‹ Etudes sur les infusoires d'eau douceChapitre 4 sur 13 · Art. Sûsswasser. Europa · texte numérisé non relu

Art. Sûsswasser. Europa

Es scheint mir nicht ganz sicher, ob das Gehàuse wirUlich von der Vasicola gebildet wurde. »

Il est regrettable que Butschli n'ait pas rencontré lui-même de Vasicola, pas plus qu'il n'a vu de Metacystis; il aurait reconnu sûrement qu'il y a là deux organismes bien autonomes — quitte à former, si l'on veut, un seul genre, les Vasicola étant si près des Metacystis, qu'on pourrait facilement les réunir — et qui sont très voisins, non pas des Lacrgmaria, mais des Tinlinnidium.

A peine décrite, la Vasicola a été oubliée, et je ne la trouve mentionnée qu'une fois, en 1891, par Dalla Torre, qui cite la Vasicola ciliata comme ayant été trouvée « zwischen Pflanzenresten im Aquarium aus dem Lansersee; » c'est là d'ailleurs tout ce qu'il en dit. En 1901, cependant, Lauterborn fait une description préliminiare d'une Pelamphora Biiischlii nov. gen. nov. spec, et qui n'est certainement que la Vasicola ciliata de Tatem; en 1908, il la reprend avec plus de détails et accompagnée d'une excellente figure, toujours comme Pelamphora Biitschlii, un Holotriche, dit Lauterborn, qui pourrait rentrer dans la famille des Enchelidae.

La Vasicola ciliata n'est pas rare au marais de Rouelbeau, dans un petit fossé à boue noire — c'est bien là la « faune sapropélique » de Lauterborn — où on peut la récolter à toutes les époques de l'année. Elle correspond dans cette station exactement aux données de Tatem, qui sont, pour le dire en passant, parfaitement suffisantes, et accompagnées d'une figure assez caractéristique pour que l'on s'étonne de les voir si peu prises en considération (1).

L'animal revêt à peu près la forme d'un dé à coudre, et est presque toujours plus large à sa partie antérieure (fig. 1); en avant, il s'arrondit brusquement, mais pour se relever en une petite proéminence ou lèvre annulaire centrale, striée en travers; en arrière de la lèvre se trouve également un anneau couvert de stries radiaires très nettes et très régulières, à la suite desquelles viennent les lignes ciliaires, serrées, qui se poursuivent tout droit jusqu'à l'extrémité postérieure du corps; un système de sillons annulaires, se croisant avec les lignes longitudinales, détermine sur tout le corps un dessin de petits rectangles, aux angles desquels sont les cils, courts et forts, peu serrés; quatre ou cinq cils plus longs traînent à l'extrémité postérieure. Comme dans les Metacystis, le corps est nu, ou en tout cas la cuticule si elle existe est d'une finesse extraordinaire.

La lèvre annulaire striée porte une forte couronne de membranelles, ou plutôt, faudrait-il dire, de pectinelles, presque toujours dirigées en dehors; une seconde couronne, interne, composée de pectinelles beaucoup plus fines, et qui s'efiilent très souvent en cils disposés sur plusieurs rangs, dirigés en dedans, entoure un orifice central, circulaire.

Cet orifice s'ouvre alors ici non pas dans un vestibule, mais directement dans le cytoplasme, ou bien dans une lacune plus ou moins profondément creusée, et que l'on voit traversée de trabécules de plasma.

Fig. 3i3. — Vasicola clUata

(1) G. Entz junior, dans sa monographie si complète des Tintinnldes (1909) n'en dit pas un mot, non plus d'ailleurs que des Metacystis. Il a tout ignoré, n'en connaissant sans doute que les notes de Butschli qui les rapproche des Lacrymaria.

