongé, cylindroïde, rétréci en arrière, bordé en avant d'un bourrelet non renversé; l'animal est généralement penché sur son pied, et montre alors une face convexe et une face concave ondulée ou plissée. Striation très fine. Disque étroit, relativement très élevé, à surface convexe, unie. Vestibule et pharynx normaux; vésicule contractile au bas du vestibule. Membrane ondulante fortement développée. Noyau long, longitudinal, flexueux, renflé à ses deux extrémités. Les animaux se fixent au soutien soit directement à l'aide d'un petit bourrelet préhensile (sur la peau de l'hôte), soit au moyen d'une tigelle étroite, qui n'est elle-même qu'un prolongement du corps (sur les crochets de l'hôte).

Longueur 50 à 60 (x. — Sur Nais.

J'ai trouvé cette espèce dans deux localités, à Pinchat et à Florissant, et toujours sur les Nais, mais sous deux formes un peu différentes. Examinons la première, la forme classique, fixée, comme le dit Roux, « aux soies des Nais par un pédoncule court, droit et lisse, qui atteint environ un huitième de la longueur du corps. » En fait, ce pédoncule peut être un peu plus long, jusqu'au sixième de la longueur du corps, et il est assez souvent recourbé; de plus, j'ai remarqué une coïncidence assez curieuse : l'animal se fixe soit sur les longues soies dorsales, et alors non loin de leur base, soit sur les crochets ventraux, qui sont, comme on le sait, bidcntés, et alors le point de fixation est toujours près de l'extrémité d'un crochet (fig. 5). Mais tout cela n'est qu'affaire de détail; il est un point bien plus important : En réalité il n'y a pas de pédoncule vi'ai, et ce que l'on a toujours pris pour tel, c'est le corps même de l'animal, brusquement rétréci en un prolongement creux, figurant à s'y méprendre une tigelle. C'est là un fait dont j'ai pu m' assurer; et d'après mes observations sur un jeune animal qui venait de se poser, rinfusoire ne suit pas d'autre méthode pour allonger son pied que d'autres le font généralement pour construire une tige vraie ; à peine fixé, il se voit attiré en avant par la vibration de sa couronne péristomienne, mais ici, au lieu d'un dépôt glutineux, qui se forme au fur et à mesure de l'allongement, c'est l'extrémité même du corps qui s'étire, pendant quelque temps tout au moins (fig. 4).

Le corps peut être considéré comme ayant une face ventrale et une face dorsale distinctes; c'est alors sur le côté ventral, qui coïncide avec la fosse péristomienne (par opposition au disque qui serait du côté dorsal) que l'animal se penche ou s'abat brusquement de temps à autre, pour se relever bien vite, mais rester normalement légèrement penché.

Telle est la première forme de notre Rhabdostyla, toujours sur les soies ou les crochets de son hôte. La seconde, identique à la première dans ses traits généraux, en diffère cependant par un point important : ells est scssile, non pédonculée; au lieu de s'allonger en tigelle, l'animal se borne à former un petit disque adhésif, qui pince, pour ainsi dire, la peau de son hôte — car c'est toujours sur la peau qu'on le trouve — , et même étire cette

Fig. 250. — Rhabdostyla Inclinans

LES INFUSOIRES d'eAU DOUCE

dernière en un léger prolongement. Dans cette seconde forme, que représentent les fig. 1 et 2, l'animal est en général plus fortement penché que dans la première, parfois jusqu'à faire avec la surface de son hôte un angle très aigu.

Il semble que nous ayons bien là, sur la peau et sur les soies, ou les crochets, le même animal; plutôt que de deux « variétés », on pourrait parler de deux « procédés » distincts; le procédé normal serait la fixation sur la peau ; mais sur les soies rigides, et que le disque fixateur ne peut pas « pincer », il y aurait agglutination simple, et ce serait le corps de l'individu qui s'étirerait en tube, plutôt que le corps de l'hôte. Mais alors, il est un fait curieux à constater : à Pinchat, tous les individus (pédoncules) étaient sur les soies; à Florissant, tous les individus (sessiles) étaient sur la peau (1). Ces considérations pourraient alors nous amener à la conclusion qu'après tout il y aurait deux « races », qui n'en faisant qu'une à l'origine, se trouveraient aujourd'hui nettement séparées. Ajoutons que la Rhabdostyla discostyla trouvée en 1897 par SvÉc « ectoparasitisch auf Wasseroligochaeten, besonders auf Nais und Tubifex Arten», ne serait selon moi pas autre chose que la forme sessile de Rhabdostyla inclinons; la Rhabdostyla chaeticola de Stokes, fixée sur les soies des Nais, en serait par contre la forme pédonculée.

D'Udekem figure sa Gerda inclinons comme fixée au tégument de l'hôte, et dit à ce sujet : « Il m'a paru que quelques individus portent un style court ». C'est bien ce que semble montrer l'une des deux figures; mais il me parait également possible que d'UoEKEM ait pris un étirement du corps pour un « style vrai ».

La fig. 3 montre un individu coureur, mais qui va bientôt se poser; on y remarquera la longueur du pinceau de cils servant de gouvernail, et dans lesquels on ne peut guère voir une simple modification de la couronne péristomienne. Dans la fig. 2, nous avons un individu qui s'apprête à quitter son hôte, et se forme une ceinture à cet effet. Ce sont là des rencontres très fréquentes, les animaux se détachant avec une grande facilité.

Rhabdostyla lumbriculi sp. n.

Corps de structure identique à celui de Rhabdostyla znc//na;js, mais plus grand, plus épais, à stries mieux marquées, à disque pourvu d'un petit ombilic. La vésicule contractile est plus grande; la fixation se fait au moyen d'un bourrelet adhésif très large, porté sur une mince plaque séparée elle-même de la peau de l'hôte par un prolongement de cette dernière.

Longueur 70 à 77 [x. — Sur Lumbriculus.

Cet Infusoirc, dont j'ai trouvé une vingtaine d'exemplaires sur quatre Lumbriculus — et non plus cette fois sur Nais — dans le Rhône à « la Jonction », rappelle de très près la

variété sessile de Rhabdostyla inclinons, et j'ai beaucoup hésité à l'en séparer; mais cependant nous y trouvons toute une série de caractères, sinon bien importants, du moins suffisanunent nombreux, qui se sont montrés les mêmes dans tous les individus examinés, et qui rendent assez vraisemblable l'existence d'une espèce distincte.

Ces caractères sont les suivants :

1° La taille est plus forte, et surtout, le corps est beaucoup

plus large et plus renfié; 2° Les stries sont mieux marquées; 3° La vésicule contractile est relativement plus grande; 4° La convexité du disque est plus forte, et l'on voit un

léger ombilic ; 5" Le bourrelet adhésif e.st très large, et repose sur un Fig. 261. — Rhabdostyla lumbriculi disque boaucoup plus large encore, mince, d'une appa-

rence toute particulière (fig. 1).

6° Les mouvements de brusque inclinaison sont beaucoup plus faibles, et ne se produisent que rarement.

(1) Plus tard, dans une troisième station restée indéterminée (Parc La Grange très probablement) la seule Nuis trouvée portait une douzaine de Rhabdostyla sessiles, sur la peau, et pas une sur les soies.

La fig. 2 représente l'animal à l'état errant, avec sa ceinture ciliée dans une orientation presque infère, ou tout au moins en une diagonale très prononcée; c'est sous cette forme qu'ont couru pendant des heures entières deux individus qui s'étaient détachés de leur hôte, et en cherchaient un nouveau sans pouvoir le trouver.

Rhâbdostyla sessilis sp. n.

Corps allongé, cylindroïde ou vaguement urcéolé, arrondi en arrière, à bordure antérieure à peine renflée. Striation très fine, indistincte. Disque relativement très large, très peu élevé, à surface presque plane. Vestibule large et profond; pharynx atteignant le milieu du corps. Vésicule contractile très grande, sous le vestibule. Noyau très pâle, longitudinal, recourbé et fortement épaissi à son extrémité postérieure. Tige extrêmement réduite, presque nulle, ne constituant en fait qu'une plaque adhésive.

Longueur 43 à 45 jx. — Sur Cyclops.

Cette espèce n'a été rencontrée qu'une seule fois, le 24 novembre, à Pinchat; mais c'était toute une petite colonie de neuf individus, serrés en une seule rangée sur la cara-

Î)ace d'un Cyclope mort. Comme cette colonie a été conservée pendant trois jours et que es animaux ont été examinés sous leurs différents aspects, il n'y a pas lieu de douter que la diagnose soit suffisante pour caractériser l'espèce.

La forme est vaguement celle d'un gobelet, à peu près deux fois aussi long que large ; la cuticule est striée, mais les stries sont si fines qu'on ne les distingue qu'avec la plus grande difficulté, dans l'épaisseur du tégument, et grâce seulement à divers jeux de lumière qui les font apparaître. Le noyau est à peine \isible, comme une tache arrondie, vers le tiers postérieur du corps; en réalité, il se prolonge jusque bien loin en avant, et a la forme d'un boudin élargi aux deux bouts.

Le pédoncule est nettement distinct, mais figure plutôt un disque, car jamais il ne croît suffisamment en longueur pour qu'on puisse l'assimiler à une tige vraie ; c'est tout d'abord une gouttelette visqueuse, qui se solidifie à la surface, et devient creuse et tubulaire en un instant.

La fig. 3 représente un individu qui vient de se poser après un temps de course ; il a déjà perdu sa ceinture ciliée, et, ramassé sur lui-même, il est fixé par un large bourrelet temporairement adhésif; mais dans la fig. 4, nous le retrouvons un instant plus tard; il s'est relevé, a pris sa forme naturelle, et s'occupe à fixer au soutien la gouttelette qui va bientôt durcir.

Dans la fig. 2, c'est, au contraire, un individu qui va se détacher; le pied s'effile en traînées qui se résorbent toujours plus.

Notons encore, comme caractère systématique d'une certaine importance, le disque péristomien très large, presque plat, à peine saillant.

Fig. 262. — Rhâbdostyla sessilis

Rhâbdostyla ovum S. Kent 1882

Corps ovoïde ou subsphérique, acuminé en arrière, bordé en avant d'un bourrelet épais, non renversé. Striation très fine, peu distincte. Disque large, bas, à convexité peu accusée. Vestibule vaste et profond; pharynx normal. Vésicule contractile grande, sous le plancher du vestibule. Noyau large, en fer à cheval, à orientation transversale ou

quelquefois diagonale. Tige extrêmement courte, atteignant à peine la cinquième partie de la longueur du corps.

Longueur 25 à 28 (x, rarement jusqu'à 30 |x. — Sur divers Rotifères et Entomostracés.

C'est bien sans doute à la Rhabdostyla oimm de Kent qu'il faut rapporter un Infusoire qui se montrait en grand nombre à Florissant, en juin 1917, attaché presque toujours à un Rotifère, ÏAnureopsis hypelasma, généralement sur la face ventrale et rarement sur le dos de son hôte; le plus souvent, on l'y trouvait par groupes de deux individus, dont l'un devait plus tard se détacher de l'autre (fïg. 1); ils résultaient d'une division, sans

doute, mais restaient fort longtemps réunis, soudés par la base des deux pédoncules. Quelquefois aussi, l'hôte était la Synchaeta pectinata.

Plus tard, cependant, en novembre de la même année, cette même forme s'est rencontrée à Pinchat, abondante sur les Daphnia, puis entre les pattes et à la base des soies caudales des Canthocamptiis. Quoi qu'il en soit, en aucun cas ce n'était là la Rhabdostyla ovum type, de taille beaucoup plus forte, à corps plus allongé, et que j'ai rencontrée d'ailleurs en plusieurs occasions, par exemple sur des Cyclopes; plutôt à Florissant et à Pinchat, y avait-il une variété particulière, courte et presque sphérique, et ne dépassant pas 28 (x de longueur. Le noyau, en fer à cheval, est généralement dans une position transversale, quelquefois diagonale, mais jamais longitudinale comme on l'indique dans la forme type. Le pédoncule, de 4 ji seulement de longueur, est fixé sur l'hôte par l'intermédiaire d'ime large plaque très mince, chitineuse en apparence, réfringente (fig. 2).

C'est là, nous avons dit, probablement une variété; mais, d'après mes expériences, il y en aurait d'autres encore, d'autres formes qui pourraient rentrer aujourd'hui dans le cadre de l'espèce « ovum », mais qui devront en être séparées un jour. Dans la Rhabdostyla vernalis, comme aussi la Rhab. invaginata, nous avons peut-être deux de ces formes, que Stokes a considérées à part.

Flg. ass. — Rhabdostyla ovum

Rhabdostyla brevipes Ccap. et Lachm.

Corps très allongé, de forme urcéolée, fortement rétréci à sa partie postérieure, bordé à sa partie antérieure d'un bourrelet étroit. Striation fine. Disque peu élevé, très large, presque plan. Membrane ondulante fortement développée. Vestibule et pharynx normaux, profonds. Vésicule contractile sous le plancher du vestibule. Noyau court, disposé transversalement dans la partie antérieure de l'animal, puis se repliant brusquement vert le bas. Tige très courte, ne dépassant pas la .sixième partie de la longueur de l'animal, large d'abord puis se rétrécissant peu à peu vers le bas, et fixée au soutien par l'intermédiaire d'une plaque mince, convexe, fortement réfringente à son bord.

Longueur 40 à 46 (x ; avec la tige, 46 à 52 (jl.

L'Infusoire que j'ai trouvé à Pinchat, sur deux petites espèces de Daphnia, ne semble guère tout d'abord devoir .se rapporter à la Rhabdostyla brevipes de Claparède et Lachmann; il s'en écarte en tout cas par la forme du noyau, qui est ici allongé en boudin, et est indiqué par les premiers observateurs, puis ensuite par Roux (1901), comme franchement ellipsoïdal; mais par tout le reste, par sa forme assez spéciale et par sa structure générale, l'animal semble bien être le même.

PIg. 2Si. — Rhabdostyla brevipes

Roux donne la surface du corps comme lisse, mais en fait, comjne nous l'avons déjà fait observer, la surface est striée dans tous les Péritriches (à l'exception de la Spirochona); seulement, les stries sont parfois si peu apparentes qu'il faut des conditions spéciales (lumière oblique, etc.) pour les rendre visibles; et quant à d'autres divergences de détail, elles sont dues au fait que personne, en réalité, ne s'est occupé sérieusement de cet organisme. Le pied, plutôt conique que cylindrique, n'a guère attiré l'attention, non plus que le disque d'attache, très fort, mince, chitineux (?), noir et réfringent à sa base (fig. 2, 3); non plus également que la membrane ondulante, très forte et par instants rejetée bien loin sur le côté.

La fig. 3 montre un couple après division; comme dans la Rhabostyla ovum dont nous venons de traiter, les deux animaux peuvent rester très longtemps unis, grâce à la soudure de leur pédoncule; ici c'est une fusion complète, donnant l'image d'une bifurcation, et quand l'individu muni de la ceinture vibratile s'échappera, il laissera là sa tige, comme une marque persistante de sa présence antérieure. On pourrait voir, dans cette espèce, un passage aux Opercularia.

Rhabdostyla porculus sp. n.

Corps cylindroïde, large, plissé en général sur ses côtés; rétréci en arrière en une sorte de pied adhésif; bordé en avant d'un bourrelet très peu évasé. Cuticule très forte, opalescente; stries peu distinctes. Disque large, presque plan, dépassant à peine, à son point le plus élevé, le rebord péristomien. Vestibule et pharynx normaux. Vésicule contractile très grande, sous le plancher du vestibule. Noyau large, relativement peu allongé, vertical, et recourbé en arrière. L'animal se fixe au soutien soit par son pied simplement rétréci, soit par l'intermédiaire d'une tige courte, très large, tubulcuse, étalée à sa base et bordée d'une lamelle ■ / ..

mucilagineuse arrondie. ""vAlC I / \L V!

Longueur 135 à 155 (i; longueur de la tige 30 à 35 [x. ^ ** ■•*■■ ' ^ >U.-^r:a-

Fig. 253. — Rhabdostyla porculus

Cette espèce, de taille relativement forte, ne s'est malheureusement montrée représentée que par quatre ou cinq individus, récoltés le 2 mgrs, puis plus tard le 30 mars 1916 dans un fossé à Pinchat; tous étaient fixés non pas à des animaux aquatiques, mais à des débris informes ou à des fragments végétaux.

Le corps est massif, largement tronqué en avant, rétréci en arrière en une sorte de pied qui se fixe directement sur une fibre et la « pince » dans un bourrelet (fig. 1), ou bien qui se construit une tige véritable, très large, incolore, tubuleuse (fig. 2). Cette tige s'étale alors largement sur le soutien, en un disque adhésif incolore, mince, arrondi.

La membrane est très épaisse, parcheminée, et parcourue de nombreux plissements ; le disque péristomien est presque plane, ou bien sinueux, légèrement convexe d'un côté et creusé de l'autre. A travers la membrane épaisse et opalescente, le noyau se distingue à peine.

Opercularia protecta sp. n.

? Zoothamnium macrostylum d'IJoEKEM

Corps allongé, fusiforme, rétréci et plissé en long dans sa partie postérieure, à peine élargi en avant en un rebord péristomien crénelé. Disque très élevé sur l'un des côtés, fortement convexe, rattaché obliquement au corps par un large pédoncule. Cuticule épaisse, à striation très fine, indistincte. Membrane ondulante fortement développée, étalée en une large cupule. Vestibule très vaste, creusé d'une poche latérale profonde dans laquelle se déverse la vésicule contractile. Pharynx allongé à parois ciliées, s'étendant jusqu'au-delà du milieu du corps. Noyau très court, orienté transversalement, à la hauteur

du vestibule. Pédoncule très épais, irrégulier, tubulaire, bosselé, atteignant le tiers de la longueur de l'animal, et un peu plus lorsqu'il est rameux et porte plusieurs individus. Les colonies forment des bouquets de deux à huit individus, rarement plus, arrivant tous à peu près à la même hauteur.

Longueur 80 à 100 y.. — Pattes de Gammarus pulex.

Cette Opercularia s'est rencontrée, soit en individus solitaires, soit en petites colonies, sur les épines des pattes du Gammarus pulex, dans le Rhône à la Jonction près de Genève. L'animal, nettement fusiforme, mesure en général de 80 à 100 ji en longueur, et la tige

reste presque toujours plus courte, même dans les colonies bien fournies, qui forment des petits bouquets compacts où l'on peut trouver jusqu'à douze individus.

La membrane d'enveloppe, très épaisse, un peu opalescente, est de celles que l'on décrit habituellement comme lisses; la striation y existe, cependant, bien caractéristique, mais si fine qu'il faut la plus grande attention pour la distinguer; on y compte environ quatre stries au micromillimètre.

La partie postérieure du corps, rétrécie, et devenant cylindrique au voisinage du point de fixation sur la tige, est parcourue de stries, ou plutôt de rides longitudinales. Le disque péristomien est très élevé, comme dans les Opercularia et les Pyxidium en général, et la membrane ondulante qui l'entoure a la forme d'une vaste collerette, large et très surbaissée. La vésicule contractile s'ouvre dans une poche profonde creusée dans le vestibule, ce dernier très vaste et très long, traversé de partitions diagonales; le pharynx, cilié, est également fort long.

La fig. 2 représente un individu qui s'est détaché de la tige et court rapidement. J'y ai remarqué, après une légère compression destinée à tenir l'animal immobile, un détail assez curieux (fig. 3) : du bord inférieur de la ceinture ciliée, on voyait se détacher une couronne d'éléments spéciaux, simulant des cils courts, épais, rigides, et dont la signification m'a échappé.

Cette espèce rappelle VEpistylis slenostoma (Stein) que d'Udekem a trouvé fixée autour des antennes de VAsellus aqualicus, mais dont la forme est différente, plus allongée, et dont le style est « extrêmement court et difficile à apercevoir. »

Fig. 256. — Opercularia proiecta

PyTcidium inclinans (0. F. Mûller) Kent 1882 Vorticella inclinans 0. F. Mùller Scyphidia inclinans Frommentel

Corps très allongé, cylindrique-fusiforme, à peine élargi en avant, rétréci et plissé à son extrémité postérieure. Rebord péristomien très peu renflé, crénelé. Cuticule épaisse, finement striée. Disque très élevé, creusé en cornet spirale, et rattaché à la paroi du corps par un pédoncule étroit. Membrane ondulante fortement développée. Vestibule très vaste et profond, creusé d'une large poche où va s'ouvrir la vésicule contractile adjacente. Pharynx allongé, à parois épaisses. Noyau court, recourbé, orienté transversalement, à la hauteur du vestibule. Les animaux, solitaires ou en groupes de quelques individus seulement, sont pourvois d'une tige très courte et très large, qui devient rameuse et d'apparence coralloïde dans les colonies.

Longueur 90 à 110 (i. — Sur Lemna polyrrhiza.

Si l'on compare avec les figures ici relatives à cette espèce celle que Frommentel a donnée de sa Scyphidia inclinans, qu'il identifie avec la Vorticella inclinans de O.-F. MuLLER, et que Kent, à son tour, a introduite dans le genre Pyxidium, on aura peine à y voir le même organisme. Il n'est pas bien certain, du reste, que ce soit le même en effet, mais la figure de Frommentel est si défectueuse, qu'il faut à peine en tenir compte; la description ne vaut du reste guère mieux, et c'est bien au Pyxidium inclinans que je crois devoir rapporter un Péritriche trouvé fixé en grand nombre sur le radicelles d'une Lemna (polyrrhiza) provenant des environs de Zurich (Grossee).

Le corps, très allongé, est presque cylindrique; la cuticule, très forte, est finement striée; dans la partie postérieure de l'animal on y remarque de petits plissements longitudinaux, très réguliers (fig. 1), formant chacun une petite plage fusiforme, ponctuée de granulations. Le pied est large, tubulaire, très court; souvent on le voit pourvu d'un rameau latéral, qui n'est autre chose alors que la tige, maintenant abandonnée, d'un individu né de division (fig. 1).

Le disque, très élevé comme dans tout le groupe en général, est d'une structure spéciale, que nous retrouverons d'ailleurs dans les Lagenophrys et d'autres Péritriches encore ; plutôt qu'un disque vrai, c'est un cornet enroulé sur lui-même, et la frange adorale y décrit alors 1 % tour d'hélice (fig. 1). La membrane ondulante figure une vaste collerette, très élevée au-dessus de la fosse vestibulaire.

La fig. 2 donne une idée d'ensemble de l'appareil vestibulaire et pharyngien, que Ton peut étudier dans cette espèce mieux que dans aucune autre peut-être, mais dont certains détails n'en restent pas moins plutôt mystérieux. On y voit l'immense vestibule, creusé, à gauche, d'une fosse dans laquelle vient se vider la vésicule contractile; à droite est une fosse plus profonde, aboutissant au pharynx; de chaque côté s'y montrent deux cils forts, probablement destinés à renvoyer au loin les éléments de refus; entre les fosses est une proéminence médiane, d'où partent, l'une à gauche et l'autre à droite, deux lignes courbes, longitudinales, que l'on voit animées d'une sorte de frémissement, et qui ne sont que les rebords de cloisons très minces, tendues dans le vestibule. Du point où aboutit à gauche la plus courte de ces lignes, on en voit partir deux autres, rebords, également, d'une lame attenante au pédoncule et qui vont rejoindre le disque; enfin, ce même point coïncide avec une légère constriction annulaire du corps, sur laquelle prend naissance la collerette ou membrane ondulante, qui s'élance bien haut et s'étale largement au dehors. Tout en bas, le pharynx, tantôt large et tantôt étroit, montre ses parois renforcées d'un épaississement à double contour.

La fig. 3 représente un individu qui se prépare à

quitter sa tige; dans une invagination postérieure se forme une ceinture ciliaire, qui grandit rapidement, et bientôt débordera l'invagination; il faut ajouter, à ce propos, que l'animal a l'habitude de se rétracter à chaque instant sur lui-même, en s'emboîtant par sa partie postérieure; plus rarement, il se recourbe brusquement toiit entier, sur un côté qu'on peut appeler ventral, adjacent à l'ouverture vestibulaire (à droite dans les deux figures).

Dans la fig. 4, nous avons sans doute une copulation, mais qui semble un peu extraordinaire, en ce que les conjoints sont de même taille. Ce couple a été conservé vingt-quatre

Fig. 257. — Pyxidium inclinans

heures, après lesquelles l'individu copulateur, fixé sur le corps de l'autre, s'était simplement arrondi; le couple était malade, et n'a rien donné de plus.

Comme nous l'avons dit plus haut, cette espèce se trouvait sur les radicelles de Lemna polyrrhiza; les animaux s'y montraient souvent solitaires, mais fréquemment aussi en petits groupes de quatre, et au maximum de huit individus; on les voyait alors fix,és sur une base coralloïde commune, qui paraissait constituée par un mucilage solidifié.

C'est une espèce assez robuste, qui prospère tant que les Lemna sont en bonne santé, mais périt dès que la plante vient à perdre de sa fraîcheur.

Pyxidium invaginatum Stokes 1887 a (1888 p. 221)

Corps pyrifoime, très large, très rétractile, atténué eu arrière en un prolongement sub-cylindrique précédé d'un renflement transversal; rétréci en avant, puis prolongé en une sorte de col que termine une bordure péristonùcnne crénelée. Cuticule forte, à striation très fine. Disque étroit, très élevé, légèrement creusé en cornet spirale. Membrane ondulante très développée, renversée en arrière. Vestibule vaste et profond, creusé d'une large poche latérale ; pharynx atteignant au-delà du milieu du corps. Vésicule contractile sous le plancher du vestibule. Noyau en fer à cheval, court, transversal; micronoyau adjacent. Tige extrêmement courte, simple bouton de fixation. Les animaux, le plus souvent solitaires ou en couples, sont parfois réunis en groupes de quatre ou cinq individus fixés chacun sur un bouton qui se rattache à un tronc commun.