Le corps tout entier est normalement coloré en un beau rose améthyste ou fleur de pêcher par une masse considérable de sphérules qui revêtent cette teinte particulière, entremêlées pourtant de globules jaunâtres ou brunâtres moins nombreux; Lauterborn rattache cette nuance spéciale au genre de nourriture, qui consisterait presque exclusivement en bactéries pourpres {Chromaiina, Lamprocystis, etc.); mes observations me porteraient plutôt à me ranger à l'opinion de Kent, qui dit à ce sujet : « The brillant colour of the food globules is not conspicuous until after their rétention for some little time within the substance of the parenchyma, and is, as suggested by Mr. Tatem, in ail probability attributable to the chemical action of the assimilative process. » Mais dans cette espèce, on trouve également une grande quantité de globules incolores, plus petits, d'une très forte réfringence, et qui s'accumulent en arrière en une couche spéciale, noirâtre à un faible grossissement (fîg. 1).

La vésicule contractile est unique, un peu en arrière du noyau ; ce dernier, rond ou ellipsoïdal, est fait d'une pâte cendrée, dans laquelle se voient disséminés des petits nucléoles très nets (fig. 4).

L'animal se rencontre le plus souvent à l'état libre, errant; mais fréquemment aussi on le voit dans sa logette, qu'il construit avec autant de facilité qu'il en met à la quitter. Elle est fine, incolore, droite, toujours en forme de bouteille, mais assez variable de longueur et de forme, à fond plat, arrondi ou pointu (fig. 2. 3) suivant l'objet sur lequel elle repose. Elle est toujours annclée, sauf au col qui reste lisse, et ces annulations se traduisent à l'œil par des crénelures latérales très régulières. Pour construire sa coquille, l'animal sécrète d'abord un étui mucilagineux, dans lequel il se met à tourner sur son axe longitudinal, et il ne serait pas impossible que les annulations fussent dues à cette rotation même, l'animal balayant continuellement de ses rangées de cils le mucilage encore mou ; ces rangées, en effet, sont entre elles du même écartement que les sillons de la logette. Pour terminer son col, alors que sa partie antérieure est déjà en dehors, l'animal cesserait alors de tourner.

Lorsqu'un individu sort de sa logette, ce qu'il fait au moindre propos, il se ramasse d'abord sur lui-même, puis rejette par son extrémité postérieure, qui s'ouvre en une large déchirure, un gros paquet de globules roses et bleus (fig. 3), s'allonge, et disparaît rapidement.

Vasicola gracilis sp. n.

Corps identique de structure à celui de Vasicola ciliata, mais beaucoup plus petit, relativement plus allongé, et à membranclles très fines. En arrière se voit un cil terminal unique, très long, penché sur le côté. La logette, lagéniforme, étroite, souvent prolongée en un large col droit, est distinctement annelée, montrant sur ses côtés des crénelures

régulières, qui manquent cependant à la partie antérieure du col.

Longueur 45 à 75 [x. — Logette 100 à 180 (jl.

J'ai beaucoup hésité à séparer cette forme de la précédente, dont elle semble à première vue à peine être une variété. Elle est beaucoup plus petite, plus mince, teintée d'une nuance rosée plus claire, et se construit une enveloppe presque toujours beaucoup plus allongée, qui finit par être un tube tel que la fig. 4 le montre; la lèvre antérieure se voit légèrement échancrée, l'orifice buccal (fig. 3) s'ouvre dans une lacune plus profonde (fig. 1), les cils sont relativement plus forts, presque des soies; mais il n'y a là que des différences de détail, et qui m'ont laissé bien longtemps hésitant, jusqu'au moment où j'ai pu constater, par des contrôles répétés, un caractère beaucoup plus précis : Au lieu des quatre ou cinq cils qui prolongent l'extrémité postérieure de la Vasicola ciliata, on n'en trouve ici qu'un seul, toujours un seul, mais alors très long, qui va rejoindre le fond de la coquille; pendant la course.