Longueur 50 à 70 (x. — Sphagnum et Mousses.

C'est sur les radicelles des Lemma que Stokes (1887 a) a trouvé son Pyxidium invaginatum; malgré le fait, et tout en constatant qu'une détermination rigoureuse des Pyxidium est à l'heure qu'il est impossible, je crois ne pas me tromper en identifiant à ce P. invaginatum l'Infusoire sur lequel il me faut maintenant m' arrêter; et pourtant, c'est dans le^Spliagnum qu'il a été trouvé, d'abord à Haparanda (Suède) où les circonstances

m'avaient conduit en 1915, puis à Genève à la tourbière de Valavran, et enfin au Port- Noir; dans cette dernière station, le Pyxidium habitait les mousses d'un vieux mur ombragé.

Le corps est pyriforme, assez fortement renflé, tubulaire à son extrémité antérieure, et en arrière il diminue d'abord peu à peu de largeur, puis tout d'un coup se rétrécit en un prolongement étroit, que termine enfin un pédoncule si court qu'il n'est en fait qu'un simple bouton reposant sur une mince plaque adhésive. La cuticule, très forte, est plus ou moins nettement striée; en général assez fortement, et les stries se montrent alors distinctement perlées. Le disque, très élevé quand l'animal est complètement étalé, est étroit, et bordé d'une couronne vibratile cfui décrit un tour et demi de sjjirale; une vaste membiane ondulante l'entoure comme d'une collerette. Le vestibule est très profond, creusé d'une poche latérale dans laquelle une grosse vésicule contractile vient se déverser; tout au fond, près de l'ouverture buccale, quelques cils battent continuellement.

Il est assez intéressant d'observer dans cette espèce les phénomènes de la déglutition (fig. 4) : Les j)etits grains (microbes?) arrivant dans le vestibule — ceux du moins qui sont acceptés — passent au pharynx et s'y accumulent, mais on ne les y voit pas

Fig. 2SS. — Pyxidium invaginatum

tourbUIonner comme dans la Vorticella muralis où nous avons décrit le fait (simplement, peut-être, parce que dans les Pyxidiiim observés les microbes étaient inertes, tandis que dans la Vorticelle c'était un microbe flagellé (?)); lorsqu'ils y sont rassemblés en nombre sufiisant, on voit se produire une contraction péristaltique, qui court de haut en bas (fig. 6 a, h, c, d), et enfin une vacuole fusiformc se détache (e), décrit un demi cercle, s'arrondit, et remonte, de l'autre côté du corps, jusque près de la vésicule contractUe, où elle disparaît, laissant dans le cytoplasme des petits grains qui plus tard iront s'accumuler en un amas spécial dans la région postérieure du corps. Il faut remarquer à ce propos que les individus passant de l'état enyksté à l'état actif, tels que j'en ai vu quelques uns, ne renferment pas cet amas de granulations; on voit les grains, par contre, rapidement apparaître dès que l'animal commence à manger; et pourtant, en reprenant son activité l'individu n'a pas abandonné de déchets derrière lui, ce qui semblerait montrer que ces petits grains, plutôt que des éléments de rebut, constitueraient des réserves nutritives que l'animal consomme pendant l'enkystement.

J'ai fait à cette occasion une observation assez curieuse : Dans cette espèce, comme d'ailleurs dans d'autres Pyxidium, le corps s'abat fréquemment et pour un instant sur son pied, s'y emboîte en y faisant un repli, ou même deux; or j'ai remarqué sur un individu (fig. 4) spécialement examiné, que toutes les fois que la vacuole nutritive détachée du pharynx, en arrivant au bas de sa course, atteignait l'amas des petits grains de réserve — c'est-à-dire en fait, arrivait par sa pointe en contact avec la zone des muscles rétracteurs, ces derniers entraient en action, et l'animal se rétractait brusquement. C'était là, en somme, l'expérience classique de la pointe d'aiguille opérant sur un nerf et obligeant une patte de grenouille à se contracter.

Dans la fig. 4, ni le pharynx ni la vacuole qui s'en détache ne montrent de grains nutritifs dans leur intérieur; c'est que l'individu examiné n'en pouvait accepter; l'appareil obturateur, le disque, était rabattu, fermait toute communication avec le dehors, et rien ne pouvait entrer; j'ai pu constater d'autre part que le jeu de l'activité pharyngienne se continue quelquefois indépendanmient de l'arrivée de toute nourriture, pourvu du moins que l'occlusion opérée par le disque ne soit pas absolue, c'est-à-dire, qu'il puisse entrer tout au moins un peu d'eau ; la vacuole se forme alors, normale, mais ne renferme que du liquide; en remontant dans le corps, elle devient plus petite et finit par s'éclipser, répandant son contenu dans le cytoplasme; mais quand par hasard elle arrive au contact de la vésicule contractile, elle peut aussi s'y vider.

La fig. 3 représente un individu qui se prépare à quitter son disque adhésif, et à s'élancer à la nage ; il s'emboîte sur son pied, et au fond de la gouttière ainsi dessinée se forme rapidement une couronne vibratile, qui

devient très puissante; la fig. 5, où l'on voit l'animal en marche, a été prise sur le même individu, une demi-heure plus tard; on y remarquera le pinceau caractéristique, fait de cils soudés, et d'une longueur telle dans cette espèce qu'elle dépasse celle de l'animal lui-même; ces cils se développent sur la paroi d'où se dégageait la membrane ondulante; y a-t-il eu métamorphose de cette dernière, ou production nouvelle, c'est ce qu'on ne saurait dire; mais en tout cas, ce ne sont pas là les éléments normaux de

Fig. 259. — Pyxidium Invaginatum

la zone adoralc primitive. Ce pinceau, il faut l'ajouter, qui sert de gouvernail, est mobile, ou le voit se balancer et battre l'eau sur l'animal prêt à se détacher de sa tige.

Dans la fig. 7, nous avons une division, telle qu'on la trouve cn\iron une heure avant la séparation définitive des individus. On peut y remarquer plusieurs faits intéressants; tout d'abord l'aspect très spécial de l'appareil vestibulaire et pharyngien invagijié : on y voit, très distinctement marquées, trois fentes en lame de faulx, dont l'une se prolonge en un canal étroit jusqu'aux plissements antérieurs du corps; dans l'individu de droite, une fissure supplémentaire, en forme de croissant, indique le canal de la vésicule contractile tout juste en train de se vider.

Le noyau, court et droit, s'est placé en travers du corps en division ; bientôt, il va se couper, et chacune des parties séparées s'arrondira avant de s'allonger à nouveau; le micronucléus, sous le noyau, s'est également allongé.

La division, qui s'était dessinée tout d'abord à la partie antérieure, a maintenant également commencé en arrière, et bientôt les deux lignes se rejoindront ; l'un des individus reste sur l'ancienne tige, l'autre dépose sur cette tige même une matière visqueuse qui va durcir en un bouton brillant (fig. 8). Si nous nous reportons maintenant à la fîg. 2, où les individus sont complètement séparés, nous retrouverons, sur une tige noueuse, deux de ces boutons abandomiés, tandis que le troisième est encore occupé. L'un des individus, en effet, va s'échapper, et se forme une ceinture ciliaire, dans la profonde invagination caractéristique. Dans la fig. 9, nous avons sans doute une copulation; le gamète s'est abattu, comme toujours, vers le tiers antérieur du corps du gros individu.

Il nous faut enfin dire un mot des kystes, si l'on peut regarder comme tels de simples masses ovoïdes, lisses, fixées par un bourrelet plissé, et dans lesquelles on reconnaît le noyau, la vésicule contractile, et l'appareil pharyngien quand il n'a pas encore disparu ou qu'il commence à se dessiner. Plutôt que des kystes, en fait, ce sont là des états de repos, que l'animal est obligé de revêtir, mais sans s'entourer d'une capsule, quand les mousses viennent à sécher. A la première goutte d'eau, il reprendra rapidement sa forme normale.

Pyxidium aselli sp. n.

Corps vigoureux, fortement renflé, ovoïde ou cylindrique, très changeant, rétréci dans son tiers postérieur par deux plissements « en escalier » puis se terminant en un prolongement cylindrique; rétréci également en avant et tronqué en un rebord péristomien relativement étroit. Cuticule très forte, à stries invisibles. Disque relativement large, peu élevé, bosselé. Membrane ondulante grande et longuement étalée. Vestibule large et profond; pharynx à parois épaisses, comprimé latéralement, et se prolongeant jusque bien au-delà du milieu du corps. Vésicule contractile grande, sous le plancher du vestibule. Noyau rubané, en fer à cheval, transversal. Muscles rélracteurs vigoureux et nettement dessinés, se prolongeant jusque dans le, pied. Tige très large et très courte, réduite même parfois à la forme d'un disque mince; plus généralement les animaux sont réunis en petits groupes de deux, quatre, et jusqu'à douze individus, chacun pourvu d'une tige très courte et qui va rejoindre un tronc commun fixé par un disque adhésif.

Longueur 80 à 125 \i. — Sur Asellus aqualicus.

Ce Pyxidium était assez fréquent, en août et en septembre de 1916, sur les pattes des Asellus aqualicus, à la Poiute-à-la-Bise. Rarement solitaire, on le trouvait plus souvent en petits groupes de deux, quatre et juscju'à douze individus; mais même lorsque la colonie était bien fournie, elle reposait sur un tronc unique, fixé lui-même sur un disque adhésif très large et très mince. Dans la fig. 4, où l'œil plonge dans l'axe même de la colonie, on voit que le tronc central est minii à son point de fixation de vagues stries radiaires, et en même temps on peut constater que la tige, extrêmement courte, presque nulle même (fig. 1 ) sur les individus solitaires, peut s'allonger et produire une véritable ramification, lorscjue les animaux se divisent pour rester cependant sur place et constituer des colonies véritables (1).

(1) BilTscHui.à la p. 1768 de ses .Protozon»,se prononce à pri)pos des Pijzidium dans les termes suivants : • Ki:nt errichtetc eine besimderc Gattun« Pyxidium filr diejeni(Jien Vortlcellincn von opercularicnartigen Bau, welche kcine Kolonien bilden. Doch sclieint der Nachwcis nicht Kcniljjend erbracht »

En eftet, la distinction entre formes coloniales et formes solitaires ne me parait pas possible; les Pyxidium, au fond, sont des Opercularia, mais par d'autres caractères, encore indistincts, le genre pourra peut-être être conservé.

L'animal se distingue tout d'abord par sa taille relativement forte, par sa largeur considérable, ses deux replis circulaires « en escalier », par son extrémité postérieure allongée en un véritable pied. La cuticule, extrêmement forte, impénétrable au carnain, paraît décidément lisse, et ce n'est qu'au moyen de jeux de lumière, ou par l'action de la glycérine, qu'on arrive à s'assurer de l'existence des stries ; la vésicule contractile est très développée; le pharynx a ses parois fortement durcies, et, quand il vient de lancer dans le cytoplasme une vacuole avec ses grains nutritifs, il revêt nettement l'aspect d'une lame de faulx fig. 1, 2). Le disque est large, peu élevé, et les propriétés tactiles et défensives des membranelles adorales y sont très fortement développées, tout autant que dans la Vorticella claudkans (p. 257); mais cette espèce est remarquable avant tout par la netteté toute spéciale des myonèmes et de leur agencement.

Fauré a décrit en 1904 une Opercularia Henneguyi, commensale des Cyclops, qui se rapproche de très près de notre Pyxidium (1), et y a trouvé un système musculaire extrêmement développé. « A l'état frais, » dit-il, « on distingue de larges bandes sombres, s'insérant d'une part à la partie inférieure de l'Infusoire, et d'autre part à son ectoplasma,

aux trois-quarts environ de la hauteur du corps. La fixation par l'acide chromique

révèle un système compliqué de myonèmes. Un premier faisceau occupe la place indiquée par les bandes sombres, mais on remarque que ces myonèmes s'insèrent sur l'ectosarque à différentes hauteurs.

Un second système de sens inverse est composé : 1° de myonèmes s'attachant sur la collerette d'une part et sur l'ectoplasme de l'autre, et 2° du faisceau rétracteur du disque. Les myonèmes de celui-ci, plus nombreux du côté opposé au vestibule, s'insèrent sur le disque et sur l'ectoplasme, à peu près à la même hauteur que ceux du faisceau inférieur. J'ai cru remarquer un croisement assez curieux de ces myonèmes à leur entrée dans le disque, croisement peut-être nécessaire, étant donné la forme haute de celui-ci. Je n'ai pu observer s'il y avait ou non continuité entre les myonèmes des faisceaux inférieur et supérieur, mais j'ai observé la contraction indépendante soit de la région antérieure, soit de la région postérieure d'un même indi\'idu. La structure

des myonèmes endoplasmiques est intéressante; ils apparaissent nettement striés

transversalement, et semblent formés par l'empilement de petites sphérules, dont quelques-imes régulièrement espacées sont un peu plus grosses que les autres. La dimension de ces sphérules est d'environ 1 (x ».

Cette description est à peu près celle qui ressortirait de mes notes et de mes croquis, tels que je les avais jetés sur le papier avant d'avoir connaissance des observations de Fauré; sur certains points, cependant, les résultats diffèrent, et il ne sera pas inutile de consacrer quelques lignes au sujet : La striation transversale des muscles m'a échappé, ou je n'ai pas su la découvrir; par contre, j'ai pu m' assurer qu'il y avait continuité entre les myonèmes du faisceau inférieur et ceux du faisceau supérieur; et pourtant, que la contraction était bien, comme le dit Fauré, indépendante dans les deux régions, le pied se rétractant tout seul, par exemple, ou bien la région antérieure se rabattant brusquement sans que le pied perde son immobilité; en même temps, j'ai pu me convaincre que dans une région médiane il y a soudure du myonème avec la paroi du tégument (fig.^ 2), et prob^lement ce point de soudure coïncide-t-il avec une division des fonctions. C'est surtout dans les individus très courts, boursouflés, déjà malades, que cette curieuse disposition des myonèmes se montre le plus distinctement (fig. 3).

Fig. 260. — Pyxidium aselli

(1) Dans VOp. Henneguyi, la taille est plus faible, le corps est simplement pyriforme, le pédoncule n'est iamais ramifié, le disque est plus étroit, et la frange adorale s'y termine par une petite éminence conique; la membrane ondulante est petite.

Dans la fîg. 1, on trouvera, à gauche, le muscle se prolongeant d'un bout à l'autre de l'animal, et rejoignant en haut un bourrelet circulaire très net (visible, dans les fig. 2 et 3 comme deux petites lèvres), dont la contraction force la collerette à s'invaginer; à droite, on verra le muscle longitudinal aller d'un côté rejoindre le disque, sous lequel il s'étale, et de l'autre envoyer un prolongement au bourrelet circulaire dont il vient d'être question.

Pyxidium curvicaule sp.

Corps pyriforme-allongé, renflé, atténué en arrière en un prolongement cylindroconique plissé en travers, et que précède un renflement circulaire; rétréci en avant puis tronqué en un rebord péristomien crénelé. Cuticule forte, striation très fine. Disque très étroit, très élevé, vaguement creusé en cornet spirale. Membrane ondulante fortement développée, renversée en arrière. Vestibule vaste et profond, creusé d'une poche latérale. Vésicule contractile sous le plancher du vestibule. Noyau gros et court, en boudin recourbé transversal; micronoyau adjacent. Tige mince, très courte, atteignant au maximum la cinquième partie de la longueur du corps. Les animaux, généralement penchés sur leur tige, sont .solitaires ou en couples, ou bien aussi réunis en nombre très restreint sur une tige commune, alors plus allongée et pourvue de distance en distance de courts prolongements, représentant les tiges d'individus qui se sont échappés.

Longueur 38 à 42 (x; souvent plus, et jusqu'à 80 (a, dans certaines stations. — Mousses.

Cette petite espèce est sans doute particulière aux mousses; c'est toujours au pied des arbres, sur les murs ou dans les buissons que je l'ai trouvée, à Chêne, à Troinex, à Cologny, et dans la tourbière de Châtel-S*-Denis. L'animal ne présente rien de particulier, ni dans sa forme, ni dans sa stmcture ; cependant on y trouve des caractères spéciaux, qui feront toujours reconnaître l'espèce sans trop de difficulté. La partie postérieure du corps est brusquement étirée en un pied plissé, presque tubulaire, qui s'insère lui-même sur un petit pédoncule, et le tout est presque toujours penché sur le côté; le pédoncule est très étroit, et mesure la cinquième partie environ de la longueur de l'animal, mais quelquefois on le voit beaucoup plus long, et alors découpé de proéminences dont chacune semble un rameau que l'on aurait brisé net (fig. 1); chacun des rameaux représente alors une tigelle abandonnée. L'animal ne forme pas ici de colonies, parce qu'aucun des individus nés de division ne reste longtemps en place; tous se munissent rapidement d'une ceinture vibratile et s'en vont courir (fig. 5); puis ils se posen t, et immédiatement, avant

même qu'ils aient perdu leui- ceinture ciliée, on voit une mince tigelle commencer à se détacher de la pointe po.stérieure (fig. 4).

Le disque est étroit, et très élevé; très souvent il se présente sous une apparence toute spéciale (fig. 4) : on n'y voit qu'une masse déchiquetée, qui semble découpée de filaments pseiido|)odiques, et cette apparence — si l'on prend en considération la très petite taille de l'animal et la difficulté d'y comprendre tous les détails — cette apparence est due, très probablement, à la dispositioii spéciale de la couronne adorale, repliée en

Fig. 261. — Pyxidium curvicaule

cornet et qui décrit en diagonale un tour et demi, sinon deux tours, sur le bord du disque.

La fig. 6 montre l'état où en est la division une heure environ avant la séparation des individus; l'individu de gauche est celui qui partira; il commence à déposer sur la tige une gouttelette qui durcira en tigelle, mais cette tige ne servira que quelques heures au plus, car l'animal l'abandonnera bientôt.

Le 28 et le 29 mars, j'ai pu étudier un certain nombre de cas de copulation, sans arriver du reste à comprendre d'où venaient les petits individus copulateurs; ils se trouvaient toujours fixés dans la même région du grand indi\idu, vers le tiers postérieur de ce dernier (et non pas vers le tiers antérieur comme dans le Pyxidium invaginatum). D'abord très renflés (fig. 7 ), on les voyait se flétrir peu à peu, mais très lentement, et une journée est nécessaire pour que de la forme représentée par la fig. 7 l'embryon ait passé à celle des fig. 8 et 9; cependant, le gamète se vide peu à peu, en laissant au dehors sa cuticule, qui se plisse toujours plus, jusqu'à n'être qu'une verrue informe (fig. 9) (que l'on a d'ailleurs déjà signalée dans ce même groupe en y soupçonnant un parasite !). Plus tard enfin, toute cette verrue s'émiette et est abandonnée au dehors (fig. 10).

Fauré a décrit en 1904 une Opercularia gracilis qui doit être voisine de celle-ci; mais elle est plus allongée, on n'y trouve pas l'étranglement postérieur en escalier, le corps n'est pas normalement incliné sur sa tige, et cette tige, ramifiée, est beaucoup plus longue et plus forte.

Pyxidium canthocampti sp. n.

Corps ovoïde, court, large, étranglé en arrière et se terminant alors en une sorte de tige qui n'est que le prolongement du corps lui-même; largement tronqué en avant en un rebord péristomien relevé, sur l'un des côtés, d'une .convexité nettement prononcée. Cuticule épaisse, dépourvue en apparence de striation. Disque extrêmement étroit, n'atteignant en largeur que le quart du diamètre du péristome, sous le rebord duquel il reste presque entièrenîent caché. Membrane ondulante bien développée dans le sens horizontal, mais peu allongée. Vestibule très vaste et profond; pharynx atteignant bien au-delà du milieu du corps. Vésicule contractile sous le plancher du vestibule. Noyau transversal, en ruban court. Les animaux vivent rassemblés en petits groupes serrés, fixés sur une souche commune, courte, noueuse, étalée à son sommet.

Longueur 25 à 32 (x. — Sur les pattes de Canthocamptus.

Ce petit organisme s'est rencontré

deux fois, en septembre 1917 à Florissant, en juillet à Valavran, sur des Canthocamptus, en petits groupes et toujours Fig. 262. — Pyxidium canthocampti entre les pattes de l'hôte. Les fig. 1, 2, 3

indiquent suflisamment l'apparence de l'animal, le corps de chaque individu semble être posé tout droit sur une tige, et toutes les tiges du groupe seraient à leur tour fixées sur un tronc commun, court, noueux, d'un gris sale, étalé comme le moignon d'un saule ébranché (fig. 3); le tronc, en efl^et, existe, mais les tiges individuelles ne sont que les prolongements du corps de l'animal étiré brusquement en un tube (fig. 1, 2).

Le Pyxidium canthocampti s'éloigne de toutes les autres espèces du genre par des caractères très précis : le disque est extraordinairement étroit (fig, 1) et la fosse vestibulaire est tout particulièrement vaste ; et ce disque si petit fait si peu saillie à l'extérieur qu'il reste presque entièrement caché par l'un des côtés du rebord péristomien, lequel, en outre, se relève comme une sorte de visière protectrice (fig. 1). Vu de côté, l'animal rappellerait un peu, avec sa courbure caractéristique, la cuirasse thoracique d'une écrevisse (fig. 2).

Les rétractions sont très peu accusées, et ne concernent guère que la partie la plus antérieure du corps; de temps à autre, par contre, on voit l'un des individus s'inclmer brusquement sur le côté, mais pour reprendre bien vite sa position verticale, et ne plus la quitter de longtemps.

Ophrydiopsis concava gen. nov. sp. n.

Corps allongé, sub-cylindriqxie, tronqué en diagonale en avant, légèrement étranglé vers le milieu de sa longueur puis se continuant en un pied cylindro-conique, qui va se fixer au soutien sous la forme d'un petit bourrelet. Disque large, à surface déprimée et figurant plutôt une cavité circulaire, sur la paroi de laquelle court horizontalement ime spirale bordée de cils fins. Cuticule nettement striée. Membrane ondulante haute et forte. Vestibule très large mais relativement peu profond; pharynx normal; vésicule contractile sous le plancher du vestibule. Noyau à la hauteur du pharynx, ellipsoïdal en apparence, en réalité allongé mais à branche transversale étroite et indistincte. L'animal, presque toujours penché sur le côté, vit solitaire, entouré d'un étui mucilagineux large et court, presque invisible.

Cet Infusoire est probablement voisin des Ophrydium, dont il a l'apparence générale ; mais il s'en distingue par différents caractères, dont le plus nettement marqué concerne le disque péristomien. Ici, du reste, le terme de disque n'a plus de raison d'être, car au lieu d'une calotte renflée, nous avons une cupule, qui s'emboîte, pour ainsi dire, comme un couvercle creux, sur le vestibule. Lorsque l'on considère ce disque sur un animal qui commence seulement à se déployer, on n'y trouve pas la couronne vibratile habituelle,

ou bien la couronne externe seule est visible, se dressant tout droit, immobile, pour explorer les environs; et dans la cavité du disque, on constate un tourbillonnement, causé en apparence par une ou même par plusieurs rangées de cils vigoureux; mais c'est là la couronne interne, qui bat \iolemment (fig. 3); bientôt on la voit se relever (fig. 2), rester im instant immobile, ses pointes dirigées vers l'axe de la concavité, puis enfin prendre sa place normale auprès de la couronne externe (fig. 1); mais ce qu'il y a de curieux, c'est que trois ou quatre rangées de stries annulaires, très fines, se montrent alors, qui courent le long de la paroi du creux (fig. 1, 2), et dans lesquelles on ne serait que trop disposé à reconnaître des lignes ciliaires, ce qu'elles ne sont sans doute pas en réalité.

Dans l'état d'extension complète, l'animal porte son disque très haut, ou plutôt la ligne de bordure adorale décrit une diagonale fortement prononcée, que le disque domine de très haut sur le côté adjacent à l'ouverture vestibulaire.

Le corps est à peu près cylindrique ; mais un peu au-dessous du milieu de sa longueur on le voit se rétrécir en un pied très long, qui va se fixer sur quelque fragment végétal au moyen d'un disque adhésif, simple exsudation en coussinet; au point même ou le pied commence à se dessiner se voit soit une simple ligne transversale, soit une arête, où se formera la ceinture vibratile de l'animal à l'état errant.

Neuf fois sui dix, il est impossible de rien voir qui rappelle une enveloppe, mais l'on se rend compte qu'elle existe, par exemple, lorsque l'on prend à la pipette un filament végétal tout près duquel se trouve une Ophrydiopsis, et qu'après transport sur une nouvelle lamelle on retrouve cette dernière ramassée sur elle-même (fig. 5), et adhérente encore au filament. L'encre de Chine, également, fait aisément apparaître l'enveloppe, très large, simple dépôt mucilagineux.

Fig. S83. — Ophrydiopsis concava

La fîg. 4 représente l'état errant ; le noyau se montre ici sous sa forme vraie, en partie transversal, et en partie suspendu longitudinalement; cette partie longitudinale n'est en général que très peu distincte, et on ne voit bien que l'extrémité du bras transversal, qui paraît ovale (fîg. 1). A l'extrémité postérieure du corps, on remarquera une pointe très courte, elle-même logée dans une petite ventouse; ce n'est qu'une gouttelette visqueuse qui formera plus tard le bourrelet adhésif.

UOphrydiopsis concava ne s'est montrée que dans l'étang de Florissant, en juillet 1917, et en mars 1918, toujours rare et toujours bien conforme à elle-même. Je n'ai pas observé de phénomènes de reproduction.

Ophrydium versatile (0. F. Miiller) Ehrenb. 1838 Vorticella versatilis 0. F. Mûller 1786

Corps allongé, très contractile, fusiformc ou même presque filiforme à son état d'extension maximum, renflé dans sa moitié antérieure, étiré en pointe en arriére et parcouru de plissements longitudinaux; bordure péristomienne légèrement renflée. Cuticule très mince, nettement striée. Disque massif, élevé, à rebord vaguement enroulé en cornet. Membrane ondulante très courte, figurant une collerette basse s'élevant à l'intérieur de la bordure péristomienne. Vestibule allongé, étroit; pharynx court, à parois épaisses et élastiques. Vésicule contractile très loin en arrière du pharynx, reliée au vestibule par un canal étroit. Noyau filiforme, presque aussi long que le corps; un micronoyau sur l'un de ses côtés. Cytoplasme normalement coloré en vert par les Zoochlorelles. L'animal est rattaché à .son soutien par un filament protoplasmique très mince; généralement les individus sont réunis en colonies, qui peuvent atteindre à un volume considérable, jusqu'à 12 et 15 centimètres de diamètre.

Longueur à l'état d'extension maximum, 400 à 500 |x, et parfois plus encore.

UOphrydium versatile n'est pas rare dans les environs de Genève; on le trouve à Bernex, à Pinchat, à Rouelbcau et dans d'autres marais encore, soit revêtant les herbes ou les débris du fond, soit formant de petites colonies globuleuses de la grosseur d'une noisette; à Genève même, la conduite d'eau qui court sur une longueur de 100 mètres le long du bassin de la Promenade des Bastions en est — ou en était, en 1918 — tapissée d'un bout à l'autre, et par ci par là on voit s'en détacher quelque colonie globuleuse de 1, 2, .3 centimètres de diamètre, renfermant de grosses bulles de gaz, et qui s'en va flotter tout auprès. Mais c'est près des bords du lac, à la Belotte, que les Ophrydium présentent le spectacle le plus intéressant : si l'on fait en bateau et à la fin d'avril, le trajet de la Belotte à la Pointe-à-la-Bise, on voit le fond, à 2 ^4 ou 3 mètres sous la surface, couvert d'une vaste prairie de Poiamogeton pectinatus, et ces potamots semblent partout porter des fruits, de petites boules d'un jaune verdâtre, qui ne sont autre chose que des colonies d.' Ophrydium; mais de plus, si l'on arrive au bon moment, on pourra voir flotter des masses plus vohimineuses, de la grosseur du poing ou même d'une éponge de toilette, emportées par le courant et qui viennent de plus loin, des bas-fonds de Bellerive ou d'Hermance. Elles renferment toutes, alors, d'énormes bulles de gaz, et l'on peut se convaincre à cette occasion que le gaz provient de la putréfaction graduelle des parties centrales de la masse gélatineuse.

Cet Infusoire a été souvent décrit, mais toujours d'une manière un peu superficielle, sauf peut-être par Wrzesniowsky (1877), dont le travail à été poussé plus loin; mais il s'en faut de beaucoup que nous soyons suffisamment renseignés sur cette espèce particulièrement intéressante, et qui mériterait une monographie. Sans que les résultats de mes propres observations aient été tels cjue je les aurais désirés, et tout en renvoyant à Wrzesniowsky pour les renseignements généraux, je crois pouvoir cependant apporter quelques faits nouveaux.

Considérons tout d'abord l'appareil péristomien : Le disque, très développé et très haut, revêt une apparence spéciale, et paraît être bordé, sur l'un de ses côtés tout au moins (fig. 1), non pas d'une seule double couronne de membraiielles, mais de deux; et le fait m'a paru pouvoir s'expliquer par une zone vibratile adorale qui décrirait une spirale presque double autour du disque proprement dit; c'est là probablement ce qu'a]vu

Plg. 264. — Ophrydium versatile

Wrzesniowsky lorsqu'il dit : «Die Spirallinieder adoralen Wimpern selzt sich in die

Schlundrôhre fort und steigt in derselben bis zu dem Pharynx herab. » Cette spirale descendrait alors jusque bien bas dans le pharynx; mais d'après mes observations, il semblerait qu'elle se continue en un rebord non cUié, en une collerette qui se confondrait

avec la memi)rane ondulante, et après s'être relevée pour former cette visière — ici très petite — qu'on a appelée le « cil de Lachmann », plongerait tout droit dans le pharynx; mais ces observations présentent d'assez grandes difficultés, et l'étude de la zone adorale reste encore à faire.

Le vestibule est profond, et le pharynx qui lui succède est bien développé, mais en somme, si l'on considère la longueur, exceptionnelle pour un Péritriche, que l'animal atteint dans son état d'extension, tout cet appareil occupe un espace très restreint (fig. 1); et c'est pour cela même, sans doute, que la vésicule contractile, pour mieux desservir les régions profondes du corps, se trouve fort loin en arrière. Elle est reliée alors au vestibule par un long canal, dans lequel elle se vide à intervalles réguliers (toutes les minutes environ?); dans la fig. 2, on voit la vésicule à proximité du fond du canal; dans la fig. 3, elle a commencé à s'y déverser, en produisant dans le canal un renflement caractéristique; puis tout le liquide, remontant par une sorte de constriction péristaltique du tube, va passer dans le vestibule.

Les mêmes figures montrent également le pharynx, dont la paroi, dans V Ophrydium plus nettement encore que dans certains autres Péritriches (Pyxidiiim invaginatiim, P. ase.Ili, etc.^ est fortement épaissie, presque solide en apparence. « Die Wandungcn des Vestibulums und des Oesophagus » dit Wrzesniowsky, « sind so dûnn, dass sie im optischen Durchschnitte als eine einfache Linie erscheinen, wàhrend sich die des Pharynx durch ihre verhàltnissmassig bedeutente Dicke und doppelte Contouren auszeichnen »; quant à Fauré (1906), qui a également remarqué la chose, il semble aller trop loin quand il parle d'une paroi renforcée pardes tigelles élastiques, mais en fait, c'est bien d'une

t)aroi éla.stique qu'il s'agit, ou en tout cas, elle semble se comporter comme telle lorsque e bol alimentaire passe du pharynx au cytoplasme. Dans la fig. 4 on voit une masse fusiforme, un mucilage semi-liquide, chargé de grains nutritifs, tout près d'être expulsé; les parois du pharynx alors s'ouvrent, comme les branches d'une pince qui s'écarteraient (fig. 5), puis elles se resserrent (fig. 6), renvoyant devant elles la vacuole fusiforme mucilagineuse. Cette dernière, enfin, force l'entrée d'un canal très étroit, qui ne se montre guère qu'à ce moment-là, ou bien, dans des cas exceptionnels, se voit prolonger le pharynx comme d'un filament très fin (fig. 1). Cette prolongation, qui a été aperçue par quelques observateurs mais dont Claparède et Lachmann, par exemple, ont nié l'existence, a été bien vue par Wrzesniowsky, dont la conclusion à ce propos est la suivante : « Ich bin somit der Meinung, dass der beim Durchgange der Bissen durch das Parenchyma gcbildete belle Streifen bei Ophrydium hyalinum (1) einen schlauchfôrmigen Canal dar.stellt, der aber von aiisserts zarten Wandungen begrenzt wird, welche unsicht bar werdcn sobald sie sich aneinanderlegen. » Mes observations, tant sur cet Ophrydium que sur plusieurs autres Péritriches (Vorticella muralis, Pyxidium invaginalum.

(1) Les études de Wrzesniowsky ont porté sur une variété spéciale, dépourvue de chlorophylle, dont il a fait VO. huallnum, et sur laquelle nous aurons i revenir.

P. asclli) où la vacuole fusiforme laisse pendant un instant une trace de son passage, contribueraient certainement à confirmer l'opinion de Wrzesniowsky.

Le noyau est extrêmement étroit, une cordelette pour ainsi dire, qui s'étend sur presque toute la longueur de l'animal; il est tout entier finement granulé. Personne ne semble y avoir découvert un micronucléus; j'ai pu m'assurer cependant de son existence, d'une manière bien certaine, et cela sur trois indi\ddus; il est petit, ovoïde, et se trouve près du noyau vers le milieu de sa longueur.

Les individus qui composent la colonie sont, conmie on le sait bien aujourd'hui, renfermés chacun dans un étui mucilagineux, mais si clair qu'il reste en temps ordinaire parfaitement invisible; l'encre de Chine, arrivant sur une colonie, fait apparaître plus ou moins distinctement les différents étuis, entre lesquels elle finit par s'introduire; mais jamais la vue n'en est bien nette, et en tout cas, lorsque la colonie globuleuse a atteint un certain volume, la masse générale n'est plus qu'une gelée homogène, résultant de la fusion d'étuis antérieurs.

On est étonné, lorsqu'on examine à différentes reprises soit une petite colonie isolée pour l'étude, soit des colonies nouvelles provenant d'individus triés, de la lapidité de la multiplication; un exemplaire isolé est devenu un couple, un petit groupe a doublé; et pourtant, on n'arrive que très rarement à surprendre la division sur le fait. Il y a, me semble-l-il, deux raisons à cela : tout d'abord, sous l'objectif, c'cst-S-dire sous une lumière vive et sans doute une chaleur relativement forte, la division ne se fait pas; elle se termine si elle avait commencé, mais elle ne commence pas; ensuite, elle est certainement très rapide; c'est ainsi qu'un individu dont la division venait tout juste de commencer à 5 h. 18, se trouvait à 5 h. 25 revêtir la forme que représente la fig. 5, et à 5 h. 37 les deux animaux étaient complètement séparés.

L'animal se préparant à la division rétracte son péris! orne, s'arrondit; le noyau se tasse sur lui-même, puis s'allonge dans une orientation transversale; une fissure se produit à la partie antérieure du corps et s'enfonce toujours plus, presque à vue d'œil; un peu après, on en voit une autre se dessiner en arrière, et les deux fissures vont à la rencontre l'une de l'autre, pour se rejoindre enfin, mais très en arrière, vers le cinquième ou le sixième de la longueur de l'animal. A ce moment, les deux individus montrent déjà chacun à leur pointe postérieure une petite perle interne, allongée, qu'ils conserveront toute leur vie, et qui semble être comme le réservoir d'où s'étire le filament fixateur; dans la fig. 7, on voit ce filament déjà dédoublé; un instant plus tard, chacune des branches serait beaucoup plus longue ; puis arriverait une nouvelle division, et une nouvelle dichotomie du filament.

Les individus, en somme, à mesure que la colonie prend plus

d'ampleur, se tirent, pour ainsi dire, sur leur filament, comme une araignée sur son fil, et dans les grosses colonies, on peut suivre de l'œil, en revenant de la périphérie au centre, dans l'épaisseur du mucilage, toute une série de dichotomisations; mais il est rare que l'on puisse aller bien loin, et seulement dans les très petites colonies on arrivera à constater un point de rayonnement central; d'abord parce que le mucilage s'est détruit pour être remplacé par des bulles de gaz; ensuite, parce que grâce à la traction opérée par les

Fig. 265. — Ophrydium versatile

individus sur leurs fils, ces fils abandon iicut leurs points de fixation, ou bien aussi se brisent et se rétractent; si l'on garde l'œil fixé attentivement sur telle ou telle portion du mucilage traversé de fils, il n'est pas rare que l'on voie l'un ou l'autre d'entre eux glisser rapidement, comme un petit ver qui se retiie dans son étui, et aller, mais en courant du centre à la périphérie, rejoindre l'individu auquel il était attenant.

Ainsi donc, en règle générale, lors de la division, le filament d'attache se bifurque, ou plutôt, deux nouveaux filaments se greffent sur l'ancien au point de séparation des individus.

Jusqu'ici, nous avons vu l'individu fixé par un fil; mais il peut en être autrement, et, d'une manière temporaire tout au moins, l'animal peut se trouver rattaché au soutien par un tube, extrêmement court du leste, vaguement strié en long. Le fait se produit lorsque les individus à l'état errant, poumis d'une ceinture ciliée postérieure, viennent à se fixer ; ils déposent d'abord une gouttelette .visqueuse, qui s'étire en un cylindre creux, strié, un peu étalé à sa base. Cette tigclle tubulaire peut subsister quelque temps; mais sur un individu qui l'avait consen-ée bien nette pendant deux jours entiers, je l'ai vue s'étirer longuement au troisième jour; l'animal, il faut le dire, était à ce moment malade, et peut-être y avait-il là quelque chose d'anormal; mais en tout cas, j'ai toujours \-u cette même tige creuse se former sur les individus qui viennent de se poser; je l'ai \'ue même très distincte, sur chacun des membres d'une colonie de cinq individus; mais alors on pouvait constater que tous s'étaieni posés sur une même petite particule végétale; il n'y avait pas eu de division.

A ce propos, je voudrais attirer l'attention sur un Ophrydium, d'ailleurs identique à VO. versatile par toute sa structure, et que Roux a déciit en 1899 comme une variété spéciale, var. acaulis; le pédoncule y était remplacé par un bourrelet protoplasmique, et dans la masse gélatineuse, les filaments n'apparaissaient pas. Or, je ne serais pas éloigné de croire à une confusion, et peut-être des observations plus prolongées auraient-elles montré que c'était encore là VO. versatile.

Au printemps de 1915, puis également en 1916, on voyait fréquemment, parmi les Ophrydium ordinaires, des colonies très petites, de quatre à vingt individus, dans lesquelles les animaux — ou parfois quelques-uns d'entre eux seulement — se divisaient et redivisaient si bien, qu'ils en devenaient extrêmement petits; puis tôt ou tard ils abandonnaient la colonie, sous forme de larves ciliées de 44 (x environ de longueur. Dans le même temps, on rencontrait de nombreux exemples de copulation (fig. 9), des larves, toujours petites mais pourtant variables de taille (de 2^ ou 3'^ génération?), qui se trouvaient fixées à des adultes sessiles, ou même à des individus errants (fig. 11, où la larve n'a pas encore perdu sa ceinture vibratile, mais où l'adulte est en train de la perdre et en même temps de se fixer), toujours à la même place, un peu en avant du milieu du corps. Le gamète diminuait alors peu à peu de volume, et son contenu passait dans le corps du gvaml Ophrydium, mais très lentement, si bien que par exemple, l'individu trouvé le 2 aNTil à 9 h. 40 du matin tel que le montre la fiy. 9, était devenu tel que l'indique la fî(j- 10 le lendemain à 7 h. i/g fJ" matin; le 4 avril. "il restait encore un tout petit bouton. Cependant, il faut l'ajouter, les circonstances étaient défavorables, et dans la nature, il est fort probable que les événements se succèdent i)Ius rapidement.

Ces petits individus copulateurs, sans doute, n'étaient pas autre chose que ceux que nous avons vus plus haut naître de divisions répétées (1).

II me reste à parler des kystes, sur lesquels, à ma connaissance, nous ne possédons que très peu de renseignements; Roux (1901) les a observés en a.ssez grand nombre, mais se borne à constater une « forme ovalaire ou parfois ovoïde », une membrane forte, des Zoochlorelles, un noyau transversal, et « une zone d'épaississement qui se dessine sur les faces larges, tandis que sur l'un des côtés, on peut voir une partie de la membrane un peu plus transparente que le reste ». Il faut l'avouer, mes observations m'ont donné des résultats différents; niais j'ai vu beaucoup de kystes,en octobre jiuis en décembre 1914, à Bernex; en dernier lieu, on ne trouvait ])Ius guère que cela, soit des kystes dans la vase du fond, soit des animaux aux difTérentes phases do l'enkystement. Parlons d'abord des kystes parfaits : Ils sont bien, si l'on veut, ovoïdes, mais en même temps ils revêtent une forme un peu spéciale, et dinTicile à définir (fig. 13), plutôt obovale, à côtés presque

(1) Nous avons là, sans doute, la ■ KnospenfOrmige Coniugation • dont Wrzesniowsky a observé un exemple.

planes. L'enveloppe, incolore, légèrement opalescente et dans laquelle on seiait presque tenté de voir de la cellulose, est relativement très épaisse; à l'extrémité antérieure, elle montre très souvent un léger renflement interne, percé même parfois d'un orifice (fîg. 13), mais cet orifice, dont nous aurons bientôt l'explication, disparaît avec le temps. Souvent aussi, on constate un espace vide dans cette partie antérieure de la coque, l'animal s'y étant tassé sur lui-même, provisoirement. Si l'on fait éclater un de ces kystes, on en voit sortir toute la masse interne, renfermée elle-même dans un sac à paroi très mince, et quand le sac crève les Zoochlorelles se répandent de tous les côtés, en parfait état de santé; le noyau, que l'on avait vu dans le kyste comme une tache arrondie, mais qui n'était qu'entortillé sur lui-même, se déroule (ou bien, si le kyste est déjà vieux, il s'était ramassé réellement en un boudin court); la vésicule contractile a disparu, le péristome est résorbé ou bien il n'en reste plus qu'une trace.

Mais le kyste ne se rencontre que rarement tel que nous venons de le voir, c'est-à-dire à l'état parfaitement nu; plus souvent, il est logé lui-même dans un abondant mucilage (fig. 12), dont l'existence ne se laisse tout d'abord que supposer; en effet, bon nombre de ces kystes se voient accompagnés, en avant de l'extrémité antérieure, d'une sorte de panache, qui peut se prolonger jusqu'à une distance double de la longueur du kyste luimême; un panache de fumée, semble-t-il, mais en réalité formé de couches superposées de très petits grains bruns; et en examinant la chose de plus près, on voit qu'il y a là un emboîtement de couches mucilagineuses, chacune renfermant des grains jaunes dans cette région antérieure spéciale; l'animal, semble-t-il, a produit le revêtement mucilagineux couche par couche, chacune poussant en dehors celle qui l'avait précédée.

C'est bien ainsi que les choses se passent en effet, comme j'ai pu le constater sur deux individus. L'animal, pour s'enkyster, s'arrondit tout d'aJjord peu à peu, mais longtemps avant qu'il ait pris la forme ovoïde, et avant que le péristome se soit complètement invaginé, on le voit déjà entouré d un vernis clair, qui deviendra l'enveloppe solide; et déjà, autour de cette enveloppe, le mucilage commence à se déposer. Bientôt cependant le péristome s'invagine, le vestibule disparaît, tout s'oblitère; mais alors, on voit arriver coup sur coup vers la partie antérieure, ouverte en un orifice dont la trace restera longtemps visible (fig. 13), de petites vacuoles chargées chacune de quelques grains jaunes; ces petites vacuoles s'unissent en une seule; une grosse boulette faite de mucilage et de grains se forme, tourne et retourne un instant, et tout d'un coup, elle est expulsée, ou bien quelquefois, elle sort lentement et sans choc. Les grains jaunâtres dont elle était composée se répandent alors en une traînée fuligineuse, et se voient inclus dans la couche de mucilage qui va se déposer à son tour.

En juillet 1918, on trouvait dans l'étang de l'Ariana, sous les feuilles des Nénuphars, et en petites touffes de deux à douze individus, un Ophrydium qui m'a paru ne différer de celui que nous venons de décrire que par un manque absolu de Zoochlorelles. C'était probablement là l'O. Eichhorni de Ehrenberg, et en même temps l'O. versatile var. hyalinum de Wrzesniowsky.

Ophrydium boréale sp. n.

? Gerda vernalis Stokes 1887 b. ? Gerda sigmoides Kellicott 1885

Corps très allongé, cylindroïde en avant, brusquement renflé en toupie dans son tiers postérieur; àcuminé en arrière, tronqué en un rebord antérieur à peine évasé. Striation bien nette. Disque relativement très large, et très peu élevé. Membrane ondulante peu développée. Vestibule étroif; pharynx normal. Vésicule contractUe dans le renflement postérieur, et reliée au vestibule par un canal très étroit. Noyau filiforme, presque aussi long que le corps. L'animal, toujours solitaire, sécrète un étui mucilagineux presque invisible, et est relié au substratum par une tigelle très courte, simple filament protoplasmique.

Longueur à l'état d'extension, 80 à 200 (x. — Sphagnum.

Cette espèce se distingue à première vue de la précédente par sa taille beaucoup plus faible, et par sa forme toute particulière; le corps est en effet toujours renflé en arrière, plus ou moins fortement (fig. 1 et 2); toute la partie antérieure, bien plus longue que la

partie renflée, semble être un long col, cylindrique à l'état d'extrême allongement, plus souvent sinueux, et élargi vers l'extrémité antérieure; très souvent aussi, l'animal est penché sur le côté et revêt une apparence très caractéristique ffig. 2). C'est dans le renflement postérieur, autrement dit très loin en arrière, que la vésicule contractile a sa place naturelle, d'où résulte également que le canal, très étroit, qui réunit cet organe au vestibule, est extrêmement allongé, beaucoup plus même que dans V Ophnjdium versatile. A son extrémité terminée en cul-de-sac, il se recourbe en crosse (fig. 4 a), sous la vésicule, laquelle se vide alors non pas à la pointe du canal, mais latéralement (fig. 4 b).

L'animal est fixé à quelque brin végétal par une tigelle fine et très courte, rattachée elle-même à une papille brillante (fig. 3). Les individus, incolores, sont solitaires, et entourés d'une gaîne mucilagineuse d'ailleurs invisible, et dont l'existence n'est décelée que par les petites poussières qui peuvent y adhérer.

J'ai trouvé cette espèce en juillet 1916 dans

le Sphagnum, à la tourbière de Valavran; les

individus y étaient très peu nombreux. Mais

c'est en juillet 1915 qu'elle m'était apparue

tout d'abord, dans une touffe de Sphagnum

rapportée de Haparanda (Suède); d'où le nom de « boréale « que je lui avais appliqué;

cependant, la forme suédoise, plus cylindrique, plus petite, ne montrait pas le renflement

postérieur; et c'est à la forme de Valavran que se rapporte toute ma description.

Fig. 266. — Ophrydium boréale

Ophrydium crassicaule s p. n.

Corps très allongé, subcylindrique, renflé puis acuminé en arrière, terminé en avant par un bourrelet péristomien évasé. Disque large, peu élevé, à surface bosselée. Membrane ondulante peu développée. Striation nettement distincte. Vestibule et pharynx allongés. Vésicule contractile vers le milieu du corps, reliée au vestibule par un canal renflé dans sa partie inférieure, et bordé sur toute sa longueur de granulations serrées, très fines. Noyau longitudinal, filiforme. I>'animal sécrète un étui mucilagineux, au fond duquel il se fixe au moyen d'un pédoncule très court. L'animal est solitaire, ou souvent en couples, ou fréquemment aussi les individus se voient en petites colonies, sur une seule tige dichotomisée qui peut alors atteindre une longueur assez forte.

Longueur de l'animal à l'état d'extension, 180 à 200 \i.

Cet Ophrijdium. a été rencontré dans le courant de septembre 1917, à Florissant, soit en individus solitaires, soit fréquemment en coui)les, ou bien en petits groupes de trois à cinq individus réunis dans un étui nuicilagineux conunun, et tous avec une même orientation (fig. 2). Bien que de taille très faible, l'animal est susceptible d'une forte extension, et peut arriver à 200 \i\ il est très clair, toujours déjjourvu de Zoochlorelles, et rappellerait d'assez près — sauf la considération de taille — Y Ophrydium versatile, si deux caractères bien précis ne l'en distinguaient :

C'est d'abord la fige. L'animal n'est pas ici rattaché au soutien par un filament très mince, mais par une tigelle tubulaire, qui s'évase légèrement, au point de contact avec le corps, en un anneau couvert de petits grains, souvent même en deux anneaux superposés. Cette tige est normalement très courte, même lorsqu'elle s'est ramifiée (fig. 2), mais quelquefois cependant on rencontre des cas exceptionnels, où elle peut atteindre le tiers de la longueur du corps. En même temps, elle peut sembler formée de partitions superposées, les supérieures plus larges que les inférieures, séparées par des entre-nœuds striés en tra^'crs. La fig. 4 montre l'aspect un peu bizarre de ces subdivisions, qui sembent

marquer autant de temps de repos dans la croissance de la tige ; les deux individus dont l'un est représenté par cette figure se munissaient chacun, lorsqu'ils furent rencontrés, d'une ceinture vibratile, et allaient bientôt s'échapper; dans la fig. 3, nous avons un de ces individus, pris un peu plus tard, à la nage, cylindrique, très allongé, différent d'aspect de la forme errante de VOphrydium versatile.

Un second trait distinctif encore plus caractéristique concerne le réservoir, ou canal de la vésicule contractile (fig. 5 et 6). Très étroit d'abord, sur la moitié de sa longueur la plus rapprochée du vestibule, il s'élargit peu à peu, soit graduellement, soit d'une manière assez brusque, et finit en une poche, laquelle cependant se resserre plus loin en un appendice ou canalicule terminal, qui se recourbe sous la vésicule contractile.