Fig. 224. — Vasicola gracilis

il traîne en arrière en fonction de gouvernail, ou bien il se recourbe vers le haut (fig. 2), quelquefois jusqu'à se rabattre sur l'animal, disparaissant alors à la vue.

La Vasicola gracilis vivait avec la précédente, à Rouelbeau, dans la boue noire de ce même fossé où nous allons retrouver une troisième espèce, la Vasicola grandis.

Vasicola grandis sp. n.

Corps allongé, fortement extensible, plus large dans sa partie antérieure, tronqué en avant, et à contour longitudinal irrégulier. Lignes ciliaires très serrées, longitudinales, entrecroisées de lignes transversales très indistinctes; cils fins et serrés, à peine plus longs à l'extrémité postérieure. La troncature terminale est bordée d'une couronne de membranelles fortes et allongées, à l'intérieur de laquelle en est une autre, à membranelles très fines, dont les pointes sont dirigées en dedans. Cette couronne interne circonscrit à son tour un large orifice qui donne directement accès dans le cytoplasme. Ce dernier est normalement creusé d'une immense lacune, soit antérieure, soit plus souvent postérieure, ou bien il y en a deux, correspondant entre elles. Cytoplasme coloré en vert, jaune, ou violet par des bols alimentaires modifiés. Noyau central, sphérique, ellipsoïdal ou réniforme, parfois dédoublé; micronoyau accolé à la membrane nucléaire. Nombreuses vésicules contractiles très petites, disséminées dans l'ectoplasme. L'animal au repos s'entoure parfois d'une logette, très fine, lisse, non crénelée, dépourvue de col.

Longueur 125 à 220 (ji.

La taille est ici beaucoup plus forte que dans l'espèce précédente; c'est là, en fait, un gros Infusoire, qui peut atteindre 220 (x de longueur. Quand il est en course, il est relativement très allongé, renflé en avant, rétréci et un peu difforme en arrière (fig. 1 et 6); en avant il se termine en une large troncature, sur laquelle on ne voit pas se dessiner la lèvre caractéristique de Vasicola ciliaia. La teinte est le plus souvent d'un gris sale, entremêlé de jaune, de vert et de violet; les proies sont ici plus grossières, animales ou végétales, et le corps en est plus ou moins rempli.

Les deux couronnes adorales reposent chacune sur un rebord circulaire à dessin très élégant (fig. 2, 3), les pectinelles de la couronne externe, très fortes, prenant naissance sur un relief serreté-perlé, celles de la couronne interne partant d'une lame à dentelures régulières; la fig. 3 donne une idée de cette ornementation, sans en reproduire, même de loin, la belle régularité.

Partant de la troncature antérieure, les stries ciliaires, très serrées et dont la fig. 2 ne reproduit pas la moitié, car on en compte jusqu'à cent sur la face en vue, croisent dans leur course des sillons transversaux nombreux, mais qui sont très peu

marqués dans cette espèce, et échappent souvent aux regards. Les cils, que l'on trouve aux points de croisement, sont alors très serrés, mais courts et très fins, et ceux de l'extrémité postérieure ne diffèrent pas des autres.

Comme dans la Vasicola ciliaia, l'orifice adorai s'ouvre tout droit dans le cytoplasme, ou sur une lacune creusée dans ce dernier; mais ici cette lacune est d'une ampleur extraordinaire, et en même temps d'une irrégularité étonnante; elle se promène, pour ainsi

Fig. 225. — Vasicola grandis

dire, dans le plasma; on la voit tantôt en arrière, tantôt en avant, ou bien coupée en deux, et en arrière elle s'arrondit en une grande vacuole qu'on prend d'autant plus volontiers pour la vésicule contractile, qu'elle reste isolée (fig. 1, 5) fort longtemps, comme un organe à part; souvent, toute la masse du corps senàle être suspendue dans un véritable étui (fig. 6>; mais cet étui n'est autre chose que le corps lui-même, l'ectoplasme, et l'on y trouve, disséminées en nombre assez grand, les vésicules contractiles véritables, dont on peut contrôler l'activité. Elles fonctionnent normalement, mais à intervalles assez longs. Dans la fig. 2 qui montre deux de ces vésicules, on remarque que le cytoplasme de bordure est représenté comme strié dans son intérieur même; cette striation est réelle; si l'on regarde l'ectoplasme avec beaucoup d'attention, on le voit, en effet, strié; une structure très spéciale, et que je n'ai jamais rencontrée ailleurs.