Mais ce qu'il y a plus de curieux, c'est que ce canal est bordé sur toute sa longueur d'une série — ou plutôt d'une couche — de petites perles, bien distinctes, et qui ne manquent jamais. De plus, le canal est pour ainsi dire pulsatile; on le voit, même en l'abseiice de toute activité de la vésicule contractile,

s'abaisser d'un seul coup dans sa partie antérieure, en même temps que par sa partie postérieure il s'élargit. Quant h la vésicule, elle se vide dans le diverticule postérieur (fig. 5} en renflant le sac réservoir, puis se reconstitue immédiatement, sous la forme de petites vacuoles (fig. 6), qui vont bientôt se fusionner en une seule. Elles le feront très vite, d'ailleurs, car dans cet Ophrydium l'activité de la vésicule contractile est telle, que sur deux individus examinés plusieurs minutes de suite, j'ai vu les systoles synchroniques se succéder, dans le premier, quatorze fois, et dans l'autre dix-huit fois par minute.

Un seul cas de division a été observé; trouvé à 9 h. 55 dans un stade relativement avancé, avec deux noyaux ramassés chacun en une sphère, l'animal figurait à 10 h. 18 un couple dans lequel les deux conjoints étaient complètement séparés, et munis chacun d'un pédoncule spécial; les noyaux s'étaient déjà allongés en un boudin arqué. A 10 h. 25 les deux individus développèrent leur péristome au dehors; mais à midi on les voyait déjà munis chacun d'une ceinture ciliée postérieure, et à une heure ils s'étaient échappés.

Fig. 267. — Ophrydium crasatcaute

Cothurnia crystallina Ehrenberg 1838

Logetle incolore ou légèrement jaunâtre, quatre ou cinq fois aussi longue que large, droite, tubuleuse, un peu comprimée latéralement, surtout dans sa partie antérieure; à peine évasée à son ouverture; en arrière elle est un peu renflée puis brusquement rétrécie, et se termine en une troncature à angle droit sur l'axe longitudinal du corps. A l'intérieur est un opercule, dont le point d'attache correspond au quart antérieur de la logette. Corps vigoureux, nettement strié, éminemment extensible, dilaté antérieurement en un péristome parfois renversé au dehors. Vestibule et pharynx relativement courts; vésicule contractile très haute, adjacente à la paroi vcstibulaire. Noyau filiforme, s'étendant sur toute la longueur du corps. Pied fixé sur le fond de la logette avec interposition d'un bouton clair, cylindro-conique. Le cytoplasme est très généralement coloré en vert par les Zoochlorelles.

Longueur de la logette 180 à 200 jj.; longueur de l'animal à l'état d'extension 380 (x.

Dans un mémoire publié en 1914 et qui traite des Cothurnidés muscicoies, je décrivais une Coihurnia regalis, dont les affinités avec la Colhurnia crysiallinu étaient certainement indiscutables, mais que je croyais cependant devoir en séparer; la logette était jaune et non pas incolore, les bords en étaient plus réguliers, et l'on y constatait une face large et une face étroite, d'aspects différents l'une de l'autre. Je me basais, pour ces distinctions spécifiques, sur les descriptions et les figures données par les auteurs; mais, en retrouvant dans la nature, en 1916 la Coi. crystallina typique, il m'a fallu reconnaître que la forme aquatique et la forme des mousses diffèrent à peine en réalité; la couleur

brune, due à l'habitat spé-

,11 ,iii

Fig. 268. — Cothurnia crystallina

cial, ne suffit pas même pour distinguer une variété; la Cot. regalis, en fait, doit disparaître; et pourtant, l'erreur était excusable; les descriptions, les figures encore plus, étant partout si peu exactes ou si insuffisantes, qu'on pouvait aisément s'y tromper.

BûTscHLi fait suivre sa diagnose du genre Cothurnia de quelques lignes assez caractéristiques, qu'il vaut la peine de reproduire et de commenter: « Zabi der beschriebenen Arten .sehr gross; doch ist ihre Unterscheidung âhnlich unsicher, wie die der Diffiugien unter den Rhizopoden, weil die Gehâusebildung, auf welche die Arten ausschliesslich gegriindet wurden, ungemein variirt. Entz erklàrt sogar die Deckclbildung fiir ganz variabel, wesshabl selbst deren Vorhandensein oder Fehlen keine specifischen Unterschiede bedinge. Daher scheint eine Zerlegung der Gattung in mehrere, wie sie Kent vorschlug, nicht môglich. »

Il y a là bien des points à reprendre : Si la distinction des espèces entre elles est réellement difficile, c'est — comme nous venons tout juste d'en voir un exemple — que ces espèces n'ont presque jamais été étudiées comme elles auraient dû l'être; l'enveloppe, bien loin de varier si fort, est très constante de forme et de structure; et quant à l'opercule, il est de la plus haute importance. S. Kent a en effet séparé, et certainement à bon droit, en un genre spécial, Thuricola, les différentes formes qui possèdent « hinged to their inner walI, a simple or complex valve-like apparatus, which closes obliqucly after the maimer of a door when the animalcule contracts, and protects it from intrusion from without ». C'est de ce merveilleux appareil que Entz a nié la signification en tant que caractère systématique; il ne l'a pas toujours vu, et d'autres l'ont encore moins trouvé que lui. En réalité, cet appareil existe toujours (dans le genre Thuricola de Kent), ou plutôt quand par hasard il manque, c'est dans des cas tératologiqucs seulement. Mais il • est rarement bien distinct; sur une enveloppe vue par la face large, il n'apparaît pas, ou bien on ne distingue, à grand'peine, que deux lignes longitudinales très fines, qui partent du fond de la logette, et en vont rejoindre la paroi aux trois quarts de la hauteur de cette dernière (pg. 1); mais si l'on fait tourner la logette de 90 degrés, de manière à la voir par le côté, on y découvrira l'opercule, dans lequel le regard plonge par la tranche, et qui se montre alors assez net (fig. 3). Il manque cependant quelquefois, avons-nous dit, et pour expliquer cette absence, il faut nous rappeler la structure réelle de tout cet appareil : En réalité, ce n'est là qu'une enveloppe interne, très fine, ouverte sur le côté, et qui n'est construite qu'après coup, c'est-à-dire quand l'enveloppe externe est entièrement achevée; mais à ce moment, quand la logette est construite, il peut arriver que l'animal ait épuisé ses forces, et soit devenu incapable de rien construire de nouveau. Tel est le cas pour les individus isolés sui- lamelle évidée; après un temps de course, ils se fixent et se construisent une logette, mais ils n'arrivent presque jamais à s'en faire une seconde, interne, c'est-à-dire à se munir de l'appareil operculaire; ne trouvant pas de brin végétal où se

fixer, ils ont couru trop longtemps, et quand enfin de guerre lasse ils se sont posés — toujours, pour le dire en passant, sous le cover et pas sur le fond du porte-objet, fait assez curieux en lui-même — ils n'avaient, pourrait-on dire, plus en réserve le matériel nécessaire à une seconde construction.

Dans un ordre d'idées tout contraire, trouvé un double clapet, chose impossible

Fig. 269. — Cothurnia cryslallina

quelques observateurs ont prétendu avoir en elle-même; il y en a l'apparence, quelquefois, mais un examen plus sérieux montre toujours un simple plissement, une ride de l'enveloppe.

Me référant, pour la description générale de l'animal et très spécialement pour la structure de l'appareil operculaire, à mon mémoire de 1914, je me bornerai à relever aujourd'hui certains faits nouveaux, et je m'occuperai surtout des phénomènes relatifs à la reproduction.

La Cothurnia crystallina passe pour être sessile au fond de sa logette; ce n'est pourtant pas tout-à-fait le cas; il existe un pédoncule, large (fig. 4), mais extrêmement court, simple produit d'exsudation, mais d'une certaine importance pour la fixation non pas tant de l'individu lui-même que des embryons qui pourront se former plus tard.

Le noyau, dans cette espèce, ne paraît pas être accompagné d'un micronucléus; peut-être des grains très petits et très nombreux, légèrement bleuâtres, que l'on trouve un peu partout dans le cytoplasme et de préférence autour du macronucléus, représenteraient-ils cet élément; mais je voudrais attirer l'attention sur certains corpuscules, auxquels^j'ai cru tout d'abord reconnaître la signification de micronoyaux, et qui doivent

être autre chose en fait. Ce sont des petits corps bactéridiformes, de 2 [i de longueur, d'une teinte bleuâtre très pâle et très pure, et qui sont disséminés au hasard à la surface du macronucléus (fig. 5); on a beaucoup de peine à déterminer leur situation \Taie; reposent-ils sur le noyau même ou bien sont-ils à l'intérieïir? On les voit faire saillie, quelquefois, comme de vrais petits micronoyaux; mais après im examen très attentif, je suis arrivé à la conclusion qu'ils se trouvent dans le noyau même, mais à la surface, et qu'en repoussant devant eux la membrane nucléaire très fine, ils font saillie au dehors. Ces petits corps allongés sont parfois homogènes, uniformément bleuâtres, parfois très pâles sur une partie de leur longueur, et parfois enfin plus clairs dans une région médiane, signe alors de division, que j'ai pu voir un jour s'opérer (fig. 7 ). On pourrait les appeler des nucléoles.

Comme tous les Péritriclies, la Cothurnia crystallina se montre fréquemment sous une forme libre, errante, avec une ceinture vibratile postérieure; il est intéressant de suivre d'en haut la vibration de cette ceinture ; on y voit courir les unes après les autres une série de flammes (fig. 17), chacune striée dans sa longueur; et si l'on immobilise le petit être, on peut constater qu'il n'y a là que de larges membranelles, soudées pai' leurs bases

Fig. 270. — Cothurnia crystallina

et libres par leurs sommets (fig. 18). A ce propos, la fig. 6 présente un certain intérêt: on voyait, sur cet individu spécial, non pas des membranelles pectinées, mais des écailles, et en même temps, on pouvait assister à une véritable transformation; d'abord sous la forme a, les écailles passaient lentement à la forme b, puis enfin, deux heures après a, l'on avait la forme large et boursouflée c. L'animal, du reste, était malade, et périt bientôt.

Passons maintenant aux phénomènes de reproduction. Les logettes habitées par deux individus sont parfois aussi nombreuses que les autres, un fait qui a été même indiqué comme caractère de systématique; mais ces couples sont toujours le résultat d'une division. Elle se fait en même temps par le haut et pai' le bas, et l'on voit deux fissures, qui finissent, après un temps variable mais que l'on peut évaluer en général à trois quatrs d'heure, par se rencontrer vers le milieu de la hauteur du corps; mais en réalité, en même temps que se creusait la fissure, une dépression méridienne s'était opérée sur le corps tout entier, de sorte que dans un certain sens on peut considérer la division comme se faisant sur une ligne périphérique méridienne. Pendant la division, la partie antérieure de l'animal s'arrondit, l'appareil péristomien s'invaginc, et semble se résorber pour reparaître sur chacun des nouveaux individus; le noyau se ramasse sur lui-même, prend la forme d'un cœur, dont les deux lobes sont dirigés vers le haut, et se voient striés en long, puis ces lobes s'allongent; enfin, le pont qui les sépare devient plus étroit et se rompt.

Une fois la division achevée, les individus peuvent rester longtemps unis. En général, cependant, l'un des deux se munit bientôt d'une ceinture vibratile et qiiitte son compagnon; mais un autre fait peut se produire, qui conduit à des résultats tout spéciaux : au lieu de partir, l'un des individus se divise à nouveau, dans l'enveloppe commune; puis une seconde division se produit, une troisième et même une quatrième, coup sur coup, et toujours sur l'un seulement des individus provenant des divisions successives, de sorte que si par exemple on a isolé dans la soirée un seul individu dans la coque, au Icndtmain matin on trouvera la logctte habitée par un nombre plus ou nioins considérable de jeunes, dont la taille est devenue plus faible à chaque génération; dans la fig. 14, par exemple, on en voit huit; il devait y en avoir plus, même, mais il s'en est échappé quelques-uns, et le plus souvent, en sonmie, il règne dans cette sorte de colonie un désordre apparent que ne montre pas la. fig. 14, exceptionnelle sous ce rapport.

Les fig. 11, 12, 13, 14, montrent, plus grossis, quelques-uns de ces embryons; dans la fig. 15, il n'en reste que deux, tout petits, qui se sont munis d'une ceinture, s'agitent et vont bientôt partir; ils sont rattachés soit à la tigelle qui porte le parent, soit tout près sur le pied du- parent lui-même, par un petit pédoncule hyalin, qu'ils laisseront derrière eux en partant (fig. 16). Mais c'est dans leur structure que ces petits individus sont le plus intéressants : appelés à rester un temps relativement assez long dans l'enveloppe maternelle, ils ont à s'y nourrir (et j'y ai rencontré de petites proies figurées) mais, à l'étroit dans leur prison, ils ont dû modifier leur appareil péristomien dont les fonctions ordinaires auraient été compromises, et ils ont acquis, comme par une évolution appropriée, une figure tout-à-fait dilîérente de ce qu'elle avait été dans le parent. La fig. 12 montre la forme et la structure d'un de ces curieux individus, sur une vue latérale; la fig. 13 le représejitc de face. Ces petits êtres sont d'un gris clair très pur; les stries transversales y restent à peine \'isibles; le péristome n'est qu'une excavation, d'une forme très spéciale, et très constante d'ailleurs; on y voit vibrer les cils, mais sans que le rebord péristomien se développe à l'extérieur. Tout près du noyau, allongé, on remarque une tache grise, qui semble être un micronudéus (comme si tous les petits niicroiioyaux, invisibles dans l'adulte, s'étaient réunis en une masse unique). Le petit animal se contracte, s'allonge, et se conduit comme un être en parfaite santé, attendant le moment de se rétracter sur lui-même et de partir à son tour. Quelquefois, on le rencontre à l'état libre, mais le fait est très exceptionnel, et m'a [jaru provenir du départ de la colonie entière, qui s'est désagrégée plus lard; il peut arriver en effet que le premier parent, resté jusque là dans l'envelopjjc, prenne le parti de s'en détacher, et alors il entraîne avec lui toute une grappe de descendants.

Que deviennent ces tous petits individus? Ce sont, évidemment, des gamètes, des eopulaleurs; en tout cas, ce n'est que dans ce .sens que je i)uis m'expliquer la fréquence des cas de copulation dans le temps même (mai, juin 191G) où ces petits êtres étaient si abondants. On voyait, vers le tiers postérieur de l'adulte, des sortes de bourgeons,

Fig. 271. — Cothurnia cnjstallina

dont chacun était à n'en pas douter un petit Péritriche, dont la pointe péristomienne restait en vue, dont la vésicule contractile fonctionnait, et qui lentement, dans l'espace de vingt-quatre heures, passaient dans le corps de l'hôte, ne laissant derrière eux qu'un sac vide qui lui-même finissait par tomber en poussière. On remarquera, dans les fig. 19 et 20, la forme curieuse de ces gamètes spéciaux; ils sont pourvus en arrière d'une sorte d'éperon, tubulaire, terminé brusquement par une troncature dans l'axe de laquelle on voit un petit point noir; et cet éperon se balance, se relève et s'abaisse, suivant que le gamète se balance aussi. Après avoir longtemps cherché la signification de cet appendice paradoxal, j'ai fini par arriver à la solution de l'énigme; c'est là tout simplement l'extrémité postérieure du petit individu, fortement étiré par les mouvements convulsifs qu'il a faits, pour quitter sa tigelle (fig. 4); l'éperon représente alors la pointe du gamète, mais ce gamète s'est

abattu sur le gros individu non pas' par cette extrémité, mais pour ainsi dire par le flanc, et sa « queue » fait maintenant un angle avec le point de fixation. J'ajouterai que si cet appendice se rencontre fréquemment, il n'existe pourtant pas toujours.

Quelques mots encore, à propos de la construction de la logette : A peine l'animal s'est-il posé, et avant même que les membranelles de la ceinture aient disparu (elles tombent partiellement en poussière, et partiellement se résorbent), que l'on voit se détacher de la surface une pellicule incolore, qui durcit peu à peu, et, de ronde qu'elle était, revêt bientôt les contours flexueux caractéristiques de la partie inférieure de la logette (fîg. 9); l'animal a modelé son enveloppe, en prenant lui-même la forme voulue, puis il s'est rétracté. A partir de ce moment il s'allonge, toujours plus, comme porté sur une sorte de tige, se renflant en avant et se rétrécissant en arrière (fig. 10), et déposant à son bord apical, à mesure qu'il avance, une nouvelle couche de mucilage. Après un temps variable, mais que l'on peut calculer à 1 h. % en général, la logette est à sa longueur normale, elle est construite définitivement. Mais ce n'est là que la logette externe : l'enveloppe interne, l'appareil obturateur, n'existe pas, et il faut le construire maintenant; dans les circonstances spéciales auxquelles l'animal est soumis en captivité (forte lumière, chaleur, faiblesse due à une course trop prolongée pour chercher un point d'atterrissage), il ne faut pas s'étonner qu'il ait peine à la construire ; cependant, il le fait quelquefois, et, si j'ai bien observé, le travail se poursuit alors en sens inverse; l'animal descendrait, en laissant derrière lui l'enveloppe nouvelle qu'il avait préalablement soudée sur un point à la paroi interne de la logette. C'est bien là, en tout cas, ce que semblait montrer l'individu représenté par la fig. 10; il était au repos, et l'on voyait à gauche et à droite une légère dépression de l'enveloppe, sur laquelle le corps globuleux s'appuyait ; sans doute était-il occupé à y souder une matière gluante, et plus tard, après sa rétraction aurait-on vu se dessiner deux lignes reliant le pied de l'animal au point de raccordement sur la paroi; mais dans ce cas spécial, ainsi que dans d'autres où j'ai pu tout au moins contrôler jusque là le fait, l'animal, fatigué ou malade, ne s'est pas prêté à un examen ultérieur; en tout cas, les deux lignes longitudinales, que l'on voit par exemple dans la fig. 1 (ou dans leur partie basale, dans la fg. 4) et qui marquent la tranche de l'enveloppe interne, n'existaient pas, et par contre, j'ai vu fréquemment sur des logettes jeunes et déjà complètes, cette petite dépression caractéristique, au point de fixation de l'opercule; cette dépression, c'est l'animal qui la provoque, sûrement.

La Cothurnia crystallina se montre le plus souvent colorée en vert par des Zoochorelles; mais elle peut être incolore, et je citerai à cet égard un fait assez curieux : Mes récoltes ont presque toutes été faites à Florissant, dans la propriété de mon ami M.

RoMiEUx; on trouve dans cette propriété, d'abord un étaiig peuplé de nénuphars, puis, plus haut, à 80 mètres de l'étang, une rocaille avec grotte dominant une petite pièce d'eau remplie surtout d'Utriculaires; or dans les Utriculaires, toutes les Cothurnia, qui pullulaient, étaient vertes; dans l'étang aux nénuphars, toutes étaient albinos. On rencontre assez souvent des individus détachés de leur enveloppe, et nageant à l'aventure, sous la forme de l'adulte; il est très probable que la Gerda fixa de D'Udekem ne représente pas autre chose, et l'on peut eu dire autant des Gerda vernalis de Stokes et Gerda sigmoides de Kellicott (in Stokes, 1888, p. 214).

Cothurnia Kellicottiana (Stokes)

Thuricolopsis Kellicottiana Stokes 1887 b.

Cothurnia castellensis Penard 1914

Logette jaunâtre, droite, trois ou près de quatre fois aussi longue que large, assez fortement comprimée dans le sens latéral, à face large un peu évasée en cloche et convexe en avant, puis s'atténuant en une courbe régulière jusqu'à l'extrémité fixée; face étroite légèrement arquée, pointue en arrière, creusée d'une encoche en avant. Il existe un opercule, fixé vers le quart antérieur de la logette. Corps de structure identique à celui de Cothurnia crysiallina, mais le pied est ici porté sur une tigelle très fine, renflée en cupule à son sommet, étalée en un bouton basai à son point de fixation sur le fond de la logette.

Longueur de la logette, 190 à 200 [l; largeur 57 (x.

Longueur de l'animal en extension maximum 410 (i. — Mousses.

Cette espèce se distingue de la précédente tant par la forme très caractéristique de la logette, que par la possession d'un pédoncule mince et long, qui relie l'animal avec le fond de l'enveloppe. On la trouvera décrite dans mon mémoire de 1914, sous le nom de Cothurnia castellensis; mais, longtemps après la I)ublication de mon travail, j'ai pu m' assurer que cet organisme avait été décrit, déjà en 1887, par Stokes, sous le nom de Thuricolopsis Kellicottiana; la diagnose de Stokes, comme aussi la figure, très petite mais très exacte, ne laisse aucun doute sur l'identité des deux formes.

FIg. 272.

Cothurnia Kelllcotliana

Cothurnia doliolum Penaro 1914 b.

Logette jaunâtre ou brunâtre, courte, droite, non comprimée, en forme de tonnelet ou de large broc; elle est évasée quelque peu à la bouche, et s'ouvre en un large orifice,

terminal, circulaire. Normalement cette logette est pourvue de deux ou quelquefois de trois renflements annulaires, mais plus ou moins accusés et qui dans certains cas (ou dans certaines stations) peuvent manquer complètement. Corps vigoureux, à striation nette; vésicule contractile sur le côté du vestibule; noyau droit, longitudinal, assez long.

Longueur moyenne de la logette, 61 (i; largeur, 14 y.. — Mousses.

C'est encore à mon mémoire de 1914 que je Fig. urs. — Cothurnia doliolum dois renvoyer pour une description détaillée de cet

organi-sme, que j'ai revu ces dernières années — dans les mousses comme toujours — mais sans trouver rien à ajouter ù mes précédentes observations.

ÊTVDES SUR LES INPUSOIRBS D'EAV DOUCE

Cothurnia chaperoni Penard 1914 b.

Logette jaunâtre, courte, large, fortement comprimée latéralement, et surtout à sa partie antérieure ; on peut y considérer deux faces, la première large, de forme vaguement rectangulaire, légèrement rétrécie de bas en haut sur ses côtés, puis évasée, et à bord terminal convexe, élargie à sa pailie postérieure en un renflement plus ou moins marqué, puis brusquement atténuée et coupée d'une large troncature qui repose sur le substratum; la seconde face, latérale, étroite, renflée en arrière et de là régulièrement atténuée jusqu'à la bouche j cette dernière creusée d'une encoche profonde. Corps vigoureux, nettement strié, fortement extensible; vésicule contractile au voisinage du vestibule; noyau long et étroit, longitudinal, s'étendant presque d'un bout à l'autre du corps; micronoyau relativement très gros, ovoïde, normalement placé sous l'extrémité du noyau près de la naissance du pied.

Longueur moyenne de la logette 120 y.; largeur 60 y.. — Mousses et Sphagnum.

Fig. 274, — Cothurnia chaperoni

La diagnose suffira pour faire connaître cette espèce, que je n'ai plus rencontrée; elle était, en 1912 et en 1913, abondante dans les'mousses et les Sphagnum de Châtel-S*-Denis, et probablement n'a-t-elle pas d'autre habitat que ces végétaux.

Cothurnia ceratophylli sp. n.

Logette brunâtre ou d'un jaune doré, à peine deux fois aussi longue que large, très légèrement comprimée dans sa longueur; droite, à côtés presque parallèles mais cependaivt faiblement rétrécis de bas en haut, puis de nouveau évasée et tronquée tout droit à son sommet ; à son extrémité postérieure elle se termine en une brusque troncature, et repose directement sur une plaque chitineuse brunâtre, qui déborde un peu sur les côtés et est elle-même collée au substratum. Corps vigoureux, grisâtre, à stries bien marquées; très extensible, fortement dilaté et quelque peu renversé sur son bord péristomien. Fosse buccale très élargie; vestibule et pharynx relativement peu allongés; vésicule contractile adjacente au vestibule. Noyau très étroit, s'étendant sur presque toute la longueur du corps.

Longueur de la logette 115 à 130 (X.

Longueur de l'animal au maximum d'extension, 260 [x.

Fig. 275. — Cothurnia ceratophylli

A première vue on pourrait être tenté de ramener cette espèce à la précédente, avec laquelle elle a certaines affinités, mais elle en diffère cependant d'assez loin.

La logette est d'un beau brun doré, plus foncée à sa partie antérieure, et devenant graduellement plus claire ; elle est à peu près cylindrique, mais toujours nettement évasée à son ouverture, et s'élargissant également vers le bas (fig. 1). A son extrémité inférieure elle se termine brusquement en une large troncature, et repose sur une plaque chitineuse très caractéristique, à laquelle elle est agglutinée par l'entremise d'une matière jaunâtre, qui déborde un peu dans les angles de soudure.

Le corps est grisâtre, vigoureux, fortement élargi à son bord péristomien ; la vésicule contractile est très haut placée, dans l'intérieur même du disque, et se déverse tout en haut dans le vestibule. Le noyau, très étroit, s'étend sur toute la longueur du corps. L'animal est fixé au fond de sa coque par une petite plaque adhésive, très mince.

Les fig. 3 et 4 montrent un cas de copulation, analogue à ce que nous avons vu dans la Cothurnia crysiallina; le gamète, de 18 \i de longueur, trouvé le 17 juillet à 10 h. y^ dans l'état indiqué par les deux figures, se fondit peu à peu dans le corps du gros individu, et le 8 juillet à 8 heures du matin, U n'en restait plus trace; et à ce propos, j'ajouterai que le même jour à 5 heures, la Cothurnia se trouva dédoublée; dans la logettc, on voyait deux individus bien portants. J'ai remarqué également que, pendant que le gamète se flétrissait peu à peu, et même après sa disparition, on voyait un courant très net, continu, entraînant des granulations, descendre le long des parois de l'animal sur l'un des côtés, et remonter de l'autre; une véritable cyclose, peut-être particulière à cette espèce, ou peut-être exagérée par la copulation.

Cette Cothurnia se trouvait fixée en grand nombre sur des débris arrachés à des Ceratophyllum (eux-mêmes rapportés du Grosssee près de Zurich) qui abondaient dans la grotte à Florissant.

Cothurnia sediculum Penard 1914 b.

Logette petite, d'un jaune chamois très clair, sacciforme, inégale dans ses contours, ronde et fortement renflée en arrière, comprimée et recourbée en cornue à sa partie

antérieure, échancrée à la bouche et s'ouvrant en un orifice plus laige que haut, elliptique-réniforme dans son contour. Dans sa partie la plus renflée, cette logette est munie d'un repli ou bourrelet annulaire, à relief très accusé, et légèrement oblique de haut en bas sur l'axe dorso-ventral. Corps normal, trapu, à striation très fine. Vésicule contractile sous le plancher (lu vestibule. Noyau allongé.

Longueur de la logette, 52 à 57 (i. — Sphagnum.

Fiy. !76.

Cothurnia sediculum

elle est très voisine

J'aurais désiré retrouver cette petite espèce, sur laquelle, en 1914, je n'avais recueilli que des renseignements peu précis; suffisants, néanmoins, pour la faire reconnaître parmi d'autres Cothurnidés, et pour la distinguer surtout de la C. terricola dont mais elle ne s'est plus montrée, et les mousses de Châtel-S^

Denis sont les seules qui l'aient fournie jusqu'ici.

Cothurnia terricola (Greeff) Penard 1914 b.

Vaginicola terricola Greeff 1888

Logette petite, courte, une fois et demi aussi longue que large, en forme de gourde ventrue; non comprimée, mais rétrécie en un col large et court, légèrement recourbé sur

l'un des côtés; h bord évasé, et délimitant une large ouverture, échancrée sur les côtés, rejetée quelque peu sur la face ventrale. Corps trapu, à stries transversales très fines, et ne se déployant que d'une faible longueur hors de la logette.

Vésicule contractile à la hauteur du pharynx. Noyau en boudin court, plus ou moins recourbé.

Longueur de la logette 56 \jl en moyenne. — Mousses.

On n'a pas de peine à reconnaître dans cette espèce la Fig. 277.— Cothurnia terricola \aginicola tenicola de Greeff, bien que l'auteur n'ait pas

cru devoir la figurer. Dans mon travail de 1914, on trouvera des détails sur la forme assez variable de la coque, ainsi que sur la couleur, qui diffère suivant la localité.

La Cothurnia terricola n'est pas rare, mais probablement ne la trouvera-t-on jamais ailleurs que dans les mousses. Il est peut-être intéressant de rappeler qu'elle s'est rencontrée, typique et assez abondante, incoloreou à peine teintée de jaune, dans les mousses récoltées à l'île Petermann par M. Gain, le distingué naturaliste de l'expédition Charcot (2« Expédition antarctique française, 1908-10).

La fig. 1 représente la logette vue de face ; dans la fig. 2, on la voit par le côté.

Cothurnia virgula Penard 1914 b.

Logette petite, large, incolore ou d'une teinte jaunâtre très délicate, renflée en arrière, rétrécie en avant en un col recourbé en cornue; à partir du point de naissance du col, la paroi s'amincit graduellement vers le haut, pour n'être plus qu'une fine pellicule à l'ouverture de la logette; cette ouverture est en fente plus ou moins étroite. Corps relativement large et peu extensible; vésicule contractile à la hauteur du vestibule; noyau droit, longitudinal.

Longueur de la logette 51 (x; largeur 33 pi. — Mousses.

Bien que les deux figures qui accompagnent ici la diagnose puissent laisser supposer une identité avec l'espèce précédente, il y a là deux formes très nettement différentes; mon mémoire de 1914 donnera des éclaircissements sous ce rapport. Fig. 278.

La fîg. 2 montre dans l'intérieur de la coque un individu non Coiimmia virguin

pas en cours de division, comme il semble l'être à première vue,

mais replié en deux sur lui-même, une position caractéristique, que l'animal prend temporairement dans sa coquille; une idiosyncrasie, pourrait-on dire, et sur laquelle il valait la peine d'attirer l'attention.

Cothurnia lapponum sp. n.

Logette jaunâtre, trois fois aussi longue que largo, non comprimée, droite, cylindrique mais divisée sur toute sa longueur en annulations régulières et équidistantes, séparées les unes des autres par des sillons bien marqués; elle est légèrement évasée à son bord antérieur, acuminée en arrière, et se termine par une tigelle très courte, ou simple disque fixé au substratum. Corps allongé, nettement strié, très extensible, élargi et étalé à son bord péristomien. Pharynx et vestibule normaux; vésicule contractile adjacente au vestibule. Noyau filiforme, presque aussi long que le corps; un micronoyau, ellipsoïdal, volumineux, sous l'extrémité postérieure du macronucléus.

Longueur de la logette 92 (x.

Longueur de l'animal à l'état d'extension 140 \x.

Haparanda (Suède), dans le Sphagnum.

Un individu seul et unique, c'est tout ce que j'ai trouvé, dans les Sphagnum rapportés de Haparanda (Suède) en juillet 1915; mais il était en parfaite santé, et j'ai pu l'examiner tout au long. L'enveloppe, d'ailleurs, est si caractéristique, qu'elle suffira toujours pour faire reconnaître l'espèce. Elle est cylindrique, non comprimée, très légèrement évasée à son ouverture, et divisée par une dizaine de profonds sillons annulaires en autant de compartiments très réguliers. La teinte en est caractéristique, d'un brun chocolat clair.

Quant à l'animal, il ne présente rien de bien particulier; la « tête » est large, et penchée sur le côté; la vésicule contractile est très haut placée, et comme en même temps un divcrticule arrondi du réservoir s'enfonce sous le disque, il semble qu'il y ait là deux vésicules accolées. Le noyau, très étroit et

Fig. 279.

Cothurnia lapponum

très long, est accompagné d'un gros micronucléus, situé sous le prolongement inférieur du no} a 1 lui-mêm .L'animal est fixé sur un pédoncule très court, cylindrique, qui semble percer le fond de la coquille; peut-être, à cause de ce pédoncule spécial, faudrait-il faire rentrer cette espèce dans le genre Coihurniopsis; mais l'indépendance de ce pédoncule ne m'a pas paru suffisamment évidente, et provisoirement, nous pouvons envisager cette espèce comme appartenant au genre Colhurnia.

Cothurnia bipartita Stokes 1885 (1888 p. 258) ? Cothurniopsis longipes Voigt. 1902

Logette allongée, campanulée, environ deux fois aussi longue que large, comprimée latéralement, plus renflée et plus haute sur une face (dorsale) que sur l'autre (ventrale); convexe en avant, et parcourue, dans sa partie antérieure, de stries longitudinales très fines; les bords de l'orifice sont repliés en dedans, et vont peu à peu s'appliquer à la paroi, pour la border jusqu'au fond comme d'une pellicule interne. En arrière cette logette est peu à peu rétrécie, puis s'étire en un pédoncule cylindrique, égalant en longueur le quart de la logette elle-même, strié en long près de son point de rattachement à cette dernière. Corps de l'animal relativement court, n'atteignant pas l'ouverture de la logette; péristome droit, non renversé, strié de petits plissements parallèles à son bord. Striation générale très fine. Vestibule et pharynx normaux; vésicule contractile sous le vestibule; noyau en fer à cheval, renflé à l'une de ses extrémités; micronoj'au adjacent.

Longueur de la logette, 92 |ji, sans le pied. — Sur Canthocampiiis.

Fig. t-'SO. — Cothurnia bipartila

Stokes a trouvé cet Infusoire sur le Canthocamptus minutas, dans une tourbière à Sphaginim; c'est également dans le Sphagnum et sur un Canthocamptus, mais cette fois le C. Vejdovskyi (I), que je l'ai récolté à Valavran dans l'été de 1916; ajoutons que le Cothurniopsis longipes de Voigt (1902), qui pourrait bien représenter le même organisme, mais sur lequel les renseignements sont insuffisants, se trouvait, d'après l'auteur, sur le thorax de Canlhoc. staphijlinus.

La logette, allongée, comprimée latéralement, à bord convexe en avant, renflée sur l'une de .ses faces et presque plane sur l'autre, revêt une forme paiiiculière, que les figures feront comprendre mieux que toute description; en arrière, elle s'étire en un large pédoncule, toujouis plus on moins recourbé, nettement .strié en long dans sa [)artie la plus large et en même temps la plus rapprochée du corps. Dans la description que Stokes donne de cette espèce, l'enveloppe est indiquée comme « divided posteriorly into two unequal pails by a curved, transverse, chitinous partition, to wiiich the animalcule is scssilely attached »; mais il y a pins que cela, une .structure que Stokes a été sur le point de reconnaître, car, m parlant du rebord de l'enveloppe, il l'avait trouvée « even, or narrowly ovate and prolonged for some distance down the shorter side of the lorica ». En réalité, il y a, sur tout le pourtour de l'ouverture, une invagination de l'enveloppe ellemême, beaucoup plus accusée, en effet, sur le côté le plus court, mais qu'on retrouve aussi sur l'autre; cette membrane invaginéc devient très fine, s'applique à la paroi interne de la logette, et arrivée près du fond de cette dernière, se relève et va rejoindre la pellicule

(1) Détermination due à Tobligeance de M. M. Thiébaud.

arrivant du côté opposé; autrement dit, l'enveloppe tout entière représente un double sac; et c'est le fond du sac interne qui simule un diaphragme; pour cette raison également, que le court pédoncule dont l'animal se voit fréquemment muni repose sur le fond, non pas de l'enveloppe elle-même, mais du sac invaginé (fig. 1).

Ajoutons que cette enveloppe est partiellement couverte de stries longitudinales, extrêmement fines et serrées, distantes de 1/3 de (x les unes des autres, et ^ isibles surtout sur le bord de l'ouverture, où elles sont marquées beaucoup plus distinctement (fig. 1). Stokes observe avec laison que ces stries sont quelque chose de tout particulier dans le genre Cothurnia; il a aussi indiqué sur l'enveloppe des sillons irréguliers ressemblant à des lignes de croissance, et que normalement.

L'animal revêt

Fiy. 2R1. - Cothurnia biparlita

j'ai également trouvés quelquefois, mais qui n'existent pas

lui-même une forme exceptionnelle, surtout dans sa région antérieure, où le rebord péristomien se montre plutôt comme une sorte de collerette annelée, les striations transversales du corps, toujours fortes dans cette espèce, étant dans cette région plus fortes et plus distantes encore ffig. 1). Le disque, lorsqu'on le voit à peu près de face, décrit une double spirale; la membrane, ondulante, bien développée, convexe, recouvre le péristome comme un toit. Le noyau est en fer à cheval, et renflé aux deux bouts; tout près de l'une de ses extrémités, j'ai pu voir, une seule fois, un micronoyau très pâle.

La division semble être généralement inégale; ou en tous ca?, dans les occasions très peu nombreuses où j'ai pu la constater, le plus jeune des deux animaux était plus petit que l'autre (fig. 2); en mêmr temps, avant de s'échapper, il s'était construit une tigelle temporaire qui le rattachait au parent.

La fig. 3 représente un individu qui vient tout juste de se fixer; la ceinture vibratile est encore en mouvement; à l'exlrémité postérieure se creuse une cavité d'où va sortir un mucilage glutiueux. Un instant après, le mucilage s'est étiré en une sorte de iuhcffig. 4, et fig. 5, où le tube, dans un autre individu, s'est anormalement développé); plus tard, le tube s'évase, semble grimper, pour ainsi dire, le long de l'animal, mais en réalité c'est l'animal qui le construit toujours plus haut, en restant lui-même comme suspendu dans la coupe qu'il s'occupe à fabriquer. Le petit être s'allonge et se rétracte coup sur coup, et tantôt il se montre audessus du rebord de la coupe (fig. 6), tantôt il en sort à peine ou s'y voit en entier renfermé (fig. 7, 8); quelquefois, la spire adorale (fig. 0) apparaît pour un instant, puis s'invagine brusquement. Dans la fig. 10 nous avons un individu dont la croissance est à peu près terminée; l'animal suspendu dans sa logette est couvert de denticuiations, qui, suivant toute apparence, vont se fixer à la paroi de l'enveloppe, puis plus tard y attirent le corps tout entier; et seulement ensuite, le corps se rétractera, laissant appliquée à l'enveloppe

cette pellicule interne dont nous avons parlé plus haut, et se dégagera pour revêtir sa forme caractéristique (fig. 1); mais, il faut le dire, c'est au stade repésenté par cette fig. 10 que se sont arrêtées mes obsen-ations, les individus rencontrés sous cette forme ayant rapidement péri. Il faut remarquer, en effet, que si la Cothurnia biparlita

Fig. 282. — Cutharnia biparlita

est une «spèce robuste tant que son hôte lui-même est en bonne santé, elle ne supporte que très peu de temps soit la séparation d'avec le Canthocamptus, soit la mort de ce dernier; et cependant, pour l'examiner tout au long, on est obligé de l'en séparer, ou de comprimer le petit crustacé de telle manière qu'il finisse par éclater.

Cothurnia plectostyla Stokes 1885 a (1888 p. 256)

Logette allongée-fusiforme, incolore, lisse et brillante, régulièrement renflée, faiblement évasée à son bord antérieur; plus convexe sur l'une de ses faces que sur l'autre. En arrière elle se rétrécit graduellement, et un peu en avant de son extrémité elle se voit coupée d'une ligne transversale en arrière de laquelle elle poursuit son cours sous la forme d'un cône strié dans sa longueur; à son tour, la terminaison du cône prend brusquement la forme d'une tige recourbée, annelée en travers, puis lisse, et qui se fixe au subslratum en s'étalant quelque peu. Corps reproduisant à peu près les contours de la logette et ne dépassant l'ouverture de cette dernière que par l'épaisseur du disque ciliaire. Striation très fine. Vestibule très large et profond; pharj'nx étroit à parois épaisses ; vésicule contractile se déversant directement dans une poche du vestibule. Noyau en boudin court, à la hauteur du pharynx. L'animal adhère au fond de la logette, ou bien est relié, par une sorte de brosse filamenteuse, à un plancher qui correspond à la ligne transversale caractéristique.

Longueur de la logette 82 \i, sans la tige; avec cette dernière, 110 (x. — Sur Canthocamptus.

Cette espèce a été décrite par Stokes, d'abord en 1885, puis plus tard encore en 1888, cette fois avec une figure très simple mais parfaitement satisfaisante; et sans plus de raison que pour d'autres Infusoires encore, on n'a pas tenu compte de la description de l'auteur américain. On a dû voir bien souvent cet ^organisme, si commun sur les pattes,

le corps, la fiirca de divers Canthocamptus, mais on l'a négligé, ou bien aussi, on en a fait très à la légère un synonyme de la Cothurnia imberbisde Ehre.nberg, avec laquelle il n'a rien à faire. Tout récemment, en 1918, MoNARD, dans l'ignorance des travaux de Stokes, l'a décrite sous le nom de Cothurniopsis Canthocampti.

La forme de l'enveloppe est très caractéristique, fu siforme, parfois légèrement urcéolée, étirée en arrière en un pied large toujours un peu flexueux cl traversé de rides annulaires dans sa moitié antérieure, pour devenir lisse en approchant du point de fixation. Cotle enveloppe est légèrement comprimée, et présente une face lai go (fuj. J ) et une face étroite; cette dernière, ou face latérale ffig. 2) est normalement convexe d'un côté et plane de l'autre. Un peu au-dessus du pied, on remarque une ligne annulaire, d'où partent vers le bas des stries nettement marquées, et cet anneau n'est que rijidication d'une cloison interne, qui vient s'appuyer par ses bords à la paroi. Il y a là, en somme, une sorte de double fond, analogue à celui que nous avons trouvé dans l'espèce précédente, et dont l'oiigine doit être la même.

Si en effet on examine avec attention, dans son épaisseur, la paroi de la logette, on y

Fig. 283. — Cothurnia plectostyla

reconnaît deux couches, l'une externe, plus forte, lisse, et que le caimin colore rapidement en un rose très pur, l'autre beaucoup plus mince, une simple pellicule d'un jaune chamois, moins colorablc; il semble donc y avoir ici encore une enveloppe interne, mais si bien appuyée à la logette externe, qu'on ne trouve, sur l'adulte, aucune trace de cette invagination que nous avons remarquée dans la Colhurnia bipartiia. Quant au double fond, il pourrait bien n'être que d'essence assez fugitive; souvent on ne le voit pas, et d'autres fois, il semble représenter une passoire, à travers laquelle se font jour les filaments spéciaux qui vont fixer l'animal au fond de l'enveloppe. On remarque en effet dans cette espèce une sorte de brosse terminale, qui correspond sans doute à cette scopula que Fauré a décrite dans nombre de Péritriches, mais particulièrement développée ici, et étirée en longs fils disposés très régulièrement.

L'animal n'offre rien dans sa structure qui le fasse spécialement remarquer; le noyau, relativement court, est accompagné d'un gros micronucléus, mais si pâle qu'il échappe presque toujours à la vue; le pharynx est pour\ai d'une paroi très épaisse; la membrane ondulante est arrondie, modérément développée; le disque péristomien fait à peine saillie hors du bord de l'enveloppe.

Dans la division, j'ai toujours trouvé l'individu nouveau plus petit que l'autre (fig. 2), comme dans la Colhiiinia hipartita, et, malgré sa taille inférieure, il a quelquefois peine à se frayer un passage au dehors. J'ai assisté un jour à une sortie rendue particulièrement difficile par le fait que le petit être était tourné du mauvais côté, les membranelles de la ceinture locomotrice montrant le fond de la logette ou lieu de son ouverture; il se débattit alors pendant une demi-heure entière, tournant sur lui-même comme une toupie, comme pour élargir par frottement le tube qui l'enserrait. II se tira d'affaire, d'ailleurs, et se mil à courir; le lendemain, même, il courait encore, et finit par se poser, mais, épuisé, il n'arriva pas à se construire une enveloppe. A ce propos, il vaut la peine de relater un fait assez curieux : Dans ce cas particulier, le parent resté dans l'enveloppe, un peu rétracté sur lui-même, montrait, pendant la lutte dont il \nent d'être parlé, un péristome largement développé, mais sa double couronne adoralc, immobile, était dressée menaçante, comme pour repousser son rejeton que la ceinture vibratile ramenait dans la coquille au lieu de l'en faire sortir.

Après un temps de course, l'individu se fixe, par un bouton adhésif qui s'allonge peu à peu en tube, d'abord conique (fig. 5, 6) puis cylindrique et flexueux; une double enveloppe se forme, comme dans Cot. bipartiia, à l'intérieur de laquelle l'animal se relève et s'abaisse alternativement; la logette s'allonge toujours plus, mais, même presque terminée (fig. 7 ) on n'y voit pas encore se dessiner le double fond (1).

J'ai trouvé quelquefois des individus qui s'étaient retirés dans leui- logette après avoir construit en travers du col un diaphragme jaunâtre, solide, simple ou quelquefois double ; sous la protection de ce diaphragme, on les voyait soit ovoïdes et sans trace d'organisation, soit à moitié développés (fig. 8), s'élevant et s'abaissant brusquement. Il y a là, semble-t-il, une sorte d'enkystement.

Au marais de Pinchal, on trouvait très fréquemment, appliqué sur l'enveloppe des Collnnnia par une sorte de ventouse ou de disque adhésif, un organisme curieux, soit simple (pg. 9) soit à deux ou même à trois branches, et alors l'une au moins de ces branches se montrait flétrie et vide (fig. 10); à l'intérieur de l'enveloppe incolore et rigide, on voyait des grains très petits, gi'oupés en petits îlots, et deux, ou trois, noyaux, à nucléole central et à bordure claire. Mes recherches m'ont amené à conclure qu'il y avait là un organisme se rapprochant de ce curieux Amoebidium, dont on a fait soit une algue ou un champignon inférieur (Cienkowsky), soit un Sporozoaire (Perrier).

Cothurniopsis richtersi Penard 1914 b.

Logette courte, élargie en forme de poire, brusquement tronquée en arrière en un fond légèrement convexe; cette terminaison postérieure est percée en son centre d'un orifice que borde une courte tubulure, et cette tubulure va rejoindre elle-même une sorte d'enveloppe interne, dont les bords vont se confondre avec les parois de la logette proprement dite. Cette dernière est comprimée latéralement, surtout à la partie antérieure, où

(1) II ne m'a pas été possible de suivre plus loin les événements.'

ETUDES SUR LES IMFUSOIliES lïEAU DOUCE

la membrane devenue 1res mince s'ouvre en une longue fente. Corps très clair, délicat, relativement peu extensible, rattaché par son extrémité postérieure à un pédoncule hyalin, droit, dont la longueur peut atteindre le tiers de la logettc, qui passe par la tubulure postérieure et va se fixer au soutien par une base élargie en tête de clou. Vésicule

contractile un peu en arrière du vestibule, dans lequel

elle va déverser son contenu par un canal assez long.

Noyau large, réniforme, allongé ou recourbé en fer à

cheval.

Longueur de la logette 45 à 60 (x; largeur 30 à

35 (X. — Mousses.

Fig. 2Si. — Cothurniopsis richtersi

Cette espèce, qui n'habite que les mousses et peut-être seulement celles qui revêtent les murs, les pierres ou les troncs d'arbres, a été décrite dans mon mémoire de 1914; et sans revenir sur la structure détaillée de la logette et de l'animal, je me contenterai de quelques éclaircissements. Dans la fig. 1, l'enveloppe est vue de face; en 2, elle se montre par le côté; l'animal, dans ce cas tout exceptionnel, après s'être muni d'une ceinture vibratile, s'eflorçait de sortir de sa coquille, mais sans succès, car il s'était tourné du mauvais côté, et ses membranelles le ramenaient continuellement vers le fond ; il pivotait sur lui-même, se tordait, se balançait, gagnant peu à peu du terrain, et après quatre heures de lutte, il finit par sortir. La /?(/. 5 donne la coupe transversale de l'enveloppe, et en montre l'ouverture caractéristicfiie en losange allongé.

La Cothurniopsis richtersi est une de ces espèces cosmopolites que l'on rencontrera partout, pourvu que l'habitat corresponde à ses besoins; elle a été trouvée, par exemple, — mais à l'état d'enveloppes vides — , dans les récoltes de mousses rases et rabougries rapportées par M. Gain de toute une série de localités visitées par le « Pourquoi pas? » dans les terres antarctiques.

Cothurniopsis dionysii Pen.vrd 1914 b.

Logette jaunâtre, tubuleuse, lé.gèremcnt comi)rimée, montrant une face large, droite, et une face plus étroite, recourbée quelque jieu sur le côté. Elle est relovée, en arrière, de deux (rarement un ou trois) renflements annulaires, et de là se rétrécit rapidement en un

fond conique, percé d'un orifice que borde une tubulure à paioi renflée; à travers cette tubuluic passe une tige hyaline, très courte, droite, qui s'étale en disque sur le soutien. Il existe un opercule, fixé sur la iiaroi dorsale au tiers antérieur de la logette. Corps extensible, finement strié; vestibule et pharynx relativement courts; vésicule contractile s'ouvrant directement dans le vestibule adjacent; noyau long, droit.

Longueur de la logette, 93 à 100 (x; largeur 30 à 35 \l; longueur de la tige 16 (jt. — Mousses.

Fig. 2Si.

Cothurniopsis dionysii

Cette espèce doit être spéciale aux mousses, dans

lesquelles je l'ai exclusivement rencontrée à Châtel-S'-Denis.

Décrite en 1914, j'aurais désiié la retrouver, surtout pour

élucider certains |)oints relatifs à rapj)areil de fermeture,

légèrement dilTérent ici de ce qu"il est dans la Coihiirnia

rrifslallina; jnais elle ne s'est plus montrée, et la diagnose suffira pour en donner

les caractères généraux. Dans la /î*/. 7, l'enveloppe est vue de face; en 2, elle se montre

par le côté.

Cothurniopsis annulata Stokes 1885 b. (1888 p. 257) Cothurnia annulata Stokes

Logette incolore, délicate, droite, tubulciise, deux et demi ou troi.s fois aussi longue que large, non ou à peine comprimée, arrondie ou acuminée en arrière, tronquée à angle droit en avant. Elle est percée à son extrémité postérieure d'un orifice autour duquel le fond de la paroi s'invagine quelque peu, el qui donne passage à une tige hyaline, large, très courte (huit à dix fois plus courte que la logette); cette tige va se terminer, en s'étalant quelque peu, sur une plaque adhésive elle-même collée au substratum. Corps gj'isâîre nettement strié, s'élargissaiU normalement de bas en haut et terminé en avant par un rebord péristomien très largement développé. Membrane ondulante fortement développée. Vestibule et pharjnx normaux; grande vésicule contractile sous le vestibule. Noyau très pâle, allongé.

Longueur de la logette 40 à 60 (i.