Le noyau est sphérique ou ovoïde, à pâte fine sur laquelle se détachent avec une grande netteté de petits nucléoles ronds; un micronucléus, très volumineux, est solidement accolé à la membrane nucléaire (fig. 4).

L'animal, ici encore, se construit une logette, mais dans des occasions si rares, que l'on peut examiner des récoltes entières sans trouver un seul exemplaire autrement qu'à l'état nu; bien que les individus fussent toujours assez nombreux dans mes récoltes, ce n'est que dans deux ou trois occasions que j'ai pu observer l'enveloppe (fig. 5). Elle est incolore, extraordinairement fine, lisse, jamais crénelée comme dans les deux espèces précédentes. Pour la construire, l'animal s'entoure de mucilage, qui le recouvre complètement et où il se trouve comme dans un cocon (fig. 7); on l'y voit tourner lentement, et sans doute bientôt il va percer l'enveloppe par le haut.

La division est transversale; j'en ai constaté plusieurs cas, sans les étudier. Dans deux occasions différentes, j'ai rencontré des animaux en conjugaison, liés par la bouche et figurant ensemble un V; par deux fois, en janvier et puis en mai, j'ai pu voir autre chose encore : c'était bien une conjugaison, mais l'un des conjoints, tout petit, sphérique, était accolé au premier, sur la bouche même, en battant vivement de ses cils. Comme dans ces mêmes journées on rencontrait un grand nombre d'individus appartenant certainement à cette espèce, mais tout petits et presque globuleux, on pouvait se demander s'il n'y avait pas là une sorte de copulation entre un macrogamète et un microgamète?

La Vasicola grandis est en général lourde et paresseuse, mais lorsqu'elle est inquiétée, elle se lance en une course rapide ; elle court presque aussi bien en arrière qu'en avant, et dans sa marche on lui voit fréquemment renverser tout-à-coup le mouvement, sans se retourner sur elle-même.

Elle habite la boue noire, à l'intérieur même de la vase plutôt qu'à la surface; j'ai remarqué en effet que la récolte n'était riche que lorsque l'appareil avait plongé en plein limon.

Tintinnidium ranunculi sp. n.

Corps ellipsoïdal ou en forme de gland de Chêne, plus large en arrière qu'en avant, tronqué à son extrémité antérieure, terminé en arrière par un prolongement ou bouton clair, visqueux, rétractile, un peu excentrique. Cils plutôt courts et raides, peu nombreux, disposés en rangées longitudinales à peine marquées. La troncature antérieure est bordée d'une double couronne de mcmbranelles, celles de la rangée externe fortes et longues, celles de la rangée interne beaucoup plus faibles. Cette dernière couronne circonscrit une vaste fosse buccale, creusée beaucoup plus profondément d'un côté que de l'autre, obturée en partie par une sorte de soupape ou de lèvre transversale vibrante, toujours en mouvement. Noyau sphérique, sub-cenlral. Vésicule contractile très grande, dans la moitié antérieure du corps. Pas de logette, mais parfois un étui mucilagineux, d'existence très éphémère.

Longueur 40 à 46 jx.

Cet Infusoire se trouvait dans les Renoncules d'eau et les grandes masses de Chaetophora qui remplissaient un fossé du marais de Pinchat en mars 1917; on l'y voyait en compagnie du Slrombidiiim oblongum avec lequel on le confondait volontiers au premier abord. Le petit animal courait rapidement, la tête en avant, puis s'arrêtait tout d'un coup, et restait un instant immobile. Quelquefois, il se fixait sur quelque bribc végétale, à l'aide d'un bouton bleuâtre, visqueux, qui se dessinait au moment même de la fixation

(fig. 1), mais disparaissait pendant la course. En même temps, on voyait apparaître, à quelque distance et tout autour de l'animal, une ligne de petits grains, d'abord peu marquée puis toujours plus nette (fig. 1); c'étaient des poussières et des particules très petites, qui venaient se fixer à un étui muqueux parfaitement invisible en lui-même, et d'ailleurs très fugace, car l'animal repartait bientôt et laissait l'étui derrière lui.

Les deux couronnes de pectinelles, l'externe très forte et l'interne plus délicate, bordent non pas un orifice étroit, mais une large fosse, qui s'enfonce en diagonale assez loin et jusque tout près de l'ime des parois du corps; et sur l'un des côtés, la fosse est bordée d'une sorte de languette ou plaque semilunaire, qui s'abaisse et s'élève continuellement, par mouvements spasmodiques, et semble diriger la nourriture vers le fond très étroit du puits (fig. 2).

Vue d'en haut cette languette se présente comme un diaphragme traversant la fosse buccale (fig. 5).

Le cytoplasme, grisâtre, renferme des proies relativement assez volumineuses, petites algues et petites diatomées; le noyau, (fig. 3) très gros, est d'un gris cendré, et se montre pourvu d'un gros nucléole central; le micronucléus n'a pas été aperçu. La vésicule contractile, qui devient très grande, se voit sur le côté, un peu au-dessus du noyau.

La fig. 4 montre en quelques traits un individu qui n'a fait qu'apparaître, pour se perdre bientôt, et qui, suivant toute apparence, était en cours de bourgeonnement, muni d'une rosette analogue à celle que nous avons vue dans le Strobilidium; mais une diatomée la cachait à moitié.

Ce mode spécial de reproduction, comme aussi la structure de la fosse péristomienne, semblerait éloigner cette espèce du genre Tindinnidium, auquel j'ai cru cependant pouvoir la réunir à cause du prolongement visqueux postérieur qui rappellerait la tige temporaire caractéristique. Cet Infusoire rappelle également d'assez près le Tintinnus semiciliatus de Sterki (1879), qui est, en fait, plutôt un Tintinnidium,

Fig. 226. — Tintinnidium ranunculi

Oxytricha ferruginea Stein 1859

Corps allongé, arrondi à ses deux extrémités, un peu plus large en arrière qu'en avant. Cirrhes marginaux bien développés, insérés sur la face ventrale. Cinhes frontaux et ventraux peu nombreux; cirrhes anaux vigoureux. Péristome bien développé, atteignant le tiers de la longueur de l'animal, ou parfois se prolongeant plus loin encore. Zone adorale et membrane ondulante normales. Deux noyaux ellipsoïdaux. Vésicule contractile accompagnée de deux canaux afférents, longitudinaux.

Longueur 125 à 150 (x. — Mousses.

Si je consacre ici quelques instants à cette espèce, dans laquelle je n'ai rien trouvé — sauf une taille relativement très faible — qui ne fût conforme à ce que l'on en connaît (1), c'est pour en décrire les kystes, qui se sont montrés fréquemment. Dans les deux localités ou j'ai pu l'étudier, en effet, cet Infusoire habitait les mousses, les mousses des vieux murs, à Chêne et à Cologny; or sur les vieux murs, les Protozoaires ne font pour ainsi dire que passer d'un enkystement à un autre, suivant les alternatives de sécheresse et

(1) Le chapitre concernant les hypotriches se verra réduit dans cet ouvrage à des proportions plus que modestes. Vu les difRcultés de détermination dans ces organismes pour lesquels la systématique est encore presque toute à (aire, je m'étais tout d'abord décidé à négliger le groupe entier; mais quelques espèces, cependant, ont atUré plus tard mon attention.