Dans mon mémoire de 1914 sur les Cothurnidés muscicoles, cl après avoir constaté la confusion qui règne dans ce grouj)c, je m'exprimais, à la p. 21, dajis les termes suivants : « Pour mon ( omple, et sans vouloir en aucune façon m'occuper de classification, j'attribuerai dans ce-; pages le nom de Colhurnia aux formes sessiles, et celui de Cothurniopsis aux foimi s dont la logette est percée à sa base d'un orifice destiné à lais,scr passer la tigelle. » C'est pour m'en tenir encore aujourd'hui à ce principe que je décris comme Colliiirijiopsis un Infusoirc toujours commun dans l'étang de Florissant, et qui me semble n*' j)Ouvoir être autre chose que la Cothurnia annulata de Stokes.

La logette, deux fois et demi aussi longue que large, très légèrement comprimée, fine, incolore, se rapproche par sa forme de celle de Cothurniopsis Dionysii, mais n'en a pas les renflemenls postérieurs; de plus, jamais on n'y voit trace d'un appareil operculaire quelconque. A- son extrémité posiérieure, elle est percée d'une invagination lubulaire (fig. 2), par laquelle passe une tigelle très courte, incolore, qui s'étale au voisinage du point de fixation, et repose elle-même sur une plaque adhésive caractéristique, réfringente sur son bord.

Le corps est vigoureux, grisâtre, presque toujours très large dans sa partie antérieure qui prend la forme d'un cône (fîg. 1), et ne se déploie que très peu en avant de la logette; dans des circonstances spéciales, cependant, par exemple après quelques heures de Irauquillilé absolue, il peut s'étendre longuement. Le péristomc est large et la membrane ondulante très développée; les stries transversales sont très peu visibles. A mi-hautcur du corps, on voit sur presque tous les indi\idus un léger relief annulaire, dont Stokes s'est exagéré l'importance systématique (C. annulata), et qui marque la place où se formera la ceinture vibratile quand l'animal revêtira sa forme de course.

La division, très fréquente, s'opère suivant la méthode ordinaire, mais elle est si rapide qu'on en peut suivre les différents stades pour ainsi dire à vue d'oeil; c'est pour- ((uoi, si l'on voit si souvent deux individus dans une seule enveloppe; il est très rare ([u'on assiste au dédoublement.

Quant à la construction de la logette, je la décrirai telle que je l'ai vue se poursui\Te sur un individu cilié, qui après un temps de course s'est brusquement arrêté sur un filament de conserve juste en vue à ce moment là :

Fig. 2S6. — Cothurniopsis annulata

Il était 9 h. 02 ; pendant cinq minutes les membranclles continuèrent à battre, et à 9 h. 07 tout mouvement était arrêté. Peu à peu on vit les filaments se ïésorber; à 9 h. 13 ils avaient dispani, mais une ligne annulaire en marquait encore la place; le pied commençait à se dessiner (fig .3); à 9 h. 16 de petits chocs, des contractions brusques du corps commençaient à se produire, et le péristome était par instants en saillie. A 9 h. 25 (fig. 4) l'animal s'était déjà quelque peu allongé, et tout autour du corps se dessinait une vague indication d'enveloppe. A 9 h. 30 (fig. 5) le corps s'était étiré en cône, détaché de l'enveloppe par le bas, et construisait cette dernière toujours plus haut, en la moulant sur lui-même, sur sa partie antérieure fortement renflée. A 9 h. 42 la logette avait sa forme à ))cii près normale, et le péristome se déployait au dehors (fig. 6^. Pour passer de l'état errant à celui de fixation dans Ituveloppe définitive, 40 minutes avaient suffi.

Cette espèce, avons-nous dit, a été étudiée à Florissant; mais je l'ai pencontrée dans plusieurs autres stations, en particulier à Pinchat.

Il est fort possible que cette C. annidaia de Stokes corresponde à la Col. pusilla de Wrzesniowsky, décrite en 1877, mais d'une manière beaucoup trop vague; possible également qu'elle ne soit autre chose que la Cot. iinberbisde Ehrenberg, du moins telle qu'on la \oit représentée un peu partout ; un nom commode, en tout cas, et dont on a abusé; quand la lumière sera faite, on trouvera, j'en suis persuadé, toute une série de petites formes incolores, qui se ressemblent et sont pourtant différentes, mais qu'un examen superficiel fera attribuer à cette espèce très vague que Ehrenberg a nommée imberbis. La fig. 7 représente une de ces formes, une petite Cothurniaqw'i vivait en compagnie de C. annulata à Pinchat, et lui ressemblait beaucoup; c'est peut-être à elle, ou à une forme analogue, qu'il faudrait rapporter ces lignes de Kent (p. 720) à propos de la Colhurnia imberbis : « The pcdicle is occasionally so short as to présent a mère button-like aspect. » En effet, l'enveloppe, large, urcéolée, se terminait en arrière en un petit bouton arrondi. Probablement y a-t-il là une forme spécifique distincte; mais n'ayant pu examiner que très peu d'individus, je la figure pour mémoire, sans y mettre de nom.

Cothurniopsis elastica Penard 1914 b.

Logette incolore, droite, comprimée sur ses côtés, à parois fortes mais décroissant régulièrement d'épaisseur d'arrière en avajit. Vue par la face large, elle est à peu près rectangulaire, un peu rétrécie en avant, presque deux fois aussi longue que large; vue de côté, elle est vaguement conique, et montre une paroi (dorsale) à courbure faible, régulière, et une paroi (ventrale) plus renflée, mais creusée en arc rcutiant dans sa partie antérieure; cette paroi ventrale est élastique, appliquée, pendant l'état de repos, contre le bord de la paroi opposée, et redressée en arrière lors de l'exten.sion du corps. Le fond de la logette est légèrement convexe, et percé d'un orifice par lequel passe une tigelle

hyaline qui peut atteindre en longueur le tiers de l'enveloppe, ou rarement plus encore. Corps délicat, clair, à stries très fines, modérément extensible, et à l'état d'extension toujours un peu étranglé par la pression de l'enveloppe sur le col. Vestibule et pharynx courts; vésicule contractile au voisinage du jibarynx. Noyau droit, long; au-dessous, un niicronoyau.

Longueur de l'enveloppe 50 à 70 [i. — Mousses.

l'ig. 2S7. — Cothurniopsis elastica

C'est encore là une espèce caractéristique des mousses; elle a été décrite dans mon mémoire de 1914. Rien que dépourMie d'appareil obturateur, elle est susceptible de fermeture,

f[râce à la structure spéciale de son enveloppe. La fig. 1 montre la logette par sa ace large, et l'animal entièrement déployé; dans la fig. 2, on voit cette logette par le côté, et l'on remarquera, à gauche, une légère dépression qui correspond à un point faible, qu'on pourrait appeler une charnière; l'animal, en se déployant, a écarté les bords

de l'ouverture en fente, et son corps se voit quelque peu étranglé; quand il se retirera dans sa coquille, le bord élastique de gauche se rabattra brusquement sur le bord droit. Dans la fig. 3, les deux lèvres se touchent, mais les lignes pointillées indiquent ce que l'on verrait en abaissant l'objectif du microscope, la pression réciproque des lè\Tes repliant ces dernières en une ligne ai-quée. Dans cette figure, l'animal est représenté rétracté sur lui-même, et très probablement en voie d'enkystement.

Cothurniopsis minutissima Penard 1914 b.

Logette très petite, incolore, pyriforme, renflée en arrière, étroite et un peu comprimée en avant, recourbée, et s'ouvrant en un orifice quelque peu déjeté sur le côté, elliptique dans son contour. A son extrémité postérieure, cette logette est percée d'un petit trou par lequel passe une tigelle très fine et relativement très longue, et qui va se fixer au soutien par un petit bouton arrondi. Corps large et ramassé, à stries extrêmement fines; vestibule et pharynx normaux; vésicule contractile à la base du vestibule; noyau allongé.

Longueur de la logette 35 à 40 (x; longueur de la tige 22 fx. — Mousses.

« Ce petit organisme, très délicat et gracieux, qui semble une fleur de bruyère penchée sur sur son mince pédoncule, s'est trouvé à Troinex, au pied d'un saule, puis j) Châtel dans la mousse humide. Très timide, l'animal se voit la plupart du temps rétracté dans sa logette, et pour Fig. zss.

se déployer, il glisse d'abord lentement, de sa partie aiité- Coiimmiopsis nUnuUssima

rieure un peu étirée en pointe, le long de la paroi interne

de son enveloppe, et toujours du côté dorsal, jusqu'à ce que, arrivé à l'orifice, il se décide à développer sa couronne, ou bien au contraire rentre brusquenient dans sa loge. » Tels étaient les termes dans lesquels je m'exprimais en 1914, et que je ne j>uis que reproduire aujourd'hui. Dans la fig. 1, l'animal et sa logette sont vus de face; dans la fig. 2, l'enveloppe est représentée de côté, penchée comme toujours sur son mince pédoncule; le petit Infusoire se relève lentement, son extrémité antérieure glissant le long de la paroi.

Vaginicola longicollis (Kent) Biitschli 1889 Platycola longicollis S. Kent 1882

Logette jaunâtre, fortement comprimée, reposant sur le soutien par sa face dorsale tout entière, et revêtant la forme d'une pantoufle laige et arrondie, relevée en avant en un col très court échancré sur le côté, et s'ouvrant en un orifice elliptique-cordiforme dans son contour, plus large que long. La logette est bordée à son pourtour d'une étroite lame de ciment adhésif brunâtre, déchiqueté; la face libre est convexe, relevée en une courbe régulière dans sa partie antérieure pour former le bord postérieur du col. Corps vigoureux, nettement strié, fortement extensible; membrane ondulante bien développée; vestibule et pharynx normaux; vésicule contractile près de l'extrémité du pharynx, et allant se vider dans le vestibule par un canal étroit. 5voyau droit, allongé.

Longueur de la logette 100 à 130 (x; largeur 70 à 80 [x.

La Vaginicola longicollis est conimune, ou plutôt, quand on la trouve c'est en grande quantité, sur les végétaux les plus divers, comme aussi, par exemple, sur les coquilles des jeunes Planorbis. Elle est fortement aplatie, et son col, qui ne se voit guère que lorsqu'on examine l'enveloppe par le côté (fig. 1), est très court; aussi faut-il ne pas oublier que le terme de longicollis s'applique non pas à la coquille, mais à l'animal lui-même, qui a en effet l'habitude de s'étendre considérablement au dehors.

La logette est jaunâtre, claire en général, mais très foncée dans une région spéciale.

[)rès de la naissance du col, et ce col lui-même, par contre, est très clair. Elle repose sur e soutien j)ar sa face inférieure aplatie, ou, plus exactement, par ses bords aplalis, car en réalité cette face inférieure n'est qu'un enduit, une simple colle, qui reste en bonne partie adhérente au substratum quand on en détache l'animal. Vn ciment adhésif entoure également la logette comme une bordure brunâtre, plus forte et plus large en arrière.

L'animal s'étale sur celte .sorte de plancher, mais il n'y adhère que par sa seule

extrémité postérieure, légère- . ment visqueuse; lui-même

'^ ^ est grisâtre, vigoureux, et

porte une forte couronne de membranelles adorales .soudées jusqu'au milieu de leur longueur; très souvent, la couronne entière est braquée tout droit devant elle, immobile; même les cils qui garnissent le vestibule et pénètrent jusque dans le pharynx sont sans mouvement, et l'animal peut rester ainsi des minutes entières, puis tout d'un coup les organes vibratiles reprennent leur activité. A l'intérieur du coips, on constate une circulation très nette, le courant .se dirigeant vers le bas sur l'un des côtés du corps pour remonter sur l'autre côté. Le noyau représente un long boudin longitudinal, granulé; quelquefois ou le voit divisé par des partitions en une sorte de chapelet; il est accompagné, tout près de son extrémité postérieure, d'un gros micronucléus très pâle, légèrement bleuâtre, homogène, ellipsoïdal (fig. 3).

La vésicule contractile, adjacente au pharynx, se vide dans le vestibule par l'intermédiaire d'un canal, invisible en temps ordinaire et qui s'ouvre brusquement, comme une déchirure, au passage du liquide expulsé (fig. 2).

La division est si fréquente que les individus solitaires dans leur enveloppe sont l'exception; et pourtant l'occasion ne s'est jamais offerte de suivre le processus de cette division, qui doit sans doute s'opérer très rapidement.

Fig. 28'J. — Vaginicola longicoKis

Vaginicola decumbens Ehrenberg 1838

Logette jaunâtre ou brun doré, ovale ou sacciforme allongée, reposai'l su tratum par sa face dorsale tout entière, légèrement élargie en arrière, relevée en un col très court, incolore, qui tranche brusquement sur une zone brune ace sa base; les bords de la logette sont doublés d'un cadre tiès étroit de ciment arrière du col, la face libre et convexe se voit normalement traversée dans antérieure par quelques stries à angle droit sur l'axe longitudinal. Corps v large, nettement strié, très exten.sible; membrane ondulante fortement dé vestibule et pharynx normaux; vésicule contractile près dé l'extrémité du reliée au vestibule par un canal étroit. Noyau droit, allongé.

Longueur de la logette 58 â 75 [x; rarement jusqu'à 85 n; largcui- 38 à 43 |ji.

r le subsavant en unuilée à brun. En sa partie igoureux, veloppée; pharynx,

D'après Ehrenberg, la Vaginicola decumbens ne se distinguerait de l'espèce précédente que par une taille i)lus faible et i.ne absence conq)lètc de col, la logette s'ouvrant en une simple découpure. Blocmman.n riiulique ce])endant comme « gewôhnlich ohne Hais; nach Stein soll die lliilse einen kurzen, halsartigen Forlsatz haben. » Nous avons vu précédemment que dans la Vog. longicoltis le col ne se voit guère lorsque la coquille est examinée de face, et il suflirail de la supposer encore moins visible i)our que nous ayons la V. decnnibens. C'est bien alors cette dernière que l'on rencontrait à Florissant dans l'été et l'automne de 1916, sous les feuilles des nénuiihars, en com|)agnie de la V. iongicoUis; mais elle en reste distincte pourtant.

La logette, de nuance jaune ou brun fauve, plus petite, plus étroite, moins arrondie que dans l'espèce précédente, souvent presque rectangulaire avec angles arrondis,

Fig. 290. — Vaginicola decumbens

mais d'ailleuis assez variable de forme, et pourvue sur son pourtour d'un rebord beaucoup

plus étroit, est surmontée d'un col parfaitement hyalin, qui se détache franchement de

l'enveloppe, et à la base duquel la coloration brune, particulièrement intense, vient

brusquement s'arrêter,

en y formant un dessin

spécial (fig. 1, 4). En

outre, on remarque en

arrière du col trois,

quatre, ou cinq stries

transversales, parfois

très nettes, et qui sont

normales, mais souvent

si peu distinctes qu'on

les cherche en vain.

Quant à l'animal, il est

identique à ce que nous

venons de déciire dans

l'espèce précédente; la

vésicule contractile se

voit généralement plus

haut placée, mais j'ai

remarqué qu'il y avait

grande variabilité sous ce rapport; sa position dépend du canal qui la relie au vestibule,

et ce canal est plus ou moins allongé. Dans celte espèce, je n'ai pas pu distinguer le

micronudéus, sans doute plus pâle encore ici que dans la V. longicollis.

J'ai pu suivre un jour les phénomènes de la construction de renvelopi)e. Ayant isolé, le 29 septembre au matin, une logette pourvue de deux habitants — ici encore, les couples sont la règle, les individus solitaires l'exception — , vers les 4 heures l'un d'eux sortit et se mit à courir; à 5 h. 35, je le retrouvai posé, et «ous la forme que montre la fig. 2; il avait déjà construit sa logette sur la moitié de sa longueur, et lui-même, relié au fond de l'enveloppe par une traînée visqueuse, s'était porté en avant, en modelant par ses bords, à mesure qu'il la déposait, la pellicule nouvelle, que l'on voyait couverte dans sa région antérieure de petits plis réguliers. La face antérieure du coips, largement étalée, était tantôt convexe et tantôt concave, par suite de brusques mouvements de retrait et d'avancenrent dans cette région spéciale; dix minutes plus tard, la logette avait atteint les deux tiers de sa longueur; à 6 heures, elle l'avait toute entière (fig. 3); à 6 h. 10, on voyait se dessiner un anneau, première indication du col, et cet anneau, très mince, et dont l'animal, renflé en une protubérance spéciale, modelait continuellement le contour, devint toujours plus distinct, en même temps que pour en voir le bord, il fallait abaisser à chaque observation quelque peu l'objectif, car la croissance se faisait maintenant de haut en bas (l'animal s'étant posé sous le couvre-objet). A 6 h. 45, tout était fini; à 7 heures l'animal abandonna le col terminé, et se retira dans sa coquille, où faute de nourriture (?), il mourut le lendemain. L'enveloppe nouvelle, il faut l'ajouter, est absolument hyaline, mais se colore assez rapidement; dans cet individu, après douze heures elle était devenue jaunâtre (fig. 4).

Frommentel a décrit toute une série de Vaginicola, V. regidaiis, V. gracilis, V. dilafata, V. ampulla, V. inincaia, dont on ne sait trop que fan-e ; il leur consacre quelques mots seulement, avec des figures absolument défectueuses; mais l'une d'elles, la V. striala, aurait chance peut-être de re})résenter l'espèce que nous venons de décrire, c'est-à-dire, très probablement la V. decumbens de Ehrenberg.

Vaginicola steineri Penard 1914 b.

Logette jaunâtre, en forme de pantoufle ou de nacelle, reposant sur le soutien par sa face dorsale tout entière, mais terminée brusquement en arrière par une sorte de troncature latérale. La face libre, supérieiwe, est convexe, mais creusée dans sa longueur d'une dépression longitudinale médiane. Sur les bords latéraux court à mi-hauleur une sorte de quille ou d'arête mince, qui se dessine toujours plus nette et plus large à mesure qu'elle

remonte vers l'extrémilé postérieure, pour faire le tour de cette dernière sous la forme d'une carène large, relevée quelque peu vers la face supérieure. La partie antérieure de la logette se termine en un col très court, relevé vers le haut, s'ouvrant en un orifice elliptique-cordiforme dans son contour, plus large que long. Corps vigoureux, susceptible

d'un allongement considérable; slriatiou très fine; vésicule

contractile très rapprochée du vestibule; noyau droit,

allongé.

Longueur de la logette, 78 à 88 (x; largeur 40 (ji. —

Mousses.

Dans cette espèce, la logette est beaucoup plus petite, et relativement plus étroile, que dans la V^ longicollis; le renflement postérieur, la dépression ou gouttière longitudinale (invisible ici sur les figures), qui parcourt la face Fig.29i. — Vaginicoiasieineri libre, la caiène latérale, l'en distinguent également; mais

grâce à sa forme un peu bizarre, elle revêt, suivant l'orientation qu'on lui donne, les aspects les plus variés, dont certains ne concorderaient guère avec les deux figures reproduites ici. Elle a quelque ressemblance, également, avec la Vaginicola Bûtschlii de Nusslin (1884); mais cette dernière, que j'ai récoltée également (1), en diflère par des caractères nettement marqués.

J'ai décrit la Vaginicola steineri en 1914, d'après des échantillons récoltés à la tourbière de Châtel-S*-Denis.

Genre Lagenophrys

De tous les Péritriches, ce sont les Lagenophrys qui ont atteint le plus haut degré de complication; et de tous les Infusoires, ce sont ceux-là peut-être qui montrent le mieux jusqu'où peut aller le perfectionnement des organes dans ces êtres considérés comme inférieurs. On les a .sérieusement étudiés; et pour ne citer que les travaux les plus importants, nous rappellerons ceux de Stein (1851 et 18G0), de Plate (1886 et 1888) de Wallengren (1900); plus récemment, en 1913, est venu le mémoire de M^'* Magda von Ubisch, qui a résumé les faits acquis et en a apporté de nouveaux. Est-ce à dire que

je ne puis me défendre d un certain embarras : faut-il me borner aux diagnoses, et passer sous silence les observations que j'ai pu faiie jusqu'ici; ou bien dois-je rendre compte dès maintenant des résultats d'une étude qui n'est pas terminée? C'est à cette dernière alternative que je crois devoir m'arrêter; mais on ne s'étonnera pas si mon rapport est écourté, ou si je ne fais que passer brièvement sur certains points importants qui seront, je l'espère, examinés plus au long dans un avenir encore incertain.

Lagenophrys labiata Wallengren 1900

Logette jaunâtre, largement ovale, à face ventrale étalée sur le subsiraiiim, face dorsali convexe, inégale, tiès renflée en avant, arrondie en airière. Elle est pouiAue à sa partie antérieure de deux lèvres demi-circulaires, lesquelles .sont portées elles-mêmes sur un col très court, rétractile, à plissements compliqués. Corps large, ovale, plan-convexe, fixé à la base du col par un bourrelet périslomien. Disque ciliaire étroit, creusé en cornet. Membrane ondulante très fortement développée. Vestibule large et ])rofond; pharynx allongé; vésicule contractile sous le vestibule. Noyau long, en fer à cheval, avec un micronucléus peu visible, dans la concavité du fer à cheval.

Longueur de la logette 60 [i; largeur 55 à 57 |x. — Sur Cypris.

Cette espèce a été décrite en 1900 par Wallengren, qui à ce moment ignorait sans doute que Stokes, en 1887, avait déjà donné ce même nom à une Lagenophrys trouvée

(1) En Irlande; voir Dunkerly, 1913.

ÉTVDES SUR LES INFUSOiRES D'EAU DOUCE

sur les pattes des Gammarus. Il ne doit pas y avoir là, comme M'i^ v. Ubisch le fait déjà ressortir, d'identité d'espèce aussi bien que de nom, car sur les pattes du Gammarus on n'a trouvé jusqu'ici que la Lagenoplirys nassa, et la L. lahiata de Wallengren est spéciale à « la coquille de petits Cypris verdâtres »; mais ni la description ni les figures de Stokes ne sont suffisantes pour nous indiquer ce qu'il a trouvé.

Claparède et Lachmann, par contre, n'ont été empêchés que par des circonstances particulières de décrire en 1859 l'organisme dont Wallengren nous parle en 1900. « Nous avons observé, disent-ils, une quatrième espèce (L. vaginicola, nassa, am-

piilla étaient seules /TI/f-fAX /??)1^xlhX /^"^ connues à ce moment) sur des Cypris, à Jussyprès de Genève.

Malheureusement les dessins qui se rapportent à elle se sont ^

égarés sur la route ^"^ "^ 1 2 ^ 3

de Berlin à Genève. »

Mais les territoires

occupés par les ma- Fig. S92. — Lagenophrys labiala

rais de Rouelbeau, du

Carre et de Sionnet ne font en somme qu'un seul tout, et s'étendent jusqu'à la commune de Jussy; partout dans les fossés qui bordent le marais les Cypris sont abondants, et partout ces Cypris (1) sont couverts de Lagenophrys labiata; et c'est bien ces fossés que Claparède avait dû visiter.

Je ne m'étendrai guère sur la structure du corps dans l'adulte; on la trouvera décrite tout au long par exemple dans le mémoire de M"e v. Ubisch; cependant, quelques observations seront à leur place ici :

Dans toutes les Lagenophrys, l'appareil péristomien est d'une observation difficile; la structure est différente de celle des Péritriches en général; il n'y a pas, à vrai dire, de « disque » terminal; nous avons plutôt là un organe enroulé en cornet, tel qu'il existe, mais d'une manière beaucoup moins marquée, dans quelques Péritriches (Ophrydium, Pyxidium, etc.); et en outre, on y trouve quelque chose de spécial : il semble que les deux couronnes adorales soient le prolongement de deux « feuillets », dont l'externe figure un mince étui; la fig. 5 donne une idée de cette structure particulière, pour laquelle de nouvelles recherches sont à désirer. C'est là d'ailleurs un détail sur lequel on s'est en général bien gardé d'insister; Stein est peut-être le seul qui ait étudié sérieusement la question; « Die Mundwimperscheibe, dit-il de la L. ampulla, bildet nicht einen einfachen umgekehrt kegelformigen Kôrper, sondern sie nâhert sich mehr dem Spiraltrichter der Spirochona, indem sich der Stiel seitwârts in eine sehr zarthâutige nach innen eingerollte Lamelle fortselzt. »

Dans les fig. 1, 2, 4, on voit à la gauche du vestibule pharyngien un long cil puissant et très droit ; c'est là la « vorstehende Cilié » de M"® v. Ubisch, qui s'exprime eu ces termes à ce sujet : « Weiter ist noch eine Bildung zu besprechen, welche schon von Plate abgebildet, aber nicht beschrieben wurde. Man findet hâufig am linken Mundwinkel eine weiter vorstehende Cilie, welche nicht mit dem Wimpertrichter zugleich eingezogen wird... Vielleicht haben wir es hier mit einem Organell zu thun, das in seiner Funktion etwa einer Sinnesborste entspricht, da sie das Vorhandensein von geeigneter Nahrung im Wasser anzeigen und so das Herausstrecken des Wimpertrichters veranlassen kônnte. » D'après mes observations, il y aurait autre chose; bien que la plupart du temps ou ne réussisse à voir qu'un fil, j'ai fini par me convaincre que ce n'était là que cette collerette si malheureusement désignée dans les Péritriches sous le nom de « membrane ondulante »; dans les Lagenophrys, elle est très haute, abruptement terminée à son bord libre, qui se présente comme un cil, le « Cil de Lachmann », droit en général mais souvent aussi

(1) Ce doit être plus spécialement un Cyclocypris, comme a bien voulu me le dire M. Thiébaud auquel J'avais envoyé des échantillons.

Fig. 293. — Lagenophrys labiata

recourbé en deliors (fig. 5, 6). Il est exact d'ailleurs de dire que ce « cil » apparaît le ^emior lorsque l'animal déploie son péristome au dehors et lont juste avant le disque auquel il semble préparer le chemin.

Au lieu d'être fixé à l'intérieur de sa logette par son extrémité postérieure, on sait que dans le genre Lagenophrys l'animal est rattaché à l'ouverture même de son enveloppe au moyen d'un bourrelet spécial. Dans les fig. 1, 2, 4, etc., on peut voir, comme en coupe transversale, ce bourrelet qui s'accroche à gauche et à droite des conmiissures buccales; mais est-il bien, comme on l'a toujours indiqué, circulaire, ou formé de deux bourrelets se regardant par leur concavité, et fixés, l'un à la lèvre supérieure de l'ouverture, l'autre à la lèvre inférieure? Je ne le crois pas; d'après toutes mes observations, c'est à la lèvre supérieure qu'il est accroché et la •v^x, jifi^, j/' lèvre inférieure est libre; il y

^■>=^'=- -'"^-^ ' -\ -<^ a eu confusion, résultant

peut-être du fait que sur l'individu très jeune, où l'enveloppe n'est pas formée ou commence tout juste à se former, on voit deux lèvres épaisses, semblables en apparence aux stomates des végétaux, mais qui s'organiseront bientôt en éléments de l'enveloppe même, et que plus tard on ne retrouvera plus (fxg. 3). L'animal, d'après moi, ne se fixe qu'à la lèvre supérieure, et bien plus, il n'y est pas soudé; il y est seulement accroché, encastré dans la concavité d'une sorte de lame interne recourbée en crochet. Stein semble donc être dans le vrai quand il hésite à parler d'une soudure : « Es fragt sich ùberhaupt, dit-il, ob eine eigentliche Verwachsung stattfindet... denn ich sah haufig, dass sich das Thier ganz von der inneren Hûlsenmiindung ablôst. »

Ce qu'il y a peut-être de plus curieux dans les Lagenophrys, ce n'est pas le corps luimême, tout intéres.sant qu'il soit, mais l'enveloppe, ou plutôt cette partie de l'enveloppe dont la disposition est telle, qu'elle fonctionne comme appareil mobile, s'ouvrant et se fermant à la volonté de l'animal. Lorsque l'on regarde d'en haut l'orifice de la logette, on le voit entouré de baguettes, de ces « Plàttchen » qui peuvent servir de caractère systématique important, constantes de nombre et d'apparence dans toutes les espèces et différentes cle l'une à l'autre, mais qui, en somme, n'ont pas d'existence réelle et représentent en fait soit des épaississements soit aussi des plissements (le la membrane. Dans la Lag. labiata, lorsque la bouche est fermée, on remarque deux baguettes (fig. 9 a), l'une supérieure plus allongée et plus droite, l'autre inférieure un peu plus courte et plus arquée; quand la bouche commence à s'ouvrir, on voit la baguette inférieure s'avancer et passer au devant de l'autre (fig. 9 h), si bien qu'elle finit par la dépasser (fig. 9 c); en même temps, un arc très clair se dessine, externe, dont on a peine à comprendre la signification, mais qui doit représenter la partie extrême de la lèvre inférieure, qui s'avance i)his loin que tout le reste de l'appareil (fig. 7^. Tout cela, il faut le dire, est assez diflieile à comprendre, et demande à être contrôlé; mais ce qui est plus curieux encore, c'est le mode de fermeture, tel qu'on l'observe par le côté, et en mettant i'ol)jectif au ])oint sur un plan sagittal qui couperait la bouche de haut en bas et par son milieu: ce même plan y couperait, du reste, non .seulement la bouche, mais toute une série de replis de l'enveloppe, qui représentent .soit ici des lignes de moindre résistance, soit ailleurs des sortes de charnières, et c'est par le jeu de ces diverses structures que fonctionne à merveille un mécanisme très compliqué.

Dans la fig. 7, la bouche est fermée; au moment où elle s'ouvre, on voit la partie iuvaginée de la lèvre supérieure, celle qui est figurée ici comme striée eu travers, se relever vers le toit (lèvre supérieure externe) qui la dominait, et ce toit lui-même s'élever

légèrement; en même temps, toute la lèvre inférieure, cette sorte de longue « dent » creuse, sur laquelle s'appuyait la lèvre supérieure, se renverse en dehors et nous avons alors la fig. 8, où la bouche est largement ouverte. Si maintenant nous considérons l'acte inverse, celui de la fermeture, nous assisterons à un spectacle encore plus curieux : la lèvre inférieure se rabat quelque peu en dedans, d'abord lentement et tout en paraissant opposer une résistance à une force qui l'attirerait, puis tout d'un coup la résistance est vaincue, il y a un déclanchemcnt, et la lèvre se trouve brusquement ramenée vers l'intérieur {flg. 7 ); mais dans ce même temps la lèvre supérieure s'est abaissée, sa partie invaginée (striée dans la figure) s'est pliée en deux, le bord antérieur est tombé sur la « dent » inférieure comme le chien d'un fusil sur la cheminée et avec la même précision, et la fermeture est complète.

Quel est l'agent de la fermeture? l'animal, semble-t-il, qui, retirant brusquement son col longuement déployé, s'est tassé, arrondi, en appuyant sur le rebord des lèvres auquel il était accroché; et même, en examinant avec attention l'invagination de la lèvre inférieure, on la voit se continuer en une sorte de nappe mince (fig. 8), qui va rejoindre le plancher basai et s'y fixer; en appuyant sur ce voile élastique tendu, l'animal pourrait provoquer le déclanchemcnt. Cette explication paraît assez naturelle, et c'est bien à elle que je m'étais arrêté, lorsque des observations nouvelles m'ont amené à des conclusions différentes; malgré les apparences, ce ne serait pas l'animal, mais bien le voile élastique lui-même qui provoquerait, par son activité propre, le retrait de tout l'appareil. Nous examinerons tout cela plus loin, dans la Lagenophrys ampulla.

Wallengren s'exprime encore à ce sujet dans les termes suivants: «Wahrscheinlich bei sâmmtlichen Arten, sicherlich aber bei den von mir untersuchten ist dans Zuschliessen der Miindung des Gehâuses eine aktive Bewegung des Thieres, wâhrend ihr Oeffnen nur eine passive ist, von der Elastizitât der Lippen und der Gehâusewand verursacht. Man findet daher auch immer die Mundung leerer Gehâuse weit aufgesperrt stehen. »

En effet, l'enveloppe laissée à elle-même est ouverte, et se montre telle quand elle est vide aussi bien que quand l'animal est déployé; mais quant à attribuer la cause de la fermeture à un mouvement actif de ce dernier, il pouirail bien y avoir là une erreur.

La division — si du moins nous pouvons l'appeler de ce nom — n'est pas exactement longitudinale comme dans les Péritriches en général, et l'animal, avant de se diviser, ne s'arrondit pas à sa partie antérieure; il reste développé, et ne perd rien de son appareil péristomien; mais on voit se dessiner, à la gauche du vestibule, un sillon diagonal, qui se creusant toujours plus, finira par séparer le corps en deux portions distinctes, dont celle de gauche va s'organiser en embryon cilié. Dans la fissure de séparation apparaît bientôt une ligne de petites perles, qui se métamorphosent graduellement en cils (fig. 2); en même temps, un bourrelet se montre, un double bourrelet, qui vu de face (fig. 3) rappelle d'assez près un stomate de plante et deviendra la bouche; une vésicule contractile fonctionne, et déverse déjà son contenu dans un petit canal conduisant lui-même le liquide au bourrelet buccal (fig. 4). Cet embryon a sa face antérieure tantôt en avant, tantôt en arrière, par rapport au parent en place ; mais il est probable qu'ici, comme dans la Lag. vaginicola où j'ai pu étudier le fait, la bouche est tout d'abord tournée en avant, vers l'ouverture de la logette, et que le jeune animal, changeant lentement de place, la montre plus tard en arrière, pour garder cette position jusqu'à sa libération.

Lorsque la ceinture de membranelles est définitivement formée, l'embryon se dispose à partir; il se lance sur son compagnon, le pousse comme pour l'écarter, s'introduit dans l'orifice de sortie par dessous l'individu déployé, revient en arrière, puis en avant encore, et finit par réussir. Il s'élance alors au dehors sous une forme assez bizarre (fig. 15),

Fig. 294. — Lagenophrys labiala

vaguement hémisphérique, bosselé, et muni d'une sorte de bec ou bourrelet buccal, plissé, d'où sort un pinceau de cils. Il court alors pendant plusieurs heures ou même pendant une journée entière (dans des conditions spéciales, isolé; dans la nature, les événements doivent se passer plus rapidement), la ceinture ciliée en avant, en se dandinant; puis il s'arrête, se pose, et très rapidement l'on voit se dessiner le double contour d'une nouvelle enveloppe, avec une ouverture qui rappelle déjà celle de l'orifice définitif. La fig. 10 représente un embrj'on fixé depuis une heure environ ; le corps remplit l'enveloppe tout entière, et le cercle ovalairc que l'on voit dessiné n'est que le discpie de la larve, couvert de petits grains d'agglutination; il est déjà fixé au sol, et les membranelles, immobiles, encore visibles, s'elTilent et vont bientôt tomber en poussière. Dans la fig. 11 nous avons un autre individu, déjà plus avancé, vu par le côté buccal; le corps remplit encore à peu près toute l'enveloppe, incolore, très souple, et qui commence à se plisser; l'orifice en est bien distinct, mais reste béant, et restera tel de longues heures encore ; tant que l'appareil pharyngien ne sera pas complet, les charnières resteront inertes.

La fig. 12 montre un individu (les détails n'en ont pas été dessinés) qui renferme deux gamètes, lesquels s'échapperont plus tard; on remarquera leur cône aJitérieur, terminé en une petite épine destinée peut-être à favoriser l'implantation sur un nouvel individu, puis la ceinture de membranelles très forte, à laquelle est due la vigueur toute spéciale des évolutions dans ces petits animaux. Les gamètes ici représentés (fig. 13) colorés au carmin dans l'état où la figure les montre, fournirent tous deux un résultat identique (fig. 14), deux « noyaux » très fortement colorés, entourés chacun d'un anneau plus clair; l'un de ces noyaux, simple, était dans le cône antérieur, l'autre, allongé et à deux « nucléoles », se voyait dans la masse principale du corps.

Il me faut mentionner encore la rencontre de ces « anormale Schwârmkôrper » dont parle M'^^ v. Ubisch à la page 73 de son mémoire. Le 11 octobre, à 5 h. je trouvai sur une Lagenophrys une sorte de bourgeon, ou de gros bouton tn saillie sur le corps; le lendemain à la même heure, le bourgeon existait ejicore, plus pâle, cl le noyau de la Lagenophrys semblait pénétrer dans son intérieur; mais le bourgeon avait éliminé un petit corps sphérique, logé dans un sac pelliculaire gonfié. Le 13 octobre, à 8 h. du matin, on voyait deux de ces corps sphériques spéciaux; le bourgeon primitif s'était ratatiné; le 14 octobre, c'étaient quatre corps sphériques, chacun dans leur sac transparent; et ces quatre corpuscules restèrent les mêmes jusqu'au 17 octobre, la Lagenophrys étant encore en bonne santé. Ce jour-là je traitai.le tout par le carmin, cl les quatre petits corps se colorèrent immédiatement, se détachant en rouge foncé sur le fond clair du petit sac qui les renfermait. Je ne suis pas arrivé à comprendre la signification de ces corpuscules spéciaux; ils paraissaient avoir été produits les uns après les autres par le bourgeon, qui n'était lui-même en fait qu'une protubérance latérale, et je ne serais pas étonné s'il fallait y voir des fragments du noyau, fragments de rebut éliminés les uns après les autres, avec une portion de la membrane nucléaire. M^''' v. Ubisch hésite entre un cas pathologique et l'introduction de parasites venant du dehors. Dans mes observations en tout cas, sur les individus isolés en eau pure, les parasites n'y étaient pour rien.

Nous avons décrit plus haut la division inégale, si fréquente chez les Lagenophrys qu'elle semble exister seule; mais la division vraie, par scissiparilc, longitudinale comme dans tous les Péritriches, existe également; j'en ai constaté un seul cas dans l'espèce qui nous occupe actuellement; nous en reparlerons en traitant de Lug. umpiiUa, où cette division a été observée dans plusieurs occasions.

Lagenophrys ampulla Stein 1851

Logette incolore ou très faiblement jaunâtre, ronde, comprimée, aplatie sur la face ventrale fixée, convexe à sa face dorsale libre. La partie antérieure se relève en un col extrêmement court, dont la base est entourée de plissements caractéristiques, et qui se prolonge en deux lèvres. La paroi même du col à sa base, \iie en coupe, représente ime sorte de cadre brisé en cinq sections difTérentes, sous forme de baguettes dont deux sont en avant et trois en arrière, toutes ces parties étant mobiles et pouvant se refermer les unes sur les autres. Corps large, convexe, fixé à la base (hi col par un bourrelet péristomien. Disque ciliaire étroit porté très en avant sur un pédoncule relativement allongé.

Membrane ondulante très développée. Fosse vestibulaire très large, suivie d'un pharynx allongé; vésicule contractile à la base du vestibule. Noyau en fer à cheval. Diamètre de la logette 50 à 75 fz. — Branchies de Gammanis pulex.

La Lagenophrys ampulla vit sur les branchies des Gammarus. L'enveloppe est presque parfaitement hyaline, exactement circulaire, plus comprimée que celle de Lag. labiata, et renflée sur ses deux faces, même sur la face inférieure où la convexité est il est vrai très peu prononcée; en effet, l'animal ne repose pas ici sur un substralum rigide, mais s'enfonce, pour ainsi dire, dans la branchie (fig. 2), en y produisant une dépression; et en même temps, elle y détermine un autre effet assez curieux, des stries très fines, rayonnantes, qu'on prendrait volontiers pour des soies latérales appartenant à la logette elle-même (fîg. 1), mais qui ne sont autre chose que de petits plissements de la fine cuticule de la branchie, plissements qui résultent à leur tour d'une tension de cette cuticule, et que l'on pourrait comparer à ceux qui se forment dans un matelas autour des boutons qui le piquent de distance en distance.

L'ouverture de la logette diffère quelque peu de celle de Lag. labiata; nous avons ici cinq épaississements ou « baguettes », deux en avant et trois en arrière; la plupart du temps, et surtout quand la bouche est fermée, c'est à peine si l'on remarque ces différentes subdivisions, car chaque coude, en réalité, n'e.st que l'expression d'un point faible, une lacune dans l'épaississement buccal, et qui n'apparaît guère que par le fait du reployement ; dans la fig. 5, la bouche

est à peu près fermée, dans la fig. 6 elle commence à s'ouvrir; La fig ouverte encore, et dans la fig. 1 elle l'est à son maximum. Les fig

Fig. 295. — Lagenophrys ampulla

4 la montre plus 2 et 3 donnent une idée de l'enveloppe seule, vue suivant sa longueur et sa largeur; la différence est très marquée d'avec ce que nous avons vu dans L. labiata, mais pourtant le principe est le même.

Le corps est à peu près identique à celui de cette dernière espèce ; le disque est cependant plus petit, plus étroit, et on ne le voit que rarement déployé, l'animal étaul d'une timidité extrême, et rentrant dans sa coquille à la moindre occasion ; la fig. I montre l'animal déployé; dans le vide de la logette courent deux gamètes analogues à ceux que nous connaissons déjà.

La division inégale, très fréquente, est conforme à celle de L. labiata, et ne nous apprendra rien de nouveau ; mais j'ai pu observer plusieurs cas de division vraie, l'animal s'élargissant, puis se creusant suivant une ligne longitudinale médiane (fig. 12), après avoir rétracté son appareil péristomien qu'il est obligé de modeler à nouveau; mais chose curieuse, j'ai remarqué que dans le cours de cette division les petites boulettes grises, ponctuées, qui représentent des bols alimentaires et remplissent en général le cytoplasme, restent presque toutes dans celui des animaux qu'on peut considérer comme l'individu primitif. Une fois la division achevée, j'ai constaté également que les deux individus, de même taille, prenaient bientôt l'état de course et partaient l'un après l'autre et toujours la ceinture ciliée en avant.

Fréquemment aussi, j'ai assisté à la transformation totale de l'animal en individu coureur; parfois même c'étaient des épidémies, soit de division soit de transformation, et les animaux abandonnaient les uns après les autres leurs logettes. La fig. 8 montre un de ces cas de transfoimation totale; la ceinture vibratile se voit déjà, mais les membranelles n'ont pas encore apparu ; deux bourrelets circulaires, l'un au-dessus de l'autre, indiquent la bouche futuie. Dans la fig. 7, nous avons l'un des deux jeunes animaux produits par division égale, et qui va s'échapper, l'autre étant parti déjà.

Mais il mo faut traiter maintenant d'un phénomène tout particulier, peut-être d'une grande importance, et sur lequel j'ai fait d'assez curieuses observations : M"s V. Ubisch a consacré quelques pages à ces curieux « Restkôrper » ou lambeaux laissés en arrière lorsque l'animal se détache de la logette, et les décrit comme en quelque sorte des produits d'une division inégale. Stein les avait déjà observés, et Plate, en 1888, commente le fait de la manière suivante : « Merkt eine Lagenophrys aselli, dass das von ihr bewohnte Kiemenblatt seine Oberhaut abzuslreifen beginnt, so lôsst sie ihr

vorderes Kôrperende theilwcise von der Schalcnôffnung, nimmt eine schiefe Stellung in ihrer Hiilsc ein und schniui gleichzeitig eine kliine Portion Cy- 1 0 p 1 a s m a a b .

Diesel- anfangs noch lebende Plasmarest bleibt an der dorsal en Lippe der Schalenofînung hângen.

Bei Log. cisclli dass sich in je no m nach ihrer starkeii

Fig. 296. — Lagenophrys ampulla

vermochte ich noch ferner mit aller Sicherheit nachzuweisen,

Plasmarest stets ein oder mehrere Kiigelchen befinden, die,

Tinctionsfâhigkeit zu schliessen, nur aus dem Kern stammen kônncn. » En 188C, le même

auteur avait déjà dit de ces lambeaux de plasma : « Derselbc ist Anfangs noch im Stando,

die Rànder der Oeffnung, wie im normaleu Zustande, gegcn einander zu klappen. Allmâli-

lich aber trctcn zahlreiche Vacuolen in ihm auf, er schniirt sich von dem Hauptthier

voUig ab, zerfâllt und gestattet nun erst diesem den Austritt aus der Schale. »

Ces indications sont exactes dans leur généralité, mais mes observations tendraient à me faire croire qu'il faut envisager là deux éléments distincts, que Plate aurait observés tous les deux, mais en les confondant en un seul; d'un côté, les « reliquats » ou parties abandonnées par l'animal, de l'autre, un élément normal, qui serait l'organe même présidant au mécanisme de l'occlusion.

Ces reliquats, je les ai observés quelquefois, mais je .serais poiié à les considérer comme rares, et le plus souvent, l'animal abandonne sa logette sans y rien laisser du tout, ou bien en y laissant un élément normal, un « organe », qui passe presque toujours inaperçu :

Examinant un jour une branchie de Gammarus réduite par dilacération à sa pellicule de recouvrement, c'est-à-dire tout-à-fait transparente, je la vis couverte d'une douzaine au moins de logeiles de Lngenophrijs ampulla, mais .soit déjà vides, soit renfermant chacune deux larves ciliées de taille égale; les logettcs vides étaient pour la pluj)art ouvertes, comme on les trouve normalement, mais quekpies-unes avaient leur orifice fermé, chose déjà surprenante en elle-même. Sur une logette spéciale, cependant, que l'animal avait abandonnée, mais où couraient par contre deux de ces petits embryons dont nous avons parlé plus haut (p. 309), je vis cet orifice se fermer et se rouvrir coup sur coup, et cela chaque fois que l'un des embryons arrivait au contact d'une sorte de triangle isocèle, difTicilement visible, dojit la base attenait à la lèvre inféiieure de la logette. Examinant alors toutes les logettcs vides, je pus m'assurer que sur certaines d'entre elles, l'appareil de fermeture fonctionnait, s'ouvrait et .se fermait de temps à autre, sans aucune raison; et pendant i)his d'une heure il en fut ainsi. Un examen attentif me montra alors que les logettcs vides dont la fermeture fonctionnait encore étaient pourvues de ce même triangle rattaché à la bouche par sa base, tandis que ses côtés allaient rejoindre le plancher en s'y fixant par la pointe, .souvent au moyen d'une « lanière » nettement dessinée (fig. 9). Ce triangle était en réalité constitué par une sorte de voile tendue, concave, revêtue d'un plasma finement granulé dans lequel on

voyait quelques petites vacuoles, dont l'une apparaissait et disparaissait, puis un ou plusieurs « noyaux », sphérules que le carmin colora plus tard distinctement. Enfin, contrôlant plus tard mes observations sur une autre branchie, j'ai pu m'assurer que c'est à ces lambeaux ou voiles triangulaires — difficilement visibles, et seulement dans de bonnes conditions — qu'était dû ce fonctionnement post-mortem de l'appareil; le lambeau, sans doute, en se contractant, excerçait une traction sur les commissures buccales, et le mécanisme était mis en action. Or, nous avons vu, dans Lagenophrys labiala, la membrane d'enveloppe invaginée se prolonger en une nappe très fine, qui va rejoindre le ])lancher de la logette. Ne serait-ce pas alors sur cette pellicule interne que serait étalé le « muscle » rétracteur? Et ce muscle, que représenterait-il en effet? Un bourgeon spécial, détaché du corps principal et différencié dès l'origine en organisme distinct? C'est là une question qui pourrait devenir du plus haut intérêt; le sujet mériterait d'être étudié à fond; mais pour le moment nous en sommes réduits à des conjectures, qu'il serait même imprudent de hasarder. Constatons en tout cas que sur les logettcs vides c'est le lambeau triangulaire qui régit le mécanisme buccal, et dans les logctles habitées il n'en doit alors pas être autrement; le lambeau doit y exister déjà, fixé par sa pointe au plancher de l'enveloppe; les vrais «reliquats» de rebut, abandonnés par l'animal sont autre chose, et ne font que flotter, sans être soudés nulle part.

Lagenophrys nassa Stein 1851

Logette incolore ou tiès faiblement jaunâtre, discoïde, reposant sur le substratum par sa face inférieure plane; face supérieure convexe; dans sa partie antérieure la paroi se relève brusquement, pour former un col bordé de deux lèvres dont la supérieure, en arrière, domine d'assez haut l'inférieure, en avant. Cet appareil, rétractile, sub-conique et s'élargissant de bas en haut (quand on l'examine suivant l'axe dorso-ventral), montre une bordure (lèvre) postérieure décomposable en quatre segments différents, et une bordure (lèvre) antérieure, à courbure plus forte, garnie de fortes crénelures; les deux lèvres sont susceptibles de se rabattre l'une sur l'autre par un mécanisme compliqué. Corps discoïde, convexe, fixé à la base du col par un bourrelet péristomien. Membrane ondulante très fortement développée. Disque étroit, enroulé en cornet, et porté sur un pédoncule allongé. Vestibule profond; pliarynx se prolongeant jusque dans la partie postérieure pu corps. Vésicule contractile à la base du vestibule. Noyau allongé, en fer à cheval.

Diamètre de la logette, 65 |ji. — Sur Gammanis piilex.

par la structure toute spéciale de son appareil operculaire que la Lagenophrys istingue avant tout des autres espèces; Stein, en 1851, s'exprimait à ce sujet

C'est nassa se distuig comme suit : « L. nassa unterscheidet sich sehr bestimmt von L. AmpnUa daduich, dass die Miindung der Hulse in ein fischreusenàhnliches kurzes Rohr ausgezogen ist, welches sich nach vorn etwas erweitert und durch einen ziemlich tiefen Ausschnitt in zwei Lippengetheill ist. Der Rand der einen Lipi)e ist zieilich gezâhuclt, der andere fast ganzrandig. Die Wanduugen des Rohres sind sehr regclmàssig und eng, der Lange nach gefurcht »

« Dièse Beschreibung, » dit à son tour M'^'' v. Ubisch, « gibt soweit ein ganz gutes Bild. Hinzuzufiigen wàre noch, dass die eigentliche Gehaûsseôffnung dort, wo sich der Mundkragen ansetzt, von einem starken elastischen Wulst ungeben ist, oder besser gesagt, die Gehàuserànder sind an der inneren Mundôffnung verdickt. » Ces descriptions

Fig. 297. — Lagenophrys nassa

sont exactes dans leur généralité, et si j'ajoute que le col à l'état d'expansion complète est absolument transparent, incolore, crénelé en dentelle à son ouveiiure, et en même temps toujours plus ou moins évasé, en forme de cône renversé plutôt que de tube, nous aurons une idée à peu près suffisante de tout l'appareil. Mais en réalité, la structure en est bien plus complexe qu'il ne semble, et nul n'a pu jusqu'ici se rendre un compte exact des détails; sans prétendre avoir tout compris, je pense que les figures donneront ici quelques éclaircissements nouveaux; dans la fîg. 1, nous voyons l'animal de face, largement déployé; la fig. 2 le montre de côté; dans la fig. 5, l'enveloppe, \iie de côté, est ouverte; en 6, elle est à peu près fermée, et nous y remarquons une variant e dans l'invagination de la lèvre inférieure, un système de charnière à déclanchement différent de ce que nous avons vu dans la L. lahiata; dans la fig. 3, la bouche est en train de se

déployer; en 4, elle est giande ,,K^?;A^^ . :\^ ^ ouverte ; la lèvre antérieure (infé-

~" ' ■^ " rieure en réalité) est bordée de

crénelures très régulières, doublement dentées, la lè\Te postérieure (supérieure en même temps) montre un dessin tout différent, quelque peu variable suivant les individus, mais toujours nettement distinct de celui de la lèvre antérieure ; on y voit deux baguettes distinctes, (plissées avant la pleine extension, comme dans la fig. 3, en quatre segments chacune), dont l'une, intérieure, correspond à la coupe de la membrane invaginée et l'autre à la membrane externe du tube buccal; la fig. adjacente 4 b, comme aussi la fig. 5, aideront à comprendre mieux les détails. Dans la fig. 1, on remarquera le bourrelet d'adhérence de l'animal à la naissance du col, et les deux crochets de fixation qui sont très nets dans cette espèce; très nets, quelquefois, mais suivant les circonstances et le degré de l'épanouis.sement du tube, l'aspect est tout différent; une sorte d'anneau élastique, cet « claslisches Wulst » de M""^ V. Ubicsh, semble entourer le tube à sa base. Cette même fig. 1 montre le vestibule avec sa petite poche latérale dans laquelle vient se déverser une vacuole avec grains d'évacuation, et à gauche se dresse le « cil de Lachmann », ou membrane ondulante très fortement développée ici.