Fig. 227. — Oxylricha ferruginea

d'humidité, et bien souvent on les rapporte à la maison tous enkystés, pour les voir, à peine humectés, se reconstituer en quelques instants.

Les kystes de V Oxylricha ferruginea (fig. 2 et 3) sont sphériques, lisses; sous l'enveloppe rigide se voit tout d'abord une zone claire, remplie cependant de poussières très

fines et de granulations incolores; puis vient une couche serrée de petits grains d'un beau rose, qui diminuent rapidement de nombre dans la profondeur; nous arrivons ensuite à une masse de sphérules assez volumineuses, incolores, dont la plupart renferment un gros grain brillant, toujours excentrique, polaire même quelquefois; et, caché par cette masse compacte de grains, on distingue vaguement les contours du noyau.

Telle est l'apparence du kyste dans les premiers instants qui suivent le lavage; mais après une demi-heure, une heure ou parfois plus, des changements commencent à s'opérer; les petits grains roses se disséminent dans le cytoplasme entier, et la masse paraît uniformément rosée ; les sphérules à granulation brillante disparaissent petit à petit, comme résorbées, et probablement le grain était-il nutritif, et s'est-il fondu peu à peu. Bientôt on voit se dessiner une vésicule contractile, et enfin la zone adorale se montre, comme un ruban strié en échelon; les cils apparaissent et se mettent à battre, d'abord faiblement puis plus vite, sur le péristome puis sur le corps entier. En même temps l'animal commence à tourner dans son kyste, qui se distend, s'amincit, surtout dans une certaine région sur laquelle le petit être se lance à chaque instant; il tourne, se démène, s'agite toujours plus fort; puis tout d'un coup la mtmbrane du kyste est percée, dans la région la plus amincie, et l'animal se dégage à l'extérieur. Il est difforme, raccourci, mais après un instant d'immobilité, il s'allonge, revêt son apparence normale, et s'enfuit.

Keronopsis helluo gen. nov. sp. n.

Corps allongé, plus large en arrière qu'en avant, presque toujours légèrement tordu sur son axe longitudinal. Cirrhes marginaux bien marqués, interrompus seulement en arrière pour faire place à une rangée de huit à dix cirrhes anaux vigoureux. Deux rangées moyennes de cirrhes courts et serrés, se prolongeant jusque près de l'extrémité postérieure du corps. Cirrhes frontaux relativement très nombreux, et disposés régulièrement sur deux lignes longitudinales, l'une à droite de l'ouverture péristomienne, l'autre sur la gauche des mcmbranelles adorales sur le côté droit de l'animal. Pas de vrais cirrhes ventraux. Péristome atteignant le tiers de la longueur du corps, et se continuant en un long canal pharyngien cilié sur sa paroi supérieure. Ce péristome est bordé à gauche d'une large bande adorale accompagnée de cils paroraux, et à droite est pourvu d'une membrane ondulante endorale que recouvre en paiiie, plus à droite encore, une forte membrane préorale découpée en dentelle. Les mcmbranelles adorales, bien développées, partent de la gauche du péristome, passent à droite en empiétant sur la face dorsale, et reviennent sur le côté ventral pour se continuer jusqu'au-delà du tiers antérieur du corps. Noyau formant un chapelet de cinq ou six masses ellipsoïdales, allongées, séparées pour la plupart les unes des autres par des micronoyaux sphériques, relativement volumineux. Vésicule contractile très grande, faisant saillie sur le côté gauche du corps, et entourée pendant la diastole d'une couronne serrée de petites vésicules accessoires.

Longueur 250 à 300 (i. — Mousses.

Il ne m'a pas été possible de rattacher cette espèce à un genre quelconque, en raison surtout de ces cirrhes frontaux dont la disposition est toute particulière, puis de son noyau d'une structure très spéciale aussi, et de sa vésicule contractile.

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