La vésicule contractile est remarquable, dans cette espèce, par la fréquence de ses pulsations; on en compte dix par minute; elle se vide, non pas directement dans le vestibule, mais dans un réservoir qui paraît lui-niême formé d'une suite de petites vacuoles; à peine vidée la vésicule se renfie, d'un seul coup, et à la voir fonctionner, il semble que l'on prenne sur le vif les battements du cœur.

La LagcDophn/s nassa vil sur la hanche et le fémur des Gammanis. Je ne l'ai trouvée que dans un |)ctit ruisseau qui passe à Troinex; sur les Gammanis de Chêne conune dans d'autres localités, elle ne s'est jamais montrée.

Fig. 298. — Lagenophrys nassa

Lagenophrys vaginicola Stein 1851

Logette légèrement jaunâtre, pyriforme, fortement rétrécie en ariière, large en avant; face inférieure ])lane; face supérieure renflée, à renflement s'accentuant toujours plus d'arrière en avant, puis brusquement rabattue de manière h délimiter une paroi surplombante, ou face antérieure, à angle droit sur l'axe longitudinal de l'enveloppe. Cette face antérieure s'ouvre alors en un orifice bordé de deux lèvres, l'une supérieure l'autre inférieure, susceptibles de se rabattre l'une sur l'autre et constituant avec les replis qui les accompagnent un appareil très compliqué. Corps ovale, à face dorsale convexe; il est fixé ù la base du col par un bourrelet péristomien. Disque étroit, enroulé en cornet, porté fortement en avant pendant l'extension. Membrane ondulante très développée.

Vestibule large et profond; pharynx normal. Vésicule contractile grande, au voisinage du vestibule. Noyau longitudinal, allongé.

Longueur 70 y.; largeur 48 (x. — Sur Canthocamplus et Cyclops.

Fig. 299. — Lagenophrys vaginicota

Cette espèce a été décrite par Stein en 1851; c'est la première en date des Lagenophrys. D'après M'^^ v. Ubisch, cet organisme, « die auf den Kôrperanhângen von Cyclops minutus schmarolzt, wurde seit Stein nicht wieder beobachtet. » En 1888, cependaiit, Stokes décrivait sa Lag. obovata, qui est sûrement la même, et en 1901, Roux l'indique, « fixée sur un Cyclops », dans plusieurs localités des environs de Genève; probablement trouverait-on encore d'autres indications d'auteurs, et pi-obablement aussi les Cyclops ne seraient-ils pas toujours donnés cojume l'hôte nécessaire, car, si je l'ai trouvée en effet sur le Cyclops minutus à Pinchat, c'est sur les Canthocamplus que je l'ai récoltée eu plus grand nombre, à Rouelbcau, à Valavran, à Florissanl. Elle est, en somme, très commune.

Tandis que dans Lag. cmipulla et nassa la logette est presque exactement circulaire, et que dans la Lag. labiala seule elle se montre nettement ellipsoïdale, dans la Lag. vaginicola nous la trouvons allongée, pyrifonne (fig. 3); mais en réalité, cette forme spéciale est à peine celle qu'elle revêtirait naturellement; elle est plutôt due à la fixation sur les soies caudales ou les appendices des pattes des Copépodes (toujours avec l'ouverture buccale tournée vers leurs extrémités), où la logette embrasse partiellement le soutien par sa partie postérieure qui en paraît alors d'autant plus étroite.

Les fig. 1 et 2 montrent l'animal vu par le côté; dans la première, la bouche (de la logette) est ouverte; dans la seconde, elle est fermée; et à ce propos, je citerai quelques lignes de Butschli (Protozoa, p. 1550) : « L. vaginicola Stein hat eine rechte und eine linke Klappenartige Saumlippe; der Verschluss geschieht dann durch seitliches Zusammenklappen der Mûndung, nicht wie bei den iibrigen durch zuklappen von oben nach unten. » Il faut que Stein — dont Butschli tient sans doute ses renseignements — . ait compris la chose d'une manière assez étrange, car le mécanisme de l'occlusion est absolument le même que dans les autres espèces, avec cpielques variantes dans les détails; c'est encore une lèvre supérieure, qui retombe sur l'inférieure, mais ici en la recouvrant (fig. 2), plutôt qu'en s'abattant sur une gouttière creusée dans la lèvre inférieure, comme dans L./a6za/a.

La fig. 3 montre un cas de division, inégale comme elle l'est la plupart du temps dans toutes les Lagenophrys; l'embryon, presque identique à celui de L. labiata, a la tête tournée vers l'ouverture de l'enveloppe, et c'est là sans doute sa position naturelle, l'appareil péristomien se formant chez le jeune au niveau de celui du parent; mais dans plusieurs expériences sur des individus isolés, j'ai constaté que régulièrement le jeune

Fig. 300. — Lagenophrys vaginicola

LES INFUSOIRES d'EAU DOUCE

ÉTUDES SUR LES INFUSOinnS D'EAU DOUCE.

indhiclu se retourne petit à petit, et vient regarder le fond de l'enveloppe, après en avoir longtemps regardé l'ouveilure.

La forme du jeune individu, tel qu'il s'échappe de la logette (fig. 7 ), est la même que dans la L. labiala; de 45 t^- de longueur, il possède une ceinture de membranelles très robustes, très longues, celles du côté ventral plus fortes que les autres. La bouche est bien visible, avec deux lèvres très nettes, mais immobiles; il en sort un pinceau de deux ou trois cils très longs, presque rigides, qui font gouvernail, ou bien au contraire, quand l'animal renverse de temps à autre son mouvement, qui sont dirigés tout droit en avant; le noj'au est très court, — comme il l'est d'ailleurs déjà dans l'adulte — , un peu recourbé; dans la fig. 7, il paraît double.

La fig. 5 représente un individu qui vient de produire un gainète copulateur; ce dernier, de 20 [x de longueur, est muni d'une couronne de cils (ou plutôt de membranelles fines) extrêmement longs, logés dans une gouttière bordée d'un fort bouri'elet; toute sa partie antérieure a pris la forme d'un bec crochu (fîg. 6), normale dans cette espèce, car je l'ai revue sur tous les embryons. Trouvé dans cet état le 2 juillet à 3 h. 50, le gamète que représente la fig. 6 a couru clans la logette jusqu'au lendemain; à midi, il était encore là, en parfaite santé; à 3 h. 14 il s'était échappé; mais à ce moment l'adulte que l'on avait vu bien portant encore à midi, était mort, et l'on ne pouvait s'empêcher de se demander si l'embryon, ne pouvant décidément se frayer un passage, ne l'avait pas, pour sortir enfin, déchiré de son bec puissant (??).

Arachnidiopsis paradoxa Penard 1918 b.

Corps sphériquc ou plus souvent ovoïde, arrondi ou étiré en arrière, et quelque peu amiboïde à son extrémité postérieure; surmonté à sa face apicale d'un renflement ou coussinet incolore, qui se continue en deux longs bras, l'un à gauche l'autre à droite, tubulaires, très larges, tantôt pointus et tantôt cylindriques, changeant de forme d'un moment à l'autre ou se rabattant sur le corps, et susceptibles de battements précipités. Plasma grisâtre, renfermant des grains réfringents surtout accunuilés à l'extrémité antérieure, puis des parcelles de nourriture et une grosse masse centrale toute pénétrée

de bactéries. Noyau sphérique, relativement très petit, latéral, et dans la moitié posté- 5 /'if vjj^i.-;.\ // rieure du corps. Vésicule

contractile unique, normale, près de l'extrémité postérieure.

Longueur 30 à 48 (x.

1 2 ^==^ // HTi Largeur 28 à 35 |i.

Fig. 301. — Arachnidiopsis paradoxa

Cet organisme a été décrit, à la fin de 1918, dans le .Journal de la Société Royale de Microscopie de Londres. Bien qu'à cette époque mes renseignements fussent basés sur l'étude de trois individus seulement, je n'avais pas hésité à publier mes observations; d'une part, me .semblail-il, ce Protozoaire paraissait si peu commun que je ne pouvais guère espérer le retrouver, d'autre part il se montiail si étrange qu'il méritait certainement une menlion. Cependant, contre toute attente, je l'ai revu cette même année 1918, dans deux stations dillérentes, d'abord un seul exemjjlaire, au marais de Pinchat, puis d'autres dans l'étang de l'Ariana, où, très rare, on pouvait pourtant l'obtenir assez facilement, la réussite dépendant du nombre des récoltes et de la persévérance de l'observateur. Mes reclieiches, tout en confirmant les résultats précédemment acquis, m' ayant alors permis de constater de nouveaux détails, je voudrais revenir un instant sur cet organisme curieux entre tous.

Le corps est ovoïde, parfois sphérique, souvent un peu acuminé à son extrémité postérieure; non déformable pourtant, bien que toute cuticule paraisse manquer, et

que sa surface puisse être quelque peu rugueuse, ou qu'il s'y montre quelquefois très

rarement — des petites dentelures protoplasnuques, d'essence fugitive d'ailleurs; en arrière, le corps est plus changeant, et souvent on y voit une petite languette amiboïde, ou quelques boutons giutineux (fig. 1, 5).

Le cytoplasme, grisâtre, est rempli de petits grains et particules de toute sorte, et toujours on y rencontre, surtout dans la partie antérieure de l'animal, un nombre considérable de petits corps allongés biillants (fig. 3), très réfringents, de nature indéterminée, incolorables par le carmin, et qui se réunissent de préférence autour de la base des bras, en y prenant une disposition vaguement radiaire (pg. 1, 4).

Le cytoplasme renferme également des parcelles de nourriture, de petites algues rondes en cours de digestion ; en arrière bat une vésicule contractile, bien active, à fonctions normales; dans le milieu du corps se remarque une grosse masse sphérique, qui ne manque jamais, et que l'on prendrait volontiers pour le noyau (fig. 6); mais isolée après compression ou déchirement de l'individu, on y reconnaît une boule d'aspect mucilagineux, toute recouverte — et toute pénétrée, scmble-t-il — de bactéries (fig. 7), très fines, en baguettes assez longues, et qui paraissent en bon état de santé.

Le noyau, tout près de cet amas central, et rejeté quelque peu sur le côté, est sphérique, et relativement très petit; cendré, granulé, il est recouvert d'une membrane forte. Il n'existe pas de micronucléus; ou tout au moins, après avoir cru le trouver, des observations minutieuses, sur le vivant ou après coloration au carmin, m'ont montré qu'il y avait eu confusion, et que rien ixe décèle un micronoyau vrai.

Mais ce qu'il y a de plus curieux dans cet organisme, ce sont les bras, les éléments locomoteurs : ici nous n'avons ni flagelles, ni pseildopodes, ni tentacules, ni cils, mais deux grandes cornes, larges et longues, pointues, qui partent, opposées l'une à l'autre, d'un coussinet ou renflement apical, se recourbent et vont traîner des deux côtés du corps, parfois au-delà de son extrémité (fig. 1). Ce sont des luhcs, à i)aroi mince, lisse, élastique, tubes remplis d'un plasma semi-liquide très clair, où nagent quelques petits grains pâles.

Ces tubes, ou ces bras, dont la forme est en principe celle que montre la fig. 1, sont mobiles, déformablcs, et étranges dans leurs évolutions : tantôt, gardant leur forme normale, ils se mettent tous deux à battre d'avant en arrière et d'arrière en avant, avec une rapidité inouïe, ramenés en spirale sur eux-mêmes (fig. 2, qui donne un idée de l'individu vu à un faible grossissement) et alors ils font progresser l'animal, d'une marche indécise, inégale et sans but, ou bien ils battent sur place, l'organisme étant retenu au sol par son extrémité postérieure temporairement adhésive;. tantôt on les voit mous et arrondis, comme de larges pseudopodes lobés; mais tout tliangera bientôt, et par exemple, l'individu représenté dans la fig. 5 a revêtu l'instant d'après la forme normale que montre la fig. 1; tantôt ils se vident brusquement, s'aplatissent en ruban (fig. 8) pour se remplir bien vite à nouveau; tantôt jiointus, et l'instant d'après larges et étalés à leur sommet (fig. 9); quelquefois (surtout si l'animal est inquiété) on les voit se rétracter brusquement sur eux-mêmes, et chaque bras ne sera plus qu'une large coui)e (fig. 4); ou bien, im seul des bras se rétractera, et le petit être, manchot, ne s'en agitera pas moins; parfois enfin le tube s'effile (fig. 10) et l'on y voit un canal interne (fig. 11) qui va bientôt se renfler à nouveau.

Ces évolutions si curieuses, dont chacune est une surprise, peuvent se répéter et alterner très longtemps, et j'ai conservé des individus pendant deux jours entiers, sans les voir changer ni d'apparence ni de modes de mouvement. Je les conservais, il faut le dire, surtout en vue de la reproduction, d'une division, d'un bourgeonnement; mais rien ne s'est montré, et mes recherches sous ce rapport ont été sans aucun résultat; seuls pourtant les phénomènes de reproduction pourront nous mettre sur la voie quant à la nature de cet être paradoxal.

Comment se nourrit cet oi-ganisme bizarre? Il n'a pas de bouche, et ce n'est pas non plus un Rhizopode; et pourtant il digère, et dans son intérieur on trouve des éléments nutritifs. Peut-être les prend-il par la surface, surtout à la partie antérieure du corps? La cuticule, nous l'avons vu, n'existe pas, et le corps est légèrement giutineux. Mais sur ce point comme sur d'autres encore, de nouvelles recherches sont nécessaires, et seront du plus haut intérêt.

NOTE l

Tous les organismes dont il est question dans ce volume ont été étudiés à Genève, et à l'état vivant; mais quelques-unes des récoltes provenaient de régions plus ou moins éloignées, de la tourbière de la Pile dans le Jura vaudois, de celle de Châtel-S'-Denis dans le canton de Fribourg (Geida ambigua), de l'étang de « Grosssee « non loin de Zurich (Cothiirnia ceratophylli); du marais de Lossy sur teriitoire savoyard, et enfin des environs de Haparanda en Suède, dont les Sphagnum ont fourni le Trachelophijlliim falciforme et la Colhurnia lapponum. A part ces cas exceptionnels, c'est le canton de Genève, dans un rayon de six kilomètres autour de la Cathédrale de St-Pierre, qui a fourni l'ensemble du matériel.

Les environs de Genève sont assez riches en marécages, ou tout au moins en « points d'eau », étangs, mares et fossés humides, où l'on peut se transporter rapidement ; et pourtant, quelques-uns d'entre eux seulement ont été régulièrement visités, toujours les mêmes et alors à de fréquentes reprises. Quelques indications sur ces différents lieux de récolte ne seront sans doute pas de trop ici :

FLORISSANT. —Je ne crois pas m'écarter beaucoup de la réalité en attribuant à. cette station particulière un bon quart de responsabilité dans les résultats de mes études. Et pourtant, ce n'est là qu'une petite pièce d'eau, de 25 mètres de long pour 10 mètres de large, remplie de nénuphars, de conferve.s, et dont le fond est recouvert d'une vase noirâtre; im peu plus haut, cependant, à 80 mètres de là, on en trouve en quelque sorte une dépendance, un bassin de 4 mètres à peine, qui s'enfonce sous une grotte; ce bassin lui-même est rempli de nénuphars, de myriophyllum et d'utriculaires. Cette station de Florissant est fort riche, et surtout, elle se trouve à 10 minutes de mon laboratoire; et si j'ajoute que le domaine est la propriété d'un excellent ami, M. Henry Romieux, lui-même un botaniste distingué, qui m'a ouvert tout grand l'accès de sa demeure, on comprendra que cet aquarium naturel ait fourni un matériel aussi abondant que facilement renouvelé.

PINCHAT. — C'est là un assez vaste territoire, à 3 kilomètres de Genève, et qui, de l'état de marais sous le nom duqueril figure encore sur les cartes, a passé depuis de longues années, après le drainage, à celui de plaine humide ; mais par ci par là il y reste quelques petits étangs qui gardent leur eau la plus grande partie de l'année, puis des fossés, qui bordent la route limitrophe de Veyrier, et partout on trouve une faune assez riche, ou les Protozoaires sont abondamment représentés.

ROUELBEA U. — Un ancien marais, d'une assez grande étendue, à 6 kil. de Genève, plus ou moins à sec en été, et constituant dans son ensemble un fouillis presque impénétrable de laîches et de roseaux. Les fossés qui le bordent, comme ceux qui le traversent, sont d'une grande richesse en organismes microscopiques de toutes sortes.

BERNEX. — Mes récoltes au marais de Bernex, ou des Tuilières comme on l'appelle également, ont été si peu nombreuses que c'est à peine s'il me faut les mentionner. Et pourtant, c'est là peut-être la localité la plus intéressante, ou la plus riche, des environs de Genève; une ancienne Tuilerie, abandonnée depuis un siècle, et où les creux profonds laissés par les ouvriers, pleins d'eau l'année presque entière, sont chacun devenus de petits étangs remplis d'herbes aquatiques, de roseaux, de nénuphars, de mou.sses submergées; tous différents les uns des autres par leur faune, et tous riches en micro-organismes variés. Mais, si la distance à la Ville n'est que de 6 kilomètres en droite ligne, l'accès n'en est pas très direct; une récolte représente une matinée, et c'est là une station vers laquelle mes pas m'ont beaucoup trop peu porté.

Le PARC DE L'ARIANA, où se trouvent deux pièces d'eau, l'une carrée et où flottent les nénuphars, l'autre à contours sinueux et où l'on élève des canards. Toutes deux sont très riches, la seconde surtout, mais dans la première, les feuilles des nénuphars offrent une ample moisson (Folliculina bolloni, etcj.

Le PARC LA GRANGE, où les conferves qui bordent le petit lac « alpin » abritent une faune intéressante.

VALA VRAN, la seule station du territoire genevois qui puisse être qualifiée de « tourbière », et encore n'en est-ce pas une véritable; mais le Sphagnum y existe, en assez grande abondance, et s'est montré riche en organismes microscopiques (1).

La POINTE-A-LA-BISE, au bord du lac à 4 kilomètres de Genève. On y trouve une petite anse, protégée des vagues du large par un champ de roseaux, et où la faune microscopique, il y a 20 ans, se montrait d'une richesse inouïe; envahie aujourd'hui par les Potamots, et par les Characées plus meurtrières encore, elle s'est considérablement appauvrie.

CHÊNE (Chemin de la Montagne), THONEX, MALAGNOU, VESSY, LANCY, COLOGNY, PORT-NOIR, autant de stations — surtout des vieux murs à l'ombre — typiques pour les Infusoires muscicoles. C'est également à Thônex, dans le ruisseau qui traverse le Bois des Arts, qu'ont été récoltés presque tous les Garnmarus et leurs Commensaux si nombreux; mais d'autres petits cours d'eau en ont également fourni, et quant aux Asellus, plus rares, ils ne se sont montrés qu'à la Pointe-à-la-Bise et dans le Rhône à sa sortie du lac.

Ces diverses localités, très peu nombreuses mais visitées et revisitées avec assiduité pendant six années, ont fourni les 264 Infusoires dont il est question dans ce volume; et si l'on ajoutait à ce chiffre une centaine d'espèces que l'on trouve par exemple indiquées dans le mémoire de Roux et dont la plupart ont passé sous mes yeux mais n'ont pas été étudiées, l'on arriverait à un total de 360 espèces environ pour les Infusoires ciliés du territoire genevois. Mais l'on se méprendrait étrangement si l'on considérait ce chiffre, déjà respectable en lui-mênie, comme correspondant à une liste complète des organismes de la région; le monde des Protozoaires est infiniment riche, et bien des surprises seront réservées à qui voudra l'étudier.

De ces 264 espèces, 150 sont nouvelles; autrement dit, il s'en est trouvé 150 qu'il m'a été impossible d'identifier avec aucune forme décrite; ce sont là, j'en suis persuadé, de M bonnes espèces », et j'ai tâché d'en donner une description suffisamment précise pour que, retrouvées, elles puissent être déterminées sans trop de difficulté. Les figures, très simples, seront ici d'un grand secours; sans aucune prétension, elles donnent en tout cas une idée assez exacte de l'animal (2).

Parmi ces espèces nouvelles, il en est 8 qui ne se sont montrées représentées que par un unique exemplaire. Ce sont les suivantes : Cothurnia lapponum, Cranotheridium ariadnae, Gerda ambigua, Holophiya barbulaia, Ileonema simplex, Legendrea pes pelicani, Lionotiis triqiicier, Ophryoglena viridis. On pourrait se demander si la publication de ces espèces a bien sa raison d'être, si en principe, une diagnose basée sur la rencontre d'un

(1) Si l'on excepte quelques maigres touffes éparses dans les boisde Versoix, c'est là le seul point du canton de Genève où le Sphagnum soit connu; et encore la découverte de la station ne reraonte-t-elle qu'à Tannée 1916; c'est la recherche des Infusoires dans les lieux humides qui a amené la rencontre inopinée du Sphagnum.

(2) A ce propos, une explication s'impose : Toutes ces figures ont été dessinées avant la rédaction de mon mémoire, et comme une sorte de brouillon, destiné à faciliter cette rédaction même ; plus tard, elles devaient être reprises, redessinées, disposées avec plus de soin, etc.; et puis, après un commencement d'exécution, j'ai dû constater que sous le rapport de Texactitude, la copie ne valait pas l'original. Sans hésiter, je me suis alors décidé à publier les ■ brouillons », et c'est eux que l'on trouvera ici. Mais il y a plus encore : le photograveur, trouvant — à tort, j'en suis persuadé aujourd'hui, — les traits trop Ans, les a fait « repasser » par un ouvrier, lequel, d'une main trop lourde, a trouvé moyen de Jsur enlever le peu de valeur aitistiqus qu'ils pailvaîcint aVoîr.

seul et unique exemplaire peut avoir quelque valeur? A mon avis, elle le peut, mais à certaines condilions : 1° L'individu en cause doit avoir été examiné sufïïsamment au long, et ses caractères doivent être suffisamment précis, pour que, retrouvé plus tard, il puisse être nettement reconnu; 2° 11 doit présenter certains traits spéciaux, ou bien il a donné lieu à certaines observations d'ordre biologique, qui en rendent la publication désirable. Si l'on se réfère aux huit espèces précitées, on verra que pour chacune d'elles ces conditions ont été remplies; elles offrent toutes quelque trait spécial, et elles ont toutes pu être étudiées avec soin; mais il n'en reste pas moins vrai, qu'après l'examen d'un unique individu, trois fois sur quatre il vaut mieux s'abstenir. Pour mon compte, de ces formes spéciales, j'en ai rencontré trente au moins, dont la plupart, même, ont été dessinées et sur lesquelles des notes ont été prises; mais ces huit espèces indiquées plus haut m'ont seules paru dignes de la publication.

Les espèces nouvelles, avons-nous dit, sont ici au nombre de 150; les genres nouveaux arrivent à un total de 9 : (Balaniidiopsis, Clalhrosloma, Keronopsis, Laroulina, Lophophorina, Ludio, Ophrydiopsis, Trochella, Trochiliopsis). Ce chiffre aurait pu être doublé : parmi les formes que j'ai rapportées à des genres connus, il en est un bon nombre pour lesquelles un nouveau genre eût été peut-être mieux indiqué. Mais entre l'espèce et le genre, considérés conime caractères de systématique, il est une différence profonde; l'espèce est quelque chose de concret, représente un objet, un organisme, un animal; si vous voulez le décrire il lui faut un nom; et ce nom, il faut bien l'inventer! Le genre, lui, n'existe pas, ce n'est qu'une aiïaire de catalogue; il repiésente un ra3'on spécial dans une bibliothèque, où les livres seuls comptent comme « espèces «. Or, pour la mise en rayon, on trouve des spécialistes, mieux qualifiés que l'auteur du volume; si donc vous pouvez, à la rigueur ou même en forçant un peu la note, faire rentrer votre volume dans tel ou tel rayon, votre espèce dans tel ou tel genre, faites-le sans trop de scrupules, le spécialiste est là qui fera le remaniement nécessaire, et il ne demande que cela.

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